Combien vaut la vie d’un Palestinien?
27 décembre 2008

Il y a des jours où ça y est presque. Des jours où je me dis que la politique n’est qu’un aspect de la vie parmi d’autres et qu’il doit être possible de s’en détacher. Et puis, il y a cette nouvelle du massacre israélien en Palestine. Plus de 200 morts palestiniens, et pas loin de 700 blessés.  Était-ce la façon juive de fêter la mort de Samuel Huntington,  l’auteur du Choc des civilisations?

Il me semble qu’à un moment faut être honnête: combien vaut la vie d’un Palestinien? Je ne sais pas, faisons un graphique, un tableau de statistiques, quelque chose. Établissons qu’un Américain vaut 1, un Israélien 0,95, un Canadien 0,90, un Russe 0,33, un Palestinien 0,05… Je ne sais pas, soyons honnête un peu; combien de milliers ou de millions de Palestiniens doivent-ils mourir avant que Stephen Harper ne dénonce l’agression israélienne?

J’ai grandi dans une société m’ayant inculqué des valeurs selon lesquelles tous les êtres humains naissent égaux. Et bien, je me demande si le petit Palestinien qui naît aujourd’hui, dans une prison à ciel ouvert et où manquent nourriture, eau potable, électricité, ce Palestinien est-il l’égal d’un petit Juif dont le pays possède une des plus puissantes technologies militaires du monde et reçoit une aide militaire considérable de la part des États-Unis à chaque année?

Combien de temps laissera-t-on ce génocide se produire?  Chaque année qui passe voit le territoire palestinien amputé, ses habitants isolés, et la misère augmenter.  À quand une intervention de l’OTAN ou de l’ONU pour punir les crimes de guerre et le terrorisme israéliens?  Pendant qu’Obama surveille la situation, oui ce même Obama qui a prononcé son premier discours en tant que candidat démocrate devant le principal lobby pro-israélien des États-Unis, un peuple est en train de mourir sous nos yeux.

Et le pire dans tout ça, et j’ai peut-être un peu honte de le dire, c’est que quand le David palestinien ira lancer sa prochaine roquette dans l’oeil du Goliath israélien, je serai peut-être satisfait. Pas content, mais satisfait. Satisfait de voir que malgré tout on ne peut pas opprimer impunément tout un peuple sans en subir parfois les âpres conséquences.   Et je suspecte que je ne serai pas le seul à être satisfait lorsque ces barbares israéliens subiront leur propre médecine.

Tout de même triste de voir que le peuple juif, qui a tant souffert pendant la seconde guerre mondiale, est maintenant devenu un peuple de tortionnaires aux pulsions génocidaires.  Et inquiétant de constater l’appui tacite de nombreux médias, contrôlés soit par des Juifs ou sympathiques au terrorisme israélien.

Israël aurait pu être un grand pays, mais il est tombé aux mains de fanatiques bien pires que ceux du Hamas.

Des fanatiques armés et financés par Washington.

Si fragile
29 novembre 2008

On dit parfois que la vie est fragile. Mais réalise-t-on à quel point?

Ma belle-soeur vit en Inde depuis près de six mois. À Bombay. Elle était au Taj Mahal le soir des attentats, visitant une amie qui était de passage. Elle a quitté une heure avant que le chaos ne s’empare du célèbre hôtel. Et c’est par un hasard des plus fortuits qu’elle ne s’est pas retrouvée à la station de train où a eut lieu une autre attaque; son amie voulait y passer, mais elle, elle « n’aimait pas » l’endroit. Heureusement qu’elles n’y sont pas allées; elles s’y seraient trouvées au moment précis où les terroristes ont frappé.

La vie est vraiment fragile, et le monde est trop petit. Vraiment, trop petit. Et j’ai souvent une pensée pour ces gens qui évitent de peu le chaos. Ceux qui sont passés quelques secondes avant l’effondrement du viaduc de la Concorde, celui ou celle qui a quitté le stationnement de Ville Saint-Laurent avant son effondrement, ou à Chloé, qui a évité de peu un véritable bain de sang à Bombay.

Et combien de fois avons-nous évité la mort sans même le savoir?

Ça donne froid dans le dos d’y penser…

« Je sais comment fonctionne le monde »
6 septembre 2008

« Je sais comment fonctionne le monde ». Voilà la phrase qu’a lancée John McCain à son auditoire lors de son discours à la convention républicaine. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je me sens mal à l’aise avec une telle affirmation.

En effet, McCain offre sensiblement la même politique étrangère que Bush: combat du terrorisme, intransigeance face à l’Iran et aux autres « États voyous », unilatéralisme, jusqu’au-boutisme, utilisation massive de l’armée, etc. Si McCain peut se targuer d’incarner un changement en comparaison de Bush, ce n’est pas au niveau de la politique internationale.

Et puisqu’une étude du Pew Research Center constate que l’image des États-Unis dans le monde s’est considérablement dégradée depuis quelques années, principalement à la suite du fiasco irakien, prétendre connaître le « fonctionnement » du monde en appliquant la même recette dévastatrice constitue un odieux mensonge.

Les États-Unis sont confrontés à la triste réalité de la fin de leur empire. Au lieu de réaliser que le monde devient pluriel et que leur unilatéralisme cause davantage de maux qu’il n’espère en soigner, ils s’accrochent à l’image d’un monde simple et facile à comprendre. « Je sais comment fonctionne le monde ».

Comme l’écrit Philip S. Bolug:

Pour les cercles de pouvoir américains, siéger au faîte du monde depuis plus d’un demi-siècle semble naturel. L’hégémonie, comme l’air que l’on respire, est devenue une manière d’être, une façon de vivre, un état d’esprit. Les critiques institutionnels « réalistes » sont certes plus avisés que ceux qu’ils visent. Mais ils ne disposent pas d’un cadre conceptuel dans lequel les relations internationales seraient fondées sur autre chose que la force, la confrontation ou la prédominance stratégique.

Non, McCain, tu ne sais pas comment fonctionne le monde. Tu crois le savoir, mais tu n’en as pas la moindre idée. Ta femme porte peut-être des bijoux à 300 000$, mais toi tu ne vaux pas un clou en relations internationales.

L’épuration ethnique israélienne en image
31 mars 2008

De Jérusalem à Naplouse, en passant par Jericho et sans oublier la bande de Gaza, le terrorisme israélien poursuite son entreprise d’épuration ethnique au vu et au su de tout le monde et sans que quiconque n’ose lever le petit doigt. J’espère que les défenseurs du Tibet n’oublieront pas les Palestiniens quand viendra le temps de se faire entendre lors du passage de la flamme olympique, surtout quand on sait que les échanges commerciaux entre la Chine et l’État sioniste atteignent plus de quatre milliards $ annuellement…

Pour ceux que ça intéresse, le dernier numéro de Manières de voir relate l’histoire moderne de l’État sioniste, expliquant notamment en quoi l’holocauste sert de déculpabilisation pour de nombreux Juifs dans leur entreprise d’épuration ethnique des Palestiniens. On y comprend aussi de quelle façon les extrémistes sionistes ont toujours lutté contre toute tentative de paix et comment la colonisation intensive et l’expropriation des Palestiniens est une politique constante depuis près de soixante ans. À faire lire à tous ceux qui s’interrogent sur le « pourquoi » qu’un peuple ayant autant souffert que le peuple juif est aujourd’hui en voie de répéter une partie des atrocités dont il a été victime.

La marionnette Karzaï
25 septembre 2007

Après avoir été chez Unocal et relié d’assez près aux amis de George W. Bush, voici que Karzaï, non content d’être la marionnette de service en Afghanistan, joue désormais le porte-parole de l’armée canadienne.

En effet, le NPD a appris que de grandes parties des discours prononcés par Karzaï au Canada ont été rédigés par l’armée canadienne. Dawn Black, du NPD, explique:

« Ces documents démontrent que le discours du président Karzaï au Parlement n’était qu’un truc politique, un coup monté. Ce que les Canadiens ont entendu n’était pas la voix du peuple afghan, mais plutôt les points de discussion du ministère de la Défense. »

Voilà qui est troublant. L’armée canadienne essaie de faire passer l’idée que le Canada aide un pays étranger dans sa lutte contre les terroristes, mais le régime afghan est tellement fantoche qu’il faut écrire les discours du « président » pour espérer convaincre les Canadiens d’appuyer l’occupation de ce pays et la guerre contre une large partie de ses habitants.

Bientôt, sur Ebay, Hamid Karzaï vendu au plus offrant? « Président de l’Afghanistan en très bon état, a très peu servi, va répéter tout ce qu’on lui demande et va faire vos quatre volontés si vous le payez suffisament. Viens avec deux kilos de pavot et livraison assurée par l’armée canadienne ».

De plus en plus, on voit l’armée canadienne pour ce qu’elle est: un outil de propagande déconnecté de la réalité des Canadiens et n’ayant comme seul but que de les convaincre de l’appuyer aveuglément dans toutes ses expéditions barbares au service des intérêts de Washington.

Et ça nous coûte combien, déjà, cette armée marionnettiste?

Pour ceux qui en doutaient
30 juillet 2007

Que ceux qui doutaient du pouvoir des lobbies israéliens et de l’armement à Washington se ravisent: l’Oncle Sam vient de décider de faire augmenter de 25% son « aide » militaire à l’État hébreu. Pourtant, est-ce réellement nécessaire?

En effet, on a de plus en plus l’impression qu’Israël est devenue une sorte de colonie américaine, ayant droit, peu importe la raison, à une aide pour maintenir son armement dans un état hyper-sophistiqué, lui permettant d’imposer sa volonté sur tout le Proche-Orient.

Évidemment, la rhétorique américaine est claire et simpliste: on aide Israël à combattre le terrorisme. Mais n’est-ce pas là, justement, que de la rhétorique? En 1982, par exemple, Israël était le troisième pays du monde en terme de dépenses militaires par habitant (et le 19e en matière d’éducation, ce qui explique peut-être l’insensibilité complice de ses habitants vis à vis des souffrances causées aux Palestiniens) et elle recevait déjà plus de 3 milliards de dollars d’aide militaire américaine. ((Amnon Kapeliouk, Israël : un pays possédé par son armée, le Monde diplomatique, avril 1982.)) Vingt-cinq ans plus tard, l’aide est sensiblement la même; seules les raisons ont changées: d’un discours anti-communiste on a simplement fait le glissement vers un discours anti-terroriste.

Mais n’est-ce pas là le propre de tout empire, que d’avoir besoin d’ennemis pour justifier son existence? La décennie 1991-2001 a été difficile pour Washington et son appendice israélien: le premier a perdu de son influence un peu partout dans le monde, en ayant en plus à lutter contre une population de plus en plus récalcitrante vis à vis de ses politiques économiques et prêtes à organiser de grandes manifestations, comme cela eut lieu à la conférence de l’OMC à Seattle en 1999. Et pour Israël, ce fut une véritable période noire pour les faucons et les partisans du « Grand Israël »: discussions de paix, concessions, diplomatie… Aux yeux de l’élite néoconservatrice, le monde n’allait nulle part.

Heureusement, vint le 11 septembre. Dieu merci, alléluia! Grâce à cette terrible tragédie, les États-Unis peuvent de nouveau justifier leur aide à Israël et Israël peut désormais refuser de négocier avec les Palestiniens. Les lobbies de l’armement s’en mettent plein les poches, les Palestiniens crèvent de faim dans la rue pendant qu’arrivent les milliards de Washington, enfin c’est le retour du business as usual.

Pour ceux qui en doutaient…

Couillard pète les plombs
21 juin 2007

Le ministre de la santé du Québec, Philippe Couillard, a très mal agi cet après-midi, en accusant les membres du PQ et de l’ADQ d’être « pathétiques » parce que ceux-ci refusaient d’applaudir des militaires de Val Cartier venus assister aux travaux de l’Assemblée nationale.

Mais quel est ce soi-disant devoir de se lever et d’applaudir des militaires canadiens qui s’en vont dans quelques mois se battre pour l’Oncle Sam en Afghanistan et tuer de l’Afghan? Près de 70% de la population canadienne – et davantage au Québec – s’oppose à cette mission de l’armée, alors pourquoi nos représentants devraient-ils se faire l’écho d’une minorité et ovationner lâchement ces futurs tueurs?

Une armée, ça sert à défendre le pays, et en temps de paix ça peut aider pour les catastrophes naturelles. Une guerre d’invasion et d’occupation comme en Afghanistan est non seulement inutile et coûteuse pour le pays, mais elle est injuste et elle contribue seulement à faire augmenter la haine de Afghans à l’encontre du Canada, ce qui risque de se traduire par des attentats terroristes.

Philippe Couillard a agi comme un petit député d’arrière-banc tandis que ceux qui ont refusé d’applaudir la présence des militaires ont respecté la volonté populaire et ont signifié leur refus de la mission canadienne en Afghanistan.

Couillard saura-t-il seulement s’excuser quand des militaires québécois perdront la vie au combat ou quand des Québécois seront victimes d’attentats terroristes découlant directement de l’occupation de l’armée en Afghanistan?

Mais non… Tellement plus facile d’appuyer bêtement les militaires sans comprendre qu’on nuit à son pays en le faisant et qu’on insulte la vaste majorité de Québécois qui désapprouvent leur mission.

Les miettes de la terreur
19 juin 2007

Ça ne vous fait pas rire un peu vous autres, quand vous entendez des représentants des États-Unis ou de divers pays occidentaux déclarer qu’ils sont pour la démocratie et qu’ils entendent la promouvoir un peu partout sur la planète? Moi ça me fait bien rigoler, surtout quand on apprend que l’aide économique à la Palestine (maintenant la Cisjordanie) vient de reprendre puisque le Hamas, pourtant démocratiquement élu, a été écarté du pouvoir.

On aime ça chez l’Oncle Sam faire de grands discours sur le choix des peuples, sur leur capacité à décider de ce qui est le mieux pour eux, sur leur désir de s’exprimer dans des élections démocratiques. La démocratie, oui, mais faut surtout pas qu’elle s’exprime du mauvais bord! Si la population du Vénézuela élit Chavez démocratiquement, ça ne tient plus! Si les Palestiniens votent pour le Hamas, ça ne tient plus. Quelle sorte de message lance-t-on aux Palestiniens victimes de décennies d’apartheid et de racisme israélien leur enlevant jusqu’à la dignité? « Nous allons vous aider… si vous votez du bon bord. »

Pourtant, ils ont déjà été du bon bord les Palestiniens. Mais ils ne sont pas caves. Ils ont vu la paix d’Oslo de 1993 foulée aux pieds par l’implantation de centaines de colonies juives illégales en territoires palestiniens. Ils ont vu Yasser Arafat en discussion à Camp David en 1998 avec Bill Clinton et Ehud Barak, au moment où ce dernier doublait le nombre de colonies juives sur les meilleures terres palestiniennes. Ils ont constaté ce que valait la parole des États-Unis quand ceux-ci disaient qu’une fois Arafat mort un gros obstacle à la paix serait disparu et que tout pourrait enfin fonctionner rondement!

Non, les Palestiniens ne sont pas des idiots.

Ils ont constaté qu’ils n’ont pas de poids dans le grand jeu politique mondial. Ils ne sont bons qu’à crever sous des tirs israéliens ou par des bombes juives payées grâce à l’aide militaire étatsunienne de 3 milliards $ consentie annuellement à ce pays. Ils doivent assister calmement à la destruction systématique de leur pays, qui fût entreprise en 1948, puis consolidée par la guerre des six jours en 1967, puis maintenant élargie avec la construction du mur d’apartheid d’Israël volant les meilleures terres et séparant les villages palestiniens.

« Par ses actions, le Hamas a cherché à diviser les Palestiniens. C’est une chose que nous rejetons », a déclaré Mme Rice. Mensonge! Ce sont bel et bien les actions de l’État juif, appuyé par des dirigeants étatsuniens cooptés par le capital sioniste, qui sont responsables de la situation actuelle.

En effet, c’est l’État juif qui a volé les terres palestiniennes, poussé à l’exil des centaines de milliers d’Arabes. C’est aussi l’État juif qui a implanté des colonies extrémistes en territoires palestiniens – dans l’illégalité la plus complète – en cherchant à couper Jérusalem-Est des villages avoisinants pour éventuellement enlever toute possibilité que la capitale palestinienne puisse y être. Et c’est aussi Israël qui adopte des politiques racistes et humiliantes, se servant de la main d’oeuvre palestinienne comme du cheap labor de proximité et servant à doper artificiellement son PIB sur le dos de la population palestinienne.

Comment peut-on leur en vouloir aux Palestiniens, de s’être radicalisés? À chaque fois qu’ils ont négocié la paix, on les a volé. À chaque fois qu’ils ont tendu un rameau d’olivier, on leur a enfoncé dans l’oeil. Et quand ils font le choix – démocratique – de voter pour un parti radical, on leur retire toute les miettes qu’on consentait à leur donner sous prétexte qu’ils n’ont pas le droit d’avoir un gouvernement terroriste.

Mais la terreur, le vrai terrorisme, il est en Israël, et le Hamas a l’air d’une bande d’écolières à côté du monstre israélien, de ses milliards $ d’aide américaine, de ses bombes atomiques, de ses incursions quasi-quotidiennes en territoires palestiniens où elle sème la peur et la mort.

Avant de prétendre décider de ce qui est bien pour les Palestiniens, et de les inciter à rejeter un gouvernement élu démocratiquement, bref avant de corrompre le semblant de démocratie qu’on espère installer en Palestine, il serait peut-être temps de cesser d’appuyer le terrorisme israélien. Mais il n’y a pas de lobby palestinien dans les haut-lieux du pouvoir à Washington.

Ainsi donc, le grand jeu continue: pendant que nos gouvernements appuient l’État terroriste d’Israël, et financent ses entreprises de terreur et de destruction, nous pouvons nous déculpabiliser en envoyant quelques miettes à la Palestine et nous régaler de ces images de gens désespérés se battant pour celles-ci.

De plus en plus de gens appellent au boycott d’Israël, du pays et de ses produits. Ne serait-ce pas là notre dernier recours, puisque nos gouvernements ne nous écoutent plus, confirmant notre passage de citoyen à consommateur?

Illumination
30 avril 2007

Regardez-le, ce Justin Trudeau. Il semble complètement illuminé, comme si le Saint-Esprit lui avait confié la mission de suivre les traces de son père et de se lancer en politique. Il a choisi un des comtés les plus multi-ethniques de Montréal et a fait campagne en allant chercher le vote de ceux qui sont arrivés au pays sous les années Pierre Elliot Trudeau et qui ont profité des excès de la charte depuis 1982.

Enatraîné vers le pouvoir par une presse royaliste anglophone désireuse de se trouver un nouveau sauveur pour mater le mouvement souverainiste, Justin Trudeau a réussi l’exploit de se faire élire dans Papineau pour l’investiture libérale sans proposer quoi que ce soit de cohérent.

« Je vais être un politicien du peuple ». « J’ai un rêve pour ce pays ». On se demande bien de quoi il parle. C’est bien beau se dire du peuple quand on serre des mains dans la rue, mais était-il bel et bien du peuple quand il jouait les petits princes lors de son mariage ou lors du décès de son père? Et son rêve pour ce pays, va-t-il seulement finir par élaborer concrètement en quoi il consiste?

Croit-il en une meilleure redistribution de la richesse? Est-il en faveur de Kyoto? Du registre des armes à feu? Que pense-t-il du déséquilibre fiscal? Va-t-il protéger nos institutions publiques? Que pense-t-il de la décriminalisation de la marijuana? Est-il en faveur d’un fédéralisme centralisé ou décentralisé? Appuie-t-il Israël ou les Palestiniens? Veut-il que le Canada se retire d’Afghanistan? Que pense-t-il de la guerre en Irak? De la guerre au terrorisme? Où se situe-t-il sur l’échelle gauche-droite?

Qui est-il?

Silence radio.

Le voici le problème de nombreux néo-vieux politiciens: ils semblent investis d’une mission divine pour prendre le pouvoir, ils sont charismatiques, mais ils sont incapables de prendre position ou de tenir un discours plus approfondi ou cohérent.

Pourtant, ils finissent par se faire élire de toute façon parce qu’ils ont l’air tel-le-ment sympathiques!

Faut dire que les électeurs ne font pas toujours le choix le plus lumineux…

Petit air de déjà vu, non?

La cible
28 avril 2007

Ainsi donc, même l’ancien gouvernement libéral de Paul Martin savait que les prisonniers afghans remis aux autorités de ce pays étaient torturés. Le Canada, fort de sa longue tradition d’aide humanitaire et de respect des droits de la personne a-t-il immédiatement résilié son appui au gouvernement Karzaï et envisagé un retrait rapide du pays pour protester contre ces manquements graves aux droits humains? Non. Au contraire, on a augmenté la présence canadienne en Afghanistan.

En appuyant ainsi un gouvernement torturant ses prisonniers et en gonflant l’importance de ses troupes dans le pays, le Canada se dessine une grosse cible bien visible et juteuse. Cette cible, cet appel aux attentats terroristes visant des citoyens canadiens – nous – et des institutions canadiennes, elle risque de nous lancer dans une spirale infernale dont nul ne peut prédire les conséquences ultimes.

On peut très bien imaginer un attentat terroriste se produisant dans le métro de Montréal, par exemple. Et en représailles à ces représailles Stephen Harper imaginerait d’autres représailles. Et sans le savoir, nous aurions en quelques années détruit complètement tout le capital de sympathie mondial à l’égard de ce pays. Aux yeux de plusieurs, nous serions réellement devenus le laquais de service des États-Unis, un cinquante-unième État américain vengeur et assoiffé de sang.

Pourtant, d’autres solutions sont possibles. Retirer nos troupes d’Afghanistan ne veut pas dire laisser tomber la population. Combien d’écoles peut-on bâtir avec l’argent nécessaire pour envoyer 500 soldats? Combien d’organismes communautaires peut-on financer avec ce que coûte les nouveaux véhicules de l’armée?

En agissant comme le fait le Canada actuellement, nous donnons raisons à tous les extrémistes qui voient dans la mission en Afghanistan une nouvelle croisade de l’Occident et qui ne rêvent que d’aller se faire exploser au milieu de notre population, de nos enfants.

Nous qui sommes si offusqués qu’un malade mental comme Clermont Bégin soit en liberté, nous laissons le gouvernement Harper – notre gouvernement – dessiner une cible sur nous et nos enfants?