Laissez-moi hiberner!
11 novembre 2008

Dumont, Marois, Charest, que vous êtes endormants!

Ah merde, je ne voulais pas écrire ce soir.  J’essaie toujours d’en rester à mon engagement vis-à-vis de moi-même consistant à n’écrire pas plus de 2-3 textes par semaine. Mais bon, faut que ça sorte: cette campagne électorale m’emmerde royalement.

Évidemment, ce n’est un secret pour personne, j’appuie le Parti Indépendantiste pour ces élections.  Mais suis-je motivé?  Un peu, certes, mais pas tant que ça.  Je vote Parti Indépendantiste parce que je suis indépendantiste et que ce parti est le seul qui le soit également.  Avouons cependant que c’est toujours un peu difficile une première élection pour un nouveau parti.  Alors je regarde ailleurs, je magasine, même si mon choix est déjà fait.

Aujourd’hui, y avait Marois qui parlait d’un gouvernement Marois et ça m’a écoeuré du Parti Québécois pour longtemps. Sérieusement, est-ce qu’il y a des gens qui ont envie d’un « gouvernement Marois »? Je ne sais pas; un gouvernement du Parti Québécois où on endure Marois, ça va, mais un gouvernement dirigé d’une poigne de fer par cette femme intransigeante et méprisante pour son propre parti? Ça ne me tente pas.

Et Dumont, Dumont, Dumont. « Mario » comme on voit sur ses pancartes. L’ADQ est tellement mal foutue qu’elle n’a même pas pu se payer un conseiller en communications assez compétent pour leur expliquer que le problème découle justement du fait qu’on a l’impression que tout ce qu’a à offrir l’ADQ c’est le « Ti-Mario ». Quand ton image de parti c’est celle d’un « one man show », tu présentes ton équipe, ou si ton équipe fait trop pitié, tu prends n’importe quel clown, genre Simon-Pierre Diamond, et tu lui fait apprendre un texte par coeur et tu le mets en vedette. Tu te diversifies. En ce moment, Dumont a l’air d’un général qui se lance dans une mission kamikaze dont il connaît le résultat à l’avance.

Et Charest, n’est-il pas assez arrogant, celui-là? Je déteste Pauline Marois et la manière dont celle-ci détruit son parti, mais quand Charest affirme que Marois veut « hausser les taxes, couper les services et faire un déficit », il me semble que c’est un peu n’importe quoi. Si tu hausses les taxes et coupe les services, comment veux-tu être en déficit? C’était le petit clip de douze secondes pour la télévision. Cette satanée télévision.

Oh, et ceux qui n’y sont pas souvent, Québec Solidaire. Un programme qui me plaît bien, mais SVP qu’attendent-ils pour donner son 4% à Françoise David? Quand j’écoute cette femme parler, j’imagine une vieille féministe frustrée figée dans les années soixante-dix et incapable de constater les avancées incroyables accomplies par les femmes depuis ce temps.

Vraiment, cette campagne est plate. On l’avait annoncée, mais si j’avais su qu’elle le serait à ce point, j’aurais programmé une petite hibernation jusqu’au 9 décembre.

Ah, et puis merde, jusqu’au 21 mars.

Publicités

Le pire texte de Patrick Lagacé
10 novembre 2008

patrick_lagacePatrick Lagacé est un de mes blogueurs/journalistes préféré. Généralement, j’aime ce qu’il écrit. Mais son dernier texte est un des pires ramassis d’idioties et d’idées pré-digérées que je n’ai jamais lu de sa part.

D’abord, Lagacé qualifie Jean-Claude St-André de « pur et dur » parce que celui-ci veut un référendum sur la souveraineté. Mais… Pourquoi voterait-on pour le PQ s’il n’y a pas de référendum sur la souveraineté? L’indépendance devrait être la raison d’exister du Parti Québécois, le ciment qui doit unir les différentes factions du parti. Pas d’indépendance, pas de parti. Comment peut-on blâmer un individu, qui a été un fidèle député pendant onze ans de surcroît, de « pur et dur » comme on dirait radical ou extrémiste?

Par ailleurs, l’argument massu de M. Lagacé pour s’en prendre à Jean-Claude St-André est le suivant: celui-ci n’a obtenu que 0,9% des voix lorsqu’il s’est présenté à la tête du PQ en 2005, ce qui le rendrait suspect. Ce que Lagacé ne dit pas, c’est que c’est André Boisclair qui a gagné la course… en promettant un référendum rapide sur la souveraineté! Bref, d’un côté Lagacé reproche à St-André d’exiger un référendum rapide, mais d’un autre il le ridiculise en escamotant le fait que c’est un autre qui a gagné l’investiture justement avec cette promesse. Rarement a-t-on lu Lagacé faire preuve d’autant de mauvaise foi.

Voici un extrait de ce texte, publié dans la feuille de chou habituelle:

Ces souverainistes veulent un pays. Or, en multipliant les singeries, ils nuisent objectivement à la campagne du PQ. Ils embarrassent Pauline Marois. Ils attachent à son soulier Prada ce boulet qu’est le martyr St-André.

C’est ici que la logique des purs et durs ébahit l’observateur extérieur par sa complexité, mesdames et messieurs.

Car nuire à Mme Marois, c’est nuire au PQ. Nuire au PQ, c’est aider l’ADQ et le PLQ. Aider l’ADQ et le PLQ ne fait rien pour aider le PQ à gagner ces élections.

Vous me suivez?

On continue: au risque de passer pour un exalté, si les souverainistes veulent un pays, il faut nécessairement que le PQ forme le gouvernement. Parce que les chances que le PLQ ou l’ADQ organisent un référendum sont pour ainsi dire nulles.

Vous me suivez toujours?

O.K. Donc, en toute logique, les purs et durs devraient se rallier, poser des pancartes, espérer que le PQ gagne et, accessoirement, éviter de se faire hara-kiri pour un obscur ex-député.

Mais non. Les purs et durs, ce week-end, pour faire avancer l’idée de pays, ont choisi de… faire la guerre à Pauline Marois.

Bref, ils veulent gagner en scorant dans leur but.

Non, M. Lagacé, les indépendantistes ne compteront pas dans leur but. Ce que vous ne comprenez pas, c’est que ce ne sera JAMAIS le PQ qui réalisera l’indépendance. Le Parti Québécois ne croit plus au projet souverainiste, a envoyé aux calendes grecques l’idée d’un référendum et se contente d’en agiter le spectre comme on agite un os devant un petit chien-chien pour obtenir son attention à la veille des élections.

Je suis un indépendantiste, un « pur et dur » selon la définition de Lagacé, c’est-à-dire que je crois encore qu’il faut faire l’indépendance… pour faire l’indépendance. (N’est-ce pas ironique? On devient automatiquement un « pur et dur » dès qu’on souhaite des actions concrètes pour la souveraineté dans la logique de Lagacé) Mais je ne suis pas un péquiste. J’oserais: je ne suis pas un péquiste PARCE QUE je suis un indépendantiste. Le PQ n’a rien fait pour l’indépendance depuis treize ans, et je suis convaincu qu’il ne fera rien d’ici treize ans: le parti a transformé l’idée d’indépendance en marque de commerce assurant sa réélection chez des gens un peu naïfs qu’on exploite depuis des années.

Quand M. Lagacé aura compris que le Parti Québécois n’est plus le véhicule de l’indépendance, son analyse s’en portera beaucoup mieux. D’ici là, il est probable que nous lirons d’autres textes aberrants comme son dernier où il reproche à un fidèle militant de la première heure de vouloir appliquer l’article premier du parti. Le plus triste dans tout ceci, malheureusement, c’est que M. Lagacé contribue à la supercherie en laissant croire aux gens que de nuire au PQ c’est de nuire à l’indépendance. Car ce que ce dernier n’a pas compris, c’est qu’au-delà de l’homme, le rejet de Jean-Claude St-André constitue un puissant symbole: l’évacuation des meilleurs éléments indépendantistes du parti.

Voilà notre tâche à tous, indépendantistes, d’ici le 8 décembre: répéter ad nauseam que le Parti Québécois n’est plus un parti indépendantiste et que l’indépendance se fera sans lui, et si j’ose dire, contre lui. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui, comme le SPQ-Libre, tentent de ramener le PQ sur le chemin de la social-démocratie et de l ‘indépendance, mais je ne crois plus que le Parti Québécois soit réformable. Son élite a décidé qu’il valait désormais mieux obtenir l’aval de Power Corporation et de ses sbires que d’être au diapason avec ses membres et la population.

Les indépendantistes unis… contre Marois
9 novembre 2008

Disons-le tout de go: Jean-Claude St-André n’est pas un deux de pique au sein du Parti Québécois. Il a été membre du comité des jeunes pour le OUI en 1980 dans Anjou, secrétaire puis président du parti dans la même ville par la suite, membre du C.A. de la Société Saint-Jean-Baptiste en 1985-1986, conseiller à l’exécutif régional dans Montréal-Ville-Marie entre 1988 et 1992, attaché politique du député d’Anjou Pierre Bélanger en 1992-1993, directeur de la campagne référendaire dans l’Assomption en 1995, puis député du même comté de 1996 à 2007. Voici une icône, un monument du Parti Québécois. Une statue que Pauline Marois a arraché de son socle et poussé au sol pour la remplacer par une fausse idole parachutée qu’on espère imposer aux électeurs du comté. Une situation prévisible qui éclaire sur ce qu’est devenu le Parti Québécois de Pauline Marois.

En effet, rien ne me surprend dans cette bagarre lors de l’assemblée d’investiture de Scott McKay; c’était écrit dans le ciel que le parti allait encore une fois s’entre-déchirer. Ça va bientôt faire deux ans que je blogue et ça fait deux ans que je tiens le même discours: le Parti Québécois était à l’origine une coalition composée d’une aile-gauche, d’une aile-droite, et de militants indépendantistes « purs et durs ». Le seul ciment qui permet à des gens aux horizons si divers de continuer à cohabiter est la perspective d’un référendum sur l’indépendance du Québec. Pas de référendum, pas de cohabitation. En rejetant l’indépendance comme l’a fait Mme. Marois, elle fût à la source de ces conflits, bien davantage encore qu’en évinçant M. St-André de son comté.

Désormais, la leçon est acquise: le Parti Québécois n’est plus un parti indépendantiste. M. St-André a tout faux quand il affirme qu’il est « triste que des indépendantistes en viennent aux coups entre eux ». Des indépendantistes ne se sont pas battus hier; des indépendantistes ont affronté des immobilistes et des opportunistes du Parti Québécois. Le Parti Québécois de Pauline Marois n’est plus un parti indépendantiste, et on voit les premiers craquements dans la coalition qui permettait au PQ d’exister en tant que parti majeur. Les prochains à quitter seront probablement l’aile-gauche, quoi que Marois travaille fort pour ne pas les perdre.

J’aime bien l’analyse de Pierre JC Allard:

La valeur respective de St-André ni celle de McKay ne sont ici en cause, mais la question qu’on entend dans les tranchées de Verdun n’est pas tout à fait rhétorique. « Qu’est-ce que cette dame peut bien avoir dans la tête ? » Une dissension exposée sur la place. Ne veut-on vraiment pas reprendre le comté du vieux chef ? Madame contre Monsieur ? La question encore plus pertinente, en fait, serait de se demander à quoi pensait le Parti Québécois quand il la mis à sa tête cette dame qui n’en veut faire qu’à la sienne, en vert … et contre tous.

En effet, la véritable question est de savoir quelle mouche a piqué les péquistes lorsqu’ils ont mis à leur tête une vieille bourgeoise hautaine, arrogante et passéiste. André Boisclair s’est peut-être cassé la gueule, mais Marois est en train d’éclipser son prédécesseur en terme de destruction du parti. Car si le premier laissait suspicieux, la seconde incite ouvertement au mépris, voire à la haine.

On dit souvent que de chaque épreuve naît sa propre solution, que les plus belles fleurs poussent dans le fumier. Je ne sais pas ce que décidera M. St-André, mais il pourrait se présenter comme candidat indépendant ou – pourquoi pas? – au Parti Indépendantiste, car le Parti Québécois a préféré se passer d’un excellent candidat, apprécié de son comté et dont la seule faute a été de vouloir respecter l’article un du parti, et ainsi se débarrasser définitivement de ces indépendantistes qui n’ont plus leur place dans un parti devenu aussi fédéraliste que les deux autres clones de centre-droit.

Quand on renverse une idole, on attire le mauvais sort. Désormais, les plus farouches adversaires de Marois ne seront ni adéquistes ni libéraux, mais indépendantistes.

Ce bilinguisme qui empêche l’intégration des immigrants
8 novembre 2008

Immigrants

Il y a de ces mystérieux hasards dont on aimerait parfois comprendre le sens. Je réfléchissais à la meilleure façon de (re)parler de ces Afghans qui possèdent la fruiterie près de chez moi et de mes quelques visites à leur domicile ces derniers jours. Je cherchai donc le premier texte que j’avais écrit à leur sujet et je fus littéralement stupéfait de constater que le dit texte a été écrit il y a précisément un an, jour pour jour. Comme si le rythme des saisons offrait l’opportunité des questionnements et des bilans.

Alors oui, je connais un Afghan. En fait, je devrais être honnête: je connais des Québécois d’origine afghane, car ceux-ci sont parfaitement intégrés. Oh, certes, quand je suis allé jeter un coup d’oeil à un problème informatique chez eux j’ai appris qu’ils avaient un satellite pour regarder des programmes afghans, mais c’est une bien agréable et jolie jeune fille d’une quinzaine d’années qui me l’a expliqué, et dans un français qui ferait rougir bien des Québécois « de souche » si seulement ces derniers pouvaient avoir la conscience culturelle pour avoir honte de la piètre qualité de leur langue.

Ces gens, mes amis afghans, représentent l’apothéose de l’intégration à la culture québécoise. Le père, la mère, l’oncle, le fils, la fille; tous parlent un excellent français à peine un peu rêche à cause d’un accent persistant, tel un morceau de bois ne demandant qu’à être poli.

Ils ont immigré ici il y a un vingtaine d’années, directement dans l’Est. Ici, pas d’anglais: tout se faisait en français à cette époque avant que le bilinguisme ne soit quasi-institutionnalisé. Pas question de se faire répondre en anglais à tout moment par un Québécois soucieux d’être aimable et qui ne se rend pas compte qu’il ne rend pas service aux immigrants en les empêchant de réaliser toute l’importance de l’apprentissage de notre langue. Non, ils ont appris le français parce qu’il était nécessaire d’apprendre le français. Pas par amour romantique de la beauté de notre phonation. Parce que c’était absolument et impérativement nécessaire.

Je travaille toujours dans l’Ouest, et je vois quotidiennement les mêmes immigrants qui n’ont aucun désir d’apprendre notre langue. Pourquoi le feraient-ils, d’ailleurs? Contrairement à mes amis afghans, ils n’ont aucun besoin du français: tout le monde s’adresse à eux en anglais, depuis le caissier au dépanneur jusqu’à la dame à la banque en passant par le commis chez Jean Coutu. Pourquoi s’échineraient-ils à apprendre une langue qu’ils perçoivent comme morte et inutile?

Ces immigrants n’en ont rien à foutre de notre combat. Ils parlent la langue qui leur permet de fonctionner, et cette langue est l’anglais, car il se trouve toujours un Québécois pour leur parler en anglais.

Deux situations identiques à l’origine, et deux comportements opposés à la fin: intégration francophone dans une société unilingue francophone et repli sur soi, voire intégration en anglais dans une société bilingue francophone.

Il faut le répéter: à partir du moment où tous les petits Québécois parlent anglais, pourquoi un immigrant apprendrait-il le français?

Je pensais à tout ça en lisant certains commentateurs du blogue de Patrick Lagacé, qui reprochaient à Pauline Marois de ne pas bien parler anglais. D’une certaine manière, il y a un côté sublime dans cette perversion de l’esprit plaçant la maîtrise d’une langue étrangère comme un objectif essentiel à atteindre. En effet, comment ne pas y voir une certaine forme de beauté vicieuse, de triomphe tardif des objectifs de Lord Durham ou d’autres anglophones souhaitant notre élimination? Nous en sommes venus à considérer l’expertise de cette langue extrinsèque comme une obligation, reléguant les demandes historiques des francophones pour avoir le droit d’atteindre les plus hauts échelons sociaux dans leur langue au rang de folklore passéiste.

En somme, au lieu de réclamer le droit de pouvoir vivre en français, de travailler en français, et ainsi contribuer à la francisation des dizaines de milliers de nouveaux arrivants, nous avons décidé collectivement que le français doit jouer un rôle de figurant au sein de nos vies, une langue honteuse qu’il faut chuchoter et oublier dès qu’un anglophone nous adresse la parole.

Et bien, si mes amis afghans étaient arrivés au Québec en 2008 au lieu de 1988, ils n’auraient probablement jamais appris le français car il y aurait toujours eu un petit Québécois sans fierté et bilingue (l’un semble aller avec l’autre) pour escamoter son rôle linguistique historique et jouer le sous-fifre d’une immigration qui ne demanderait qu’à s’intégrer si on lui donnait seulement un signal clair sur l’exclusivité du français au Québec.

Il ne faudra jamais l’oublier: l’ennemi n’est pas la langue anglaise, mais le bilinguisme qu’on a décidé d’imposer à l’ensemble d’un peuple. Dans un contexte de minorité culturelle et linguistique, nous signons notre arrêt de mort dès que nous substituons l’anglais au français et que nous contribuons ainsi de par notre mollesse et notre manque de conviction, à l’anglicisation des nouveaux arrivants.

Car ceux-ci ne sont pas ici pour l’amour de nos beaux yeux, mais pour améliorer leurs conditions de vie; en leur parlant français, nous les obligeons à apprendre notre langue et nous leur lançons le message que leur élévation dans l’échelle sociale passe obligatoirement par l’apprentissage de notre langue.

Soyons fiers, parlons français partout, au travail, à la maison, sur internet, PARTOUT!


p.s. Et pour ceux qui en douteraient encore, je vais voter pour le Parti Indépendantiste, la seule organisation politique sociale-démocrate, indépendantiste et possédant une réelle volonté de protéger notre langue!

Quand Marois saborde le Bloc
4 septembre 2008

Josée Legault, sur son blogue Voix publique, effectue une excellente analyse des dangers pour le Bloc Québécois en vue de la prochaine campagne électorale. Et si Harper fait partie des périls, Mme. Legault identifie également Pauline Marois en tant que responsable du déclin observé et appréhendé du Bloc:

Quant à Pauline Marois, c’est celle par qui est arrivée la mise en veilleuse officielle du référendum. Du moins, la plus récente. Si le passé est garant de l’avenir, une telle décision met aussi nécessairement de côté l’option péquiste elle-même. Bref, sans référendum en vue et avec un appui à la souveraineté sous la barre des 40 %, plusieurs se demandent comment le Bloc réussira à s’en sortir. Encore une fois.

Marois a-t-elle seulement analysé les conséquences de son rejet de l’indépendance? Contrairement aux croyances incongrues de certains péquistes, le Parti Québécois n’a plus le monopole de l’indépendance: Parti Indépendantiste, Québec Solidaire, Parti de la république du Québec et le tout nouveau parti Jeanne de Lys se séparent aujourd’hui le vote des souverainistes. La division du mouvement est totale.

Conséquemment, l’affiliation fraternelle du Bloc Québecois au Parti Québécois ne peut que nuire au premier, car en s’associant à un parti qui ne peut plus être considéré comme indépendantiste – en faisant passer le projet du pays au second plan – il pousse de nombreux électeurs, dont votre serviteur, à s’intéresser davantage à d’autres enjeux qu’à celui de la souveraineté.

Concrètement, le projet souverainiste est le ciment qui amalgame les ambitions de citoyens aux idéologies diverses (gauche ou droite) et sans celui-ci les gens de gauche seront évidemment tentés de voter pour un parti de centre-gauche comme le Nouveau Parti Démocratique tandis que ceux de droite seront sensibles au discours de Stephen Harper et du Parti Conservateur.

Sans référendum en vue, le Bloc Québécois est condamné à perdre de son influence.

L’ex-député péquiste et militant de droite Joseph Facal pense pour sa part que la disparition du Bloc signifierait une non-représentation des aspirations des Québécois:

D’un autre côté, imaginez un instant que le Bloc n’existe pas : si la députation québécoise au Parlement fédéral était à 100% fédéraliste, quatre Québécois sur dix n’auraient aucune représentation politique fidèle à leurs convictions. Ce serait une évidente distorsion démocratique.

Je suis en désaccord avec cette affirmation. Les désirs et les valeurs des Québécois ne se divisent pas simplement entre indépendantistes et fédéralistes. Il y a tout un arc-en-ciel de positions trouvant leur place sur le continuum gauche-droite. Nous ne sommes pas « que » rouge ou bleu. Nous sommes aussi en faveur de la paix, pour Kyoto, contre les coupures touchant les artistes, etc. Bref, nous sommes multiples.

Et voilà bien tout le drame. À force d’essayer de convaincre tout le monde que le projet indépendantiste peut attendre, Pauline Marois est en train de délégitimer son option elle-même. Car si l’indépendance peut attendre, c’est qu’elle n’est pas nécessaire. C’est qu’elle ne répond pas aux problèmes sociaux du Québec et qu’elle ne constitue pas une solution permettant de mieux vivre. Si elle est facultative, c’est donc que l’accession du Québec au rang de pays ne constitue que l’ajout d’un nom sans signification sur une carte. Indépendant ou non, au Québec ce sera business as usual….

Ainsi, devant cet aveu de la cheffe du PQ, pourquoi les Québécois perdraient-ils leur vote en appuyant un parti dont le seul but est la défense d’une conception monolithique du Québec? Si le Bloc Québécois prétend défendre « les intérêts du Québec », ceux-ci sont aujourd’hui multiples puisque l’indépendance ne fait plus partie de ses intérêts, ordre du grand frère péquiste.

Alors, on se le demande, pourquoi voter pour le Bloc alors? J’y réfléchis, et Dieu sait que j’aimerais voter Bloc, mais je ne trouve pas de réponse à cette question. Mon coeur d’indépendantiste me demande ce vote, mais ma raison me dit que ce serait peine perdue…

À tous ceux qui ont voté vert…
12 mai 2008

Avez-vous noté que le nom officiel du parti est « Parti Vert du Québec / Green Party of Quebec)? Voilà qui en dit long sur ce qui nous attendrait si jamais nous étions assez caves pour voter pour ce parti unidimensionnel et hostile à la primauté du français au Québec…

À part de ça? 2,50% pour le Parti Indépendantiste dans Bourget. Un excellent départ pour une première élection. Ça promet!

p.s. Le nom officiel de l’ADQ est « Action démocratique du Québec / Équipe Mario Dumont ». Il est le seul dans son équipe et ça paraît! ADQ quatrième dans Bourget et cinquième dans Hull! Bye bye mon Mario, meilleur chance au siècle prochain avec tes vieilles idées!

Dix raisons pour le Parti Indépendantiste
5 mai 2008

Le 12 mai, aux élections partielles, je vais voter pour le Parti Indépendantiste. Voici dix raisons qui explique ce choix.

1. Le Parti Indépendantiste ne va pas se lancer dans le niaisage péquiste consistant à tenter de gouverner et de préparer des « conditions gagnantes ». Le PI propose une élection référendaire et si le parti gagne une majorité de sièges il déclarera l’indépendance aussitôt. Clair, net, précis.

2. Le PI s’oppose aux deux centres hospitaliers à Montréal et en propose un seul, en français, et ouvert à tous. Fini le gaspillage d’argent pour des anglophones pourris gâtés et qui, même s’ils ne forment pas plus de 10% de la population du Québec, revendiquent un centre hospitalier anglophone coûtant une fortune.

3. Le PI propose l’obligation d’aller au Cégep en français pour les Québécois. Une mesure que le PQ aurait dû adopter il y a vingt-cinq ans.

4. Une sélection des immigrants selon leur capacité à parler français: le PI veut en finir avec l’utilisation de l’arme immigrante contre les Québécois. Déjà, nous sommes minoritaires dans plusieurs quartiers de Montréal; n’attendons pas que ce soit partout au Québec!

5. Nationalisation de l’énergie éolienne. Il est INACCEPTABLE de payer beaucoup plus cher notre électricité éolienne en la confiant au privé alors qu’Hydro-Québec pourrait la fournir à moindre coût.

6. Rapatriement immédiat des assassins soldats d’Afghanistan. Enfin!

7. Renforcement de la charte de la langue française.

8. Préservation du caractère public et universel du système de santé québécois.

9. Offre de citoyenneté aux francophones nord-américains hors-Québec.

10. Le français la seule et unique langue officielle du pays du Québec.

Le PQ est mort, a tué son projet et s’auto-saborde à chaque jour qui passe. À ce sujet, voici l’analyse de Patrick Bourgeois:

Le plus grand danger qui pèse sur les épaules de Pauline Marois, c’est qu’à force de changer d’idée, ceux qui appuient traditionnellement le PQ ne la croient tout simplement plus, et ce, peu importe ce qu’elle propose, que ce soit bon ou mauvais pour l’avenir du Québec français. C’est d’ailleurs ce qui est en train de se produire avec la naissance du Parti indépendantiste. Les gens qui y militent – la plupart d’anciens péquistes – sont aujourd’hui carrément fermés par rapport à tout ce que leur ancienne famille politique peut proposer, que ça ait de l’allure ou pas. C’est que le lien de confiance est tout simplement brisé.

Étrangement, même si je n’ai jamais été plus qu’un sympathisant très occasionnel du Parti Québécois, cette analyse me rejoint: j’ai perdu confiance en Pauline Marois et perdu confiance en la capacité du Parti Québécois de faire quoi que ce soit de constructif pour le peuple québécois. Il est temps d’aller vers l’avant en votant pour un parti qui n’a pas peur de combiner social-démocratie, respect de notre culture et de notre identité, et projet indépendantiste. Je vote pour le Parti Indépendantiste et je deviendrai membre sous peu. Et vous?

PARTI INDÉPENDANTISTE

Je voterais…
14 avril 2008

Le 12 mai ce sera jour d’élection dans ma circonscription. Avis aux intéressés: mon vote est toujours libre, c’est-à-dire que je suis ouvert aux commentaires (si vous payez le cognac-gnac-gnac) et que j’ignore toujours où je placerai mon « X » fatidique. Voici tout de même quelques réflexions.

Je voterais ADQ si le parti n’était pas centré autour du chef et celui-ci était prêt à n’importe quelle bassesse pour obtenir un vote de plus.
Je voterais ADQ si l’ADQ n’était pas un ramassis de préjugés de droite de régionaleux prêts à tout détruire au nom d’on-ne-sait-pas-trop-quoi-finalement.
Je voterais ADQ si le parti était en faveur de l’indépendance du Québec.
Je voterais ADQ si le candidat dans mon comté n’avait pas l’air de l’agent Glad ayant fumé deux gros bats.

Je voterais PLQ si le parti n’était pas une succursale de l’IEDM.
Je voterais PLQ s’il n’y avait pas eu le Suroît, le Mont Orford, les écoles juives et toutes ces autres démonstrations d’un parti qui se fout du monde.
Je voterais PLQ si on arrêtait de prendre le monde pour des caves avec la nouvelle campagne qui met en valeur la construction de routes; hey les caves, peu importe le parti on va toujours en avoir des routes!
Je voterais PLQ si le parti était indépendantiste.
Je voterais PLQ si le parti n’était pas dominé par une petite clique d’anglophiles outre-montais qui boivent du vin casher le samedi après-midi.

Je voterais PQ si Pauline Marois n’était pas la cheffe de ce parti.
Je voterais PQ si le PQ de Marois était un parti indépendantiste.
Je voterais PQ si le parti de Marois n’était pas en faveur du bilinguisme, c’est-à-dire à terme de l’assimilation complète des Québécois.
Je voterais PQ si le parti de Marois était fier d’être Québécois et s’engageait à véritablement protéger le français. Car le bilinguisme d’une minorité c’est l’assimilation.
Je voterais PQ si le PQ n’avait pas parachuté Maka Kotto dans mon comté au lieu de prendre quelqu’un du coin.
Je voterais PQ si le parti n’était pas devenu une réplique des deux autres partis de droite.

Je voterais Québec Solidaire si le parti s’opposait à la discrimination positive (je veux voter pour le talent des candidats, pas pour leur sexe);
Je voterais QS si QS ne s’opposait pas aux examens de francisation imposés aux immigrants.
Je voterais QS si QS était plus à l’écoute des citoyens en-dehors de l’île de Montréal;
Je voterais QS si Françoise David n’était plus cheffe de ce parti.

Je voterais Parti Vert si le parti avait quoi que ce soit d’autre à offrir que sa plate-forme environnementale.
Je voterais Parti Vert si le PV me proposait un candidat francophone.
Je voterais Parti Vert si le PV était moins confus en regard de sa position sur l’axe gauche-droite.

Ah, pis fuck, je vais sûrement voter Parti Indépendantiste. Au moins, c’est le seul parti (avec peut-être les communistes, mon choix numéro deux) à ne pas tenter de plaire à tout le monde et qui dit franchement ce qu’il entend faire et de quelle façon il le fera. Y en a marre de partis corrompus comme l’ADQ, le PQ et le PLQ qui sont tous à genoux devant une certaine forme de ligne éditoriale (souvent celle à Gesca Inc., qui applaudit aujourd’hui le changement de cap du Parti Québécois) censée représenter le « gros bon sens » mais qui dans les faits ne profite qu’aux élites en place.

Le 12 mai, ça va être mon gros coup de poing à la face de tous ces merdeux, particulièrement le Parti Québécois, maintenant aussi merdeux que les autres.