Si fragile
29 novembre 2008

On dit parfois que la vie est fragile. Mais réalise-t-on à quel point?

Ma belle-soeur vit en Inde depuis près de six mois. À Bombay. Elle était au Taj Mahal le soir des attentats, visitant une amie qui était de passage. Elle a quitté une heure avant que le chaos ne s’empare du célèbre hôtel. Et c’est par un hasard des plus fortuits qu’elle ne s’est pas retrouvée à la station de train où a eut lieu une autre attaque; son amie voulait y passer, mais elle, elle « n’aimait pas » l’endroit. Heureusement qu’elles n’y sont pas allées; elles s’y seraient trouvées au moment précis où les terroristes ont frappé.

La vie est vraiment fragile, et le monde est trop petit. Vraiment, trop petit. Et j’ai souvent une pensée pour ces gens qui évitent de peu le chaos. Ceux qui sont passés quelques secondes avant l’effondrement du viaduc de la Concorde, celui ou celle qui a quitté le stationnement de Ville Saint-Laurent avant son effondrement, ou à Chloé, qui a évité de peu un véritable bain de sang à Bombay.

Et combien de fois avons-nous évité la mort sans même le savoir?

Ça donne froid dans le dos d’y penser…

Les gagnants écrivent l’histoire
18 juillet 2008

Tiens, aujourd’hui on fête les 90 ans de Nelson Mandela.

Mandela, ce héros, ce libérateur, ce patriote, ce symbole de la liberté et de l’égalité.

Cet homme qui possédait un Makarov automatique soviétique et qui s’entraînait dans un camp militaire en Éthiopie. Cet homme qui a été emprisonné pendant 27 ans pour terrorisme.

Ça, c’est un héros. Il a libéré son peuple. Et il vient d’être rayé de la liste étatsunienne des terroristes.

Maintenant, les insurgés afghans sont des terroristes, les insurgés irakiens sont des terroristes, les Palestiniens sont des terroristes, les FARC sont des terroristes, les Tchétchènes sont des terroristes, les altermondialistes sont des terroristes, les terroristes sont des terroristes…

Encore une fois, les gagnants écrivent l’histoire. Et les autres? Qu’ils se fassent sauter mais qu’ils ne nous empêchent surtout pas de regarder l’émission spéciale de 60 minutes de TVA sur l’enfant kidnappé à Québec par Pierre Defoy ou ce magnifique reportage sur un homme qui fouille dans les poubelles.

De la grande télévision pour une journée historique.

Et, quoi qu’il advienne, ne venez jamais déranger notre paisible confort avec vos histoires politiques compliquées.

Ingrid Bétancourt: un échec… pour les Colombiens!
2 juillet 2008

On entend ses enfants féliciter Sarkozy, on parle de « succès » dans les médias. Excusez-moi, mais ça faisait six ans qu’elle était retenue prisonnière. Six ans, six ans! Et d’autres otages (il me semble qu’ils sont aussi importants qu’elle, non?) y étaient depuis dix ans! Peut-on réellement parler de succès alors que ça a pris tant de temps?

Si on n’avait pas considéré les FARC comme étant des interlocuteurs valables; si Chavez n’avait pas entrepris de négocier, rien ne ce serait produit. C’est précisément parce qu’on a cessé de les considérer – à tort – comme des terroristes et qu’on a compris les revendications politiques que les choses ont bougé. On dit qu’on a localisé les otages avec une technologie israélienne (tiens, tiens…), mais la vérité c’est qu’on a pu tromper la vigilance des gardes seulement à cause du chaos causé par la mort de deux des chefs de la guérilla, qui ont voulu « négocier »… et qu’on a bernés.

Sarkozy se met le doigt dans l’oeil en parlant des FARC comme d’un combat moyennageux. Au contraire, leur combat est plus que moderne, même si on ne peut approuver la violence, face à ce fou furieux de petit dictateur qu’est Uribe, financé et armé par les malades mentaux qui sont au pouvoir à Washington.

Au lieu de rejeter les FARC, il faudrait plutà´t comprendre leur message et se débarasser d’Uribe une bonne fois pour toute. La Colombie devrait ensuite suivre la voie vénézuelienne et se doter d’une social-démocratie moderne et indépendante des intérêts carnassiers de Washington.

Sauf que… Sauf que ça risque d’être difficile. On s’est moqué des FARC, on les a forcé à sortir de la jungle pour négocier, et on a agi traîtreusement en les ciblant par la suite. Je crains fort que la prochaine fois ils ne seront pas aussi naà¯fs, qu’ils rejetteront la négociation et redoubleront d’ardeur et de violence. Au lieu de négocier avec les FARC, on les a trompé et la Colombie en paiera le prix plus tard.

Une réussite? Pas du tout. Seulement une aggravation du problème et le triste constat que six ans plus tard c’est toujours la même chose…

Je suis heureux pour Mme. Bétancourt et les autres otages, mais je suis triste de penser à ces millions de Colombiens qui souffrent sous un gouvernement fantoche à la solde des États-Unis et qui vivent une parade de démocratie au quotidien. Et pour eux, c’est un triste échec qui ne fera que donner un semblant de crédibilité à ce criminel.

Kosovo: la finalité du mensonge
17 février 2008

Je m’en rappelle comme si c’était hier. Céline Galipeau, pleurant presque à la télévision, devant de longues files d’albanophones kosovars, soi-disant victimes d’une épuration ethnique et que la « communauté internationale » allait sauver. Cette pauvre Céline Galipeau, victime et complice d’une terrible opération de désinformation qui allait permettre aux États-Unis de « libérer » le Kosovo non pas pour lui donner la « liberté » mais pour mieux l’asservir et s’en servir comme d’une colonie-tampon entre les réserves de pétroles de la mer Caspienne et les marchés donnant sur l’Adriatique…

En effet, à la fin des années 90, on a un (long) moment cru que les réserves de pétrole de la Caspienne étaient supérieures à celle de l’Irak et peut-être même de l’Arabie Saoudite. Mais le problème, pour les États-Unis, était que les Russes pouvaient avoir accès facilement à ce pétrole, alors qu’aucun pays « ami » de l’Oncle Sam ne permettait d’acheminer le pétrole vers l’Occident. Et c’est là que le Kosovo devenait important: il était le lien entre la production et la distribution de pétrole.

Ainsi, tout comme ce fut le cas en Afghanistan, les services secrets américains se sont alliés avec les intégristes musulmans afin de créer des troubles; une subversion créée de toutes pièces. Ils ont commencé à s’attaquer à la minorité serbe de la province, brûlant des églises, violant des femmes et des enfants, tuant des vieillards. Ils ont fait régner la terreur afin d’entraîner la Serbie dans le piège-à-con. Et elle y est tombée! Car Slobodan Milosevic, comme tout bon président (élu démocratiquement) de n’importe quel pays, se doit de faire respecter l’ordre et de protéger sa population. Ainsi, il a dû envoyer des renforts pour faire cesser les troubles, ce qui a par la suite permis aux États-Unis de déclencher une guerre… qui elle seule fut responsable de l’exil des Kosovars, Serbes et Albanophones!

Avec le recul, on peut facilement affirmer que la guerre du Kosovo fut la plus grande opération de désinformation depuis la seconde guerre mondiale (mais tout de même dépassée par le 11 septembre 2001)!

Et maintenant, maintenant quoi? On a un nouveau soi-disant pays, appuyé par ceux qui ont financé les terroristes (les États-Unis) et présidé par un ancien terroriste, et dont la seule existence est une aberration culturelle et ethnique, un énième découpage d’une région déjà beaucoup trop morcelée.

Et pendant ce temps, un pays qui devrait exister depuis longtemps et a toutes les raisons d’exister, n’existera probablement jamais puisque même la cheffe du parti soi-disant indépendantiste a trahi son peuple, sa culture et sa langue…

À lire, ou à relire:

Le Kosovo, un otage de plus dans la guerre du pétrole
Kosovo ‘freedom fighters’ financed by organized crime
Démantèlement de la Yougoslavie
The Albanian Connection
Washington finance la guerre ethnique dans les Balkans

Pour mieux comprendre les guerres de Yougoslavie:

Emperor’s Clothes Articles on Yugoslavia