La résistance, de Duceppe à Royal
23 mars 2010

Le Québec est-il encore colonisé? Plusieurs auraient envie d’affirmer que cette époque où nous étions infériorisés, où nous laissions les Anglais définir ce que nous étions – évidemment des méchants racistes, et peu importe si nos institutions étaient plus ouvertes aux Juifs et aux étrangers que les leurs -, que cette époque est révolue. Ils ont tort. L’unanimité des partis politiques et de la presse anglophone à dénoncer les propos de « résistance » de Gilles Duceppe démontre, encore une fois, à quel point nous sommes loin d’être un peuple mature, que nous n’avons pas encore conquis la plus grande des libertés: celle de nous définir nous-mêmes.

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Qu’a donc dit Duceppe de si terrible, lors de la célébration des vingt ans du Bloc Québécois, pour mériter l’opprobre général des anglophones? Il a affirmé: « Pour le moment, nous sommes des résistants. Mais les résistants d’hier seront les vainqueurs de demain. » Le mot résistance, a immédiatement affirmé Lawrence Cannon, ferait référence à la résistance française contre les nazis, ce qui impliquerait que le Bloc Québécois traiterait le Canada de naziste. Logique tordue, ne trouvez-vous pas?

Or, puisqu’il est question de résistance française, pourquoi ne pas regarder le discours de Ségolène Royal, cheffe du Parti Socialiste, après les élections régionales? La même journée, à quelques heures d’intervalle:

J’avais appelé dimanche dernier à un vote d’espérance; vous avez répondu. Le vote d’aujourd’hui montre que notre capacité de résistance a été reconnue.

Voilà. Quand Gilles Duceppe parle de résistance, on en fait tout un plat, mais si une politicienne française – dans un pays ayant effectivement subi le joug nazi – utilise le même mot, dans un contexte semblable, aucun problème. Comme une lettre à la poste, affirme le dicton. Qu’on parle de résistance contre le Canada, et les insultes pleuvent; qu’on parle de résistance contre les politiques de Sarkozy, et tout va bien. Vous y comprenez quelque chose?

En fait, la différence est de taille: la France constitue un pays sûr de son identité, ayant pris possession de son histoire et ne laissant ni le passé ni les autres définir sa nature-propre. En France, on est Français, on a le droit d’être Français, et on a le droit de s’exprimer en tant que Français. Et si vous n’êtes pas d’accord, et bien lâchez-moi les baskets.

Au Québec, par contre, il y a toujours cet infect relent de culpabilité qui rode, cette honte qui brise la fenêtre et s’immisce dans la chambre à coucher pour troubler notre endormissement. On nous a tellement affirmé que nous étions mauvais de vouloir seulement exister qu’on a fini par le croire. Non seulement on nous enlève la capacité d’espérer voir nos valeurs et notre langue se perpétuer dans le temps en nous enchaînant dans ce Canada, tombeau des francophones, mais on ajoute l’insulte à l’injure en nous empêchant de même imaginer qu’il puisse être possible de résister à cet état de fait. Pire: ce sont des ministres québécois, issus de notre propre peuple, qui se font les hérauts des culpabilisateurs qui, dans leurs fantasmes, considèrent leur mission civilisatrice à l’égard des barbares québécois comme étant la chose la plus humaine à faire. Le Québec, résister au rouleau-compresseur identitaire canadien, vous voulez rire?

François-Albert Angers, ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, économiste et un des plus grands nationalistes du vingtième siècle, a bien expliqué ce phénomène:

Les « Canadians » […] croient que nous sommes un peuple dégénéré et que l’état de notre langue est la preuve de notre décadence. Cette attitude est normale. Les colonisateurs ne pouvant fonder leur occupation sur la justice, s’appuient sur un sentiment de supériorité. Ils croient que le peuple dominé a besoin de lui, que, privé de sa présence, il sombrerait dans l’anarchie et la pauvreté. ((ANGER, François-Albert, Les droits du français au Québec, Éditions du Jour, 1971, p. 133 ))

Comprenez. Les ministres canadiens qui blâment Duceppe pour avoir parlé de « résistance » ne se sentent pas le moins du monde mal à l’aise avec l’idée que Ségolène Royal puisse, pratiquement au même moment, utiliser la même expression en France. Non, non… C’est que NOUS, petit peuple inférieur, avons besoin de la compassion canadienne; nous avons besoin d’être ramenés dans le droit chemin. Nous sommes le mal, nous portons en nous tous les germes des pires cataclysmes infernaux des quatre cavaliers de l’Apocalypse du nationalisme, et c’est avec tendresse, presque bienveillance, que le pays qui est responsable de notre quasi-disparition nous couve de son amour incestueux et réprimande nos élites comme on s’adresse à un enfant. C’est cela la leçon: nous sommes le mal, et les Canadiens-anglais vont nous protéger de nous-mêmes.

Dans une autre société, on rirait un bon coup en écoutant les propos de Cannon et de ses émules qui, lorsqu’il est question du Québec, font front commun contre l’identité québécoise. On se dirait: « non, mais quels idiots » et on changerait de poste. Mais nous ne sommes pas une autre société, et celle-ci, après 250 ans de culpabilisation identitaire, tend l’oreille, répercute toutes les stupidités de ceux qui, au quotidien, participent au génocide culturel des francophones du Canada. En France, par exemple, avez-vous lu un seul chroniqueur blâmer Ségolène Royal pour son appel à la résistance? Non. Seulement au Québec, évidemment. Nous sommes tellement mauvais intrinsèquement. C’est à se demander comment nous pouvons même souhaiter survivre.

Signe des temps, Duceppe a persisté et signé. C’est tout à son honneur. Il y a dix ou quinze ans, il se serait peut-être confondu en excuses et en explications boiteuses. Mais les temps changent. Lentement, mais fermement, les Québécois relèvent la tête et réalisent qu’ils ont non seulement le droit d’exister, mais qu’ils peuvent, qu’ils doivent s’opposer à ceux qui les en empêchent.

La résistance, pour beaucoup de Québécois, elle se vit au quotidien, dans des villes, des entreprises, des écoles où leur langue et leur culture sont devenues des éléments folkloriques. Qu’un politicien se lève et reconnaisse publiquement que nous avons le droit de résister, voilà qui fait grand bien et apporte un fragile baume sur la plaie béante de notre propre aliénation.

Duceppe a parlé; qu’il agisse maintenant!

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Les intérêts de Sarkozy
19 octobre 2008

Quel petit peuple nous sommes, non? Je revois encore cette conférence de presse caricaturale de Nicolas Sarkozy, venu en coup de vent saluer ceux qu’il considère sûrement comme de loyaux sujets, où ce dernier ventait les mérites d’un Canada uni et s’en prenait presque aux journalistes pour leurs questions un peu trop pointues. Cet homme est une vraie contrefaçon de marionnette de cirque. On le regarde et on se plaît à s’imaginer qu’un tel fantoche aux mains de l’artiste aurait eu l’air trop grossier pour être présenté devant public.

Néanmoins, le simpliste personnage possède une certaine intelligence. Il est un très bon ami de Paul Desmarais, après tout, ce milliardaire trempé dans le pétrole albertain (et possédant La Presse, entre autres) et dont il affirme que ce dernier l’a aidé à se faire élire président de la République française: « Si je suis aujourd’hui président de la République, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et la fidélité de Paul Desmarais ». Il sait où sont ses intérêts et ceux de ses amis. Car si l’affaiblissement de ce qu’il reste du mouvement souverainiste (merci madame Marois!) risque de profiter aux Conservateurs et donc à la Power Corporation de Desmarais, il y a d’autres intérêts en jeu.

En effet, comme le note Parizeau, il y a la question du nucléaire derrière tout ceci. Et bizarrement, le lendemain de l’intervention de Parizeau sortait cette nouvelle d’une possible privatisation partielle d’Énergie Atomique du Canada Limitée (EACL).

Mais que manque-t-il donc au puzzle pour que tout s’explique?

Réponse: Areva.

Cette compagnie, numéro un mondial de la production nucléaire et contrôlée à près de 95% par l’État français, se place en bonne position pour obtenir le contrat du nucléaire au Canada. En outre, Sarkozy essaie de la fusionner avec Alstom et Bouygues pour en faire un véritable colosse qui serait plus à même d’obtenir des contrats à l’étranger, dont au Canada. Et au fait, qui est le directeur d’Areva Canada? Armand Laferrère, qui outre le fait d’être un lobbyiste pro-israélien est un ancien conseiller du président Sarkozy et a déjà signifié l’intérêt de sa firme de devenir actionnaire de EACL.

Et que se passe-t-il donc par la suite? Hé oui! Sarkozy, qui contrôle de fait Areva, vient faire un beau discours sur l’unité nationale permettant à Stephen Harper de se mettre en valeur (et ainsi donner un coup de pouce aux entreprises de Paul Desmarais qui profitent du boom pétrolier albertain) et deux jours plus tard on confirme que AECL risque d’être partiellement privatisée.

La suite de l’histoire pour bientôt: Areva va devenir actionnaire de EACL.

Tout va pour le mieux dans le monde des puissants et pendant que nous nous obstinons à savoir comment redistribuer ce qu’il reste de notre maigre tarte, nous attaquant les uns les autres, eux ils se sauvent avec notre richesse collective et se la sépare entre copains.

Ce sont des gens comme ceux-là qui font que le monde va aussi mal.

AJOUT:Pendant ce temps, je rêve d’un grand chef pour le Parti Québécois, un qui est capable de se lever debout et de dire « Sarkozy, mêle-toi de tes affaires vieux bouc! » au lieu de faire le dos rond et de s’avilir à vouloir démontrer que l’indépendance du Québec (dont elle ne parle plus du tout) serait un projet inclusif (mot vide) et non pas une simple division (concept vide). Je l’ai déjà écrit et je le répète: Pauline Marois fait partie du problème au PQ, pas de la solution.

Ingrid Bétancourt: un échec… pour les Colombiens!
2 juillet 2008

On entend ses enfants féliciter Sarkozy, on parle de « succès » dans les médias. Excusez-moi, mais ça faisait six ans qu’elle était retenue prisonnière. Six ans, six ans! Et d’autres otages (il me semble qu’ils sont aussi importants qu’elle, non?) y étaient depuis dix ans! Peut-on réellement parler de succès alors que ça a pris tant de temps?

Si on n’avait pas considéré les FARC comme étant des interlocuteurs valables; si Chavez n’avait pas entrepris de négocier, rien ne ce serait produit. C’est précisément parce qu’on a cessé de les considérer – à tort – comme des terroristes et qu’on a compris les revendications politiques que les choses ont bougé. On dit qu’on a localisé les otages avec une technologie israélienne (tiens, tiens…), mais la vérité c’est qu’on a pu tromper la vigilance des gardes seulement à cause du chaos causé par la mort de deux des chefs de la guérilla, qui ont voulu « négocier »… et qu’on a bernés.

Sarkozy se met le doigt dans l’oeil en parlant des FARC comme d’un combat moyennageux. Au contraire, leur combat est plus que moderne, même si on ne peut approuver la violence, face à ce fou furieux de petit dictateur qu’est Uribe, financé et armé par les malades mentaux qui sont au pouvoir à Washington.

Au lieu de rejeter les FARC, il faudrait plutà´t comprendre leur message et se débarasser d’Uribe une bonne fois pour toute. La Colombie devrait ensuite suivre la voie vénézuelienne et se doter d’une social-démocratie moderne et indépendante des intérêts carnassiers de Washington.

Sauf que… Sauf que ça risque d’être difficile. On s’est moqué des FARC, on les a forcé à sortir de la jungle pour négocier, et on a agi traîtreusement en les ciblant par la suite. Je crains fort que la prochaine fois ils ne seront pas aussi naà¯fs, qu’ils rejetteront la négociation et redoubleront d’ardeur et de violence. Au lieu de négocier avec les FARC, on les a trompé et la Colombie en paiera le prix plus tard.

Une réussite? Pas du tout. Seulement une aggravation du problème et le triste constat que six ans plus tard c’est toujours la même chose…

Je suis heureux pour Mme. Bétancourt et les autres otages, mais je suis triste de penser à ces millions de Colombiens qui souffrent sous un gouvernement fantoche à la solde des États-Unis et qui vivent une parade de démocratie au quotidien. Et pour eux, c’est un triste échec qui ne fera que donner un semblant de crédibilité à ce criminel.

Sarkozy a-t-il échappé à un attentat?
28 juin 2008


Contrairement aux apparences d’ouverture et de démocratie affichées par l’élite israélienne, Israà«l est un pays qui semble de plus en plus contrà´lé par une minorité de fanatiques, prêts à tuer quiconque ne partagent pas leur vision patriotique du pays. Ces gens qui ont tué Yitzhak Rabin en 1995, alors que celui-ci tentait de signer la paix avec les Palestiniens. Ou encore ces mêmes gens qui ont appuyé Ariel Sharon, qui ont fait la guerre, et qui sont pour l’ouverture de nouvelles colonies en territoire palestinien. Bref, tous ces gens qui s’opposent à la paix.

Le président français, Nicolas Sarkozy, a livré un message devant la Knesset (assemblée israélienne) où il prà´nait la division de Jérusalem et la création d’un État palestinien y établissant sa capitale. Lors de son départ, un soldat israélien se serait apparemment « suicidé ».

Par contre, ce blogueur note à quel point ce « suicide » est étrange. S’appuyant sur un article très étoffé du journal tunisien Le Quotidien, qui se base sur des sources russes, il explique que Sarkozy aurait échappé à un attentat et qu’il semblerait que le « suicidé » aurait dans les faits été abattu alors qu’il s’apprêtait à tirer sur le président français.

Un autre blogueur se questionne également:

La version officielle dit qu’au moment où Sarkozy et ses hà´tes commencent à se serrer les mains devant les caméras, un soldat appartenant depuis des années à une unité d’élite de gardes-frontières se dit d’un coup : “il est bien temps de me tuer”.

Et juste au moment où il était en parfaite position à quelques dizaines de mètres de la cérémonie, bien posté sur un toit, les hommes politiques parfaitement dans son collimateur … il se tire une balle !

En plus, il n’a pas uniquement choisi “le bon moment pour mourir”, mais, il a pris la peine de tourner sur le toit et de se suicider face à la garde partenaire” et à deux femmes soldats qui se sont évanouies. Ces deux femmes soldats, entraînées à vivre les plus odieux des actes terroristes et que le sens du devoir empêche de montrer leurs sentiments s’évanouissent d’un coup laissant libre cours à plusieurs interrogations : avaient-elles imaginé des scénarios terrifiants si elles se décident à ouvrir la bouche et à raconter les faits, il n’y a rien de concluant…

Le scénario joué par la presse est en aucune manière digne de confiance. Une chose est sûre : ce n’est pas encore fini.” »

Et comme le note avec justesse ce blogueur, on a mené une importante simulation de sauvetage d’un avion victime d’une opération terroriste le lendemain. N’est-ce pas là un excellent moyen de camoufler les preuves? Comme c’est utile. C’est presque aussi beau et poétique que les quatre simulations de détournement d’avions qui ont eu lieu le 11 septembre 2001 (assurant que les avions du NORAD seraient le plus loin possible de New York) et l’exercice au port de New York de la FEMA prévu… le 12 septembre 2001.

Moi je dis qu’il y a un qualificatif qui va à merveille à ceux qui croient à toutes les conneries relayées par les médias officiels: adeptes de la théorie des coà¯ncidences.