Le chemin de croix
4 avril 2012

Défendre le français au Québec – et donc la pluralité linguistique dans le monde – ressemble de plus en plus à un chemin de croix. À chaque jour ou presque, on lacère encore davantage notre langue. Il y a quelques semaines, c’était Stéphane Gendron qui se moquait de notre aménagement linguistique. La semaine dernière, on découvrait que les jeunes anglophones méprisent notre langue. Il y a quelques jours, on apprenait que Québec finance les cours d’anglais des immigrants. Aujourd’hui, on découvre que les séances d’accueil aux immigrants se feront désormais en anglais. Encore aujourd’hui, on apprend que l’anglais est largement sur-représenté dans les emplois du secteur public. Il ne manque que la crucifixion et on peut fermer les livres.



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Chacune de ces attaques contre la langue nationale des Québécois est assez grave en soi, mais c’est le nombre et l’intensité de celles-ci qui a de quoi surprendre. On dirait qu’il n’y a plus rien pour nous sortir de notre torpeur. Un peu comme si, intérieurement, nous avions déjà capitulé. Un peu comme si nous avions décidé, après des années d’auto-dénigrement, de dévalorisation, de haine de nous-mêmes, que nous n’avions plus le droit d’aspirer à assurer notre futur collectif. Nous avons cessé de rêver.

Cette incapacité à concevoir un futur dont nous serions les maîtres nous a transformés en champions de la servitude. Face à une idée originale ou insolite, nous n’avons plus la moindre curiosité ; nous sommes sceptiques. Nous ne souhaitons plus « briller parmi les meilleurs », mais nous conformer à ce qui se fait ailleurs. Nous ne souhaitons plus avoir une éducation accessible parce que cela rejoint nos valeurs ; nous voulons nous adapter à la moyenne canadienne. Nous ne voulons plus nous donner les moyens d’exister ; nous voulons nous « adapter » à la réalité nord-américaine. Nous ne désirons plus avoir une société plus juste ; nous souhaitons suivre les recettes économiques états-uniennes ayant échouées. Nous n’aspirons plus à la vie ; nous désirons passer inaperçu. Nous sommes des prostitués longeant les murs.

Notre problème n’est pas seulement linguistique, mais onirique. Nous ne rêvons plus, ou bien nous rêvons de manière sectorisée. Nous pouvons imaginer quelques petites originalité éparses, que ce soit une éducation accessible, une langue française qui nous regroupe tous, une politique économique différente, mais peu de gens sont en mesure de rêver à grande échelle. Chacun vit enfermé dans son propre petit monde. Chacun fait ses propres petits combats. Pas question pour les étudiants de se battre pour la langue nationale. Pas question pour les francophiles de lutter contre l’enfoncement à droite de la société québécoise. Chacun vit pour soi.

Ces attaques contre la langue française sont donc d’autant plus faciles qu’aucun mouvement de masse ne peut s’y opposer. Nous regardons, l’air béat, notre langue et nos valeurs reculer et nous saluons de la main, capitaines sur le bateau de nos rêves, le naufrage de nos idéaux.

Nous contemplons notre chute en silence.

Prioriser

Au cœur de toutes les vicissitudes de notre quotidien, nous devrions pourtant reconnaître une nécessité : protéger l’avenir. Mettre les graines qui pourront un jour germer à l’abri et préparer la relève. Reconnaître que si de nombreux débats ont leur importance au Québec, un seul est incontournable : celui de notre langue. Car si notre langue disparaît, nous disparaissons. Le cœur, l’âme de notre identité, surtout depuis la Révolution tranquille et la chute de notre foi, c’est notre langue. Si nous la perdons, nous avons tout perdu.

Il nous faut donc prioriser, choisir nos luttes. On peut appuyer les étudiants, on peut lutter pour une société plus juste, on peut se battre pour l’environnement, on peut œuvrer à une foule d’enjeux locaux, nationaux ou mondiaux, mais la jonction de toutes ces causes doit être la langue française ; une éducation plus accessible ne nous servirait à rien si nous n’étions plus là ; une planète plus propre ne nous serait d’aucune utilité si nous n’existions plus. La langue doit être le combustible qui enflamme toutes les autres causes.

À la face de l’ethnocide du français en Amérique du Nord, et parce que nous constatons que l’anglomanie et le sur-financement des institutions des anglophones au Québec atteignent des sommets, il nous faut mettre le français au centre de toutes nos luttes et refuser le moindre compromis sur cette question.

Le peuples accommodants ne représentent qu’une astérisque dans un livre d’histoire.

Multiplions les luttes et les solidarités, mais exigeons le français, et uniquement le français, en toutes circonstances et pour toute occasion.

Accepter le contraire, c’est légitimer le dénigrement de ce que nous sommes et c’est porter nous-mêmes la croix sur laquelle on nous crucifie jour après jour dans tous les médias.

Stéphane Gendron est un ignare (2e partie)
13 mars 2012

Dans la première partie de ce texte, je démontrais de quelle manière Stéphane Gendron est un ignare parce qu’il ignore tout des aménagements linguistiques dans le monde. Il ne comprend pas de quelle manière la Loi 101 est une loi linguistique FAIBLE en comparaison de ce qui se fait ailleurs sur cette planète parce qu’il est centré sur son propre nombril. Son ignorance, pourtant, va plus loin que cela : il est également totalement ignorant de ce qui se passe au Québec, voire dans sa propre ville !

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Dans un texte publié en anglais dans un torchon anti-Québécois habituel, il fait encore état de son ignorance.

Quelques citations, et ma réponse. Toutes les traductions du texte original en langue étrangère ont été effectuées par le service de traduction de Google.

« Lorsque une communauté a 44 pourcent de sa population parlant anglais, comment pouvons-nous l’ignorer ? »

Personne n’ignore cette population. Elle a des services de santé en anglais, des écoles en anglais (sur-financées, doit-on le rappeler), elle peut parler sa langue, elle se fait servir en anglais un peu partout. La Loi 101 stipule que c’est à partir de 50% de citoyens d’une ville ayant une langue étrangère comme langue maternelle qu’une ville peut s’adresser à eux dans leur langue. Huntingdon ne remplit pas ces critères.

« Même si la plupart des anglophones de Huntingdon parlent et comprennent le français, nos valeurs nous enseignent que nous ne faisons pas la promotion d’une langue en en écrasant une autre. L’épuration linguistique n’aura pas lieu sur notre territoire. Jamais. »

De un, le fait de s’adresser aux citoyens dans la langue nationale n’implique pas d’écraser une autre langue. Est-ce que les résidants hispanophones du Texas se sentent « écrasés » parce qu’on s’adresse à eux en anglais ? Est-ce que les citoyens russes d’Allemagne se sentent « écrasés » parce qu’on s’adresse à eux en allemand ? Non, la normalité, partout dans le monde, est d’utiliser une langue rassembleuse et commune. Au Québec, cette langue est le français.

Ensuite, quand Gendron parle d’épuration ethnique, il fait abstraction d’une réalité incontournable : ce sont les francophones qui sont en danger dans sa ville ! Alors que sa population de langue anglaise intègre à elle quantité de francophones et d’allophones, le taux d’assimilation des francophones atteint 7% ! L’épuration linguistique est déjà en marche à l’encontre des francophones de Huntingdon, et Stéphane Gendron ne semble pas s’en formaliser.

« De quoi le Québec a-t-il peur ? La population anglophone des régions québécoises diminue. »

La vérité, c’est que la population anglophone est en pleine croissance ! Il y avait 564 752 anglophones de langue maternelle au Québec en 2001, contre 607 163 en 2006, soit une augmentation de 7,5%. Au même moment, la population de langue maternelle française n’augmentait que de 1,3%. Stéphane Gendron dit N’IMPORTE QUOI.

« Les écoles et les églises de langue anglaises ferment à travers la province. La population est vieillissante. Nous sommes sur le bord de perdre un héritage culturel important. »

Les écoles de langue anglaise sont sur-financées et la vitalité de la langue anglaise au Québec est la plus forte AU CANADA, ce qui démontre une intégration rapide DES JEUNES vers l’anglais. Ce n’est pas le signe d’une population vieillissante. Quant à l’héritage culturel, il suffit de prendre sa voiture et de faire quelques kilomètres vers le sud ou l’ouest pour trouver une mer de plus de 300 millions d’anglophones. Ce sont les Québécois qui constituent un héritage culturel important à protéger, pas les anglophones ! Nous sommes la pluralité et la diversité sur ce continent, et nous avons le droit de nous défendre face à ceux qui veulent travailler à nous éliminer !

« À tous les jours, le Québec fait des efforts considérables pour accommoder les nouveaux arrivants du monde extérieur (sic), mais crache à la face du frère anglophone avec lequel il a partagé des siècles d’existence. C’est un non-sens ! »

Le Québec fait des efforts pour intégrer les immigrants, oui. Et quel est l’obstacle à cette intégration ? Le repli sur soi encouragé par le multiculturalisme prôné par les anglophones et la langue anglaise elle-même. Quant à l’histoire du frère anglophone, on pourrait commencer par 1759, continuer par 1837, et terminer par 1970 pour se rendre compte que cette histoire a toujours été celle d’une minorité anglophone d’oppresseurs contre une majorité québécoise d’opprimés. Rien n’a changé, sinon que nous nous opprimons désormais nous-mêmes en sur-finançant systématiquement les services de notre minorité.

« Le complexe d’infériorité culturelle du français (sic) continue de nuire au développement du Québec moderne. Pendant que nous avons peur des autres, l’Ontario et les provinces de l’ouest se développent à grande vitesse. »

L’Ontario va beaucoup moins bien que le Québec et les provinces de l’ouest se développent à cause du pétrole. La démagogie de Gendron va très loin, mais les faits existent pour les contrecarrer.

Dans le reste de son texte, Gendron explique de quelle manière il entend contourner la loi en instaurant un journal faussement indépendant pour communiquer avec ses citoyens. Bref, après avoir écrit un texte en entier de faussetés sur le Québec et après s’être plaint de ne pas pouvoir avoir de bonnes relations avec le « frère anglophone », il crache désormais au visage du « frère Québécois » qui appuie la Loi 101 et désire son application.

En méprisant ainsi les Québécois, qui démontrent leur fort attachement à la Loi 101 sondage après sondage, Stéphane Gendron met cependant sa ville sur la ligne de feu. Il est à prévoir que beaucoup de Québécois, comme mon ami, feront un pèlerinage à Huntingdon pour faire des plaintes à l’OQLF pour chaque virgule de travers. Si Gendron se permet de mépriser l’esprit de la loi en la contournant, nous sommes tout à fait justifiés d’utiliser la même loi pour prendre chacun de ses commerçants en défaut sur de petits détails.

Les plaintes ont déjà commencé à être envoyées. Des lettres aux commerçants, leur expliquant qu’ils peuvent remercier Gendron pour ces plaintes, le seront sous peu. D’autres expéditions sont prévues à Huntingdon. Si dérapage il y avait, Gendron en serait le coupable.

La seule chose que le mépris de Gendron a réussi à obtenir, c’est de mettre fin à la relative paix linguistique au Québec.

D’une manière assez tordue, on pourrait le remercier. Il est plus que temps de relancer le débat linguistique, de renforcer la Loi 101 et de mettre fin aux privilèges indus de la minorité la plus choyée au monde.

Si l’ignorance et l’anglomanie de Stéphane Gendron peuvent servir à quelque chose, c’est à ça.

Qu’attendons-nous pour enfin devenir une nation normale et mature, fière d’elle-même et n’ayant pas besoin de se mettre à genoux devant sa toute-puissante minorité pour exister ? Qu’attendons-nous pour réellement faire de notre langue nationale… une langue nationale ?

Nous sommes la diversité sur ce continent et nous avons le droit d’exister.

Ce ne sont pas les mensonges de Gendron, sa haine ou son désir d’éradiquer tout un peuple en s’attaquant à sa loi la plus fondamentale qui nous en empêcheront.

Comment s’opposer à Stéphane Gendron sans se fatiguer
12 mars 2012

Stéphane Gendron est un traître. Y a-t-il un autre mot pour le décrire ? Traiter la Loi 101 de raciste, alors que c’est la seule loi qui nous sépare de l’anglicisation, alors que son adoption en 1977 a permis d’assurer un futur en français aux générations qui suivent et de mettre fin à l’intégration en anglais de 90% des immigrants, constitue un acte de trahison envers tous les Québécois. Oui, bien sûr, il démontre son ignorance quand il traite de raciste un aménagement linguistique beaucoup plus faible que ce qui se fait ailleurs dans le monde, mais cela ne l’empêche pas d’être une nuisance et de contribuer à renforcer la position de l’anglais dans une ville qui assimile déjà ses francophones à une hauteur de 7%.

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Question : comment s’opposer à Stéphane Gendron et lui enlever le soutien dont il semble jouir dans sa municipalité ? Très simple : il faut opposer les commerçants locaux (qui aspirent à la tranquillité et aux bonnes affaires) à Stéphane Gendron. Même si Gendron a déjà annoncé son départ prochain de la mairie de Huntingdon, cela contribuerait à lui enlever le soutien dont il a besoin pour être une telle nuisance.

Voici de quelle façon on peut couper ce soutien :

  1. Il faut faire des plaintes à l’Office québécois de la langue française (OQLF). Beaucoup de plaintes. Et pour la moindre virgule de travers. Vous allez à Huntingdon avec un appareil photo, vous prenez des photos ; vous allez dans les commerces et vous notez. Vous ratissez la ville de long en large. Par la suite, envoyer la plainte à l’OQLF est très facile et cela peut même se faire par courriel.
  2. Il faut envoyer une lettre au commerçant à propos duquel on a fait une plainte. Dans cette lettre, polie, on lui explique simplement qu’il peut remercier Stéphane Gendron pour cette plainte et que c’est grâce aux propos de Stéphane Gendron qu’il devra rendre des comptes à l’OQLF.
  3. Vous mettez la photo ou les informations des commerces récalcitrants en ligne. Une page Facebook très intéressante intitulée Pour que Huntingdon respecte la Loi 101 a été créée à cet effet.

Pas plus compliqué que cela. On lance le message suivant aux citoyens de Huntingdon : « Vous voulez avoir la paix ? Remettez votre maire à sa place et forcez-le à se rétracter. »

Un ami a commencé à faire des plaintes. Il m’a envoyé une carte indiquant, en rouge, les rues visitées (cliquer sur l’image pour l’agrandir). Il est suggéré de revisiter périodiquement ces zones, mais ce sont surtout les endroits qui n’ont pas encore été visités qui devraient l’être le plus rapidement possible.

Comment être certain que cette stratégie fonctionne ?

Regardez ceci :

Gendron commence déjà à sentir la soupe chaude. Il SAIT que les plaintes ont commencé à affluer et il est possible que des commerçants l’ait déjà contacté à ce propos.

Notons au passage qu’il est assez cocasse que des citoyens soucieux de faire respecter les lois se fassent traiter de talibans. On se demande si le maire Gendron traite de taliban le policier qui l’arrête pour excès de vitesse au volant de sa mustang ou s’il traite de taliban le citoyen qui dénonce un parent battant son enfant. Il semble qu’au-delà de l’ignorance crasse de Stéphane Gendron à propos des aménagements linguistiques dans le monde, celui-ci aurait également de la difficulté avec le respect des lois.

Cela est particulièrement drôle quand on y pense. D’un côté, Gendron veut se battre à mort contre une loi et traite de talibans ceux qui veulent qu’on applique les lois. De l’autre, il pleure comme une madeleine et crie à l’intimidation quand des Québécois se lèvent contre sa sottise.

C’est quoi son truc, dites-moi ? Fuck les lois… sauf si c’est à son avantage ? Une loi est bonne quand elle protège Stéphane Gendron et une autre loi est mauvaise parce que Stéphane Gendron est en désaccord ? Louis XIV, Gendron, même combat !

Chacun de nous, Québécois, pouvons faire notre part contre Stéphane Gendron. Il suffit d’avoir un appareil photo et un moyen de transport. Il est non seulement possible, mais également un devoir de contribuer à faire respecter la Loi 101 à Huntingdon et de mettre fin à l’anglicisation de nos concitoyens, victimes d’un maire anglomane semblant préférer flatter son narcissisme devant les médias que de travailler à protéger les lois au cœur de sa petite ville, un patelin en décroissance constante depuis qu’il est à sa tête.

Nous aurions tort de croire que la cause n’est pas importante parce qu’elle concerne une petite municipalité en région. Tout est question de symbole et quand Gendron insulte la loi fondamentale du Québec français, il doit en subir les conséquences. Nous devons, collectivement, relever la tête et ne pas accepter de se laisser mépriser par la première carpette venue.

Qu’attendons-nous pour ratisser sa ville et montrer à ses citoyens qu’ils feraient mieux de tourner le dos rapidement et définitivement à l’ère Gendron ?

Huntingdon : les francophones se font assimiler !
7 mars 2012

Un ami m’a fait part d’une communication personnelle qu’il a eue avec Stéphane Gendron, maire de Huntingdon. Voici la réponse de Gendron à une requête lui demandant de respecter la langue nationale des Québécois :

Sincèrement, la solution de la ville fonctionne et ne vous enlève rien personnellement. […] Ca fait quand même presque 200 ans que l’on fonctionne comme ça. Alors pourquoi cesser?

Pourquoi cesser ? Parce que ça ne fonctionne pas du tout.

Population de langue maternelle, de langue d’usage française et assimilation des locuteurs français à une autre langue, Huntingdon, de 1996 à 2006.
Langue maternelle Langue d’usage Assimilation brute Taux d’assimilation
1996 1 548 1 435 -113 -7,3%
2001 1 488 1 395 -93 -6,2%
2006 1 450 1 350 -100 -6,9%

Source : Statistique Canada

N’en déplaise aux divagations du maire de la municipalité, la situation ne va pas du tout. Alors que la langue nationale, officielle et commune des Québécois est le français depuis 1977, sa ville assimile les francophones. Des individus ayant le français comme langue maternelle choisissent de laisser tomber cette langue au cours de leur vie à Huntingdon.

À l’inverse, la situation des anglophones est fort enviable. Non seulement l’ensemble de l’assimilation des francophones se fait à leur profit, mais la différence entre les données d’assimilation des francophones et de l’intégration des anglophones s’explique par une intégration quasi-exclusive des immigrants à l’anglais.

Population de langue maternelle, de langue d’usage anglaise et intégration des locuteurs d’autres langues à la langue anglaise, Huntingdon, de 1996 à 2006.
Langue maternelle Langue d’usage Intégration brute Taux d’intégration
1996 1 063 1 205 143 13,4%
2001 1 018 1 170 153 15,0%
2006 1 000 1 150 150 15,0%

Source : Statistique Canada

En clair, quand Stéphane Gendron affirme que la situation fonctionne, et que son mépris de la Loi 101 n’a pas de conséquences, il ment. Les données sont éloquentes : les francophones de Huntingdon sont victimes d’une assimilation vers l’anglais. Ce taux d’assimilation atteint près de 7% en 2006, soit seulement 2% de moins que le taux d’assimilation des francophones du Nouveau-Brunswick. Personne, évidemment, n’aurait l’idée de suggérer que la situation des francophones se porte bien dans cette province.

Ce n’est donc pas l’anglais qu’il faut protéger à Huntingdon. Cette langue se porte très bien et il y a encore près de 400 habitants de Huntingdon qui ne comprennent pas un seul mot de français, merci à la politique de bilinguisme forcé imposée par la ville. Huntingdon encourage le repli sur soi des anglophones et favorise l’intégration des immigrants non pas dans la langue nationale, comme cela devrait être le cas et est la normalité partout dans le monde, mais dans la langue de la minorité.

Il est inacceptable de laisser un médiocre roitelet comme Gendron mépriser ainsi la loi la plus fondamentale des Québécois, la seule qui les sépare d’une assimilation à plus grande échelle.

Si Gendron croit qu’il n’y a pas de problème, cela prouve une de deux choses : ou bien il n’a rien à foutre de la langue des Québécois, ou bien c’est un maire misérable et totalement ignorant de ce qui se passe dans sa ville.

Dans les deux cas, c’est un incompétent et son départ annoncé de la vie politique constitue une bonne nouvelle non seulement pour ceux des nôtres qui subissent l’assimilation à Huntingdon, mais pour l’ensemble des Québécois dont la langue est plus menacée que jamais, précisément à cause d’un anglomane comme lui.


Je vous invite à vous joindre à cette page Facebook, qui suggère un pèlerinage à Huntingdon, avec un appareil photo dans une main et un paquet de formulaires de plaintes à l’OQLF dans l’autre…

Stéphane Gendron est un ignare (1ère partie)
6 mars 2012

Ça m’étonne toujours. Même trente-cinq ans après l’entrée en vigueur de la Loi 101, il se trouve toujours des gens pour affirmer que le fait de fonctionner, au Québec, dans la langue des Québécois, est raciste. Stupéfiant. Les arguments apportés par Stéphane Gendron et le conseil municipal d’Huntingdon qu’il a mis à sa botte sont encore plus surréalistes.

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Par exemple, Huntingdon affirme qu’elle n’a pas à se conformer à la loi parce que le« gouvernement pratique lui-même une politique de bilinguisme ». On dirait un enfant qui se lamente de sa punition en affirmant que son petit voisin a fait bien pire. Oui, le gouvernement du Québec a largement bilinguisé ses services ; ce n’est pas une raison pour faire la même chose. Cette anglicisation que nous impose le gouvernement Charest est elle-même réfutée dans de nombreux cas : on n’a qu’à penser au registraire des entreprises et à la CSST, à qui l’Office québécois de la langue française (OQLF) demande maintenant de servir les entreprises dans la langue nationale. Qu’on se comprenne : le fait que le gouvernement manque de respect à la langue nationale des Québécois ne peut pas constituer une justification à faire la même chose au niveau municipal !

Autre argument bidon : la Loi 101 serait raciste parce qu’elle ne pourrait pas servir les citoyens « dans la langue de leur choix ». Ne trouvez-vous pas cela d’une stupidité innommable ? Depuis quand le fait de s’adresser aux citoyens dans la langue nationale constitue-t-il du racisme ? Est-ce que les États-Unis sont racistes parce qu’ils s’adressent à leurs citoyens en anglais ? Est-ce que la Wallonie, en Belgique, est raciste parce qu’elle s’adresse à ses citoyens en français ? Est-ce que les cantons germanophones de Suisse sont racistes parce qu’ils s’adressent à leurs citoyens en allemand ? Est-ce que la Russie est raciste parce qu’elle s’adresse à ses citoyens en Russe ? Est-ce l’État associé d’Aland, en Finlande, est raciste parce que tout s’y fait en suédois ?

Quelle connerie monumentale !

En fait, on pourrait dire que c’est Stéphane Gendron lui-même qui est raciste selon cette définition. Le profil des communautés 2006 de Statistique Canada nous apprend que 75 des 2525 habitants de Huntingdon ont une langue maternelle autre que le français et l’anglais. Pourquoi la ville ne communique-t-elle pas avec ces citoyens en russe, en arabe, en espagnol, ou dans la langue de ces gens ? Pourquoi se contenter du français ou de l’anglais ?

Dit autrement : en quoi le fait de s’adresser à ces gens en français seulement serait du racisme, mais de le faire en français et en anglais ne le serait pas ? Dans les deux cas, on s’adresserait à ceux-ci dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle. Pourquoi l’utilisation d’une seule langue non-maternelle serait raciste, mais l’usage de deux ne le serait pas ?

La vérité, c’est qu’il existe un vieux fond raciste à Huntingdon. Ce n’est pas la Loi 101 qui en soit l’expression, mais plutôt ce refus obstiné, borné, haineux, d’une partie de la population de fonctionner dans la langue normale, officielle et nationale des Québécois. Ces vieux racistes, qui ont trouvé dans un colonisé comme Stéphane Gendron l’expression de leur haine à l’égard des Québécois, sont un obstacle au vivre-ensemble non seulement à Huntingdon, mais également dans l’ensemble du Québec.

Les accusations de racisme ne devraient pas être prises à la légère. Voici pourquoi j’invite M. Gendron à dénoncer les pays et nations suivants pour leur « racisme ». Pourquoi se contenter du Québec ? Voici d’autres coupables de racisme :

  1. Suisse : Jura, Neuchâtel, Vaud, Genève. Ces quatre cantons francophones, dans une Suisse majoritairement germanophone, n’offrent aucun service en allemand à leurs citoyens. Tout s’y fait en français. Quel racisme  !
  2. Californie. L’article 3 de la Constitution californienne de 1989 a consacré l’anglais comme seule langue officielle de l’État de la Californie. Racisme !
  3. Nouveau-Mexique : Les 14,5% d’hispanophones nés dans cet État n’ont pratiquement aucun droit, aucun réseau d’éducation, aucun accès à la justice ou à la santé dans leur langue. Par contre, les 5,6% d’anglophones dans la même situation au Québec ont accès à tout ceci et même davantage.  Racisme, racisme !
  4. Slovaquie : La minorité hongroise formant 11% de la population n’a pas accès à des services universitaires dans sa langue. Quel racisme !
  5. Lettonie : On force la minorité russe à apprendre le letton dans les écoles et à suivre près de 60% de leurs cours  en letton. Hitler, sors de ce corps !
  6. France : La loi Toubon oblige l’affiche en français. Racisme !
  7. Belgique : Les citoyens de langue maternelle française n’ont aucun service en français dans toute la partie flamande du pays. Racisme, racisme !
  8. Îles Féroé : Ces îles appartenant au Danemark, fonctionnent quasi-exclusivement en féroïen et les citoyens de langue danoise n’ont pour ainsi dire pas de services dans leur langue. Racisme, racisme, racisme !!

Si Stéphane Gendron avait les yeux un peu moins centrés sur son propre nombril, il verrait que c’est une normalité MONDIALE que de fonctionner dans la langue nationale. Même des nations vivant au sein de pays ayant une autre langue majoritaire imposent leur langue pour assurer la survie de celle-ci et une meilleure cohésion sociale.

Ainsi, si Gendron et ses larbins du conseil municipal de Huntingdon désirent s’opposer à ce qu’ils perçoivent comme du racisme, qu’ils aient au moins l’honnêteté de le faire à tous les niveaux. Qu’ils organisent une coalition internationale contre le racisme. Qu’ils fassent la leçon à l’ensemble de la planète, eux qui se pensent si supérieurement brillants.

Quand Gendron et ses porte-valises adoptent la victimisation des anglophones vivant au Québec, ils participent à une œuvre de destruction de l’intelligence. Ils méprisent l’ensemble des aménagements linguistiques dans le monde. Ils adoptent une vision ethnocentrique et renfermée typique de la minorité anglophone du Québec, tellement centrée sur elle-même qu’elle ne se rend pas compte à quel point la Loi 101 est une loi linguistique FAIBLE en comparaison de ce qui se fait ailleurs.

Aucune minorité linguistique sur CETTE PLANÈTE ne jouit d’autant de droits que la minorité de langue anglaise du Québec. Celle-ci est assise sur des institutions d’éducation sur-financées, sur un service de justice dans sa langue, sur des hôpitaux sur-financés. Et voilà – NOM DE DIEU DE NOM DE DIEU – qu’elle serait victime de racisme parce que la ville de Huntingdon lui annoncerait la fermeture de l’aréna municipal à 21h00 plutôt qu’à 9 P.M.

Cette insulte à l’intelligence d’une minorité de bébés gâtés ayant coopté un maire en mal de narcissisme médiatique doit être remise dans son contexte : il s’agit du cri du cœur désespéré de Rhodésiens jouissant des plus grands privilèges sur cette Terre et désirant en obtenir encore davantage.

Cette formidable farce doit se terminer.

Il y a une langue commune, officielle et rassembleuse au Québec : c’est le français. Nous avons autant le droit d’imposer notre langue chez nous que toutes les nations sur cette planète le font chez eux. Nous avons même LE DEVOIR de le faire, et ainsi de participer à l’intégration des minorités et à la cohésion sociale.

La Loi 101 est la plus grande des lois anti-racisme. Elle s’oppose à cette séculaire haine anti-québécoise qui, par le pouvoir de l’argent d’une minorité anglophone repue et extrémiste, réussit à se payer des carpettes comme le maire Gendron pour nous forcer à nous mettre à genoux et à renier la seule Loi qui nous sépare du précipice de l’assimilation.

Dans les prochaines semaines, je vais aller à Huntingdon avec une caméra à la main et un formulaire de plainte à l’OQLF dans l’autre.

Je vous invite à faire la même chose.

Mettons fin au racisme anti-québécois : appliquons la Loi 101 ! Que dis-je ? Renforçons-la !

Et mettons un point final à la carrière d’un idéologue anglomane et ignare comme Gendron.



Vous pouvez lire la seconde partie en cliquant sur ce lien.

L’accouplement des ignares
16 février 2012

« Les élèves ne se préoccupaient guère de problèmes nationaux; en fait, ils ne savaient pas qu’il en existait. Ils n’étaient chez eux que dans la partie anglaise de Montréal; par suite de ce que tout le monde leur disait, leur patrie n’était pas le Canada mais l’Empire britannique. »

-Hugh McLennan, parlant de l’attitude des anglophones montréalais de la première moitié du vingtième siècle.

Dans un pays normalement constitué, les extrémistes restent en marge de la société, largement ignorés par une population ayant confiance dans ce qu’elle est et n’ayant pas besoin de participer aux divagations d’êtres intrinsèquement perturbés.

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Dans la nôtre, cependant, on donne un micro à un Stéphane Gendron, qui affirme « qu’à force de focuser (sic) sur l’insécurité linguistique, le Québec s’est appauvri et l’Ontario – qui a dit oui à l’immigration et à la diversité – a fini par nous doubler au passage ». Dans la nôtre, des dizaines de Québécois participent à un blogue raciste et haineux intitulé No Dogs or Anglophones et qui parle de la soi-disant discrimination des anglophones, un concept qui devrait faire rire n’importe quelle personne le moindrement politisée.

Au-delà de notre « insécurité linguistique » nous faisant accepter des discours complètements débiles comme s’ils étaient crédibles, c’est bien parce que nous sommes souvent ignorants de notre propre réalité d’un peuple colonisé que nous tolérons de telles choses. Les anglophones du Québec sont la minorité jouissant des meilleurs privilèges AU MONDE, mais nous l’ignorons parce que les anglophones, repliés sur eux-mêmes et centrés sur leurs petits problèmes, ont fixé le débat sur leurs droits plutôt que sur les nôtres.

L’ignorance au service des anglomanes

Si notre ignorance constitue l’arme des anglomanes, c’est donc dire que la connaissance en constitue l’antidote. S’il faut dénoncer chaque mensonge, faisons-le.

Dans le cas de Gendron, il reprend à son compte un vieil argument des anglophones selon lesquels ce serait la Loi 101 qui serait responsable du déclin du Québec. N’importe quel historien, pourtant, soulignerait à juste titre que le déclin du Québec en tant que première puissance du Canada a eu lieu au cours de la première moitié du vingtième siècle, au même moment où l’est américain perdait son influence au profit des zones plus à l’ouest. C’était à un moment où l’anglais était partout et où les Québécois étaient très dociles et anglicisés que Montréal a perdu son statut de métropole du pays au profit de Toronto. C’était également bien avant la Révolution tranquille que l’Ontario est devenue le véritable moteur du Canada. Affirmer qu’il y a un lien entre la Loi 101 et le déclin du Québec constitue un mensonge éhonté. En fait, on pourrait même affirmer le contraire : la Loi 101 a forcé des entreprises à s’établir au Québec pour recruter des employés francophones comprenant le marché québécois.

De la même manière, quand le raciste tenant la page No Dogs or Anglophones cite Jefferson en suggérant de désobéir à une Loi 101 qui serait profondément injuste, il ne fait qu’honorer la mémoire de ses ancêtres, ces vieux bourgeois de Westmount à l’univers intellectuel s’arrêtant à peu près où commençait l’est de Montréal. S’il avait le moindrement d’éducation ou de connaissances sur le monde, il saurait que la grande majorité des pays et des nations de ce monde ont des lois linguistiques et que la Loi 101 est relativement faible en comparaison de celles-ci. S’il n’était pas à ce point reclus dans ce fantasme du pauvre opprimé anglophone, ne disposant que de 98% de l’Amérique du Nord – le pauvre ! – il pourrait parler de la loi Toubon en France, qui garantit la présence de la langue française, il pourrait parler de l’anglais obligatoire dans le système électoral américain, il pourrait parler de l’absence totale de services en allemand dans de nombreux cantons suisses, du système scolaire slovaque qui n’offre pas le moindre service universitaire à sa minorité linguistique deux fois supérieure proportionnellement aux anglophones du Québec, il pourrait parler de l’État associé d’Åland, qui appartient à la Finlande mais où tout se fait en suédois, il pourrait parler de la Belgique, il pourrait parler des Îles Féroé… Mais non ! Trop compliqué, trop loin ! Mieux vaut se plaindre le ventre plein, assis sur des institutions anglaises croulant sous les subventions et se plaindre des méchants Québécois qui demandent – NOM DE DIEU DE NOM DE DIEU – d’avoir le droit d’exister.

L’écho que trouve les paroles débiles et profondément aliénantes des extrémistes anglomanes au sein d’une partie de la population québécoise témoigne de notre échec à rendre la Révolution tranquille permanente. Nous avons obtenu des droits, mais plutôt que d’en assurer la pérennité par une éducation nationale faisant état des réalités linguistiques dans le monde, nous avons légiféré en croyant que tout était réglé. Au même moment, on déracinait l’éducation nationale, préférant former de parfaits petits affairistes égoïstes plutôt que des citoyens ouverts sur la réalité de la pluralité du monde et sur la nécessité de protéger cette pluralité en défendant notre langue menacée.

Pendant les années soixante et soixante-dix, nous avons récolté les fruits de décennies, voire de siècles de combats pour notre survie. Plutôt que de continuer la lutte, de l’achever, nous avons préféré déraciner nous-mêmes la plante qui a mis si long à pousser dans un sol aride. Et nous observons, l’air béat, quelques ignares d’en face, accouplés aux ignares de chez nous, tenter d’engendrer une race de super-ignares aussi désespérément abrutie qu’eux.

S’il y a bien une seule loi que nous avons besoin non pas d’affaiblir mais de renforcer, c’est bien la Loi 101. S’il fallait seulement boucher ses trous et la rendre égale à ce qui se fait ailleurs dans le monde, nous n’aurions alors d’autre choix que de mettre fin au sur-financement des institutions de langue anglaise. Nous pourrions enfin mettre un terme à cette fantastique farce que constitue le 29% du financement universitaire pour des services à une minorité historique formant 5,6% de la population.

Il nous faudrait également aller plus loin et reconnaître que l’égalité législative avec ce qui se fait ailleurs sur cette planète est insuffisante ; elle ne correspond pas à l’ampleur de la menace qui pèse sur nous.

Il nous faudrait alors agir comme de nombreux peuples et de nombreuses nations, indépendants ou non, et mettre un terme au financement de services dans une langue étrangère. La collectivité québécoise devrait enfin fonctionner dans la langue des Québécois de la même manière que les collectivités autour du monde fonctionnent dans leurs langues respectives.

Le seul prérequis : une révolution. Pas dans la rue, mais dans nos têtes. Commencer par réapprendre ce que nous avons oublié à trop écouter les les extrémistes anglophones ou les lavettes identitaires comme Gendron : nous avons le droit d’exister et nous avons le droit de prendre les mesures nécessaires pour assurer cette existence.

Ce n’est pas gagné.

L’accouplement des ignares
16 février 2012

« Les élèves ne se préoccupaient guère de problèmes nationaux; en fait, ils ne savaient pas qu’il en existait. Ils n’étaient chez eux que dans la partie anglaise de Montréal; par suite de ce que tout le monde leur disait, leur patrie n’était pas le Canada mais l’Empire britannique. »

-Hugh McLennan, parlant de l’attitude des anglophones montréalais de la première moitié du vingtième siècle.

Dans un pays normalement constitué, les extrémistes restent en marge de la société, largement ignorés par une population ayant confiance dans ce qu’elle est et n’ayant pas besoin de participer aux divagations d’êtres intrinsèquement perturbés.

Source de l’image

Dans la nôtre, cependant, on donne un micro à un Stéphane Gendron, qui affirme « qu’à force de focuser (sic) sur l’insécurité linguistique, le Québec s’est appauvri et l’Ontario – qui a dit oui à l’immigration et à la diversité – a fini par nous doubler au passage ». Dans la nôtre, des dizaines de Québécois participent à un blogue raciste et haineux intitulé No Dogs or Anglophones et qui parle de la soi-disant discrimination des anglophones, un concept qui devrait faire rire n’importe quelle personne le moindrement politisée.

Au-delà de notre « insécurité linguistique » nous faisant accepter des discours complètements débiles comme s’ils étaient crédibles, c’est bien parce que nous sommes souvent ignorants de notre propre réalité d’un peuple colonisé que nous tolérons de telles choses. Les anglophones du Québec sont la minorité jouissant des meilleurs privilèges AU MONDE, mais nous l’ignorons parce que les anglophones, repliés sur eux-mêmes et centrés sur leurs petits problèmes, ont fixé le débat sur leurs droits plutôt que sur les nôtres.

L’ignorance au service des anglomanes

Si notre ignorance constitue l’arme des anglomanes, c’est donc dire que la connaissance en constitue l’antidote. S’il faut dénoncer chaque mensonge, faisons-le.

Dans le cas de Gendron, il reprend à son compte un vieil argument des anglophones selon lesquels ce serait la Loi 101 qui serait responsable du déclin du Québec. N’importe quel historien, pourtant, soulignerait à juste titre que le déclin du Québec en tant que première puissance du Canada a eu lieu au cours de la première moitié du vingtième siècle, au même moment où l’est américain perdait son influence au profit des zones plus à l’ouest. C’était à un moment où l’anglais était partout et où les Québécois étaient très dociles et anglicisés que Montréal a perdu son statut de métropole du pays au profit de Toronto. C’était également bien avant la Révolution tranquille que l’Ontario est devenue le véritable moteur du Canada. Affirmer qu’il y a un lien entre la Loi 101 et le déclin du Québec constitue un mensonge éhonté. En fait, on pourrait même affirmer le contraire : la Loi 101 a forcé des entreprises à s’établir au Québec pour recruter des employés francophones comprenant le marché québécois.

De la même manière, quand le raciste tenant la page No Dogs or Anglophones cite Jefferson en suggérant de désobéir à une Loi 101 qui serait profondément injuste, il ne fait qu’honorer la mémoire de ses ancêtres, ces vieux bourgeois de Westmount à l’univers intellectuel s’arrêtant à peu près où commençait l’est de Montréal. S’il avait le moindrement d’éducation ou de connaissances sur le monde, il saurait que la grande majorité des pays et des nations de ce monde ont des lois linguistiques et que la Loi 101 est relativement faible en comparaison de celles-ci. S’il n’était pas à ce point reclus dans ce fantasme du pauvre opprimé anglophone, ne disposant que de 98% de l’Amérique du Nord – le pauvre ! – il pourrait parler de la loi Toubon en France, qui garantit la présence de la langue française, il pourrait parler de l’anglais obligatoire dans le système électoral américain, il pourrait parler de l’absence totale de services en allemand dans de nombreux cantons suisses, du système scolaire slovaque qui n’offre pas le moindre service universitaire à sa minorité linguistique deux fois supérieure proportionnellement aux anglophones du Québec, il pourrait parler de l’État associé d’Åland, qui appartient à la Finlande mais où tout se fait en suédois, il pourrait parler de la Belgique, il pourrait parler des Îles Féroé… Mais non ! Trop compliqué, trop loin ! Mieux vaut se plaindre le ventre plein, assis sur des institutions anglaises croulant sous les subventions et se plaindre des méchants Québécois qui demandent – NOM DE DIEU DE NOM DE DIEU – d’avoir le droit d’exister.

L’écho que trouve les paroles débiles et profondément aliénantes des extrémistes anglomanes au sein d’une partie de la population québécoise témoigne de notre échec à rendre la Révolution tranquille permanente. Nous avons obtenu des droits, mais plutôt que d’en assurer la pérennité par une éducation nationale faisant état des réalités linguistiques dans le monde, nous avons légiféré en croyant que tout était réglé. Au même moment, on déracinait l’éducation nationale, préférant former de parfaits petits affairistes égoïstes plutôt que des citoyens ouverts sur la réalité de la pluralité du monde et sur la nécessité de protéger cette pluralité en défendant notre langue menacée.

Pendant les années soixante et soixante-dix, nous avons récolté les fruits de décennies, voire de siècles de combats pour notre survie. Plutôt que de continuer la lutte, de l’achever, nous avons préféré déraciner nous-mêmes la plante qui a mis si long à pousser dans un sol aride. Et nous observons, l’air béat, quelques ignares d’en face, accouplés aux ignares de chez nous, tenter d’engendrer une race de super-ignares aussi désespérément abrutie qu’eux.

S’il y a bien une seule loi que nous avons besoin non pas d’affaiblir mais de renforcer, c’est bien la Loi 101. S’il fallait seulement boucher ses trous et la rendre égale à ce qui se fait ailleurs dans le monde, nous n’aurions alors d’autre choix que de mettre fin au sur-financement des institutions de langue anglaise. Nous pourrions enfin mettre un terme à cette fantastique farce que constitue le 29% du financement universitaire pour des services à une minorité historique formant 5,6% de la population.

Il nous faudrait également aller plus loin et reconnaître que l’égalité législative avec ce qui se fait ailleurs sur cette planète est insuffisante ; elle ne correspond pas à l’ampleur de la menace qui pèse sur nous.

Il nous faudrait alors agir comme de nombreux peuples et de nombreuses nations, indépendants ou non, et mettre un terme au financement de services dans une langue étrangère. La collectivité québécoise devrait enfin fonctionner dans la langue des Québécois de la même manière que les collectivités autour du monde fonctionnent dans leurs langues respectives.

Le seul prérequis : une révolution. Pas dans la rue, mais dans nos têtes. Commencer par réapprendre ce que nous avons oublié à trop écouter les les extrémistes anglophones ou les lavettes identitaires comme Gendron : nous avons le droit d’exister et nous avons le droit de prendre les mesures nécessaires pour assurer cette existence.

Ce n’est pas gagné.