Pourquoi je ne voterai jamais Québec Solidaire
22 novembre 2008

Je suis un homme de convictions, personne ne pourra jamais en douter.  Comme je l’écrivais sur le blogue de Carl (mon blogueur préféré, mais dont je suis tout de même déçu de l’appui qu’il donne à Québec Solidaire, lui qui est de ma génération et qui doit être témoin des progrès réalisés par les femmes et des nouvelles inégalités qui frappent les hommes) j’ai beau aimer le programme proposé par Québec Solidaire, le seul parti qui semble réellement connecté avec la réalité de l’échec retentissant de l’économie néolibérale, mais je ne voterai pas pour ce parti.

En effet, autant j’apprécie leur sensibilité pour les gens ordinaires, la classe moyenne et les moins fortunés, je ne peux m’imaginer voter pour un parti aussi sexiste que l’est Québec Solidaire.  Soyons clairs, précis, et disons les vraies choses: un parti qui s’impose un quota de femmes candidats, c’est-à-dire qui choisit ses candidats en fonction non pas de leur compétence mais de leur sexe, c’est la définition texto du sexisme, et je ne mange pas de ce pain-là.

Contrairement au discours passéiste adopté par Françoise David, celle dont l’égo avait empêché de se joindre à l’UFP et l’avait incité à créer son propre parti avant de le fusionner avec celui de Amir Khadir, les choses ont beaucoup évoluées depuis quelques décennies.  Aujourd’hui, les femmes sont majoritaires dans la santé, dans l’éducation, et elles sont largement favorisées dans une foule de secteurs, que ce soit dans la justice ou en ayant un Conseil du Statut de la Femme qui les défendent.  Les jeunes femmes sont libérées, et ce sont les hommes qui font pâle figure à leurs côtés, une réalité qui ne semble pas déranger les vaginocrates de Québec Solidaire…

Qu’on le veuille ou non, la politique est un monde d’hommes.  Cela ne veut pas dire qu’on doit refuser les femmes, mais la politique est un sport extrême et il est normal que les hommes soient naturellement davantage portés vers un secteur de lutte agressive et d’échanges d’idées hyper-rationnelles que les femmes.   Si une femme se sent d’attaque et a les compétences requises pour se lancer en politique, bravo!  Mais de quel droit peut-on décider que les femmes doivent obligatoirement composer 50% de l’effectif de Québec Solidaire?  De quel droit peut-on se priver d’un candidat compétent sous prétexte qu’il est un homme?  Aurait-on idée d’imposer un quota de coiffeurs, d’infirmiers ou d’instituteur?  On crierait à l’injustice, et on aurait raison de le faire: on doit choisir les gens en fonction de leurs talents et non pas de leur sexe.

On pourrait pourtant me rétorquer qu’il s’agit d’un point mineur et que cette situation ne devrait pas m’empêcher de voir les points positifs proposés par le parti.  Je ne suis pas d’accord.  Cette façon de concevoir la politique ne m’inspire pas confiance et ne me lance pas le message que Québec Solidaire est un parti ancré dans le présent et relié à la génération montante.  Je reste sur l’impression d’un parti qu’on a oublié dans le passé et qui n’a pas su se débarrasser des vieux dogmes féministes radicaux qui empêchent une réelle égalité des sexes.

Je voudrais appuyer Québec Solidaire, mais je ne peux pas.  C’est plus fort que moi, mais je vois en Françoise David une ennemie, une femme du passé qui n’a pas constaté l’extrême chance des femmes d’aujourd’hui et qui analyse la société à partir d’un passé révolu au lieu de s’ancrer dans le présent et de représenter un espoir pour le futur de toute la société, les femmes comme les hommes.

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Le retour de Pierre Morin
19 septembre 2008

Ceux qui sont bien au fait de ce qui se passe sur la blogosphère se rappellent certainement de « l’affaire Élodie Gagnon-Martin », ce pseudonyme utilisé par Pierre Morin, un militant adéquiste s’ayant vu offrir le poste de troisième vice-président à l’Assemblée nationale suite à sa campagne (souvent haineuse) contre le Parti Québécois lors des dernières élections provinciales. J’en ai déjà parlé ici et ici. Le meilleur résumé de cette histoire appartient à Carl, selon moi.

Toujours est-il que j’ai découvert ce matin que M. Pierre Morin a recommencé à sévir sur la blogosphère. Son blogue Un blogue bleu Québec possède la même signature graphique, le même genre de texte, les mêmes attaques personnelles, etc. Seule différence: M. Morin a placé une petite photo (que dis-je, une caricature de photo) en bas à droite de son blogue, une photo qui n’est évidemment pas la sienne, pour tenter de brouiller les pistes.

Certains diront peut-être: et alors? Alors, ce type est payé par l’État québécois et travaille à l’Assemblée nationale. Son mandat doit être de s’occuper du bon fonctionnement du parlement et de l’appareil administratif, pas de bloguer à temps plein pour s’attaquer aux adversaires politiques de son Parti Conservateur chéri. Ce faisant, il détourne les impôts que nous lui versons généreusement (nos impôts!) pour faire un travail de propagande qui ne devrait pas être le sien.

Évidemment, tout le monde a le droit de militer comme il l’entend dans sa vie privée. Mais quand on obtient un poste de prestige demandant une apparence de neutralité et d’impartialité il est important de ne pas abuser de la confiance du public en mélangeant le travail pour la collectivité (ce que Pierre Morin devrait faire pour gagner son salaire) et son travail de militant pour sa petite personne. Quand on doit être au-dessus de tout soupçon et qu’on est payé par le contribuable québécois, on doit résister à l’appel du militantisme (surtout sur les heures de travail) et ne pas oublier que 65 à 70% de ceux qui paient son salaire ne voteront pas pour le Parti Conservateur.

La dernière fois, Pierre Morin avait rapidement fermé son blogue après que le journaliste Antoine Robitaille l’eût traqué et que l’histoire se soit retrouvée dans les médias de masse.

Reste à espérer qu’il aura la même sagesse cette fois-ci ou que son chef, Mario Dumont, saura le ramener à l’ordre en exigeant sa démission.


On reconnaît le style

Les subventions à la culture sont rentables
5 septembre 2008

Je dois vous faire un aveu: je lis parfois le Journal de Montréal. Oui, ça m’arrive, au travail, quand quelqu’un laisse traîner une vieille copie datée de quelques jours. Le Journal de Montréal, ça se lit bien en mangeant; le plus souvent c’est tellement vide qu’on n’est jamais rassasié. Sauf que cette fois-ci il y avait un texte plus que consistant et intéressant. Est-ce un hasard quand on affirme que la qualité des pages éditoriales semble s’être améliorée depuis le départ de Nathalie Elgrably?

La chronique de Geneviève Lefebvre portait sur les récentes coupures du gouvernement Harper dans la culture et sur les réactions d’une certaine catégorie de citoyens aux idées plus ou moins organisées qui se réjouissent des souffrances de nos artistes.

Même si je ne suis pas tellement chaud à l’idée de quantifier et de chiffrer la culture, et que ma position se rapproche davantage de celle d’un Bourgault pour qui « la culture est un fourre-tout indescriptible où chacun s’amuse à tenter d’y trouver son compte, à défaut de quoi on peut au moins tenter d’y découvrir son plaisir », je reste sensible aux arguments économiques de Mme. Lefebvre:

Selon le Conference Board du Canada, l’industrie culturelle vaut 7,5 % du PIB. Le rapport stipule qu’en 2007, le secteur culturel canadien a reçu 7,9 milliards de dollars en subventions, mais qu’il a engendré des bénéfices directs et indirects de 84,6 milliards. C’est ce qu’on appelle un excellent retour sur l’investissement.

À l’évidence, un tel argument économique est facile, peut-être un peu trop facile. Mais il reste qu’à long terme il peut être extrêmement rentable de subventionner les artistes. Il faut simplement être en mesure de voir un peu plus loin que le bout de son nez. Grâce au retour sur l’investissement des subventions culturelles, ce sont nos écoles, nos hôpitaux, nos routes qu’on peut se payer. Mme. Lefebvre cite l’exemple du Cirque du Soleil pour démontrer pourquoi il faut penser à long terme:

À ses débuts en 1984, le Cirque du Soleil a reçu un coup de pouce d’un certain René Lévesque avant de s’affranchir totalement de l’aide de l’État en 1992. Son siège social est toujours à Montréal et l’entreprise fait travailler des milliers de gens de chez nous à travers le monde. Créateurs et concepteurs qui payent leurs impôts ici, évidemment. Guy Laliberté n’est pas le seul à vouloir exporter les immenses talents qui sont les nôtres, tout en visant une rentabilité économique. L’ironie, c’est que si la culture engendre des profits pour beaucoup de monde, les artistes, eux, ne sont que 2,4 % à voir leur revenu annuel dépasser la barre des 50 000 $.

Ainsi, si on n’avait pas subventionné le Cirque du Soleil à ses débuts, ferait-il notre fierté aujourd’hui partout dans le monde? Ce petit coup de pouce a été extrêmement rentable pour l’État québécois. Qu’est-ce qui nous assure que ce n’est pas le prochain Cirque du Soleil qu’on est en train d’affamer en s’attaquant aux artistes? Martin Petit l’explique d’ailleurs très bien sur son blogue:

Quand on parle de financer la culture on ne parle pas de donner plus à Céline ou Louis-José Houde. On parle des danseuses des ballets canadien, on vise des entreprises à risque comme le théâtre, la danse moderne, et aussi la formation de la relève culturelle via les coupures à l’INIS et par la bande à la SAT.

En somme, aider les artistes, c’est s’aider soi-même. C’est assurer la capacité de notre culture à rayonner dans le monde et à se projeter dans le temps. Nous sommes minoritaires dans un océan de culture hollywoodienne; sans subventions, nous nous ferions purement et simplement avaler. En ce moment, le monde entier est fasciné devant cette incroyable capacité culturelle de ce petit peuple québécois d’à peine sept millions d’âmes. Nous projetons nos films en masse en France, nos artistes y remplissent des salles ou des stades, nous occupons Las Vegas pendant des mois, voire des années. Nous impressionnons le monde.

Et c’est cela que le gouvernement Harper espère détruire. RadiCarl exprime très bien mes craintes à ce sujet:

Un régime politique qui dénigre l’importance de la culture dans une société, un régime qui vise les intellectuels et les créateurs, chez moi ça sonne les petites clochettes de l’histoire… ai-je vraiment à vous dire que c’est inquiétant?

Au fond, Harper espère peut-être simplement nous imposer « sa » vision de la culture. J’aime bien la conclusion du Québécois déchaîné à ce sujet:

Voulons-nous aller vers une société où l’on prône la culture des moutons lobotomisés avalant sans recul tout ce qu’on nous propose ? Harper veut-il un peuple de Télétubies qui consomment de la culture prémachée et uniforme ? Le monsieur au beau sourire de requin aime la culture mais pas la vôtre, la sienne : la culture de l’argent.

De l’argent qu’on ne va peut-être plus avoir dans une décennie, faute des retombées culturelles et des impôts payés par des artistes très prometteurs qui auront dû renoncer à leurs rêves à cause de ces coupures. Heureusement, il nous restera toujours le Journal de Montréal, quand notre culture se résumera à une peau de chagrin miteuse.

À l’aube d’une campagne électorale, voilà quelque chose à quoi il me semble important de penser, avant de voter pour un parti ne veut pas notre bien..

AJOUT: Je constate avec déplaisir que je me suis trompé: Nathalie Elgrably continue de propager ses idioties dans le Journal de Montréal. À ce sujet, je vous conseille fortement le dernier texte de Jimmy où celui-ci démolit littéralement les arguments de l’ex-présidente de l’IEDM qui affirme qu’en réduisant le rôle de l’État dans l’inspection des aliments on obtiendrait une meilleure inspection des arguments. Au contraire, c’est précisément parce que l’Agence d’inspection des aliments laisse trop de latitude aux entreprises qu’une telle crise de listériose a été possible! Dans tous les cas, allez lire le texte de mon ex-collaborateur. Tiens, je l’aime tellement que je mets un autre lien vers son blogue!

Journalisme citoyen
4 juin 2007

J’aimerais vous inviter à visiter le site RadiCarl.net qui fait une critique de ce blogue et des textes de l’auteur de ces lignes. Il est stimulant de constater l’impact que peu avoir le journalisme citoyen et l’intérêt que peut générer une synergie du type de celle qu’il y a sur ce blogue et à laquelle participent activement Jimmy et Renart!

Je reproduis ici le dernier paragraphe:

Mais bon, peu importe l’actuel fonctionnement des communications dans notre système, l’impact social d’Lelectronlibre.net est de bon augure pour l’évolution de l’esprit collectif québécois. Il est maintenant équivoque : les internautes se relayant l’information librement deviennent en soit un vaste réseau médiatique informel, si bien que maintenant, la ligne se rétrécie entre le journalisme citoyen et le journalisme professionnel. De la sorte, à l’heure de la convergence des médias de masse, l’authentique journalisme trouvera peut-être son salut dans cette nouvelle dynamique.

Et vous, croyez-vous que le blogue, ou le journalisme citoyen entièrement indépendant, peut effectivement être appelé à jouer un rôle social, à influencer le cours des choses, à faire obstacle à l’information pré-mâchée et souvent aseptisée des médias de masse?

En d’autres mots: est-ce que ce ne sont que des mots perdus dans l’ether ou peuvent-ils résonner dans les esprits et les consciences de la multitude?