Une dernière chance de survie pour le PQ
23 juin 2011

La crise au Parti Québécois est beaucoup plus profonde qu’elle n’y parait. Malgré toute l’antipathie qu’on peut éprouver pour les méthodes autoritaires de Pauline Marois et de son entourage, le simple fait de changer de chef n’offrirait pas de solution durable au problème fondamental du parti: c’est l’idée-même d’indépendance qui est en crise et le PQ ne pourra survivre s’il ne se réapproprie pas le côté révolutionnaire du projet.

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Comme le soulignait récemment l’historien Pascal Cyr, l’indépendance prônée par le Parti Québécois s’affiche de plus en plus comme étant une idée d’un autre temps; on n’a pas pris acte des profonds changements des dernières décennies et de la subordination croissante des États aux impératifs économiques d’organisations n’ayant aucun compte à rendre à la population. Pris dans la tourmente de la libéralisation des échanges économiques, et n’étant plus en mesure d’imposer adéquatement des multinationales menaçant de délocaliser leur production, les pays soi-disant indépendants ne le sont déjà plus réellement. On n’a qu’à observer de quelle façon le FMI tente d’imposer son plan d’austérité et de privatisations à une Grèce affaiblie… précisément par des années d’une même recette économique.

L’intellectuel français Alain Soral explique bien l’étendue du problème dans son dernier essai Comprendre l’empire dont le sous-titre « Demain la gouvernance globale ou la révolte des nations? » résume l’ampleur du problème. En clair, selon lui, le moteur de la politique des derniers siècles est la tentative de la Banque de s’émanciper du contrôle politique. Cette quête a notamment expliqué la Révolution française, de même que les nombreuses tentatives ratées cherchant à redonner le pouvoir économique à la collectivité (communisme, fascisme). Rejoignant Pascal Cyr, il explique d’ailleurs les conquêtes de la social-démocratie nationaliste du vingtième siècle comme constituant le lest jeté par la Banque face à la peur de voir les deux idéologies pré-citées se répandre au sein de la population. L’appétit financier des grands de ce monde a donc accepté une réduction de son appétit de peur de perdre toute son assiette; ce fut le printemps des peuples, ou la création de cette troisième voie représentée par le gaullisme français ou, d’une certaine manière, par la social-démocratie québécoise et la quête d’indépendance politique prônée par le Parti Québécois dès ses débuts.

Or, aujourd’hui, après la chute du Bloc communiste, l’indépendance politique ne veut plus rien dire parce que le pouvoir politique est tout à fait à genoux devant les intérêts économiques. La population – cette sagesse populaire – sent bien ce glissement puisqu’elle semble avoir perdu non seulement son respect pour les politiciens, mais également parce qu’elle ne se donne même plus la peine d’aller voter. On a compris que le pouvoir, s’il était largement à Québec en 1976, ne s’y trouve que très réduit en 2011. Du côté d’Ottawa, c’est à peine mieux: les accords économiques signés par le Canada rendent ce pays tout aussi aliéné que le Québec a pu l’être au cours des siècles.

Pourtant, on ne peut simplement affirmer que l’idée d’indépendance est dépassée, comme le fait Pascal Cyr, sans expliquer clairement par quoi. Dire que le Québec ne peut plus être indépendant parce que le politique s’est éclipsé devant l’économique est une chose. Faire face aux conséquences réelles de cette éclipse en est une autre. Ces conséquences sont pourtant tout à fait terribles: atomisation croissante de la société, recul du français, corruption, appauvrissement généralisé de la classe moyenne et des moins-nantis. Ces tares ne sont uniquement québécoises: c’est à l’échelle mondiale qu’on voit les inégalités sociales augmenter, les langues nationales perdre de leur influence et les intérêts privés prendre le pas sur les intérêts collectifs.

Un parti contre l’Empire

Le mot fait peur, mais osons l’écrire: nous faisons désormais partie de l’Empire. Un empire qui n’est plus britannique comme au 19e siècle, qui n’est plus étasunien comme au vingtième, qui n’est même pas canadien. Nous sommes à la botte d’un système économique ayant fait de nos politiciens des collaborateurs d’un ordre économique injuste privilégiant une minorité – au détriment du bien-être de la majorité – et transformant nos représentants en bouffons d’un jeu où toutes les décisions sont prises en-dehors de notre Assemblée nationale.

Le Parti Québécois, depuis 1976, a oscillé tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Parfois, on a pris le parti du peuple, parfois celui des banquiers. Depuis Lucien Bouchard, on a définitivement choisi la seconde option, et la création de Québec Solidaire a été le premier pieu que le parti s’est lui-même planté en son cœur.

L’indépendance, n’en déplaise à certains, constitue un projet révolutionnaire. C’était vrai en 1837, c’était vrai en 1976, et c’est encore vrai aujourd’hui. Les Patriotes se battaient contre le pouvoir colonial britannique, les indépendantistes des années soixante-dix luttaient contre l’oppression canadienne; aujourd’hui, le combat a évolué et c’est contre le mondialisme, le libre-échange et l’affaiblissement du pouvoir des nations qu’il faut reprendre la lutte.

Tout projet ne prenant pas acte de la perte de pouvoir des États et se contentant de réclamer un « pays sur la mappe » sans expliquer de quelle façon celui-ci permettrait de lutter contre l’hégémonie de la finance internationale est condamné à échouer.

À l’inverse, un parti comme celui que propose de créer François Legault ne ferait que lier encore davantage le Québec à ces mêmes intérêts.

La seule solution durable, à long terme, est celle consistant à réclamer non pas une indépendance de papier, mais une indépendance effective. Il faut développer un discours plus combatif, et cesser d’avoir peur de pointer les chaînes qui nous oppriment, à commencer par notre adhésion à l’OMC, au FMI et à l’ALÉNA. Tout parti réellement indépendantiste devrait cesser de jouer les prostitués d’un ordre économique rendant l’indépendance des peuples de plus en plus improbable et se réclamer d’une réelle solidarité nationale, prélude à une solidarité internationale de peuples vivant chacun chez eux, selon leurs us et coutumes, mais se respectant les uns les autres.

L’autre option porte un nom: démission. La démission non pas des politiciens qui ont quitté le Parti Québécois, mais celle d’un peuple qui, usé par des décennies de verbiage sur une indépendance imaginée, risque de choisir des chaînes qui ont au moins le mérite de s’assumer.

Révolution, contre-révolution.

Nous en sommes là.

Ou le Parti Québécois s’assume pleinement et devient le fer de lance d’un nouveau mouvement anti-mondialisme de reconquête de l’économique par le politique, ou bien il disparaît.

C’est sa dernière chance.

Quand l'Autre St-Jean interdit le drapeau patriote
26 juin 2010

Mercredi le 23 juin dernier, de nombreux citoyens se sont fait interdire l’entrée au parc Pélican, à Montréal, pour le spectacle de l’Autre St-Jean. Quels crimes avaient-ils commis? Étaient-ils en possession d’explosifs, de carabines, de couteaux, de cocktails molotov, de scies tronçonneuses ou d’armes nucléaires tactiques? Non. Ils arboraient un drapeau des Patriotes, symbole du désir de libération des Québécois depuis cent cinquante ans. Un drapeau qui, pourtant, est reconnu tant par nos politiciens, qui ont même instauré une fête en l’honneur de ses créateurs, que par une municipalité comme Gatineau, qui l’a hissé bien haut à sa Maison du Citoyen. Un drapeau respectable, symbole de notre lutte pour un Québec français et libéré de ses entraves. Un symbole qu’a foulé de ses pieds la direction de C4, qui a organisé cette triste soirée.

Source de l’image

Pierre Thibault, président de C4, avait pourtant affirmé, pour justifier cette seconde édition d’une fête nationale anglicisée: « C’est la fête du Québec, peu importe sa couleur ou sa langue ». Mais qu’est-ce que le Québec, sinon une nation française? Dans quel sorte de brouillard neigeux lui effleurant le bout du nez peut donc vivre cet individu pour ne pas comprendre qu’une fête nationale… célèbre une nation? Il doit choisir: ou bien on fête un territoire – et qu’importe si des individus vivent ici sans s’intégrer à la majorité de la population – ou bien on fête un peuple. Et si on ne fête pas un peuple, si on ne célèbre qu’une idée d’un Québec en tant que territoire, une sorte d’abribus d’individus épars attendant un quelconque autobus vers l’éternité, comment peut-on justifier l’acceptation de toutes ses composantes tout en rejetant le drapeau qui représente les aspirations de près de 50% de la population?

En interdisant un drapeau plutôt qu’un autre sur le site de sa Saint-Jean anglicisée, Thibault donne raison à tous ses détracteurs. Lui qui se faisait le grand défenseur d’une vision édulcorée de fausse diversité culturelle, de la bonne-entente et de la nation tant que celle-ci ne veut rien dire, démontre aujourd’hui jusqu’où va sa conception de la pluralité. Fêter la St-Jean, d’accord, mais pas question qu’on y voit tel drapeau ou tel autre. Le tien est bleu et blanc, tu passes. Vert, blanc, rouge, tu ne passes pas. Noir, blanc, tu ne passes pas non plus. Quelle sera la prochaine étape? Se fera-t-on fouiller à la recherche d’une carte de membre de la Société Saint-Jean-Baptiste, du Mouvement Montréal français ou du Parti Québécois? Jusqu’où doit-on reculer? L’année dernière, on nous enlevait notre fête francophone, cette année nos drapeaux; faudra-t-il faire un serment d’allégeance à la reine ou chanter le Ô Canada l’an prochain?

Qu’est-ce qui est pire, dites-moi? Exiger une fête nationale dans la langue de la nation en acceptant toutes ses composantes se reconnaissant dans notre langue commune ou faire la promotion d’une St-Jean faisant place à une langue étrangère et refusant l’accès à quiconque ne porte pas le bon drapeau? Qui fait preuve de tolérance, et qui refuse de considérer la diversité du peuple québécois?

C4, un problème explosif

Le problème avec cet événement est très simple: C4 est une entreprise à but lucratif. Privé, comme dans profits, intérêts, retours sur l’investissement. Même s’ils ont créé un OSBL fantoche appelé Société de développement des nouveaux événements culturels de Rosemont, une recherche rapide dans le registraire des entreprises nous permet d’y découvrir que Pierre Thibault se trouve derrière les deux organisations. En fait, C4 a même volé la marque de commerce de l’Autre St-Jean, qui appartenait à l’Association culturelle Louis-Hébert (ACLH), un organisme à but non lucratif et qui organisait jusqu’alors la fête nationale du quartier. Comparez les deux extraits du registraire suivant: SODNEC et ACLH. L’Autre St-Jean, à l’origine, appartenait à l’ACLH, et Pierre Thibault, pour ne pas se faire accuser de privatiser ouvertement la fête, a donc créé son OSBL de façade pour obtenir des subventions et pouvoir organiser « sa » fête.

Et des subventions et de l’aide, il en a obtenues! Notamment de la part du bar Chez Baptiste, où travaille Marilyn Lacombe (la blonde de Thibault qui, selon plusieurs de mes sources, a eu énormément de difficulté à produire des factures réelles alors qu’elle gérait l’événement l’an dernier) qui, lors de la dernière campagne électorale municipale, a servi de quartier général officieux à François Croteau, aujourd’hui maire de Rosemont-La Petite-Patrie. Seriez-vous surpris d’apprendre que Croteau a accordé son appui à cette fête? Seriez-vous même étonné si je vous disais qu’il a appuyé l’OSBL de C4 en février… alors que celle-ci n’a été créée qu’en mars?

C’est d’une nébuleuse dont il s’agit. Des individus aux méthodes peu recommandables, faisant la promotion de leurs propres projets, et qui se foutent éperdument de la fête nationale des Québécois. Gratte-moi le dos, je te gratterai le tien; donne-moi de quoi garnir mon c.v. et moi je te supporterai le moment venu. Un réseau d’individus sans scrupules, prêts à tout pour mousser leurs carrières respectives et n’ayant pas le moindre problème à mépriser les Québécois venus, en toute naïveté, fêter leur fête nationale avec le drapeau représentant le mieux leur nation.

En fait, au-delà de la langue et du contrôle absolu – et abusif – des carriéristes à la tête de cette fête, il s’agit d’un exemple supplémentaire des dérives possibles lorsque nos élus se délaissent de leurs responsabilités et privatisent notre bien commun. Qu’on se le dise et qu’on le redise: la fête n’appartient pas à C4, à Pierre Thibault ou à Simon Jodoin, son sous-fifre de fouille-merde qui fait sa sale job de bras dans les médias. La fête appartient aux Québécois. C’est une possession collective. On n’a pas davantage le droit de privatiser une fête, comme l’a permis François Croteau dans Rosemont, que de privatiser l’eau. La fête est à tout le monde, elle est vitale, elle nous transcende, elle nous rend fier, elle nous ressemble et nous rassemble. Peu importe la couleur de notre peu, notre habillement, notre âge, notre sexe, notre religion, notre drapeau, nous nous sentons interpellés par elle parce qu’elle fait partie de nous.

Et c’est cette partie de nous-mêmes qu’ont offert à C4 les élus de Rosemont. C’est ce profond respect de la diversité de notre nation, de notre ouverture aux diverses manifestations du nationalisme, aux différents drapeaux qui animent notre Histoire, qu’on souillé non seulement C4, mais ceux qui leur ont permis d’occuper l’espace public tout en se permettant de décider quel drapeau pouvait se manifester et quel drapeau devait rester cacher, bien loin dans le fond des poches de notre mémoire.

Notre fête nationale, nous la voulons inclusive. Nous désirons intégrer toutes les cultures à notre langue et à notre identité communes. C’est une foule de bleu et de blanc, mouchetée de vert-blanc-rouge et de quelques drapeaux noirs, venue écouter des artistes – même ceux n’ayant pas le français comme langue maternelle – chanter dans la langue nationale et se reconnaître en nous, qui fait la richesse de notre fête et qui représente sa réelle ouverture. Si on nous vole cette ouverture, si on nous enlève cette capacité à intégrer l’autre dans le respect de la diversité des formes de célébration de notre nation francophone, que nous reste-t-il? Ce n’est pas seulement un drapeau qu’on nous perquisitionne, c’est notre voix, celle de nos ancêtres qui sont morts pour que nous ayons, aujourd’hui, le droit de vivre dans la dignité.

Il serait peut-être temps de cesser d’offrir nos espaces publics et l’organisation de quelque chose d’aussi important que la fête nationale à un organisme privé, quand bien même se couverait-il de la fausse apparence d’un OSBL. Et si on rappelait aux François Croteau de ce monde que les Québécois rejettent toute forme de privatisation de leur Saint-Jean-Baptiste et n’acceptent pas de se faire dépouiller ni de leur identité, ni de leurs drapeaux?

Qui aurait cru qu’en 2010 le drapeau patriote serait toujours aussi dangereux pour les traîtres et les carriéristes!

À nous de démasquer ceux qui leur permettent de prospérer.

Quand l’Autre St-Jean interdit le drapeau patriote
26 juin 2010

Mercredi le 23 juin dernier, de nombreux citoyens se sont fait interdire l’entrée au parc Pélican, à Montréal, pour le spectacle de l’Autre St-Jean. Quels crimes avaient-ils commis? Étaient-ils en possession d’explosifs, de carabines, de couteaux, de cocktails molotov, de scies tronçonneuses ou d’armes nucléaires tactiques? Non. Ils arboraient un drapeau des Patriotes, symbole du désir de libération des Québécois depuis cent cinquante ans. Un drapeau qui, pourtant, est reconnu tant par nos politiciens, qui ont même instauré une fête en l’honneur de ses créateurs, que par une municipalité comme Gatineau, qui l’a hissé bien haut à sa Maison du Citoyen. Un drapeau respectable, symbole de notre lutte pour un Québec français et libéré de ses entraves. Un symbole qu’a foulé de ses pieds la direction de C4, qui a organisé cette triste soirée.


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Pierre Thibault, président de C4, avait pourtant affirmé, pour justifier cette seconde édition d’une fête nationale anglicisée: « C’est la fête du Québec, peu importe sa couleur ou sa langue ». Mais qu’est-ce que le Québec, sinon une nation française? Dans quel sorte de brouillard neigeux lui effleurant le bout du nez peut donc vivre cet individu pour ne pas comprendre qu’une fête nationale… célèbre une nation? Il doit choisir: ou bien on fête un territoire – et qu’importe si des individus vivent ici sans s’intégrer à la majorité de la population – ou bien on fête un peuple. Et si on ne fête pas un peuple, si on ne célèbre qu’une idée d’un Québec en tant que territoire, une sorte d’abribus d’individus épars attendant un quelconque autobus vers l’éternité, comment peut-on justifier l’acceptation de toutes ses composantes tout en rejetant le drapeau qui représente les aspirations de près de 50% de la population?
En interdisant un drapeau plutôt qu’un autre sur le site de sa Saint-Jean anglicisée, Thibault donne raison à tous ses détracteurs. Lui qui se faisait le grand défenseur d’une vision édulcorée de fausse diversité culturelle, de la bonne-entente et de la nation tant que celle-ci ne veut rien dire, démontre aujourd’hui jusqu’où va sa conception de la pluralité. Fêter la St-Jean, d’accord, mais pas question qu’on y voit tel drapeau ou tel autre. Le tien est bleu et blanc, tu passes. Vert, blanc, rouge, tu ne passes pas. Noir, blanc, tu ne passes pas non plus. Quelle sera la prochaine étape? Se fera-t-on fouiller à la recherche d’une carte de membre de la Société Saint-Jean-Baptiste, du Mouvement Montréal français ou du Parti Québécois? Jusqu’où doit-on reculer? L’année dernière, on nous enlevait notre fête francophone, cette année nos drapeaux; faudra-t-il faire un serment d’allégeance à la reine ou chanter le Ô Canada l’an prochain?

Qu’est-ce qui est pire, dites-moi? Exiger une fête nationale dans la langue de la nation en acceptant toutes ses composantes se reconnaissant dans notre langue commune ou faire la promotion d’une St-Jean faisant place à une langue étrangère et refusant l’accès à quiconque ne porte pas le bon drapeau? Qui fait preuve de tolérance, et qui refuse de considérer la diversité du peuple québécois?

C4, un problème explosif

Le problème avec cet événement est très simple: C4 est une entreprise à but lucratif. Privé, comme dans profits, intérêts, retours sur l’investissement. Même s’ils ont créé un OSBL fantoche appelé Société de développement des nouveaux événements culturels de Rosemont, une recherche rapide dans le registraire des entreprises nous permet d’y découvrir que Pierre Thibault se trouve derrière les deux organisations. En fait, C4 a même volé la marque de commerce de l’Autre St-Jean, qui appartenait à l’Association culturelle Louis-Hébert (ACLH), un organisme à but non lucratif et qui organisait jusqu’alors la fête nationale du quartier. Comparez les deux extraits du registraire suivant: SODNEC et ACLH. L’Autre St-Jean, à l’origine, appartenait à l’ACLH, et Pierre Thibault, pour ne pas se faire accuser de privatiser ouvertement la fête, a donc créé son OSBL de façade pour obtenir des subventions et pouvoir organiser « sa » fête.

Et des subventions et de l’aide, il en a obtenues! Notamment de la part du bar Chez Baptiste, où travaille Marilyn Lacombe (la blonde de Thibault qui, selon plusieurs de mes sources, a eu énormément de difficulté à produire des factures réelles alors qu’elle gérait l’événement l’an dernier) qui, lors de la dernière campagne électorale municipale, a servi de quartier général officieux à François Croteau, aujourd’hui maire de Rosemont-La Petite-Patrie. Seriez-vous surpris d’apprendre que Croteau a accordé son appui à cette fête? Seriez-vous même étonné si je vous disais qu’il a appuyé l’OSBL de C4 en février… alors que celle-ci n’a été créée qu’en mars?

C’est d’une nébuleuse dont il s’agit. Des individus aux méthodes peu recommandables, faisant la promotion de leurs propres projets, et qui se foutent éperdument de la fête nationale des Québécois. Gratte-moi le dos, je te gratterai le tien; donne-moi de quoi garnir mon c.v. et moi je te supporterai le moment venu. Un réseau d’individus sans scrupules, prêts à tout pour mousser leurs carrières respectives et n’ayant pas le moindre problème à mépriser les Québécois venus, en toute naïveté, fêter leur fête nationale avec le drapeau représentant le mieux leur nation.
En fait, au-delà de la langue et du contrôle absolu – et abusif – des carriéristes à la tête de cette fête, il s’agit d’un exemple supplémentaire des dérives possibles lorsque nos élus se délaissent de leurs responsabilités et privatisent notre bien commun. Qu’on se le dise et qu’on le redise: la fête n’appartient pas à C4, à Pierre Thibault ou à Simon Jodoin, son sous-fifre de fouille-merde qui fait sa sale job de bras dans les médias. La fête appartient aux Québécois. C’est une possession collective. On n’a pas davantage le droit de privatiser une fête, comme l’a permis François Croteau dans Rosemont, que de privatiser l’eau. La fête est à tout le monde, elle est vitale, elle nous transcende, elle nous rend fier, elle nous ressemble et nous rassemble. Peu importe la couleur de notre peu, notre habillement, notre âge, notre sexe, notre religion, notre drapeau, nous nous sentons interpellés par elle parce qu’elle fait partie de nous.

Et c’est cette partie de nous-mêmes qu’ont offert à C4 les élus de Rosemont. C’est ce profond respect de la diversité de notre nation, de notre ouverture aux diverses manifestations du nationalisme, aux différents drapeaux qui animent notre Histoire, qu’on souillé non seulement C4, mais ceux qui leur ont permis d’occuper l’espace public tout en se permettant de décider quel drapeau pouvait se manifester et quel drapeau devait rester cacher, bien loin dans le fond des poches de notre mémoire.

Notre fête nationale, nous la voulons inclusive. Nous désirons intégrer toutes les cultures à notre langue et à notre identité communes. C’est une foule de bleu et de blanc, mouchetée de vert-blanc-rouge et de quelques drapeaux noirs, venue écouter des artistes – même ceux n’ayant pas le français comme langue maternelle – chanter dans la langue nationale et se reconnaître en nous, qui fait la richesse de notre fête et qui représente sa réelle ouverture. Si on nous vole cette ouverture, si on nous enlève cette capacité à intégrer l’autre dans le respect de la diversité des formes de célébration de notre nation francophone, que nous reste-t-il? Ce n’est pas seulement un drapeau qu’on nous perquisitionne, c’est notre voix, celle de nos ancêtres qui sont morts pour que nous ayons, aujourd’hui, le droit de vivre dans la dignité.

Il serait peut-être temps de cesser d’offrir nos espaces publics et l’organisation de quelque chose d’aussi important que la fête nationale à un organisme privé, quand bien même se couverait-il de la fausse apparence d’un OSBL. Et si on rappelait aux François Croteau de ce monde que les Québécois rejettent toute forme de privatisation de leur Saint-Jean-Baptiste et n’acceptent pas de se faire dépouiller ni de leur identité, ni de leurs drapeaux?
Qui aurait cru qu’en 2010 le drapeau patriote serait toujours aussi dangereux pour les traîtres et les carriéristes!
À nous de démasquer ceux qui leur permettent de prospérer.