Les miettes du privé
10 octobre 2009

Des statistiques publiées sur Cyberpresse démontrent que de nombreux collèges privés expulsent leurs étudiants au moindre faux-pas. Dans certains cas, des cohortes perdent plus de 50% des leurs entre l’entrée au secondaire et le diplôme. Simples choix d’institutions privées ou dangereuse leçon de vie financée par notre propre gouvernement?

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Pensons-y un peu: les écoles soi-disant privées sont subventionnées à 60% par l’État. En fait, ce ne sont même pas des écoles privées; l’État finance la part du lion et les actionnaires empochent les profits. De juteux profits. À l’image du gouvernement américain ayant pris le contrôle d’entreprises à la dérive, le gouvernement finance massivement des institutions pourtant très rentables. Et qui excluent systématiquement ceux qui pourraient faire baisser leurs profits.

Or, quelle leçon lance-t-on ainsi aux autres, à ceux qui restent, ceux qui font leur secondaire au complet dans ce milieu hyper-compétitif? On leur dit: « Vous êtes des forts », sous-entendant que les autres sont des faibles. On leur exprime une vision du monde où celui qui a des difficultés, celui qui aurait besoin d’une aide professionnelle, celui qui commet des impairs, est un fardeau ne méritant que l’exclusion.

C’est une simple question de gestion, répondraient certains. Pas rentables les cas-problèmes. Et puis, en filigrane, on sort toujours la calculette: un psychologue à 40$ de l’heure, un professeur supplémentaire pour les retenus, un psycho-éducateur en surplus, et puis quoi encore. Trop cher. Mieux vaut renvoyer l’étudiant. « Tu as perdu mon ami, t’es Game Over, bye bye et ne te retourne pas. » Et l’État cautionne cela.

Imaginerait-on des écoles publiques agissant ainsi? On leur reproche d’être coûteuses, mal administrées, d’être un foyer de médiocrité. Dans les faits, elles font face aux pires cas-problèmes précisément parce que le privé écrème ses étudiants et ne choisit que les meilleurs, c’est-à-dire ceux qui obtiendront les plus hauts résultats, assurant le prestige de l’institution, et qui coûteront le moins cher. L’école publique ne peut pas simplement prendre un cas-problème et le renvoyer illico. Imaginez-vous le tollé si on apprenait que telle ou telle école publique a renvoyé un élève parce qu’il coulait ses cours? Meuh non. Au public, on crée des cours de rattrapage, des classes spéciales, on embauche des professeurs spécialisés. Toutes ces dépenses qui coûtent cher et que le privé n’a pas à assumer. Car le public, c’est la dernière étape, le dernier parachute avant la chute libre.

Ainsi, ce sont deux visions du monde que l’on crée. Celle des vainqueurs, qui apprennent à exclure quiconque montre le moindre signe de faiblesse ou n’est pas à la hauteur. Futurs yuppies, ils congédieront leurs subordonnés sans la moindre honte et ils mépriseront tous ceux qui sont sur l’aide sociale, qui vivent dans la rue ou qui ont des difficulté majeures. Ils vivront dans de cossues résidences, loin des gueux, et auront une conception élitiste de la société. Et celle des perdants, qui ont compris qu’il y aura toujours l’État derrière eux pour les rattraper s’ils tombent, et qui voient la réussite d’un oeil douteux, englués dans une école publique avec un ratio trop élevé de cas lourds qui gangrènent jusqu’à la volonté d’apprendre.

C’est une véritable leçon d’exclusion et d’échecs que l’on crée. Avec notre argent.

Au contraire, pourquoi ne pas créer un seul réseau véritablement public? Ce faisant, les cas lourds ne seraient peut-être plus cinq ou six étudiants par classe, mais peut-être seulement un ou deux, devant suivre la voie des autres, déterminés à apprendre et à s’éduquer. En coupant les subventions aux écoles privées, on peut croire que la vaste majorité de ses étudiants rejoindraient des institutions publiques beaucoup mieux financées et ne se contentant plus seulement de jouer le rôle de réseau de la dernière chance, mais permettant réellement d’éduquer nos enfants dans le respect de la diversité du monde qui nous entoure.

Car – on l’oublie souvent – le monde n’est pas constitué seulement d’une élite hyper-motivée et désireuse de s’éduquer, pas plus qu’il ne représente qu’un dépotoir où végètent une armée de trouble-fêtes entourés de quelques « bolés » s’attirant sarcasmes et moqueries à cause de leur désir de s’éduquer. L’équilibre, voilà ce qui manque à la situation actuelle. D’un côté des élites déconnectées du vrai monde, et de l’autre des démotivés qu’un système monopolisé par les cas-problèmes empêche de réussir. Un réseau soi-disant privé bien financé et qui se permet de faire la fine gueule, et un réseau public sous-financé récupérant les miettes du privé.

Et si on mélangeait un peu tout ce beau monde?

Le déficit d’imagination
2 juin 2009

Un million et demi de dollars par emploi. Un PDG d’une multinationale? Non. Un joueur de hockey professionnel? Non plus. C’est ce que coûtera le sauvetage de 13 milliards $ de GM Canada et Chrysler par les gouvernements canadien et ontarien. Vous avez bien lu: c’est 1,4 million $ de notre argent pour chaque emploi. Si j’étais cynique, je dirais simplement: envoyez-leur un chèque par la poste et on passe à autre chose. Mais je ne suis pas cynique. Ou presque pas.

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En fait, on comprend la logique de cette dépense: l’argent aidera aussi les sous-traitants, les fournisseurs, les concessionnaires, tout le monde. Le Père Noël canadien qui distribue ses cadeaux. À écouter certains commentateurs, l’idée de dépenser l’équivalent de dix stades olympiques dans une entreprise en faillite et dont on sera un actionnaire très minoritaire serait la meilleure invention depuis le « America’s back » de Ronald Reagan. Foutaise.

En effet, ce n’est pas en récompensant la médiocrité d’une entreprise ayant refusé d’adapter ses produits à la demande des consommateurs du vingt-unième siècle qu’on accomplit quoi que ce soit de positif. Pendant des années, GM a fait d’immondes profits en offrant des véhicules peu fiables et polluant, mais aujourd’hui il faudrait leur signer un chèque et leur dire merci. No way. Ce n’est pas parce que des dizaines de milliers d’emplois dépendent de ce monstre obèse et vieillissant qu’il faut accepter de lui sacrifier nos précieuses ressources. Il est possible de stimuler l’économie avec beaucoup plus d’efficacité, mais ça demande un peu d’imagination.

L’imagination, c’est quoi? L’imagination, c’était Robert Bourassa dans les années 70 avec son complexe hydro-électrique La Grande, à la Baie James. Des routes au milieu de nulle part, quatre rivières dérivées, un barrage plus haut que la place Ville-Marie à Montréal et long de plusieurs kilomètres. 10 MW d’électricité peu coûteuse dont nous profitons encore aujourd’hui. Et des dizaines de milliers de travailleurs oeuvrant dans un secteur dynamique et utile à la société. Ça, c’était de l’imagination.

Dépenser 13 milliards $ pour relancer l’économie, je n’ai rien contre. Mais qu’on le fasse en produisant des biens publics durables qui profiteront à tous au lieu de tenter de sauver de l’extinction des dinosaures condamnés. Avec cette somme, on pourrait construire de grands projets, que ce soit de nouveaux barrages hydro-électriques, un TGV Windsor-Québec, le développement de l’énergie éolienne, etc. On pourrait certainement réorienter les travailleurs de l’automobile dans de tels secteurs nécessitant de bonnes connaissances mécaniques. Mais ça prend de l’imagination.

Constater la chute de GM et regarder les emplois qui y sont reliés d’une manière close, comme si l’entreprise vivait dans une bulle de verre, ne mène à rien. Face à la concurrence de pays émergents payant leurs employés un salaire de misère et à genoux devant le sanctuaire dogmatique inviolable du libre-marché, nos gouvernements ne font que lancer notre argent dans un secteur sans futur.

Je crois qu’il est là le drame de nos vieux dirigeants et de leurs partis croulants. Ils sont tellement avachis par des années d’embonpoint politique et tellement préoccupés à ne rien faire qui pourrait déplacer le minimum d’air risquant de souffler leur tour de bambou qu’ils ne font plus rien du tout. Ils ne pensent qu’à leurs fesses et n’ont aucun désir d’améliorer la situation générale du pays à long terme.

Une crise, sur le plan économique ou personnel, c’est souvent l’occasion de se remettre en question et de changer ses pratiques et ses convictions. En gaspillant notre argent sur des entreprises comme GM et Chrysler, notre gouvernement nous montre que non seulement il n’a rien appris mais également qu’il n’a pas la volonté d’apprendre. Il n’a même pas le désir d’imaginer d’autres solutions.

Après le déficit zéro et le déficit démocratique, si on parlait du déficit d’imagination?

Au chevet de l’idéologie du mérite
30 septembre 2008

Le rejet par les deux partis (de droite) de la chambre des représentants étatsunienne du plan de sauvetage de 700 milliards $ m’inspire une réflexion sur le rôle de l’État dans l’économie. Peut-on réellement s’en passer? Et doit-on seulement aider les plus méritants?

En effet, ça fait (faisait?) des années qu’on nous servait le même discours néolibéral clamant qu’on devait laisser les forces du marché agir et que tout s’équilibrerait en douceur. Cette vieille idée de la main invisible du marché où l’addition des besoins de chacun donnerait un mieux-être collectif. Sauf qu’on le constate, sans modération le capitalisme à l’extrême s’auto-détruit.

À mes yeux, il y a un parallèle entre l’aide proposée aux grandes entreprises menacées de faillite et les subventions aux artistes abolies par Stephen Harper, de même qu’avec l’aide sociale consentie aux plus démunis. Dans tous ces cas, s’il y a consensus sur le fait que théoriquement on ne devrait pas aider quelqu’un qui n’a pas « mérité » l’aide, on réalise que les conséquences d’une absence d’aide seraient bien pire.

  1. Si on n’aide pas les entreprises menacées de faillite. Celles-ci feront faillite, entraînant vers le bas toute la confiance de consommateurs délaissant le marché, retirant leurs avoirs, et plongeant le pays, voire l’économie mondiale, en récession, ou en crise.
  2. Si on coupe les subventions aux artistes. Nous perdrons notre capacité à nous projeter dans le monde; nous nous ferons avaler tout rond par la culture étatsunienne, et nous perdrons les milliards $ découlant de l’industrie culturelle.
  3. Si on coupe l’aide sociale. Les gens devront voler pour se nourrir (puisqu’il n’y a pas assez d’emplois pour tous), l’insécurité augmentera, la violence aussi, l’itinérance, et même les plus riches y perdront au change, devant s’isoler derrière de coûteux systèmes de surveillance et de sécurité pour se protéger des plus pauvres.

Aujourd’hui, quand je regardais ce vote, où ce sont principalement les Républicains qui se sont opposés, je me suis rendu compte à quel point cette idéologie du mérite est pernicieuse. On oublie que tout est inter-relié. On oublie que ce ne sont pas les riches banquiers de Wall Street qui ont fait des milliards, mais que c’est nous (ou le citoyen américain) qui avons accepté que de telles personnes puissent s’enrichir d’une manière aussi honteuse. Nous sommes à blâmer pour avoir élu des gouvernements de droite depuis plus de vingt ans et qui ne font pas de la nécessaire redistribution de la richesse une priorité. Et nous sommes aussi à blâmer quand nous lisons des journaux qui font de la propagande contre toute forme de redistribution de la richesse et contre n’importe quel parti osant proposer des solutions concrètes aux problèmes actuels.

Au cours des derniers dix ans, nous avons fait la sourde oreille à tous ceux qui ont signifié l’importance du rôle de l’État dans l’économie. Nous avons préféré lire les Pratte, Roy, Dubuc et autres pantins du néolibéralisme travaillant pour le compte de Power Corporation nous vanter les mérites du libre-marché et qualifier n’importe quelle alternative de « passéiste ».

Et bien, nous y voici au résultat. C’est l’heure des comptes. Et encore une fois, on a la preuve irréfutable que le marché n’est pas omnipotent, qu’il ne peut pas tout régler, et que la redistribution de la richesse par l’État et l’aide aux moins fortunés est un mal nécessaire, indispensable.

Les Représentants ont refusé de sauver leur système financier. Car s’ils l’avaient fait, ils auraient dû admettre que l’État a un rôle à jouer et qu’il faut aussi prendre du riche pour donner au pauvre ou au nécessiteux. Il aurait fullu accepter d’imposer davantage la richesse et augmenter les impôts de ceux qui gagnent beaucoup plus que ce qu’ils ont besoin pour vivre.

Et ça, au pays de l’Oncle Sam, c’est impensable.

Ici, heureusement, il y a de l’espoir. Nous sommes moins radicaux, et il existe un parti social-démocrate, le NPD, qui propose justement cela: modérer le capitalisme, dompter ce cheval sauvage qui, si puissant peut-il être, a tout de même la capacité de plonger dans le ravin sans l’organisation et la structuration de l’État.

Au-delà du mérite, il y a la nécessité d’organiser une société qui fonctionne. Et le capitalisme sans garde-fous n’a jamais fonctionné. Et cette idéologie d’un État minimal réfractaire au partage de la richesse, telle que proposée par les Conservateurs, a été un échec, est un échec, et sera encore un échec demain.

Il est temps de penser au futur et de comprendre que la société est un tout, et qu’on ne peut pas plus ignorer la douleur d’une de ses parties qu’on peut s’arracher un bras et croire que la force des autres membres pourra compenser cette perte.

Les subventions à la culture sont rentables
5 septembre 2008

Je dois vous faire un aveu: je lis parfois le Journal de Montréal. Oui, ça m’arrive, au travail, quand quelqu’un laisse traîner une vieille copie datée de quelques jours. Le Journal de Montréal, ça se lit bien en mangeant; le plus souvent c’est tellement vide qu’on n’est jamais rassasié. Sauf que cette fois-ci il y avait un texte plus que consistant et intéressant. Est-ce un hasard quand on affirme que la qualité des pages éditoriales semble s’être améliorée depuis le départ de Nathalie Elgrably?

La chronique de Geneviève Lefebvre portait sur les récentes coupures du gouvernement Harper dans la culture et sur les réactions d’une certaine catégorie de citoyens aux idées plus ou moins organisées qui se réjouissent des souffrances de nos artistes.

Même si je ne suis pas tellement chaud à l’idée de quantifier et de chiffrer la culture, et que ma position se rapproche davantage de celle d’un Bourgault pour qui « la culture est un fourre-tout indescriptible où chacun s’amuse à tenter d’y trouver son compte, à défaut de quoi on peut au moins tenter d’y découvrir son plaisir », je reste sensible aux arguments économiques de Mme. Lefebvre:

Selon le Conference Board du Canada, l’industrie culturelle vaut 7,5 % du PIB. Le rapport stipule qu’en 2007, le secteur culturel canadien a reçu 7,9 milliards de dollars en subventions, mais qu’il a engendré des bénéfices directs et indirects de 84,6 milliards. C’est ce qu’on appelle un excellent retour sur l’investissement.

À l’évidence, un tel argument économique est facile, peut-être un peu trop facile. Mais il reste qu’à long terme il peut être extrêmement rentable de subventionner les artistes. Il faut simplement être en mesure de voir un peu plus loin que le bout de son nez. Grâce au retour sur l’investissement des subventions culturelles, ce sont nos écoles, nos hôpitaux, nos routes qu’on peut se payer. Mme. Lefebvre cite l’exemple du Cirque du Soleil pour démontrer pourquoi il faut penser à long terme:

À ses débuts en 1984, le Cirque du Soleil a reçu un coup de pouce d’un certain René Lévesque avant de s’affranchir totalement de l’aide de l’État en 1992. Son siège social est toujours à Montréal et l’entreprise fait travailler des milliers de gens de chez nous à travers le monde. Créateurs et concepteurs qui payent leurs impôts ici, évidemment. Guy Laliberté n’est pas le seul à vouloir exporter les immenses talents qui sont les nôtres, tout en visant une rentabilité économique. L’ironie, c’est que si la culture engendre des profits pour beaucoup de monde, les artistes, eux, ne sont que 2,4 % à voir leur revenu annuel dépasser la barre des 50 000 $.

Ainsi, si on n’avait pas subventionné le Cirque du Soleil à ses débuts, ferait-il notre fierté aujourd’hui partout dans le monde? Ce petit coup de pouce a été extrêmement rentable pour l’État québécois. Qu’est-ce qui nous assure que ce n’est pas le prochain Cirque du Soleil qu’on est en train d’affamer en s’attaquant aux artistes? Martin Petit l’explique d’ailleurs très bien sur son blogue:

Quand on parle de financer la culture on ne parle pas de donner plus à Céline ou Louis-José Houde. On parle des danseuses des ballets canadien, on vise des entreprises à risque comme le théâtre, la danse moderne, et aussi la formation de la relève culturelle via les coupures à l’INIS et par la bande à la SAT.

En somme, aider les artistes, c’est s’aider soi-même. C’est assurer la capacité de notre culture à rayonner dans le monde et à se projeter dans le temps. Nous sommes minoritaires dans un océan de culture hollywoodienne; sans subventions, nous nous ferions purement et simplement avaler. En ce moment, le monde entier est fasciné devant cette incroyable capacité culturelle de ce petit peuple québécois d’à peine sept millions d’âmes. Nous projetons nos films en masse en France, nos artistes y remplissent des salles ou des stades, nous occupons Las Vegas pendant des mois, voire des années. Nous impressionnons le monde.

Et c’est cela que le gouvernement Harper espère détruire. RadiCarl exprime très bien mes craintes à ce sujet:

Un régime politique qui dénigre l’importance de la culture dans une société, un régime qui vise les intellectuels et les créateurs, chez moi ça sonne les petites clochettes de l’histoire… ai-je vraiment à vous dire que c’est inquiétant?

Au fond, Harper espère peut-être simplement nous imposer « sa » vision de la culture. J’aime bien la conclusion du Québécois déchaîné à ce sujet:

Voulons-nous aller vers une société où l’on prône la culture des moutons lobotomisés avalant sans recul tout ce qu’on nous propose ? Harper veut-il un peuple de Télétubies qui consomment de la culture prémachée et uniforme ? Le monsieur au beau sourire de requin aime la culture mais pas la vôtre, la sienne : la culture de l’argent.

De l’argent qu’on ne va peut-être plus avoir dans une décennie, faute des retombées culturelles et des impôts payés par des artistes très prometteurs qui auront dû renoncer à leurs rêves à cause de ces coupures. Heureusement, il nous restera toujours le Journal de Montréal, quand notre culture se résumera à une peau de chagrin miteuse.

À l’aube d’une campagne électorale, voilà quelque chose à quoi il me semble important de penser, avant de voter pour un parti ne veut pas notre bien..

AJOUT: Je constate avec déplaisir que je me suis trompé: Nathalie Elgrably continue de propager ses idioties dans le Journal de Montréal. À ce sujet, je vous conseille fortement le dernier texte de Jimmy où celui-ci démolit littéralement les arguments de l’ex-présidente de l’IEDM qui affirme qu’en réduisant le rôle de l’État dans l’inspection des aliments on obtiendrait une meilleure inspection des arguments. Au contraire, c’est précisément parce que l’Agence d’inspection des aliments laisse trop de latitude aux entreprises qu’une telle crise de listériose a été possible! Dans tous les cas, allez lire le texte de mon ex-collaborateur. Tiens, je l’aime tellement que je mets un autre lien vers son blogue!

Subventionner les nantis
29 avril 2007

Un rapport final d’un comité du ministère de l’éducation et de la Fédération des établissements d’enseignement privés recommande de donner un million $ par an aux écoles privées pour les aider à accueillir davantage d’élèves en difficulté.

Deux questions se posent d’emblée.

Tout d’abord, comment peut-on accepter de voir ainsi travailler main dans la main un ministère public devant servir la population et un organisme privé au service d’entreprises lucratives ayant comme mission de faire un profit? À quoi s’attendait-on d’une telle rencontre? Croyait-on réellement qu’on allait favoriser le réseau public? Les entreprises privées ne devraient pas avoir un lien aussi incestueux au ministère de l’éducation, au risque de voir de terribles dérapages se produire.

Ensuite, comment imaginer continuer de subventionner, de dilapider les fonds publics pour des entreprises/écoles déjà subventionnées à 60% par le gouvernement? Déjà en ce moment, c’est l’État du Québec qui finance les profits de ces institutions, qui participe à l’enrichissement de la minorité des dirigeants de ces écoles. Et on veut encore continuer de s’abreuver aux mamelles de l’État?

Il faut savoir mettre un frein à de pareilles situations. Les parents doivent avoir le choix de l’école où envoyer leur enfant; mais s’ils choisissent une école privée, qu’ils assument l’entièreté du coût de celle-ci. Il est tout à fait inadmissible de favoriser les écoles privées en subventionnant leurs « clients » de cette façon.

Pendant ce temps, les écoles publiques manquent d’argent, ont des problèmes de violence, de décrochage. Il me semble qu’avec ce 60% donné à chaque enfant au privé il serait possible de grandement améliorer la qualité de l’enseignement et de la vie étudiante dans le réseau public. On permettrait aussi une plus grande cohérence sociale en forçant une cohabitation entre différentes classes sociales au lieu de se retrouver avec les cas lourds d’un côté et les privilégiés de l’autre. Et ce n’est pas en subventionnant massivement quelques élèves en difficulté pour aller jouer les cobayes dans le privé qu’on réglera l’asymétrie public/privé de manière durable.

Il n’y a pas de mal à vouloir offrir la meilleure éducation possible à ses enfants, mais cela ne doit pas se faire au détriment des autres et en enrichissant indûment une minorité d’hommes d’affaires qui n’a que peu de comptes à rendre.