Marois doit partir
1 novembre 2010

Quand le malade vivote sur le respirateur artificiel et que tout espoir de guérison a été écarté, il faut parfois agir d’une manière humaine et le débrancher. C’est ce à quoi aspirent réellement le groupe des cinquante ayant signé une lettre pour mettre au rancart (l’étapisme de) Pauline Marois. Ces jeunes péquistes ne devraient pas être ostracisés ou traités de « no-name » (sans-noms) comme l’a fait avec si peu de classe et de fierté francophone l’ancien président de l’aile-jeunesse du parti, Alexandre Thériault-Marois. Il faudrait plutôt les féliciter, voire les récompenser pour leur tentative de sauver ce qui reste du parti de René Lévesque.

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En effet, Pauline Marois est devenu un boulet pour le Parti Québécois. Alors que le gouvernement Charest atteint un niveau d’insatisfaction stratosphérique dans les sondages, Marois n’arrive qu’à égalité avec le premier ministre au niveau des intentions de vote. Pire: un hypothétique parti n’existant même pas encore sur papier et dirigé par deux anciens péquistes prendrait le pouvoir si des élections étaient déclenchées demain matin!

On peut chercher des solutions de midi à quatorze heures, on peut vouloir mieux « vendre » Marois, on peut travailler sur ses manières, on peut dépenser des dizaines de milliers de dollars pour améliorer son image médiatique: rien n’y fait. Le courant ne passe pas. La population ne fait pas confiance à Pauline Marois. Elle est compétente, probablement très intègre, sûrement une excellente politicienne, mais les gens ne veulent pas d’elle, peu importe les raisons. Nous aimerions tous nous identifier au légitime rêve de Marois de devenir première ministre et de diriger un gouvernement du Parti Québécois, mais la particularité du rêve consiste à s’estomper quand sonne le réveil du matin.

Or, ce réveil a sonné depuis bien assez longtemps. Quand ce sont des députés libéraux qui rigolent du leadership de Marois, c’est qu’il est temps d’agir. La récente sortie de Jacques Parizeau doit sonner le réveil des troupes. Ce n’est plus le temps d’appuyer sur « snooze » et d’oublier la réalité. Si le Parti Québécois aspire à prendre le pouvoir et à réaliser l’indépendance, il lui faudra trouver des solutions à la fois au problème Marois et améliorer son plan de match en faveur de l’indépendance.

Gilles Duceppe doit prendre la tête du Parti Québécois

Gilles Duceppe n’est ni René Lévesque ni même Jacques Parizeau. Sur plusieurs points, on pourrait même affirmer qu’il fait partie de ces politiciens qu’on trouve un peu trop « langue de bois ». Ceci dit, ses convictions sont claires, nettes et précises. Il ne manque pas une occasion de parler de souveraineté. Il ne le fait pas du bout des lèvres comme Marois, presque comme une éruction involontaire; il le dit haut et fort et il semble davantage prêt à agir en faveur de celle-ci.

De plus, la population l’aime. Oui, il est imparfait. On se rappelle tous l’avoir vu avec un bonnet sur la tête ou s’être mêlé dans ses mots alors qu’il faisait une entrevue télévisée. Peu importe: il est imparfait et il nous ressemble. N’importe quel citoyen du fond d’une ruelle de Montréal ou d’un rang de la région peut s’identifier à Gilles Duceppe.

Or, au-delà du discours, des idées, de la rhétorique, à la fin, dans l’isoloir, la question se résume souvent à celle-ci: « est-ce que je fais confiance à cette personne? » Et Duceppe, dominant outrageusement les élections fédérales au Québec depuis plus d’une décennie, inspire confiance.

Le Parti Québécois doit refuser tout projet de gouvernance et bâtir l’indépendance dès maintenant

Outre la question du chef, celle du discours reste importante. La « gouvernance souverainiste » de Pauline Marois est vouée à l’échec. Le concept-même de gouverner une province – et peu importe les fantasmes de bizarreries du genre « indépendance sectorielle » – implique de faire des choix selon l’axe gauche-droite et non plus selon celui indépendantisme-fédéralisme. Une gouvernance provinciale du PQ ne peut qu’entraîner des déchirures à ce niveau; l’aile-gauche (ou ce qui en reste) et l’aile-droite ne pourraient jamais être satisfaits. Le parti serait constamment écartelé entre sa gauche et sa droite. On l’a vu sous les règnes de Bouchard et Landry. Ne dit-on pas que la folie consiste à agir d’une même manière en espérant des résultats différents?

L’indépendance constitue un geste de rupture. Par essence, il s’agit d’une position radicale. On ne peut pas constamment agir sur la pointe des pieds en ayant peur des sondages. Les plus grandes réalisations du Québec moderne ont constitué autant de gestes de rupture. Croyez-vous qu’on aurait nationalisé l’hydro-électricité en parlant de « nationalisation sectorielle » ou qu’on aurait appliqué la Loi 101 en revendiquant des gains linguistiques circonscrits? Il arrive un moment pour un peuple où celui-ci doit rompre avec un passé le sclérosant et lui faire mordre la poussière.

Le Québec stagne ou recule depuis des années précisément parce qu’on n’a pas définitivement réglé la question nationale et qu’on a préféré avancer sur la pointe des pieds en se contentant des miettes lâchées par le gouvernement de l’autre nation. L’indépendance ne tombe pas du ciel comme un fruit mûr, malgré ce qu’affirment certains rêveurs. Ce n’est pas parce que l’identité québécoise s’avère de plus en plus forte – qui se définit encore principalement comme Canadien aujourd’hui? – que l’indépendance approche; au contraire, c’est peut-être parce que nous avons de moins en moins l’impression de voir les chaînes qui nous limitent que nous avons peur des gestes de rupture.

Autrement dit: l’idée d’indépendance s’est bâtie sur une opposition entre un Québec français et un Canada anglicisant. Or, nous assistons à la naissance du concept de Québécois francophone – et à la légitimation de l’oxymore « Québécois anglophone » – laissant entrevoir non pas un rapprochement vers la réalisation de l’indépendance, mais plutôt vers la bilinguisation puis l’anglicisation du Québec. Loin de constituer une amélioration vis-à-vis du statu quo, la stratégie des petits pas et de la création d’une identité québécoise à l’intérieur du Canada nous rapproche plutôt du précipice.

Voilà précisément pourquoi il est d’une importance capitale de rejeter la stratégie de l’étapisme prônée depuis des décennies par les bonzes péquistes. Elle a échoué. Et elle échouera encore. Les peuples qui sont devenus libres ont d’abord planifié leur libération, l’ont exécuté, puis sont passé à d’autres enjeux.

Si l’article premier du Parti Québécois affirme que le but du parti est de réaliser l’indépendance du Québec, il doit s’y atteler dès maintenant en se débarrassant à la fois du boulet Marois et de son plan d’étapisme ne constituant qu’un énième recul pour la cause. S’il faut une élection référendaire, qu’à cela ne tienne. Le but, le seul, doit être d’utiliser tous les moyens possibles pour libérer définitivement le peuple québécois de l’État canadien.

Sinon, qu’il change son article premier et qu’il devienne un simple parti provincial.

Et nous disparaîtrons en silence à grands renforts de bilinguisme et de « In English Please » (en anglais SVP) éructé de la bouche pointue d’un individu faisant partie d’une nation qui, elle, se respecte.

Les valeurs « canadiennes » de René Lévesque
18 septembre 2009

René Lévesque, un des plus grands Canadiens? Figurant au nombre des 18 plus grands Canadiens, selon le magazine Maclean’s, René Lévesque mérite cette reconnaissance notamment parce qu’il aurait épousé des « valeurs canadiennes » comme le centrisme, l’honnêteté, l’engagement en faveur de la démocratie et la non-violence. Valeurs canadiennes… ou québécoises?

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Le centrisme. Depuis l’élection du Parti Québécois, en 1976, tous les gouvernements du Québec se sont tenus au centre de l’échiquier. De 1976 à 1982, au centre-gauche, et depuis au centre-droit, avec quelques tentatives un peu plus à gauche. À chaque fois qu’un gouvernement a tenté de tirer vers les extrêmes, il s’est fait ramener très rapidement à l’ordre par la population. On peut simplement penser aux grandes manifestations contre Jean Charest dans les premières années de son mandat de 2003, et de quelle façon il a dû adoucir son discours de réingénierie de l’État.

Au Canada, par contre, on n’a jamais hésité à s’éloigner du centre, surtout vers la droite. Les gouvernements de Mulroney (1984-1993) et de Harper (depuis 2006) se sont clairement affichés à droite. Le premier a été un partisan de privatisations massives (dont celle de Petro-Canada, véritable joyau) et le second utilise sensiblement les mêmes recettes économiques que George W. Bush. Avant d’être élu, Harper a séduit des Québécois désillusionnés par la corruption du Parti Libéral du Canada, mais dès qu’il a commencé à appliquer ses politiques moins centristes, ses appuis ont fondu comme neige au soleil.

C’est le Québec qui a toujours ramené les gouvernements vers le centre. Le centrisme est une valeur beaucoup plus québécoise que canadienne.

Honnêteté et engagement en faveur de la démocratie. Personne n’est contre la vertu; tous les pays au monde se disent « en faveur de la démocratie ». Jusqu’à ce qu’une crise survienne et qu’on puisse réellement mesurer cet engagement. Et y a-t-il eu une crise plus profonde que le référendum très serré de 1995 pour mesurer l’attachement canadien à la démocratie?

Alors que le Parti Québécois a joué franc-jeu, a respecté les dépenses allouées pour la campagne du OUI et a été intègre dans tout le processus, le gouvernement canadien a littéralement volé le référendum. Quelques exemples au hasard:

  • Près de 42 400 immigrants ont reçu prématurément leur citoyenneté avec la consigne claire de voter pour le NON. « Vous êtes Canadien maintenant; votez en conséquence! »
  • Plus de 15 000 Canadiens hors-Québec ont pu voter grâce aux manoeuvres frauduleuses de l’avocat Casper Bloom, payé avec des ressources non comptabilisées dans les 5 millions de dollars permis par la loi.
  • L’augmentation des attributions de certificat de citoyenneté a bondi de 87 % entre 1993 et 1995.
  • Trois jours avant le référendum, plus de 100 000 Canadiens sont arrivés à Montréal dans des vols nolisés, par autobus, ou par train. Il a été démontré que plusieurs de ces voyages ont été gratuits, et donc payés par l’État canadien lui-même, en violation directe des lois du Québec.
  • En 1998, le Directeur général des élections du Québec a conclu que 56 000 personnes ne détenant pas de carte d’assurance-maladie du Québec (et n’habitant donc pas le territoire du Québec) ont voté illégalement au référendum de 1995.

La voilà, la belle honnêteté canadienne et cet engagement en faveur de la démocratie. Au seul moment où le Canada a réellement eu la chance de mettre en application ces principes dont il se gargarise depuis des décennies, il a échoué lamentablement et a violé la volonté de tout un peuple.

Non-violence. L’Histoire récente du Canada a toujours opposé les pacifistes québécois aux Va-t-en-guerre canadiens-anglais. Déjà, le 27 avril 1942, lors d’un référendum sur la conscription, les Canadiens-anglais votaient OUI à 80% alors que les Canadiens-français votaient NON à 85%. Et aujourd’hui, rien n’a changé. Un sondage démontre que 73% des Québécois s’opposent à la présence canadienne en Afghanistan, contre seulement 54% des Canadiens. Pire: Harper et Ignatieff ont tous deux appuyé l’invasion de l’Irak par les États-Unis; aujourd’hui, des soldats québécois mourraient en Irak si un de ces deux chefs avait été au pouvoir en 2003.

En fait, des révélations ont démontré que c’est la peur de favoriser l’élection du Parti Québécois qui a poussé Jean Chrétien, alors premier ministre du Canada, à s’opposer à la guerre en Irak. Dit plus clairement: sans le Québec, le Canada serait allé en Irak.

C’est grâce au Québec que le Canada s’est mérité cette image de nation non-violente et pacifique. Le fait que les deux principaux partis, actuellement, partagent la même vision militaire du pays ne démontre qu’une chose: la baisse du pouvoir politique du Québec; en 2009, on peut gagner le pouvoir sans le Québec.

On le constate, le centrisme, l’honnêteté, l’engagement en faveur de la démocratie et la non-violence ne sont pas des valeurs canadiennes, mais québécoises.

Or, si René Lévesque est un grand Canadien parce qu’il a réussi à convaincre le Canada d’accepter ces valeurs, ce n’est peut-être pas grâce à lui, mais plutôt malgré lui. Le Canada s’est toujours trouvé de nobles valeurs lorsque le nationalisme québécois était assez fort pour le tenir en respect. Ne pas tenir compte des valeurs québécoises aurait constitué un sérieux coup de pouce aux indépendantistes, Lévesque ou pas Lévesque. Ce n’est donc pas Lévesque qui a permis de changer le Canada pour le mieux, mais les indépendantistes eux-mêmes. Grâce à leur puissance, ils ont forcé le Canada à changer et à tenir davantage compte des valeurs québécoises.

Voilà une leçon que certains Canadiens feraient mieux de se rappeler avant de dénigrer le mouvement indépendantiste québécois. Si le Canada est ce qu’il est aujourd’hui, c’est grâce aux Québécois et à leurs valeurs.

Pour en finir avec les référendums
12 juin 2009

« Deux référendums. Perdus. Il est temps de passer à autre chose. » Je partage cet avis. Suis-je soudainement devenu un fervent fédéraliste? Ou pire: un je-m’en-foutiste qui croit qu’en occultant la question nationale celle-ci disparaîtra? Pas du tout. Ce n’est pas parce que deux référendums ont échoué qu’il faut remettre en question l’idée d’indépendance. C’est le référendum avant les négociations d’indépendance qui doit être relégué aux oubliettes.

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Comme l’a si bien dit l’ex-premier ministre Parizeau il y a quelques jours, il y a trois façons de devenir indépendant: par les armes, par un référendum ou par un vote du parlement. À partir du moment où nous rejetons la première option et que la deuxième a échoué deux fois, il serait peut-être pertinent de considérer la troisième et non pas de rejeter l’idée même d’indépendance comme le voudraient certains fédéralistes. Je l’écrivais dans mon dernier texte:

La crise, elle est permanente. Elle existe depuis 1759 et ne trouvera sa réponse que de deux façons: la disparition complète et totale des Francophones d’Amérique du Nord en tant qu’entité politique ou l’indépendance d’un Québec francophone d’un bout à l’autre. Entre les deux, c’est la crise, ce subtil mouvement qui fait tanguer notre bateau tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.

Puisque la crise est permanente, il faut des solutions permanentes. Nous sommes donc forcés de considérer d’autres options que le classique référendum péquiste.

En effet – on a tendance à l’oublier – le référendum, tel que conçu par le Parti Québécois, n’est que le point de départ des négociations d’indépendance du Québec. Au lendemain d’un OUI, tout le travail reste à faire. L’instabilité politique est APRÈS l’événement, ce qui rend les gens plus frileux.

Par contre, si le parlement, qui détient le pouvoir démocratique entre ses mains, déclare unilatéralement son indépendance (comme cela s’est fait avec succès dans de nombreux pays), le fardeau est inversé: ce sont maintenant les fédéralistes qui doivent gagner leur référendum pour relancer le pays dans l’instabilité d’un retour dans le giron canadien. Devant la réalité d’un nouveau pays créé démocratiquement par le vote des représentants du peuple, et devant la non-concrétisation des fables apocalyptiques post-indépendance propagées par certains fédéralistes, la population, débarrassée de la peur du changement, sera libre d’entériner le vote de ses représentants.

Par ailleurs, en organisant un référendum alors que le Québec fait toujours partie du Canada, on ouvre la porte aux pires fraudes, comme cela s’est produit en 1995, quand des villes comme Westmount ont soudainement connu un accroissement de population majeur en quelques mois ou lorsque de 100 000 nouveaux électeurs ne disposant pas de carte d’assurance-maladie ont pu voter. En clair: tant que le Québec n’est pas indépendant, on ne peut pas espérer que le Canada joue franc-jeu et participe honnêtement au référendum: le pays fera tout pour sauver son unité et court-circuiter le processus démocratique québécois. Un ami, ancien attaché politique d’une influente ministre péquiste, me disait hier: « Avec un référendum avant l’indépendance, on donne deux chances à nos ennemis de nous battre: à l’élection et au référendum. » Il a raison.

Dans les faits, il faut se poser une question: sommes-nous en démocratie? Quand nous votons pour un gouvernement, nous voulons qu’il prenne des décisions, oui ou non? L’erreur de Lévesque (répétée par Parizeau) a été de vouloir ajouter un deuxième verrou de sûreté au processus démocratique. Par peur que le parachute principal ne se déploie pas, il s’est doté d’un parachute de secours qui s’est emmêlé et a précipité la chute. Il n’a pas eu confiance dans la suprématie du parlement, et ce fut une erreur fatale: à partir du moment où on rejette la violence, le parlement devient le haut-lieu démocratique et c’est à lui de prendre les décisions; c’est le parlement qui représente le peuple.

Voilà pourquoi la stratagème des référendums sectoriels de Pauline Marois est insuffisant. Par peur de se lancer dans le vide avec le même équipement déficient que ses prédecesseurs, elle espère rafistoler les vieux parachutes et se lancer d’un peu moins haut en espérant que la population se lasse et exige le vrai saut. Comme processus d’habituation aux chutes libres, ça peut aller, mais quand on se veut chef d’un parti se réclamant indépendantiste, ça sent la lâcheté à plein nez.

Le projet Lévesque a fait long feu. Il faut faire les choses différemment. Avant que nous ne soyons complètement assimilés par une immigration que nous ne contrôlons pas complètement et à cause de notre applatventrisme face à la langue anglaise, il est plus que temps d’agir. Donnons-nous les moyens de réaliser l’indépendance au parlement, haut-lieu de notre futur État, et laissons aux fédéralistes le loisir de s’obstiner entre eux quand la catastrophe annoncée n’aura pas eu lieu.

Le pire texte de Patrick Lagacé
10 novembre 2008

patrick_lagacePatrick Lagacé est un de mes blogueurs/journalistes préféré. Généralement, j’aime ce qu’il écrit. Mais son dernier texte est un des pires ramassis d’idioties et d’idées pré-digérées que je n’ai jamais lu de sa part.

D’abord, Lagacé qualifie Jean-Claude St-André de « pur et dur » parce que celui-ci veut un référendum sur la souveraineté. Mais… Pourquoi voterait-on pour le PQ s’il n’y a pas de référendum sur la souveraineté? L’indépendance devrait être la raison d’exister du Parti Québécois, le ciment qui doit unir les différentes factions du parti. Pas d’indépendance, pas de parti. Comment peut-on blâmer un individu, qui a été un fidèle député pendant onze ans de surcroît, de « pur et dur » comme on dirait radical ou extrémiste?

Par ailleurs, l’argument massu de M. Lagacé pour s’en prendre à Jean-Claude St-André est le suivant: celui-ci n’a obtenu que 0,9% des voix lorsqu’il s’est présenté à la tête du PQ en 2005, ce qui le rendrait suspect. Ce que Lagacé ne dit pas, c’est que c’est André Boisclair qui a gagné la course… en promettant un référendum rapide sur la souveraineté! Bref, d’un côté Lagacé reproche à St-André d’exiger un référendum rapide, mais d’un autre il le ridiculise en escamotant le fait que c’est un autre qui a gagné l’investiture justement avec cette promesse. Rarement a-t-on lu Lagacé faire preuve d’autant de mauvaise foi.

Voici un extrait de ce texte, publié dans la feuille de chou habituelle:

Ces souverainistes veulent un pays. Or, en multipliant les singeries, ils nuisent objectivement à la campagne du PQ. Ils embarrassent Pauline Marois. Ils attachent à son soulier Prada ce boulet qu’est le martyr St-André.

C’est ici que la logique des purs et durs ébahit l’observateur extérieur par sa complexité, mesdames et messieurs.

Car nuire à Mme Marois, c’est nuire au PQ. Nuire au PQ, c’est aider l’ADQ et le PLQ. Aider l’ADQ et le PLQ ne fait rien pour aider le PQ à gagner ces élections.

Vous me suivez?

On continue: au risque de passer pour un exalté, si les souverainistes veulent un pays, il faut nécessairement que le PQ forme le gouvernement. Parce que les chances que le PLQ ou l’ADQ organisent un référendum sont pour ainsi dire nulles.

Vous me suivez toujours?

O.K. Donc, en toute logique, les purs et durs devraient se rallier, poser des pancartes, espérer que le PQ gagne et, accessoirement, éviter de se faire hara-kiri pour un obscur ex-député.

Mais non. Les purs et durs, ce week-end, pour faire avancer l’idée de pays, ont choisi de… faire la guerre à Pauline Marois.

Bref, ils veulent gagner en scorant dans leur but.

Non, M. Lagacé, les indépendantistes ne compteront pas dans leur but. Ce que vous ne comprenez pas, c’est que ce ne sera JAMAIS le PQ qui réalisera l’indépendance. Le Parti Québécois ne croit plus au projet souverainiste, a envoyé aux calendes grecques l’idée d’un référendum et se contente d’en agiter le spectre comme on agite un os devant un petit chien-chien pour obtenir son attention à la veille des élections.

Je suis un indépendantiste, un « pur et dur » selon la définition de Lagacé, c’est-à-dire que je crois encore qu’il faut faire l’indépendance… pour faire l’indépendance. (N’est-ce pas ironique? On devient automatiquement un « pur et dur » dès qu’on souhaite des actions concrètes pour la souveraineté dans la logique de Lagacé) Mais je ne suis pas un péquiste. J’oserais: je ne suis pas un péquiste PARCE QUE je suis un indépendantiste. Le PQ n’a rien fait pour l’indépendance depuis treize ans, et je suis convaincu qu’il ne fera rien d’ici treize ans: le parti a transformé l’idée d’indépendance en marque de commerce assurant sa réélection chez des gens un peu naïfs qu’on exploite depuis des années.

Quand M. Lagacé aura compris que le Parti Québécois n’est plus le véhicule de l’indépendance, son analyse s’en portera beaucoup mieux. D’ici là, il est probable que nous lirons d’autres textes aberrants comme son dernier où il reproche à un fidèle militant de la première heure de vouloir appliquer l’article premier du parti. Le plus triste dans tout ceci, malheureusement, c’est que M. Lagacé contribue à la supercherie en laissant croire aux gens que de nuire au PQ c’est de nuire à l’indépendance. Car ce que ce dernier n’a pas compris, c’est qu’au-delà de l’homme, le rejet de Jean-Claude St-André constitue un puissant symbole: l’évacuation des meilleurs éléments indépendantistes du parti.

Voilà notre tâche à tous, indépendantistes, d’ici le 8 décembre: répéter ad nauseam que le Parti Québécois n’est plus un parti indépendantiste et que l’indépendance se fera sans lui, et si j’ose dire, contre lui. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui, comme le SPQ-Libre, tentent de ramener le PQ sur le chemin de la social-démocratie et de l ‘indépendance, mais je ne crois plus que le Parti Québécois soit réformable. Son élite a décidé qu’il valait désormais mieux obtenir l’aval de Power Corporation et de ses sbires que d’être au diapason avec ses membres et la population.

Les indépendantistes unis… contre Marois
9 novembre 2008

Disons-le tout de go: Jean-Claude St-André n’est pas un deux de pique au sein du Parti Québécois. Il a été membre du comité des jeunes pour le OUI en 1980 dans Anjou, secrétaire puis président du parti dans la même ville par la suite, membre du C.A. de la Société Saint-Jean-Baptiste en 1985-1986, conseiller à l’exécutif régional dans Montréal-Ville-Marie entre 1988 et 1992, attaché politique du député d’Anjou Pierre Bélanger en 1992-1993, directeur de la campagne référendaire dans l’Assomption en 1995, puis député du même comté de 1996 à 2007. Voici une icône, un monument du Parti Québécois. Une statue que Pauline Marois a arraché de son socle et poussé au sol pour la remplacer par une fausse idole parachutée qu’on espère imposer aux électeurs du comté. Une situation prévisible qui éclaire sur ce qu’est devenu le Parti Québécois de Pauline Marois.

En effet, rien ne me surprend dans cette bagarre lors de l’assemblée d’investiture de Scott McKay; c’était écrit dans le ciel que le parti allait encore une fois s’entre-déchirer. Ça va bientôt faire deux ans que je blogue et ça fait deux ans que je tiens le même discours: le Parti Québécois était à l’origine une coalition composée d’une aile-gauche, d’une aile-droite, et de militants indépendantistes « purs et durs ». Le seul ciment qui permet à des gens aux horizons si divers de continuer à cohabiter est la perspective d’un référendum sur l’indépendance du Québec. Pas de référendum, pas de cohabitation. En rejetant l’indépendance comme l’a fait Mme. Marois, elle fût à la source de ces conflits, bien davantage encore qu’en évinçant M. St-André de son comté.

Désormais, la leçon est acquise: le Parti Québécois n’est plus un parti indépendantiste. M. St-André a tout faux quand il affirme qu’il est « triste que des indépendantistes en viennent aux coups entre eux ». Des indépendantistes ne se sont pas battus hier; des indépendantistes ont affronté des immobilistes et des opportunistes du Parti Québécois. Le Parti Québécois de Pauline Marois n’est plus un parti indépendantiste, et on voit les premiers craquements dans la coalition qui permettait au PQ d’exister en tant que parti majeur. Les prochains à quitter seront probablement l’aile-gauche, quoi que Marois travaille fort pour ne pas les perdre.

J’aime bien l’analyse de Pierre JC Allard:

La valeur respective de St-André ni celle de McKay ne sont ici en cause, mais la question qu’on entend dans les tranchées de Verdun n’est pas tout à fait rhétorique. « Qu’est-ce que cette dame peut bien avoir dans la tête ? » Une dissension exposée sur la place. Ne veut-on vraiment pas reprendre le comté du vieux chef ? Madame contre Monsieur ? La question encore plus pertinente, en fait, serait de se demander à quoi pensait le Parti Québécois quand il la mis à sa tête cette dame qui n’en veut faire qu’à la sienne, en vert … et contre tous.

En effet, la véritable question est de savoir quelle mouche a piqué les péquistes lorsqu’ils ont mis à leur tête une vieille bourgeoise hautaine, arrogante et passéiste. André Boisclair s’est peut-être cassé la gueule, mais Marois est en train d’éclipser son prédécesseur en terme de destruction du parti. Car si le premier laissait suspicieux, la seconde incite ouvertement au mépris, voire à la haine.

On dit souvent que de chaque épreuve naît sa propre solution, que les plus belles fleurs poussent dans le fumier. Je ne sais pas ce que décidera M. St-André, mais il pourrait se présenter comme candidat indépendant ou – pourquoi pas? – au Parti Indépendantiste, car le Parti Québécois a préféré se passer d’un excellent candidat, apprécié de son comté et dont la seule faute a été de vouloir respecter l’article un du parti, et ainsi se débarrasser définitivement de ces indépendantistes qui n’ont plus leur place dans un parti devenu aussi fédéraliste que les deux autres clones de centre-droit.

Quand on renverse une idole, on attire le mauvais sort. Désormais, les plus farouches adversaires de Marois ne seront ni adéquistes ni libéraux, mais indépendantistes.

Doit-on se séparer de Quebec City?
21 juillet 2008

Il existe une culture de la médiocrité et de l’à -plat-ventrisme à Quebec City. Une haine et une jalousie de « Mourial » et de tous ceux qui sont fiers de ce qu’ils sont et qui s’affirment sans complexe et qui laisse l’arrière-goût amer du complexe d’infériorité qui afflige une ville qui fut un jour une capitale mais qui aujourd’hui n’est plus qu’une petite banlieue recluse vivant dans l’espoir de se faire reconnaître et apprécier par le vaste monde.

Quebec City me fait penser à un enfant orphelin, abandonné par sa mère-patrie, et qui désire avant tout se faire reconnaître et aimer et qui est prêt à tout pour cela. Même à renier sa culture, ses valeurs, et son histoire. Pourquoi Quebec City en est-elle rendue si bas?

Historiquement, quand les Anglais ont pris Québec, en 1759, cela a entraîné la fuite des élites françaises vers la France. Québec s’est donc trouvée isolée, sans élites, et la seule façon pour une grande partie de la population de survivre a été de s’amouracher des nouvelles élites anglophones et d’embrasser cette culture qu’on a appris à considérer comme supérieure. Cet à -plat-ventrisme s’est perpétué de génération en générations, et est-ce si surprenant de considérer que Quebec City fut un des endroits au Québec où les Québécois (francophones) ont voté en plus grand nombre pour le NON en 1995? Est-ce si surprenant de constater que c’est Quebec City qui a voté majoritairement pour l’ADQ en 2006? Et encore Quebec City qui a porté des Conservateurs au pouvoir?

Car Quebec City se fout des enjeux, se fout de la culture (quelle culture?), se fout de tout… Tout ce qu’elle veut, c’est se faire dire qu’elle est spéciale et unique. Elle veut voir Harper venir lui parler à elle et à elle seule (surtout s’il ne va pas à « Mourial » après!) ou Dumont lui chanter ses louanges. Quebec City veut être aimée et c’est tout ce qui compte pour elle. Et ceux qui représentent le gros village doivent agir en ce sens.

En effet, avez-vous regardé l’entrevue de Denis Lévesque avec Paul McCartney? Je l’ai écouté: c’était fascinant. Fascinant de voir un Denis Lévesque agir comme le roi-nègre d’une obscure colonie d’Afrique recevant un roi européen et lui poser des questions du genre: « Aimez-vous Céline Dion? Car nous sommes bien fiers d’elle! » (Et McCartney de répondre: elle vient du Québec?) Ou encore mieux: « Vous ennuyez-vous de votre femme? » (à€ quoi t’attends-tu comme réponse, le casque? « Non je ne m’en ennuie pas du tout, qu’elle crève en enfer la salope? » Du grand journalisme.) Un sujet devant sa majesté. Un colonisé. J’ai honte d’être Québécois quand je vois ça.

Et à qui avait-on droit en première partie du spectacle de sa majesté McCartney, payée grassement à même les fonds publics? à€ Éric Lapointe, aux Loco Locass, aux Cowboys Fringants, à Gilles Vigneault? à€ un hommage à Félix Leclerc? à€ quelque chose qui nous rappelle qu’on fête effectivement un peuple francophone et une ville francophone. Non. Ce furent les groupes The Stills (imposé par McCartney) et la très anglophile Pascale Picard (prononcer: Péskà´à´le Paà¯khà´rde ). Nous fêtons le 400e de l’établissement de la première ville francophone en Amérique du Nord et le spectacle est 100% anglophone. Quelle honte! Nous faisons vraiment rire de nous! (Voilà un argument qui pourrait toucher nos amis de Quebec City, pour qui tout ce qui compte est ce qu’en disent les autres… c’est comme ça quand on a peu d’estime de soi!)

Évidemment, les gens de Quebec City se trouvent des arguments pour défendre leur pathétisme culturel et leur à -plat-ventrisme linguistique. Ils accusent Montréal de jalousie, ils se disent ouverts sur le monde. J’ai des nouvelles pour vous, mes amis de Quebec City, mais l’ouverture sur le monde c’est aussi l’ouverture sur la diversité du monde, sur la multitude des peuples et des cultures, des histoires et des langues, des destins et des possibles. C’est tout sauf de se plier à la langue impériale anglaise et de se prostituer en acclamant des Pascale Picard ou des Simple Plan qui sont trop niais pour chanter leur réalité dans leur langue. L’ouverture d’esprit, c’est la volonté d’enrichir la culture mondiale en affirmant haut et fort sa propre culture (sans se fermer à celle des autres) et en n’ayant pas peur de se célébrer soi-même, non pas pour ce qu’on est, mais également parce qu’en se célébrant soi-même on contribue à assurer la diversité des cultures humaines! L’ouverture d’esprit, c’est tout, absolument tout sauf aller se brancher sur un spectacle anglophone et nier ainsi sa réalité.

Contrairement à ce que pensent certains bien-pensants, ce n’était pas qu’une histoire de McCartney et de ses ex-Coccinelles grisonnantes. Ce qui a fait autant réagir les gens (avec justesse!) c’est plutà´t parce qu’il s’agit d’un signe supplémentaire du peu de considération qu’a la ville de Quebec City pour notre histoire et du peu de respect qu’elle a pour nous. Elle se fout éperdument de son rà´le historique, de sa culture, de sa langue, de ses valeurs. Elle aurait invité Lord Durham à chanter le God Save the Queen si Durham avait été encore vivant. Elle se prostitue, mais c’est nous, notre culture, qu’elle vend ainsi à rabais.

Finalement, puisque tout ce qui compte pour les Quebec-cityois, quelle image a-t-on donné au touriste étranger venu dans la ville? L’image d’un endroit où il fait bon parler anglais, où l’histoire est sans importance, où même les artistes locaux chantent en anglais. L’image d’une ville sans fierté et dont la culture n’est pas différente de n’importe quel bled perdu au Mid-West. Une ville dont les seules particularités sont son architecture et le fait que les nègres locaux vous parlent avec un accent quand ils s’empressent de vous servir dans la langue de Shakespeare.

Et c’est cette ville-là que vous voulez pour capitale dans votre Québec indépendant?

Pas moi. Je crois que la capitale de notre pays doit être une ville qui nous rend fiers, et donc les citoyens sont conscients de leur histoire et de leur rà´le dans le monde. Une ville qui nous représente, qui nous donne envie de continuer à nous battre pour protéger notre langue et notre culture. Une ville qui s’estime assez pour voter elle-même pour le pays à créer.

Aujourd’hui, j’ai honte d’être Québécois. Honte d’être associé aux gens de Québec. Honte de ce spectacle aliénant qui transforme notre histoire en une petite parenthèse qu’il faut vite effacer pour s’intégrer au monde… anglo-saxon!

à€ lire: La petite noirceur

L’éternelle croisade de Chrétien
14 octobre 2007

Quand Chrétien écrit dans ses mémoires qu’une courte victoire du OUI en 1995 n’aurait pas suffi, il fait la démonstration la plus claire de toute l’hypocrisie des forces fédéralistes, qui acceptent la démocratie en autant que celle-ci soit de leur côté.

On objectera peut-être que 50,x% des votes, ça ne fait pas un fort pays puisque 49,x% s’opposent à celui-ci. Mais inversément, si le processus référendaire a lieu, c’est que le Québec est dans un entre-deux, et serait-il plus logique qu’il retombe dans le giron canadien si la majorité – si faible soit-elle – souhaite l’indépendance?

À un moment donné, il faut trancher, et la démocratie dit 50% + 1. Car ainsi on s’assure qu’on ne nuira pas à la majorité, ce qui est déjà un bel acquis.

Car à partir du moment où on affirme que 50% + 1 n’est pas assez pour faire l’indépendance, pourquoi accepterait-on le résultat de 1995, où 50% +60 000 – des votes frauduleux, ce qui a été démontré, car le référendum aurait été gagné sans cette fraude massive – a décidé du sort de notre nation?

La démocratie doit aller dans les deux sens…

Le doute
30 mai 2007

Le scandale d’Option Canada n’est pas un pétard mouillé, n’en déplaise à Jean Charest. De l’argent a été dépensé illégalement par le camp québécois du NON et nous avons maintenant la preuve que près de 10% du budget de cette option a été obtenu de manière illégale. Si le référendum avait clairement été gagné par le NON, il y aurait peu à écrire à ce sujet, sinon dans l’optique de préparer la prochaine consultation populaire.

Cependant, puisque l’écart a été si serré, si infime – à peine un demi pour cent – il devient difficile d’évaluer le poids qu’a eu l’argent illégal et de savoir si le résultat aurait été différent si le camp du NON avait respecté les règles du jeu. Combien d’affiches a-t-on pu se payer avec cet argent? Combien de réunions? Combien de publicités? Convaincre ou ne pas convaincre seulement 30 000 personnes aurait changé le résultat du tout au tout.

Et c’est là la principale conséquence de ce rapport sur Option Canada: il devient désormais possible pour les souverainistes de remettre en cause le résultat du référendum de 1995. Puisque les règles du jeu n’ont pas été respectées par le camp du NON et que le résultat a été aussi serré, le doute s’installe. Mais il y a pire encore.

Car ce qui est le plus important dans ce rapport, finalement, ce qui compte réellement, c’est ce qu’il ne dit pas. Il y a une impossibilité totale de savoir d’où provenait l’argent du camp du NON canadien qui a servi notamment à financer le fameux love-in quelques jours avant le vote. Puisqu’on ne peut retracer la source de cet argent, celui-ci doit donc être considéré comme illégal jusqu’à preuve du contraire. Combien est-ce que ça a coûté faire venir par avions, par trains, par autobus ces centaines de milliers de personnes? Et qu’aurait pu faire le camp du OUI avec de telles ressources?

En conséquence, désormais il n’est plus possible de considérer le résultat du référendum de 1995 comme étant valable.

Et la seule façon pour les fédéralistes de vouloir relégitimer ce scrutin serait de lancer une enquête publique et indépendante fédérale sur le sujet. Mais encore faudrait-il que les fédéralistes aient intérêt à vouloir faire la lumière. Qui sait ce qu’on trouverait en fouillant un peu plus cette histoire?

Parallèlement à cela, le Bloc Québécois vient de marquer de gros points auprès de la population québécoise en prouvant son utilité: c’est le seul parti au Canada qui désire que la lumière soit faite sur ces événements. Reste à espérer qu’il pourra continuer de marteler son message et qu’une enquête publique finisse par se tenir, pour dissiper le doute…

Consultation populaire ou référendum?
25 février 2007

On dit qu’en campagne électorale tous les coups sont permis et tout ce qui peut être exploité l’est. Pendant que Mario Dumont visite des fermes et promet à peu près tout et rien à la fois sans rien chiffrer à grand coup de phrases creuses et de clips, Jean Charest, lui, joue sur les mots pour essayer de prendre en défaut le PQ, qui a choisi le terme « consultation populaire » plutôt que « référendum » dans sa plate-forme électorale.

Sérieusement… Y a-t-il encore quelqu’un au Québec qui doute de la volonté du PQ de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec? La plate-forme parle de consultation populaire, mais un référendum, ou oublie que ça s’appuie sur la loi sur les consultations populaires… De toute façon, il est clairement question de pays, d’indépendance, de souveraineté.

Finalement, le changement de nom dans le programme est peut-être un bon coup, planifié par le PQ. On tend un piège à Charest, et on le force à discuter du programme du PQ. Et comme on dit: « parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi! »

On a tendance à l’oublier, mais si le PQ allait chercher tous les votes souverainistes, il récolterait 50% des suffrages. D’où l’urgence de parler d’indépendance, de souveraineté, de consultation populaire ou de n’importe quel autre synonyme signifiant la création du pays du Québec.

En centrant toutes ses attaques sur le mot choisi par le PQ, Charest est en train d’unifier les souverainistes et de contribuer à ramener dans le giron péquiste les indépendantistes déçus.