Le vide
22 avril 2012

On dit que la politique a horreur du vide. À toute idée doit finir par correspondre un parti, un mouvement, une action. Je regarde la pluralité des points de vue dans l’élection présidentielle française, et je vois un peuple qui occupe ses espaces vides, qui discute, qui oppose des idées novatrices. Rien à voir avec le Québec.

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Le Québec a la folie du centre. Signe d’un peuple historiquement tissé serré, nous avons peur de nous éloigner du consensus. Le résultat ? Nos partis politiques sont sans saveur, sans couleur, ils représentent tout et leur contraire à la fois.

S’il y a un vide à combler, en ce moment, c’est bien celui de la gauche économique et de la droite des valeurs, pour citer le leitmotiv d’Égalité et Réconciliation. En ce moment, les seuls partis de la gauche économique sont également à genoux devant les minorités et le multiculturalisme. Inversement, les partis de droite sont à genoux devant le patronat et le mondialisme.

Aucune force ne semble être en mesure d’émerger pour embrasser à la fois la cause nationale et celle des travailleurs. L’idée-même de cette union sacrée est au mieux ignorée, au pire ridiculisée. Cette nécessité d’une troisième voie entre un capitalisme sauvage transnational et une gauche économique ayant peur de s’enraciner dans l’identité de chaque peuple est de plus en plus urgente, mais le vide continue, continue, continue.

Avoir peur d’avoir peur

Je crois que cette peur de remplir le vide vient de cette incapacité historique que nous avons de confronter les dogmes qui nous affligent. Nous ne sommes pas capables de relever la tête franchement. Nous avons appris à exister sur la pointe des pieds, confondant notre mollesse à de la modération.

Combien de ces partis ni-oui-ni-non devrons-nous créer avant d’oser combler le vide ?

Prenons un parti marginal comme Option nationale, par exemple. Je connais plusieurs personnes qui fondaient de grands espoirs dans celui-ci. Dès le début, je les ai prévenus : ce parti ne changera rien. Il est composé d’anglomanes, sa plate-forme est floue et il n’assume pas pleinement la lutte nationale. Aujourd’hui, on apprend notamment que le candidat du parti dans Crémazie a déjà publié un texte en faveur d’une hausse (!) de l’immigration.

Le vide n’est pas comblé. Il est encore à être comblé.

Parallèlement, je regarde un mouvement sectaire comme le RRQ. Celui-ci a organisé hier une activité avec un groupe innu intitulé « InnuPower », contre le Plan Nord. Un groupe de soi-disant résistants qui s’allie avec une organisation ne respectant même pas la langue nationale des Québécois, ça commence mal. Mais que dire de l’idéologie derrière tout ceci ? En reconnaissant la présence d’une nation innue au Québec, le RRQ ne participe-t-il pas à la marginalisation de la nation québécoise et à l’éventuelle partition du nord du Québec, une partition déjà bien commencée ?

Le vide n’est pas comblé. Il est encore à être comblé.

On pourrait également parler de Québec Solidaire, qui se rapproche de plus en plus du NPD, et dont le chef a déjà affirmé être contre la Loi 101 au cégep. Un parti de la gauche économique mais qui a complètement embrassé le multiculturalisme et la fragmentation identitaire.

Le vide n’est pas comblé. Il est encore à être comblé.

Je suis en attente. J’attends un mouvement, un parti résolument nationaliste, francophile, au service de la nation québécoise de Sherbrooke à Kuujjuaq, qui ne ferait pas le moindre compromis sur la langue nationale. J’attends un mouvement, un parti résolument de la gauche économique, au service des travailleurs et de leurs organisations syndicales, et qui refuserait tout compromis face au patronat.

J’attends toujours.

Parce que nous avons peur de nous assumer.

Merci
8 décembre 2011

Ce projet a maintenant cinq ans. C’était en décembre 2006 que j’avais commencé à préparer mon premier blogue. Le nom n’est pas important; j’ai même perdu les textes. C’est en janvier suivant que j’ai commencé le blogue « Un homme en colère », sur la plateforme blogspot. Quelques mois plus tard, je créais uhec.net (UHEC = un homme en colère), qui connut pas mal de succès à une époque où les blogues avaient la cote; j’avais plusieurs collaborateurs, et ceci rendait le blogue très vivant. Un an plus tard, au printemps 2008, je déménageais à nouveau en créant le blogue « Le dernier québécois ». À l’automne, je créais « L’électron libre ». Puis, finalement, début 2009, « ledernierquebecois.wordpress.com ».

C’est l’heure du bilan.

Voici une série de questions-réponses. C’est plus simple, ou original, qu’un long texte narratif.

Question: Quel genre d’articles as-tu été le plus fier d’écrire?

Réponse: Sans aucun doute la série sur le sur-financement des institutions de langue anglaise. C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à écrire un livre sur le sujet, qui sera éventuellement publié (je l’espère). J’ai aussi des textes faisant état de l’anglicisation de Montréal, de Laval, et faisant des liens entre les résultats des élections et la langue des locuteurs. En général, tous les textes qui impliquaient de la recherche statistique m’ont rendu très fier.

Q: Quel genre d’articles as-tu été le moins fier d’écrire?

R: Les histoires de règlements de compte avec le RRQ. Ça devait être fait, mais ce n’était pas glorieux. J’aurais aimé ne jamais avoir eu à m’abaisser à un mouvement de fond de ruelle comme celui-là. Ceci dit, il faut toujours terminer ce qui a été commencé. Le Réseau de résistance du Québecois (RRQ) est une organisation profondément nuisible pour le Québec. J’aurais simplement aimé ne pas avoir à l’écrire; j’aurais aimé croire que les Québécois étaient assez intelligents pour tourner le dos à des groupuscules qui toléreraient ou prôneraient, selon certains, l’intimidation, le harcèlement et servant strictement de faire-valoir à un gourou qui, dans sa Gaspésie, vit la grosse vie avec la vente d’une foule de babioles inutiles qui font croire à certains Québécois naïfs qu’ils aident la cause quand ils gaspillent en fait leur argent dans le trou noir sans fond de l’égo d’un groupe d’apparence proto-fasciste faisant davantage partie du problème que de la solution. Mon blogue a généralement été bien au-dessus de tout ce qu’a pu faire ce groupe sectaire depuis le début de son existence, ce qui, avouons-le, n’est pas difficile à battre. Il m’a suffi d’analyser les faits, de proposer des réflexions pertinentes, d’ouvrir les esprits, là où la bande de traîtres du RRQ n’a proposé que préjugés et vieux discours, s’appropriant au passage le travail et les réussites des autres.

Q: Ce sont des mots très durs. Peux-tu nuancer ton opinion?

R: Toute réussite est collective. Quand un groupe revendique en son nom les victoires collectives, il nuit à l’ensemble de la collectivité. En 2009, par exemple, Bourgeois s’était pété les bretelles comme quoi c’était grâce au RRQ que le prince Charles avait dû passer près des poubelles… Bullshit! J’y étais, et il y avait de nombreux groupes, dont la SSJB, dont le MPIQ, dont des membres et officiers du PQ et de simples citoyens, beaucoup de simples citoyens et d’autres encore, et la plus belle banderole était de la SSJB (à l’époque l’organisme n’était pas encore le prolongement de l’égo de Patrick Bourgeois). Le RRQ n’était qu’un des groupes, mais il s’est accaparé le mérite. Il a fait la même chose dans l’histoire de la reconstitution de la bataille des Plaines d’Abraham. Ce groupe sert son image et seulement son image. Il méprise les initiatives qui viennent d’autrui et s’invente sa propre mythologie. C’est typique des mouvements sectaires. Le RRQ n’est pas une organisation patriotiques, c’est une secte qui ne s’assume pas. La meilleure chose qui pourrait arriver au mouvement indépendantiste serait le démantèlement du RRQ. Ce serait une grande journée pour les Québécois, qui pourraient enfin militer dans des groupes honnêtes n’ayant pas besoin d’agir dans l’ombre pour faire progresser notre cause. NOTRE cause. Pas celle du RRQ.

Q: Pourquoi parler publiquement des actions nuisibles du RRQ et ne pas régler ça en privé?

R: Contre un mouvement qui vit dans l’ombre, il faut la lumière. Si je tentais de tout régler en privé, je serais comme eux. C’est PRÉCISÉMENT la magouille et les manœuvres cachées qui sont la cause du problème actuel. On n’arrive pas à se réinventer parce qu’il y a toujours des voyous tapis dans l’ombre à attendre le moment de brûler sur la place publique quiconque diverge de « LA » pensée orthodoxe. C’est le totalitarisme de la pensée avant celui des faits. Je ne peux même plus compter le nombre de militants indépendantistes crucifiés publiquement par Patrick Bourgeois sur sa page Facebook ou ailleurs (ce dont on m’a parlé en privé). Jamais sur les idées, toujours sur la personne. Je crois que c’est notre grosse différence: moi je critique les idées; lui il s’en prend à la nature des gens. C’est peut-être pour ça que son regroupement ressemble de plus en plus à une garderie d’adolescents prépubères; à cet âge on croit souvent que l’intimidation, c’est viril.

Q: Malgré cela, ton blogue t’a-t-il permis de vivre des expériences positives?

R: Plusieurs! Je suis passé à de nombreuses reprises à la télévision et à la radio, et j’ai pu travailler à la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) pendant un an. J’ai également pu faire mes preuves en rédigeant un mémoire de grande qualité pour Impératif français, le groupe pour lequel j’ai le plus de respect, à vrai dire. Et j’ai appris, dernièrement, à mieux comprendre la nature profonde du peuple québécois. Un grand peuple, mais un peuple qui vit tellement dans la peur et qui se sent si fragile qu’il en vient à tolérer l’intolérable. Ça s’applique notamment aux accommodements déraisonnables, et de même qu’à une certaine façon d’occuper la place publique par certains groupes.

Q: Pourquoi n’as-tu pas cessé de bloguer quand tu es entré à la SSJB?

R: À l’époque, je voyais la SSJB comme un tremplin. Faut dire: ça a été une diminution de salaire pour mois la SSJB, et ça a été très difficile de travailler dans un climat où j’avais souvent l’impression de courir après le travail et où les initiatives personnelles étaient rarement encouragées. C’est pour cette raison que j’ai gardé le blogue: j’espérais que ça me mène ailleurs. Je n’étais pas très heureux à la SSJB et plusieurs de ses administrateurs n’aimaient pas mon blogue, notamment Robert Comeau, parce que j’avais critiqué Le Devoir. C’est à ce moment aussi que j’ai eu mes premiers conflits avec le RRQ, parce qu’eux me voyaient comme le représentant de la SSJB et moi je désirais conserver mon indépendance et mon droit de dire que je pensais que leur mouvement était tout à fait merdique et nuisible, ce que je pense toujours (même si j’ai tenté de leur donner une chance, alors qu’ils ont volé mon argent… c’est une autre histoire). Tout ça pour dire qu’au moment de renouveler mon contrat avec la SSJB, je voulais juste garder le contact, faire peut-être 4-5 heures par semaine max., et que la SSJB cherchait plus quelqu’un à temps plein, et, bref, on s’est laissé d’un commun accord.

Q: Pourquoi avoir écrit un livre après avoir quitté la SSJB?

R: En quittant la SSJB, j’ai réalisé que le blogue était un médium qui ne me permettait pas de m’exprimer librement. J’ai donc décidé d’écrire mon livre à ce moment. J’ai eu un peu d’aide de la part de la SSJB, mais je leur ai fourni des données en échange. J’attends toujours d’être publié. J’ai des données exclusives.

Q: Pourquoi ce nouveau conflit avec le RRQ, dernièrement?

R: Le RRQ me reprochait souvent de ne pas être dans l’action. Ça me faisait un peu rire, considérant que je milite depuis l’âge de 16 ans et que j’étais dans des mouvements socialistes ou nationalistes avant même le cégep (j’ai même été candidat aux élections provinciales de 1998, sous la bannière du Parti de la démocratie socialiste, ancêtre de Québec Solidaire), mais toujours est-il que j’ai commencé à m’impliquer davantage, dernièrement, notamment en coorganisant une manifestation au mois d’octobre dernier. Carl Contant, chef de section du RRQ dans Lanaudière, a tout fait pour empêcher cette manifestation. Insultes, harcèlement, intimidation. Il a fallu se faire accompagner par la milice parce que des participants avaient peur du RRQ. Ensuite, on a averti le RRQ du comportement de Carl Contant, et le RRQ n’a pas sévi.

Q: Ce devait être très frustrant, non?

R: Oui, très frustrant. Normalement, une organisation crédible se doit de sévir contre un officier qui intimide des gens, encore plus si ce sont des gens qui ont la même opinion politique. Par la suite, Carl Contant est allé encore plus loin, en me diffamant, en menaçant des amis, et le RRQ n’a toujours pas agi. C’est à ce moment que j’ai appris qu’il y aurait déjà eu des menaces de « cassage de jambes » contre un ancien officier du RRQ qui a quitté le mouvement aujourd’hui. Je ne peux pas en dire davantage, mais je peux dire que ce mouvement a perdu toute crédibilité à mes yeux.

Q: Pourquoi t’en être pris à la SSJB?

R: Il y a environ trois semaines, Mario Beaulieu, président de la SSJB, m’appelait à minuit pour me dire de me méfier du RRQ. Ça faisait déjà plusieurs personnes qui me disaient qu’il avait peur lui-même du pouvoir du RRQ. Je ne les croyais pas. Mais lors de cette conversation j’ai expliqué ce qu’avait fait Contant, je lui ai donné le lien vers la vidéo où Contant menace un autre indépendantiste, je lui ai dit que c’était inacceptable. Bref, lorsque j’ai vu que Contant était responsable de la sécurité lors de la manifestation du Mouvement Montréal français, le premier décembre dernier, j’ai compris que ce n’était plus Mario Beaulieu qui était en charge de la SSJB. On dirait que c’est le RRQ qui contrôle le jeu maintenant. J’ai d’abord écrit à Beaulieu pour lui dire en privé ce que je pensais de son geste (surtout quelques jours après le suicide d’une jeune fille victime d’intimidation), mais il ne m’a pas répondu. C’est pourquoi j’ai publié l’histoire six jours plus tard, après avoir laissé beaucoup de temps à M. Beaulieu pour qu’il explique son geste.

Q: Crois-tu que le Mouvement Montréal français a perdu de la crédibilité dans cette histoire?

R: Un peu, oui. Il devient de plus en plus apparent que ce mouvement n’est qu’une façade et que les forces à l’œuvre derrière cette façade ont peut-être des objectifs nobles, mais elles ont des méthodes douteuses. Le fait de mettre un individu sous enquête policière pour menaces en charge de la sécurité (quel besoin de sécurité, au fait?) fait état d’une possible mainmise du RRQ sur le MMF et la SSJB. Le seul gagnant, dans cet histoire, est le RRQ. C’est typique des mouvements sectaires de devoir tirer les ficelles dans l’ombre. Il y a quelques personnes de quelques organisations reconsidérant leur appui à la SSJB qui m’ont demandé à voir la vidéo de Carl Contant. Ce fut fait. La vérité finit par être connue.

Q: Est-ce que le MMF peut s’amender?

R: Oui. Si la SSJB montre la porte au RRQ et dénonce publiquement les méthodes du RRQ. Gilles Duceppe, qui refusait de participer à tout événement où le RRQ pouvait se trouver, avait bien compris. La SSJB devrait s’en inspirer et refuser de participer, de financer ou d’appuyer toute initiative émanant de ce mouvement sectaire.

Q: Que répondrais-tu à ceux qui disent que tu cherches à diviser?

R: Je leur répondrais qu’ils n’ont rien compris. La force d’un mouvement ne vient pas de son unité forcée, coercitive, de gens qui marchent ensemble en se pinçant le nez. La force d’un mouvement vient de son appui populaire, et cet appui passe par un discours argumenté, cohérent, qui peut venir d’une multitude de partis ou de mouvements différents. Quand un mouvement comme le RRQ, par exemple, ou un individu comme Philippe Leclerc (l’anglomane/multiculturaliste d’Option nationale), décide ce qui doit constituer la vérité, et se permet de considérer comme extérieur au bien commun tout ce qui ne suit pas la ligne directrice, on obtient une marche forcée, précisément, qui est nuisible pour tous. Le RRQ – ou le PQ, en fait, ou la plupart des organisations en ce moment – est un mouvement non-organique, c’est-à-dire qu’il est incroyablement fragile. Il est aussi fragile qu’il a besoin de contrôler l’information. Québec Solidaire, au contraire, est un mouvement organique; le discours est très peu contrôlé et la base est plurielle. Je n’appuie pas davantage Québec Solidaire, mais je respecte tout de même un peu ce parti pour cette raison. En clair, la division ne vient pas du fait de se critiquer les uns les autres; la division vient de ceux qui veulent empêcher les critiques, qui considèrent le mouvement comme étant si fragile que toute critique risquerait de le détruire. Ce sont ces gens-là, le gros problème.

Q: Que répondrais-tu à ceux qui disent que tu es excessif?

R: Je suis excessif parce que je suis passionné. Je prends une idée, et je la pousse jusqu’à sa conséquence ultime. Les demi-mesures, pas pour moi. Je déteste ceux et celles qui croient à moitié. On croit ou on ne croit pas. J’ai cru alors je me suis donné à fond. Je ne crois plus alors j’arrête. C’est tout. Quand on est convaincu d’avoir raison, et quand on a des statistiques, des données, un argumentaire, des idées et tout un coffre à outils idéologique pour appuyer cette conviction, on fonce. Sinon, ce serait comme avoir une voiture sport de l’année et la laisser dans l’entrée. J’aime mieux foncer dans le tas parce que même si je ne me fais pas d’amis, au final ce sont mes idées qui triomphent. Peu de gens le savent, par exemple, mais c’est moi le premier qui a constaté l’anglicisation particulièrement rapide de Laval et qui a compilé ces données. Aujourd’hui, la cellule du RRQ prend l’essentiel de ce travail et se l’approprie; sauf que c’est correct. C’est comme ça. Les idées n’appartiennent à personne. Ce qui compte, ce n’est pas le véhicule. Ce qui compte, ce sont les idées. C’est ça que de nombreuses personnes ne comprennent pas. Pour vouloir être indépendant, il faut se questionner sur cette indépendance et faire le combat des IDÉES, pas celui de savoir si le véhicule doit être le Parti Québécois, Québec Solidaire ou Option nationale. Un mouvement qui tue les idées tue l’indépendance. Un mouvement qui se concentre uniquement sur le comment tue l’idée du pourquoi. Voilà d’ailleurs, en passant, une des raisons pour lesquelles je dis que le Parti Québécois et Option nationale se ressemblent beaucoup (trop).

Q: Tu crois que le RRQ tue l’idée d’indépendance?

R: Oui, exactement. Le RRQ est le pire ennemi de l’indépendance. En tuant les idées, en éliminant tous ceux qui ne pensent pas et ne font pas comme le voudrait la sainte-orthodoxie du bureau politique de l’organisation, on tue toute forme de remise en question, et donc de potentiel d’arrimage avec la population. En évacuant les idées, en ne faisant que petites stratégies sur petites stratégies (comme le putsch raté alors qu’on a tenté, il y a une ou deux semaines, de saborder le PQ-Laval pour le transférer vers Option nationale), on perd de vue les idées. On tue les idées. C’est typique des mouvements sectaires: on opère une forme de rupture avec le monde extérieur, non pas en s’isolant physiquement, mais en s’isolant intellectuellement. On part du principe qu’on a raison, mais le problème est que cette analyse se vérifie de moins en moins avec les faits. Qu’on me comprenne bien: je suis indépendantiste, je veux l’indépendance. Mais on est en 2011; on ne peut pas simplement parler du combat comme étant un combat contre les méchants fédéralistes, par exemple. Aujourd’hui, il faut se battre notamment contre le cartel bancaire et contre les organisations transnationales. Le RRQ tente bien, maladroitement, de rejoindre la population sur d’autres thèmes (notamment la corruption), mais ça n’a rien à voir, en réalité, avec l’indépendance. C’est une idée secondaire, un greffon sur un tronc malade parce qu’isolé intellectuellement depuis trop longtemps. Quand je pense au RRQ, je pense à une maison fermée. J’aurais envie d’entrer et d’ouvrir toutes les fenêtres.

Q: Que penses-tu de Patrick Bourgeois?

R: Le chanteur des B.B.? Bof.

Q: Hahaha. Tu sais ce que je veux dire.

R: Hey c’est mon entrevue alors je déconne si je veux! 😛 Je pense que Patrick Bourgeois constitue la pire nuisance du mouvement indépendantiste depuis des décennies. C’est un chevalier de l’ombre; il fait faire ses basses actions par ses sous-fifres, pendant qu’il vit grâce à quoi au fond… aux t-shirts du RRQ vendus 60$? Cet individu n’a jamais rien fait pour la cause; il détruit la cause. Il a créé un mouvement rigide, hiérarchique, sectaire, qui contrôle tout de la tête jusqu’à la base (et non l’inverse, comme ce serait le cas dans un mouvement sain) et qui décourage toute pensée divergeant de celle du « cheuf ». Son RRQ constitue un rassemblement d’individus dysfonctionnels à qui on fait croire qu’ils aident la cause indépendantiste parce qu’ils achètent une guenille à 35$ ou qu’ils boivent de la bière entre gros bras une fois par semaine. Le RRQ n’a jamais rien fait pour l’indépendance. Même quand il fait des actions, il met toujours sont logo avant son message. Le message du RRQ, c’est: RRQ.

Q: Pourquoi ne pas simplement ignorer le RRQ?

R: Ses membres sont partout! J’avais réussi à les ignorer tant bien que mal, mais c’est rendu difficile. Ils vivent pour les médias. Ils n’agissent que s’il n’y a des médias. Ce sont des vampires médiatiques. En ce moment, c’est assez bénin, mais un tel mouvement sectaire, s’il n’est pas arrêté, pourrait causer beaucoup de dommages à long terme.

Q: Est-ce que tu fermes ton blogue?

R: Oui. Non.

Q: ?

R: Je prends une pause. Je déménage.

Q: Est-ce que ça a quelque chose à voir avec le RRQ?

R: Pas du tout! J’avais annoncé mon désir d’arrêter il y a six mois, soit bien avant les plus récents conflits. Disons simplement que le RRQ a contribué à réduire mon désir de militantisme au minimum. Je suis juste… ben tanné. Je ne vois plus l’intérêt de continuer. Ça fait cinq ans; j’ai fait le tour. Tout recommence. C’est toujours la même chose: Montréal s’anglicise, les riches sont plus riches, les pauvres plus pauvres, le PQ est dans la merde. Y a rien qui a changé en cinq ans. Y a rien qui va changer. Les Québécois veulent disparaître. C’est ce que je crois maintenant. Se battre contre une montagne, quand on regarde à sa gauche et qu’on voit des ados attardés du RRQ et à sa droite une population à genoux. Non merci.

Q: Tu parles beaucoup du RRQ, pourtant, pour quelqu’un qui veut les ignorer et qui dit que ce sont des incapables.

R: Oui, je sais. Le RRQ représente, à mes yeux, l’essence de ce qui ne fonctionne pas. Je pourrais inclure d’autres groupes. Il y a trop de gens qui pensent que des partis mollassons comme le PQ et radicaux comme le RRQ constituent deux extrêmes. En fait, ce sont deux faces d’une même médaille, soit celle des magouilles, des manœuvres cachées et de la peur des débats publics. Le PQ de Pauline Marois ressemble beaucoup au RRQ de Patrick Bourgeois; c’est d’ailleurs typique des organisations dirigées d’en haut. Le fait que je parle du RRQ exprime, à mes yeux, un problème plus fondamental, soit, comme je l’ai dit plus haut, la peur séculaire du peuple québécois de ne pas être à la hauteur, et cette crainte irrationnelle de croire que de faire les débats en public de ou se critiquer constructivement pourrait mener à notre affaiblissement. Marois, Bourgeois, ont la même peur, au fond: perdre leur petit piédestal. Toute critique contre leurs organisations respectives est une critique du chef. Toute dissidence est éliminée. Je parle du RRQ parce que je connais mieux le RRQ que le PQ. J’ai reçu des dizaines (bon, ok, neuf ou dix personnes différentes) de courriels ou de messages au cours des dernières semaines me donnant de l’information à propos d’actions nuisibles de la part du RRQ (je garde ces informations comme un « Joker » si jamais le RRQ s’en prenait à moi). La tentative de détourner le PQ-Laval vers Option nationale ne constitue que la pointe de l’iceberg. L’idée, en bout de ligne, c’est que ces actions cachées nuisent à tout le monde. Si on veut embarquer la population, il faut ne pas avoir peur des débats publics et avancer à masque découvert. Sinon, tout est perdu.

Q: Crois-tu que le français va survivre?

R: Je le crois de moins en moins. Je crois de plus en plus que tout est fini. La population a accepté de disparaître. Les années soixante, c’était un dernier regain de vie dans une cause perdue. C’est trop d’énergie à dépenser, trop difficile. Je vais continuer à parler uniquement français sur le territoire du Québec, mais je vais le faire à titre personnel. Je me réserve le droit d’avoir un regain d’énergie, mais je crois que l’heure n’est plus à l’action. Il faut redevenir semeurs. Et, croyez-moi, la récolte est très très lointaine.

Q: Tu es défaitiste.

R: Oui. J’entrevois de gros changements économiques au cours de la prochaine décennie, ce qui conduira à une « simplification rapide » (effondrement) de la plupart des structures héritées de la Révolution tranquille. La Loi 101, déjà, n’existe plus qu’en façade. Les gens n’y croient plus. Ils ont baissé les bras. Et quand ils voient des voyous se proclamer patriotes, ils décrochent encore davantage.

Q: Te considères-tu comme un militant?

R: Non. Ce fut ma grosse erreur. Peut-être ma pire erreur. J’ai déjà milité, mais je ne suis pas un militant. Un militant, c’est quelqu’un qui se définit par son action. Un militant, c’est quelqu’un qui accepte de se laisser endoctriner par sa cause. Non. On peut militer, mais on n’est pas un militant. Quand on devient un militant, on est déjà sclérosé, on a déjà cessé de penser. Quand on est un militant, on ne remet plus rien en question et on fait l’inacceptable pour « la cause ». Moi, je suis un penseur. Quand la SSJB est venue me chercher, elle a cru que j’étais un militant. Je suis un militant dans la même mesure où Victor Lévy-Beaulieu peut être un militant (bien que celui-ci ait beaucoup plus de talent que moi). J’ai milité, mais sans cesser d’être un individu à part entière. Et ça, pour certains, c’est très dangereux.

Q: Combien de textes as-tu publiés?

R: 973, avec celui-ci. J’aurais bien aimé me rendre à 1000… Mais qu’est-ce que cela aurait changé?

Q: Combien de personnes ont visité ton blogue, en moyenne?

R: En 2007-2008, environ 400 personnes uniques par jour. En 2009, environ 600-700, avec des pointes à plus de 2000. En 2010-2011, environ 400 personnes.

* * *

Merci à ceux qui m’ont suivi depuis ces cinq dernières années. Je me suis fait beaucoup d’ennemis, mais quelques amis aussi. Et j’aime mieux être apprécié de quelques personnes qui en valent la peine que d’une masse d’imbéciles qui se pensent patriotes parce qu’ils vont harceler des maires francophones sur la rive-nord ou qui gaspillent leur argent pour payer le train de vie du cheuf ou un avion à 1000$ avec une banderole.

Le blogue est né, il a vécu, et il est temps de tourner la page.

Oh, je vais sûrement écrire encore. Je vais d’abord déménager mes textes ailleurs, au cours des prochains mois (mon abonnement se termine en février, je crois, et je n’ai plus les moyens de me réabonner). Je vais les laisser car il y a une foule d’informations utiles dans ceux-ci, notamment des statistiques et des résumés. Ensuite, je vais peut-être écrire, ou peut-être pas. Qui sait.

La leçon de base est qu’écrire constitue une œuvre de communication. On écrit quand on a quelque chose à dire. Il y en a qui en font un métier; on peut penser à un larbin comme Bock-Côté qui se fait le porte-parole de Péladeau et qui est bien récompensé (et rémunéré) malgré son absence totale de talent. Je ne voudrais pas devenir comme ça. On peut dire que je suis présomptueux, mais je trouve que j’ai trop de talent pour terminer comme un Bock-Côté, un Éric Duhaime, un Richard Martineau et autres cruches qui polluent la place publique. Ces gens sont les représentants du patronat. Ce sont des idiots utiles interchangeables. Ils n’ont rien à dire, ils n’ont pas de talent, et ils sont simplement récompensés parce qu’ils sont dociles. Non, ça ne m’intéresse pas.

Je crois que le vrai pouvoir se trouve dans les livres. On peut se servir de baudruches comme Bock-Côté ou Duhaime pour passer un message de propagande de droite très rapide et sans consistance, mais le livre, lui, travaille sur le fond des choses. Il nourrit une terre souvent stérile et il prépare la relève. En étant moins dans l’immédiat, dans la rétroactivité souveraine, il peut prendre le temps d’établir un discours cohérent, complexe, violent. On ne s’y perd pas en guerres de ci ou de ça comme sur un blogue. On ne se laisse pas affecter par le bruit de fond que constitue le quotidien.

L’idée, c’est de s’expatrier sans s’expatrier. Pas besoin de fuir comme un Sylvain Racine, par exemple, qui a fuit vers la Suède et qui se pense Grand Patriote parce qu’il pond un ou deux textes ordinaires sur Vigile une fois de temps en temps. Non, ça c’est la lâcheté.

Le livre, c’est l’expatriation imaginée, c’est le réel enraciné ici, mais qui s’ouvre au vrai en élargissant ses horizons, loin du babillage ambiant.

Donc, merci à ceux qui m’ont lu toutes ces années. Vous me relirez peut-être à un autre moment. Mais je n’ai plus d’énergie à perdre dans des guerres stériles.

La colère est piètre conseillère et la colère ne m’aide pas à réaliser ce que je veux réaliser. Je sais que ce texte lui-même comporte son lot de colère, mais j’ai tenté de l’exprimer le plus rationnellement possible, malgré la haine que je ressens pour certain mouvement. C’est mon baroud d’honneur, et je l’assume pleinement. C’est ma dernière bière avant la cure, ma dernière virée avant le mariage, choisissez l’image qui vous plaît. Je dis ce qu’il en est, et je passe à autre chose. Et si quelqu’un croit que j’invente quoi que ce soit, grand bien lui fasse.

J’ai dit la vérité, je me sens bien maintenant. Je passe à autre chose.

Avec ce blogue. Dans ma vie.

La page est tournée.

Ce n’est même pas un « au revoir ».

Simplement: à plus tard.

Quand, peut-être, j’aurai de nouveau la foi.

Aucun lien
8 décembre 2011

Il n’y a pas le moindre lien entre la colonne de gauche et celle de droite.

Je répète: pas le moindre lien.

Ce ne sont que des photos prises au hasard avec des définitions d’un mouvement sectaire tout aussi prises au hasard.

Il manque une photo, soit celle décrivant ce qui constituerait, dans un mouvement sectaire, la police interne chargée de sanctionner ceux qui ne disent pas comme l’orthodoxie officielle. Disons simplement qu’il aurait probablement été difficile de mettre une telle photo sans donner l’impression qu’un lien existerait entre les deux colonnes! 😉

Alors, je répète une dernière fois: aucun lien entre les deux colonnes. Simple juxtaposition d’images et de définitions.

Pur hasard.

Du moins, c’est ainsi que je l’interprète! 🙂

Source de l’image: NON AU RRQ

Carl Contant doit partir
11 novembre 2011

Dans un récent article, j’expliquais de quelle façon Carl Contant, chef de section du Réseau de résistance du Québécois (RRQ) dans Lanaudière, avait tenté de faire avorter une manifestation pour un renforcement de la Loi 101. Depuis que j’ai écrit cet article, M. Contant harcèle deux de mes amis qui ont également été témoins de ses méthodes et il a vraisemblablement demandé à ses amis du RRQ de me faire la vie dure.

Aujourd’hui, Carl Contant a décidé de poster une vidéo sur une page publique sur Facebook; puisqu’il l’a fait lui-même et que le site était ouvert à tous, je me sens justifié, légalement, de la montrer ici.

Après avoir vu cette vidéo, pouvez-vous me dire, sans rire, que cet individu devrait avoir le droit de diriger une section du RRQ? Qu’il devrait avoir le droit de représenter le RRQ?

Le bureau politique du RRQ doit mettre ses culottes et montrer la sortie à Carl Contant. On n’a pas plus le droit, quand on représente une organisation indépendantiste se voulant crédible, de chercher à faire dérailler une manifestation amie que de s’en prendre de cette manière et avec ces mots à des gens pour la simple raison qu’ils ont dénoncé l’intimidation dont ils ont été victimes.

Si Patrick Bourgeois veut montrer la crédibilité de son mouvement, il doit agir dès maintenant.

P.S. Je ne suis pas parfait moi non plus, mais je ne représente que moi-même et je ne tenterais pas d’empêcher une manifestation pour le français, pas plus que je ferais ce genre de vidéo diffamatoire.


AJOUT (12 novembre 2011): Une plainte a été déposée à la police contre Carl Contant pour menaces contre Renaud Léger. À suivre…

Les mensonges de Carlo Mosti
7 novembre 2011

Carlo Mosti est le directeur national du RRQ. Comme je l’indiquais dans ce texte, il a fait partie du groupe de dirigeants du RRQ qui aurait tenté d’intimider et de nuire à une manifestation en faveur de la Loi 101. Récidivant, il publiait aujourd’hui sur Facebook un texte rempli de mensonges. Je publie ici ses mensonges avec la vérité, par la suite.

* * *

Technique de propagande #1 : Marteler la même fausse idée jusqu’à temps qu’elle soit considérée comme vraie :

« Le RRQ a effectivement tenté de faire avorter une manifestation en faveur d’un renforcement de la Loi 101 »

« Le RRQ est un mouvement sectaire qui a perdu toute crédibilité »

« le RRQ a tenté d’empêcher une manifestation pour un renforcement de la Loi 101 »

« Mais ça ne change rien au fait que Guillaume Martin s’en soit pris à une manif pour un renforcement de la Loi 101 »

« es-tu confortable avec le fait qu’un chef de section du RRQ affirme qu’il va tenter de faire annuler une manif pour un renforcement de la Loi 101? »

« Un chef de section du RRQ qui intimide et tente d’empêcher une manifestation pour une Loi 101 plus forte. »

Ce n’est pas une fausse idée que d’affirmer que le RRQ a tenté d’empêcher et de nuire à une manifestation en faveur d’un renforcement de la Loi 101. J’ai déjà publié les commentaires haineux et d’intimidation de Carl Contant, et nous avons été plusieurs à être témoins de ceux de Carlo Mosti et, dans une moindre mesure, de l’opposition de Guillaume Martin. C’est une vérité tout à fait indéniable: qui pourrait s’opposer à une copie d’écran de l’intimidation de Contant, par exemple? Les preuves ont été étalées au grand jour.

Une organisation sérieuse se serait excusée pour les agissements de Contant et l’aurait sanctionné immédiatement plutôt que d’en rajouter.

Technique de propagande #2 : Utiliser la peur pour rallier le monde de son côté :

« un chef de section du RRQ a intimidé des militants, a fait des menaces, et qu’il a tout fait pour empêcher cette manif? »

« On a dû appeler la Milice pour nous protéger de l’intimidation du RRQ. »

Carl Contant a écrit: « mange dla marde tu veut pas arrange toi avec moé asteur bin hâte à cet manif j’aime ça dmemes (sic) ». Il a également écrit: « yen n’aura pâs de ta manif (sic) ». Et je ne parle pas d’autres paroles d’intimidation et de propos haineux contre les organisateurs et, disons-le, contre les militants.

Technique de propagande #3 : On présente un côté de la médaille :

Louis P. prétend que cette manif était un renforcement pour la loi 101, mais ne présente pas l’autre côté de la médaille, que cette manif est contre des individus. En quoi s’attaquer à des individus de moindre importance serait un renforcement de la loi 101???

Cette manifestation n’a jamais été contre des individus, mais contre leurs idées et pour les nôtres. Nous nous sommes servis de l’extrémisme de suprématistes anglophones pour rendre nos idées plus acceptables et nous avons sensibilisé nombre de citoyens quant à l’importance de mettre fin au sur-financement des institutions de langue anglaise. Nous avons fait signer plus de cinq pages d’une pétition pour le renforcement de la Loi 101, pétition que nous avons remis à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Nous avons même convaincu des Ontariens de signer, et une professeure de Concordia a parlé positivement de nos actions à ses élèves. Tout le monde n’a eut d’yeux que pour nous, et cela même si nous n’étions qu’une trentaine, conséquence d’une météo défavorable, de la présence de la deuxième journée d’Occupons Montréal et, disons-le franchement, de l’intimidation du RRQ contre cette manifestation.

Technique de propagande #4 : Rallier des personnes du camp adverse pour le déstabiliser et l’amener à son autodestruction :

Louis P. a mis en compétition l’apport à la cause entre Guillaume Martin et sa propre mère, ou encore entre 3 chroniqueurs du site du Québécois et le reste des chroniqueurs.

J’ai simplement souligné l’apport positif de la mère de Guillaume Martin à la cause grâce à un groupe Facebook que j’apprécie beaucoup et qui s’intitule « Francophonie-Québec ». J’ai également noté que Guillaume Martin se valorisait beaucoup comme un militant exemplaire mais qu’il est plus facile de trouver et de remplacer un programmeur que de remplacer des plumes talentueuses comme celles de Pierre-Luc Bégin, René Boulanger ou Bernard Desgagné.

Technique de propagande #5 : Donner l’impression qu’il n’est pas tout seul, mais qu’une multitude de personnes appuient ses idées et sa démarche :

« Des dizaines de militants ont été déçus par l’intimidation du RRQ. »

« Ah non, on a été plusieurs à en parler »

Plusieurs personnes à qui on a parlé par la suite se sont dissociés du texte Louis P…. Je suppose qu’ils avaient tous peur.

Beaucoup de gens ont peur du RRQ. Des gens associés au RRQ auraient déjà, selon certaines sources, attaqué un militant de la Milice patriotique du Québec. Quiconque n’est pas en accord avec l’orthodoxie du RRQ court d’abord un danger d’excommunication du mouvement (il devient un traître, un collabo, un agent du fédéral et autres conneries), mais plusieurs personnes préfèrent acheter la paix ou préfèrent éviter de parler publiquement des méthodes du RRQ de peur d’être ciblés.

Pourtant, les francophobes qui étaient présent à la manif du 16 oct étaient plutôt menaçants si on se fie à leur publication parkavenuegazette.com, qui ont publié à leur première manifestation contre la loi 101 de faire fusiller les tenants du français et de la loi 101. Pourtant, les dizaine de personnes qui se sont présentés à sa manif ont soudainement eu un regain de courage. Mais, soit disant intimidation de Carl Contant, qui se limite à la phrase « il n’y aura pas de manif » aurait infligé une peur bleue à la même gang. Denis Ratté y était à la manif du 16 oct. Il pourrait vous faire un compte-rendu.

Les militants suprématistes, et peu importe leurs idées dégueulasses et méprisantes, n’ont jamais menacé notre manifestation de quelque façon que ce soit. Ils s’y sont opposés, mais ils n’ont jamais affirmé que nous n’avions pas le droit de le faire. Le seul changement, depuis, est qu’ils organisent leurs manifestations haineuses en privé. Petite victoire, quand même.

Manon Arsenault qui est une militante de premier plan lorsqu’il s’agit de la langue française a été insulté par Louis P. ou un de ses acolytes (difficile à dire, ils utilisent plusieurs compte entre eux, on appelle ça la schizophrénie Facebookienne) parce qu’elle ne participait pas à SAAA manif.

Faux. J’ai simplement dit que le fait d’organiser une manifestation et de la laisser tomber à la dernière minute sans possibilité pour les gens de retrouver les personnes intéressées constituait une forme de trahison. Je ne considère pas cela comme étant une insulte; l’action était visée, pas la personne.

Guillaume Martin, Carl Contant et moi-même avons émis notre point de vue sur cette manif, qui disait essentiellement que la manif ne visait pas réellement le renforcement de la loi 101, mais plutôt à contrer Hugo Shebbeare et ses amis qui s’attaquent sporadiquement à la loi 101. Conséquemment, nous avons dit à plusieurs reprises à Renaud (surtout) et Louis que nous n’étions pas intéressés par cette manifestation. S’est suivi ensuite des harcèlements constants pour y participer, et notre refus était systématiquement essuyé d’une panoplies d’insultes loufoques.

Faux de A à Z. Renaud, moi et d’autres n’ont jamais harcelé qui que ce soit pour y participer. Nous aurions aimé que le RRQ y participe, mais Carl Contant était fâché parce que Renaud avait refusé de participer à sa manifestation contre la corruption et il a préféré faire du pipi-caca verbal plutôt que d’agir en personne digne représentante du titre qui devrait être le sien dans un mouvement crédible. Que le RRQ ne soit pas intéressé à participer à une manifestation pour un renforcement de la Loi 101, cela le regarde. Mais que Carl Contant, Carlo Mosti et Guillaume Martin viennent sur nos babillards et les inondent de propos opposés à celle-ci, avec des faussetés et des arguments ridicules, cela est autre chose.

Renaud Léger a tenté à plusieurs reprises d’avoir mon aide et celle du RRQ pour contrer Hugo Shebbeare alors qu’il était encore dans le RRQ. C’était devenu une histoire personnelle. Qui a embarqué qui dans cette aventure, Renaud qui a embarqué Louis ou vice-versa? Peu importe, cette histoire a pris des proportions gigantesques. C’est devenu un vrai vaudeville.

Renaud Léger a été sous enquête de la part de la police à cause de mensonges de Hugo Shebbeare, alors que Renaud Léger a levé le cul de sa chaise pour défendre notre langue pendant que Carlo Mosti avait le cul bien assis sur la sienne. Je crois que oui, il était normal qu’il s’attende à un peu plus d’appui de la part du RRQ. Mais la vérité qu’il a découverte, selon moi, c’est que le RRQ ne défend que son image, que ses activités et que les combats des autres Patriotes passent très très loin de lui tant que son image n’est pas attaquée. Renaud est un grand patriote parce qu’il s’est tenu debout au lieu de jouer les durs comme Carlo Mosti, bien assis derrière son ordinateur pendant que les autres agissent. Il ne suffit pas de s’habiller en RRQ de la tête aux pieds pour être un grand patriote. Renaud l’a prouvé et il fait partie d’une lignée de plus en plus longues de militants qui ont quitté le RRQ non pas à cause de ses militants (les militants du RRQ sont comme tous les autres militants: le cœur et l’âme de notre cause), mais à cause d’un mouvement mal dirigé et intransigeant à propos de ceux qui ne pensent pas comme lui.

Alors voilà, c’est ma version des faits. Vous avez le choix de croire qui vous voulez, c’est ma parole contre celle de Louis P. à ce stade-ci. Je n’ai pas de copie-collé de nos conversations comme Louis, je n’avais pas prémédité une attaque en règle de Louis P. contre moi et le RRQ par la suite. Je n’ai que le témoignage des personnes qui me lisent régulièrement, qui connaissent mon opinion et mon implication pour la cause. J’ai aussi le témoignage de toutes les personnes qui se sont fait attaquer par Louis depuis plus d’an.

Mon opinion personnelle de la situation, c’est que entre Renaud et Louis, un des deux a utilisé l’autre pour ses fins personnelles. C’est encore une fois une question d’égo. On alors c’est prémédité parce qu’il y a un agent agitateur dans le groupe. Ou encore, c’est de la bipolarité non traitée tout simplement. Mais ça reste une opinion basée sur de la spéculation. La seule chose que je sais, c’est que je n’ai ABSOLUMENT rien à me reprocher, et je n’ai pas, ni moi ni le reste du bureau politique du RRQ, d’ordre à recevoir de Louis pour infliger des sanctions. Moi je ne tords pas de bras pour participer à nos manifs et je ne tords pas de bras à personne pour rester au RRQ contre leur gré. Faites vos choix librement, moi j’ai fait le mien depuis longtemps et je ne déroge pas. NOUS VAINCRONS.

Nous vaicrons

Carlo Mosti aura beau répéter comme un mantra « Nous vaincrons », mais il ne vaincra rien du tout tant qu’il continuera à agir comme un enfant. En tant qu’individu, on peut se permettre ce genre de comportement, et votre humble serviteur l’a fait plus souvent qu’à son tour, mais quand on représente une organisation, on se doit de faire preuve de davantage de sérieux. Ce n’est pas « donner des ordres » au RRQ que de lui demander de sanctionner Carl Contant (et maintenant Carlo Mosti); c’est l’espoir que le RRQ constitue un mouvement sérieux n’acceptant pas que des membres en position de pouvoir dans son organisation tentent d’intimider d’autres militants ou de nuire à leurs manifestations.

Ce que je constate, c’est que cet espoir est de plus en plus vain: le RRQ ne donne pas l’impression qu’il va agir contre ces individus.

Et qui paie, ultimement? Les militants. Ceux qui sont dans le RRQ, car le mouvement perd de sa crédibilité. Et ceux qui n’y sont pas, parce qu’ils sont témoins de ces enfantillages.

Pour ma part, j’ai dit la vérité à ce propos et si j’y reviens, c’est parce qu’on m’y a interpellé.

Je ne me gênerai pas non plus pour continuer à critiquer le RRQ si j’ai envie de le faire, pas plus que je me gêne pour critiquer le gouvernement ou qui que ce soit d’autre.

On appelle cela la liberté d’expression.

Et ce qui fait foutrement peur, c’est de réaliser le peu d’attachement que porte le RRQ à cette liberté. Pour un mouvement qui se prétend de résistance et de libération, c’est très inquiétant.

* * *

À titre indicatif, voici quelques caractéristiques d’un mouvement sectaire.

  • Présence d’un chef charismatique autoritaire, de ses successeurs ou de ses représentants. Patrick Bourgeois, Carlo Mosti, etc.
  • Pressions sur les adeptes pour parvenir à une allégeance inconditionnelle. Ou bien on est avec le RRQ, ou bien on est contre. Pas de milieu.
  • Engagement pour un mode de vie, éventuellement par enfermement ou exil. Code vestimentaire pratiquement obligé, rencontres en cercles quasi-fermés.
  • Irréversibilité visée de cet engagement. On peut quitter le RRQ, mais si on le critique par la suite, on s’ouvre à toutes les attaques possibles.
  • Rupture des relations antérieures. Si le RRQ décide qu’un de vos anciens amis est un ennemi de « la » cause, on vous incite à lui tourner le dos.
  • Atteintes à l’intégrité physique. Menaces présumées, attaques physiques présumées (selon certains).
  • Procédés d’endoctrinement tels que [la] diabolisation de ce qui n’est pas le groupe, utilisation de sons, images ou propos répétés jusqu’à l’obsession, langage propre contribuant à isoler le groupe. L’utilisation abusive du logo du RRQ, devenant souvent plus important que le message lui-même. L’utilisation abusive du vocable « nous vaincrons ».

À titre indicatif seulement. Je ne dis pas que le RRQ est un mouvement sectaire car j’ai trop de respect pour les militants qui en sont membres. Ceci dit, il y a des dérives auxquelles il faut faire attention et la virulence des attaques de Carlo Mosti en constitue la preuve la plus concrète. J’invite tous les militants à entamer une réflexion sur ce qui doit constituer un mouvement certes radical, mais ouvert aux idées extérieures et mettant de l’avant la cause plutôt que son logo, son organisation ou son égo.

À mon avis, il y a déjà de nombreux mouvements de résistance crédibles au Québec, que ce soit la Société Saint-Jean-Baptiste, le Mouvement Québec français et ses regroupements régionaux, Impératif français et plusieurs autres. Le RRQ a sa place, mais qu’il ne commence pas à s’en prendre à ceux qui tentent de faire la leur en manifestant pour la défense de notre langue nationale.

Une autre action inutile signée RRQ
6 novembre 2011

Le Réseau de résistance du Québécois (RRQ) avait annoncé une « grande action » contre la corruption; on a encore eu droit à un pétard mouillé. Tout comme lorsqu’une simple banderole (1000$ de l’argent des militants) accrochée à un avion avait constitué une « action réussie » lors de la visite du prince l’été dernier, ou lorsqu’on a lancé du ketchup au visage du maire de Mascouche, le RRQ a la victoire facile. Hier, en occupant les bureaux très régionaux de SNC-Lavalin à Québec, le réseau a une fois de plus démontré à quel point il est déconnecté de la réalité québécoise.

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Le fantasme du RRQ est toujours le même: il existerait un réseau occulte, une « nébuleuse » de forces fédéralistes à l’œuvre au Québec et qui utiliseraient l’argent et la corruption pour affaiblir le mouvement indépendantiste. Cette pensée est à l’origine de la plupart des actions du RRQ. L’occupation de SNC-Lavalin, une entreprise ayant contribué massivement à la caisse du PLQ, constituait la suite logique d’une idée certes séduisante – il suffirait de détruire ce monstre caché pour réaliser l’indépendance – mais sans aucun fondement concret. Encore une fois, le RRQ se trompe de cible. Et encore une fois, après s’en être pris à un maire francophone, à des militants francophiles, c’est encore une fois à une entreprise québécoise qu’on s’en prend. Prochaine cible: Gilles Vigneault ou la Bottine Souriante?

Blague à part, l’idée directrice du RRQ est fausse et c’est ce qui contamine la plupart de ses actions. Ce n’est pas parce qu’existerait un réseau fédéraliste occulte qui manierait les médias à sa guise et dirigerait dans l’ombre nos destinées que l’idée d’indépendance ne lève pas. L’idée d’indépendance ne lève pas parce que la population y est indifférente; on ne lui a jamais appris ce que constitue réellement l’indépendance. Après des décennies de péquisteries où on parle de faire du Québec un pays pour mieux l’enchaîner aux accords internationaux ou pour utiliser la monnaie du pays d’à côté, tout en respectant scrupuleusement les privilèges de la minorité anglophone, on en est venu à considérer l’indépendance comme étant tout à fait interchangeable avec l’état actuel. En fait, plusieurs ne voient même pas en quoi l’indépendance représenterait une quelconque forme d’indépendance si on remplace un Canada mondialiste et culturellement asservi au dogme multiculturaliste par un Québec mondialiste tout aussi à genoux.

Le RRQ vit dans le passé. Le pouvoir qui nous opprime ne vient plus d’Ottawa, et à peine de Washington. L’Empire est partout; les banques ont pris le contrôle d’à peu près tous les pays, imposant leur vision purement utilitariste et commerciale des choses. Il faut relire Soral pour comprendre de quelle manière la quasi-totalité des pays soi-disant indépendants sur cette planète sont en fait devenus des subalternes des banques, qui permettent le jeu politique en autant que celui-ci ne mine pas leur pouvoir (voir également vidéo ci-bas).

« Il faudra bien déclarer l’indépendance face à Ottawa » me répliquerait-on. Ah oui? Et à quand l’indépendance face au cartel bancaire? Le RRQ – et de nombreux militants formés à son école passéiste – considèrent encore l’indépendance comme étant un simple processus de création d’un État à l’ONU et bingo! tout est réglé. Rien n’est plus faux. Même la France n’est plus indépendante. Le Front National français, malgré quelques remugles d’un racialisme n’ayant plus sa raison d’être et que Marine Le Pen tente d’éliminer, est devenu un parti tout aussi indépendantiste que le Parti Québécois l’a déjà été. Pourtant, la France est indépendante, non? Non. Elle ne l’est plus. On lui laisse gérer son petit carré de sable tant que cela ne dérange pas les banques.

Évidemment, cela ne veut pas dire que l’indépendance de papier – un pays sua mappe! – est inutile. Elle permettrait de mieux gérer notre carré de sable et de contrôler un peu mieux notre immigration et nos politiques – tant que cela ne nuit pas au cartel bancaire. Mais si cette indépendance ne mobilise plus les troupes, c’est parce que nombre de mouvements qui la revendiquent se limitent à cette gestion du petit carré de sable en faisant abstraction de toute réflexion philosophique sur la réelle signification du mot « indépendance » en ce début de vingt-unième siècle. Ils veulent faire du Québec l’équivalent des autres sans se rendre compte que cette équivalence ressemble de plus en plus à un artifice.

En occupant une entreprise québécoise comme SNC-Lavalin sous prétexte que ses employés ont contribué à la caisse du PLQ, le RRQ contribue à nous enfermer dans cette logique de l’apparence et cette idée tout à fait fausse qu’il suffirait de lutter contre la corruption et d’affaiblir les forces « fédéralistes » (au fait, combien de fédéralistes convaincus avez-vous rencontré depuis une décennie?) pour donner un nouveau souffle au mouvement. En fait, la corruption est plutôt le SIGNE du désengagement complet des citoyens de la chose publique parce que ceux-ci ont compris que les partis politiques se ressemblent tous et que leurs politiques sont équivalentes, en directe ligne avec le catéchisme du cartel bancaire. Les citoyens sont tellement désespérés qu’ils sont prêts à croire n’importe qui ou n’importe quoi qui donne une apparence de changement (NPD, Legault, etc.).

Elle est là, la vraie cible.

J’écrivais récemment qu’il faut descendre dans les livres avant de descendre dans la rue. Je crois que c’est ce que devrait faire le RRQ. Il lui faudrait mettre à jour son discours afin de cesser de lutter contre des réseaux fantômes omniscients dans l’esprit de ses dirigeants, et plutôt chercher à construire la véritable résistance de demain, qui se fera contre le système économique actuel et qui se construira sur ses ruines, avec l’aide des autres peuples, mais dans le respect des particularités de chacun.

En attendant, on doit se battre pour ne pas perdre notre langue et notre culture (où était le RRQ le 16 octobre dernier quand des citoyens ont pris la rue contre le sur-financement des institutions de langue anglaise?), et préparer une lutte non pas contre le PLQ – une simple succursale du cartel bancaire – mais contre le système en entier. On doit se battre non pas pour attirer des kodaks, mais pour développer un argumentaire permettant de construire les luttes de demain. À cet effet, on peut s’inspirer de ce qui se fait en France, notamment avec le mouvement Égalité et Réconciliation. Dans tous les cas, si on ne veut pas lutter pour une indépendance réelle, qu’on le fasse au moins pour la langue et il y a des centaines de cibles plus pertinentes qu’une entreprise québécoise comme SNC-Lavalin (à commencer par McGill et tout le réseau d’institutions de langue anglaise sur-financées).

Malgré cela, il faut féliciter les militants qui ont pris la peine de se battre pour ce en quoi ils croient. À mes yeux, c’était inutile, mais toute personne qui se tient debout est le plus beau des monuments, pour paraphraser Georges Dor. Reste à souhaiter que le dévouement et la force extraordinaire de ces militants soit mieux utilisée par le RRQ qui, incidemment, semble beaucoup plus utile lorsqu’il se limite à son nouveau rôle d’agence de sécurité lors de manifestations.

Quand un chef du RRQ attaque les militants
22 octobre 2011

La manifestation citoyenne pour une Loi 101 plus forte de dimanche dernier a été un vibrant succès. Malgré la pluie, malgré le vent, malgré le froid et malgré le fait qu’il y avait trois autres manifestations au même moment dans les rues de Montréal. Et malgré aussi, disons-le franchement, l’obstruction systématique du Réseau de résistance du Québécois (RRQ).

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J’avais parlé brièvement du comportement d’un de ses membres dans mon dernier billet, mais j’aimerais régler la question une fois pour toutes, car de nombreux militants du RRQ – des militants honnêtes – ne sont pas au courant des tractations qui se trament au sein de ce mouvement. En l’occurrence, et bien que je n’ai pas toutes les preuves permettant d’affirmer avec certitude que les plus hauts échelons ont été impliqués, je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que le RRQ a tenté de saboter cette manifestation pour une Loi 101 plus forte.

Réglons d’abord le cas de Carl Contant. Ces deux copies d’écran devraient le faire assez rapidement. LIEN 1. LIEN 2. Ce ne sont là que quelques extraits du harcèlement constant de M. Contant contre les divers organisateurs de notre manifestation. Notez, dans le lien 2, qu’il affirme: « y en aura pâs (sic) de ta manif ». Et c’est bien ce qu’il a tenté de faire, en écœurant à ce point les organisateurs qu’il a fallu demander la protection de la Milice patriotique du Québec (MPQ) pour assurer le bon ordre. Selon un des organisateurs, M. Contant était déçu du fait que cet organisateur ne s’était pas présenté à son événement et il a voulu se venger. Normalement, on aurait dû en rester là et Carl Contant, dans un mouvement crédible ne distribuant pas la chefferie de ses sections avec un boulier, aurait dû être suspendu de ses fonctions immédiatement ou au moins réprimandé pour avoir tenté de nuire à une manifestation de militants francophiles.

Or, ce qui s’est produit est l’exact contraire. Carlo Mosti, directeur national et coordonnateur de la section Montréal du Réseau de Résistance du Québécois et Guillaume Martin, directeur des Communications Internet, de même que de nombreux autres membres du RRQ qu’il ne vaut pas la peine de nommer ici, se sont immiscés sur les pages des activités du regroupement citoyen en tenant le même discours agressif et résolument hostile au projet de manifestation. M. Mosti s’en est pris à un des organisateurs, qui est un ancien chef de section du RRQ défroqué, et M. Martin s’est contenté de l’appuyer dans son œuvre. Nous étions plusieurs à leur rappeler qu’il s’agissait d’un événement en faveur de la langue française et que de nombreux militants y étaient impliqués; rien à faire.

La goutte qui a fait déborder le vase, si on peut dire, est la partie qu’on ne peut prouver mais à propos de laquelle on a reçu le plus d’informations via de nombreuses sources (y compris des membres en règle du RRQ en désaccord avec la manière d’agir de l’organisation). Près d’une dizaine de jours avant l’événement, une organisation importante pour la défense du français au Québec (nous ne la nommerons pas; elle est au-dessus de tout cela) avait démontré un vif intérêt pour participer à l’événement. Tout était parfait: nous étions un mouvement citoyen, nous étions pacifiques, notre discours rejoignait celui de l’organisation en question. Or, entre-temps, le RRQ a lancé sa cellule de Laval (s’appropriant les statistiques compilées par votre humble serviteur sans le nommer, mais n’allons pas les blâmer pour si peu) et au lendemain du lancement auquel a participé l’organisation francophile précitée, il n’était plus question de sa participation à notre activité. En politique, on appelle cela du tordage de bras.

Ce qui a été clair, tout au long du processus, c’est que le RRQ souhaitait que les militants pour le français se plantent. Ils nous ont d’abord ignoré, mais au fur et à mesure que les gens indiquaient leur participation, ils ont commencé à nous attaquer, d’abord d’une manière bénigne, puis jusqu’aux menaces ayant nécessité la présence de la MPQ.

Au nombre des arguments prônés par le groupuscule, il y avait celui selon lequel nous donnerions de la visibilité aux suprématistes anglophones en manifestant contre eux. Nous avons prouvé qu’ils avaient tort en orientant notre manifestation non pas comme une contre-manifestation, mais comme une activité de sensibilisation des citoyens en faveur d’un renforcement de la Loi 101. Nous avons réussi. Malgré eux. Cinq pages de pétition pour le renforcement de la Loi 101, nombre d’appuis, et la question du sur-financement des institutions de langue anglaise au cœur des débats. C’est à peine si on a vu les orangistes.

Le pire, c’est que quelques jours plus tard, hier soir en fait, j’apprends que certains des militants ayant lutté avec tant d’acharnement contre notre manifestation pour le français ont participé à une manifestation contre un groupuscule islamiste radical. Et sur la page du RRQ-Laval, Carlo Mosti a répondu: « Bravo la gang pour votre intervention rapide! ». Comprenez-vous? Manifester contre des suprématistes qui veulent abolir la Loi 101 et ainsi éliminer le fait français en Amérique du Nord, c’est trop marginal. Mais manifester contre des islamistes qui veulent l’établissement de la charia et la mort « lente et dans la souffrance » des personnes coupables d’adultère, ça ce n’est pas marginal du tout, non, non… La belle logique!

La quête de respectabilité du RRQ

La vérité, c’est que le RRQ n’a pas voulu participer au rassemblement citoyen pour le français pour deux raisons. La première parce que votre humble serviteur (qui a déjà lourdement critiqué le RRQ) et un ancien chef de section du RRQ l’organisaient, et ensuite parce qu’il n’y avait pas de « grosses caméras ». Ce sont là les deux principales motivations du RRQ: l’égo et la visibilité, qui se transforment en fait en un seul dogme: respectabilité. Et tant pis pour les militants qui se gèlent les fesses pour la cause et qui n’ont pas besoin d’exhiber le kit vestimentaire du bon petit rrquiste devant les caméras pour exister. Tant pis pour l’action de terrain.

Au printemps dernier, quand le « colonel » James Angus Brown – oui, oui, celui qui demandait la pendaison des indépendantistes – a annoncé une manifestation pour le 17 avril, j’ai immédiatement contacté Patrick Bourgeois pour lui demander d’organiser quelque chose. Sa réponse? Oui, bof, non. Pas important. Quelques semaines plus tard, on annonçait le voyage de noces du prince et le branlebas de combat du côté de Bourgeois fut spectaculaire: « Nous serons là! », « Non au prince! » etc. Qu’on comprenne: que des gens de chez nous demandent la pendaison des indépendantistes, ça ne vaut pas la peine de se déplacer. Mais qu’un prince vienne en voyage de noces à Québec, alors ça, ÇA c’est important. C’est capital. Arrêtez les presses tout le monde on a une histoire. Et c’est ainsi que Bourgeois vola de caméra en caméras, de micro en micros, se faisant entendre jusqu’en Angleterre (est-ce que ce sont les Anglais d’Angleterre qui feront notre indépendance, au fait), à propos d’une monarchie autrefois coupable de crimes contre nous… au même moment où le RRQ ne faisait rien contre un individu demandant notre pendaison!

Heureusement, des citoyens se sont levés et ont manifesté. Ils n’étaient pas beaucoup, mais ils valaient mieux que le RRQ, si vous voulez mon avis, parce qu’ils sont allés à un combat loin des caméras et où il ne suffisait pas d’investir 1000$ dans un avion et une banderole pour clamer une victoire.

Le RRQ, en fait, et de plus en plus, s’englue dans son dogme – que dis-je, sa folie – de la respectabilité. Se séparant progressivement des militants qui l’ont aidé à se forger une crédibilité dans le mouvement, il s’impose en juge de ce qu’il est légitime ou non légitime de faire. Une quantité impressionnante de ses premiers membres lui ont tourné le dos – et plusieurs ne demanderaient qu’à révéler les secrets plus sombres de l’organisation mais se taisent pour le bien du mouvement – mais le RRQ peut compter sur une équipe de recrutement faisant des merveilles dans l’art du « branding », consistant à habiller un adolescent en noir et blanc de la tête au pied et de lui faire croire qu’il est Patriote parce qu’il n’a plus un sous en poche mais des lettres RRQ du fond de culotte au dessous des bras.

Pourquoi je quitte le RRQ

Il y a presque un an, j’annonçais que je me joignais au RRQ. Après un faux-départ, j’avais décidé de laisser une chance au mouvement. Pour le bien de la cause. Parce que j’y croyais. J’ai décidé de laisser tomber mes doutes et de plonger.

Je leur ai envoyé mon 20$. Jamais eu de reçu, jamais eu de documentation, jamais eu d’invitation. Mais ils ont pris le 20$. Pas trop grave. J’ai commandé un livre. Jamais arrivé. J’ai dû insister à plusieurs reprises pour que je finisse par le recevoir. Pas la fin du monde. J’avais des informations importantes à communiquer à Patrick Bourgeois l’été dernier. Je lui ai communiqué à plusieurs reprises sur Facebook, je lui ai téléphoné à deux reprises, j’ai laissé des messages. Aucun retour d’appel. Y a rien là. Jusqu’à ce point, sérieux, je trouvais le mouvement broche-à-foin mais je continuais de le respecter et je me disais que j’avais sûrement été malchanceux ou peu importe.

Mais quand on s’attaque aux militants comme le RRQ l’a fait, comme les plus hauts échelons l’ont approuvé, je décroche. Je ne peux tolérer qu’on s’attaque à des gens comme Denis, le peintre, ou encore Alain, qui vient manifester sur son heure de dîner au travail. Je ne peux tolérer qu’on s’attaque à des gens comme Daniel, qui a participé financièrement à l’impression de nos dépliants, qui est venu avec un mégaphone et qui est de toutes les manifestations. Je ne peux tolérer qu’on s’en prenne à Renaud, qui subit les fausses plaintes d’un suprématiste anglophone pour son implication et qui a toujours été dans la rue pour notre langue. Je ne peux tolérer qu’on attaque Jennifer, qui, malgré des moments difficiles dans sa vie personnelle, s’est pointée avec nous pour la cause. Je ne peux tolérer que le RRQ attaque quelque militant que ce soit qui prend de son temps pour une cause à laquelle il croit et qui permet de nous faire avancer collectivement sans aucune autre récompense que celle d’avoir la conviction d’avoir bien agi.

C’est à ce moment précis que je décroche. Et c’est à ce moment précis que je réalise que tous les doutes, toutes les impressions (le RRQ ne ressemble-t-il pas à une secte?), tous les questionnements quant à l’importance réelle de ce regroupement au-delà des gros bras qu’il présente aux caméras en se la jouant comme des durs, me sont revenus en plein visage et justifie cette décision de quitter le RRQ. C’est facile, je n’ai même pas de carte de membre à déchirer. Ils ne me l’ont jamais envoyée.

On m’a souvent accusé par le passé de mal faire les choses ou de les faire pour les mauvaises raisons. On m’a accusé de faire passer mon égo avant la cause. On m’a accusé de ne pas être un vrai militant parce que je ne militais pas dans la rue (ce qui est faux, puisque j’ai dû participer au moins à trente ou quarante manifestations dans ma vie, bien qu’il est vrai que j’aie pris une pause dernièrement; j’avais seize ans et je manifestais déjà avec le MLNQ ou avec des organisations socialistes comme l’ADDS). Et là, je me lève avec des citoyens, des gens sans sigle, sans slogan, sans groupe officiel, sans « grosses caméras », pour la cause, mais ce ne sont plus des suprématistes anglophones voulant la pendaison des indépendantistes que j’ai dans mon chemin.

C’est le RRQ. Là. Dans nos jambes, tentant de nuire à la cause.

Et bien, j’ai des nouvelles pour vous, têtes dirigeantes du RRQ. De nombreux indépendantistes radicaux ne veulent plus rien savoir de votre mouvement. Pas parce que vous êtes radicaux – ils le sont eux-mêmes – mais parce que votre organisation est mal dirigée, centre tout sur le paraître plutôt que sur l’être et parce que vous dénigrez les initiatives qui ne viennent pas de vous.

Vous descendez, et pas seulement dans mon estime. Moi, je ne suis personne. Juste un gars qui aligne des mots et qui a des convictions. Mais les militants – dont certains sont encore membres du RRQ – en ont discuté lors de notre manifestation et ceux qui n’y étaient pas ont le droit de savoir.

Devoir de comprendre. Devoir de mémoire.

Pour ma part, j’ai dit la vérité. Je suis libéré.

Le reste ne m’appartient plus.

Citoyens 2 – Extrémistes anglophones 0
16 octobre 2011

Nous étions plus d’une trentaine au meilleur de la manifestation. Eux, trois. Je ne croyais pas que les suprématistes anglophones pouvaient davantage se faire ridiculiser qu’ils l’avaient été à la dernière manifestation de leur groupuscule haineux, mais c’est pourtant ce qui s’est produit. Plus humiliant encore pour eux, la police les a forcés à changer de côté de rue afin de ne pas nuire à notre manifestation et de nombreux citoyens les ont engueulés. Et nous, on a fait la promotion de nos idées. Ce qui était EXACTEMENT le but recherché.

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Ce qui avait commencé, il y a quelques mois, comme un regroupement informel de citoyens opposés à l’intolérance d’une minorité d’extrémistes dirigés par Hugo Shebbeare, se transforme inlassablement en force citoyenne pour le français. Nous avons un seul point commun, pour beaucoup: le désir de protéger notre langue. Nous ne faisons pas de politique, nous ne voulons rien savoir des chicanes entre mouvements ou groupuscules. Nous ne sommes pas nécessairement des mêmes horizons, mais nous sommes unis pour une cause: la promotion et la valorisation de la langue commune des Québécois.

Certains se sont moqués de nos projets. Au début, gentiment. Puis, après notre succès du mois d’août, un peu plus agressivement. Des membres très en vue du Réseau de résistance du Québécois (RRQ), dont Carl Contant, chef du RRQ-Lanaudière, nous ont insultés, nous ont traîné dans la boue et ont même menacé une des personnes ayant participé à l’organisation de la manifestation. Ils ont fait des pressions pour empêcher qu’une organisation très connue pour son implication dans le mouvement ne se joigne à nous, alors qu’elle avait démontré son intérêt. Leur argument était que nous nuisions au « mouvement » en donnant de la visibilité à aux extrémistes anglophones, mais la seule organisation qui a réussi à perdre de la crédibilité dans cette histoire, c’est le RRQ.

Nous avons prouvé l’utilité de notre action. Non seulement des membres du RRQ étaient-ils parmi nous, mais c’est notre discours, nos arguments, notre point de vue qui ont volé la vedette. Nous avions des pancartes dénonçant le sur-financement des institutions de langue anglaise, nous avions des dépliants faisant état de nos revendications et nous avons fait remplir près de cinq pages de signatures pour la pétition en faveur d’une Loi 101 plus forte. Nous avons même convaincu des anglophones non seulement de reconnaître l’importance de la Loi 101, mais également de signer la pétition pour son renforcement! Toute l’attention était sur nous, un groupe de citoyens de tous les âges et des deux sexes, pendant que les trois extrémistes anglophones – tous blancs et tous à peu près du même âge – n’ont réussit qu’à rendre nos idées encore plus désirables aux yeux des passants.

Avec notre mégaphone, nous avons crié, bien fort: « Nous demandons la fin du sur-financement des institutions de langue anglaise. Les anglophones de souche forment 6% de la population et il est injuste qu’ils reçoivent près de 30% du financement pour leurs universités! » Plusieurs citoyens se sont arrêtés, ont lu nos pancartes, et nous ont questionnés à propos de ce déséquilibre du financement. Le fait d’avoir tenu cette manifestation en face d’un des pavillons les plus luxueux de la Concordia University rendait notre argumentaire encore plus convaincant, alors que nous avions simplement à parler du désastre de l’Îlot Voyageur à l’UQÀM pour illustrer notre propos.

D’un point de vue plus personnel, j’ai eu l’occasion de discuter avec un policier qui m’a expliqué que le fait que Hugo Shebbeare m’ait crié directement dans le visage avec son mégaphone le 26 août dernier pouvait constituer une voie de faits. Nous avons donc évité de lui faire la même chose et le policier lui a demandé de changer de coin de rue et de mettre fin à son harcèlement contre nous. Il va sans dire que j’étudie mes options d’un point de vue légal. Je ne cherche pas à suivre cette voie, mais si Shebbeare continue de me harceler ou de harceler mes compatriotes avec ses plaintes abusives, il est possible que je dépose une plainte contre lui; j’ai de nombreux témoins. Je lui suggère de se tenir tranquille et de faire valoir ses idées dans le respect de la loi.

Cette manifestation fut une grande réussite. Nous avons prouvé, encore une fois, que les Québécois rejettent les suprématistes et ceux qui veulent détruire notre paix sociale en abolissant notre loi la plus chère. Nous avons agi comme des citoyens, sans logo d’organisation, sans support logistique, mais avec la gracieuse offre de sécurité de la MPQ. Nous avons également prouvé que nous étions au-dessus des bas jeux politiques d’organisations ne pouvant accepter qu’une initiative citoyenne s’organise en-dehors de ses rangs.

Nous étions présents pour la cause du français, simplement, en notre nom.

Des Québécois DEBOUT!

Si la tendance se maintient, il devrait s’agir de la dernière manifestation de ce groupuscule haineux. Le 17 avril, ils étaient 13 manifestants, le 26 août, ils étaient 7, et aujourd’hui ils étaient 3. Un individu normal, à ce stade, comprendrait que personne ne partage ses folles idées.

Ceci dit, nous serons prêts pour une prochaine ronde et nous remercions chaleureusement Hugo Shebbeare de nous donner l’occasion de conscientiser les Québécois et de leur rappeler que, près de trente-cinq ans après l’adoption de la Loi 101, existe toujours une minorité de Rhodésiens incapable d’accepter notre existence et dont le rêve le plus fou est de nous voir disparaître.

À la prochaine fois!

Pourquoi j’ai décidé de joindre le RRQ
3 décembre 2010

Un jour, il y avait un peuple qui avait peur, qui n’existait que sur la pointe des pieds. Un peuple dont on niait l’existence depuis des siècles et qu’on aurait aimer éliminer. Un peuple dont on diluait l’identité dans un grande fourre-tout canadien n’ayant comme finalité que de détruire sa spécificité.

Un jour, pourtant, ce peuple a changé. Il s’est pris en main, il s’est affirmé, il s’est libéré de ses chaînes. Il a réussi à jeter les bases d’une existence francophone à long terme en Amérique du Nord. Même s’il craint encore de se libérer intégralement, il est aujourd’hui reconnu par ses semblables peut-être pas encore comme on regarde un égal, mais il a à tout le moins obtenu le respect.

Ce peuple a changé.

Et si un peuple peut changer, tout le monde peut changer.

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Je n’ai jamais aimé les mouvements trop organisés. Je n’aime pas qu’on me dise comment penser ou agir. J’aime rester libre de mes idées.

Je me souviens, entre 1996 et 1998, j’étais à la fois membre du Mouvement de Libération Nationale du Québec (MLNQ) de Raymond Villeneuve et de l’Association pour la défense des droits sociaux (ADDS) de Montréal-Métropolitain. J’étais vraiment jeune, même pas majeur, mais je portais en moi déjà les germes des deux causes qui sont miennes: la libération nationale du Québec – qui s’est transformée en un désir encore plus fort et précis de sauvegarder avant tout notre langue – et une société économiquement plus juste où les pauvres ne seraient pas laissés de côté.

Or, il m’est arrivé deux anecdotes assez intéressantes. À peu près au même moment, en plus, ce qui augmente l’ironie de la chose.

D’un côté, avec le MLNQ, nous avions eu une réunion dans un café rue Saint-Denis si ma mémoire est bonne. Et je me souviens d’individus tenant un discours résolument de droite m’ayant fait sentir absolument pas à ma place. J’avais parlé de mon militantisme à l’ADDS avec le résultat qu’on a méprisé celui-ci, qualifiant cette cause de « défense des B.S. » ou autres quolibets. Je suis peut-être retourné une ou deux fois dans des activités, notamment lorsqu’on a « attaqué » des partitionnistes dans l’ouest de l’île, mais je n’étais plus bien avec ce groupe.

De l’autre côté, j’avais une réunion à l’ADDS près du Stade Olympique. Et lorsque j’ai dit que je militais également pour le MLNQ, je me suis fait sortir du local en me faisant crier des noms comme quoi j’étais facho, raciste, etc. Nul besoin de dire que si j’ai gardé ma carte de membre encore un moment, je ne l’ai pas renouvelée.

Ces deux expériences ont fait monter en moi le désir d’allier ces deux causes qui me sont chères et m’ont incité à me poser les questions suivantes: comment libérer le Québec si ses plus pauvres ne le sont pas, et comment intéresser ceux-ci à la cause nationale s’ils sont laissés de côté?

Aussi, elles m’ont fait comprendre que je ne serais jamais heureux dans un mouvement désirant embrigader ses membres.

* * *

L’automne dernier, je travaillais à la SSJB. Mario Beaulieu était venu me chercher pour mes talents d’écriture. Qu’ai-je fait pour la Société? Rien de très révolutionnaire: des discours, des communiqués, de la recherche, etc. La SSJB est une grande organisation et Mario Beaulieu savait comment gérer son équipe.

D’une manière fortuite, à un certain moment, j’ai entendu des anecdotes. Diverses anecdotes. Je ne veux pas entrer dans les détails, mais certaines personnes que je croyais reliées au RRQ avaient eu des problèmes avec la SSJB et ne pouvaient même pas s’y pointer. Incidemment, j’ai eu un conflit sur Facebook avec une de ces personnes, ce qui a engendré des conséquences plutôt désastreuses en ce sens que le conflit s’est transformé d’une affaire entre un individu X et la SSJB en une guerre ouverte entre moi et Patrick Bourgeois, dirigeant principal de l’organisation. Comment cela a-t-il été possible, je ne le sais même pas encore clairement aujourd’hui. Je dirais que j’ai écrit un texte qui a été mal écrit, que des gens l’ont mal compris, que j’ai tenté maladroitement de me justifier, que je me suis emporté, que j’ai le sang chaud, que je m’y suis pris un peu au sérieux, etc. Bref, la grosse merde. Et le fait que j’avais critiqué certaines méthodes du RRQ, notamment celle de ne pas porter plainte à la police quand on agressait un de ses membres, n’a sûrement pas aidé.

Malgré le conflit qui était devenu davantage un conflit d’égo entre moi et Patrick Bourgeois qu’entre moi et le Réseau de Résistance du Québécois (RRQ), j’ai eu, au cours de la dernière année, un respect croissant pour ce qu’a fait notamment Les Éditions du Québécois, avec son livre dénonçant le génocide culturel des francophones du Canada, ou avec sa réédition de Jules-Paul Tardivel, un homme qui aurait avantage à être mieux connu, même s’il voulait tout autant la protection du français en Amérique que l’établissement d’une théocratie.

J’aurais eu plusieurs occasions de régler le conflit avec Patrick Bourgeois. René Boulanger me l’avait même offert une fois, et j’ai eu la chance de travailler avec lui dans une relation extrêmement positive alors que j’ai préparé les textes qui ont été lus lors du spectacle du 11 avril dernier. Mais le fruit n’était pas mûr.

Pas encore.

Pourquoi l’est-il aujourd’hui? Simplement parce que le respect croissant que j’ai pour les activités du réseau a dépassé l’orgueil de conflits qui n’ont pas leur raison d’être. Autrement dit: je réalise que c’était con. Et je le fais en tant que simple citoyen, ne travaillant plus pour la SSJB – j’avais choisi d’y réduire drastiquement mes heures pour des raisons personnelles et Mario m’avait rendu les choses plus faciles en me proposant de m’offrir des contrats ponctuels à la place.

C’était con. C’était foutrement con.

Ce qui était con, ce n’était pas seulement ce conflit entre moi et Patrick Bourgeois, ou entre moi et le RRQ en général (ce qui s’est transposé en conflit avec au moins un autre membre du réseau), mais plutôt l’idée qu’il puisse y avoir quelque chose d’assez important pour me faire oublier que le RRQ représente la plus grande partie de mes croyances.

Je cherchais à comprendre pourquoi autant de gens ressentaient le besoin d’afficher ces trois lettres, jusqu’à en faire des vidéos où celles-ci prenaient presque la plus grande partie de l’image, mais j’ai également compris que tout est une question de symbole et que ce symbole que représente le RRQ en est un d’espoir pour une partie croissante de la population.

En clair, ces conflits étaient stupides parce qu’au niveau de la communauté de pensée, j’étais d’accord avec 95% de ce que proposait le RRQ. Et de plus en plus, au fur et à mesure que je constatais la pusillanimité de certains membres influents d’autres organisations – la petitesse de deux historiens ayant refusé que je m’en prenne à la mollesse intrinsèque du Devoir et ayant réclamé ma tête à la SSJB pour ne nommer qu’eux – et que mes recherches pour l’écriture d’un livre sur la langue française me faisaient comprendre la nécessité d’adopter des gestes de cassure – des gestes radicaux – pour sauver notre langue, je réalisais qu’il n’y avait pas « un » RRQ, mais « des » RRQ, c’est-à-dire que le réseau permet une certaine liberté de pensée en son sein et qu’il n’impose pas de mot d’ordre précis – du moins c’est mon impression alors que j’écris ce texte.

Je ne suis pas un militant au sens classique du terme. Je suis un auteur, un écrivain, un blogueur, un recherchiste, un ce-que-vous-voulez-qui-tape-sur-un-clavier. J’ai de la gueule, je dérange. Mais j’ai choisi de me joindre au RRQ également parce que ce mouvement dérange. Parce qu’on aimerait le faire taire. Parce qu’on en a peur. Parce qu’il représente la frange la plus radicale de la société et que l’indépendance – quoi qu’on en dise – constitue un geste de rupture impliquant une bonne dose de radicalisme.

Si je rejoins le RRQ aujourd’hui, ce n’est pas pour y changer quoi que ce soit, ni pour militer activement dans ses instances. C’est avant tout un vote d’appui, un coup de pouce signifiant que si je ne suis pas d’accord avec tout ce que font tous les membres du réseau, j’approuve la direction du mouvement et je considère que celui-ci, dirigé par Patrick Bourgeois, avec l’aide de René Boulanger et l’appui intellectuel de Pierre-Luc Bégin, est le mouvement le plus en mesure de faire avancer la cause des résistants.

Car contrairement au MLNQ de 1996-97, qui constituait un mouvement me semblant davantage d’arrière-garde et moins orienté vers le futur, le RRQ est à la fine pointe de la recherche de moyens permettant aux peuples en situation minoritaire d’assurer la survie de leur langue et de leur identité.

Face au rouleau-compresseur d’une anglomanie rampante qu’on veut nous faire passer pour une ouverture, viendra peut-être le jour où ce seront d’autres peuples qui se tourneront vers le Québec à la recherche de façons de sauver leur langue et de protéger ce qu’ils sont. Cette résistance, cette construction d’un nouveau monde pluriel où les peuples aspirent à survivre, elle se fait grâce à des mouvements comme le RRQ et c’est avec fierté que je choisis d’ajouter ma voix aux milliers de Québécois qui ont déjà compris qu’il y a un seul destin qui attend un peuple qui se couche: la disparition.

Nous sommes en guerre. Si nous ne nous battons pas, nous disparaîtrons.

L’heure n’est plus aux divisions.

Le javel mortuaire
16 septembre 2010

Richard Martineau publie aujourd’hui un billet sur son blogue où il critique Patrick Bourgeois, le chef du Réseau de Résistance du Québécois (RRQ), pour son acceptation de commentaires désobligeants sur son site web à propos de la mort de Claude Béchard. Pour Martineau, ce sont des messages haineux, dégoûtants, qui n’auraient rien à voir avec l’ensemble d’un Québec « secoué » par le décès prématuré de Béchard. Quand quelqu’un meurt, on n’a pas le droit ni de se réjouir, ni de le critiquer, voilà le message en filigrane. Il s’agit d’une forme particulièrement vicieuse de pensée.

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En effet, au nom de quelle justification moralement tordue une personne décédée gagne-t-elle soudainement en valeur et peut-elle s’épargner le jugement d’autrui? Un individu peut être toute sa vie le dernier des salauds, massacrer des enfants, tuer six millions de Juifs comme Hitler l’aurait fait, mais à l’heure de son décès il faut tout oublier sous prétexte qu’il est mort, que c’est la vie et qu’on ne s’en prend pas à un mort. Critiquer un mort, c’est mal vu, c’est laid, c’est sale. On a tellement peur de la mort qu’on la sacralise. Rédemptrice, elle transforme le pire des hommes en personne respectable dont la mémoire doit être respectée.

Je ne dis pas que Béchard doit être méprisé pour autant. On peut clairement objecter que Béchard n’a rien fait pour mériter le mépris. Sauf qu’il s’agit d’une opinion personnelle et que le propre de telles opinions est précisément qu’elles peuvent se discuter. Si des gens considèrent que l’œuvre de Béchard doit être critiquée, pourquoi devraient-ils s’en empêcher sous prétexte qu’il est mort? S’ils croient que Béchard était une nuisance, pourquoi devraient-ils se taire? Béchard, après tout, était l’homme derrière le Suroît, derrière la privatisation avortée du Mont Orford, derrière le projet Rabaska… Si l’homme a œuvré de son vivant à dilapider les richesses naturelles ou écologiques du Québec, et si nos descendants auraient eu à en payer le triste prix n’eût été de l’opposition de la population à ces tristes projets, cela ne doit-il pas être dénoncé? Le javel mortuaire ne peut pas tout blanchir.

Quand on pense à la mort d’un individu foncièrement mauvais, à un meurtrier par exemple, s’épargne-t-on la joie de dire « bon débarras » par respect pour la mort de l’homme? Non. On juge sa vie, on la méprise et on l’oublie. Pourquoi agit-on différemment avec d’autres personnes? Si un individu tue un seul humain, on peut le mépriser, mais s’il a tenté de vendre l’héritage des Québécois aux amis du parti et qu’il a contribué toute sa vie au succès d’une formation politique corrompue, contribuant à la fois au recul de la démocratie et à l’affaiblissement environnemental du Québec pour des générations à venir, on devrait respecter son dernier repos?

Patrick Bourgeois lui-même m’avait reproché, après le décès de Lhasa de Sela, mes critiques selon lesquelles cette grande dame ne représentait rien de la culture québécoise. Bourgeois avait tort alors, mais il a raison aujourd’hui: on a le droit de juger de l’importance d’un individu pour notre nation, mort ou vivant. La mort ne blanchit rien, elle n’excuse rien. Une femme qui, malgré son incroyable talent, ne représentait pas la culture québécoise avec ses chansons dans des langues étrangères, c’est une vérité avant ou après la mort. Un homme qui, malgré sa gentillesse et son respect des individus, se sert de son rôle de représentant de la population pour affaiblir le Québec, c’est une vérité avant ou après la mort.

Le passage vers l’au-delà ne doit pas constituer un tamis permettant de séparer ceux qui peuvent se faire juger de ceux qui ne peuvent pas. Nous allons tous y passer; qu’on ne donne pas l’illusion à ceux qui sont ici et nuisent au Québec que nous allons les célébrer avec des funérailles nationales et oublier leurs travers au moment de leur décès.

Qu’ils deviennent des hommes et des femmes de bien dès aujourd’hui ou qu’ils assument le fardeau du jugement de ceux qui seront encore là à l’heure de leur mort!