Émission de radio du 6 mars 2009
6 mars 2009

Aujourd’hui à l’émission:

– Retour sur la semaine dernière;
– Jean-François Harrisson et la pédophilie;
– Le scandale de la Caisse de dépôt et placement.

Écouter

Jean-François Harrisson et les pédophiles en puissance
5 mars 2009

Des enfants nus. Quoi? Lui? Non! Hé oui. Jean-François Harrisson, je ne connaissais même pas son nom. Ce qui ne m’empêche pas d’être un peu secoué, moi qui ai grandi avec des émission comme Watatatow et qui ai pu l’apprécier notamment dans l’excellente série Minuit, le soir. De la pornographie juvénile et infantile. Des fillettes, des garçons prépubères. Lui. Un pédophile. Pourquoi?

L’homme d’origine haïtienne a tout pour réussir: la santé, un métier payant et valorisant, deux enfants. Il joue avec Normand Brathwaite dans Grosse Vie, a animé des galas à VRAK-TV; il a tout pour lui. Alors pourquoi foutre sa vie en l’air en téléchargeant et échangeant des fichiers de petits garçons le zizi à l’air ou de petites filles en poses suggestives?  Et cet événement ne risque-t-il pas de rendre tout homme s’intéressant à un enfant suspect?

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(suite…)

De l’utilité sociale de la pédophilie
28 octobre 2008

Je lisais cette nouvelle où on apprend qu’une fillette de sept ans a été enlevée, violée, puis ramenée simplement une heure plus tard à son école. J’entends déjà en sourdine l’écho plaintif des faiseurs d’opinions réclamant davantage de répression et la fin des sempiternelles « sentences-bonbons ». Et si la vérité était ailleurs. Pire, ou mieux, et si les pédophiles avaient une utilité sociale?

On s’entend, personne ici ne va approuver la pédophilie. S’en prendre à un être sans défense, qui commence dans la vie, et le handicaper durablement en lui faisant connaître ce qu’il est trop jeune pour avoir besoin de connaître, c’est purement mal. Mais le mal peut-il être utile?

Par exemple, si personne ne souhaite avoir un cancer, sans l’explosion des cas de cancer depuis plusieurs décennies on fumerait toujours la cigarette dans les écoles. Sans l’accroissement des crises cardiaques et de l’obésité morbide, on n’aurait pas commencé à limiter la malbouffe. Sans Tchernobyl, aurait-on entrepris de mieux sécuriser l’énergie nucléaire? Mais encore: sans les épidémies de pestes buboniques, aurait-on commencé à appliquer de meilleures règles d’hygiènes? Et sans nos ancêtres préhistoriques qui ont brûlé vifs lors d’un incendie de forêt, aurait-on découvert la maîtrise du feu?

Ce que je dis ici, c’est que de tout événement négatif naît la possibilité d’un résultat positif. L’événement négatif ne peut être blâmé sans cesse pour ce qu’il est, mais plutôt acclamé pour les changements qu’il nous force à apporter.

À quoi aurait-il donc servi à nos prédécesseurs de blâmer le feu qui les brûle ou plus tard la maladie qui les frappe, à sacrifier des moutons ou des sorcières pour apaiser les Dieux en furie et faire couler la pluie ou arrêter l’épidémie par chance? À rien. L’eau qui épuise l’incendie et le force en retraite n’empêche pas le feu de revenir, pas plus que la fin d’une épidémie ne conjure le retour d’une autre.

L’Homme doit apprendre à s’adapter et à changer ce qu’il le rend vulnérable aux périls.

Ainsi, la solution au problème de la pédophilie n’est peut-être simplement pas d’emprisonner les pédophiles. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Il faudrait possiblement comprendre en quoi nos enfants sont devenus plus vulnérables qu’ils ne l’étaient autrefois, si tel est effectivement le cas.

Par exemple, autrefois, dans nos campagnes, les enfants étaient beaucoup plus souvent à la maison ou chez des proches. Ils aidaient pour les travaux avec la famille, les garçons avec leur père, les fillettes avec leur mère, et les sorties étaient plus encadrées, ou du moins elles avaient lieu dans un univers moins spacieux, plus simple. Les enfants avaient leurs moments de liberté, mais celle-ci s’exprimait dans un contexte où les gens se connaissaient davantage.

Aujourd’hui, par contre, c’est l’époque de la clef dans le cou, de l’autobus jaune ou bleu, des inconnus hasardeux qu’on aperçoit subrepticement derrière une triste clôture argentée. Plus personne ne se connaît, plus personne ne se parle. Un inconnu peut arrêter sa voiture, embarquer une fillette de sept ans, lui mettre son pénis dans la bouche ou à d’autres endroits infâmes et la laisser partir une heure plus tard pour aller chez une amie en lui disant « salut ma lolotte oublie-pas de te laver la figure » et personne ne se rend compte de rien. Nous sommes étrangers les uns pour les autres. Et c’est grâce à notre désunion et notre indifférence que peuvent prospérer de telles violences.

Conséquemment, avant de réclamer des peines toujours plus sévères pour les pédophiles comme d’autres ont brûlé des sorcières contre la peste, il faudrait peut-être mieux se regarder soi-même, passer davantage de temps avec nos enfants et leur offrir un futur où ceux-ci puissent se sentir en confiance toute la journée.

Car on aura beau arroser le feu, le piétiner, lui lancer de la chaux, l’insulter, lui cracher dessus, mettre de la terre sur lui, l’isoler ou lui couper l’oxygène, il reviendra toujours. Le problème n’est pas la pédophilie, mais notre mode de vie. Et y a pas de peines plus sévères, de castration, de registre public ou d’affichage de photos qui pourront régler ça.

Se choquer et s’indigner devant l’inacceptable, c’est facile. Se remettre en question, et essayer de changer un quotidien un peu trop impersonnel et compliqué qui nous rend vulnérables, voilà un défi plus épineux.

Une histoire de sexe et de personnes mineures
14 juin 2008

lafille1Je lisais cette histoire où une adolescente de treize ans a été retrouvée dans un hà´tel avec un homme qui en a trente-et-un et qui avait traversé l’Atlantique pour la rencontrer. Avec un titre comme « adolescente leurrée », je m’attendais à un viol, à une agression sordide, bref à du glauque, à du sale, crasseux. à€ quelque chose qui fait peur.

Pourtant, jusqu’à preuve du contraire, il n’y avait rien de ça. Juste un homme qui a rencontré une adolescente. Le problème, il n’est pas là . Le problème, c’est les intentions qu’on prête à l’homme. De nos jours, dès qu’un homme parle à une adolescente ou sourit à une fillette, on se dit « attention au dangereux pédophile »! Mais si… Mais si ça avait été consentant? Je veux dire: si la fille était d’accord pour le rencontrer? Et si c’en était resté là ?

Évidemment, on me rétorquera « qu’à cet âge on n’a pas la maturité de juger », et en quelque sorte on a raison. Tout comme un homme de cinquante ans pourrait me dire que je suis trop jeune pour pouvoir juger, ou qu’un vieillard de quatre-vingt printemps dirait la même chose à celui de cinquante. Si bien qu’avec une telle mentalité, le seul jour où on peut se permettre de juger est celui de sa mort, surtout si elle est très en retard.

Non, je ne mange pas de ce pain-là . On est responsable de sa vie, de ses choix. Treize ans, c’est jeune, ça je suis d’accord. Mais j’ai une amie qui avait un chum de trente ans alors qu’elle n’en avait que quinze. A-t-elle été traumatisée? Non. A-t-elle été abusée? Non. A-t-elle subi quelque chose qu’elle ne voulait pas subir? Jamais. Au contraire, elle a appris ce qu’elle voulait dans la vie et ce qu’elle ne voulait pas. Elle a appris à se connaître et à mieux comprendre ses désirs.

Parce que dans une certaine manière c’est surtout une histoire de désirs. Le problème, c’est quand on décide que le désir de la fille de rencontrer un homme plus vieux n’est pas si grave (on le blâme quand même) alors que celui de l’homme d’en rencontrer une plus jeune l’est. On trouve toujours suspect un homme plus vieux qui se trouve une petite minette, mais jugerait-on aussi sévèrement la minette en question qui a réalisé un de ses désirs?

Attention, je ne dis pas qu’il faille autoriser la pédophilie (quand même symptomatique que j’aie seulement à m’en défendre), mais plutà´t tenir compte de chaque personne individuellement. Travaillant moi-même dans un domaine où je dois souvent juger de l’âge des clients, je peux vous dire que des filles de quinze ans ont l’air plus vieilles que d’autres filles de vingt-deux ans. Tout est relatif. Il y a des filles à quinze ans qui ont l’air d’enfants et d’autres d’adultes.

Un texte de Jean Wilkins, professeur titulaire de pédiatrie à l’Université de Montréal, l’explique bien:

Lorsqu’une adolescente connaît une puberté plus hâtive, soit entre 9 ans et 11 ans, il faut savoir reconnaître tout le stress que vit cette jeune fille qui voit son corps se transformer alors que ses paires, dans la même classe, ont encore un corps d’enfant. Il devient normal pour cette jeune fille de vouloir socialiser avec des adolescentes et des adolescents d’âge chronologique plus avancé.

La nature est ainsi faite. Elle en a rien à foutre de l’âge du consentement sexuel, tel que décidé par des vieux poilus conservateurs pour qui le sexe est péché, sauf si c’est fait dans la position du missionnaire et en éjaculant sans en renverser une goutte.

Oublions-nous seulement qu’il y a quelques centaines d’années seulement les femmes se mariaient dès qu’elles étaient physiquement prêtes à procréer? Évidemment, les choses ont changé, et pour le mieux dans une très large partie, car les femmes n’étaient pas libres de leurs corps à ce moment.

Mais il y a un danger plus qu’inquiétant à aller vers l’autre extrême. En victimisant les filles, en victimisant leurs désirs, en empêchant les expérimentations, on crée la honte, et la honte qu’on s’inculque est une prison de laquelle sort, à mon avis, beaucoup plus de problèmes qu’une telle relation pourrait créer.

Car il est faux de dire que tout homme est un agresseur, que toute femme est une victime, et que toute rencontre entre un homme et une femme plus jeune laisse planer le spectre de l’abus.

Pour conclure, j’aimerais simplement parler d’un très bon ami à moi, qui vers l’âge de vingt-quatre ans se cherchait un peu. Il se sentait attiré par les filles plus jeunes, ne savait pas pourquoi, et avait envie d’expérimenter. Il a rencontré une fille de quatorze ans (elle avait l’air d’en avoir beaucoup plus, puberté précoce oblige); ils se sont vus quelques fois, mais il n’a jamais insisté pour avoir de relations sexuelles avec elle et ils n’en ont jamais eus. Mon ami a compris qu’il ne serait jamais heureux dans une telle relation, que la fille n’en est pas au même point que lui et que ce serait une pure perte de temps dans la recherche de ce qui le rend heureux.

Mais s’ils avaient fait l’amour? S’ils avaient baisé? La fille, c’était un peu ce qu’elle désirait: elle souhait se faire initier dans la douceur avec un homme plus vieux (vous me croyez ou pas, mon ami ne m’a pas menti). Et s’ils avaient consumé la chose, que se serait-il passé? Sa vie à elle aurait-elle été gâchée? Serait-elle en proie au désespoir, voire au bord du suicide? Non. Il ne se serait probablement rien passé de plus. Mon ami aurait tout de même trouvé tout ça vide (du sexe « mécanique ») et il serait passé à autre chose. Il s’est d’ailleurs trouvé une blonde presque de son âge pas longtemps après ça, si ma mémoire est bonne.

La morale de tout ça? Vivre et laisser vivre. Et arrêter de voir des méchants pédophiles partout. Laissons les gens expérimenter, quand c’est fait dans le respect (et jamais avant la puberté, quand même), mais soyons impitoyables dès qu’il y a le moindre signe d’abus.

Ça me semble être une politique beaucoup plus équilibrée et respectueuse des gens que cette espèce de chasse aux sorciers-pédophiles-tueurs-d’enfants dont les médias nous gavent depuis quelques années.

Car étrangement, plus on tente de réprimer l’expression des désirs, plus il semble y avoir de pédophiles et de jeunes filles hypersexualisées

Au fait, vous lui donnez quel âge à la fille aux gros seins sur la photo? Quinze ans? Vingt-cinq ans?

p.s. Je dois peut-être le réécrire, tant ce sujet est délicat: le sexe avant la puberté c’est MAL et abusif! Voilà ! 🙂

La chasse est ouverte
25 avril 2007

L’histoire au début ressemblait à un banal fait divers monté en épingle par Quebecor et ses médias. Mais faut croire que puisque TVA est le seul poste qui ne griche pas en région, le fait divers a fini par devenir politique. De quoi je parle? De la libération du violeur Clermont Bégin, considéré comme dangereux et à haut risque de récidive.

De quelle génération êtes-vous? Moi quand j’étais jeune, on me parlait du bonhomme sept heures qui allait venir me manger si je ne rentrais pas assez tôt à la maison. Aujourd’hui, on a le pédophile de service qui joue le même rôle. Mais au fait, cet individu est-il réellement un pédophile?

La pédophilie, c’est du sexe avec des enfants prépubères. Qu’on se comprenne bien: ce type est une foutue ordure et je ne voudrais en aucun cas le voir habiter près de chez moi. Il a violé sauvagement une adolescente de 16 ans et il n’a pas éprouvé le moindre remord. Ceci dit, à cet âge, il me semble qu’on devrait davantage parler d’agression sexuelle que de pédophilie.

Alors, pourquoi l’utilisation de ce mot?

Pour faire PEUR! Un pédophile, ça fait peur. Ça guette les enfants dans les cours d’école, n’attendant que le bon moment pour en prendre un, le violer, ou même le tuer. Et c’est irrationnel: les gens arrivent à comprendre qu’on puisse détester un autre adulte, en venir au coup, et peut-être même au meurtre. Mais comme accepter qu’on s’en prenne à un enfant, si naïf, si étranger à ce monde adulte?

C’est de l’incompréhension, et celle-ci alimente la peur.

Il y a dans nos rues des milliers de criminels. Des gens pas très fréquentables. Des gens qui nous font peur. On ne les voit pas, mais les médias sont là pour nous rappeler qu’ils existent. On sent une augmentation de la violence; on lit dans les journaux tout ce qu’il y a de plus sordide sur le sujet. Et on a peur. Et on cherche un coupable.

Et quand on en trouve un, c’est la chasse qui est ouverte. Que ce soit pour Homolka ou pour Bégin, c’est la même histoire qui recommence. On va interroger des badauds qui disent ne pas en vouloir dans leur quartier. On invite des spécialistes pour parler du risque de récidive. On répète les mêmes conneries du matin au soir sans que rien ne change à rien. On exploite le filon aussi longtemps que possible.

Et on oublie qu’en s’attaquant au criminel lui-même on ne réglera rien. C’est à la société de trouver de meilleurs moyens de réhabilitation. Des programmes plus inventifs, plus performants.

Mais dans le cas de Clermont Bégin, il n’est pas réhabilitable. Oui, oui, c’est TVA qui le dit. Et si TVA le dit, ça doit être vrai.

La vraie question, c’est de savoir ce qu’on fait du criminel quand il a officiellement payé sa dette à la société. Et la réponse en dit parfois plus long sur la personne qui l’affirme que sur le sujet lui-même…