Danger cyclable
25 août 2009

La récente croisade des chauffeurs d’autobus contre la « piste cyclable » rue Saint-Urbain, qu’ils ont à traverser à chaque arrêt, nous rappelle encore une fois à quel point le réseau cycliste est mal développé à Montréal. Deux aberrations: ces lignes blanches sur la chaussée qu’on qualifie de piste cyclable et celles qui se terminent abruptement dans un endroit dangereux.

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D’abord, comment ose-t-on qualifier les lignes sur l’asphalte entre les voitures stationnées et les voitures roulantes de piste cyclable, rue Saint-Urbain? Montréal se targue de développer son réseau cycliste, mais quelle sécurité offre-t-on aux amateurs de bicyclettes du dimanche, devant constamment être aux aguets à cause d’une portière qui pourrait s’ouvrir dans leur visage, ou d’un virage sans angle mort pouvant les happer? Ou pire, d’un piéton passant entre deux camions stationnés et apparaissant soudainement au milieu de cette « piste »? Ce ne sont pas des pistes cyclables, ces lignes qui sont traversées par les autobus à chaque arrêt; ce sont des incitatifs à aller se foutre le vélo dans le trafic et à prier pour qu’un automobiliste, roi et maître, n’oublie pas votre existence.

Bien sûr, il existe des belles pistes cyclables bien aménagées. Tiens, on en construit justement une près de chez moi. Elle passe le long de Hochelaga, traverse la bretelle d’accès de l’autoroute 25 vers Souligny ouest, puis se termine coin Honoré-Beaugrand et Souligny. Le problème, comme je l’expliquais dans ce texte, est que l’intersection en question est probablement une des plus dangereuses à Montréal. D’un côté une fin d’autoroute, avec ses voitures arrivant à toute vitesse. De l’autre une voie ferrée, puis un boulevard à deux voies séparées, puis une autre rue de l’autre côté de la voie ferrée. Et pas de feux de signalisation. Un foutoir. On construit une jolie piste cyclable bien séparée de la route avec de la belle asphalte neuve et on la termine dans un derby démolition.

Je suis peut-être vieux jeu, je ne sais pas. Dans mon temps, une piste cyclable était un endroit permettant d’assurer la sécurité des cyclistes. On construisait de telles pistes précisément pour sortir les cyclistes de rues trop dangereuses. Ces pistes étaient séparées de la voie publique, et des flèches interdisant le virage des automobilistes pendant les premières dix secondes assuraient la sécurité des cyclistes. La piste cyclable Christophe-Colomb en constitue un exemple probant.

Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on ne fait que construire des pistes cyclables pour construire des pistes cyclables. Il n’y a plus de concertation, plus de questionnement réel sur la sécurité des cyclistes. On bâtit des pistes cyclables comme on délimite des passages pour piétons: on sait que personne ne les respecte, mais on le fait quand même. Pour se donner bonne conscience. « Regardez, on a doublé notre superficie de pistes cyclables! » Et pendant ce temps, aucun respect pour les cyclistes qui les utilisent. Qu’ils se démerdent!

Si on veut vraiment faire de Montréal une ville favorisant les déplacements écologiques, il serait peut-être temps de respecter les cyclistes et de leur offrir des infrastructures leur permettant de se sentir en sécurité lorsqu’ils se déplacent dans la ville. Cela commence non seulement avec des pistes cyclables balisées séparées de le voie publique et ouvertes à l’année, mais également avec des feux de signalisation spécifiques aux cyclistes et coordonnés entre eux selon une vitesse moyenne à établir. Un cycliste roulant à 20 km./h, par exemple, devrait pouvoir rouler d’un bout à l’autre de la ville sans jamais avoir à s’arrêter.

Si on espère réellement désengorger la ville, il faut prendre des mesures concrètes. Les belles paroles et les beaux discours se terminent trop souvent comme les pistes cyclables: dans un cul-de-sac.

S’inspirer de Nantes et de ses tramways
20 juillet 2008

La ville de Nantes, en France, a laissé tombé le tramway dans les années cinquante, tout comme à Montréal. Capitulation devant le maudit char, dont le règne sans partage semble néanmoins désormais achever, à cause du pic pétrolier.

Ainsi, pendant qu’à Nantes on construit un tramway ultra-moderne utilisant l’air comprimé comme moyen de traction en replacement de deux voies sur un boulevard très passant, à Montréal on vit dans le passé en dépensant des millions pour une rue Notre-Dame pour les chars. Une autoroute urbaine avec une belle piste cyclable sur le cà´té pour s’attraper un succulent cancer des poumons en pédalant à cà´té de huit voies de chars et de camions. Du béton, du bitume, des feux de circulation, et des chars. Tout ça, alors que le prix du pétrole va continuer de monter et que la demande pour des transports en commun n’a jamais été aussi forte. Je ne sais pas ce qu’ont consommé nos élus à Montréal et Québec, mais ils ont manqué le tramway, et pas à peu près!

En effet, on aurait très bien pu s’inspirer de Nantes et laisser la Notre-Dame à deux voies de larges, mais utiliser l’espace disponible pour construire un tramway partant de Pointe-aux-Trembles (un secteur très mal desservi par le transport en commun) vers le centre-ville, passant par les quartiers très populaires de Tétreaultville, de Hochelage-Maisonneuve, Centre-Sud. Un tramway qui t’emmène au centre-ville en vingt-minutes, trente au maximum, et qui fonctionne à l’électricité. Ça, c’est le futur. Ça, c’est écologique.

Mais non, à Montréal et au Québec, on préfère le béton et le bitume. On vit dans le passé, on construit de nouvelles autoroutes en plein champ alors que des centaines de milliers de citoyens n’ont pas accès à des services de transport en commun respectables.

Montréal, Québec, individualisme, vieilles idées. à€ quand le renouveau?

Vite, un projet sur les rails!