Financement des partis: le (très) petit jeu de Stephen Harper
11 août 2009

Dans une dictature, on interdit simplement les partis politiques risquant de faire ombrage au pouvoir ou on assigne à résidence les opposants politiques. Nous – évidemment – sommes civilisés. C’est donc en coupant les subventions aux partis politiques que le Parti Conservateur espère affaiblir ses opposants. Steven Fletcher, ministre responsable de la Réforme démocratique, est catégorique: le Bloc québécois ne mérite pas d’argent. Cette affirmation surprenante suit celle non moins étonnante d’Andrew Stark, ancien conseiller de Brian Mulroney, qui affirmait la semaine dernière qu’il serait légitime de couper les vivres au Bloc afin d’en finir avec les gouvernements minoritaires.

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Or, que signifie le penchant des Canadiens pour des gouvernements minoritaires? Que le pays est divisé. L’Ouest à la morale grandiloquente et de droite, le Centre et les Maritimes un peu plus libéraux et centristes, le Québec franchement nationaliste et plus ou moins de centre-gauche. Divisé. Personne n’arrive à rallier tout le monde. Harper est incapable de satisfaire à la fois les intérêts du Québec et sa base militante. Ignatieff n’arrive pas à rallier l’ouest. Le Bloc tient sa forteresse et n’a d’autres ambitions que de la maintenir. Le pays est divisé parce que c’est ce qu’il est.

Les choses n’ont pas toujours été ainsi. Avant que Jean Chrétien, dans un ultime effort de laisser un héritage politique digne de ce nom, a décidé en 2002 de limiter à 5000$ le financement des individus et à 1000$ celui des personnes morales tout en allouant 1,75$ par vote (indexé à l’inflation), il a mis fin à une situation de fausse stabilité où les gouvernements majoritaires se succédaient sans pour autant satisfaire les électeurs. À l’époque, le Parti Libéral recevait plusieurs centaines de milliers de dollars à chaque élection de la part de grandes banques ou d’entreprises, alors que l’Alliance Canadienne, qui allait fusionner avec le Parti Progressiste-Conservateur, jouissait d’un large appui populaire et d’une base très militante. Chrétien a peut-être fait le plus grand coup de cochon politique de tous les temps à son successeur et ennemi de toujours, Paul Martin, en lui imposant une réforme pénalisant principalement le Parti Libéral du Canada (PLC). Le résultat? Sans l’argent des grandes entreprises et d’individus aux desseins douteux, il n’a plus été possible de camoufler la division idéologique profonde de ce pays.

Harper, trop content de jouir d’un avantage semblable, n’a pas hésité à renforcer la réforme en imposant un plafond généralisé à 1000$. Et pourquoi pas? Il profite d’une base militante de 50 000 à 100 000 personnes (contre à peine 25 000 pour le PLC). (( Le Droit, Actualités, mardi, 3 février 2009, p. 15, Financement des partis politiques, Les conservateurs établissent un record, De Grandpré, Hugo)) De plus, il jouit d’un système complexe de sollicitation téléphonique ciblant les intérêts de millions de Canadiens en fonction des enjeux du jour. « M. Harper, nous avons établi que telle région est sensible à tel sujet, donc si vous pouviez aborder ce sujet dans votre discours, nous allons leur téléphoner la semaine prochaine ». De l’étude de marché à la puissance dix.

Représenter l’ensemble de la population

Le problème, c’est qu’à trop considérer la politique comme un marché de valeurs et d’idées qu’on sectorise en fonction des comtés à prendre, on finit par perdre de vue sa finalité: représenter les intérêts de l’ensemble de la population. Et dans ce domaine (tout comme d’autres) le tout est plus grand que la somme des parties. Et ce tout, c’est le financement public des partis politiques qui le représente le mieux. Pas le financement obtenu par le découpage des intérêts d’une minorité susceptible de contribuer au parti.

En effet, dans un contexte de système parlementaire britannique où un parti comme le Parti Vert peut obtenir 940 297 votes aux élections fédérales de 2008 (6,8%) sans obtenir le moindre siège, seul le financement public par vote – 1,95$ aujourd’hui – permet de justifier de voter pour celui-ci. Pensez-y. Quel intérêt y aurait-il à voter pour un parti qui n’a aucune chance de gagner? Grâce à ce 1,95$, au moins vous l’encouragez. C’est un peu moins de 2 millions $ que le Parti Vert a pu obtenir grâce à ce financement. Deux millions $ qui serviront à promouvoir les politiques et les valeurs représentant ces 940 297 citoyens ayant fait confiance au parti. Couper cet apport, c’est inciter nombre de votants potentiels à rester à la maison le jour du vote, certains que leurs valeurs ne seront pas représentées de toute façon.

Si Harper réussit dans son projet d’éliminer ce financement public, nous serons le seul pays occidental à laisser les intérêts privés dicter le financement des partis politiques. En Angleterre, les partis d’opposition ayant fait élire au moins 2 députés ou un député avec 125 000 voix obtiennent un financement public. En Allemagne, le financement public s’élève à 1,3 Euro par voix jusqu’à cinq millions de votes et à 1 Euro par la suite. L’Espagne accorde un financement plafonné par circonscription dès qu’un parti obtient 4% des votes et chaque citoyen peut décider de consacrer 0,4% de ses impôts payés à cet effort. La France finance également les partis politiques et va encore plus loin en réglementant la déclaration du patrimoine des élus. (( Source )) En voulant couper les vivres aux partis politiques ne jouissant pas d’une armée de contributeurs « enmoralisés », le Parti Conservateur va à l’encontre de toutes les tendances actuelles.

À l’origine, la véritable cible constituait le PLC de Stéphane Dion. Endetté, criblé de dettes, le parti n’allait nulle part. Il n’aurait pas pu se permettre une campagne électorale et si la loi avait été adoptée, le parti se serait encore davantage appauvri. Calcul politique. Sauf que Harper n’avait pas prévu l’alliance avec le NPD et le Bloc et il s’en est fallu de peu pour que son gouvernement soit renversé, fin 2008.

Aujourd’hui, par contre, la situation a changé. Ignatieff renfloue les coffres du PLC et la véritable bataille se livrera contre le Bloc. Non pas que le PC fonde de grands espoirs sur le Québec en tant que tel, mais il espère qu’en étant celui qui serait arrivé à maîtriser le Bloc et à lui couper les vivres il pourrait jouir d’un appui renouvelé au sein de l’Ontario rurale, plus réfractaire au Québec. Un autre calcul politique. En réduisant le pouvoir d’influence du Bloc, il espère reprendre le contrôle de quelques comtés dans la belle province et pousser le PLC à se commettre en Ontario.

Harper, on le constate, est un fin stratège. En fait, il est peut-être trop bon pour son jeu. Tel un enfant si compétitif qu’il se retrouve seul sans personne pour jouer avec lui après avoir cassé la figure à tous ceux qui s’étaient opposés à son pouvoir, il se bombe le torse, seul, en haut de la butte de ses idéaux. Le roi de la montagne. Tellement obnubilé par le très petit jeu politique qu’il oublie qu’il joue avec nos espoirs, nos valeurs et notre futur.

En sacrifiant le financement public des partis politiques à son désir d’éliminer ses adversaires politiques, Harper espère gagner à un jeu où il n’y aura qu’une seule grande perdante: la démocratie.

Une coalition Bloc-NPD?
25 septembre 2008

Le dernier sondage Ekos se révèle plus qu’intéressant: il démontre un glissement vers l’est des appuis au NPD et une érosion subtile mais indéniable de l’attrait des Conservateurs au Québec.

D’abord, le NPD. Le 3 septembre dernier, le parti recueillait à peine 9% des intentions de vote au Québec (21% pour le PLC), mais maintenant il chauffe le parti de Stéphane Dion avec 15% des votes (18% – PLC). Même en Ontario et dans les provinces atlantiques, la vague orange semble vouloir déferler: +7% d’intentions de vote en Ontario et +8% dans les provinces atlantiques! Par contre, le NPD perd des appuis au Manitoba et en Saskatchewan. Tout ceci est très compréhensible.

En effet, Jack Layton a décidé d’offrir un discours résolument urbain et clairement progressiste. Délaissant un peu ses appuis traditionnels dans les Prairies, il a décidé de jouer son va-tout au Québec et en Ontario, confiant qu’il pourra y faire d’importants gains. Même s’il perd des votes dans l’ouest, il fait le pari qu’il pourra causer une surprise en Ontario et aller chercher au moins un comté au Québec, y installant au passage une organisation solide pour les prochaines élections.

Les Conservateurs, eux, perdent du terrain au Québec. Le 3 septembre, ils récoltaient 27% d’appuis (35% pour le Bloc) alors qu’ils végètent présentement à 22% (37% – Bloc). Fait intéressant, ils ont perdu 3% au cours des cinq derniers jours, un signe probable de la prise de conscience de nombreux québécois du radicalisme et de la dangerosité potentielle de leurs positions.

Si la tendance actuelle se poursuit, les Conservateurs pourraient se voir rejoints en terme de pourcentage de vote soit par les Libéraux, soit par les Néo-démocrates. Ceci dit, la distribution des votes les favorise: le vote néo-démocrate est principalement montréalais et dans des comtés perdants alors que les Conservateurs vont aller chercher de nombreux sièges en région, surtout en Beauce et à Québec.

Conséquemment, la stratégie s’avère évidente pour Stephen Harper: continuer de polariser le débat en ostracisant notamment les artistes et en jouant sur les préjugés d’une certaine partie de la population , surtout en région. Il doit aller chercher un maximum de comtés au Québec s’il espère former un gouvernement majoritaire.

Dans le cas du NPD, celui-ci devrait continuer de concentrer ses efforts en Ontario, dans les provinces atlantiques et… à Montréal. La formation d’un gouvernement sera visiblement pour une prochaine fois, mais il est impératif que le NPD s’impose comme la seule alternative pan-nationale face aux Conservateurs et organise ses militants à la grandeur du Québec.

En ce qui concerne le Bloc, il doit continuer de marteler son message selon lequel Harper est une menace pour le Québec, tout en étant très présent à Québec, cette région si chatouilleuse et qui doit être flattée dans le bon sens du poil.

Et les Libéraux? Je propose une montée des marches à genoux de l’Oratoire Saint-Joseph, un petit chapelet et une mission sur Mars pour leur chef. Si rien ne change, tout indique que le parti risque de devenir un parti mineur d’ici les prochaines élections, malgré la stabilisation (très précaire) des intentions de vote au Québec. Pas facile d’être coincé entre deux partis qui ont le vent dans les voiles.

Cette campagne est vraiment de plus en plus intéressante. Tout risque de se jouer au débat des chefs, mais d’ici là beaucoup de choses peuvent se produire. Et il ne faut pas oublier les Verts, ces trouble-fêtes un peu mêlés politiquement et qui viennent enlever des votes au NPD et au PLC, deux partis qui outre d’avoir à peu près la même sensibilité environnementale, sont beaucoup plus crédibles et cohérents…

Par ailleurs, je suis toujours décidé à voter NPD, mais je trouve que le Bloc a connu une bonne semaine et j’aime la vigueur retrouvée de Gilles Duceppe. Il serait intéressant de considérer une union Bloc-NPD, même si celle-ci forcerait le Bloc à confronter la triste réalité de son rejet (quasi-forcé, merci madame Marois) de sa mission souverainiste et les néodémocrates à s’allier avec l’ancien grand Satan « séparatiste ». Idéologiquement, les deux partis de centre-gauche ont beaucoup en commun. Ça pourrait être l’occasion de voler quelques sièges à Harper et Dion en échange de nouveaux pouvoirs pour le Québec.

Ainsi, non seulement le Bloc prouverait à tous ses détracteurs son utilité à Ottawa mais en plus il permettrait à un parti qui se situe à peu près au même endroit sur le continuum gauche-droite de s’approcher encore davantage du pouvoir. On pourrait même imaginer un poste de ministre pour Gilles Duceppe dans un gouvernement Layton, par exemple celui de responsable des langues officielles, ou de la francophonie. Il suffit d’être imaginatif pour considérer toutes les possibilités qu’offrirait une coalition entre les deux partis.

Car à un moment donné, il faut être logique: on ne peut pas dénoncer Harper et le qualifier de grand danger pour le pays et ensuite rester chacun isolés dans son coin sans agir. Si vraiment Harper est un danger pour le Québec et le Canada, alors ses opposants doivent s’unir et constituer une sorte de Front uni comme cela s’est déjà vu dans le passé lors de guerres ou de situations exceptionnelles. Si vraiment les Conservateurs risquent d’endommager irrémédiablement notre qualité de vie, notre réputation, notre économie et nos services publics, il devient plus qu’important de mettre les divergences de côté et de s’unir.

Or, Dion a dit non. Voilà pourquoi il faut considérer une alliance entre le Bloc et le NPD, et tant pis si celle-ci serait quasi-fatale pour les Libéraux. Ou ce qui reste des Libéraux, eux qui ont préféré faire cavalier seul, égoïstes et isolés. Le NPD et le Bloc pourraient ensuite se partager les restes encore chauds du PLC et on aurait peut-être (enfin!) la chance d’assister à une réelle coopération entre deux partis semblables idéologiquement mais ayant la particularité de représenter deux peuples dans une même Assemblée. Au lieu des éternelles chicanes, une ère de coopération pourrait s’ouvrir et déboucher sur un gouvernement canadien plus respectueux de l’environnement, de la classe moyenne, des plus démunis, et de l’importance pour le Québec de défendre sa culture et sa langue.

Je rêve peut-être. Mais c’est mieux que le cauchemar qui risque de nous frapper le 15 octobre au matin si rien n’est fait.

À tous ceux qui ont voté vert…
12 mai 2008

Avez-vous noté que le nom officiel du parti est « Parti Vert du Québec / Green Party of Quebec)? Voilà qui en dit long sur ce qui nous attendrait si jamais nous étions assez caves pour voter pour ce parti unidimensionnel et hostile à la primauté du français au Québec…

À part de ça? 2,50% pour le Parti Indépendantiste dans Bourget. Un excellent départ pour une première élection. Ça promet!

p.s. Le nom officiel de l’ADQ est « Action démocratique du Québec / Équipe Mario Dumont ». Il est le seul dans son équipe et ça paraît! ADQ quatrième dans Bourget et cinquième dans Hull! Bye bye mon Mario, meilleur chance au siècle prochain avec tes vieilles idées!

Je voterais…
14 avril 2008

Le 12 mai ce sera jour d’élection dans ma circonscription. Avis aux intéressés: mon vote est toujours libre, c’est-à-dire que je suis ouvert aux commentaires (si vous payez le cognac-gnac-gnac) et que j’ignore toujours où je placerai mon « X » fatidique. Voici tout de même quelques réflexions.

Je voterais ADQ si le parti n’était pas centré autour du chef et celui-ci était prêt à n’importe quelle bassesse pour obtenir un vote de plus.
Je voterais ADQ si l’ADQ n’était pas un ramassis de préjugés de droite de régionaleux prêts à tout détruire au nom d’on-ne-sait-pas-trop-quoi-finalement.
Je voterais ADQ si le parti était en faveur de l’indépendance du Québec.
Je voterais ADQ si le candidat dans mon comté n’avait pas l’air de l’agent Glad ayant fumé deux gros bats.

Je voterais PLQ si le parti n’était pas une succursale de l’IEDM.
Je voterais PLQ s’il n’y avait pas eu le Suroît, le Mont Orford, les écoles juives et toutes ces autres démonstrations d’un parti qui se fout du monde.
Je voterais PLQ si on arrêtait de prendre le monde pour des caves avec la nouvelle campagne qui met en valeur la construction de routes; hey les caves, peu importe le parti on va toujours en avoir des routes!
Je voterais PLQ si le parti était indépendantiste.
Je voterais PLQ si le parti n’était pas dominé par une petite clique d’anglophiles outre-montais qui boivent du vin casher le samedi après-midi.

Je voterais PQ si Pauline Marois n’était pas la cheffe de ce parti.
Je voterais PQ si le PQ de Marois était un parti indépendantiste.
Je voterais PQ si le parti de Marois n’était pas en faveur du bilinguisme, c’est-à-dire à terme de l’assimilation complète des Québécois.
Je voterais PQ si le parti de Marois était fier d’être Québécois et s’engageait à véritablement protéger le français. Car le bilinguisme d’une minorité c’est l’assimilation.
Je voterais PQ si le PQ n’avait pas parachuté Maka Kotto dans mon comté au lieu de prendre quelqu’un du coin.
Je voterais PQ si le parti n’était pas devenu une réplique des deux autres partis de droite.

Je voterais Québec Solidaire si le parti s’opposait à la discrimination positive (je veux voter pour le talent des candidats, pas pour leur sexe);
Je voterais QS si QS ne s’opposait pas aux examens de francisation imposés aux immigrants.
Je voterais QS si QS était plus à l’écoute des citoyens en-dehors de l’île de Montréal;
Je voterais QS si Françoise David n’était plus cheffe de ce parti.

Je voterais Parti Vert si le parti avait quoi que ce soit d’autre à offrir que sa plate-forme environnementale.
Je voterais Parti Vert si le PV me proposait un candidat francophone.
Je voterais Parti Vert si le PV était moins confus en regard de sa position sur l’axe gauche-droite.

Ah, pis fuck, je vais sûrement voter Parti Indépendantiste. Au moins, c’est le seul parti (avec peut-être les communistes, mon choix numéro deux) à ne pas tenter de plaire à tout le monde et qui dit franchement ce qu’il entend faire et de quelle façon il le fera. Y en a marre de partis corrompus comme l’ADQ, le PQ et le PLQ qui sont tous à genoux devant une certaine forme de ligne éditoriale (souvent celle à Gesca Inc., qui applaudit aujourd’hui le changement de cap du Parti Québécois) censée représenter le « gros bon sens » mais qui dans les faits ne profite qu’aux élites en place.

Le 12 mai, ça va être mon gros coup de poing à la face de tous ces merdeux, particulièrement le Parti Québécois, maintenant aussi merdeux que les autres.

Continuité
28 mars 2007

Gauche ou droite?Le choc de la montée vertigineuse de l’ADQ passé, il faut prendre le temps de regarder les chiffres. J’ai moi-même parlé de retour aux périodes de noirceur puisqu’on se retrouve avec une opposition officielle aux idées d’un autre temps. Mais est-ce que la population exprime un tel désir de changement? En d’autres mots: l’ADQ et le PLQ ont-ils le support moral pour imposer des réformes drastiques?

Rien n’est moins sûr.

2003:

PLQ: 46%
PQ: 33%
ADQ: 18%
UFP: 1%
Autres: – 1%

2007:

PLQ: 33%
PQ: 28%
ADQ: 31%
PV: 4%
QS: 4%
Autres: -1%

En 2003, la gauche (PQ et UFP – avant de me lancer des roches, je considère le PQ de centre-gauche dans ses idées et son programme et peu m’importe s’il a appliqué des politiques de droite quand il était au pouvoir; c’est sur leurs plate-forme que je juge les différents partis) a obtenu environ 34% des voix: 33% pour le PQ et 1% pour l’UFP. Aux élections de lundi dernier, la gauche a obtenu 36% des voix.

En 2003, la droite a obtenu environ 64% des voix. Aux élections de lundi dernier, la droite au obtenu le même score, 64%.

Selon ces calculs rapides, c’est la division du vote de gauche et le système parlementaire britannique ne laissant pas de place à la proportionnalité du vote qui a causé la vague adéquiste. Car si on regarde les chiffres de près, cette volonté d’aller plus à droite est inexistante; seule existe une légère volonté de retourner vers des valeurs plus sociales.

En somme, d’un point de vue idéologique du vote, il y a une continuité presque parfaite: la gauche progresse très légèrement, la droite maintient ses acquis, les indécis sont toujours aussi nombreux et c’est le système parlementaire britannique qui donne l’impression d’une boîte à surprises.

Avec une telle distortion du nombre de sièges face au désir réel de la population (la gauche a perdu une dizaine de sièges même si son poids dans la société a augmenté), l’implantation de la proportionnelle me semble de plus en plus nécessaire.