Des pinottes
28 mai 2007

La dernière offre de Charest pour éviter de retourner en élection et vraisemblablement de se faire battre, si on en croit les derniers sondages, est presque drôle tellement elle est mince. Pense-t-il sérieusement qu’il n’a qu’à jeter une centaine de millions pour les aînés et l’aide aux élèves en difficulté pour faire oublier son détournement de l’argent du déséquilibre fiscal et s’assurer du soutien – ou de l’abstention – du PQ lors du vote sur le budget vendredi?

Malheureusement, il se peut qu’il ait raison. Dans un monde idéal, le Parti Québécois rejetterait du revers de la main ces pinottes, qui ne règlent toujours pas le problème des énormes baisses d’impôts consenties aux plus riches et de l’élimination de la taxe sur le capital, qui privera l’État de revenus importants tout en enrichissant encore davantage des compagnies déjà ultra-favorisées fiscalement. Dans un monde idéal, le Parti Québécois reprendrait la balle au vol et réitérerait son désir de voir ces deux mesures modifiées.

Évidemment, nous sommes pas dans un monde idéal. Et dans ce monde-ci, le PQ n’est pas prêt à aller en élections, et il a surtout voulu se faire du capital politique en rejetant ce budget fait sur mesure pour l’élite. Il n’a ni les moyens financiers ni de chef pour se lancer en campagne. Il reste beaucoup de travail à accomplir et il semble de plus en plus que son opposition était davantage un bluff qu’autre chose.

Mais dans tout bluff il y a un perdant. Ici, c’est le bien commun, que le PQ risque de sacrifier pour quelques concessions au PLQ. Oui, c’est bien de l’aide aux aînés ou aux élèves en difficulté, mais de combien de centaines de millions $ l’État se prive-t-il avec ses baisses d’impôts aux plus nantis et l’élimination de la taxe sur le capital? Combien de gens aurait-on pu aider avec tout cet argent?

Le PQ a accepté de jouer un jeu dangereux en annonçant qu’il voterait contre le budget. Il doit maintenant en accepter les conséquences et défaire ce gouvernement. À moins qu’il préfère faire rire de lui et considérer qu’il peut se laisser acheter par deux trois pinottes

I’m a Frog, you’re a Frog, kiss me… and I’ll turn into a prince, suddenly… Donne-moi des pinottes, m’en va t’chanter alouette sans fausse note… »