L’incroyable racisme de la minorité la plus choyée au monde (image)
5 septembre 2012

« Je n’entretiens aucun doute sur le caractère national qui doit être donné au Bas-Canada; ce doit être celui de l’Empire britannique, celui de la majorité de la population de l’Amérique britannique, celui de la race supérieure qui doit à une époque prochaine dominer sur tout le continent de l’Amérique du Nord. Sans opérer le changement ni trop vite ni trop rudement pour ne pas froisser les esprits et ne pas sacrifier le bien-être de la génération actuelle, la fin première et ferme du Gouvernement britannique doit à l’avenir consister à établir dans la province une population de lois et de langue anglaises et de n’en confier le gouvernement à une Assemblée décidément anglaise. »

— Lord Durham

« C’est à notre existence même qu’on en veut et nous serons d’autant plus attaqués que nous serons plus dignes de vivre. »

— Olivar Asselin

« Ici, plutôt que de diminuer en s’élevant dans la hiérarchie – signe d’une intégration vers la langue commune – les services à la minorité s’élargissent et intègrent à eux une partie de la population de la langue majoritaire. Cette situation, selon notre analyse et au mieux de notre connaissance, est quasi-unique au monde. Nulle part ailleurs ne trouve-t-on une juridiction nationale détenant le pouvoir dans le domaine de l’éducation et utilisant ce pouvoir pour favoriser l’intégration dans une langue minoritaire. Le socio-linguiste Jacques Leclerc n’hésite pas à affirmer que d’une manière globale, mais également en relation aux services scolaires qu’ils reçoivent, « cette communauté jouit d’une situation sociale tout à fait exceptionnelle pour une minorité » (Leclerc, 2010). »

Apartheid universitaire, Éditions Louise Courteau, 2012.

Un attentat à la hauteur du racisme canadien-anglais
5 septembre 2012

On n’a pas cessé de parler de la radicalisation des médias anglophones canadiens, qu’ils soient hors-Québec ou à Montréal. On comparait le Parti québécois au Front national français, on le qualifiait de xénophobe, on ouvrait toutes les tribunes aux plus exaltés parmi les exaltés, crachant leur haine d’un Parti québécois associé au Troisième Reich. On pleurait sur le sort des pauvres anglophones opprimés qui — SCANDALE ! — devraient apprendre la langue des Québécois avant d’obtenir la citoyenneté québécoise.

Même un parti comme Québec solidaire a participé à ce festival de la Piñata-PQ en accusant le parti d’être du « nationalisme ethnique ». On a démonisé un parti avec des propositions certes courageuses sur la langue, mais très timides en comparaison de ce qui se fait ailleurs dans le monde.

Et après, on s’étonne qu’un déséquilibré mental prenne une arme et commette un attentat contre Pauline Marois en criant : « Les anglais se réveillent ! » ?

Bien sûr, on dira simplement : « Il était fou ». C’est simple. Ça nous rassure.

« J’espère qu’elle se fera tirer ».

Mais la vraie question est : « Pourquoi ce fou agit-il maintenant, si ce n’est parce qu’on l’a suffisamment excité ? »

« J’espère que quand Pauline se fera tuer, tu la suivras. Stupides Québécois ».

À lire les médias de langue anglaise du Canada, depuis un mois, on en arrivait presque à l’impression que délivrer le Québec du Parti québécois était un impératif moral. On a excité le racisme des anglophones d’ici jusqu’à le rendre acceptable. Et après l’attentat, les messages de nombreux anglos qu’on pouvait lire sur la page Facebook du Parti Québécois, loin d’être de sympathie et de respect, ressemblaient plutôt à des appels à la haine du genre : « J’espère qu’elle se fera tirer ». (Kelsey Kazant)

C’est ce vieux fond de racisme qui est à la base de cet attentat politique. Oui, l’homme était sans doute déséquilibré, mais le résultat est qu’un homme est mort, qu’il est mort pour des raisons politiques, et que les médias de langue anglaise ont contribué à cette mort.

« Pourrions-nous nous débarrasser des francophones ? C’est tout ce que je veux. »

Non, désolé, ce n’est pas aux Québécois à se regarder dans le miroir ce soir.

« Il est possible qu'une quantité injuste de Québec-bashing a pu conduire cet homme à commettre ce geste dégoûtant. »

« Il est possible qu’une quantité injuste de Québec-bashing a pu conduire cet homme à commettre ce geste dégoûtant. »

Ce soir, ce sont les anglophones qui font face à leur propre racisme, à leur ingratitude, à leur incapacité à reconnaître que le Québec est (trop) généreux avec eux, allant jusqu’à tolérer ce qui serait inacceptable partout ailleurs sur cette planète.

« Jour 1. Pas morte. Nous avons encore beaucoup de journées pour la tuer ».

« Jour 1. Pas morte. Nous avons encore beaucoup de journées pour la tuer ».

Nous ne forçons personne à vivre ici. S’ils ne sont pas heureux, ils peuvent aller n’importe où ailleurs sur cette planète.

« Je donne un mois à cette salope avant que quelqu'un qui vise mieux fasse ce qui doit être fait ».

« Je donne un mois à cette salope avant que quelqu’un qui vise mieux fasse ce qui doit être fait ».

Le seul problème : il est peu probable qu’ils trouvent un peuple aussi mou que nous, allant jusqu’à surfinancer leurs institutions et acceptant de se laisser mépriser jour après jour après jour après jour après jour…

« Parle anglais ou meurs. »

« Parle anglais ou meurs. »

Le racisme croissant des jeunes anglos
23 mars 2012

Le sondage CROP commandité par L’Actualité est catastrophique mais peu surprenant : 74% des jeunes anglophones du Québec s’opposent aux dispositions centrales de la Loi 101, 77% voient d’un bon œil l’anglicisation de Montréal et un spectaculaire 79% croient qu’ils n’ont pas à contribuer à la vitalité de la langue française au Québec. Aurait-on voulu mieux illustrer le racisme croissant de la minorité anglophone du Québec qu’on aurait eu de la difficulté à le faire.

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Fait intéressant : les positions des jeunes anglophones à l’égard du français sont beaucoup plus radicales et hostiles que celles des anglophones plus âgés. Oubliez la vieille madame de chez Eaton ou le Rhodésien de Westmount : le racisme et la haine anti-québécois se vivent maintenant en plein jour au cœur de quartiers historiquement populaires. Alors que leurs aînés semblent ressentir tout au moins une petite gêne à l’idée qu’on puisse mépriser les valeurs de la nation québécoise, les jeunes anglophones du Québec exposent leur haine du Québec français comme un étendard.

Quiconque connaît moindrement notre histoire ne devrait pas se surprendre d’une telle situation. Depuis des siècles, le racisme anti-québécois de cette minorité repue et satisfaite a constitué la toile de fond où se tramaient les vicissitudes de leur quotidien. En 1849, par exemple, ce sont ces mêmes suprématistes haineux qui ont mis le feu au parlement de Montréal parce que celui-ci voulait indemniser les agriculteurs victimes des troubles reliés à la Révolte des Patriotes. En 1900 après la victoire des Anglais dans la guerre des Boërs, les mêmes orangistes reliés à l’Université McGill ont commis une émeute, arrachant tout ce qui était le moindrement francophone, chantant le Rule Britannia et hissant l’Union Jack à l’Hôtel de Ville. En 1970, les mêmes racistes se félicitaient qu’on suspende la liberté de tout un peuple, qu’on emprisonne des poètes, des syndicalistes, des leaders étudiants, des politiciens.

Quiconque n’apprend pas de son passé est condamné à le revivre, dit l’adage. Qu’avons-nous appris, exactement, quand nous tolérons que des anglophones vivant ici continuent, en 2012, de mépriser nos valeurs fondamentales ? Qu’avons-nous appris quand nous acceptons de cohabiter avec des gens qui n’ont ni le désir de respecter nos lois, ni le désir de participer à notre existence et encore moins le désir de nous voir survivre en tant que collectivité ?

Nous n’avons rien appris parce que nous avons oublié que nous sommes un peuple en lutte. Nous agissons comme si nous étions souverains, mais pour l’anglophone qui vit ici nous ne sommes qu’une province, du latin pro victis qui signifie territoire des vaincus. Le jeune anglophone qui vit ici ne voit pas en nous une nation, mais une simple minorité canadienne ayant le culot de tenter d’imposer un aménagement linguistique comparable à ce qui se fait ailleurs dans le monde. Pire : cet anglophone est témoin de ceux des nôtres qui, profondément aliénés, contribuent à affaiblir la portée de notre langue.

Nous ne comprenons pas que le jeune anglophone n’a aucun désir de s’intégrer. Il voit notre langue et il voit une langue faible. Il regarde notre peuple et il voit un peuple vaincu. Pour lui, la Révolution tranquille ne constitue qu’une parenthèse dans l’histoire d’un peuple ne méritant que de disparaître en silence. Le français, la Loi 101, nos valeurs ? Rien à foutre. Jour après jour, il se nourrit des immondices haineuses publiées dans un torchon comme The Gazette. Il s’éduque dans une université surfinancée comme McGill. Il se fait soigner dans sa langue dans des hôpitaux surfinancés. Il voit un mégahôpital anglophone de près de 1,5 milliard de dollars s’ériger dans la cour Glen. Sa langue est maîtresse.

Pierre Falardeau disait que lorsqu’on se tient debout, on ne se fait pas aimer, mais on se fait appeler « monsieur ». Voilà notre problème. Nous avions appris à toute une génération d’anglophones à nous respecter. Or, depuis 1977, nous n’avons cessé d’édulcorer notre Loi 101, de réduire jusqu’à l’insignifiance la portée de notre aménagement linguistique, de faire le dos rond aux anglophones, de leur montrer patte blanche, de cochonner de bilinguisme tout ce que nous touchons. Nous nous croyons un peuple mature en paix avec sa minorité anglophone, mais nous oublions que cette minorité québécoise se considère comme une majorité canadienne et que celle-ci n’aura de paix que lorsque sa langue sera la seule valable sur tout ce continent.

Cette haine et ce racisme anti-québécois doivent servir à quelque chose : nous rappeler que l’objectif du peuple québécois ne doit pas être d’être aimé, mais d’être respecté. Nous n’avons pas à obtenir l’assentiment de notre minorité pour quelque décision que ce soit. Nous n’avons pas à continuer à tolérer le surfinancement de ses institutions ou le mépris de nos valeurs et de nos lois.

Nous avons le devoir d’agir avec force, vigueur, et d’imposer le respect à cette minorité de racistes non seulement en renforçant la Loi 101, mais également en mettant la hache dans les institutions permettant la transmission de leur mépris.

Stéphane Gendron est un ignare (1ère partie)
6 mars 2012

Ça m’étonne toujours. Même trente-cinq ans après l’entrée en vigueur de la Loi 101, il se trouve toujours des gens pour affirmer que le fait de fonctionner, au Québec, dans la langue des Québécois, est raciste. Stupéfiant. Les arguments apportés par Stéphane Gendron et le conseil municipal d’Huntingdon qu’il a mis à sa botte sont encore plus surréalistes.

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Par exemple, Huntingdon affirme qu’elle n’a pas à se conformer à la loi parce que le« gouvernement pratique lui-même une politique de bilinguisme ». On dirait un enfant qui se lamente de sa punition en affirmant que son petit voisin a fait bien pire. Oui, le gouvernement du Québec a largement bilinguisé ses services ; ce n’est pas une raison pour faire la même chose. Cette anglicisation que nous impose le gouvernement Charest est elle-même réfutée dans de nombreux cas : on n’a qu’à penser au registraire des entreprises et à la CSST, à qui l’Office québécois de la langue française (OQLF) demande maintenant de servir les entreprises dans la langue nationale. Qu’on se comprenne : le fait que le gouvernement manque de respect à la langue nationale des Québécois ne peut pas constituer une justification à faire la même chose au niveau municipal !

Autre argument bidon : la Loi 101 serait raciste parce qu’elle ne pourrait pas servir les citoyens « dans la langue de leur choix ». Ne trouvez-vous pas cela d’une stupidité innommable ? Depuis quand le fait de s’adresser aux citoyens dans la langue nationale constitue-t-il du racisme ? Est-ce que les États-Unis sont racistes parce qu’ils s’adressent à leurs citoyens en anglais ? Est-ce que la Wallonie, en Belgique, est raciste parce qu’elle s’adresse à ses citoyens en français ? Est-ce que les cantons germanophones de Suisse sont racistes parce qu’ils s’adressent à leurs citoyens en allemand ? Est-ce que la Russie est raciste parce qu’elle s’adresse à ses citoyens en Russe ? Est-ce l’État associé d’Aland, en Finlande, est raciste parce que tout s’y fait en suédois ?

Quelle connerie monumentale !

En fait, on pourrait dire que c’est Stéphane Gendron lui-même qui est raciste selon cette définition. Le profil des communautés 2006 de Statistique Canada nous apprend que 75 des 2525 habitants de Huntingdon ont une langue maternelle autre que le français et l’anglais. Pourquoi la ville ne communique-t-elle pas avec ces citoyens en russe, en arabe, en espagnol, ou dans la langue de ces gens ? Pourquoi se contenter du français ou de l’anglais ?

Dit autrement : en quoi le fait de s’adresser à ces gens en français seulement serait du racisme, mais de le faire en français et en anglais ne le serait pas ? Dans les deux cas, on s’adresserait à ceux-ci dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle. Pourquoi l’utilisation d’une seule langue non-maternelle serait raciste, mais l’usage de deux ne le serait pas ?

La vérité, c’est qu’il existe un vieux fond raciste à Huntingdon. Ce n’est pas la Loi 101 qui en soit l’expression, mais plutôt ce refus obstiné, borné, haineux, d’une partie de la population de fonctionner dans la langue normale, officielle et nationale des Québécois. Ces vieux racistes, qui ont trouvé dans un colonisé comme Stéphane Gendron l’expression de leur haine à l’égard des Québécois, sont un obstacle au vivre-ensemble non seulement à Huntingdon, mais également dans l’ensemble du Québec.

Les accusations de racisme ne devraient pas être prises à la légère. Voici pourquoi j’invite M. Gendron à dénoncer les pays et nations suivants pour leur « racisme ». Pourquoi se contenter du Québec ? Voici d’autres coupables de racisme :

  1. Suisse : Jura, Neuchâtel, Vaud, Genève. Ces quatre cantons francophones, dans une Suisse majoritairement germanophone, n’offrent aucun service en allemand à leurs citoyens. Tout s’y fait en français. Quel racisme  !
  2. Californie. L’article 3 de la Constitution californienne de 1989 a consacré l’anglais comme seule langue officielle de l’État de la Californie. Racisme !
  3. Nouveau-Mexique : Les 14,5% d’hispanophones nés dans cet État n’ont pratiquement aucun droit, aucun réseau d’éducation, aucun accès à la justice ou à la santé dans leur langue. Par contre, les 5,6% d’anglophones dans la même situation au Québec ont accès à tout ceci et même davantage.  Racisme, racisme !
  4. Slovaquie : La minorité hongroise formant 11% de la population n’a pas accès à des services universitaires dans sa langue. Quel racisme !
  5. Lettonie : On force la minorité russe à apprendre le letton dans les écoles et à suivre près de 60% de leurs cours  en letton. Hitler, sors de ce corps !
  6. France : La loi Toubon oblige l’affiche en français. Racisme !
  7. Belgique : Les citoyens de langue maternelle française n’ont aucun service en français dans toute la partie flamande du pays. Racisme, racisme !
  8. Îles Féroé : Ces îles appartenant au Danemark, fonctionnent quasi-exclusivement en féroïen et les citoyens de langue danoise n’ont pour ainsi dire pas de services dans leur langue. Racisme, racisme, racisme !!

Si Stéphane Gendron avait les yeux un peu moins centrés sur son propre nombril, il verrait que c’est une normalité MONDIALE que de fonctionner dans la langue nationale. Même des nations vivant au sein de pays ayant une autre langue majoritaire imposent leur langue pour assurer la survie de celle-ci et une meilleure cohésion sociale.

Ainsi, si Gendron et ses larbins du conseil municipal de Huntingdon désirent s’opposer à ce qu’ils perçoivent comme du racisme, qu’ils aient au moins l’honnêteté de le faire à tous les niveaux. Qu’ils organisent une coalition internationale contre le racisme. Qu’ils fassent la leçon à l’ensemble de la planète, eux qui se pensent si supérieurement brillants.

Quand Gendron et ses porte-valises adoptent la victimisation des anglophones vivant au Québec, ils participent à une œuvre de destruction de l’intelligence. Ils méprisent l’ensemble des aménagements linguistiques dans le monde. Ils adoptent une vision ethnocentrique et renfermée typique de la minorité anglophone du Québec, tellement centrée sur elle-même qu’elle ne se rend pas compte à quel point la Loi 101 est une loi linguistique FAIBLE en comparaison de ce qui se fait ailleurs.

Aucune minorité linguistique sur CETTE PLANÈTE ne jouit d’autant de droits que la minorité de langue anglaise du Québec. Celle-ci est assise sur des institutions d’éducation sur-financées, sur un service de justice dans sa langue, sur des hôpitaux sur-financés. Et voilà – NOM DE DIEU DE NOM DE DIEU – qu’elle serait victime de racisme parce que la ville de Huntingdon lui annoncerait la fermeture de l’aréna municipal à 21h00 plutôt qu’à 9 P.M.

Cette insulte à l’intelligence d’une minorité de bébés gâtés ayant coopté un maire en mal de narcissisme médiatique doit être remise dans son contexte : il s’agit du cri du cœur désespéré de Rhodésiens jouissant des plus grands privilèges sur cette Terre et désirant en obtenir encore davantage.

Cette formidable farce doit se terminer.

Il y a une langue commune, officielle et rassembleuse au Québec : c’est le français. Nous avons autant le droit d’imposer notre langue chez nous que toutes les nations sur cette planète le font chez eux. Nous avons même LE DEVOIR de le faire, et ainsi de participer à l’intégration des minorités et à la cohésion sociale.

La Loi 101 est la plus grande des lois anti-racisme. Elle s’oppose à cette séculaire haine anti-québécoise qui, par le pouvoir de l’argent d’une minorité anglophone repue et extrémiste, réussit à se payer des carpettes comme le maire Gendron pour nous forcer à nous mettre à genoux et à renier la seule Loi qui nous sépare du précipice de l’assimilation.

Dans les prochaines semaines, je vais aller à Huntingdon avec une caméra à la main et un formulaire de plainte à l’OQLF dans l’autre.

Je vous invite à faire la même chose.

Mettons fin au racisme anti-québécois : appliquons la Loi 101 ! Que dis-je ? Renforçons-la !

Et mettons un point final à la carrière d’un idéologue anglomane et ignare comme Gendron.



Vous pouvez lire la seconde partie en cliquant sur ce lien.

Le délire persécutoire des extrémistes anglophones
9 janvier 2011

Il est surprenant de constater qu’il existe encore, en 2011, une frange de la population minoritaire anglophone du Québec n’ayant pas pris acte et accepté le caractère français du Québec, tel qu’institué en 1977 par la Charte de la langue française. Pleurant leur sort de minorité « opprimée » sur Facebook, sur les blogues, sur leurs sites racistes, en appelant à l’ONU pour que cesse le « nettoyage ethnique » du « Kebekistan », ils tentent même présentement d’organiser une manifestation contre la Loi 101 en avril prochain. Leur délire persécutoire n’a d’égal que leur ignorance absolument totale du sort des autres minorités dans le monde et du fait qu’il serait difficile de trouver une minorité plus choyée que la leur.

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Pour une population totale d’à peine plus de 400 000 anglophones nés au Québec – la minorité anglophone historique -, les anglophones disposent pourtant de plus d’une quinzaine d’hôpitaux, d’écoles primaires, secondaires, du plus gros cégep au Québec, de l’université la mieux financée, de plusieurs dizaines de villes bilingues, de services gouvernementaux largement bilingues, de commerces les servant dans leur langue, de groupes de défense, d’un gouvernement fédéral finançant généreusement leurs institutions, d’une Cour suprême vaillant au grain afin de les défendre. Un peu plus et on leur construit un TGV en or vers l’Ontario.

Connaissez-vous une seule minorité au monde jouissant de tels privilèges? Pas moi. Ou si peu. Il est possible que les Rhodésiens aient eu de tels avantages, mais ceux-ci n’ont pas perduré dans le temps, contrairement à ceux des anglophones du Québec. Si la minorité anglophone du Québec avait une plus grande connaissance du monde, si elle cessait de vivre repliée sur elle-même dans un sempiternel complexe de supériorité vis à vis d’autochtones québécois refusant d’accepter de disparaître, elle se rendrait compte de l’incroyable chance dont elle jouit. Elle serait même peut-être un peu honteuse de l’ampleur des avantages dont elle dispose.

En Suisse, par exemple, où la population germanophone forme plus de 60% de la population, de nombreux cantons sont unilingues francophones, ne dispensant virtuellement aucun service dans la langue majoritaire au pays. Loin d’en appeler au génocide parce que les cantons de Jura, Neuchâtel, Vaud et Genève fonctionnent intégralement en français, les locuteurs germanophones acceptent leur qualité de minorité et comprennent qu’ils ont le loisir de déménager dans un canton germanophone s’ils veulent des services dans leur langue.

En Belgique, également, où la population néerlandophone compose près de 55% de la population totale, ses locuteurs ne disposent d’aucun droit dans toute la Wallonie (à l’exception de « communes à facilités » offrant une certaine forme de bilinguisme et d’où origine la majorité des conflits linguistiques). En clair, ils sont peut-être majoritaires dans l’ensemble du pays, mais la Wallonie fonctionne exclusivement en français. La minorité flamande accepte son sort sans broncher, sachant qu’elle peut aller vivre en Flandre si elle le désire.

Même chose pour la province d’Åland, appartenant à la Finlande. Bien que la langue officielle de la Finlande soit le finlandais, tous les services d’Åland sont offerts exclusivement en suédois. On offre pourtant des services à la minorité finlandaise, c’est-à-dire des traducteurs! Imaginez-vous le scandale que cela ferait au Québec?

Idem pour les îles Féroé, appartenant au Danemark mais où presque toutes les institutions fonctionnent en féroïen. Vous ne verrez jamais un locuteur danois des îles Féroé parler de nettoyage ethnique, car il est entendu que ce territoire est principalement féroïen. Un locuteur désirant parler le danois a le loisir de déménager au Danemark.

Il serait possible de citer des dizaines d’autres exemples du genre – notamment de pays ou nations démocratiques n’allouant que des peccadilles à leurs minorités – mais ce serait inutile. Ce n’est pas tant à nos lois ou à ce qu’ils perçoivent comme un manque de respect à leur égard que certains anglophones en ont; c’est à notre existence en tant que collectivité francophone d’Amérique du Nord qu’ils en veulent. Au-delà de l’affichage ou des mesures scolaires, ils refusent d’accepter l’article premier de la Loi 101: « Le français est la langue officielle du Québec ». Près de trente-quatre ans après le dépôt de la Loi 101 par Camille Laurin, cette simple réalité d’un État dans l’État, d’un Québec unilingue français dans un Canada offrant un français de façade pour mieux assimiler sa minorité francophone leur est inacceptable.

Robert Laplante parlait de ce phénomène comme étant celui de la « double-majorité »: la minorité anglophone du Québec refuse d’accepter son statut de minorité au Québec et s’accroche à son désir ancien de former de nouveau la majorité canadienne au Québec. D’où son attachement à des institutions sur-financées, que ce soit McGill ou le méga-hôpital de 1,5 milliards qu’on lui construit à nos frais, ce qui la conforte dans son statut majoritaire, voire colonial. Chaque école, chaque hôpital, chaque présence institutionnelle anglaise sont considérés comme autant de drapeaux plantés dans le cœur de la majorité québécoise afin non seulement de l’affaiblir, mais de faire reconnaître la primauté de la majorité anglophone canadienne sur celle-ci.

Or, puisque les Canadiens-français ont compris, au regard de l’ethnocide les décimant depuis près d’un siècle dans la fédération canadienne, qu’ils n’avaient pas d’avenir en tant que minorité pancanadienne et qu’ils ont décidé, face à un Canada devenant de plus en plus unilingue anglais, de former une majorité francophone au Québec, toute forme de remise en question du droit de cette majorité d’imposer sa langue sur son territoire réduirait la capacité de survie du français. Autrement dit: en tentant de faire primer la majorité canadienne (anglophone) sur la majorité québécoise (francophone), la minorité anglophone tente de refaire des Québécois une minorité dépossédée d’elle-même et n’ayant pas la capacité d’assurer sa survie.

Le fait d’assurer un Québec français ne constitue donc aucunement un « nettoyage ethnique » ou une discrimination. Il s’agit de la conséquence logique de l’incapacité du Canada d’assurer la survie des francophones. Nous sommes devenus des Québécois précisément parce qu’il s’agissait de la seule façon d’assurer notre survie collective. Ainsi, toute tentative de refaire de nous des Canadiens-français – ou des « Québécois francophones », ce triste pléonasme qu’on entend de plus en plus – en discréditant nos lois et nos institutions ou en déplorant que nous n’accordions pas davantage de « droits » aux anglophones ne pourrait que conduire à un insupportable recul affaiblissant encore une fois notre capacité à assurer la survie de notre langue.

Le fait de devenir Québécois a eu deux conséquences: nous avons choisi, après que le Canada ait décidé lui-même de ne rien faire pour le français, de laisser tomber nos compatriotes francophones des autres provinces et nous avons choisi, également, d’imposer le français aux anglophones du Québec. Si les premiers ont compris l’importance de ce geste et ont été nombreux à se joindre à nous pour assurer le développement d’un État francophone en Amérique du Nord, plusieurs des seconds ont préféré vivre dans le doux souvenir d’une époque où nous étions de dociles Pea Soup canadiens-français disparaissant en silence.

On dit parfois de la folie qu’il s’agit d’une reproduction constante des mêmes erreurs en espérant une conséquente différente. Cette minorité d’extrémistes anglophones ne peut, en affichant son délire persécutoire basé sur l’ignorance de ses (trop nombreux) privilèges, que nous encourager à mieux comprendre la nécessité, pour le Québec, de réaffirmer la primauté du français sur son territoire afin d’enrichir l’Amérique du Nord d’une présence française majoritaire et sûre d’elle-même.

En nous méprisant de la sorte, ces extrémistes nous font peut-être le plus beau des cadeaux: ils nous incitent à reconsidérer à la baisse les privilèges qu’on accorde à la minorité anglophone du Québec afin de réduire le niveau de nuisance de sa minorité la plus extrémiste n’ayant pas pris acte du désir de survie d’une nation aspirant au même traitement que toutes les autres sur cette planète.

Laissons Andrew Coyne vomir son Maclean’s
27 septembre 2010

Que n’importe quel torchon canadien écrive quoi que ce soit à propos d’un soi-disant gène structurel ou intrinsèque typique des Québécois et les poussant à la corruption ne devrait même pas nous surprendre ou nous choquer. L’histoire du journalisme jaunissant canadien regorge de ce racisme abâtardi, des incitations à la haine et à l’émeute de The Gazette ayant mené à l’incendie du parlement de Montréal en 1849, en passant par les hallucinations de Jan Wong qui établissait un lien entre la tuerie de Dawson et la Loi 101, en 2006, ou encore par les insanités de Diane Francis et autres créatures qui, dans un pays sainement constitué, auraient de la difficulté à tenir captive une audience d’une dizaine de personnes.

Dès qu’il est question du Québec, le vieux fond orangiste, suprémaciste et raciste colonial des Canadiens prend le dessus sur ce qui devrait leur faire office de cerveau et c’est avec une insolente bonhommie qu’ils défèquent sur notre nation et se prétendent observateurs de notre prétendue infériorité, nous, les colonisés, qui ne mériteraient que de disparaître ou d’être enfin civilisés. Et nous qui avons tellement peur d’exister, nous qui ne sommes Québécois que du bout des lèvres, mordons à l’hameçon de notre propre infériorisation.

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Réglons la question dès le départ. Les arguments de Maclean’s sont tellement faibles qu’il est d’une facilité déconcertante de les invalider.

  • Le Québec, plus corrompu que le reste du Canada? Allons donc. Disons plutôt que le Québec règle ses problèmes de corruption quand ils arrivent. Trois premier ministres de la Colombie-Britannique ont démissionné à cause de scandales de corruption au cours des dernières décennies et le Canada lui-même s’est construit sur la corruption de John A. MacDonald.
  • La corruption, symptôme du nationalisme québécois? N’importe quoi. C’est bel et bien Lévesque qui a instauré les règles les plus strictes de gouvernance et aucun gouvernement du Parti Québécois – malgré tout ce qu’on peut lui reprocher – n’a jamais été accusé du tiers des actions reprochées présentement à Charest.
  • La corruption, causée par une trop grande présence de l’État? C’est exactement le contraire! Les données démontrent que les pays les moins corrompus (Nouvelle-Zélande, Danemark) sont ceux qui ont une présence étatique plus importante alors que les plus corrompus (Somalie, Afghanistan) n’ont pour ainsi dire pas de gouvernement ni d’institutions; en fait, c’est d’une logique implacable: c’est bel et bien le privé qui augmente les risques de corruption et c’est toujours parce que l’État se désengage et réduit ses garde-fous que les enveloppes brunes circulent plus facilement.

Maintenant, passons aux choses sérieuses. Qu’en avons-nous à foutre de l’opinion du Maclean’s ou de n’importe quel autre revue jaunie? « C’est une revue sérieuse », qu’on entend dire un peu partout. Ah oui? C’est quoi le sérieux pour vous, dites-moi? Du papier glacé, une propriété de Rogers et du papier de toilette à fleur de lys? Non, le Maclean’s n’est pas plus ou moins sérieux que n’importe quel autre média. En fait, il nous prouve, avec cette aberration, qu’il est tout sauf sérieux. Il entretient les mythes à l’égard du Québec chez les Canadiens et il contribue à démontrer, comme l’a affirmé Bernard Landry aujourd’hui, qu’il y a bel et bien deux nations dans ce pays.

Ne serait-il pas temps un peu pour nous d’arrêter de sur-réagir quand n’importe quel scribouilleur vomit sa prose sur notre nation? Ne serait-il pas temps de comprendre et d’accepter que c’est NORMAL que le Canada, à l’aide de ses médias, se serve de n’importe quel prétexte pour démoniser les Québécois? Ce n’est pas notre faiblesses intrinsèque qui est mise en cause ici, mais plutôt notre statut de peuple conquis ayant des réflexes du colonisé plus à l’écoute des besoins de son maître que de ses propres désirs de liberté. Oui, Maître. Merci, Maître. Voulez-vous vous essuyer encore davantage les pieds sur mon dos, Maître? C’est ce que nous sommes: des conquis.

Maintenant, si nous voulons changer les choses, si nous voulons à nouveau être un peuple fier, qu’on ignore un peu ce qu’écrivent ces ferrailleurs de la stupidité et qu’on cesse de se préoccuper des « quand dira-t-on » canadiens. Nous avons le droit d’exister, nous avons le droit de vouloir la liberté et les mensonges ne changeront jamais rien à notre fierté; ils ne peuvent que renforcer notre désir de nous séparer d’un Canada fétide, raciste et francophobe où pullulent toutes sortes de déchets journalistiques à la Andrew Coyne.

Kahnawake: et si on appliquait la loi québécoise?
5 février 2010

L’expulsion dans un délai de dix jours des non-Mohawks de la réserve de Kahnawake démontre encore une fois les limites de l’État québécois à imposer ses lois sur son territoire. Pendant qu’on nous répète inlassablement les mêmes vieux discours usés des droits de la personne, de l’ouverture interculturelle, du multiculturalisme jusqu’à nous étouffer, il faudrait accepter, sans broncher, ces poches de racisme et d’intolérance que sont les réserves amérindiennes. Et si on appliquait la loi québécoise partout au Québec?

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Évidemment, on rétorquera que les réserves sont de juridiction fédérale, et qu’elles ne sont pas, théoriquement du moins, sur le territoire québécois. Facile. Quand les Mohawks sont malades, qu’ils ont besoin de soins spécialisés, ce n’est tout de même pas le Kateri Memorial Hospital Centre qui peut répondre à tous leurs besoins. Quand ils ont envie de s’amuser, de sortir sur la « Main », ce n’est pas sur la rue Church à Kahwanake qu’ils vont; c’est à Montréal, bien sûr. Et on ne leur demande pas de montrer un passeport et on ne fouille pas leurs véhicules. Les réserves autochtones, quoi qu’on en dise, font bel et bien partie intégrante du Québec.

Or, comment peut-on accepter, en 2010, que la loi québécoise ne soit pas appliquée dans ces réserves? Comment peut-on tolérer que des individus ne paient pas d’impôts, ni de taxes, utilisent nos infrastructures, et votent des mesures racistes d’exclusion à l’encontre de quiconque n’a pas le sang suffisamment mohawk pour mériter le droit de vivre sur la réserve? « Oh, désolé madame, vous n’êtes mariée que depuis 1982 et vous n’avez pas la pureté sanguine requise, alors vous devrez quitter d’ici dix jours. Merci bonsoir. » Si le Québec traitait ainsi ses minorités, les casques bleus de l’ONU débarqueraient demain matin.

En fait, le problème vient précisément du statut d’ultra-minorité des Autochtones. Les Québécois, eux-mêmes minoritaires, s’identifient au combat des Amérindiens pour la préservation de leur identité. Étrangement, pourtant, nous nous refusons certaines méthodes jugées ségrégationnistes et inhumaines, mais nous les acceptons pour ceux-ci. Nous rejetons le racisme, le droit du sang, la discrimination basée sur l’appartenance ethnique pour nous, mais nous acceptons ces mêmes mesures parce qu’elles sont appliquées pour les Amérindiens. Nous tolérons de vivre avec une loi 101 charcutée plus de 200 fois depuis son adoption, nous acceptons de financer les universités anglophones trois fois plus que les universités francophones, nous fermons les yeux sur l’anglicisation de Montréal et des banlieues, mais nous refusons obstinément de dénoncer des Mohawks qui veulent mettre dans la rue avec dix jours de pré-avis des personnes qui, après peut-être vingt ans parmi eux, ont peut-être néanmoins adopté leurs us et coutumes. Nous sommes mous.

Que les Amérindiens veuillent conserver leur identité, voilà qui est tout à fait normal. Mais pourquoi devrions-nous leur accorder des droits supplémentaires, dont nous ne jouissons pas, pour y arriver? Pourquoi accepter que ceux-ci utilisent des méthodes datant des pires noirceurs de l’humanité et basées sur l’exclusion et le fanatisme identitaire alors que nous ne nous reconnaissons même pas le droit de simplement pouvoir vivre et travailler dans notre langue?

L’histoire est injuste. Les Amérindiens n’ont vraiment pas eu de chance. Mais dans la vie, on crée aussi sa propre chance par de bons rapports de force. Nous n’avons pas plus de dettes envers des Mohawks utilisant des méthodes contraires à nos valeurs que le Canada ne devrait en avoir envers nous si nous utilisions de telles méthodes. Si nous décidons, Québécois, que le droit du sang et le rejet d’autrui basé sur l’appartenance ethnique n’est pas acceptable pour nous, nous n’avons pas le droit, peu importe la raison, de l’accepter pour quiconque se trouve dans les limites de nos frontières, que ce soient des fanatiques afghans qui commettent un crime d’honneur ou des fanatiques amérindiens qui donnent un pré-avis de dix jours aux non-rouges pour quitter la réserve.

Pourquoi ne pas simplement appliquer la loi du Québec sur l’ensemble de notre territoire? On pourrait très bien imaginer des exceptions culturelles localisées pour les Amérindiens et les Inuits, afin de protéger leur culture; en les traitant comme des citoyens du Québec au lieu de les mettre dans des enclos, on risque de leur donner le goût de s’intégrer eux aussi à notre culture et à notre langue et de développer, pour le mieux-être de tous, l’idée qu’il existe d’autres moyens pour défendre une identité que d’exclure autrui sur la seule base de son appartenance ethnique. Isolés, dans leurs réserves, n’est-ce pas précisément la leçon qu’ils ont, en ce moment, de nous-mêmes?

En appliquant la loi québécoise sur tout le territoire, y compris dans les réserves fédérales, nous ferions preuve de la plus grande des intégrations, nous renouvellerions les liens ancestraux que nos ancêtres ont tissés avec les Amérindiens et nous leur donnerions le goût de se joindre à nous pour la survie de nos deux nations.

Encore faudrait-il qu’un gouvernement ait le courage nécessaire pour s’attaquer à la question et exiger ce droit d’Ottawa. Chose qui, depuis la crise d’Oka en 1990, est plutôt rare.

Une histoire de Noirs
1 février 2010

Gatineau fête le Mois de l’histoire des Noirs encore cette année. Conférences, théâtre africain et témoignages de gens à la peau noire sont au menu. Sous prétexte de célébrer la diversité humaine, on crée une nouvelle forme d’isolement et de racisme peut-être aussi pire que celui qu’on dénonçait à l’origine.

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En effet, à partir du moment où on croit qu’il existe une « histoire des Noirs », comment pourrait-on refuser à un individu de s’identifier à une « histoire des Blancs »? S’il est généralement accepté que les races humaines n’existent pas et que la couleur de la peau ne constitue qu’une caractéristique physique comme une autre – gros nez, petits bras, lèvres charnues, yeux bleus, etc. – pourquoi devrait-on alors célébrer un mois consacré aux individus ayant la caractéristique de posséder une peau plus foncée que les autres? Deux poids, deux mesures.

Ainsi, s’il est considéré comme normal pour un Noir de pouvoir s’identifier à ses « frères » de couleur, que ce soit le président états-unien, la gouverneure-générale du Canada ou n’importe qui d’autre, l’opposé serait immédiatement considéré comme étant suspect. Si quelqu’un se réclamait de la « race blanche » et célébrait ses racines blanches, on serait prêt à lui sortir le bonnet d’âne du Klu Klux Klan et à l’épingler sur le même babillard qu’Hitler.

Or, ne s’agit-il pas précisément de racisme que de se juger ou de s’identifier en fonction de la couleur de la peau? C’est clair: pour croire au « Mois de l’histoire des Noirs », il faut croire à l’existence d’une histoire reliée à la couleur de la peau, et donc à l’existence d’un lien entre la couleur de la peau et la pensée, la culture, la langue, l’histoire. On n’aurait pas idée d’organiser un Mois des individus au gros nez ou aux yeux bleus car il n’existe pas de culture propre à ceux-ci. Pour croire à la notion d’histoire des Noirs, il faut automatiquement considérer le fait d’être Noir comme s’il s’agissait d’une caractéristique raciale ou culturelle unique.

Évidemment, on ne peut oublier que les individus à la peau noire ont été victimes de racisme dans le passé, qu’ils ont été infériorisés pour la seule couleur de leur épiderme. Ce type d’infériorisation laisse des traces durables dans la culture de ceux qui l’ont vécue. Mais s’agit-il d’une raison suffisante pour célébrer, en 2010, une histoire commune des « Noirs »? Pourquoi ne pas célébrer l’histoire des descendants d’esclaves ou de l’esclavage lui-même, si on espère rejoindre une catégorie de personnes ayant un passé commun?

En participant à une telle bouffonnerie, on ne fait que perpétuer les mythes concernant l’existence de races humaines. Pire: on contribue à la réhabilitation du racisme en mettant à la face des « Blancs » une histoire des « Noirs » desquels ils sont exclus, ouvrant ainsi la porte à d’éventuelles réclamations pour un Mois de l’histoire des Blancs et pour la valorisation d’une histoire blanche.

Que les races existent ou non (et même si on m’a appris à la petite école de la conformité qu’elles n’existaient pas) importe peu, en somme. C’est l’interprétation de la leçon qui est dangereuse: si on considère qu’elles n’existent pas, on voit un avantage indu pour les « Noirs » et si on considère qu’elles existent, on peut réclamer une telle célébration pour les autres « races ». Dans un cas ou dans l’autre, on alimente les divisions basées sur l’appartenance ethnique ou les caractéristiques physiques.

À un certain moment, ne faudrait-il pas choisir? Ou bien le Québec constitue une société laïque et ouverte sur la diversité où tous les citoyens partageant les valeurs de base de la société sont égaux, ou bien certains forment des sous-groupes ethniques méritant d’être célébrés en fonction de leur couleur de peau. On ne peut pas indéfiniment enseigner dans les écoles que tous les êtres humains sont égaux et au même moment célébrer une histoire noire, blanche, jaune ou bleue avec des pois verts sans risque de créer de la confusion ou du ressentiment chez nos jeunes.

Il faut choisir: ou bien la pigmentation des téguments constitue une caractéristique comme une autre et le racisme n’a pas sa raison d’être, ou bien on considère que les races existent et on ouvre la porte aux pires bêtises en célébrant une « histoire des Noirs » sans célébrer celle des autres « races ». Il faut choisir!

Gatineau a fait son choix. Dans un Québec post-moderne tellement ouvert sur les autres qu’il est devenu la carpette de l’Amérique, la fesse droite d’Ottawa a décidé de participer à notre abrutissement collectif en faisant de l’apologie des caractéristiques ethniques de certains un héritage à apprendre et à jalouser.

On a crucifié Parizeau pour avoir osé parler de la réalité du vote monolithique des nouveaux immigrants, mais on alloue des subventions pour célébrer une histoire résolument ethnique.

Entre la fesse gauche du multiculturalisme d’Ottawa et la fesse droite de notre à-plat-ventrisme ne restent plus que les miasmes de ce qui aurait pu constituer un grand peuple, mais qui, de peur d’avoir à déplaire à certains, risque de plonger dans les toilettes de l’histoire.

Racisme ordinaire
16 janvier 2010

Dans la foulé du cataclysme haïtien, de nombreux groupes de soutien à Haïti se sont créés sur Facebook. Que ce soit Une pensée positive pour Haïti ou Solidarité Québec-Haïti, les internautes cherchent des lieux de rassemblement pour offrir leur soutien au peuple haïtien. Ce qui est intéressant avec Facebook, c’est que ce phénomène concerne principalement les plus jeunes; on obtient donc une photographie de l’image de la jeunesse actuelle. Et cette jeunesse, quoi qu’on puisse en penser, ne sait pas se faire respecter.

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Ainsi, la création du groupe Montreal – Answering Haiti’s cry for help (ou on équivalent Montreal Support For Haiti Earthquake 2010). On parle ici d’un groupe de soutien à Haïti (pays francophone) de la part de Montréal (ville francophone) faisant partie du Québec (province francophone et nation reconnue par le Canada en 2006). Un groupe entièrement en anglais, où on peut pourtant lire des interventions d’individus portant des noms comme Stéphane Jolicoeur, Pierre Dartiguenave, Katia Cadet, Sarah Gauthier, Marie-Claude Caci et une litanie d’autres noms francophones. Et je ne compte pas le nombre de Québécois qui sont membres de ce groupe, qui compte déjà plus de 5000 membres.

J’ai souligné au créateur du groupe que Montréal est une ville francophone et que les Haïtiens, dont la langue officielle est le français (et la langue seconde le créole, dont les racines sont majoritairement françaises), méritent de se faire encourager dans leur langue. Peine perdue. Je me suis fait répondre que je suis un raciste, que ce n’était ni la place ni le lieu pour discuter de cela, que Montréal est une ville multiculturelle, etc. Un peu plus et on me traitait d’arriéré parce que j’avais osé réclamer, pour ma ville et mes concitoyens, qu’on parle en notre nom dans notre langue et dans une langue que les principaux intéressés peuvent comprendre.

Évidemment, on pourra me répondre qu’il ne s’agit que d’une tempête dans un verre d’eau, que d’un groupe Facebook. Pas certain. Les arguments lancés par les membres de ce groupe sont ceux qu’on entend à tous les jours, dans la rue, au travail, partout. Au quotidien, on se fait dire: « ce n’est pas la place pour défendre le français ». Je me le suis fait dire à plusieurs reprises. Si on écoutait ces gens-là, la seule place pour défendre le français serait au parlement de Québec, en autant que cela ne dérange personne. Tu veux travailler en français? Pas la place pour cette lutte! Tu veux te faire servir en français? Pas la place pour ce combat! Tu aimerais souligner le fait qu’une artiste décédée n’a chanté que trois chansons en français sur trente-cinq? Es-tu fou, on ne critique jamais les morts, ce n’est pas la place… Ce n’est jamais le bon endroit pour défendre notre langue.

Pourtant, je souffre pour les Haïtiens. Je ne crois pas manquer de respect au peuple haïtien en exigeant qu’on parle en mon nom en français et qu’on souligne les profonds liens linguistiques qui unissent le Québec et Haïti. Le combat linguistique que nous menons, Québécois, n’est-il pas le même que les Haïtiens tentent de mener depuis des décennies contre les puissances extérieures qui décident quel président déposer, quelle mesure créatrice de pauvreté implémenter? Vouloir protéger le français au Québec contre le rouleau-compresseur d’une mondialisation néolibérale anglophone ne trouve-t-il pas écho dans la lutte des Haïtiens pour la création d’un État plus fort, moins soumis aux intérêts étrangers? Ne s’agit-il pas du même combat pour le respect de nos identités respectives?

Il ne s’agit pas que d’un groupe Facebook. C’est l’image d’une nouvelle jeunesse montréalaise qui, d’un côté, se fout éperdument de la protection des valeurs québécoises, et de l’autre n’hésite pas à renier ce qu’elle est au nom d’une cause soi-disant supérieure. Protéger les Tibétains, les Tamouls, les Kurdes, les Haïtiens, parfait! L’identité du peuple québécois? Connais pas! Ce n’est pas la place pour en discuter!

Nos combats sont pourtant interreliés. Défendre le français à Montréal et au Québec, c’est défendre non seulement la pluralité et la diversité des cultures de la planète, c’est aussi se battre pour l’indépendance des peuples. Lorsqu’un peuple se respecte assez pour exiger sa langue, il démontre qu’il n’est pas à vendre et qu’on ne peut pas le détruire à coup de réformes du FMI, comme celles qui ont poussé Haïti à la ruine. Lorsqu’un peuple tout entier refuse de participer à toute organisation reniant ses valeurs profondes, il assure non seulement sa survie linguistique, mais également celle de sa capacité à se gérer lui-même, à s’administrer, à se construire un réel autrement plus solide que celui qui était le lot des Haïtiens depuis des générations.

On ne choisit pas la « place » pour mener le combat. Ces escarmouches viennent naturellement. On ne les mène ni contre le peuple haïtien ni contre une chanteuse récemment décédée, mais plutôt pour leurs enfants, en leur mémoire. Nous menons ces rixes pour que de la tragédie qui fut la leur puisse naître un espoir nouveau, celui d’une planète diversifiée où chaque peuple, chaque nation puisse être en mesure de protéger ce qui lui est cher.

Quand on parle en notre nom dans une langue qui nous est étrangère, on ne scelle pas seulement le sort de notre incapacité à intégrer les nouveaux arrivants à notre destin commun, on ne lance pas seulement le message, à l’étranger, que Montréal ne constitue plus une ville francophone, on contribue à la désolidarisation et à l’affaiblissement des liens naturels qui nous portent vers les autres peuples qui partagent une de nos valeurs les plus précieuses: le français.

C’est bien là le pire des racismes que nous nous imposons: nous rejetons non seulement ce que nous sommes, mais nous tournons le dos aux Haïtiens, nous coupons le lien filial, fraternel, qui nous unit à Haïti et nous renions, nous aussi, ce que nous sommes, ouvrant la porte aux pires aberrations dont l’histoire haïtienne est si riche.

Aider les Haïtiens en français, c’est bien plus qu’un choix personnel; c’est celui de la fierté et de la reconnaissance d’un héritage commun porteur d’espoir pour le futur.

Entre deux peuples dépossédés, l’un par les puissances étrangères, l’autre par l’État canadien, on devrait pouvoir se comprendre dans ce qui représente le mieux nos spécificités: notre langue, notre français rapaillé, notre joual, notre créole, notre français déformé par les cicatrices de l’histoire, ces meurtrissures qui nous ont rendu plus fort.

Nous éloigner de cela, c’est nous condamner à la misère et à la dépossession qui sont le lot de tous les peuples en voie de disparition. Que ce soit par la pauvreté, amplificatrice des catastrophes naturelles, ou l’assimilation, ce racisme quotidien renie ce que nous sommes et ouvre la porte aux pires catastrophes.

Survivre, c’est s’attacher à nos valeurs et à notre langue. Survivre, c’est célébrer nos différences.

Ceux qui s’attachent à nuire à ce combat, quels qu’ils soient et où qu’ils vivent, font preuve de ce racisme ordinaire qui est celui des fats qui sont assis le cul bien au chaud dans leur prétention pendant que les autres luttent pour obtenir un minimum de considérations.  Et peu importe la grandeur de la cause qu’ils défendent, on ne verra toujours que la petitesse de leurs considérations.

Et ceux des nôtres qui acceptent de renier ce qu’ils sont, peu importe la grandeur de la cause, contribuent à la ruine des idées qu’ils prétendent défendre.

Aider Haïti, d’accord, mais pas au prix de renier notre langue et nos valeurs.

Quand Lagacé traite les Québécois de racistes
12 janvier 2010

Patrick Lagacé publie aujourd’hui un billet très intéressant sur un reportage du Toronto Sun faisant état du plus haut niveau de chômage des immigrants au Québec. Intéressant, non pas en soi, mais bien parce que Lagacé en tire la conclusion suivante: nous, Québécois, serions des racistes. Le problème, c’est que Lagacé prend le problème à l’envers; il ne faut pas se questionner sur le chômage des immigrants sous la lorgnette du Québécois raciste, mais plutôt y voir la difficulté pour ceux-ci de s’intégrer à la culture québécoise alors que partout, dans tous les médias, on les bombarde de l’idéologie multiculturaliste et on leur rappelle qu’ils auraient le droit de vivre ici sans jamais s’intégrer.

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En fait, comparer le Québec aux autres provinces au niveau de l’intégration des immigrants ne fait pas de sens si on oublie de considérer cette vérité la plus cruciale: le Canada a embrassé une idéologie du multiculturalisme où les immigrants ne sont pas tenus de s’intégrer et où il n’y a pas, à proprement parler, de valeurs ou d’histoire canadiennes. Le Québec, lui, s’attache à un héritage francophone et à une histoire distinctes. Il est donc normal que les immigrants aient plus de difficulté à s’intégrer au Québec que dans le reste du Canada, puisque les exigences d’intégration sont différentes. Si au Québec on exige le français et, dans une certaine mesure, des comportements compatibles avec la laïcité, le Canada est beaucoup moins regardant à ce sujet. L’immigrant, au Canada, peut se replier sur lui-même, vivre isolé avec des membres de sa « communauté », et cela ne choque personne.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Indice de vitalité linguistique (IVL) de l’anglais est plus faible dans toutes les provinces et territoires canadiens (sauf le Nunavut) qu’au Québec; l’anglais devient de moins en moins la langue commune au Canada. L’immigrant arrivant au Canada ne ressent pas de pression pour s’intégrer; il peut relativement facilement se trouver un emploi dans sa « communauté » en ne faisant que baragouiner un anglais approximatif. Au Québec, cela ne fonctionne pas; nous avons des exigences d’intégration beaucoup plus élevées, non pas par racisme, mais simplement parce que nous avons la conviction différente de ce que constitue la cohésion sociale. Nous souhaitons l’intégration des immigrants à un destin commun au lieu de les voir s’isoler dans des passés et des futurs distincts.

Que le Toronto Sun fasse l’éloge du multiculturalisme canadien ne devrait pas nous surprendre. Ce qui déçoit, par contre, est cette adhésion presque sans remise en question de la part de Lagacé, qui devrait, mieux que quiconque étant donné son statut de journaliste québécois, comprendre la nécessité pour le Québec d’adopter une vision différente de l’immigration.

Il faut en finir avec l’idéologie multiculturaliste

Le multiculturalisme, contrairement à ce qu’affirment certains idéologues, n’est pas synonyme d’ouverture aux autres, d’ouverture sur le monde, d’acceptation de la différence. Il s’agit plutôt d’une fermeture à la seule différence valable dans le temps: celle de l’histoire des collectivités humaines. Autrement dit: en acceptant l’idée que la culture apportée par le nouvel immigrant possède la même valeur que la culture qui est implantée ici depuis des siècles, on contribue à l’homogénéisation du monde, à la destruction des différences historiques et des peuples qui ont façonné la diversité humaine actuelle. On contribue à la création d’un Québec dénationalisé, sans langue commune, sans identité partagée, sans passé porteur de sens et sans futur différent de celui d’une autre nation. Le multiculturalisme tue la différence.

Mathieu Bock-Côté, une référence sur la question multiculturelle, explique: « Le multiculturalisme reconfigure l’espace public des sociétés où il se déploie en pathologisant systématiquement un nationalisme historique faisant le procès non pas des « dérives du multiculturalisme », mais du multiculturalisme comme dérive. Il diabolise, il criminalise, il stigmatise ceux qui refusent la conversion de la communauté politique à la société des identités. » Si on ose croire à un passé commun, à une histoire où les combats de nos ancêtres ont permis la création d’une société cohérente, on s’expose au jugement impitoyable des censeurs du multiculturalisme.

Dans ce contexte, l’accusation de Lagacé comme quoi le plus haut taux de chômage des immigrants au Québec serait un signe de notre racisme, prend tout son sens. Au lieu de se questionner sur le fait que les immigrants reçoivent des messages contradictoires où on leur dit d’un côté que le Québec et le Canada seraient multiculturels et qu’ils n’ont pas vraiment à s’intégrer et où la réalité leur démontre le profond désir des Québécois de survivre et de continuer à enrichir le monde de leur spécificité, Lagacé choisit un raccourci facile: « plus de chômage, plus de racisme ». Le fardeau d’intégration, qui devrait être celui des immigrants, a été renversé; on demande maintenant aux natifs de s’intégrer aux nouveaux arrivants, de les accepter sans tenir compte de leurs valeurs de base, sans même savoir si elles sont compatibles avec les nôtres et si elles s’intègrent bien dans notre vivre-ensemble et notre désir de survie identitaire.

Voilà peut-être la plus grande victoire des ennemis du Québec. Depuis le référendum de 1995, on a plongé dans le multiculturalisme sans jamais se demander s’il était compatible avec notre désir de survivre en tant que collectivité historique et nationale. Aujourd’hui, alors qu’on nous inonde sous le poids d’une immigration plus nombreuse, per capita, que la plupart des pays développés, on préfère parler du racisme des Québécois pour expliquer les problèmes d’intégration des immigrants plutôt que de questionner l’idéologie multiculturaliste qui prône une augmentation incessante de l’immigration et un repli sur soi des immigrants dans un contexte de communauté nationale n’ayant plus rien d’une communauté et encore moins d’une nation.

Et si on arrêtait un peu de s’auto-flageller et qu’on réclamait, enfin, le droit à notre différence? Protéger la spécificité québécoise, quoi qu’on en dise, c’est encore assurer la plus grande et durable diversité humaine qui soit. Vouloir que le Québec puisse signifier autre chose qu’un magma confus d’identités désolidarisées sans passé ni futur, c’est encore la plus grande preuve d’ouverture à la diversité humaine planétaire.

Voilà une leçon que Patrick Lagacé aurait tout intérêt à comprendre.