De la propagande conservatrice et sioniste à Cité Rock Détente!
7 octobre 2008

Je glanais par-ci par là sur le web comme à mon habitude, quand je suis tombé sur ce site: Majorité Silencieuse. À première vue, il ne s’agit que d’un énième site extrémiste de droite comme l’antagoniste ou d’autres encore. Mais en y fouillant un peu plus, j’y ai trouvé des choses intéressantes.

D’abord, le site est l’oeuvre d’une collaboration entre Audrey Pinsonneault-Grenier et Marc Nadeau. Il se trouve qu’en 2006, Marc Garneau était un candidat conservateur dans la région de Sherbrooke et que Mme. Pinsonneault-Grenier jouait le rôle d’agente officielle de sa campagne. Jusqu’ici, tout va bien.

Là où ça se corse, c’est quand on fouille un peu plus. On constate par exemple que Audrey Pinsonneault-Grenier, une fille de militaire (et qui a manifestement adopté la croyance que le fusil peut tout régler) a participé à l’organisation d’une marche d’appui envers l’agression israélienne de 2006 au Liban, à Montréal, de même qu’à la création, avec son complice Marc Nadeau, d’un think-tank pro-israélien intitulé Projet pour l’avenir d’Israël et dont le but était «d’intervenir dans les médias traditionnels pour défendre le point de vue israélien au Québec ».

En ce qui concerne Marc Nadeau, un sioniste avéré et un ardent défenseur d’Israël, il est sous enquête du Directeur général des élections et du Commissaire aux élections pour avoir participé à une tromperie pour dépasser la limite des dépenses admises lors des élections de 2006. Voici l’explication de son ancien adversaire Serge Cardin, du Bloc Québécois:

Pour ce qui est du candidat dans Sherbrooke, Marc Nadeau, on remarque des transferts de 57 531,46$ qui viennent du Fonds conservateur du Canada. Lorsqu’on regarde le rapport financier de la campagne électorale de 2006, on s’aperçoit que dans le titre « Placement médias », il y a 51 566,46 $ en dépenses publicitaires.

On sait très bien que lorsqu’on paie des dépenses électorales — parce qu’il y a pire encore dans ce cas-ci —, il faut normalement faire un chèque libellé au nom de la personne ou de l’organisation à laquelle on veut que l’argent se rende. Il y a donc une espèce de confirmation et un retour du chèque, et ces documents sont disponibles. Dans ce cas, c’est pire, parce qu’on a évidemment les factures. Une première facture a été payée. Justement en réponse à mon collègue, le whip de notre parti, qui prenait la parole précédemment et qui s’adressait au ministre des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités, il y a une facture du Conservative Fund Canada dont le titre est Candidate share of media buy. Il y a une première facture de 10 000 $ et une deuxième facture de 41 566,46 $. Toutefois, à la lecture de l’état bancaire qui nous a tout de même donné accès à l’information, on constate qu’aucun chèque n’a été émis.

Par contre, il y a eu des retraits au comptoir. Voilà qu’un autre candidat conservateur se transforme en Mulroney qui transporte une mallette d’argent contenant 51 000 $. On pourrait se poser toutes sortes de questions. L’argent s’est-il rendu à destination? Qu’est-il arrivé? Le parti a-t-il émis des directives selon lesquelles, lorsqu’on en a l’occasion, on doit faire des retraits au comptoir et traîner de l’argent comptant? Que fait-on aujourd’hui avec 51 000 $ en argent comptant pour payer des factures? C’est pour payer des factures au Fonds conservateur du Canada. On va y porter l’argent directement. Demande-t-on un reçu?

La belle histoire. On a donc deux fanatiques pro-Israël, dont l’un est président de l’association conservatrice de Sherbrooke, qui vont jusqu’à encenser Ehoud Barak (qui, pendant qu’il parlait de paix à Camp David avec Clinton et Arafat, dépeçait le territoire palestinien en y autorisant une augmentation dramatique des colonies juives) ou Ariel Sharon (cette brute responsable des massacres de Sabra et Chatila),qui se sont donnés comme mission d’infiltrer les médias afin de faire de la propagande sioniste et qui sont sous enquête pour avoir violé la loi électorale.

Et Cité Rock Détente Estrie a décidé de faire de Marc Nadeau un collaborateur quotidien afin qu’il puisse endoctriner les gentils auditeurs, ce que dénonce, avec raison, Marc Bellemare, conseiller FTQ de Sherbrooke.

Imaginons un instant tout le scandale si une radio de Montréal faisait d’un président d’association bloquiste pro-palestinien et sous enquête un collaborateur à tous les matins. Quel scandale!

En fait, c’est le deux poids, deux mesures. Un peu comme en Israël, en fait, où tous les crimes israéliens sont passés sous silence mais où les écarts palestiniens sont montés en épingle. Le Parti Conservateur nous a tellement habitué à contourner les règles, à se moquer de l’intelligence des gens en appuyant Israël lors de son attaque contre le Liban en 2006, à faire fi du plus élémentaire respect de notre démocratie en déclenchant des élections sans raison, qu’on a l’impression que les médias dorment au gaz et se laissent amadouer par la douce mélopée d’affairistes qui n’ont qu’un seul but: tromper la population et faire passer leurs idées extrémistes par tous les moyens.

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je n’écouterai plus Cité Rock Détente tant que cet individu y aura sa chronique. On peut demander son départ ici ou ici. Car avec une radio comme celle-là, pas besoin de B’Nai’Brith ou même de publicité conservatrice: le président de l’association conservatrice de Sherbrooke s’en charge!

À quand la même chance pour les représentants des autres partis politiques canadiens?

Les miettes de la terreur
19 juin 2007

Ça ne vous fait pas rire un peu vous autres, quand vous entendez des représentants des États-Unis ou de divers pays occidentaux déclarer qu’ils sont pour la démocratie et qu’ils entendent la promouvoir un peu partout sur la planète? Moi ça me fait bien rigoler, surtout quand on apprend que l’aide économique à la Palestine (maintenant la Cisjordanie) vient de reprendre puisque le Hamas, pourtant démocratiquement élu, a été écarté du pouvoir.

On aime ça chez l’Oncle Sam faire de grands discours sur le choix des peuples, sur leur capacité à décider de ce qui est le mieux pour eux, sur leur désir de s’exprimer dans des élections démocratiques. La démocratie, oui, mais faut surtout pas qu’elle s’exprime du mauvais bord! Si la population du Vénézuela élit Chavez démocratiquement, ça ne tient plus! Si les Palestiniens votent pour le Hamas, ça ne tient plus. Quelle sorte de message lance-t-on aux Palestiniens victimes de décennies d’apartheid et de racisme israélien leur enlevant jusqu’à la dignité? « Nous allons vous aider… si vous votez du bon bord. »

Pourtant, ils ont déjà été du bon bord les Palestiniens. Mais ils ne sont pas caves. Ils ont vu la paix d’Oslo de 1993 foulée aux pieds par l’implantation de centaines de colonies juives illégales en territoires palestiniens. Ils ont vu Yasser Arafat en discussion à Camp David en 1998 avec Bill Clinton et Ehud Barak, au moment où ce dernier doublait le nombre de colonies juives sur les meilleures terres palestiniennes. Ils ont constaté ce que valait la parole des États-Unis quand ceux-ci disaient qu’une fois Arafat mort un gros obstacle à la paix serait disparu et que tout pourrait enfin fonctionner rondement!

Non, les Palestiniens ne sont pas des idiots.

Ils ont constaté qu’ils n’ont pas de poids dans le grand jeu politique mondial. Ils ne sont bons qu’à crever sous des tirs israéliens ou par des bombes juives payées grâce à l’aide militaire étatsunienne de 3 milliards $ consentie annuellement à ce pays. Ils doivent assister calmement à la destruction systématique de leur pays, qui fût entreprise en 1948, puis consolidée par la guerre des six jours en 1967, puis maintenant élargie avec la construction du mur d’apartheid d’Israël volant les meilleures terres et séparant les villages palestiniens.

« Par ses actions, le Hamas a cherché à diviser les Palestiniens. C’est une chose que nous rejetons », a déclaré Mme Rice. Mensonge! Ce sont bel et bien les actions de l’État juif, appuyé par des dirigeants étatsuniens cooptés par le capital sioniste, qui sont responsables de la situation actuelle.

En effet, c’est l’État juif qui a volé les terres palestiniennes, poussé à l’exil des centaines de milliers d’Arabes. C’est aussi l’État juif qui a implanté des colonies extrémistes en territoires palestiniens – dans l’illégalité la plus complète – en cherchant à couper Jérusalem-Est des villages avoisinants pour éventuellement enlever toute possibilité que la capitale palestinienne puisse y être. Et c’est aussi Israël qui adopte des politiques racistes et humiliantes, se servant de la main d’oeuvre palestinienne comme du cheap labor de proximité et servant à doper artificiellement son PIB sur le dos de la population palestinienne.

Comment peut-on leur en vouloir aux Palestiniens, de s’être radicalisés? À chaque fois qu’ils ont négocié la paix, on les a volé. À chaque fois qu’ils ont tendu un rameau d’olivier, on leur a enfoncé dans l’oeil. Et quand ils font le choix – démocratique – de voter pour un parti radical, on leur retire toute les miettes qu’on consentait à leur donner sous prétexte qu’ils n’ont pas le droit d’avoir un gouvernement terroriste.

Mais la terreur, le vrai terrorisme, il est en Israël, et le Hamas a l’air d’une bande d’écolières à côté du monstre israélien, de ses milliards $ d’aide américaine, de ses bombes atomiques, de ses incursions quasi-quotidiennes en territoires palestiniens où elle sème la peur et la mort.

Avant de prétendre décider de ce qui est bien pour les Palestiniens, et de les inciter à rejeter un gouvernement élu démocratiquement, bref avant de corrompre le semblant de démocratie qu’on espère installer en Palestine, il serait peut-être temps de cesser d’appuyer le terrorisme israélien. Mais il n’y a pas de lobby palestinien dans les haut-lieux du pouvoir à Washington.

Ainsi donc, le grand jeu continue: pendant que nos gouvernements appuient l’État terroriste d’Israël, et financent ses entreprises de terreur et de destruction, nous pouvons nous déculpabiliser en envoyant quelques miettes à la Palestine et nous régaler de ces images de gens désespérés se battant pour celles-ci.

De plus en plus de gens appellent au boycott d’Israël, du pays et de ses produits. Ne serait-ce pas là notre dernier recours, puisque nos gouvernements ne nous écoutent plus, confirmant notre passage de citoyen à consommateur?