Arcade Fire à la St-Jean: pas question!
18 février 2011

À l’origine, il s’agissait d’une non-nouvelle. Suite à la victoire d’Arcade Fire à un concours de l’industrie américaine de la musique, un journaliste de la Presse Canadienne eut l’idée de demander aux organisateurs de la Fête nationale si Arcade Fire pouvait y jouer. Question tout à fait inutile puisque le groupe sera en Europe à ce moment-là. Mais la non-nouvelle a été reprise par Patrick Lagacé, qui n’a pas hésité à traiter ceux qui conçoivent la Saint-Jean-Baptiste comme étant une fête francophone de « tribaux » arriérés portant des «ceintures fléchées [et] qui ont les deux pieds barrés en 1970 ». N’en déplaise à certaines de mes compatriotes qui ne voient qu’un complot de Gesca contre la nation québécoise, il s’agit effectivement d’un enjeu important et la preuve que la question de la nation, au Québec, n’est pas réglée.


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En effet, cette polémique créée de toutes pièces nous démontre qu’il y a encore deux conceptions de la nation qui s’affrontent: celle qui conçoit la Fête nationale comme étant la fête d’un territoire physique – l’équivalent du Civic Holiday ontarien – et celle qui la voit comme faisant partie d’un territoire mental, rassemblant des individus partageant certaines valeurs entre eux, notamment la langue française. Malgré la Révolution tranquille, malgré deux référendums, malgré la reconnaissance de la nation québécoise, malgré la commission sur les accommodements raisonnables, la réponse finale n’a pas encore été trouvée à cette question: qui est Québécois?

Pour les Patrick Lagacé de ce monde, la réponse est simple: est Québécois qui habite au Québec. Le changement de nom de la Saint-Jean-Baptiste en Fête nationale justifierait « l’ouverture » aux « Québécois » d’autres langues et d’autres cultures. C’est l’idéologie multiculturaliste, échec lamentable dans toute l’Europe. Pas besoin de parler français, pas besoin de respecter certaines valeurs; on prend la vache, on la met dans l’écurie et elle devient magiquement cheval. La nation est territoire, point. Tu habites à l’est de la rivière des Outaouais, tu es Québécois; tu déménages de l’autre côté et tu deviens Ontarien. C’est la nation civique.

Or, cette conception de la nation s’avère extrêmement réductrice. Elle rejette toute forme de droits collectifs – comme celui du français d’être la langue commune des Québécois dans leur tentative d’en assurer la survie sur ce continent -, nuit à la cohésion sociale et rejette toute dynamique identitaire. Sous prétexte de s’opposer à un ancien nationalisme ethnocentrique basé sur la filiation héréditaire, elle rejette toute spécificité nationale autre que le mélange original d’individus déracinés se mouvant sur un territoire physique sans histoire ni futur.

Gérard Bouchard, ayant co-dirigé la commission sur les accommodements raisonnables et qu’on peut difficilement qualifier de « ceinture fléchée » tant ses molles positions sur l’identité avaient été décriées, conçoit pourtant la nation comme étant « sociologique », c’est-à-dire qu’elle n’est ni reliée à une souche originale qu’il faudrait retrouver ni exclusivement à un territoire.

La nouvelle nation québécoise a aboli l’affiliation exclusive à la religion catholique et aux origines (la « souche ») comme critères d’appartenance. Elle se définit principalement, sur le plan culturel, par la référence à la langue française comme langue officielle et, pour le reste, elle admet sous cette enseigne très large toute la diversité ethnique et culturelle qui caractérise la population du Québec. […] La langue, ce n’est pas négociable. La langue, c’est le fond, le cœur de l’affaire […]. Elle est le premier étage de l’édifice que nous sommes en train de réaménager, de toute la culture nationale québécoise. […] Nous ne pouvons pas, comme Canadiens français, jeter du lest ici. [Je souligne.] ((BOUCHARD, G., cité dans PLOURDE, M. et P. GEORGEAULT (sous la direction de) (2008). Le français au Québec : 400 ans d’histoire et de vie, 2e édition, s.l., Conseil supérieur de la langue française, Éditions Fides, p. 431. ))

Ce qu’explique Bouchard est relativement simple à comprendre. Nous étions des Canadiens-français éparpillés dans le Canada et nous définissant principalement selon le modèle ethnique. Pourtant, nous disparaissions. Étant minoritaires dans toutes les provinces en-dehors du Québec, nous ne pouvions nous opposer au génocide culturel imposé par la majorité canadienne anglophone. En faisant le choix, pendant les années soixante, de devenir des Québécois, il fallait laisser tomber l’ancienne nation ethnique pour s’emparer d’un territoire et le faire nôtre. Ce territoire ne pouvait être que français, parce que toute autre conception – y compris celle de la nation civique, prônée par Lagacé – aurait rendu inutile la scission d’avec les autres Canadiens-français. En d’autres mots: la langue constitue le cœur de ce que nous sommes parce que nous sommes devenus des Québécois pour avoir les moyens d’agir pour la protéger. Nous ne pouvons donc pas jeter du lest sur la langue, comme le dit Bouchard.

Or, Arcade Fire constitue l’exemple d’un modèle national que nous rejetons. Comme nous en avons déjà parlé, la plupart de ses membres viennent d’ailleurs – ce qui, jusqu’à maintenant, ne cause pas problème dans l’optique d’une nation sociologique -, habitent à Montréal depuis dix ans, mais n’ont jamais véritablement intégré le cœur de notre nation: la langue. Après une décennie complète en territoire québécois, ils sont, pour la plupart, incapables de dire davantage que deux ou trois mots en français. Ils vivent ici, mais ils ne vivent pas avec nous; ils surfent au-dessus du Québec dans un univers nord-américain anglophone pour qui le Québec, précisément, constitue un territoire comme un autre et non pas le site d’une nation unique, francophone, prête à s’ouvrir en autant qu’on respecte ses valeurs fondamentales.

Permettre à Arcade Fire de jouer, en anglais, à notre Fête nationale, c’est-à-dire à celle de tous ceux qui se sont identifiés à la langue française, représenterait donc la consécration d’un abâtardissement de la nation québécoise, où celle-ci ne représenterait plus le lieu de tous les espoirs pour une fragile francophonie nord-américaine, mais la continuité d’un territoire canadien où le français ne constituerait qu’un fait parmi d’autres, une richesse qu’on considère d’autant qu’on la garde loin de soi. Lui permettre de se produire en anglais, ce serait également reconnaître notre impuissance à intégrer à notre langue commune des gens habitant parmi nous depuis une décennie. Lui permettre de chanter en anglais, ce serait tirer un trait sur les gains de la Révolution tranquille et refaire de nous des colonisés sans territoire, sans nation, sans capacité à imposer, par notre majorité, une langue jusqu’au cœur de la fête représentant ce qu’il y a de plus sacré pour nous.

En donnant l’occasion à Arcade Fire de dénaturer notre Fête nationale, ce serait revenir à l’époque des ceintures fléchées dont parle Lagacé. Des Canadiens-français à qui on volait symboles sur symboles et qui n’avaient pas le pouvoir politique d’agir. Les « pieds barrés », dans les années soixante-dix, ont permis l’émancipation de ce peuple et ont réussi à lui faire croire qu’il lui serait possible, enfin, d’être véritablement chez lui quelque part. Voulons-nous réellement renier ce gain?

Et si on relevait la tête un peu? Le Québec constitue autre chose qu’une tache de terre sur une planète bleue. Il est l’hôte d’un peuple à l’histoire aussi riche qu’elle fut tragique et qui, par sa présence, par sa langue toujours aussi vivante après plus de deux siècles de domination étrangère, par les nouveaux arrivants qu’il intègre à son destin, constitue un formidable exemple de résilience et de survivance pour l’ensemble de la planète.

C’est cela qu’on devrait mettre sur scène à la Fête nationale.


Ajout: Comme le suggère un lecteur de ce blogue, pourquoi Arcade Fire n’interpréterait pas des chansons québécoises, en français, en y mettant un peu de leur couleur? Ce serait la preuve de leur désir de s’intégrer à la nation québécoise. Une culture qui demeure française, mais enrichie de la contribution originale d’immigrants ayant fait le choix de vivre ici non pas malgré nous, mais avec nous.

Pourquoi « l’ouverture » devrait toujours être à sens unique et en méprisant notre langue nationale?

Quand Lagacé traite les Québécois de racistes
12 janvier 2010

Patrick Lagacé publie aujourd’hui un billet très intéressant sur un reportage du Toronto Sun faisant état du plus haut niveau de chômage des immigrants au Québec. Intéressant, non pas en soi, mais bien parce que Lagacé en tire la conclusion suivante: nous, Québécois, serions des racistes. Le problème, c’est que Lagacé prend le problème à l’envers; il ne faut pas se questionner sur le chômage des immigrants sous la lorgnette du Québécois raciste, mais plutôt y voir la difficulté pour ceux-ci de s’intégrer à la culture québécoise alors que partout, dans tous les médias, on les bombarde de l’idéologie multiculturaliste et on leur rappelle qu’ils auraient le droit de vivre ici sans jamais s’intégrer.

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En fait, comparer le Québec aux autres provinces au niveau de l’intégration des immigrants ne fait pas de sens si on oublie de considérer cette vérité la plus cruciale: le Canada a embrassé une idéologie du multiculturalisme où les immigrants ne sont pas tenus de s’intégrer et où il n’y a pas, à proprement parler, de valeurs ou d’histoire canadiennes. Le Québec, lui, s’attache à un héritage francophone et à une histoire distinctes. Il est donc normal que les immigrants aient plus de difficulté à s’intégrer au Québec que dans le reste du Canada, puisque les exigences d’intégration sont différentes. Si au Québec on exige le français et, dans une certaine mesure, des comportements compatibles avec la laïcité, le Canada est beaucoup moins regardant à ce sujet. L’immigrant, au Canada, peut se replier sur lui-même, vivre isolé avec des membres de sa « communauté », et cela ne choque personne.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Indice de vitalité linguistique (IVL) de l’anglais est plus faible dans toutes les provinces et territoires canadiens (sauf le Nunavut) qu’au Québec; l’anglais devient de moins en moins la langue commune au Canada. L’immigrant arrivant au Canada ne ressent pas de pression pour s’intégrer; il peut relativement facilement se trouver un emploi dans sa « communauté » en ne faisant que baragouiner un anglais approximatif. Au Québec, cela ne fonctionne pas; nous avons des exigences d’intégration beaucoup plus élevées, non pas par racisme, mais simplement parce que nous avons la conviction différente de ce que constitue la cohésion sociale. Nous souhaitons l’intégration des immigrants à un destin commun au lieu de les voir s’isoler dans des passés et des futurs distincts.

Que le Toronto Sun fasse l’éloge du multiculturalisme canadien ne devrait pas nous surprendre. Ce qui déçoit, par contre, est cette adhésion presque sans remise en question de la part de Lagacé, qui devrait, mieux que quiconque étant donné son statut de journaliste québécois, comprendre la nécessité pour le Québec d’adopter une vision différente de l’immigration.

Il faut en finir avec l’idéologie multiculturaliste

Le multiculturalisme, contrairement à ce qu’affirment certains idéologues, n’est pas synonyme d’ouverture aux autres, d’ouverture sur le monde, d’acceptation de la différence. Il s’agit plutôt d’une fermeture à la seule différence valable dans le temps: celle de l’histoire des collectivités humaines. Autrement dit: en acceptant l’idée que la culture apportée par le nouvel immigrant possède la même valeur que la culture qui est implantée ici depuis des siècles, on contribue à l’homogénéisation du monde, à la destruction des différences historiques et des peuples qui ont façonné la diversité humaine actuelle. On contribue à la création d’un Québec dénationalisé, sans langue commune, sans identité partagée, sans passé porteur de sens et sans futur différent de celui d’une autre nation. Le multiculturalisme tue la différence.

Mathieu Bock-Côté, une référence sur la question multiculturelle, explique: « Le multiculturalisme reconfigure l’espace public des sociétés où il se déploie en pathologisant systématiquement un nationalisme historique faisant le procès non pas des « dérives du multiculturalisme », mais du multiculturalisme comme dérive. Il diabolise, il criminalise, il stigmatise ceux qui refusent la conversion de la communauté politique à la société des identités. » Si on ose croire à un passé commun, à une histoire où les combats de nos ancêtres ont permis la création d’une société cohérente, on s’expose au jugement impitoyable des censeurs du multiculturalisme.

Dans ce contexte, l’accusation de Lagacé comme quoi le plus haut taux de chômage des immigrants au Québec serait un signe de notre racisme, prend tout son sens. Au lieu de se questionner sur le fait que les immigrants reçoivent des messages contradictoires où on leur dit d’un côté que le Québec et le Canada seraient multiculturels et qu’ils n’ont pas vraiment à s’intégrer et où la réalité leur démontre le profond désir des Québécois de survivre et de continuer à enrichir le monde de leur spécificité, Lagacé choisit un raccourci facile: « plus de chômage, plus de racisme ». Le fardeau d’intégration, qui devrait être celui des immigrants, a été renversé; on demande maintenant aux natifs de s’intégrer aux nouveaux arrivants, de les accepter sans tenir compte de leurs valeurs de base, sans même savoir si elles sont compatibles avec les nôtres et si elles s’intègrent bien dans notre vivre-ensemble et notre désir de survie identitaire.

Voilà peut-être la plus grande victoire des ennemis du Québec. Depuis le référendum de 1995, on a plongé dans le multiculturalisme sans jamais se demander s’il était compatible avec notre désir de survivre en tant que collectivité historique et nationale. Aujourd’hui, alors qu’on nous inonde sous le poids d’une immigration plus nombreuse, per capita, que la plupart des pays développés, on préfère parler du racisme des Québécois pour expliquer les problèmes d’intégration des immigrants plutôt que de questionner l’idéologie multiculturaliste qui prône une augmentation incessante de l’immigration et un repli sur soi des immigrants dans un contexte de communauté nationale n’ayant plus rien d’une communauté et encore moins d’une nation.

Et si on arrêtait un peu de s’auto-flageller et qu’on réclamait, enfin, le droit à notre différence? Protéger la spécificité québécoise, quoi qu’on en dise, c’est encore assurer la plus grande et durable diversité humaine qui soit. Vouloir que le Québec puisse signifier autre chose qu’un magma confus d’identités désolidarisées sans passé ni futur, c’est encore la plus grande preuve d’ouverture à la diversité humaine planétaire.

Voilà une leçon que Patrick Lagacé aurait tout intérêt à comprendre.

Eric Amber: « P.S. Fuck you »
16 juillet 2009

On commence à y voir un peu plus clair dans cette histoire d’insultes de la part du Theatre Ste. Catherine vis-à-vis de la troupe de théâtre Sages Fous. Il n’y pas eu un seul message insultant envoyé du théâtre à la troupe, mais bien deux.

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En effet, suite à la réponse insultante où le groupe se faisait suggérer d’aller se « faire foutre », South Miller, une anglophone francophile membre de Sages Fous lui a répondu longuement, lui demandant pourquoi celui-ci faisait preuve d’autant d’agressivité, et lui a resouligné le caractère distinct du Québec. Il est possible de lire sa réponse (en anglais, ce qui est plus que généreux de sa part) ici. Bien sûr, cette réponse est assez directe, voire à la limite d’être agressive, mais comment réagiriez-vous si on vous disait d’aller vous faire foutre parce que vous voulez vous faire servir en français?  Si on vous traitait de personne sans éducation et fanatique parce que vous voulez parler votre propre langue?

Le theatre Ste. Catherine, par l’intermédiaire de son propriétaire Eric Amber (merci à Patrick Lagacé pour le lien), a répondu ce qui suit au message de Mme. Miller: « just delete the message and move on with your life.   ps fuck you (Efface simplement le message et continue avec ta vie. P.S. Va te faire foutre.) » Ce dernier, selon Mathieu Turbide, justifierait ses actions par le fait qu’il aurait été insulté par de nombreuses personnes au cours des dernières semaines, se faisant traiter de « sale Anglais juif ». Outre le fait que cette insulte sonne vraiment bizarre, M. Amber n’a jamais voulu montrer les prétendus courriels au journaliste. Il affirmait ne pas vouloir jeter de l’huile sur le feu, ce qui est particulier considérant que cela aurait pu, sans l’absoudre, expliquer son comportement méprisant et raciste.

Comme me l’a confirmé Jacob Brindamour, des Sages Fous, il n’y a pas eu d’escalade verbale précédent leur premier message. Il a simplement écrit au théâtre pour lui demander soit de leur envoyer des informations en français, soit de les retirer de leur liste d’envoi. « Nous sommes une compagnie de théatre et nous avons notre propre liste d’envoi. Ça nous arrive souvent de nous faire demander d’enlever quelqu’un de la liste », m’a expliqué le jeune homme polyglotte. « C’est l’étiquette sur le net; on peut se désinscrire sans se faire insulter. »

Malheureusement, l’étiquette ne semble pas s’appliquer du côté de Eric Amber. Si celui-ci s’est vraiment fait insulter depuis plusieurs semaines, est-ce une raison pour insulter à son tour des gens n’ayant absolument rien à voir avec cela? Si je passe une mauvaise journée au travail, serai-je dans le droit de battre ma femme et mes enfants en rentrant à la maison le soir? Il y a quelque chose qui s’appelle le libre-arbitre. Oui M. Amber est frustré et il a peut-être ses raisons, mais d’insulter ainsi des gens de cette façon parce qu’ils veulent se faire parler en français n’est pas acceptable.

Par ailleurs, du côté de Juste pour Rire et de Zoofest, on marche sur des oeufs. Sylvie Simard, de JPR, condamne de nouveau cette situation tout en me référant à Pedro Barbosa, qui affirme de son côté que l’organisation fera tout pour éviter qu’une telle situation se reproduise: « Depuis le début de Juste pour rire et de Just for Laugh, les deux festivals ont travaillé d’une façon qui véhicule le message en français avant tout et dans les deux langues ensuite; on ne comprend pas pourquoi ça s’est passé et on cherche à connaître les détails avant de chercher des solutions » souligne le relationniste de Zoofest. Le problème, c’est qu’on n’est pas prêt encore à proposer quoi que ce soit. Serait-ce si difficile que cela d’exiger le français et des gens plus respectueux des Québécois lorsqu’on fait affaire avec un théâtre?

Par exemple, on pourrait très bien imaginer Juste pour rire exigeant de Zoofest que ses théâtres et ses activités affichent en français d’abord, même s’ils s’adressent avant tout aux anglophones. Ainsi, on pourrait dès le départ éliminer tous les extrémistes potentiels comme Eric Amber, incapable d’afficher un seul mot de français sur le site internet de son théâtre ou sur sa boîte vocale, de l’équation. On met ça par écrit, dans le contrat. « Vous devez afficher en français, vous devez offrir des services en français car Montréal est une ville francophone. » Clair, net, précis. Car quoi qu’on en dise, Juste pour rire ne peut pas s’en laver les mains; même si c’est Zoofest qui organise, c’est toute l’organisation qui est salie par cet événement.

Dans tous les cas, voilà un événement qui ne contribue pas à améliorer la situation du français à Montréal. La seule chose de positive, c’est qu’elle nous a montré une réalité qu’on a trop tendance à occulter dans les médias: celle d’une jeunesse artistique québécoise ouverte sur le monde et désireuse de s’épanouir en français, et une vieille mentalité anglo-saxonne sclérosée, renfermée, incapable d’apprendre notre langue et jetant son fiel sur quiconque ose se tenir debout et réclamer le droit d’exister dans la langue de Molière.


AJOUT: Il semblerait que le théâtre fermera ses portes. Mais dans un dernier excès de racisme et de condescendance, Eric Amber envoie promener une dernière fois les Québécois: « Due to the overwhelming racism and bigotry in French society toward minorities and non-french cultures, Theatre Ste-Catherine will be closing in protest. Effective immediately TSC will no longer be accepting bookings and will closed permanently Dec. 21, 2009. »

AJOUT2: J’ai enlevé la longue citation de la réponse de Mme. Miller. Il n’était pas pertinent de tout lire, simplement de constater qu’elle a fait montre d’ouverture malgré la situation. Personnellement, j’aurais répondu à M. Amber en français, mais Mme. Miller a peut-être eu pitié de lui. Ceux qui veulent la lire peuvent la lire ici. (en anglais)

François Legault, ce néolibéral (bon débarras)
29 juin 2009

Patrick Lagacé a tort de s’indigner du fait que Réjean Parent ait qualifié les positions de François Legault de néolibérales. C’est exactement ce qu’elles sont.

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Lagacé écrit:

Le Québec est-il moins riche que ses voisins d’Amérique ? Oui.

Le Québec a-t-il un réseau de santé pétant de santé, dont les citoyens sont satisfaits, un système qui fait l’envie de ses voisins, qu’on cite en exemple ? Non.

[…]

C’est un constat, c’est une façon de voir les choses. Qui n’est pas débranchée (sic) de la réalité.

Le problème avec le discours de Lagacé, c’est qu’il comporte un fort préjugé néolibéral dès le début. L’idéologie, insidieuse, s’adapte à toutes les pensées et celui qui pense en ces termes ne s’en rend même plus compte lui-même.

Ainsi, le Québec est-il vraiment moins riche que ses voisins d’Amérique? Je ne crois pas. Le néolibéralisme présuppose une quantification de la richesse, une monétarisation de celle-ci. Mais ça ne dit pas tout. Combien vaut, par exemple, le fait de vivre dans la société la moins inégalitaire d’Amérique du Nord? Et combien vaut une visite « gratuite » chez le médecin? Combien vaut le fait de pouvoir circuler sur les autoroutes sans devoir s’arrêter à tous les 20 km. pour un péage? Tout n’est pas calculable, quantifiable. Oui, si on prend le salaire moyen, nous sommes plus pauvres. Mais que vaut une richesse concentrée entre une minorité d’hyper-riches enfermés dans leurs villas privées? Cette richesse contribue à faire augmenter la moyenne, mais en profite-t-on vraiment?

Pour ce qui est du réseau de la santé, il a été démontré à maintes reprises qu’il est plus efficace que celui des États-Unis, par exemple. Il n’est pas parfait, certes, mais une étude a démontré que 93% des Québécois sont satisfaits ou très satisfaits des services reçus. ((Le Soleil, Actualités, vendredi, 11 janvier 2008, p. 11, Système de santé, Les Québécois plutôt satisfaits)) Le problème n’est pas la qualité des soins, mais plutôt l’attente, causée par un sous-financement chronique du système. Comme je l’écrivais ici, les États-Unis dépensent 15,3% de leur PIB pour la santé, contre un maigre 10% pour le Canada; si le réseau était suffisamment financé, il se porterait bien mieux. Ce n’est donc pas en mettant en place « une culture de l’évaluation et une culture des résultats », comme le souhaite Legault, que la population serait mieux soignée. Cette culture existe déjà aux États-Unis, et le système est plus coûteux tout en soignant moins de gens.

Patrick Lagacé a raison d’affirmer qu’il s’agit d’une façon de voir les choses, mais celle-ci est branchée sur une seule réalité: l’appréciation néolibérale du monde.

En effet – et qu’on le veuille ou non – le néolibéralisme fait de la « culture de l’évaluation » et de la « culture des résultats » un dogme absolu. Tout doit pouvoir être évalué et quantifié sur l’autel du libre-marché, et ce qui ne peut être calculé n’a pas de valeur. Exit la compassion! Exit l’égalité des chances! Le néolibéralisme veut la lutte de tous contre tous, l’élimination des programmes sociaux « généreux » et la subordination au marché.

En ce sens, oui, les propos de François Legault représentent une ligne de pensée néolibérale. Cette conviction – erronée – que davantage de la même erreur donnerait un résultat différent. Le Québec subit des réformes de ce type depuis 1982 et la situation ne cesse de se détériorer; il serait peut-être temps de comprendre que les solutions ne sont pas à droite.

Qualifier Legault de néolibéral n’est donc pas une insulte, mais une simple constatation des positions politiques d’un homme de droite qui fut un des piliers d’un parti de droite cherchant à se recentrer. Il a même signé un manifeste en 2005 intitulé « Le courage de changer », intimant le Parti Québécois à s’orienter encore davantage vers la droite. Croire que cet homme, recruté par Lucien Bouchard, le plus à droite de tous les dirigeants du parti, n’était pas un néolibéral, à mon avis, c’est avoir intériorisé cette pensée sans avoir l’honnêteté intellectuelle de s’assumer pleinement.

Quand Patrick Lagacé s’assumera-t-il comme un lucide, ce nouvel euphémisme de la droite?

En attendant, bon débarras, monsieur Legault!

Pour en finir avec Renart Léveillé
27 juin 2009

Ce sera mon dernier texte sur la question. Je ne perdrai pas davantage de temps avec cette personne. Non content d’avoir traîné dans la boue Patrick Lagacé, il me calomnie sur son blogue. Il m’accuse de m’accrocher à lui comme une sangsue et de parler de lui sur tous les blogues. Je vais rectifier les faits.

Je me fous de ce Pascal Léveillé dans la mesure où il me laisse tranquille. Je n’avais rien écrit contre lui depuis des mois, ni sur lui, ni quoi que ce soit à propos de lui. La seule exception fut un texte sur les blogueurs-parasites où je ne l’ai pas nommé directement.

Mais lui, de son côté… Il a essayé de lancer une campagne de boycott de mon blogue. (Il a confirmé ici que c’était bien de moi qu’il s’agissait) La raison? J’avais laissé un commentaire chez Le Satellite Voyageur où je lui recommandais, face à ses blues et à son manque d’inspiration, de se laisser un peu plus de latitude et de véritablement se laisser aller, car il avait, à mes yeux, au moins 1000 fois plus de talent qu’un Renart Léveillé se contentant d’amalgamer tout ce qui se fait ailleurs sans véritablement prendre position. Pascal Léveillé y a vu une attaque gratuite, mais il s’agissait plutôt d’un exemple que je donnais à Le Satellite Voyageur afin que son blogue continue d’être de qualité et ne devienne pas cet espèce de ragoût pré-mâché de commérages édulcorés qu’est le blogue de Renart Léveillé.

Je croyais qu’il en resterait là, qu’il se tiendrait tranquille un certain moment. Mais non. Sitôt cet épisode terminé, il a eu besoin de se trouver un autre blogueur sur qui déverser son fiel. Dans un texte intitulé Pour en finir avec le Voyou du Bayou il s’acharne contre un autre blogueur, sous prétexte que celui-ci a calomnié son amie. Renart Léveillé, le justicier du web. Toujours prêt à utiliser sa petite clique de lecteurs (toujours les mêmes, en passant) contre la cible du jour. Et comme si ce n’était pas suffisant, huit jours plus tard il traîne Patrick Lagacé, mon blogueur préféré, dans la boue en l’accusant de mentir et d’être un hypocrite écrivant des conneries sous un faux nom. Tout ça parce qu’un de ses commentaires n’avait pas été publié sur le blogue de Lagacé et qu’il avait décidé de jouer les sangsues avec lui.

Alors voilà, moi je m’indigne contre sa façon d’agir. Il agit comme un petit truand qui se croit roi de la ville et qui a le droit de décider qui mérite de vivre et qui doit crever. Il n’a rien à faire de l’éthique, comme le note Martin Comeau. Son but est de faire mal, de s’attaquer à la réputation d’autrui et de calomnier confortablement assis derrière son écran d’ordinateur. Face à face avec Lagacé, Le Voyou ou moi, aurait-il eu ce courage? Il est permis d’en douter.

Sa façon d’agir est prévisible. Il fouille le web à la recherche de nouveaux textes et il court pour être le premier à laisser un petit commentaire insipide de 2-3 mots, du genre « ah oui tu as raison ». Ainsi, la personne qui reçoit le commentaire se sent valorisée et a le goût de participer au blogue de Renart. Mais dans les faits… Comme il l’avait écrit ici, Renart n’en a rien a cirer de ces blogues:

Je ne suis pas un grand amateur de blogue perso, même si j’en lis quelques-uns, mais je n’irais pas écrire en commentaire sur un de ceux que je ne suis pas, simplement : ta vie ne m’intéresse pas!

La vérité, c’est qu’il lit à peine ces dizaines de blogues qu’il fréquente. En diagonale, au mieux. Il s’assure d’être le premier à laisser un commentaire (dès qu’il reçoit le RSS du billet dans son Google Reader) et espère ainsi grossir son capital de sympathique. Ensuite, il se contente d’appliquer les principes du blogueur-parasite pour pondre ses petits billets insipides grâce au contenu d’autrui.

D’autres conflits de Renart:

Renart contre JESOPINIONS (Anti-Pollution)
Renart contre ceux qui « volent » ses photos
Renart Le Voyou du Bayou (encore)
Renart contre Le Bum Intello
Renart contre Patrick Lagacé (encore)
Renart contre un ancien-ami et contre Patrick Lagacé
Renart s’acharne encore contre moi
Renart contre un autre blogueur
Renart contre « Daniel »
Renart contre « Daniel » (encore)
Renart contre moi (encore-encore)
Renart contre un autre commentateur
Renart contre Carl Bergeron
Renart contre Martineau (encore, encore!)
Renart contre Le Bum Intello (encore)
Renart contre Élodie
Renart contre Élodie (encore)
Renart contre un autre commentateur
Renart contre Le Bum Intello (encore-encore!)
Renart contre Le Bum Intello (re-re-re)
Renart contre Patrick Lagacé (plus soft)
Renart contre un énième commentateur
Renart contre les trolls

Je n’ai rien à ajouter. Ce type ne peut vivre sur la blogosphère sans être en conflit contre quelqu’un d’autre. À toutes les deux-trois semaines, il doit ostraciser quelqu’un, s’attaquer à quelqu’un, chercher à nuire à quelqu’un. Si ce n’est pas Patrick Lagacé, c’est Le Voyou du Bayou, c’est moi, c’est Anti-Pollution, c’est Daniel, c’est un certain commentateur, c’est Le Bum Intello, etc. Toujours quelqu’un à dénoncer, toujours quelqu’un à exclure.

Pascal Renart Léveillé n’accepte pas la critique. Purement et simplement.

C’était mon dernier texte sur le sujet. Je vais continuer de me servir de lui comme référence si je veux expliquer ce qu’est le blogue-parasitage, mais je ne répondrai plus à ses vaines insultes et à ses campagnes de diffamation. Les milliers de lecteurs de Patrick Lagacé savent maintenant qui il est et de quelle façon il n’a pas hésité à traîner ce dernier dans la boue, et pour ma part, même si je n’ai que quelques centaines de lecteurs au quotidien, j’aimerais juste leur assurer que je ne perdrai plus de temps avec ces choses dans le futur. C’est un point final. Il aura beau continuer sa diffamation et de me harceler, que ce soit sur son blogue ou en privé, pour ma part je n’ai plus rien à ajouter à son sujet. Je pense à lui et je le trouve triste. Englué dans son égo surdimensionné, c’est tout. Ce type est une plaie, et il incarne la raison première pourquoi les blogues ne sont pas pris au sérieux.

Je sais déjà qu’il va publier un texte à ce sujet, cherchant le réconfort de sa petite clique de suiveux, mais pour moi c’est terminé. Je ne perdrai plus de temps avec cet individu.

Bientôt, d’autres textes, réflexions, recherches, et peut-être des scoops. C’est plus difficile que de diffamer au gré de l’égo sur le net, mais c’est beaucoup plus valorisant. D’ici là, une pause. Salutaire.

P.S. J’ai fermé les commentaires sur ce texte. Je ne veux pas relancer le débat et repartir le bal. Pour moi, c’est réellement un point final. Qu’il vive heureux et qu’il continue à diffamer gratuitement les autres blogueurs, je ne veux plus le savoir. Je sais que vous êtes nombreux à penser comme moi (et aussi à ne pas penser comme moi), mais je ne veux plus de débat à ce sujet. Le rayon des commérages et du potinage mesquin, ce ne sera plus ici. Il y a déjà un blogue tout désigné pour cela, et je crois que vous le connaissez, maintenant.

Renart contre Patrick Lagacé: manque de preuves!
25 juin 2009

L’histoire commence par un blogue tout à fait anodin, mais dont l’auteur aime bien provoquer: Pataklow. Le type fait un texte sur Jean-François Plante, de l’ADQ et le confond avec un autre Jean-François Plante. Patrick Lagacé remarque la bourde et pond un billet sur le sujet. Le type en question s’excuse. L’incident est clos. Vraiment?

Non, il ne l’est pas.

Arrive Pascal « Renart » Léveillé, qui, comme le démontre Martin Comeau, s’était donné pour mission de s’attaquer à Patrick Lagacé en août dernier:

J’ai Patrick Lagacé sous mon point de mire en ce moment du côté de chez Branchez-vous!

Et voilà le noeud de « l’affaire ». M. le Renart est fâché parce que son commentaire chez Patrick Lagacé n’a pas passé le filtre de la modération. Alors que de nombreuses personnes ont déjà affirmé que nombre de leurs commentaires ne sont pas passés, M. le Renart est convaincu être la cible d’une censure intentionnelle de la part de M. Lagacé. La raison? Il a accusé Pataklow et Patrick Lagacé d’être une seule et même personne!

Et quelles sont ses « preuves » pour lancer une telle accusation? Le fait que Patrick Lagacé ait ajouté rapidement Pataklow à sa blogoliste et le fait que Patrick Lagacé ait « censuré » ses commentaires. Wow, quelles preuves!

Même s’il se défend dans une mise à jour de son billet d’avoir clairement accusé Lagacé d’être derrière Pataklow, Martin Comeau a imprimé les tweets de Renart, où on peut lire: « Tu es démasqué Pascal-Pierre Bradette! Alias Patrick Lagacé » Comme le note Comeau, le point d’interrogation a disparu au fil des re-tweets.

Face à ces attaques injustifiées et à cette calomnie, Patrick Lagacé a pris le temps de répondre en personne, expliquant ce que tout le monde savait déjà: il n’a pas le temps de faire ces conneries.

En outre, Lagacé explique les origines de la guerre puérile que lui mène Pascal Renart Léveillé:

En conclusion : j’aime bien Renart, avec qui j’ai des échanges occasionnels par courriel. Mais je dois te dire, et je te le dis avec un sourire, et une bine sur l’épaule, que je suis un peu tanné de me faire dire « Je ne suis pas un journaliste ! » par des citoyens-blogueurs qui disent, sur Twitter ou sur bloye, des faussetés non-vérifiées sur mon compte. Il faudrait réfléchir à cette excuse, à ce paravent trop utile qu’est le « Je ne suis pas journaliste », à une époque où tout le monde est un « fournisseur de contenu ».

On a donc le portrait complet. En août dernier Renart annonçait qu’il allait s’attaquer à Lagacé parce qu’il ne le considèrait pas comme un journaliste. Et maintenant, il cherche à le traîner dans la boue en l’accusant d’être un imposteur. Il pousse même l’audace jusqu’à écrire:

Pointer Patrick Lagacé permet surtout d’avoir l’attention des gens. [Je souligne] Mais je n’ai pas inventé le fait que mon commentaire ne passe pas.”

Évidemment, vous le savez, je ne suis pas objectif. Je n’aime pas le Renart, qui fut mon ancien collaborateur et chez qui j’ai perçu les signes d’une enflure de l’égo m’ayant profondément écoeuré. Je n’ai aucun respect pour quelqu’un qui se permet de traîner ainsi un journaliste aussi crédible et respectable dans la boue sous prétexte d’attirer du trafic ou d’avoir un « scoop ». Les scoops, ça se mérite. Les accusations doivent être fondées, sinon on perd de la crédibilité. Et en ce qui me concerne, celle de Renart vient de tomber comme une boule de crème glacée sur l’asphalte de juillet.

Pour ma part, j’en ai sorti deux, des scoops. Le 19 septembre 2008 j’avais annonce en primeur que Pierre Morin était de retour et était l’auteur du blogue Bleu Québec. Et le 16 mars dernier, j’annonçais également en primeur (avant même les journalistes) que Louise Harel contrôlait déjà Vision Montréal et qu’elle allait en prendre la tête afin de tenter de devenir mairesse de Montréal. J’écris pas ça ici pour me vanter, juste pour démontrer qu’il est possible d’avoir des informations utiles sur le net mais que celles-ci doivent être SOLIDES, sinon on prend le risque de se discréditer et de discréditer l’ensemble des blogueurs.

Et malheureusement, c’est ce qui s’est produit avec cet événement. Renart a merdé, il a calomnié Patrick Lagacé sans raison, et les blogueurs ont encore une fois eu l’air d’idiots.

Si vous me demandez pourquoi je me tiens loin de cette petite clique auto-congratulante de la blogosphère, plus intéressée à se flatter réciproquement le dos qu’à faire du sens et trouver une réalité à ce monde, vous en avez un exemple de plus. J’en ai plus qu’assez de lire Renart contre Patrick Lagacé, Renart contre le Voyou du Bayou, Renart contre ceux qui n’ont pas d’éthique ou Renart qui veut boycotter d’autres blogueurs.

Prendre l’initiative, c’est bien. Mais utiliser ses supporteurs comme bélier pour mener de vaines petites guerres personnelles, sans se soucier de ceux qu’on salira au passage, moi j’appelle cela de l’égoïsme, et je décroche. On peut avoir des opinions sur quelqu’un et même être dur à son endroit (je l’ai été), mais ça prend des preuves quand on l’accuse. Et Renart n’en a pas.

Voilà pourquoi je continuerai sur ce blogue à parler principalement de politique, de réflexions personnelles et d’autres choses du genre. Tout, mais en me tenant loin de cette consanguinité blogosphérique.


Mise à jour: C’est vrai que je ne donne pas l’impression d’un gars qui veut se détacher de tout cela avec cette nouvelle couche de peinture dans son coin. J’ai peut-être eu tort de poster ce texte. Disons simplement que j’espère que ce sera un point d’orgue et que je n’aurai plus à parler de lui dans aucun billet. Je n’avais pas réagi lorsqu’il voulait organiser un boycott contre d’autres blogueurs (comme moi), mais je tenais seulement à faire ma part pour dénoncer son attaque injustifiée contre Patrick Lagacé, un journaliste-blogueur pour qui j’ai énormément de respect.

MÀJ2: Patrick Lagacé répond aux attaques gratuites de Pascal Léveillé dans ce billet.

Le pire texte de Patrick Lagacé
10 novembre 2008

patrick_lagacePatrick Lagacé est un de mes blogueurs/journalistes préféré. Généralement, j’aime ce qu’il écrit. Mais son dernier texte est un des pires ramassis d’idioties et d’idées pré-digérées que je n’ai jamais lu de sa part.

D’abord, Lagacé qualifie Jean-Claude St-André de « pur et dur » parce que celui-ci veut un référendum sur la souveraineté. Mais… Pourquoi voterait-on pour le PQ s’il n’y a pas de référendum sur la souveraineté? L’indépendance devrait être la raison d’exister du Parti Québécois, le ciment qui doit unir les différentes factions du parti. Pas d’indépendance, pas de parti. Comment peut-on blâmer un individu, qui a été un fidèle député pendant onze ans de surcroît, de « pur et dur » comme on dirait radical ou extrémiste?

Par ailleurs, l’argument massu de M. Lagacé pour s’en prendre à Jean-Claude St-André est le suivant: celui-ci n’a obtenu que 0,9% des voix lorsqu’il s’est présenté à la tête du PQ en 2005, ce qui le rendrait suspect. Ce que Lagacé ne dit pas, c’est que c’est André Boisclair qui a gagné la course… en promettant un référendum rapide sur la souveraineté! Bref, d’un côté Lagacé reproche à St-André d’exiger un référendum rapide, mais d’un autre il le ridiculise en escamotant le fait que c’est un autre qui a gagné l’investiture justement avec cette promesse. Rarement a-t-on lu Lagacé faire preuve d’autant de mauvaise foi.

Voici un extrait de ce texte, publié dans la feuille de chou habituelle:

Ces souverainistes veulent un pays. Or, en multipliant les singeries, ils nuisent objectivement à la campagne du PQ. Ils embarrassent Pauline Marois. Ils attachent à son soulier Prada ce boulet qu’est le martyr St-André.

C’est ici que la logique des purs et durs ébahit l’observateur extérieur par sa complexité, mesdames et messieurs.

Car nuire à Mme Marois, c’est nuire au PQ. Nuire au PQ, c’est aider l’ADQ et le PLQ. Aider l’ADQ et le PLQ ne fait rien pour aider le PQ à gagner ces élections.

Vous me suivez?

On continue: au risque de passer pour un exalté, si les souverainistes veulent un pays, il faut nécessairement que le PQ forme le gouvernement. Parce que les chances que le PLQ ou l’ADQ organisent un référendum sont pour ainsi dire nulles.

Vous me suivez toujours?

O.K. Donc, en toute logique, les purs et durs devraient se rallier, poser des pancartes, espérer que le PQ gagne et, accessoirement, éviter de se faire hara-kiri pour un obscur ex-député.

Mais non. Les purs et durs, ce week-end, pour faire avancer l’idée de pays, ont choisi de… faire la guerre à Pauline Marois.

Bref, ils veulent gagner en scorant dans leur but.

Non, M. Lagacé, les indépendantistes ne compteront pas dans leur but. Ce que vous ne comprenez pas, c’est que ce ne sera JAMAIS le PQ qui réalisera l’indépendance. Le Parti Québécois ne croit plus au projet souverainiste, a envoyé aux calendes grecques l’idée d’un référendum et se contente d’en agiter le spectre comme on agite un os devant un petit chien-chien pour obtenir son attention à la veille des élections.

Je suis un indépendantiste, un « pur et dur » selon la définition de Lagacé, c’est-à-dire que je crois encore qu’il faut faire l’indépendance… pour faire l’indépendance. (N’est-ce pas ironique? On devient automatiquement un « pur et dur » dès qu’on souhaite des actions concrètes pour la souveraineté dans la logique de Lagacé) Mais je ne suis pas un péquiste. J’oserais: je ne suis pas un péquiste PARCE QUE je suis un indépendantiste. Le PQ n’a rien fait pour l’indépendance depuis treize ans, et je suis convaincu qu’il ne fera rien d’ici treize ans: le parti a transformé l’idée d’indépendance en marque de commerce assurant sa réélection chez des gens un peu naïfs qu’on exploite depuis des années.

Quand M. Lagacé aura compris que le Parti Québécois n’est plus le véhicule de l’indépendance, son analyse s’en portera beaucoup mieux. D’ici là, il est probable que nous lirons d’autres textes aberrants comme son dernier où il reproche à un fidèle militant de la première heure de vouloir appliquer l’article premier du parti. Le plus triste dans tout ceci, malheureusement, c’est que M. Lagacé contribue à la supercherie en laissant croire aux gens que de nuire au PQ c’est de nuire à l’indépendance. Car ce que ce dernier n’a pas compris, c’est qu’au-delà de l’homme, le rejet de Jean-Claude St-André constitue un puissant symbole: l’évacuation des meilleurs éléments indépendantistes du parti.

Voilà notre tâche à tous, indépendantistes, d’ici le 8 décembre: répéter ad nauseam que le Parti Québécois n’est plus un parti indépendantiste et que l’indépendance se fera sans lui, et si j’ose dire, contre lui. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui, comme le SPQ-Libre, tentent de ramener le PQ sur le chemin de la social-démocratie et de l ‘indépendance, mais je ne crois plus que le Parti Québécois soit réformable. Son élite a décidé qu’il valait désormais mieux obtenir l’aval de Power Corporation et de ses sbires que d’être au diapason avec ses membres et la population.

Ce bilinguisme qui empêche l’intégration des immigrants
8 novembre 2008

Immigrants

Il y a de ces mystérieux hasards dont on aimerait parfois comprendre le sens. Je réfléchissais à la meilleure façon de (re)parler de ces Afghans qui possèdent la fruiterie près de chez moi et de mes quelques visites à leur domicile ces derniers jours. Je cherchai donc le premier texte que j’avais écrit à leur sujet et je fus littéralement stupéfait de constater que le dit texte a été écrit il y a précisément un an, jour pour jour. Comme si le rythme des saisons offrait l’opportunité des questionnements et des bilans.

Alors oui, je connais un Afghan. En fait, je devrais être honnête: je connais des Québécois d’origine afghane, car ceux-ci sont parfaitement intégrés. Oh, certes, quand je suis allé jeter un coup d’oeil à un problème informatique chez eux j’ai appris qu’ils avaient un satellite pour regarder des programmes afghans, mais c’est une bien agréable et jolie jeune fille d’une quinzaine d’années qui me l’a expliqué, et dans un français qui ferait rougir bien des Québécois « de souche » si seulement ces derniers pouvaient avoir la conscience culturelle pour avoir honte de la piètre qualité de leur langue.

Ces gens, mes amis afghans, représentent l’apothéose de l’intégration à la culture québécoise. Le père, la mère, l’oncle, le fils, la fille; tous parlent un excellent français à peine un peu rêche à cause d’un accent persistant, tel un morceau de bois ne demandant qu’à être poli.

Ils ont immigré ici il y a un vingtaine d’années, directement dans l’Est. Ici, pas d’anglais: tout se faisait en français à cette époque avant que le bilinguisme ne soit quasi-institutionnalisé. Pas question de se faire répondre en anglais à tout moment par un Québécois soucieux d’être aimable et qui ne se rend pas compte qu’il ne rend pas service aux immigrants en les empêchant de réaliser toute l’importance de l’apprentissage de notre langue. Non, ils ont appris le français parce qu’il était nécessaire d’apprendre le français. Pas par amour romantique de la beauté de notre phonation. Parce que c’était absolument et impérativement nécessaire.

Je travaille toujours dans l’Ouest, et je vois quotidiennement les mêmes immigrants qui n’ont aucun désir d’apprendre notre langue. Pourquoi le feraient-ils, d’ailleurs? Contrairement à mes amis afghans, ils n’ont aucun besoin du français: tout le monde s’adresse à eux en anglais, depuis le caissier au dépanneur jusqu’à la dame à la banque en passant par le commis chez Jean Coutu. Pourquoi s’échineraient-ils à apprendre une langue qu’ils perçoivent comme morte et inutile?

Ces immigrants n’en ont rien à foutre de notre combat. Ils parlent la langue qui leur permet de fonctionner, et cette langue est l’anglais, car il se trouve toujours un Québécois pour leur parler en anglais.

Deux situations identiques à l’origine, et deux comportements opposés à la fin: intégration francophone dans une société unilingue francophone et repli sur soi, voire intégration en anglais dans une société bilingue francophone.

Il faut le répéter: à partir du moment où tous les petits Québécois parlent anglais, pourquoi un immigrant apprendrait-il le français?

Je pensais à tout ça en lisant certains commentateurs du blogue de Patrick Lagacé, qui reprochaient à Pauline Marois de ne pas bien parler anglais. D’une certaine manière, il y a un côté sublime dans cette perversion de l’esprit plaçant la maîtrise d’une langue étrangère comme un objectif essentiel à atteindre. En effet, comment ne pas y voir une certaine forme de beauté vicieuse, de triomphe tardif des objectifs de Lord Durham ou d’autres anglophones souhaitant notre élimination? Nous en sommes venus à considérer l’expertise de cette langue extrinsèque comme une obligation, reléguant les demandes historiques des francophones pour avoir le droit d’atteindre les plus hauts échelons sociaux dans leur langue au rang de folklore passéiste.

En somme, au lieu de réclamer le droit de pouvoir vivre en français, de travailler en français, et ainsi contribuer à la francisation des dizaines de milliers de nouveaux arrivants, nous avons décidé collectivement que le français doit jouer un rôle de figurant au sein de nos vies, une langue honteuse qu’il faut chuchoter et oublier dès qu’un anglophone nous adresse la parole.

Et bien, si mes amis afghans étaient arrivés au Québec en 2008 au lieu de 1988, ils n’auraient probablement jamais appris le français car il y aurait toujours eu un petit Québécois sans fierté et bilingue (l’un semble aller avec l’autre) pour escamoter son rôle linguistique historique et jouer le sous-fifre d’une immigration qui ne demanderait qu’à s’intégrer si on lui donnait seulement un signal clair sur l’exclusivité du français au Québec.

Il ne faudra jamais l’oublier: l’ennemi n’est pas la langue anglaise, mais le bilinguisme qu’on a décidé d’imposer à l’ensemble d’un peuple. Dans un contexte de minorité culturelle et linguistique, nous signons notre arrêt de mort dès que nous substituons l’anglais au français et que nous contribuons ainsi de par notre mollesse et notre manque de conviction, à l’anglicisation des nouveaux arrivants.

Car ceux-ci ne sont pas ici pour l’amour de nos beaux yeux, mais pour améliorer leurs conditions de vie; en leur parlant français, nous les obligeons à apprendre notre langue et nous leur lançons le message que leur élévation dans l’échelle sociale passe obligatoirement par l’apprentissage de notre langue.

Soyons fiers, parlons français partout, au travail, à la maison, sur internet, PARTOUT!


p.s. Et pour ceux qui en douteraient encore, je vais voter pour le Parti Indépendantiste, la seule organisation politique sociale-démocrate, indépendantiste et possédant une réelle volonté de protéger notre langue!

L’engagement moral
30 octobre 2008

Engagement moral

Qu’on le dise dès le départ: si la politique d’intégration des immigrants du Parti Libéral du Québec constituait la fine glace qui nous séparait des eaux, nous serions déjà tous mouillés jusqu’aux oreilles tellement celle-ci s’avère mince et fragile. On demande un « engagement moral » aux immigrants en les incitant à signer un contrat sans valeur afin qu’ils respectent nos valeurs de base, notamment l’utilisation du français: n’importe quoi, comme le note Patrick Lagacé.

Pourtant, la controverse n’est pas nouvelle. Ici-même, en février dernier, il y avait eu un fort débat suite à un de mes billets où je m’en prenais à un blogueur ayant choisi de faire la promotion de l’indépendance du Québec… en anglais. Je lui avais reproché de contribuer ainsi à la normalisation de l’anglais comme langue d’usage au Québec et à réduire l’attrait du français chez les immigrants, nuisant effectivement au combat qu’il prétendait mener. Car n’en déplaise aux grands linguistes de ce monde, une langue n’est rarement apprise par plaisir, mais plutôt par nécessité.

En effet, c’est bien beau de se fier au « sens moral » des gens, mais la vérité c’est que nous n’agissons souvent que selon notre propre intérêt. Tiens, par exemple, le gros bon sens nous dit que l’hiver on doit mettre des pneus d’hiver. Mais il a fallu passer une loi pour forcer les gens à les installer. Et c’est la même chose pour tout: qui s’arrêterait la nuit aux feux rouges si ce n’était pas obligatoire? Quel commis de dépanneur gagnerait le salaire minimum si on se contentait de dire aux entreprises qu’elles ont « l’engagement moral » de bien payer leurs employés? Et à quoi ressemblerait un match de hockey où il n’y aurait pas de règles mais seulement un « engagement moral » de ne pas déroger à un code d’éthique?

Qu’on soit d’accord ou non, un engagement doit être accompagné de conséquences si on ne le respecte pas. Tout comme on me donne une contravention si je dépasse la limite permise ou si je roule sur le trottoir avec ma voiture, il doit y avoir des conséquences pour les immigrants qui refusent d’apprendre le français.

Oh, et à certains de nos amis qui ne vivent pas à Montréal et qui voient l’immigration avec des lunettes rose-bonbon, une GRANDE partie des immigrants ne veulent rien, mais absolument rien savoir d’apprendre ne serait-ce qu’un seul mot de français. J’en vois tous les jours qui sont ici depuis des années et qui ne sont même pas capables de dire « bonjour » ou « merci ». C’est ça le Montréal d’aujourd’hui, et c’est à cause de l’applaventrisme de Québécois mous et à l’amour-propre déficient, relayés par un gouvernement libéral mollasse et sans fierté que cette situation perdure.

La seule façon de franciser les immigrants est de leur parler en français, toujours, sans compromis, sans exception. Ceux-ci doivent comprendre que s’ils n’apprennent pas le français ils ne pourront pas fonctionner. Soudainement, ces gens qu’on croyait trop âgés ou trop peu scolarisés feront des merveilles d’apprentissage sitôt que leur intérêt personnel se trouve en jeu.

Dans tous les cas, c’est à nous d’agir. À nous d’être fiers de ce que nous sommes et de refuser de parler anglais sur notre territoire, d’exiger le français en tant que client ET en tant que travailleur. Cesser de croire que nous sommes polis parce que nous parlons anglais à quelqu’un qui ne comprend pas le français; notre politesse n’est qu’une lâcheté en tenue de soirée.

La vraie politesse, c’est de respecter le rythme d’apprentissage de l’autre, d’être patient, de lui répéter en articulant bien, mais de le faire, toujours et sans compromis, en français.

Sinon, autant fermer la shop right now.

Au fait, où en serions-nous aujourd’hui sans loi 101 ou si on s’était contenté de « l’engagement moral » des parents d’envoyer leurs enfants à l’école francophone?

Les élections: la paix ou la démocratie?
27 octobre 2008

Démocratie ou dictature?

Ainsi, nous devrions être appelés aux urnes le 8 décembre prochain. Pendant que l’économie mondiale bat de l’aile et que chaque contrat obtenu de l’étranger se veut un baume sur la plaie béante et purulente que constitue la situation économique actuelle, notre premier ministre Jean Charest préfère penser à ses propres intérêts et annule un voyage en Chine pour espérer s’assurer une majorité lors des prochaines élections.

Charest fait la calcul suivant: on s’en va en récession, elle va être très sévère, probablement la pire depuis des décennies, et si ses pires effets pervers n’ont pas encore atteint le Québec ce n’est qu’une question de temps avant que le feu soit dans la grange et qu’on réclame la tête du coq le plus flamboyant. Car qu’on le veuille ou non, quand ça va mal on se cherche des coupables. Et si le Parti Libéral a une chance d’améliorer son sort, c’est ici et maintenant.

De quoi peut-il avoir peur?

D’un côté, l’ADQ s’en va nulle part; le parti est en train de sombrer dans la discorde interne et au rythme où vont les choses on se demande même si le parti de Mario Dumont serait en mesure de garder une vingtaine de sièges (il en a 39 présentement). Le navire coule, et déjà les rats ont commencé à le quitter.

De l’autre côté, Pauline Marois est égale à elle-même: prétentieuse, hautaine, tenant un discours creux et ayant à peu près autant de charisme que la secrétaire blasée chez votre dentiste. Donnez-lui son 4% à elle, et ça presse! Le PQ est lui aussi prêt à se faire battre, car son but premier est l’indépendance du Québec et Marois a rejeté ce principe, peu importe ce que les poèmes conventionnelo-populistes d’appels à la patrie d’une poignée de béni-oui-oui en fin de semaine laissaient croire. Le PQ de Pauline Marois a tué l’indépendance, et avec une cheffe aussi médiocre le parti n’a pas la moindre chance de gagner les élections.

Jean Charest vogue donc allègrement vers la majorité. Contrairement à Stephen Harper, qui a tenu le même pari et l’a perdu, Charest n’a pas une bande d’Albertains fanatiques à satisfaire et il ne coupera pas dans la culture à quelques semaines des élections. Il va se taper une petite campagne tranquille en martelant que son parti est le meilleur pour faire face aux problèmes économiques et on oubliera ce qu’était réellement le PLQ majoritaire: les écoles privées juives, le Suroît, le Mont Orford, les privatisations, etc.

Alors non, je ne suis pas emballé par cette campagne électorale qui s’annonce déjà ennuyante et au résultat prévisible. Mais je n’irais pas jusqu’à écrire des conneries comme Patrick Lagacé qui affirme que « Après [les élections], si le bon Dieu est bon, la paix pendant quatre ans. »

La véritable « paix », c’est-à-dire l’absence d’enjeux électoraux, c’est celle qu’offre une dictature , éliminant la démocratie… et les journalistes trop irrévérencieux; on devrait peut-être le rappeler à M. Lagacé, lui qui ne vote pas. Car le droit de voter, c’est le droit de chiâler. Quand on reste assis chez soi pendant que ce pour quoi des centaines de milliers de personnes ont donné leurs vies au travers des siècles se met en branle, on est discrédité et pour longtemps.

L’instabilité politique n’est sûrement pas la panacée, mais elle force les élus à se remettre régulièrement au diapason avec la population sous peine d’être relégués dans l’oubli. Et notre démocratie, quoi qu’imparfaite, doit être protégée de tous ceux qui croient avoir des opinions sur tout mais qui ne sont même pas capables de bouger leurs fesses une fois par année pour aller voter.

En ce sens, si la manoeuvre politique de Jean Charest est très « politi-chienne », le texte de Patrick Lagacé fait très « journal-élitiste ». Comme quoi certains ont parfois de la difficulté à s’élever au-dessus du quotidien pour voir les véritables enjeux derrière le processus électoral.


AJOUT: Mes 4-5 derniers commentaires sur le blogue de Patrick Lagacé ont été censurés mystérieusement effacés. Je me suis plains à Patrick Lagacé, qui évidemment dit qu’il n’est au courant de rien. Vraiment plate comme situation; on suit leur foutu nétiquette à la lettre et suffit qu’on soit en désaccord avec l’auteur pour que les messages « disparaissent mystérieusement »! Ah Gesca et leur censure…