La tyrannie du pacifisme
4 mai 2012

Pire que la hausse des frais de scolarité elle-même, le conflit étudiant a vu naître sur la place publique un nouveau type de militant : le pacifiste haineux. Sûr de son idéologie pacifiste, il se substitue aux policiers pour s’en prendre à ceux qu’il qualifie de « casseurs ». Allié du pouvoir en place, il ne rêve que d’ordre et de paix dans une situation où c’est présentement l’ordre et la paix – lire l’indifférence quant au sort des étudiants – qui doivent être dénoncés.

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On les voit sur toutes les tribunes, clamant : « Mais laissez-nous manifester pacifiquement ! ». Et que se passe-t-il quand on les laisse le faire ? Rien. Ils font leur petit tour dans la rue, dérangent un peu la circulation, scandent « So, so, so ! » pendant quelques minutes et rentrent paisiblement chez eux le soir venu. Leur pacifisme est un échec.

En soi, le pacifisme est une idéologie qui se défend. On parle souvent de la Révolution tranquille ou de Gandhi pour le justifier. Mais on oublie de situer ces exemples dans le temps : le processus de décolonisation faisait alors son chemin et l’élite anglaise elle-même était prête à jeter du lest. Le pacifisme n’a pas gagné à cause de son essence ; il a gagné parce qu’il s’inscrivait dans une mouvance où même l’élite avait fini par perdre confiance en ses propres privilèges.

En ce moment, tout au contraire, l’élite est sûre d’elle-même, hautaine, méprisante. Elle jouit de tous les pouvoirs. Elle est capable de faire des blagues sur les étudiants, de parler de les envoyer dans le nord. Elle peut les infantiliser, les ridiculiser. Elle a ses Martineau, Facal, Duhaime, Pratte, Dubuc et autres nez-bruns du pouvoir pour la défendre. Elle est toute-puissante et, s’inscrivant dans le courant néolibéral actuel, elle arrive à convaincre une partie importante de la population.

Conséquemment, on ne peut pas voir comment une stratégie purement pacifiste peut fonctionner. Si le but est de vaincre le gouvernement – et ce but ne peut être autre puisque le gouvernement refuse même de considérer les étudiants comme des interlocuteurs crédibles – il faut utiliser TOUS les moyens pour y arriver. Ces moyens ne peuvent pas exclure la désobéissance civile massive et l’utilisation de la force physique contre des objets inanimés. Elle ne peut pas exclure non plus la résistance active contre les abus policiers.

Il y a un temps pour la réflexion et un temps pour l’action. Quand l’argumentaire a été développé, quand les études ont été faites, quand des manifestations pacifistes d’une ampleur historique ont été tenues, quand les appuis se sont généralisés, quand l’objectif est clair, quand l’autre partie ne veut rien entendre, il est du DEVOIR du mouvement étudiant d’opposer au radicalisme gouvernemental sa propre radicalisation, sa propre désobéissance civile, sa propre résistance active.

Quand un pacifiste haineux décide de se transformer en subalterne des policiers pour empêcher la violence légitime découlant du mépris gouvernemental, il ne contribue pas à sa cause : il encourage la division dans ses rangs et il nuit à l’expression de cette violence. Il empêche cette canalisation salvatrice d’une violence nécessaire pour frapper l’imaginer collectif et permettre de prendre conscience que le conflit, s’il n’est pas réglé pacifiquement, aura des conséquences funestes.

Le Québec a toujours été une nation pacifique. Mais le Québec est également une nation qui a vu ses idéaux piétinés depuis des siècles et ses confrères francophones de toute l’Amérique décimés.

Ne rejetons pas le pacifisme. Il peut être utile.

Mais ne rejetons pas la résistance active et l’utilisation de moyens plus radicaux contre des objectifs non humains.

Face à un ordre autoritaire, ayons l’intelligence de ne pas nous imposer nous-mêmes notre propre tyrannie du pacifisme.

Soldats ou futurs mésadaptés sociaux?
25 décembre 2008

Ça s’est passé mardi le 23 décembre. Mon amie, qui travaille à la SAQ, est arrivée vers midi pour faire son quart de travail, et s’est installée toute souriante à sa caisse. Elle a accueilli son premier client d’un « bonjour » accompagné d’un sourire. Sauf que celui-ci ne lui a pas répondu avec un sourire, mais a plutôt commencé à l’engueuler parce qu’elle lui avait parlé français, la traitant de « fucking frog », de « bitch » et lui disant qu’elle se devait de parler anglais. Elle a alors fait la transaction très rapidement, espérant se débarrasser de cet individu au regard hagard et crachant son venin gratuitement sur elle. Sauf qu’à la fin, le type voulait un sac, et mon amie lui a donc expliqué que les sacs sont payants à la SAQ (depuis juillet ou août si ma mémoire est bonne) et il lui a alors répliqué, la pointant d’un doigt menaçant à quelques centimètres du visage: « J’étais soldat en Afghanistan et j’ai tué des gens pour moins que ça, bitch ». Il a ensuite été sorti de force par deux gardiens de sécurité, non sans qu’il continue à gueuler et à insulter tout le monde.

* * *
Ce type constituait-il une exception ou existe-t-il un réel problème chez les soldats de retour du combat? Je penche pour la deuxième option.

Une vaste étude étatsunienne effectuée entre le 30 septembre 2001 et le 30 septembre 2005 sur 103 788 soldats vétérans d’Irak ou d’Afghanistan a conclu que 25% de ceux-ci (25 568 soldats) ont reçu un diagnostic de troubles mentaux, dont 56% de ceux-ci avaient deux ou davantage de ces troubles.

La plupart du temps, le soldat de retour du combat souffre d’un État de Stress Post-Traumatique (ESPT). Comme l’explique Anciens combattants Canada:

De nombreuses études ont démontré que, plus l’exposition du militaire au traumatisme de guerre est longue, intensive et horrifiante, plus celui-ci risque de devenir émotivement drainé et souffrir d’épuisement. Cela se produit même chez les soldats les plus forts et les plus sains; par ailleurs, ce sont souvent ces derniers qui sont les plus troublés par la guerre, car ils résistent beaucoup au traumatisme. […] Les psychiatres ont réalisé, après la Seconde Guerre mondiale, que ces problèmes ne sont habituellement pas une maladie mentale naturelle, comme la schizophrénie ou la maniacodépression, mais bien une forme différente de maladie mentale résultant d’une trop grande exposition au traumatisme de la guerre.

De plus, une étude de la sociologue Deborah Harrison, publié en 2000, démontre que les femmes de soldats sont plus à risque de souffrir de violence conjugale.

* * *

Voilà donc ce qu’est un soldat qui revient du combat: un être souvent mésadapté, une bombe humaine prête à exploser sans raison. Cette fois-ci, ce n’avait été que des mots, mais qu’en sera-t-il si l’homme se fait couper sur l’autoroute ou insulté dans la rue? Sortira-t-il un canif suisse de ses culottes pour égorger quelqu’un? Le soldat qui revient du combat constitue souvent une menace pour la population en général. Si plusieurs victimes d’ESPT intériorisent leurs troubles et finissent parfois par se suicider, d’autres extériorisent leur frustration et deviennent une menace pour autrui. Quand on a vu la mort de près, quand on a tiré sur quelqu’un qui vous regarde dans les yeux et qu’on y a pris un plaisir morbide, ne devient-il pas tentant, de retour au pays, de continuer à voir la vie comme un éternel combat où la mort, plus souvent qu’autrement, devient une finalité?

Je les plains ces soldats. Ils sont naïfs; ils croient réellement dans leur esprit qu’ils vont en Afghanistan pour aider. Ils se voient comme des sauveurs et ne comprennent pas que cette guerre n’est pas la nôtre mais que nous devrons subir les conséquences sociales et économiques de leur détresse psychologique lors de leur retour au pays. Combien de vies seront ainsi gâchées? Combien ça peut coûter soigner tous ces nouveaux troubles psychiatriques?

Quand on parle du coût de la guerre, je crois qu’il faudrait inclure ces coûts-là. Ne pas penser que « nos » soldats s’en vont tuer de l’Afghan pour revenir avec un diplôme universitaire et une petite valise remplie de nouvelles habiletés sociales. Ils sont partis comme de simples petits gars de chez nous croyant aider et ils reviennent souvent en profonde détresse, deviennent une menace contre la société et auraient besoin de se faire soigner, voire isoler des autres citoyens.

Avec mon amie, ce n’étaient que des mots. Mais la prochaine fois?

Combien de jeunes Québécois sacrifierons-nous ainsi sur l’autel d’une guerre qui n’est pas la nôtre mais dont nous souffrirons les conséquences par notre faute?

De l’utilité sociale de la pédophilie
28 octobre 2008

Je lisais cette nouvelle où on apprend qu’une fillette de sept ans a été enlevée, violée, puis ramenée simplement une heure plus tard à son école. J’entends déjà en sourdine l’écho plaintif des faiseurs d’opinions réclamant davantage de répression et la fin des sempiternelles « sentences-bonbons ». Et si la vérité était ailleurs. Pire, ou mieux, et si les pédophiles avaient une utilité sociale?

On s’entend, personne ici ne va approuver la pédophilie. S’en prendre à un être sans défense, qui commence dans la vie, et le handicaper durablement en lui faisant connaître ce qu’il est trop jeune pour avoir besoin de connaître, c’est purement mal. Mais le mal peut-il être utile?

Par exemple, si personne ne souhaite avoir un cancer, sans l’explosion des cas de cancer depuis plusieurs décennies on fumerait toujours la cigarette dans les écoles. Sans l’accroissement des crises cardiaques et de l’obésité morbide, on n’aurait pas commencé à limiter la malbouffe. Sans Tchernobyl, aurait-on entrepris de mieux sécuriser l’énergie nucléaire? Mais encore: sans les épidémies de pestes buboniques, aurait-on commencé à appliquer de meilleures règles d’hygiènes? Et sans nos ancêtres préhistoriques qui ont brûlé vifs lors d’un incendie de forêt, aurait-on découvert la maîtrise du feu?

Ce que je dis ici, c’est que de tout événement négatif naît la possibilité d’un résultat positif. L’événement négatif ne peut être blâmé sans cesse pour ce qu’il est, mais plutôt acclamé pour les changements qu’il nous force à apporter.

À quoi aurait-il donc servi à nos prédécesseurs de blâmer le feu qui les brûle ou plus tard la maladie qui les frappe, à sacrifier des moutons ou des sorcières pour apaiser les Dieux en furie et faire couler la pluie ou arrêter l’épidémie par chance? À rien. L’eau qui épuise l’incendie et le force en retraite n’empêche pas le feu de revenir, pas plus que la fin d’une épidémie ne conjure le retour d’une autre.

L’Homme doit apprendre à s’adapter et à changer ce qu’il le rend vulnérable aux périls.

Ainsi, la solution au problème de la pédophilie n’est peut-être simplement pas d’emprisonner les pédophiles. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Il faudrait possiblement comprendre en quoi nos enfants sont devenus plus vulnérables qu’ils ne l’étaient autrefois, si tel est effectivement le cas.

Par exemple, autrefois, dans nos campagnes, les enfants étaient beaucoup plus souvent à la maison ou chez des proches. Ils aidaient pour les travaux avec la famille, les garçons avec leur père, les fillettes avec leur mère, et les sorties étaient plus encadrées, ou du moins elles avaient lieu dans un univers moins spacieux, plus simple. Les enfants avaient leurs moments de liberté, mais celle-ci s’exprimait dans un contexte où les gens se connaissaient davantage.

Aujourd’hui, par contre, c’est l’époque de la clef dans le cou, de l’autobus jaune ou bleu, des inconnus hasardeux qu’on aperçoit subrepticement derrière une triste clôture argentée. Plus personne ne se connaît, plus personne ne se parle. Un inconnu peut arrêter sa voiture, embarquer une fillette de sept ans, lui mettre son pénis dans la bouche ou à d’autres endroits infâmes et la laisser partir une heure plus tard pour aller chez une amie en lui disant « salut ma lolotte oublie-pas de te laver la figure » et personne ne se rend compte de rien. Nous sommes étrangers les uns pour les autres. Et c’est grâce à notre désunion et notre indifférence que peuvent prospérer de telles violences.

Conséquemment, avant de réclamer des peines toujours plus sévères pour les pédophiles comme d’autres ont brûlé des sorcières contre la peste, il faudrait peut-être mieux se regarder soi-même, passer davantage de temps avec nos enfants et leur offrir un futur où ceux-ci puissent se sentir en confiance toute la journée.

Car on aura beau arroser le feu, le piétiner, lui lancer de la chaux, l’insulter, lui cracher dessus, mettre de la terre sur lui, l’isoler ou lui couper l’oxygène, il reviendra toujours. Le problème n’est pas la pédophilie, mais notre mode de vie. Et y a pas de peines plus sévères, de castration, de registre public ou d’affichage de photos qui pourront régler ça.

Se choquer et s’indigner devant l’inacceptable, c’est facile. Se remettre en question, et essayer de changer un quotidien un peu trop impersonnel et compliqué qui nous rend vulnérables, voilà un défi plus épineux.

Montréal-Nord: le rejet du contrat social
16 août 2008

Le contrat social, tel que l’a imaginé Rousseau, est le ciment qui amalgame tous les éléments de la société. C’est le processus selon lequel chacun renonce à une partie de sa liberté individuelle pour gagner la liberté civile. En clair, je renonce à agresser ou violenter mon voisin, j’accepte que mon pouvoir et ma liberté soient limités, et en échange les policiers et la justice appliquent cette loi, égale pour tous. Ce contrat social est ce qui nous a sorti du Moyen-à‚ge. Et c’est ce que remettent en cause les voyous qui font la loi à Montréal-Nord.

En effet, quand ceux-ci se plaignent d’être harcelés par la police, il ne faut pas prendre leurs mots à la légère: ils détestent la police, car à leurs yeux celle-ci ne les protège pas mais les empêche de faire ce qu’ils aimeraient faire. Ils ne comprennent pas que la police se contente d’appliquer les lois votées par les représentants de la majorité. Ils ne voient pas que la police est là pour les protéger, et que même s’ils deviennent des criminels notoires ils pourront toujours compter sur elle pour sauver leur petite vie misérable.

Pourtant, ils auraient tout pour réussir: l’intelligence, la chance d’habiter dans un pays démocratique, une éducation presque gratuite, des ressources pour les aider. Mais ce n’est pas assez. Il y a cette culture familiale issue de l’immigration et découlant de siècles d’esclavage ou de pauvreté à Haà¯ti qui les rend méfiants, voire paranoà¯aques, et les empêche de comprendre que leur intérêt consiste à accepter notre contrat social, c’est-à -dire de jouer la « game » telle qu’elle a été choisie par l’ensemble des Québécois.

C’est donc un rejet non seulement du Québec et de la volonté de ses habitants, mais également le rejet de la démocratie, le rejet des Lumières, une ode à la barbarie, au clanisme, au népotisme et à la loi du Talion imposée en valeur suprême. « Tu me manques de respect, je te casse les jambes à coup de batte de baseball ». Des barbares.

Je jasais avec un gars qui travaillait dans ce ghetto. Il me contait que des employés se sont fait casser des bouteilles de vitre sur la tête parce qu’ils avaient voulu empêcher un vol. Un autre s’est fait casser les deux jambes avec une batte de baseball car il avait carté un jeune de 14 ans qui voulait s’acheter de l’alcool. Une autre fois, ils ont mis un fusil sur la tempe d’un agent de sécurité et l’ont forcé à s’agenouiller devant eux. Ce sont des bêtes. Les gens n’ont même pas idée de ce que ça peut être de vivre dans un tel quartier. Et ceux qui le savent ont hâte de le quitter et de ne plus se retourner.

Ainsi, en rejetant le contrat social et en refusant de respecter la loi, ces jeunes voyous sont en train effectivement de créer une sorte de ghetto hermétique moyennâgeux, où même les policiers ont peur d’intervenir. Ce sont des loups, des chacals, et ils entraînent leurs concitoyens vers la déchéance d’un monde de pauvreté et de violence à l’image des ghettos que l’on peut observer un peu partout dans le Tiers-monde. Ces voyous font régresser l’humanité; ils célèbrent la loi de la jungle et la puissance du fusil au-dessus de celle de la loi. Ce sont des ennemis.

Malgré tout, je crois à la valeur de la prévention et de mesures socio-économiques pouvant aider ceux qui veulent s’en sortir. Mais pour les autres, c’est trop tard. Nous sommes en guerre, et ces petits caà¯ds de la mort sont les ennemis de notre nation et de notre démocratie, et la police devrait pouvoir faire le ménage. Et les politiciens devraient favoriser ce ménage en instaurant un couvre-feu et en augmentant les effectifs policiers dans le quartier. Ces jeunes bêtes doivent apprendre à respecter l’autorité policière, cette renonciation d’une partie de notre liberté individuelle qui nous garantit la vraie liberté.

Ces jeunes n’ont peut-être pas eu de parents. Ces derniers, amenant leur haine de la police et leur impression de corruption de ces derniers de leur pays d’origine, les ont peut-être incité à se faire justice eux-mêmes et à ne pas faire confiance aux autorités. Et c’est pourquoi, sans parents, ils n’ont pu grandir. Ils en sont encore au stade de croire qu’ils sont tout-puissants et que le monde tourne autour d’eux. Ils n’ont toujours pas compris que des règles doivent exister pour le bien-être de tous. Si personne ne respectait les feux de signalisation, se promener en voiture serait périlleux.

La solution sera politique ou ne sera pas. Nous ne devons plus accepter de voir de jeunes bandits saccager notre ville impunément. Et, malheureusement, ce ne seront pas de ridicules regroupements du style Montréal-Nord Republik qui, outre leur parti-pris pour les vandales et les hors-la-loi de dimanche dernier, sont incapables d’écrire le mot « république » correctement (ce qui démontre leur barbarisme, nous explique l’Intelligence Conséquente), qui pourront aider à améliorer la situation. La situation ne se réglera pas en demandant aux policiers de changer; les policiers font un excellent travail (quoi qu’ils ne sont pas assez sévères) et on ne répétera jamais assez à quel point le policier a eu raison de tirer sur Villanueva, qui a foncé sur un représentant de l’ordre, ce qui était probablement l’action la plus stupide à être commise depuis des années.

En clair, la police doit avoir les mains libres pour javelliser le quartier et imposer nos valeurs et ce contrat social qui constitue notre dernier rempart contre tous les ennemis de la démocratie.

Car quand on attaque un policier, ce n’est pas seulement un homme qu’on attaque, mais l’ensemble des citoyens qui ont placé leur confiance en cet homme. Quand on vise un policier, c’est nous tous qu’on vise.

Retour sur la tempête
12 août 2008

Je savais que le vent allait souffler fort, mais c’est une véritable tempête qui s’est abattue sur ce blogue au cours des dernières trente-six heures! Au moment d’écrire ces lignes, c’est un total complètement fou de 391 commentaires qui ont été écrits. On peut les diviser comme suit:

  • Environ 50% des commentaires étaient écrits en majuscules, en texto, d’une écriture déficiente et comportaient leur lot d’insultes et de commentaires extrêmement racistes. Ces commentaires, écrits par des Noirs de Montréal-Nord, étaient supposés dénoncer mes propos et les commentaires de certains, mais ils ont surtout réussi à démontrer le racisme de ces individus, s’enfermant dans une logique du « black power », considérant que les Noirs sont supérieurs aux Blancs et autres arguments du style des suprémacistes noirs;
  • Environ 10-15% des commentaires étaient farouchement opposés à mes arguments mais utilisaient en retour d’autres arguments pour faire avancer le débat. Leur contribution fut plus que constructive.
  • Environ 25% des commentateurs semblaient en accord avec moi et ont refusé de victimiser la mort de Freddy Villanueva, et ont reconnu qu’il a été responsable de sa propre mort en tentant d’attaquer une policière;
  • Et un 10-15% de trolls ou de commentaires plus ou moins reliés au sujet.

Bon, c’est une approximation. Mais ça donne une idée.

Dans la première catégorie, quelques extraits choisis:
DaQueenie, qui dit qu’il/elle aurait désiré tuer la policière au lieu de l’atteindre aux jambes:

DIT TOI JUSTE KELLE A DLA CHANCE KE CETTE PERSONNE NE SACHE PAS VISÉ PCQ SI CETAIT MOI CROIS MOI KE JLAURAIS VRMT PAS RATÉ JLAURAIS FAIT SUBIR LE MM SORT KE FREDDY ET LES AUTRES ENFANTS DE PUTE DE POLICIER

Une mulâtre fière de ce quelle est qui nous démontre son racisme pour dénoncer… le prétendu racisme des autres:

OH FUCK LES BLANC BEC BANDE RACISTE LES BLACK SONT SUPÉRIEUR A VOUS.

DaQueenie qui nous fait encore la démonstration de son racisme:

vos blanches ne sont ke des BITCHS tjrs pres a sauter sur nimporte ki pour de largent

Ces gens extrêmement racistes méritent d’être dénoncés, ce que Le Satellite Voyageur fait d’ailleurs excessivement bien. Car ils représentent, malheureusement, une certaine forme de racisme extrêmement répandue chez plusieurs Noirs. Ça me rappelle… J’ai déjà habité avec un Noir d’une gang de rue quand j’étais plus jeune. à€ Longueuil. Il me contait que les Noirs s’attaquaient aux Latinos, et vis versa, et si jamais un Blanc venait s’interposer pour les calmer, les Noirs et les Latinos faisaient alliance pour s’attaquer au Blanc. J’avais jamais vu ou entendu autant de racisme avant. Mais, malheureusement, on le voit ici, ce type de pensée raciste est largement répandue chez de nombreux immigrants.

Deuxième groupe: ceux qui s’opposaient à mes idées mais qui ont eu des commentaires intéressants et pertinents.

Haitian509, avec lequel j’ai eu une discussion fort intéressante (je vous invite à tout lire notre échange) a écrit:

Pourquoi vous parlez par des Haitiens qui réussissent ? Notre faute si on est solidaire ?

Catherine, qui affirme que mes propos sont aussi violents que ces jeunes qui ont brûlé des voitures et tiré sur une policière:

Ces propos là sont chargée de la même violence, de la même émotivité et de la même agressivité que celle qui habite ces “noirs hostiles” dont tu parles.

J’ai beaucoup de respect pour ce deuxième groupe. Ils sont en désaccord avec moi, mais leurs idées font avancer la discussion et ils sont généralement respectueux et cohérents. Bravo!

Troisième groupe: ceux qui sont d’accord.

rawkenroll:

C’est bien d’avoir des couilles.
Mais c’est mieux d’avoir une tete et de s’en servir.
Devant un Policier, tu fermes ta yeule pis tu attends.
Point.

Neil Obstat:

Normand Brathwaite disait que quand il était petit il prenait l’autobus sans payer et quand le chauffeur lui reprochait, Normand traitait le chauffeur de raciste et il profitait donc de transport gratuit. Ce comportement , Brathwaite le comprend venant des jeunes mais ne l’approuve plus du tout. Il dit surtout que ca n’aide pas la cause, et qu’a force de crier au loup, il viendra un temps ou personne ne viendra a ton aide mais surtout, SURTOUT, tu entraineras les gens de ta communauté avec toi. Des gens de ta communauté qui ne partagent pas ta vision des choses et qui seront victimes a long terme des TES propres actions.

GarsOrdinaire:

Au tout debut si le jeune Freddy Villanueva laisse faire le travail des policiers , son frere se fait coffrer puis il s en va au poste puis il sort quelques heures plus tard

Ce groupe a tout autant contribué à la discussion que le groupe précédent, mais les arguments étaient opposés.

Pour le dernier groupe, les trolls ou les commentaires hors-sujet, vous comprendrez que ça ne sert à rien de les mettre ici.

J’espère avoir réussi, avec cette compilation, à rendre un peu plus intelligible cet incroyable fourre-tout.

Plusieurs m’ont demandé pourquoi je n’ai pas voulu modérer l’enfilade, surtout en réaction aux commentaires racistes de plusieurs intervenants. C’est simple: je crois aux échanges d’idées. Cessons d’avoir peur des idées des autres; à quoi servirait-il d’avoir un blogue si on était fermé aux idées des autres et qu’on les censurait? Je sais que certains blogueurs relativement bien connus censurent quiconque ne pense pas comme eux, et je me suis moi-même fait « modéré » hier parce que l’auteur du blogue en question n’aimait pas le texte que j’avais écrit sur mon blogue. (Le commentaire, lui, était anodin, banal.)

Je vois les choses différemment: laissons les gens s’exprimer, dans les limites du raisonnable.

On peut reprocher beaucoup de choses à un pays comme les États-Unis, mais une chose que j’admire chez eux, c’est leur liberté de parole. Peu importe tes idées, tu as le droit de les dire. Ça donne fréquemment de grands échanges et une forte confrontation des idées, et c’est de cet échange que peut ensuite jaillir la vérité. Se mettre les mains devant les yeux en espérant que l’autre n’existe pas, comme certains le font, est une forme de discrimination et une façon de se déconnecter de la réalité du monde dans lequel on vit. Laissons donc les gens s’exprimer, tant qu’il n’y a pas de menaces ou de violation de la loi. (Ceci dit, j’ai instauré un minimum de modération pour empêcher les dérives extrêmes; mais je n’ai pas empêché la publication d’un seul commentaire jusqu’à présent).

Après toute cette tempête, ne serait-il pas temps de chercher des solutions? J’ai proposé les miennes: augmentation du salaire minimum, gratuité de l’éducation, programmes sociaux pour favoriser l’intégration des immigrants, diminution de l’immigration, revalorisation de la nation et de la fierté d’être Québécois, etc. Radicarl propose de se servir de modèles de réussite, comme Joachim Alcine, pour mieux intégrer ces immigrants. C’est une excellente idée.

Parallèlement, il faudrait lancer un message aux organisateurs communautaires. Ce matin, j’ai vu Harry Delva, de la Maison d’Haà¯ti blâmer les policiers qui luttent contre les gangs de rue et affirmer que son organisme doit convaincre les jeunes qu’il ne fait pas de délation. Oui, vous avez bien lu. Il veut convaincre les jeunes de venir à la confesse raconter leurs crimes et lui ne va pas contacter la police. La belle mentalité ça! C’est pas dans la loi ça l’obligation de dénoncer un crime? Avec une mentalité pareille, pas surprenant que le quartier se soit enfoncé dans l’anarchie et la violence.

Ceci dit, la tempête est passée; il est temps de penser au futur et de ne pas oublier que ces jeunes, qui rejettent notre société et vivent dans le chaos et le déracinement, seront encore là dans vingt ou trente ans. Il faut les intégrer, et ça presse! Il faut les sortir de la rue, leur faire comprendre que la police est l’alliée des gens honnêtes et leur donner le goût de sortir de leur ghetto pour partager notre Histoire et notre futur. Bref, de devenir des Québécois à part entière, des gens respectables qui vivent en interrelation avec les autres citoyens du Québec.

Car, qu’on le veuille ou non, les jeunes d’aujourd’hui seront les adultes de demain. Et les voyous d’aujourd’hui ne deviendront pas respectables par magie. C’est à nous d’agir et de leur offrir des alternatives leur donnant le goût de se joindre à nous au lieu de nous dénigrer.

Montréal-Nord et sa racaille
11 août 2008

Entre nous, et toujours en privé, on ne disait jamais « Montréal-Nord », mais bien « Montréal-Noire », car cette enclave du nord-est de la ville est un véritable ghetto noir, le terrain de jeu des gangs de rue haà¯tiens et hyper-violents. J’y ai même déjà travaillé, sur le boulevard Pie-IX, dans un dépanneur où on se faisait régulièrement voler par ces bandes de Noirs qu’on appelait, sûrement pour se moquer d’eux, les « Bogars ». Et j’y suis passé fréquemment, dans ce quartier d’une laideur difficile à ignorer et où la fourche des jeans se porte près des genoux.

Pourtant, il existe de jolis coins à Montréal-Nord, principalement le long de la rue Gouin, mais telle une mince lisière d’arbres frêles le long d’un dépotoir, voilà bien peu pour compenser ce quartier où on ne vit pas par choix mais dans l’espoir de le quitter définitivement.

Rien ne justifie les saccages et les incendies de cette bande de voyous. Rien. Et surtout pas la mort de ce Freddy Alberto Villanueva, qui a été assez STUPIDE pour chercher à s’interposer entre son frère et la police qui cherchait à arrêter ce dernier. Quelle est cette mentalité de perdant consistant à croire qu’on puisse intimider impunément des policiers et les empêcher de faire leur travail? Que la décision – qui a dû être prise extrêmement rapidement – de tirer sur cet importun ait été bonne ou mauvaise ne change rien: on doit laisser travailler les policiers et ceux-ci méritent une médaille pour avoir tenté d’inculquer un peu de sens civique et de respect de la loi à ces jeunes qui ne semblent respecter que la force brute.

Et puis, on entendait ces Noirs manifester et crier au racisme: pathétique. Le racisme n’existe pas au Québec; nous sommes tellement gentils avec les ethnies que celles-ci s’essuient les pieds sur nous. Jamais, à´ grand jamais le policier ayant atteint mortellement Villanueva ne l’a fait par racisme. Il a tiré parce qu’il se sentait menacé, et si moi-même j’étais en plein coeur de ce triste quartier et que j’étais entouré d’une bande de Noirs hostiles, j’aurais dégainé mon arme et j’aurais tiré. Et pas qu’une fois. Ça n’a rien à voir avec la race, seulement avec le gros bon sens: on laisse les policiers travailler.

On se croyait bon, on se félicitait. On affirmait que la France était dans l’erreur avec sa politique d’intégration ethnique alors que nous serions dans le droit chemin avec notre multi-ethnisme de ghettos et du « chacun dans sa langue et sa culture ». Notre gouvernement a même été assez stupide pour promouvoir une augmentation de l’immigration. Ces émeutes sonnent un coup de glas non seulement pour ceux qui croyaient que nous avions la bonne solution en matière d’intégration des immigrants, mais également pour ceux qui voient dans le nationalisme un ennemi pouvant causer des guerres; ce qu’on a observé dans ces émeutes est ce qui se produit lorsqu’il y a moins d’État: l’anarchie. La voilà la belle utopie de chars qui brûlent et de Négros frappant à coup de barres de fer dans les autobus de la STM. La voilà la belle politique d’intégration.

Montréal-Nord, c’est la démonstration de notre incapacité à intégrer les immigrants. Nous n’arrivons pas à leur offrir un futur et ils en viennent à considérer le crime et les menus larcins comme étant une voie alternative crédible au dur labeur du bas de l’échelle. Nous sommes coupables. Coupables de ne pas être capables de leur offrir de meilleures conditions de vie (8$ de l’heure, c’est une joke!) et coupables de favoriser leur pauvreté en votant pour des gouvernements appliquant des politiques économiques de droite encourageant les inégalités sociales.

Mais surtout, SURTOUT, nous sommes coupables de n’avoir pas su agir, d’avoir laissé un quartier sombrer dans la criminalité et la violence, et d’avoir ainsi permis le stockage du carburant de la haine de l’État et des autorités, de la société et de ce que nous sommes, se transformer en une immense conflagration de violence urbaine à la moindre étincelle.

Il n’y a pas de doute: ces voyous, cette racaille, doivent être sévèrement punis, arrêtés, traduits devant un juge et emprisonnés. Mais que cela ne nous empêche pas de voir les causes sous-jacentes qui risquent de permettre une nouvelle explosion de violence dans le futur.

Montréal-Nord doit être nettoyée. Et pas seulement par la méthode forte, mais aussi avec des programmes politiques susceptibles de donner un avenir aux jeunes et de les inciter à se considérer comme faisant partie intégrante de cette société qui ne demande qu’à les accueuillir.

AJOUT: Je viens de lire les nombreux commentaires, notamment où on m’accuse de racisme. J’aimerais simplement souligner qu’à mes yeux la racaille ne s’applique qu’aux émeutiers et que je suis profondément opposé au racisme et à toutes ses manifestations. Mon billet avait un double but: dénoncer l’oeuvre de destruction des émeutiers et expliquer que l’explosion découlait probablement d’une mauvaise intégration des immigrants, elle-même probablement reliée à des politiques économiques leurs étant défavorables. J’aimerais qu’on me voit comme un de leurs alliés, car j’aimerais qu’on leur permette d’avoir un futur en-dehors de la rue, qu’on leur offre du travail mieux rémunéré et une scolarité supérieure plus accessible. J’ai écrit « Montréal-Noire », c’est vrai, mais ce n’est pas par racisme, mais simplement un jeu de mot facile face à un quartier à forte proportion de gens issus de la « communauté » haà¯tienne. Merci de bien vouloir considérer cet ajout avant de me juger trop rapidement.

Le système fonctionne (sexy déontologie)
12 avril 2008

Un commentaire m’a beaucoup touché. C’est celui d’une lectrice ayant été victime d’abus de la part du même policier avec lequel j’ai eu des problèmes moi-aussi. J’aimerais simplement souligner que le système peut fonctionner et qu’on doit agir.

Dans mon cas, tout est terminé depuis bientôt un mois. J’ai été en conciliation au Comité de déontologie policière dans le Vieux-Port avec une conciliatrice (très gentille), le policier en question et un représentant syndical du policier.

Dès le début, le policier a avoué à la conciliatrice qu’il se rappelait avoir été très fort avec moi. Je lui ai exprimé mon point de vue et en quoi j’ai eu l’impression qu’il avait un parti-pris pour mon ex-copine et de quelle façon je n’ai pas aimé me faire insulter. J’ai eu tout le temps nécessaire pour lui expliquer mon mécontentement. Après ça, le représentant syndical a expliqué certaines particularités de la vie d’un policier (notamment le fait que c’était un pur hasard si le policier en question était le même à s’occuper de mon cas les deux fois). Puis, j’ai demandé au policier ce qu’il ferait de différent dans le futur et il a dit qu’il essaierait de faire davantage attention et de prendre un peu plus de temps pour discuter avec les deux parties. Bref, il a reconnu avoir mal agi et qu’il ferait les choses différemment dans le futur.

J’étais donc très satisfait, car je ne voulais pas la peau de ce policier. Je voulais simplement qu’il reconnaisse son erreur et que d’autres n’aient pas à souffrir du même genre d’erreur dans le futur. En acceptant de régler à l’amiable, ma plainte ne figurera pas dans son dossier (ainsi il pourra gravir les échelons s’il le peut) mais il restera toujours une trace à la déontologie, dans le cas où un cas semblable se reproduirait.

Donc dans mon cas tout est réglé: je me suis fait respecter du policier, j’ai la conscience d’avoir fait mon devoir de citoyen, et je suis passé à autre chose.

J’espère de tout coeur que ce témoignage pourra aider quiconque a des difficultés avec n’importe quel policier que ce soit. Nous vivons dans un État de droit, nous avons des droits, et lorsque nous ne nous sommes pas sentis respectés nous avons des moyens de nous défendre. C’est simple et efficace.

Si jamais je recroise le policier en question, je n’aurai plus d’animosité à son égard car à mon sens justice a été rendue (même si j’ai été victime de voie de faits sans pouvoir me faire respecter, ce n’était pas la faute du policier).

Le pouvoir de la police s’arrête là où notre désir d’être respecté est assez fort pour utiliser tous les outils à notre disposition.

La déontologie, c’est peut-être pas aussi sexy que la fille ci-haut, mais c’est drôlement efficace! Bonne chance!

Vive les bagarres!
27 mars 2008

Il semblerait que la ministre Courchesne annoncera l’interdiction des bagarres dans tout le hockey mineur au Québec. Cette décision est l’oeuvre d’une néophyte dans le hockey qui confond deux choses très différentes: agression et batailles.

En effet, les images de Jonathan Roy attaquant le gardien Bobby Nadeau ne sont pas des images de bagarres, mais bien celles d’une agression, car il est évident que Nadeau ne veut pas se battre. De telles agressions doivent être punies sévèrement.

Par contre, dans le cas de bagarres consentantes, c’est-à-dire quand les deux joueurs choisissent de se battre, on devrait les laisser vivre avec les conséquences de leurs actes. Car qu’on le veuille ou non, la bagarre fait partie du sport.

En anesthésiant le hockey comme la ministre Courchesne semble vouloir le faire, on le ramènera peut-être au rang de platitude de nombreux autres sports. Car ne nous le cachons pas: les bagarres sont une particularité du hockey et les gens AIMENT voir des bagarres, moi le premier.

Quand il y en a une, je crie, je hurle, je donne des coups dans le vide. Je frappe et je défonce par procuration; je vis à travers ce joueur auquel je m’identifie. Ça défoule, ça permet de faire sortir la pression d’une vie souvent un peu trop prévisible et diminuée. Ça fait couler la testostérone dans les veines de milliers d’amateurs sans faire de mal à personne.

Et on veut enlever ça?

On n’est quand même plus au temps des Romains, avec des décapitations publiques, des écartellements, des chrétiens dévorés par les lions et des gladiateurs s’enfonçant des pieux dans l’estomac. Mais on a besoin de violence. On en a besoin pour canaliser positivement le trop plein d’énergie destructrice présente en chacun.

On tape dans le vide, on se défoule dans l’imagination au lieu d’aller taper son prochain dans la vraie vie.

Enlever les bagarres au hockey serait une erreur monumentale. Non seulement ça rendrait ce sport pas mal plus plate, mais cette émasculation du hockey détournerait d’un enjeu beaucoup plus important: l’importance de la canalisation des énergies destructrices et l’apport positif de cette canalisation pour la société.

Au lieu de s’attaquer à ces saines bagarres, la ministre Courchesne ferait bien de se chercher une autre cause pour se faire du capital politique. Car en mettant sur un même pied des bagarres entre joueurs consentants et une agression violente inutile et gratuite, c’est non seulement au monde du hockey qu’elle s’attaque mais aussi à l’intelligence des amateurs … de politique!

La violence a-t-elle un sexe?
7 juin 2007

Un des préceptes fondamentaux du féminisme moderne est le statut de victime de la femme face à un homme qu’on décrit souvent comme étant très violent. Cette vision partiale des choses ne tient plus la route quand on observe que, selon une nouvelle étude, les hommes sont plus souvent victimes de violence conjugale que les femmes.

En effet, si les féministes se basent souvent sur les rapports de police pour perpétuer le mythe de l’homme violent, l’étude démontre le contraire en se basant non pas sur le désir de la personne de porter plainte mais plutôt sur la nature des gestes posés.

Ainsi, au lieu de se fier au jugement subjectif d’une personne se prétendant victime et désirant être considérée comme telle, on considère la situation avec davantage d’objectivité, en demandant aux hommes et aux femmes si leur conjoint a posé tel ou tel geste violent. Bref, on se rapproche de la véritable situation en éliminant le spectre déformant de la subjectivité humaine, qui peut donner l’impression à l’un ou l’autre conjoint d’être une victime ou pas pour un même geste.

Et surprise, les hommes sont davantage victimes de gestes violents que les femmes.

Évidemment, la force physique n’est pas toujours la même et il est difficile de comparer plusieurs petits coups de poing à un seul puissant. Malgré tout, on observe que le geste et l’intention violente qui l’accompagne existent chez les deux conjoints, et non pas seulement chez l’homme. Peut-être celui-ci est-il plus solide physiquement et psychologiquement. Peut-être ne veut-il pas porter plainte par honte ou par amour pour sa conjointe. Dans tous les cas, il se tait et il endure.

S’il faut se méfier de ceux qui voudraient se servir de ce genre d’études pour attiser la haine contre un sexe en particulier ou qui croient pouvoir généraliser sur toute la société à partir de cela, il devient cependant de plus en plus clair que les hommes n’ont pas le monopole de la violence et que les féministes qui colportent ce mythe auraient avantage à modifier leur discours rétrograde et déconnecté de la réalité.

Car la violence existe, et des deux côtés. Et ce n’est pas en offrant de l’aide à un seul sexe et en démonisant l’autre qu’on améliorera la situation et parviendra à une véritable égalité des sexes.

N’est-ce pas là le but à atteindre, après tout?