Notre chien de garde a faim
20 mai 2010

Une nouvelle étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) démolit la plupart des mythes de la droite économique. Que ce soit le « travaillez plus » de Lucien Bouchard, l’enrichissement individuel de Pauline Marois ou le « moins d’État » de Jean Charest, toutes les élites de droite en prennent pour leur rhume. Évidemment, voilà une recherche dont vous entendrez très peu parler les éditorialistes en chef de La Presse…

Source de l’image

Concrètement, on y confirme ce qui ne fait plus grand doute dans l’esprit des gens: les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. Ce qui est nouveau, plutôt, c’est la compréhension de la façon dont se produit cet accroissement des inégalités sociales. De 1976 à 2006, l’économie québécoise a cru de 71%. Au même moment, la majorité des gains de revenu a été au 10% des gens les plus riches pendant que les 70% les plus pauvres ont vu leur assiette fiscale régresser. Tous les déciles sous le décile 8, à l’exception des ultra-pauvres, ont subi une détérioration de leurs revenus au cours de cette période.

Or, c’est précisément à partir de la fin des années 70 et du début des années 80 qu’ont eu lieu les premières réformes néolibérales et le début du désengagement de l’État. Désassurance dentaire, hausse des frais de scolarité, diminution des prestations d’assurance-emploi, baisse des impôts aux compagnies et aux plus fortunés, cette période de trente ans a constitué l’âge d’or de ceux qui ont toujours affirmé – et qui affirment encore aujourd’hui, malgré les tourments économiques que leur idéologie a créés – qu’il fallait rendre la vie plus facile aux plus riches afin qu’ils contribuent à tirer la société vers le haut. Ce qu’on constate, aujourd’hui, est précisément l’inverse: les mieux-nantis se sont effectivement envolés avec l’argent, mais le reste de la société, à l’exception des plus pauvres, a perdu de son pouvoir d’achat. Il s’agit du constat d’un échec et d’un sérieux avertissement à ceux qui seraient tentés de croire, notamment, que le Parti Québécois ferait un bon choix en favorisant l’enrichissement individuel.

Au travail, esclaves!

À tous les Lucien Bouchard et autres soi-disant lucides qui affirment que nous ne travaillons pas assez, l’étude démontre également que l’appauvrissement collectif de la classe moyenne s’est produit au même moment où le nombre de semaines de travail de celle-ci augmentait de près de 16,5%! Parallèlement, les mieux-nantis ont vu leur charge de travail diminuer de près de 6%! Concrètement: en trente ans, l’économie québécois s’est embellie de plus de 71%, la classe moyenne travaille plus de 16,5% de plus, mais elle est plus pauvre, au moment même où lui casse les oreilles avec les soi-disant bénéfices de réformes économiques de droite! Vous y comprenez quelque chose?

En fait, le problème vient principalement du fait que l’État ne joue plus suffisamment son rôle de redistribution de la richesse. L’étude le note pertinemment bien: l’augmentation des revenus après impôts des déciles les moins riches n’était que de moitié de celle enregistrée pour le décile le plus riche. Les auteurs de l’étude notent:

L’impact de l’intervention de l’État est primordial. L’écart observé dans les gains distribués par le marché est plus faible lorsque nous considérons les effets des transferts et des impôts sur les revenus. Mais si l’État limite la croissance des inégalités, ses actions ne sont pas suffisamment vigoureuses pour pouvoir renverser ou simplement freiner cette augmentation.


Le budget de tous les dangers

Ce constat constitue la pire des critiques adressée au dernier budget provincial. Si l’État n’en fait pas suffisamment, depuis une trentaine d’années, pour limiter les inégalités sociales et tous les troubles qu’elles entraînent, le budget Bachand, avec son lot de mesures régressives (200$ pour la santé pour qui gagne 15 000$; 200$ pour la santé pour qui gagne 1 500 000$), ne pourra qu’aggraver la situation actuelle et permettre la continuation de la chute des revenus disponibles pour la classe moyenne et les plus démunis.

Et malheureusement, puisque le PQ de Pauline Marois semble avoir adopté la même idéologie de hausses de tarifs et de taxes alliées aux baisses d’impôts, cela ne laisse rien présager de bon pour l’avenir, advenant l’élection du Parti Québécois aux prochaines élections.

Affamer la bête

Tout ceci nous ramène insidieusement à la définition de l’économiste Paul Krugman, qui parle de la stratégie orchestrée pour affamer l’État. Comme l’explique Josée Legault:

Leur stratégie fut baptisée « affamer la bête ». Elle commence par une réduction d’impôts – un geste toujours populaire. Puis, les revenus de l’État étant diminués, à la moindre crisette, le déficit augmente ou réapparaît. Les gouvernements se disent alors « forcés » de couper les services publics. Et une fois qu’on a bien « affamé la bête » étatique en baissant les impôts souvent au bénéfice des entreprises et des mieux nantis, ils coupent dans les services publics pour retrouver un équilibre budgétaire qu’ils ont détruit eux-mêmes. C’est précisément ce qui s’est passé à Québec et à Ottawa.

Cette étude de l’IRIS, c’est le rapport de l’état de santé des citoyens qui doivent, théoriquement, se faire protéger par la « bête étatique », notre chien de garde collectif. Après des années de baisses d’impôts, de hausses de tarifs et de coupures de services, la bête est devenue tellement épuisée, affamée et rachitique qu’elle ne peut plus jouer son rôle d’assistance aux citoyens, eux qui sont maintenant de plus en plus « libres » de se retrouver isolés, à la merci des aléas du hasard, dans une jungle néolibérale leur proposant le projet de société d’avoir à se combattre les uns les autres pendant qu’une minorité de privilégiés continuent leur party.

Et si on se décidait enfin à hausser un peu leurs impôts et à les forcer, eux aussi, à participer à l’amélioration de la société?

Notre chien de garde étatique nous a sorti de la misère dans les années 60 et il nous a jamais laissé tomber depuis; ne le laissons pas crever de faim. Ce n’est pas à notre avantage collectif.

Le stress de la cinquantaine
26 octobre 2009

Une étude démontre que ce sont les travailleurs dans la cinquantaine qui sont les plus stressés au travail. Le niveau d’anxiété atteint un pic entre 50 et 55 ans, avant de diminuer à l’approche de la retraite. Une autre conséquence du « tout ou rien » qui caractérise le milieu du travail?

stress-cinquantaine

Source de l’image

En effet, on exige généralement du travailleur qu’il soit à l’oeuvre des semaines complètes tout au long de sa vie active. Sitôt sorti de l’école, sitôt enfermé dans une cellule chronométrée pour s’ouvrir quarante heures plus tard. On fait son temps dur, on repousse ses rêves à la fin de semaine, aux vacances d’été, et on se construit un petit futur confortable: voiture, maison, piscine, peut-être même un chalet si on en a les moyens.

Or, un autre chronomètre s’active également: celui de la vieillesse. L’énergie disponible à vingt ans n’est pas la même que celle de cinquante ou soixante ans, n’en déplaise à certains qui jureraient du contraire. À vingt-cinq ans, on travaille quarante heures et on sort toute la fin de semaine jusqu’à trois heures du matin. À cinquante, on a souvent davantage envie de se reposer. Et puis, les motivations changent. Dans la vingtaine, on est prêt à sacrifier une partie de sa vie pour bâtir son avenir, tandis qu’à cinquante on a enfin envie d’en profiter. On appelle cela le démon du midi, mais c’est peut-être simplement parce qu’on a attendu les douze coups de midi avant de réaliser l’urgence de profiter de la vie.

On vieillit progressivement, mais on s’attend à ce que le travail s’arrête immédiatement, à la retraite, comme sonne la cloche de cinq heures. Merci bon soir mon ami, c’est la fin pour toi, on n’a plus besoin de toi. Tu peux maintenant faire comme les oiseaux et aller te cacher pour mourir. Faut-il se surprendre que la retraite soit une source majeure de dépression?

Et si on pensait différemment? Et si on concevait le travail non pas comme étant un fardeau uniforme à faire porter à tous, indépendamment de leurs capacités, mais plutôt comme un outil d’émancipation devant être adapté à chaque individu? Par exemple, pourquoi un homme de vingt-cinq ans ne pourrait-il pas choisir de faire cinquante heures par semaines s’il le désire? Et pourquoi le cinquantenaire, qui a d’autres priorités, ne pourrait-il pas réduire son niveau de stress en travaillant vingt-cinq ou trente heures maximum?

Au-delà du bonheur et de la qualité de vie grandement améliorés que pourrait permettre une plus grande flexibilité du travail, une telle conception de l’emploi assurerait des économies d’envergure à l’État. Combien de crises cardiaques précipitées par le stress pourraient-elles être évitées dans la cinquantaine? Et combien de soins médicaux reliés à la dépression post-retraite dans la soixantaine? Chaque hospitalisation s’avérant très coûteuse pour la collectivité, une plus grande flexibilité du travail serait gagnante pour tous. On augmente la probabilité d’avoir des aînés en santé et heureux si on favorise la santé et le bonheur dans la cinquantaine.

Malheureusement, dans un système où ce n’est pas aux entreprises privées d’assurer les soins de santé – vous vous tuez au travail, mais c’est l’État qui ramasse les pots cassés – plusieurs sont réticentes à s’adapter aux conditions de vie changeantes de leurs travailleurs. Si on veut les responsabiliser quant à la nécessité de mieux respecter les spécificités de leurs employés, il faudrait peut-être penser à leur faire assumer une partie du coût des soins de santé spécifiques de leurs salariés.

On m’objectera qu’une entreprise serait ainsi davantage tentée de congédier un individu pouvant éventuellement nécessiter des soins; il conviendrait alors de renforcer la législation du travail pour rendre plus difficile tout congédiement pour de telles raisons. En attachant plus solidement la destinée de l’entreprise et celle de l’individu, on s’assure que la première prenne davantage soin du deuxième. Au final, tout le monde y gagne: l’État dépense moins pour les soins de santé, l’entreprise a des employés moins stressés et plus motivés et les individus jouissent davantage de temps pour profiter de la vie.

Dans un contexte de mondialisation néolibérale glorifiant les droits des entreprises et délaissant de plus en plus ceux de travailleurs qu’on jette comme les vulgaires copeaux de bois ayant permis de façonner une belle sculpture, qui aura le courage d’agir?

Anesthésie, août changement?
17 août 2009

J’ai toujours considéré le mois d’août comme un étrange insecte. Mille-pattes aux milles activités filant à toute allure sur le mur de l’été, vers les interstices craquelés d’une autre saison à l’agonie, il louvoie entre chaleur oppressante et fraîcheur salvatrice. Jamais content. Trop chaud. Trop froid. Même en pleine canicule, les journées cireuses ne peuvent camoufler cette nuit qui dégèle et fond et couvre de ses longs doigts d’hiver cet été si fugitif. D’abord un effleurement, presque sensuel, quelques minutes de moins. Puis une demi-heure, une heure. Comme un train toujours en retard qui arrive à la gare sans crier gare la faucheuse d’été suit de près le temps chaud et annonce un automne aussi inévitable que fatal pour toutes les merveilles de l’été.

aout1

Source de l’image

Pour certains, l’école. Les résolutions: de bons résultats, de bons amis, une bonne vie. Des étoiles dans des cahiers ou l’achat d’un agenda qui finira, inutile, sous une pile de magazines. Des cours, une soif d’apprentissage qui se tarira après trois semaines de dur retour à l’esclavagisme estudiantin. Le retour à la vie pour ceux qui se sont abrutis dans un emploi d’été. La mort qui s’annonce pour les autres qui détestent ce dur banc de bois détruisant les assises de leur imagination. La conformité, l’embrigadement, la liberté. Ou simplement: un investissement temporel dans le but d’obtenir un diplôme, cet autre investissement temporel vers le travail, cet investissement temporel vers la retraite, puis vers la mort. On investit et plus on s’y investit c’est toujours la même jeunesse qu’on donne en pâté aux fossoyeurs d’avenir afin de se payer de grandiloquentes funérailles.

Pour d’autres, le retour au travail. Une semaine, deux semaines parfois trois et retiré! Toute une année à faire du neuf à cinq, à inhaler la circulation dans le monoxyde de carbone bloqué, à endurer les petits tracas en prévision de ces vacances. Puis, après une semaine, deux semaines parfois trois sur des plages bondées, dans des files d’attente interminables aux douanes, après des semaines de stress et de calculs pour tout organiser, c’est le retour au travail. Déjà. Une autre année. Encore. Et les meilleures années filent, inlassablement, et on espère avoir le temps d’en profiter « plus tard ». Plus tard. Travaillez maintenant, vivez plus tard. La retraite, c’est la vraie vie, il parait. Et les courses de fauteuils roulants, c’est un vrai sport, aussi.

Moi, en août, je travaille. Ouais. Je regarde mes archives et je remarque qu’autant juin et juillet sont des mois hyper-productifs, autant août est plus calme. Normal: je suis un travailleur précaire. C’est-à-dire qu’on considère que ma vie n’a d’utilité qu’en autant que je peux remplacer celui qui est malade, celui qui est en vacances, celui qui retourne à l’école, celui qui prend congé pour profiter du soleil ou celui qui a les deux doigts dans le nez en attendant un signal divin. Ma qualité de vie? Mais quelle vie, me demanderait-on? Je dois me dépêcher de faire un maximum d’heures pendant que les autres sont en vacances et manger mon pain noir en septembre. Quand j’ai commencé, quelqu’un m’avait dit: « Tu veux faire des heures? Trouve quelqu’un au-dessus de toi sur la liste d’assignation, et passe-lui dessus en voiture! » Était-ce vraiment une blague? So, so, solidarité. Le malheur des uns fait le bonheur des idiots qui attendent un coup de pouce du malin pour améliorer leur condition financière.

C’est ça, pour moi, le mois d’août. Transition mesquine. Le mois des espoirs perdus, des retours à la réalité, de la compréhension de la vacuité d’une vie qu’on repousse toujours à plus tard. Une marmelade gluante d’intérêts divergents qu’on enroule autour d’un bâton qu’on laisse fondre dans les derniers rayons de l’été. Novembre, en été. La vie est belle, la vie est fine, la vie est capable, mais c’est toujours la même vie que l’année d’avant, elle-même identique à la précédente. Le mois des récoltes, mais ce ne sont toujours que des légumes, jamais un meilleur soi-même qu’on moissonne. Sous le rose vernis d’août se cache une plate vérité: rien n’a changé pour soi pendant que tout autour appelle à la fin d’un été qui aurait pu être fécond en changements mais qui se retirera, vieux garçon, dans les langes automnaux. Août est un mois magnifique, mais sa beauté camoufle l’essentiel: le changement.

Or, le changement fait partie de la vie. Retourner à l’école, au travail, mettre un chandail de laine ou des bas chauds, s’agit-il du vrai changement? Et si on sautait directement de juillet à septembre, qu’on créait ce choc fondamental permettant la nécessaire prise de conscience de sa propre situation? Sans l’auguste anesthésie d’un mois aussi magnifique que trompeur, ne pourrait-on pas davantage prendre le temps de se questionner sur la précarité de la vie et la nécessité d’en profiter?

10 trucs pour faire face aux clients difficiles
3 mars 2009

Avez-vous déjà fait face à des gens hautains, médisants voire méchants lorsque vous travaillez?  Si votre emploi est avec le public, la réponse est très certainement oui.  Voici quelques trucs pour vous aider à faire face à ces gens qui ne savent pas agir en société.

1. Voir la peur derrière le mépris

La plupart du temps, derrière une personne méprisante se cache un individu qui a peur. Quelqu’un qui a, pour des raisons diverses, déclaré forfait devant une partie de sa vie, et qui a vu son réseau social se rétrécir considérablement.

Quand on subit l’isolement de cette façon, les relations interpersonnelles deviennent plus difficiles, comme lorsqu’on recommence à patiner ou à skier après quelques années de pause. Les capacités interpersonnelles se développent; on ne naît pas mésadapté, on le devient.

10-trucs-clients-difficiles

(suite…)

Stéphane Laporte a raison!
19 mai 2008

Il faut lire le dernier texte de Stéphane Laporte. Brillant! Il explique mieux que je n’aurais pu le faire tout mon point de vue. Son texte est à lire et relire!

S’il y a une chose dont on peut être fier, c’est ben d’avoir l’esprit ouvert. C’est tout ce qu’on a, l’esprit ouvert. Si notre esprit s’ouvre encore plus, j’ai peur qu’on le perde. Qu’il casse en deux. On est tellement ouverts que les deux fois où l’on nous a offert de devenir un pays, d’avoir nos frontières, nos lois, nos pouvoirs, nos impôts, notre clé, notre serrure, on a dit NON! On veut rester ouverts. Jusqu’aux Rocheuses!

Tellement vrai! J’en parlais justement ce soir avec un ami au travail, un immigré haïtien totalement intégré et qui m’expliquait à quel point le Québec était accueillant et même trop accueillant par rapport à d’autres pays!

Bref, le jour où les Québécois vont être aussi ouverts que ce que souhaitent Bouchard-Taylor, j’ai bien peur que l’on soit open. Et que la culture française soit fermée. Ou vendue.

Tout à fait! Si nous suivons les recommandations à la lettre de Bouchard-Taylor, c’est la disparition pure et simple du peuple québécois. La consécration du vieux rêve de Lord Durham, qui avait écrit en 1840 la marche à suivre pour nous assimiler.

Je crois qu’il est temps d’arrêter de parler et de commencer à agir. Nos immigrants et nos anglophones se sont essuyés les pieds assez longtemps sur nous. Il est temps de relever la tête et de s’affirmer haut et fort, au risque de les déranger! Et s’ils ne sont pas contents, qu’ils partent! Ils en trouveront sûrement des centaines de pays où les habitants se plient à leurs exigences religieuses! Ils en trouveront sûrement des tas de pays où ils seront au-dessus des lois comme c’est le cas en ce moment!

Aujourd’hui, nous avons un choix à faire: survivre ou mourir. Si nous laissons ces deux connards de Bouchard et Taylor nous dicter la voie à suivre, les historiens pourront dans quelques siècles y voir le début de la fin du peuple québécois.

Il est temps de se réapproprier notre pays, notre ville, rue par rue, commerce par commerce, et d’éliminer de nos esprits toute référence à la langue anglaise ou toute forme d’accomodation face à ces immigrants fanatiques. Cessons de s’apitoyer sur notre sort et agissons! Montrons-leur que nous sommes les Maîtres chez nous et que ce sont des invités qui doivent se plier à nos règles ou quitter notre demeure.

Parce que quand la visite te fait chier, tu la sacres dehors. C’est peut-être là qu’il va falloir en arriver si rien ne change. Et si on ne peut pas se débarasser de ces fanatiques, on peut au moins empêcher d’en recevoir davantage, comme le suggère le Parti Indépendantiste et leur imposer un examen de français comme le suggère le PQ.

Par ailleurs, je vous invite à lire ce texte qui parle de l’utilisation intrigante du mot « Franco-Québécois ». Non, mais c’est quoi un Franco-Québécois? Est-ce la même chose qu’un Soleil de feu ou une ampoule d’électricité? Pourquoi utiliser le mot « franco » devant Québécois, tout comme on l’a déjà utilisé devant « Canadien »? Les Québécois SONT francophones, et les autres sont simplement en attente d’être intégrés. L’utilisation même de ce mot démontre une tendance à vouloir donner une place à l’anglais qu’elle ne devrait pas avoir!

C’est quoi un franco-québécois? Je ne connais pas d’Anglo-Américain. J’ai jamais entendu quelqu’un dire qu’il était un Italo-Italien. Et vous?

Chacun de nous peut agir. À chaque fois où nous refusons de parler en anglais sur le territoire du Québec, à qui que ce soit, nous lançons le message à l’autre qu’il est chez nous et que c’est à lui de s’adapter à nous. Et inversement, à chaque fois que nous nous dépêchons de le servir dans sa langue, de lui parler anglais, nous lui disons que nous ne nous respectons pas et nous lui enlevons jusqu’au désir d’apprendre le français.

Respectons-nous et n’utilisons que le français au Québec! Il en va de notre survie!

Pendant que la droite continue sa propagande…
9 mai 2008

Pendant que la droite continue sa propagande quant aux prétendus avantages de la privatisation des soins de santé (lire: les avantages pour Power Corporation, qui est à la fois patron de Alain Dubuc et propriétaire de la compagnie Great West, une des plus importantes compagnies d’assurance dans la santé en Amérique du Nord), en Angleterre ils font face aux conséquences désastreuses des choix pris depuis quelques décennies par tous leurs gouvernements de droite (incluant celui de Tony Blair, qui a détruit l’héritage du Parti travailliste).

Voici à lire, bien loin dans un torchon de Gesca inc., le 22 février dernier.

Étude britannique sur les soins de santé

La sous-traitance au privé est un échec
par André Noël

La sous-traitance des soins de santé dans des cliniques privées a nui au réseau de santé public en Grande-Bretagne, indique une étude qui paraît aujourd’hui dans le British Medical Journal, alors que cette réforme est en train de se mettre en place au Québec.

Le réseau de la santé britannique fonctionne sur la base de National Health Services (NHS) auxquels s’apparentent, au Québec, les agences régionales de la santé et des services sociaux. En 2003, le gouvernement britannique a demandé aux NHS de sous-traiter une partie des soins dans des centres médicaux privés, une pratique qu’encourage désormais le ministère de la Santé du Québec.

En établissant un système de sous-traitance, le gouvernement britannique a indiqué qu’il visait à accroître l’offre de services des NHS et à réduire les temps d’attente pour les chirurgies électives. Ce sont exactement les mêmes objectifs que vise le ministre Philippe Couillard, avec la création de centres médicaux associés.

<br/

« Cette politique de détourner les ressources limitées des NHS vers le secteur indépendant des centres de soins provoque la fragmentation et l’instabilité. Les lits et les services des NHS sont fermés pour que s’épanouisse le secteur privé lucratif. Malgré les assurances données par le secrétaire (ministre) de la Santé, Alan Johnson, la preuve disponible montre que le secteur privé fait des profits au détriment des patients, du public et des NHS. »

En 2006, à Londres, le comité sur la santé de la Chambre des communes a entendu des témoignages suggérant que certains centres privés offraient des soins bien en deçà des normes, ajoutent les chercheurs.

« Des organismes et des associations professionnels ont rapporté divers problèmes, comme l’utilisation de médecins formés à l’étranger et peu familiers avec les techniques chirurgicales des NHS, du laisser-aller dans la formation et la vérification, un manque de continuité des soins, et un grand nombre de litiges non résolus.

« Le Collège royal des chirurgiens d’Angleterre a fait état de preuves croissantes montrant que ces centres étaient incapables de gérer les complications, avec pour conséquence le transfert des patients dans les établissements existants des NHS. »

Les garanties initiales n’ont pas été respectées : les centres privés ont siphonné du personnel dans le réseau public, alors qu’ils n’étaient pas censés faire des embauches dans les NHS, ajoutent les auteurs. « Les définitions de pénurie de personnel ont été redéfinies pour faire en sorte que presque tout le personnel des NHS ait désormais le droit de travailler dans les centres privés. »

Les établissements publics se font parfois avoir en signant des contrats avec des centres privés, affirment les chercheurs. Ainsi, lorsque des retards ont empêché un fournisseur de services d’ouvrir un centre à temps, l’établissement public a quand même dû lui verser un million de livres (environ deux millions de dollars) pour les patients qui auraient dû y être traités pendant la durée du retard.

Source : La Presse, page A-7, 22 février 2008

Quel beau résultat. Alors que l’arrière-garde droitiste répète ad nauseam que le privé est la solution à tous les maux, on constate dans la RÉALITÉ que les arguments de ceux qui s’y opposent sont les meilleurs. Comme prévu, le personnel du public a été siphonné vers le privé. Comme prévu, il y a eu du laisser-aller dans la formation et la vérification (le but est de faire du profit, pas de former ou de vérifier, après tout). Comme prévu, le secteur privé fait des profits au détriment des patients et des contribuables. Et comme privé, la qualité des soins offerts dans le privé est inférieure à celle dans le public.

Et c’est cette pilule-là qu’on veut nous faire avaler de force?

NON MERCI!

Le blues de l’employé
24 mars 2008

La journée était longue, trop longue. Pourquoi diable permet-on aux entreprises d’ouvrir leurs portes le dimanche de Pâques jusqu’à l’heure de leur choix? A-t-on perdu une guerre? Vivons-nous au tiers-monde?

J’en étais à ces réflexions tout en accueillant des clients plutôt dérangeants, hier soir, soirée de Pâques. J’aurais voulu être avec ma famille, ou avec celle de ma copine, ou ailleurs, mais pas au travail à faire comme si c’était une journée normale, comme si tout allait bien. Non, ça n’allait pas.

À un moment donné, dans une société, il faut faire des choix. Ou bien on a des congés fériés, ou bien on n’en a pas. Les demi-mesures, ça ne donne rien. Ou bien on considère que Pâques est une fête qui n’a pas à être fêtée et on permet aux gens de vaquer à leurs occupations habituelles, ou bien on reconnaît le caractère particulier de la fête et on permet à un maximum de personnes de pouvoir en profiter.

Parce qu’en ce moment, il n’y a rien de pire que de voir tout le monde sur le party quand toi tu travailles de midi à 22h00 et que tu te fais chier pour un salaire très moyen.

Ça ne serait pas si compliqué que ça d’établir des règles permettant d’améliorer la vie des familles. On pourrait, par exemple, interdire l’ouverture de tout commerce non-essentiel, c’est-à-dire à peu près tous les commerces sauf les stations-services et les dépanneurs. Et dans les commerces ouverts, on devrait établir une durée maximum de temps pouvant être travaillé par chaque employé, par exemple cinq heures. Cela permettrait à chacun de pouvoir profiter de Pâques, que ce soit par un brunch ou un souper de famille.

Sauf que ça demande de la conviction; ça demande de la volonté politique. Ça demande de brasser la cage un peu aux mauvais employeurs qui forcent leurs employés à sacrifier leur vie de famille pour vendre un tas de cossins inutiles.

En attendant, j’ai pris une décision: je boycotte toute forme de commerce le jour de Pâques à l’avenir. Je fais mes provisions à l’avance, et je me dis que si tout le monde faisait comme moi, on pourrait peut-être offrir un semblant de vie de famille normale à des employés exploités.