Si fragile
29 novembre 2008

On dit parfois que la vie est fragile. Mais réalise-t-on à quel point?

Ma belle-soeur vit en Inde depuis près de six mois. À Bombay. Elle était au Taj Mahal le soir des attentats, visitant une amie qui était de passage. Elle a quitté une heure avant que le chaos ne s’empare du célèbre hôtel. Et c’est par un hasard des plus fortuits qu’elle ne s’est pas retrouvée à la station de train où a eut lieu une autre attaque; son amie voulait y passer, mais elle, elle « n’aimait pas » l’endroit. Heureusement qu’elles n’y sont pas allées; elles s’y seraient trouvées au moment précis où les terroristes ont frappé.

La vie est vraiment fragile, et le monde est trop petit. Vraiment, trop petit. Et j’ai souvent une pensée pour ces gens qui évitent de peu le chaos. Ceux qui sont passés quelques secondes avant l’effondrement du viaduc de la Concorde, celui ou celle qui a quitté le stationnement de Ville Saint-Laurent avant son effondrement, ou à Chloé, qui a évité de peu un véritable bain de sang à Bombay.

Et combien de fois avons-nous évité la mort sans même le savoir?

Ça donne froid dans le dos d’y penser…

La cible
28 avril 2007

Ainsi donc, même l’ancien gouvernement libéral de Paul Martin savait que les prisonniers afghans remis aux autorités de ce pays étaient torturés. Le Canada, fort de sa longue tradition d’aide humanitaire et de respect des droits de la personne a-t-il immédiatement résilié son appui au gouvernement Karzaï et envisagé un retrait rapide du pays pour protester contre ces manquements graves aux droits humains? Non. Au contraire, on a augmenté la présence canadienne en Afghanistan.

En appuyant ainsi un gouvernement torturant ses prisonniers et en gonflant l’importance de ses troupes dans le pays, le Canada se dessine une grosse cible bien visible et juteuse. Cette cible, cet appel aux attentats terroristes visant des citoyens canadiens – nous – et des institutions canadiennes, elle risque de nous lancer dans une spirale infernale dont nul ne peut prédire les conséquences ultimes.

On peut très bien imaginer un attentat terroriste se produisant dans le métro de Montréal, par exemple. Et en représailles à ces représailles Stephen Harper imaginerait d’autres représailles. Et sans le savoir, nous aurions en quelques années détruit complètement tout le capital de sympathie mondial à l’égard de ce pays. Aux yeux de plusieurs, nous serions réellement devenus le laquais de service des États-Unis, un cinquante-unième État américain vengeur et assoiffé de sang.

Pourtant, d’autres solutions sont possibles. Retirer nos troupes d’Afghanistan ne veut pas dire laisser tomber la population. Combien d’écoles peut-on bâtir avec l’argent nécessaire pour envoyer 500 soldats? Combien d’organismes communautaires peut-on financer avec ce que coûte les nouveaux véhicules de l’armée?

En agissant comme le fait le Canada actuellement, nous donnons raisons à tous les extrémistes qui voient dans la mission en Afghanistan une nouvelle croisade de l’Occident et qui ne rêvent que d’aller se faire exploser au milieu de notre population, de nos enfants.

Nous qui sommes si offusqués qu’un malade mental comme Clermont Bégin soit en liberté, nous laissons le gouvernement Harper – notre gouvernement – dessiner une cible sur nous et nos enfants?