La gangrène politique
5 novembre 2009

Je lisais cet énième article démontrant les liens entres personnages politiques et entreprises de construction. Sur une photo, on voyait l’ancienne ministre Jérôme-Forget poser fièrement à côté de la fille de Tony Accurso et de deux secrétaires-trésoriers de la FTQ-Construction. Je me suis demandé: existe-t-il un seuil de scandales à partir duquel on devient insensible? S’habitue-t-on réellement à une réalité aussi médiocre?

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Peut-être que oui. Ça m’a fait penser à un roman de Stephen King où une femme menottée qui, devant la menace de crever de faim et de soif, s’enfonce un morceau de vitre dans le poignet, s’arrache la moitié de la main avant de tirer bien fort sur celle-ci et d’observer sa peau se peler contre la menotte et exposer sa chair à vif. Il arrive un moment où, dans toute l’opération, la douleur devient une information comme une autre. Où le cerveau, las des signaux de détresse répétés envoyés par les nerfs, décide de fermer boutique. « Bon, ok les nerfs, on vous a assez entendu pour aujourd’hui! » La douleur existe toujours, mais ce n’est qu’une information comme une autre. Une nouvelle en page B-8.

Or, c’est un peu ce qui semble en train de se produire avec les scandales de collusion et de corruption. Les révélations sont toujours aussi percutantes, toujours autant inquiétantes, mais une certaine lassitude semble s’être emparée des citoyens. Un accablement, ou peut-être une certaine résignation. Comme si on avait décidé de sacrifier sa main dans la menotte et qu’on ne voulait pas perdre davantage d’énergie à la sauver. Comme si, épuisés de s’être tant indignés en vain depuis des semaines pour voir le même insignifiant jouer les naïfs à l’Hôtel de ville de Montréal et les mêmes élites politiques tenter de noyer le poisson, les citoyens avaient décidé de lâcher prise. D’abandonner le moignon ensanglanté d’où dégoulinent nos idéaux.

On se croyait beau, on se croyait fin, on se croyait civilisé. On se croyait à l’abri. La corruption, les enveloppes brunes, la mafia, c’était bon pour la Sicile ou le Mexique. Ou en Russie, ou en Chine. Ou même aux États-Unis. Ici, pas de question, pas de de problème, tout allait bien! On s’acoquinait ouvertement avec des entrepreneurs privés, on donnait les contrats à qui mieux-mieux, on se faisait gratter le dos pendant qu’on graissait la patte d’un autre. « Pas pwoblême, missié! »

Il est peut-être temps de faire face à la réalité: notre système n’est pas davantage protégé des fausses sirènes aux enveloppes brunes que n’importe quel autre. Et plus on ouvre la porte aux entrepreneurs privés pour qu’ils fassent le travail que nous ne voulons pas faire faire par des employés de l’État, plus les risques de corruption sont élevés. Nous avons besoin d’un État fort et ultra-vigilant pour retenir ce magma abject qui s’égoutte au-dessus de nos têtes et qui transforme notre ville et notre province en la risée puante de la planète.

Car quand les citoyens eux-mêmes ne réagissent plus à cette gangrène qui grignote insidieusement la plaie ouverte de nos institutions, quand les électeurs ne bronchent même plus lorsqu’on leur annonce qu’une partie d’eux-même est en train de pourrir et que tout le corps risque d’y passer si rien n’est fait, c’est d’un électrochoc dont nous avons besoin. Un puissant cri en pleine face du patient: « MONSIEUR VOUS ALLEZ MOURIR SI ON NE VOUS AMPUTE PAS! ».

Ce hurlement, cet électrochoc nous tirant de notre torpeur, porte un nom: une commission d’enquête publique.

Vous trouvez l’image ci-haut dégoûtante? Moi aussi. Mais ce dégoût n’est rien en comparaison de ce que m’inspire le Parti Libéral du Québec avec son refus obstiné de faire la lumière sur toutes ces malversations et d’enfin amputer la partie infectée de ce système déficient.

Sur le coup, une enquête, une amputation, ça fait mal. Mais c’est toute la confiance des citoyens en leurs institutions qui risque d’être détruite pour très longtemps si on ne l’organise pas.

Et ça, c’est pire que tout. Ça ouvre la porte aux pires dérives.

Haro sur les hausses de tarifs!
25 septembre 2009

La volonté du gouvernement Charest d’augmenter les tarifs de nombreux services publics plutôt que d’éliminer les généreuses baisses d’impôts accordées aux plus fortunés depuis une décennie ne peut avoir qu’une seule conséquence: l’augmentation des inégalités sociales et l’appauvrissement d’une franche toujours plus grande de la population.

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En effet, l’impôt progressif constitue la meilleure façon de redistribuer la richesse. Comme je l’écrivais ici, les pays imposant un impôt plus lourd aux personnes les plus privilégiés sont moins inégalitaires que les autres. Les deux pays de l’OCDE dont le niveau d’inégalité a le plus augmenté depuis les années 80 sont la Finlande et la Nouvelle-Zélande, et ces deux nations se sont attaquées à la progressivité de l’impôt. (( SOCIETY AT A GLANCE 2009: OECD SOCIAL INDICATORS )) En Finlande, on a établi un impôt unique pour les corporations et les non-résidents; en Nouvelle-Zélande, on a réduit le niveau de taxation des plus fortunés de moitié.

Or, que représentent les tarifs, sinon une forme d’impôt unique, la célèbre flat tax? L’an dernier, j’écrivais, au sujet des hausses appréhendées des tarifs d’électricité:

Puisque l’électricité se vend au même coût indépendamment du revenu, c’est une sorte de taxe régressive, c’est-à-dire que proportionnellement au revenu toute hausse fait plus mal au pauvre qu’au riche. C’est la logique-même: un individu gagnant 20 000$ par année voyant son compte d’électricité passer de 1200 à 2000$ par année a perdu 4% de son pouvoir d’achat, alors qu’un plus riche gagnant 100 000$ – même s’il consomme davantage – dont le compte passe de 2400 à 4000$, ne perd que 1,6% de son pouvoir d’achat. Proportionnellement, on pénalise les pauvres en augmentant les coûts de l’électricité, surtout qu’il y a toujours un minimum en-dessous duquel on ne peut plus économiser.

Et l’année précédente, concernant les péages à tarif fixe:

Un péage fixe, c’est un péage qui défavorise les plus pauvres ou la classe moyenne inférieure, c’est-à-dire Monsieur ou Madame Tout-le-monde qui travaille fort et essaie de joindre les deux bouts. Ce petit 2$ aller-retour cinq fois par semaine, c’est peut-être le 20$ qui était nécessaire pour les sorties, ou pour l’épicerie, quand ce n’est pas pour l’hypothèque. On s’en prend aux plus pauvres et à la classe moyenne pour quoi finalement? Pour pas grand chose, parce que ceux qui ont deux ou trois voitures dans le garage ont amplement les moyens de payer ces péages!

Je proposais également un péage progressif, établi électroniquement en fonction du revenu plutôt que par essieu ou par voiture, un peu à l’image des contraventions de certains pays scandinaves.

Ces hausses de tarifs sont régressives; il s’agit d’une flat tax à petite échelle. En glorifiant le concept d’utilisateur-payeur, on fait porter le même poids du financement d’un service à une personne vivant dans la précarité et à une autre dans l’opulence. Bref, on annihile le pouvoir de redistribution de l’impôt et on augmente le fardeau des moins bien nantis. Généralisées, ces hausses de tarifs viendraient remplacer le manque à gagner causé par les baisses d’impôts accordées aux mieux nantis par les gouvernements péquistes et libéraux.

En fait, il faut voir la situation d’un point de vue global. Pendant que l’économie progressait, on a coupé les impôts des mieux nantis, et aujourd’hui, ce seraient aux plus pauvres de payer. Au lieu de reconnaître son erreur, le gouvernement Charest s’engage dans une fuite idéologique vers l’avant et met en péril la situation financière de la classe moyenne et des plus démunis.

La véritable question est de savoir quelle genre de société nous souhaitons. Désirons-nous un Québec où les plus riches ont tous les droits? Le droit de se stationner n’importe où, par exemple, car 42$ pour un individu en gagnant 100 000$ par année, ce n’est pas comme 42$ pour celui qui en fait 30 000$? Le droit d’habiter en banlieue et d’aller travailler à Montréal en voiture, car un péage fixe de 3,50$ matin et soir (35$ par semaine) ne constitue pas le même poids pour le riche et pour le pauvre? Le droit de gaspiller l’électricité pendant que les moins fortunés ont froid? Le droit de se payer des études de grande qualité pendant que les autres s’endettent?

Comme je l’écrivais ici, il s’agit d’une forte dérive du concept d’utilisateur-payeur:

La vérité, c’est qu’une société ne se bâtie pas sur le concept de l’utilisateur-payeur. Elle se construit avec l’idée que tous, à un moment ou un autre de leur vie, auront besoin des services de la collectivité. Même le plus riche aura besoin des services sociaux qui assurent un minimum de stabilité sociale et empêchent les plus déshérités de la société de le voler ou le tuer dès qu’il met les pieds dans la rue.

Ne devrions-nous pas viser un équilibre? La personne plus fortunée a le droit de jouir de son argent, mais cela ne lui donne pas tous les droits. Elle a largement bénéficié des richesse de la société pour s’enrichir et il est normal qu’elle doive porter un poids plus lourd sur ses épaules. Les services, nous en avons tous besoin, et la vraie, la seule véritable façon de les financer adéquatement et dans le respect de la mission sociale de l’État, c’est encore grâce à l’impôt.

Le gouvernement Charest aura-t-il le courage d’annuler les baisses d’impôts accordées aux privilégiés ou se contentera-t-il bêtement d’augmenter encore davantage le fardeau de la classe moyenne et des moins nantis en haussant les tarifs? Face à une opposition aussi faible que celle d’un Parti Québécois obnubilé par le respect d’un déficit zéro ayant marqué une de ses périodes les plus sombres, on peut en douter.

Mathématiques féministes
12 décembre 2008

Dernièrement, je m’en suis pris au sexisme de Québec Solidaire, qui impose un quota de femmes dans la sélection de ses candidats, et les choisit donc en fonction de leur sexe plutôt que de leurs compétences. Je vais faire amende honorable ici et souligner que ce type de sexisme n’est pas l’apanage d’une certaine vieille gauche. Même le Parti Libéral du Québec (PLQ) prend cette direction.

En effet, le PLQ a « fièrement » annoncé que son prochain cabinet ministériel proposerait la parité hommes-femmes. Comme le souligne ce texte, le prochain conseil des ministres devrait compter 24 élus, ce qui discrimine les hommes et réduit la qualité des ministres qui serviront la population du Québec. Observons.

Dans mon petit calcul, je pars du principe que les sexes sont égaux et que la qualité des députés élus des deux sexes est généralement égale. Même s’il est normal qu’il y ait davantage d’hommes dans un jeu aussi extrême et argumentatif que la politique (tout comme on s’attend à voir davantage de femmes dans les Centres de la Petite Enfance (CPE) et les hôpitaux), je crois qu’une femme qui a ce qu’il faut pour faire de la politique est l’égale d’un homme; ni meilleure, ni pire.

Ainsi, il est possible d’utiliser les mêmes chiffres pour les deux sexes. Je divise les députés en quatre catégories: les meilleurs, les bons, les ordinaires, et les incompétents. J’attribue 25% des députés à chaque catégorie. Considérant qu’il y a 44 hommes et 22 femmes qui ont été élus, ça donne 11 députés masculins de chaque type et 5,5 députés féminins. Jusqu’ici, tout va bien.

Maintenant, si Jean Charest suit sa politique d’imposer un quota de femmes dans son prochain cabinet, cela voudrait dire qu’il y aurait 12 députés de chaque sexe. Pour les femmes, cela voudrait dire qu’on prendrait les 6 (j’arrondis le 5,5) meilleures, auxquelles on ajouterait les 5 bonnes et une ordinaire. Pour les hommes, on choisirait les 11 meilleurs députés auxquels on ajouterait un bon député.

Prochaine étape?

Prochaine étape?

Vous voyez le résultat?

Avec une telle formule, on a été obligé d’aller piger dans la catégorie « ordinaire » pour les femmes alors qu’il restait de la place pour 10 bons députés masculins. Conséquemment, on s’est privé du talent de 10 bons candidats pour choisir une femme « ordinaire » afin de respecter la parité. Bref, on a choisi un candidat en fonction de son sexe plutôt que de ses compétences.

En fait, la seule façon de faire fonctionner adéquatement la formule que semble avoir choisi Jean Charest, c’est de partir du postulat qu’une femme en politique vaut deux fois davantage qu’un homme. Si les hommes sont deux fois moins bons que les femmes, alors le calcul fonctionne très bien. On se retrouve avec 12,5% de meilleurs, 12,5% de bons, 37,5% d’ordinaires et 37,5% d’incompétents. Ce qui donne 5,5 meilleurs, 5,5 bons et un seul ordinaire, tout comme pour les femmes. Le calcul fonctionne très bien.

On le constate, la seule façon logique de se retrouver avec un cabinet de ministres de compétence égale consiste à partir de l’idée que les hommes sont inférieurs aux femmes. Tout calcul partant du principe que les sexes sont égaux échoue et on se retrouve avec de moins bons ministres femmes alors que des hommes ont été laissés de côté.

Si vraiment on veut avoir un système équitable permettant une juste représentation des deux sexes, il faudrait que le conseil des ministres représente en pourcentage le rapport d’élus hommes/femmes. Tout ça, bien sûr, si on veut persister dans la voie contre-productive où on choisit les gens en fonction de leur sexe plutôt que de leurs compétences.

L’autre possibilité? On choisit les meilleurs, peu importe le sexe. On s’assoit devant un dossier, on regarde les acquis, on évalue les forces et faiblesses et on fait abstraction du sexe tout comme on le ferait pour la race ou l’orientation sexuelle. On choisit en fonction des compétences, contrairement à ce que Charest veut mettre en place.

Malheureusement, qui ne dit mot consent. Tant que nous, les hommes, ne réaliserons pas que nous sommes progressivement infériorisés dans de nombreuses sphères de la société, les choses ne changeront pas et nous assisterons à l’augmentation du sexisme, tel qu’imposé par des féministes ou des gens qui ont adopté les valeurs féministes revanchardes. C’est à nous, mais aussi à nos femmes, nos amis, bref tous ceux de notre génération qui constatent que de nouvelles formes de discriminations se mettent en place contre les hommes, de refuser ce nouvel état de fait et de nous opposer, démocratiquement, à tout parti qui propose de telles mesures sexistes.

En attendant, j’ai une suggestion pour les féministes-sexistes: pourquoi ne pas vous battre pour la parité hommes-femmes à l’université? Aux dernières nouvelles, il y avait entre 60 et 75% de femmes, dépendant du secteur.

(Vous voyez dans quel panier de crabe on fout la main quand on veut choisir les gens en fonction de leur sexe plutôt que de leurs compétences!)

Laissez-moi hiberner!
11 novembre 2008

Dumont, Marois, Charest, que vous êtes endormants!

Ah merde, je ne voulais pas écrire ce soir.  J’essaie toujours d’en rester à mon engagement vis-à-vis de moi-même consistant à n’écrire pas plus de 2-3 textes par semaine. Mais bon, faut que ça sorte: cette campagne électorale m’emmerde royalement.

Évidemment, ce n’est un secret pour personne, j’appuie le Parti Indépendantiste pour ces élections.  Mais suis-je motivé?  Un peu, certes, mais pas tant que ça.  Je vote Parti Indépendantiste parce que je suis indépendantiste et que ce parti est le seul qui le soit également.  Avouons cependant que c’est toujours un peu difficile une première élection pour un nouveau parti.  Alors je regarde ailleurs, je magasine, même si mon choix est déjà fait.

Aujourd’hui, y avait Marois qui parlait d’un gouvernement Marois et ça m’a écoeuré du Parti Québécois pour longtemps. Sérieusement, est-ce qu’il y a des gens qui ont envie d’un « gouvernement Marois »? Je ne sais pas; un gouvernement du Parti Québécois où on endure Marois, ça va, mais un gouvernement dirigé d’une poigne de fer par cette femme intransigeante et méprisante pour son propre parti? Ça ne me tente pas.

Et Dumont, Dumont, Dumont. « Mario » comme on voit sur ses pancartes. L’ADQ est tellement mal foutue qu’elle n’a même pas pu se payer un conseiller en communications assez compétent pour leur expliquer que le problème découle justement du fait qu’on a l’impression que tout ce qu’a à offrir l’ADQ c’est le « Ti-Mario ». Quand ton image de parti c’est celle d’un « one man show », tu présentes ton équipe, ou si ton équipe fait trop pitié, tu prends n’importe quel clown, genre Simon-Pierre Diamond, et tu lui fait apprendre un texte par coeur et tu le mets en vedette. Tu te diversifies. En ce moment, Dumont a l’air d’un général qui se lance dans une mission kamikaze dont il connaît le résultat à l’avance.

Et Charest, n’est-il pas assez arrogant, celui-là? Je déteste Pauline Marois et la manière dont celle-ci détruit son parti, mais quand Charest affirme que Marois veut « hausser les taxes, couper les services et faire un déficit », il me semble que c’est un peu n’importe quoi. Si tu hausses les taxes et coupe les services, comment veux-tu être en déficit? C’était le petit clip de douze secondes pour la télévision. Cette satanée télévision.

Oh, et ceux qui n’y sont pas souvent, Québec Solidaire. Un programme qui me plaît bien, mais SVP qu’attendent-ils pour donner son 4% à Françoise David? Quand j’écoute cette femme parler, j’imagine une vieille féministe frustrée figée dans les années soixante-dix et incapable de constater les avancées incroyables accomplies par les femmes depuis ce temps.

Vraiment, cette campagne est plate. On l’avait annoncée, mais si j’avais su qu’elle le serait à ce point, j’aurais programmé une petite hibernation jusqu’au 9 décembre.

Ah, et puis merde, jusqu’au 21 mars.

L’engagement moral
30 octobre 2008

Engagement moral

Qu’on le dise dès le départ: si la politique d’intégration des immigrants du Parti Libéral du Québec constituait la fine glace qui nous séparait des eaux, nous serions déjà tous mouillés jusqu’aux oreilles tellement celle-ci s’avère mince et fragile. On demande un « engagement moral » aux immigrants en les incitant à signer un contrat sans valeur afin qu’ils respectent nos valeurs de base, notamment l’utilisation du français: n’importe quoi, comme le note Patrick Lagacé.

Pourtant, la controverse n’est pas nouvelle. Ici-même, en février dernier, il y avait eu un fort débat suite à un de mes billets où je m’en prenais à un blogueur ayant choisi de faire la promotion de l’indépendance du Québec… en anglais. Je lui avais reproché de contribuer ainsi à la normalisation de l’anglais comme langue d’usage au Québec et à réduire l’attrait du français chez les immigrants, nuisant effectivement au combat qu’il prétendait mener. Car n’en déplaise aux grands linguistes de ce monde, une langue n’est rarement apprise par plaisir, mais plutôt par nécessité.

En effet, c’est bien beau de se fier au « sens moral » des gens, mais la vérité c’est que nous n’agissons souvent que selon notre propre intérêt. Tiens, par exemple, le gros bon sens nous dit que l’hiver on doit mettre des pneus d’hiver. Mais il a fallu passer une loi pour forcer les gens à les installer. Et c’est la même chose pour tout: qui s’arrêterait la nuit aux feux rouges si ce n’était pas obligatoire? Quel commis de dépanneur gagnerait le salaire minimum si on se contentait de dire aux entreprises qu’elles ont « l’engagement moral » de bien payer leurs employés? Et à quoi ressemblerait un match de hockey où il n’y aurait pas de règles mais seulement un « engagement moral » de ne pas déroger à un code d’éthique?

Qu’on soit d’accord ou non, un engagement doit être accompagné de conséquences si on ne le respecte pas. Tout comme on me donne une contravention si je dépasse la limite permise ou si je roule sur le trottoir avec ma voiture, il doit y avoir des conséquences pour les immigrants qui refusent d’apprendre le français.

Oh, et à certains de nos amis qui ne vivent pas à Montréal et qui voient l’immigration avec des lunettes rose-bonbon, une GRANDE partie des immigrants ne veulent rien, mais absolument rien savoir d’apprendre ne serait-ce qu’un seul mot de français. J’en vois tous les jours qui sont ici depuis des années et qui ne sont même pas capables de dire « bonjour » ou « merci ». C’est ça le Montréal d’aujourd’hui, et c’est à cause de l’applaventrisme de Québécois mous et à l’amour-propre déficient, relayés par un gouvernement libéral mollasse et sans fierté que cette situation perdure.

La seule façon de franciser les immigrants est de leur parler en français, toujours, sans compromis, sans exception. Ceux-ci doivent comprendre que s’ils n’apprennent pas le français ils ne pourront pas fonctionner. Soudainement, ces gens qu’on croyait trop âgés ou trop peu scolarisés feront des merveilles d’apprentissage sitôt que leur intérêt personnel se trouve en jeu.

Dans tous les cas, c’est à nous d’agir. À nous d’être fiers de ce que nous sommes et de refuser de parler anglais sur notre territoire, d’exiger le français en tant que client ET en tant que travailleur. Cesser de croire que nous sommes polis parce que nous parlons anglais à quelqu’un qui ne comprend pas le français; notre politesse n’est qu’une lâcheté en tenue de soirée.

La vraie politesse, c’est de respecter le rythme d’apprentissage de l’autre, d’être patient, de lui répéter en articulant bien, mais de le faire, toujours et sans compromis, en français.

Sinon, autant fermer la shop right now.

Au fait, où en serions-nous aujourd’hui sans loi 101 ou si on s’était contenté de « l’engagement moral » des parents d’envoyer leurs enfants à l’école francophone?

Harper à la défense du « consumateur »
28 septembre 2008

C’est la blague de la semaine: Stephen Harper qui prétend vouloir jouer le rôle de défenseur du consommateur. Mais où était-il depuis deux ans, alors que les prix de l’essence à la pompe augmentaient drastiquement pendant que les compagnies pétrolières canadiennes faisaient des profits records, quasi-indécents?

Voici le bénéfice net des principales compagnies pétrolières canadiennes pour 2007 (en millions de dollars).

EnCana Corp 4251
Husky Energy Inc 3214
Imperial Oil Ltd 3188
Suncor Energy Inc 2832
Petro-Canada 2733
Canadian Natural Resources Ltd 2608
Talisman Energy Inc 2078
TransCanada Corp 1223
Nexen Inc 1086
Enbridge Inc 707

Mais qu’a donc fait M. Harper, cet ex-employé de la Imperial Oil, pour soulager le consommateur et empêcher qu’une telle appropriation de la richesse collective par une minorité ne mine notre croissance économique et appauvrisse la classe moyenne? Rien. En fait, pire que rien.

En effet, lors de l’énoncé budgétaire de Jim Flaherty, le 31 octobre 2007, le Parti Conservateur a fait baisser le taux d’imposition des plus grosses compagnies de 22% à 15%, privant ainsi le gouvernement de plusieurs dizaines de milliards $ (jusqu’à 50 milliards, selon le NPD). Et ça, c’était moins d’un an et demi après avoir tenté de nommer Gwyn Morgan, ancien président de la société EnCana, à la tête de sa nouvelle commission des nominations (heureusement, cette nomination a été bloquée par les partis d’opposition… aurions-nous eu cette chance avec un gouvernement conservateur majoritaire?) Un mois et demi plus tard, Harper remettait ça, en faisant un cadeau de 150 millions $ à Encana, en lui remettant les frais de douanes pour sa nouvelle plate-forme pétrolière.

Il faudrait peut-être inventer un néologisme pour qualifier l’attitude de M. Harper. Pourquoi ne pas le qualifier de protecteur du « consumateur »? Les citoyens voient leur paie se consumer, partir en fumée à chaque visite à la pompe, mais heureusement, M. Harper est là pour protéger ceux qui sont responsables de cette escroquerie. Un peu comme si on appelait la police pour se plaindre d’un vol et que celle-ci se contentait de superviser les voleurs tout en leur disant « vous êtes méchants » au même moment où elle encaisse un petit brun dès qu’on a le dos tourné. La belle affaire…

En fait, au Parti Conservateur, on aime s’attaquer aux dangereux voleurs. Tiens, par exemple, ces artistes, dont le salaire moyen est de 23 500$ par année et qui osent réclamer des subventions pour contribuer à la vivacité culturelle et économique du pays. Ce sont eux les voleurs selon Harper. Pas Randall K. Eresman, président de Encana, qui gagne 3,8 millions par année. Ni même C. S. Lau, président de Husky Energy, qui se tape un 5,5 millions annuellement. Et encore moins Richard L. George, de Suncor Energy, qui reçoit 2,9 millions par an. Surtout pas Tim Hearn (Imperial Oil; 2,2 M), Ron A. Brenneman (Petro-Canada; 2,8 M), Steve W. Laut (Canadian Natural Resources; 1,1 M), Harold N. Kvisle (TransCanada Corp.; 2,7 M), Charlie Fischer (Nexen Inc.; 1,3 M) ou Patrick D. Daniel (Enbridge; 2,7 M). Non, non, non. Eux, ce sont des entrepreneurs. C’est à dire qu’ils crossent le monde mais qu’on doit récompenser leur ingéniosité à crosser le monde. On doit admirer leur talent à s’offrir un premier ministre clef-en-main qui les aide à augmenter leurs profits tout en s’assurant qu’ils pourront continuer à voler la population.

Pourtant, eux aussi ont reçu des subventions par le passé. Même si le Parti Conservateur est le pire, les précédents gouvernements (dont ceux du Parti Libéral, à peine moins à droite que le Parti Conservateur sur le plan économique) n’ont pas été en reste. En fait, c’est près de 66 milliards de dollars en aide directe que le gouvernement fédéral a donné en subventions à l’industrie pétrolière albertaine depuis une trentaine d’années.

Excusez ma naïveté, mais normalement, une subvention doit rapporter, à quelque part. Ça n’a pas besoin d’être immédiat ou facilement calculable, mais on doit en avoir pour son argent. Et ce n’est pas le cas. On a financé l’industrie des sables bitumineux avec nos impôts, et aujourd’hui celle-ci s’en met plein les poches et le gouvernement albertain en tire une des redevances les plus faibles du monde. Et quel rabais à la pompe? Zéro. Niet. Que le pétrole vienne du bout du monde ou de Saskatchewan, on n’y voit absolument aucune différence.

Mais pendant ce temps, on s’en prend aux artistes, eux qui créent quelque chose dont nous sommes fiers, ces hérauts modernes de notre culture et de notre langue. On s’en prend aux syndiqués, à la classe moyenne, aux plus pauvres, aux jeunes, aux homosexuels… C’est tellement plus facile de s’en prendre aux plus faibles, ceux qui n’ont pas de puissantes compagnies pour les protéger et qui n’ont pas les moyens « d’oublier » des enveloppes dans le bureau de responsables du Parti Conservateur…

Et vous voulez ce gouvernement-là majoritaire pour les prochains quatre ans?

Que j’en vois pas un se plaindre du prix de l’essence. Pas un!

Pourquoi Québec aime Harper
7 septembre 2008

Il y a quelque chose de hautement symbolique dans les actions de Stephen Harper aujourd’hui.

D’abord, comme le note Stéphane Laporte, Harper a pris une voiture pour se rendre du 24 Sussex jusque chez la gouverneure-générale pour lui annoncer son intention de dissoudre la chambre et de lancer le pays en élections. Quand on constate à quel point Harper se fout de l’environnement, voilà qui devrait confirmer le message.

Ensuite, en affirmant qu’il désire violer sa propre loi pour aller en élection parce que « le Parlement ne fonctionne pas et que son gouvernement ne peut pas faire adopter ses lois » il ment honteusement à la population, car son gouvernement ne va nulle part depuis des mois, sans direction, coupant par ci ou par là pour le plaisir de la chose.

Et finalement – le plus important – Harper s’est immédiatement dirigé vers Québec où il a tenu un discours devant une poignée de militants, vantant les soi-disant accomplissements de son gouvernement et demandant à son « coeur du parti Conservateur » dans la province de l’aider à gagner ses élections. Mais pourquoi Québec? Et pourquoi maintenant?

En fait, il s’agit peut-être de superstition ou de calcul politique. Un peu des deux, probablement. Le 19 décembre 2005, Stephen Harper lançait sa campagne électorale en grand à Québec, en promettant un « fédéralisme d’ouverture » et une place pour le Québec sur la scène internationale (ce qui n’a jamais été accompli, en passant). Par ce geste, il espérait profiter non seulement du désarroi de la population québécoise face aux Libéraux, à la suite du scandale des commandites, mais il espérait faire vibrer le profond sentiment conservateur, voire régionaliste, qui anime la région de Québec.

Bref, comme je l’écrivais il y a peu de temps, la région de Québec (et dans une moindre mesure la Beauce) est différente du reste du Québec. Traditionnellement plus à droite, plus conformiste, moins aventureuse. Elle ne vit souvent que pour détester Montréal et tous ceux qui sortent un peu du rang. Québec est le royaume du conformisme social et quiconque pourrait lui donner l’impression de lui donner la place qu’elle croit qu’elle devrait occuper dans l’Histoire obtient immédiatement tout son respect.

Le problème, comme je l’écrivais il y a déjà un an et demi, c’est que le Québec a changé trop vite. D’une société ultra-conservatrice régentée par l’Église nous sommes passés à un libéralisme moral et à une ouverture des consciences, à une liberté de l’esprit et une multiplication des possibles en très peu de temps, d’un point de vue historique. Il n’est donc pas surprenant de constater un retour du balancier, surtout chez ceux qui traînent le lourd poids historique d’une ville qui fût la capitale de tout un continent et qui a aujourd’hui la taille d’un gros village et le poids démographique de la ville de Laval. Beaucoup sont nostalgiques d’un passé idéalisé, d’une société pré-révolution tranquille, voire encore plus avant, quand Québec était encore LA ville de la province, et que Montréal n’avait pas pris encore complètement le statut de coeur financier, économique, culturel et démographique qu’elle a aujourd’hui.

N’oublions pas: Québec n’a pas connu l’extrême-pauvreté de Montréal. Elle n’a pas connu la misère sans nom que des politiques économiques de droite ont causée au début du siècle précédent. Elle a toujours été relativement épargnée grâce à son statut de ville gouvernementale, dominée par une petit élite bourgeoise canadienne-française, pouvant compter sur de nombreux emplois dans la fonction publique, notamment, et n’ayant donc pas grand chose à craindre. Québec, cette vieille capitale qui, si elle avait voté oui en 1995 nous aurait donné notre pays, a toujours vécu dans la ouate et se sent aujourd’hui dépossédée, frustrée face à un Québec qui a beaucoup avancé socialement et dont elle n’est plus le seul centre lumineux.

C’est ce sentiment de frustration et de peur à l’égard de la nouveauté et de ce qui pourrait représenter une expression culturelle dépassant son statut de parent pauvre dans le domaine (les plus grands artistes ne naissent pas souvent dans la ouate) qui précipite de nombreux citoyens de la région dans les bras du Parti Conservateur. Pour ces gens, le fait que Harper et sa clique ait coupé les vivres aux artistes est un argument EN FAVEUR du Parti Conservateur. Ils détestent la nouveauté, ils abhorrent ceux qui sortent du rang et qui semblent contaminés par le Grand « Mourial » satanique et corrompu.

S’en prendre aux artistes, aux B.S., aux pauvres, aux chômeurs, aux honnêtes travailleurs syndiqués; voilà le type de discours qui charme une population qui, n’ayant pas connu les conséquences désastreuses des inégalités sociales, se laisse charmer par le discours adéquiste ou conservateur proposant une politique plus à droite où le voleur n’est plus le millionnaire ne payant pas un cent d’impôt, mais son voisin, son semblable. Et Montréal, bien sûr. On déteste Montréal à Québec.

Voilà pourquoi Québec a autant besoin du Parti Conservateur que Harper a besoin de Québec. C’est une relation synergique où la ville assure une base électorale au parti alors que le parti offre une reconnaissance des idées vieillottes, anti-syndicales, néolibérales et revanchardes qui animent la ville. Gagnant-gagnant.

Et perdants. Perdants sont tous ceux qui croient à un Québec moderne, où on redistribue la richesse, où on valorise la culture, où on assure une égalité des chances à tout le monde et où on fait de la lutte aux exagérations du capitalisme une priorité. Perdants sont tous ceux qui rejettent ce grand retour en arrière proposé par un parti aux idées dépassées qui cherchent à utiliser une ville et sa population parfois naïve et en mal de reconnaissance.

* * *

Désormais, j’ai décidé de prendre congé de mon carnet le lundi. Alors il se peut que je ne vous lise pas ni vous réponde (ni ne puisse modérer quelques commentaires qui auraient échappé à mon contrôle). J’ai décidé de prendre cette décision pour avoir davantage de temps pour mes autres projets. À mardi!

Jack the Munt et l’éléphant francophone
9 juin 2008

Aujourd’hui je pourrais vous parler du cancer de Claude Béchard (le sort s’acharne sur lui on dirait), de l’à -plat-ventrisme pathétique de Stéphane Dion et de ses Libéraleux qui permettent encore une fois au Parti Conservateur de faire la pluie et le beau temps à Ottawa ou même du prix du litre d’essence à 1,51$, une énième étape vers les 3-4$ le litre, inévitable considérant le pic pétrolier.

Mais non, ça ne me tente pas. Aujourd’hui, je vais vous parler de ma visite au zoo.

Le belz-couple est donc allé faire sa visite au zoo de Granby, en cette chaude journée où les visiteurs étaient presque absents (après midi il y avait peut-être cinquante ou cent personnes dans tout le parc), et a donc pu voir les animaux de près. Une aventure banale? Pas du tout! Plusieurs choses nous ont émerveillés. En voici deux.

D’abord, notre ami Jack the Munt, le petit muntjac perdu au fond d’un sentier et seul dans sa grande cage. Puisque nous étions seuls avec l’animal, j’ai donc décidé de lui faire la conversation, et voir ce qu’il penserait. Mais faut dire qu’à être seul chez soi dans sa grande cage, on développe des routines, et on peut avoir l’air légèrement asocial… J’ai fait un petit vidéo de notre ami:

Après avoir visionné le vidéo à peu près dix fois, je ne suis toujours pas capable de ne pas rire. Le pire, c’est qu’il avait fait ce même parcours à peu près quinze fois de suite avant que je sorte ma caméra! Très sympathique, l’animal!

Voici notre deuxième rencontre marquante. Un vrai éléphant de « cheu nous », comme on les aime, Québécois jusqu’au bout de la trompe. Il a l’air de rien comme ça, mais… Immédiatement après avoir pris cette photo, je me suis approché et j’ai commencé à lui parler: « Salut, ça va mec? » Aucune réponse. Hmm, il ne parle peut-être pas français. « Yo, habla espaà±ol? Como esta? » Il me regarde alors assez furieusement et fait un bruit avec sa mâchoire ou sa jambe (pas clair tellement il est gros). Je me risque alors: « Do you speak english? » Croyez-le, ou croyez-le pas, mais l’éléphant à relevé sa trompe et nous a garoché une roche grosse comme une énorme patate et si nous ne nous étions pas enlevé de là nous l’aurions eu sur la tête!

Voici la pierre qui a failli nous assommer. Nous l’avons remise à deux employés (qui n’en finissaient plus de s’excuser et de dire que c’était la première fois que ça arrivait et qu’il n’y avait généralement pas de roches accessibles pour l’éléphant), mais nous aurions peut-être dû la garder. Honnêtement, vous connaissez beaucoup de personnes qui se sont fait lancer une roche par un éléphant, vous?

En tout cas, moi des éléphants qui se respectent assez pour exiger de se faire parler dans leur langue, ça me donne chaud au coeur. Il y a une profonde source d’inspiration pour nous là -dedans. à€ vos roches!

Je sais pas s’il y a une morale à cette histoire. Mais une petite heure de char, un petit trente dollars et voir un muntjac faire le zouave, se faire lancer une roche par un éléphant, suivre un paon qui se promène un peu partout, passer à quelques centimètres de bébés kangourous en liberté et voir des hippopotames nager, je trouve que ce n’est vraiment pas cher!

En finissant, voici notre coup de coeur des jolies bêtes:

Alors si vous passez par Granby cet été, n’oubliez pas d’aller saluer Jack the Munt, l’éléphant francophone et tous nos nouveaux amis!

Je voterais…
14 avril 2008

Le 12 mai ce sera jour d’élection dans ma circonscription. Avis aux intéressés: mon vote est toujours libre, c’est-à-dire que je suis ouvert aux commentaires (si vous payez le cognac-gnac-gnac) et que j’ignore toujours où je placerai mon « X » fatidique. Voici tout de même quelques réflexions.

Je voterais ADQ si le parti n’était pas centré autour du chef et celui-ci était prêt à n’importe quelle bassesse pour obtenir un vote de plus.
Je voterais ADQ si l’ADQ n’était pas un ramassis de préjugés de droite de régionaleux prêts à tout détruire au nom d’on-ne-sait-pas-trop-quoi-finalement.
Je voterais ADQ si le parti était en faveur de l’indépendance du Québec.
Je voterais ADQ si le candidat dans mon comté n’avait pas l’air de l’agent Glad ayant fumé deux gros bats.

Je voterais PLQ si le parti n’était pas une succursale de l’IEDM.
Je voterais PLQ s’il n’y avait pas eu le Suroît, le Mont Orford, les écoles juives et toutes ces autres démonstrations d’un parti qui se fout du monde.
Je voterais PLQ si on arrêtait de prendre le monde pour des caves avec la nouvelle campagne qui met en valeur la construction de routes; hey les caves, peu importe le parti on va toujours en avoir des routes!
Je voterais PLQ si le parti était indépendantiste.
Je voterais PLQ si le parti n’était pas dominé par une petite clique d’anglophiles outre-montais qui boivent du vin casher le samedi après-midi.

Je voterais PQ si Pauline Marois n’était pas la cheffe de ce parti.
Je voterais PQ si le PQ de Marois était un parti indépendantiste.
Je voterais PQ si le parti de Marois n’était pas en faveur du bilinguisme, c’est-à-dire à terme de l’assimilation complète des Québécois.
Je voterais PQ si le parti de Marois était fier d’être Québécois et s’engageait à véritablement protéger le français. Car le bilinguisme d’une minorité c’est l’assimilation.
Je voterais PQ si le PQ n’avait pas parachuté Maka Kotto dans mon comté au lieu de prendre quelqu’un du coin.
Je voterais PQ si le parti n’était pas devenu une réplique des deux autres partis de droite.

Je voterais Québec Solidaire si le parti s’opposait à la discrimination positive (je veux voter pour le talent des candidats, pas pour leur sexe);
Je voterais QS si QS ne s’opposait pas aux examens de francisation imposés aux immigrants.
Je voterais QS si QS était plus à l’écoute des citoyens en-dehors de l’île de Montréal;
Je voterais QS si Françoise David n’était plus cheffe de ce parti.

Je voterais Parti Vert si le parti avait quoi que ce soit d’autre à offrir que sa plate-forme environnementale.
Je voterais Parti Vert si le PV me proposait un candidat francophone.
Je voterais Parti Vert si le PV était moins confus en regard de sa position sur l’axe gauche-droite.

Ah, pis fuck, je vais sûrement voter Parti Indépendantiste. Au moins, c’est le seul parti (avec peut-être les communistes, mon choix numéro deux) à ne pas tenter de plaire à tout le monde et qui dit franchement ce qu’il entend faire et de quelle façon il le fera. Y en a marre de partis corrompus comme l’ADQ, le PQ et le PLQ qui sont tous à genoux devant une certaine forme de ligne éditoriale (souvent celle à Gesca Inc., qui applaudit aujourd’hui le changement de cap du Parti Québécois) censée représenter le « gros bon sens » mais qui dans les faits ne profite qu’aux élites en place.

Le 12 mai, ça va être mon gros coup de poing à la face de tous ces merdeux, particulièrement le Parti Québécois, maintenant aussi merdeux que les autres.

Acidenitrix et Suelburnus Dumont
25 octobre 2007

Peut-être que si Mario Dumont passait un peu moins de temps à lire des bandes dessinées et peu plus à organiser son parti pour qu’il ait l’air moins juvénile et inapte à gouverner, il n’aurait pas l’air d’un tel idiot. Car en comparant les Libéraux à Assurancetourix, les Péquistes à Obélix et les Adéquistes à Astérix, il ne fait que confirmer ce qu’à peu près quiconque a un minimum de culture politique est à même de réaliser: l’ADQ est une vraie joke, un simili parti politique dirigé par un grand bouffon qui a manqué sa carrière.

Mais j’ai une suggestion pour notre bouffon national. Au lieu de se comparer à Astérix, je comparerais plutôt l’ADQ à Acidenitrix.

« L’affreux Acidenitrix, avec sa tête de hareng et sa nauséabonde odeur corporelle à l’avenant, sème tel l’autre infâme Detritus la zizanie sur son passage. »

Dumont, tout comme Acidenitrix, est un personnage charismatique, qui pointe le doigt pour accuser ou qui fait de grands gestes pour illustrer ses propos. Il est charismatique, et au lieu de se servir de ce charisme pour être utile à sa société, il préfère semer la zizanie un peu partout et il serait prêt à vendre ses concitoyens pour un peu de gloire personnelle.

Soudainement, j’ai une pensée pour tous ces gens, surtout en région, qui ont voté pour ce clown.

* * *

Mais pourquoi s’arrêter à un personnage. Dumont avait l’embarras du choix pour se comparer. Tiens, par exemple, le gouverneur de la Corse, cette province distincte semi-autonome, Suelburnus:

Suelburnus intervient dans Astérix en Corse. Il ordonne l’arrestation de Ocatarinetabellatchitchix, un rebelle corse qui a décidé de ne pas se laisser ruiner par les impôts de César.

Suelburnus porte bien son nom : quel poltron !

Traits de caractère :
Suelburnus est un lâche : il projette de trahir ses hommes, les laissant défendre des entrepôts vides, pendant qu’il quitte la Corse avec la recette des impôts.

Dumont, comme tout bon gouvernement provincialiste (pour ne pas dire duplessiste) et de droite qui se respecte (même s’il ne s’assume pas trop), entend dépecer l’État pour le vendre au plus offrant, empochant très certainement au passage quelques enveloppes sous la table. Au bout de deux mandats, quand le Québec en sera encore à essayer de recoller tout ce que l’ADQ aura détruit, lui il ira se la couler douce dans le sud, assis sur ses millions!

Et y a du monde qui a voté pour ça! (Misère…)

Bientôt, qui sait, avoir lu Astérix et Obélix sera peut-être un prérequis faire partie de l’équipe de l’ADQ. Quoi que… Y a des députés adéquistes qui sont probablement trop jeunes ou illettrés pour savoir de quoi il est question! Tiens, comme ce Simon-Pierre Diamond, vous savez, le député de Marguerite-Bourgeois qui a à peine l’âge de voter et qui poussait des gens devant les micros pour faire passer ses idées vieillottes…