Les élections: la paix ou la démocratie?
27 octobre 2008

Démocratie ou dictature?

Ainsi, nous devrions être appelés aux urnes le 8 décembre prochain. Pendant que l’économie mondiale bat de l’aile et que chaque contrat obtenu de l’étranger se veut un baume sur la plaie béante et purulente que constitue la situation économique actuelle, notre premier ministre Jean Charest préfère penser à ses propres intérêts et annule un voyage en Chine pour espérer s’assurer une majorité lors des prochaines élections.

Charest fait la calcul suivant: on s’en va en récession, elle va être très sévère, probablement la pire depuis des décennies, et si ses pires effets pervers n’ont pas encore atteint le Québec ce n’est qu’une question de temps avant que le feu soit dans la grange et qu’on réclame la tête du coq le plus flamboyant. Car qu’on le veuille ou non, quand ça va mal on se cherche des coupables. Et si le Parti Libéral a une chance d’améliorer son sort, c’est ici et maintenant.

De quoi peut-il avoir peur?

D’un côté, l’ADQ s’en va nulle part; le parti est en train de sombrer dans la discorde interne et au rythme où vont les choses on se demande même si le parti de Mario Dumont serait en mesure de garder une vingtaine de sièges (il en a 39 présentement). Le navire coule, et déjà les rats ont commencé à le quitter.

De l’autre côté, Pauline Marois est égale à elle-même: prétentieuse, hautaine, tenant un discours creux et ayant à peu près autant de charisme que la secrétaire blasée chez votre dentiste. Donnez-lui son 4% à elle, et ça presse! Le PQ est lui aussi prêt à se faire battre, car son but premier est l’indépendance du Québec et Marois a rejeté ce principe, peu importe ce que les poèmes conventionnelo-populistes d’appels à la patrie d’une poignée de béni-oui-oui en fin de semaine laissaient croire. Le PQ de Pauline Marois a tué l’indépendance, et avec une cheffe aussi médiocre le parti n’a pas la moindre chance de gagner les élections.

Jean Charest vogue donc allègrement vers la majorité. Contrairement à Stephen Harper, qui a tenu le même pari et l’a perdu, Charest n’a pas une bande d’Albertains fanatiques à satisfaire et il ne coupera pas dans la culture à quelques semaines des élections. Il va se taper une petite campagne tranquille en martelant que son parti est le meilleur pour faire face aux problèmes économiques et on oubliera ce qu’était réellement le PLQ majoritaire: les écoles privées juives, le Suroît, le Mont Orford, les privatisations, etc.

Alors non, je ne suis pas emballé par cette campagne électorale qui s’annonce déjà ennuyante et au résultat prévisible. Mais je n’irais pas jusqu’à écrire des conneries comme Patrick Lagacé qui affirme que « Après [les élections], si le bon Dieu est bon, la paix pendant quatre ans. »

La véritable « paix », c’est-à-dire l’absence d’enjeux électoraux, c’est celle qu’offre une dictature , éliminant la démocratie… et les journalistes trop irrévérencieux; on devrait peut-être le rappeler à M. Lagacé, lui qui ne vote pas. Car le droit de voter, c’est le droit de chiâler. Quand on reste assis chez soi pendant que ce pour quoi des centaines de milliers de personnes ont donné leurs vies au travers des siècles se met en branle, on est discrédité et pour longtemps.

L’instabilité politique n’est sûrement pas la panacée, mais elle force les élus à se remettre régulièrement au diapason avec la population sous peine d’être relégués dans l’oubli. Et notre démocratie, quoi qu’imparfaite, doit être protégée de tous ceux qui croient avoir des opinions sur tout mais qui ne sont même pas capables de bouger leurs fesses une fois par année pour aller voter.

En ce sens, si la manoeuvre politique de Jean Charest est très « politi-chienne », le texte de Patrick Lagacé fait très « journal-élitiste ». Comme quoi certains ont parfois de la difficulté à s’élever au-dessus du quotidien pour voir les véritables enjeux derrière le processus électoral.


AJOUT: Mes 4-5 derniers commentaires sur le blogue de Patrick Lagacé ont été censurés mystérieusement effacés. Je me suis plains à Patrick Lagacé, qui évidemment dit qu’il n’est au courant de rien. Vraiment plate comme situation; on suit leur foutu nétiquette à la lettre et suffit qu’on soit en désaccord avec l’auteur pour que les messages « disparaissent mystérieusement »! Ah Gesca et leur censure…

La poubelle volante
13 novembre 2007

Hier, le premier Airbus 380 s’est posé à Dorval. Véritable cité volante, cet avion d’une hauteur équivalente à un édifice de huit étages et de la largeur d’un terrain de football a fait l’objet d’une intense couverture médiatique. À son bord, les « célébrités » se cotoyaient les unes les autres, se surpassant en inepties pour décrire leur voyage dans ce Titanic des airs. Mais la palme de la pire citation revient à l’explorateur Bernard Voyer:

« Si on peut construire un avion comme ça, imaginez ce qu’on peut faire comme voitures pour améliorer l’environnement! » (citation approximative)

Bon, je ne suis pas de ceux qui s’énervent avec le CO2. Certains disent que l’humain est responsable du réchauffement, moi je suis plus tenté de croire à l’importance des cycles à long terme ou à moyen terme. Mais quand quelqu’un adopte la croyance selon laquelle nous devons réduire notre consommation de C02, il me semble que la moindre des choses serait de faire preuve d’un minimum de cohérence.

En effet, selon le site climatecare.org, un aller-retour Paris-Montréal en avion émet 1,5 tonne de CO2 par personne dans l’atmosphère. Ce n’est quand même pas rien, quand on y pense. Tout ce kérosène brûlé pour divertir nos gentilles vedettes du ciel, qui se la jouent en bons protecteurs de l’environnement tout en polluant allègrement les cieux.

Ça va être quoi la prochaine fois? Les Hummers sont une progression pour l’humanité car leur robustesse fait qu’on a moins besoin de les remplacer souvent et qu’ainsi on économise l’acier?

Je ne sais pas, car moi je ne crois pas trop à tout ça. Mais au moins, me semble, quand tu crois à ça, la moindre des choses c’est de ne pas parler d’environnement quand tu as ton petit cul bien assis sur une poubelle volante qui laisse derrière elle une longue traînée polluante…

Mais c’est tellement plus facile de critiquer les autres que de regarder ses propres déficiences!