Le spectacle de la terreur
31 mai 2010

Les terroristes ont toujours de bonnes raisons. Qu’ils se fassent exploser au milieu d’une foule, qu’ils répandent un gaz mortel dans le métro, qu’ils tuent un médecin pratiquant l’avortement ou qu’ils massacrent gratuitement une vingtaine de civils comme l’a fait Israël hier, ceux qui pratiquent la terreur se présentent toujours en victimes.

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« Ils ont non seulement refusé de collaborer, ils ont délibérément attaqué nos soldats » s’est plaint le premier ministre israélien, en visite à Ottawa aujourd’hui. Avouez qu’elle est bonne. Israël attaque des bateaux en eaux internationales – des bateaux remplis de plus de 10 000 tonnes d’aide humanitaire, d’aide médicale, de vêtements, de nourriture, de fournitures scolaires; des bateaux avec des journalistes, des religieux, une ancienne lauréate du prix Nobel de la paix, un rescapé de la Shoah, des écrivains, des personnalités publiques; des bateaux dont le seul but était d’alléger les souffrances des Palestiniens de la bande de Gaza, victimes d’un blocus israélien illégal et qui rend leur existence misérable – et extermine une vingtaine de civils innocents, mais évidemment, ils l’avaient cherché. Vous imaginez, le soldat armé jusqu’aux dents, violant les lois internationales, arraisonnant un navire pour la seule raison qu’il allait à un endroit qu’Israël s’est illégalement approprié, qui débarque en pleine nuit avec tout son attirail, et qui fait face à des militants, des écrivains, des journalistes, et des pacifistes? Oh le pauvre soldat israélien!

La situation israélienne est devenu tellement risible qu’on se demande si le rire ne constitue pas la dernière façon de conserver un semblant de stabilité mentale. Il y a un an, on condamnait un Canadien d’origine rwandaise de crimes contre l’humanité pour son rôle dans le génocide de 1994. Et aujourd’hui, en 2010, on accueille Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, à bras ouverts, on se donne des accolades, on parle de fraternité, de pays alliés. Pendant que Gaza est devenu un camp de concentration à ciel ouvert, que des centaines de milliers de personnes y vivent entassés comme des cloportes sous une roche, que l’électricité n’y est qu’intermittente, que des humains y meurent faute de médicaments, nous, ici, dans ce beau grand Canada « coast to coast », accueillons le chef de l’État responsable de cette barbarie et le traitons avec les meilleurs égards.

Il n’y a vraiment pas de justice dans ce monde. Ou plutôt, sur une planète où tout s’achète et tout se vend, la justice est devenu un bien de consommation comme un autre, qu’on joue à une bourse de la misère humaine où la valeur d’un Juif doit bien valoir un zillion de fois celle d’un Palestinien. Qu’un citoyen américain ou israélien soit victime d’un crime, s’il meurt le drapeau à la main en priant Dieu ou Yahvé, et il aura droit à une cérémonie grandiose, à des représailles terribles contre ses bourreaux. Mais qu’un peuple en entier se fasse écraser le visage dans la boue depuis un demi-siècle par un pays lui ayant volé ses terres, ses maisons, ses frontières, sa dignité et qu’on fauche la vie de dizaines de héros ayant décidé de lutter concrètement contre ce lent génocide, et on aura droit aux « regrets » officiels de Stephen Harper. Pas une condamnation, pas une dénonciation. Non, non, des regrets. Oups, scusez madame, je n’avais pas vu votre pied.

S’il y avait une justice dans ce monde, ou à tout le moins dans ce pays, Benyamin Nétanyahou serait aux arrêts, prêt à subir un procès pour crime contre l’humanité. Le Canada exigerait des frappes aériennes de l’OTAN contre Israël pour faire cesser ces crimes odieux et Washington cesserait de donner plus de trois milliards de dollars d’aide militaire annuellement à l’État hébreux et se servirait de ces ressources pour rebâtir la Palestine.

Oui, s’il y avait une justice, nous serions peut-être encore un peu des humains.

En attendant, c’est le spectacle qui continue. Celui qui se joue à guichets fermés depuis la nuit des temps et qui met en scène les jeux de pouvoir de puissants pour qui la vie d’autrui ne constitue qu’une variable comme une autre dans une équation pour le pouvoir et où les pires atrocités trouvent toujours toutes sortes d’explications tordues.

Pour le bien de tous, évidemment.

Demandez ça aux morts.

Racisme israélien: Ahmadinejab a raison!
20 avril 2009

On a beau ne pas aimer le radicalisme d’Ahmadinejab, il demeure qu’il n’a pas tort lorsqu’il dénonce le racisme israélien. Les pays européens, France en tête, feraient peut-être bien d’écouter la président iranien, dont l’opinion est largement partagée par de nombreux pays musulmans, et de chercher des solutions pour mettre fin aux crime israéliens contre les Palestiniens au lieu de jouer les vierges offensées et de quitter la salle comme ils l’ont fait.

Soyons francs: Israël a violé les lois internationales en utilisant des armes illégales dans son massacre à Gaza. Après avoir violé le cessez-le-feu avec le Hamas en bombardant Gaza le 5 novembre 2008, elle a ensuite terrorisé des habitants pris au piège pendant plus d’un mois. On aime bien accuser l’Iran de vouloir hypothétiquement peut-être éventuellement probablement posséder des armes de destruction massive, mais on SAIT qu’Israël possède de telles armes et le pays sioniste les a utilisées contre des civils sous les yeux du monde entier, y compris ceux du nouveau président étatsunien. Sauf que celui-ci n’agit pas. Et ce n’est pas surprenant.

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En effet, Obama s’est entouré d’une équipe de fidèles supporteurs d’Israël dont certains croient que la disparition des Palestiniens et l’influence totale d’Israël sur toute la Palestine prépare le retour de Jésus sur la Terre. Et son premier discours en tant que candidat démocrate aux élections a été fait devant le plus puissant lobby juif aux États-Unis…

Par ailleurs, oublie-t-on qu’Israël est un pays qui pratique la torture? On aime accuser l’Iran de tous les maux, mais pourquoi tolère-t-on la torture israélienne? Combien vaut la vie d’un Palestinien?

Dans les faits, le discours d’Ahmadinejab, et aussi méprisant et détestable peut être l’homme, se révèle assez près des faits. Israël s’est effectivement bâtie sur une épuration ethnique des Palestiniens, qui ont été expulsés de leurs maisons et de leur terres, qui ont été dépossédés de leurs biens et poussés à l’exil ou à une vie médiocre par la puissance israélienne. Depuis ce temps, chaque année qui passe est une année où le territoire palestinien est réduit, et ce à l’encontre des lois internationales.

À quand un boycottage d’Israël par le Canada? À quand une action de l’OTAN pour rétablir les droits de l’homme en Israël et mettre fin à ce terrible racisme qui opprime les Palestiniens?

Il est beaucoup plus facile de s’offusquer et de qualifier d’antisémitisme toute critique du racisme israélien que d’agir et de confronter ce pays renégat aux méthodes n’ayant rien à envier aux pires tortionnaires.

Quand Obama appuie le Grand Israël
9 janvier 2009

hillary-clinton-obama-jesus-grand-israelFaut-il se surprendre l’assourdissant silence d’Obama vis-à-vis de ce qui apparaît de plus en plus comme un génocide politique au Proche-Orient, c’est-à-dire l’éviction du peuple palestinien en tant qu’entité politique pouvant gérer son propre destin et ayant simplement le droit… d’exister? Il suffit de souligner les liens de Hillary Clinton, sa secrétaire d’État aux affaires étrangères et donc une des personnes qui aura les plus lourdes responsabilités vis-à-vis du conflit israélo-palestinien, avec la Fellowship Foundation pour se convaincre que la politique étatsunienne vis-à-vis de l’État juif ne changera pas.

En effet, la Fellowship Foundation, où Mme. Clinton milite depuis plus de 16 ans, est une organisation sioniste chrétienne pour qui la création d’Israël en 1948 et son retour sur l’ensemble de ses terres ancestrales est en accord avec les prophéties bibliques préparant le retour sur Terre du Christ triomphant de l’Apocalypse. Pour ces fondamentalistes, la judaïsation complète de la Palestine prépare le retour de Jésus et le fait que les Palestiniens ont vu leur part d’Israël se réduire de 50% en 1948 à 25% en 1967, puis à 19% et finalement à 10% au début des années 2000, de même que l’assassinat de Yitzhak Rabin (signataire des accords de paix d’Oslo en 1993) en 1995 et la maladie d’Ariel Sharon (qui a laissé Gaza aux Palestiniens en 2005) sont des preuves de l’appui de Dieu à leurs projets. En clair, les sionistes chrétiens appuient indéfectiblement le projet d’un Grand Israël afin de préparer l’Apocalypse et le retour du Christ sur Terre.

Malheureusement, Clinton ne sera pas seule à prôner un appui indéfectible à Israël grâce à son nouveau poste. Elle sera appuyé par deux sous-secrétaires qui n’ont rien à lui envier de ce côté: James Steinberg, un Juif qui a écrit le discours d’Obama devant le think-tank sioniste AIPAC au lendemain de sa nomination en tant que candidat démocrate, et Jacob Lew, un autre Juif qui est vice-président et directeur des politiques étrangères de la Brookings Institution, un think-tank d’allégeance démocrate qui appuie les ingérences américaines à l’étranger sous couvert d’opérations humanitaires quand cela sied les intérêts de Washington. Il est également membre de la RAND Corporation (tout comme Condoleezza Rice et le faucon Donald Rumsfeld), un think-tank militaro-industriel offrant des analyses aux forces armées et relié au Carlyle Group (puissant groupe financier dont sont membres George H. W. Bush, la famille Ben Laden et Paul Desmarais, entre autres).

Et vous croyiez vraiment que l’élection d’Obama allait changer quoi que ce soit pour ceux qui tirent les ficelles, cet étrange amalgame d’intérêts financiers, politiques et religieux qui ont une cause primordiale en commun: la croyance qu’Israël a tous les droits et que quiconque s’oppose à ses politiques meurtrières est un ennemi des États-Unis?

Rêvez mieux!

Combien vaut la vie d’un Palestinien?
27 décembre 2008

Il y a des jours où ça y est presque. Des jours où je me dis que la politique n’est qu’un aspect de la vie parmi d’autres et qu’il doit être possible de s’en détacher. Et puis, il y a cette nouvelle du massacre israélien en Palestine. Plus de 200 morts palestiniens, et pas loin de 700 blessés.  Était-ce la façon juive de fêter la mort de Samuel Huntington,  l’auteur du Choc des civilisations?

Il me semble qu’à un moment faut être honnête: combien vaut la vie d’un Palestinien? Je ne sais pas, faisons un graphique, un tableau de statistiques, quelque chose. Établissons qu’un Américain vaut 1, un Israélien 0,95, un Canadien 0,90, un Russe 0,33, un Palestinien 0,05… Je ne sais pas, soyons honnête un peu; combien de milliers ou de millions de Palestiniens doivent-ils mourir avant que Stephen Harper ne dénonce l’agression israélienne?

J’ai grandi dans une société m’ayant inculqué des valeurs selon lesquelles tous les êtres humains naissent égaux. Et bien, je me demande si le petit Palestinien qui naît aujourd’hui, dans une prison à ciel ouvert et où manquent nourriture, eau potable, électricité, ce Palestinien est-il l’égal d’un petit Juif dont le pays possède une des plus puissantes technologies militaires du monde et reçoit une aide militaire considérable de la part des États-Unis à chaque année?

Combien de temps laissera-t-on ce génocide se produire?  Chaque année qui passe voit le territoire palestinien amputé, ses habitants isolés, et la misère augmenter.  À quand une intervention de l’OTAN ou de l’ONU pour punir les crimes de guerre et le terrorisme israéliens?  Pendant qu’Obama surveille la situation, oui ce même Obama qui a prononcé son premier discours en tant que candidat démocrate devant le principal lobby pro-israélien des États-Unis, un peuple est en train de mourir sous nos yeux.

Et le pire dans tout ça, et j’ai peut-être un peu honte de le dire, c’est que quand le David palestinien ira lancer sa prochaine roquette dans l’oeil du Goliath israélien, je serai peut-être satisfait. Pas content, mais satisfait. Satisfait de voir que malgré tout on ne peut pas opprimer impunément tout un peuple sans en subir parfois les âpres conséquences.   Et je suspecte que je ne serai pas le seul à être satisfait lorsque ces barbares israéliens subiront leur propre médecine.

Tout de même triste de voir que le peuple juif, qui a tant souffert pendant la seconde guerre mondiale, est maintenant devenu un peuple de tortionnaires aux pulsions génocidaires.  Et inquiétant de constater l’appui tacite de nombreux médias, contrôlés soit par des Juifs ou sympathiques au terrorisme israélien.

Israël aurait pu être un grand pays, mais il est tombé aux mains de fanatiques bien pires que ceux du Hamas.

Des fanatiques armés et financés par Washington.

Le grand changement?!
5 novembre 2008

On s’est tellement fait encrasser les oreilles par des médias asservis à l’image de Barack Obama depuis des mois quant au caractère « historique » de cette élection présidentielle qu’il convient, selon moi, de regarder de plus près ce « grand changement ». En fait, la grande question est celle-ci: qu’est-ce qui a changé?

On a échangé un président texan contre un hawaïen, un buveur de bière contre un dégustateur de vin et un cowboy amoureux de la nature contre un urbain amoureux des gens. Ok, next?

On s’est débarrassé d’un colonisateur d’Irak pour le remplacer par un envahisseur de Pakistan. Changement? Continuité.

On a perdu un dirigeant acoquiné avec la haute-finance pour le remplacer par un autre qui a fait financer sa campagne à 100% par des dons privés (allo le retour de l’ascenseur!) et a reçu des sommes considérables notamment de Goldman Sachs, Lehman Brothers, JP Morgan & Chase, DLA Piper, National Amusements Inc., Ubs Ag., etc. Changement? Continuité.

On se démunit d’un Bush jouant à fond la carte de la guerre au terrorisme pour masquer les visées impérialistes des États-Unis pour le remplacer par… un Obama qui joue à fond la carte de la guerre au terrorisme pour les mêmes raisons. Changement? Niet!

On troque un président appuyant la répression israélienne contre les Palestiniens contre un président qui a affirmé son soutien indéfectible à Israël lors de son premier discours public en tant que candidat devant un des plus virulents lobbies juifs aux États-Unis, l’AIPAC. Et même politique intransigeante contre Cuba! Changement pour les Palestiniens ou pour les Cubains? Non!

On a dit adieu à un président qui a fait des baisses d’impôts consenties aux plus nantis une carte-maîtresse de sa politique économique ayant mené au fiasco actuel. Et on le remplace par un Obama qui ne rejette pas ces réductions d’impôts et qui entend les baisser davantage pour des personnes gagnant jusqu’à 250 000$! (On est loin de la classe moyenne à ce salaire…) Changement? No, my friend!

Vous vouliez du changement? Vous en avez! Le ton est différent, plus soft, moins hargneux, plus ouvert. L’attitude ressemble moins à celle d’un fermier qu’à un homme de la ville, moderne, soi-disant tourné vers l’avenir. Mais les idées, elles, sont résolument du passé et quasi-identiques à celles de George W. Bush, et ce n’est donc qu’un masque que place devant les caméras le vrai pouvoir, celui qui n’est jamais élu.

La « marque » Bush et son intransigeance avaient fait leur temps. Place au retour du grand sourire Mickey Mouse et du dialogue d’ouverture pendant qu’on vous vole vos maisons ou qu’on bombarde vos amis.

Que de progrès! Même les Soviétiques n’auraient pu imaginer meilleure dictature.

De la propagande conservatrice et sioniste à Cité Rock Détente!
7 octobre 2008

Je glanais par-ci par là sur le web comme à mon habitude, quand je suis tombé sur ce site: Majorité Silencieuse. À première vue, il ne s’agit que d’un énième site extrémiste de droite comme l’antagoniste ou d’autres encore. Mais en y fouillant un peu plus, j’y ai trouvé des choses intéressantes.

D’abord, le site est l’oeuvre d’une collaboration entre Audrey Pinsonneault-Grenier et Marc Nadeau. Il se trouve qu’en 2006, Marc Garneau était un candidat conservateur dans la région de Sherbrooke et que Mme. Pinsonneault-Grenier jouait le rôle d’agente officielle de sa campagne. Jusqu’ici, tout va bien.

Là où ça se corse, c’est quand on fouille un peu plus. On constate par exemple que Audrey Pinsonneault-Grenier, une fille de militaire (et qui a manifestement adopté la croyance que le fusil peut tout régler) a participé à l’organisation d’une marche d’appui envers l’agression israélienne de 2006 au Liban, à Montréal, de même qu’à la création, avec son complice Marc Nadeau, d’un think-tank pro-israélien intitulé Projet pour l’avenir d’Israël et dont le but était «d’intervenir dans les médias traditionnels pour défendre le point de vue israélien au Québec ».

En ce qui concerne Marc Nadeau, un sioniste avéré et un ardent défenseur d’Israël, il est sous enquête du Directeur général des élections et du Commissaire aux élections pour avoir participé à une tromperie pour dépasser la limite des dépenses admises lors des élections de 2006. Voici l’explication de son ancien adversaire Serge Cardin, du Bloc Québécois:

Pour ce qui est du candidat dans Sherbrooke, Marc Nadeau, on remarque des transferts de 57 531,46$ qui viennent du Fonds conservateur du Canada. Lorsqu’on regarde le rapport financier de la campagne électorale de 2006, on s’aperçoit que dans le titre « Placement médias », il y a 51 566,46 $ en dépenses publicitaires.

On sait très bien que lorsqu’on paie des dépenses électorales — parce qu’il y a pire encore dans ce cas-ci —, il faut normalement faire un chèque libellé au nom de la personne ou de l’organisation à laquelle on veut que l’argent se rende. Il y a donc une espèce de confirmation et un retour du chèque, et ces documents sont disponibles. Dans ce cas, c’est pire, parce qu’on a évidemment les factures. Une première facture a été payée. Justement en réponse à mon collègue, le whip de notre parti, qui prenait la parole précédemment et qui s’adressait au ministre des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités, il y a une facture du Conservative Fund Canada dont le titre est Candidate share of media buy. Il y a une première facture de 10 000 $ et une deuxième facture de 41 566,46 $. Toutefois, à la lecture de l’état bancaire qui nous a tout de même donné accès à l’information, on constate qu’aucun chèque n’a été émis.

Par contre, il y a eu des retraits au comptoir. Voilà qu’un autre candidat conservateur se transforme en Mulroney qui transporte une mallette d’argent contenant 51 000 $. On pourrait se poser toutes sortes de questions. L’argent s’est-il rendu à destination? Qu’est-il arrivé? Le parti a-t-il émis des directives selon lesquelles, lorsqu’on en a l’occasion, on doit faire des retraits au comptoir et traîner de l’argent comptant? Que fait-on aujourd’hui avec 51 000 $ en argent comptant pour payer des factures? C’est pour payer des factures au Fonds conservateur du Canada. On va y porter l’argent directement. Demande-t-on un reçu?

La belle histoire. On a donc deux fanatiques pro-Israël, dont l’un est président de l’association conservatrice de Sherbrooke, qui vont jusqu’à encenser Ehoud Barak (qui, pendant qu’il parlait de paix à Camp David avec Clinton et Arafat, dépeçait le territoire palestinien en y autorisant une augmentation dramatique des colonies juives) ou Ariel Sharon (cette brute responsable des massacres de Sabra et Chatila),qui se sont donnés comme mission d’infiltrer les médias afin de faire de la propagande sioniste et qui sont sous enquête pour avoir violé la loi électorale.

Et Cité Rock Détente Estrie a décidé de faire de Marc Nadeau un collaborateur quotidien afin qu’il puisse endoctriner les gentils auditeurs, ce que dénonce, avec raison, Marc Bellemare, conseiller FTQ de Sherbrooke.

Imaginons un instant tout le scandale si une radio de Montréal faisait d’un président d’association bloquiste pro-palestinien et sous enquête un collaborateur à tous les matins. Quel scandale!

En fait, c’est le deux poids, deux mesures. Un peu comme en Israël, en fait, où tous les crimes israéliens sont passés sous silence mais où les écarts palestiniens sont montés en épingle. Le Parti Conservateur nous a tellement habitué à contourner les règles, à se moquer de l’intelligence des gens en appuyant Israël lors de son attaque contre le Liban en 2006, à faire fi du plus élémentaire respect de notre démocratie en déclenchant des élections sans raison, qu’on a l’impression que les médias dorment au gaz et se laissent amadouer par la douce mélopée d’affairistes qui n’ont qu’un seul but: tromper la population et faire passer leurs idées extrémistes par tous les moyens.

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je n’écouterai plus Cité Rock Détente tant que cet individu y aura sa chronique. On peut demander son départ ici ou ici. Car avec une radio comme celle-là, pas besoin de B’Nai’Brith ou même de publicité conservatrice: le président de l’association conservatrice de Sherbrooke s’en charge!

À quand la même chance pour les représentants des autres partis politiques canadiens?

Le dictateur et sa moustache
24 juin 2008

En ce jour de notre fête nationale, j’ai une petite pensée pour le Zimbabwe, pays africain enfoncé dans le chaos parce que son président-dictateur, Mugabe, s’accroche au pouvoir et utilise toutes sortes de moyens anti-démocratiques pour arriver à ses fins.

Je ne l’aime pas vraiment Mugabe. Faut dire, il a le look, avec sa moustache hitlérienne, son air de doberman enragé et ses diatribes contre l’Occident. Il a un look de l’enfer, et pour sûr qu’on y réservera une place de choix quand sera venue le jour de sa mort.

Ceci dit, Mugabe a fait une erreur cruciale, avant-hier, quand il a traité Londres et Washington de menteurs. On ne mord pas la main qui nous nourrit, et on ne mort pas la main de ses seuls alliés potentiels.

En effet, depuis une cinquantaine d’années, les États-Unis ont souvent permis l’existence de terribles dictatures, en autant que celles-ci protègent leurs intérêts. Ils ont financé les escadrons de la mort des Contras au Nicaragua, ils ont financé la dictature un peu partout en Amérique latine, ils ont appuyé la répression en Indonésie, tuant près de 200 000 militants de gauche (et leurs familles), ils soutiennent présentement les Philippines, qui, malgré une apparence de démocratie, tuent impunément des dirigeants syndicaux. Et même pas besoin de parler du génocide israélien…

La mort ne fait pas peur à Washington et tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. La dictature n’est pas un problème, ne l’a jamais été, et la seule raison justifiant une intervention est quand le dictateur se rebelle et oublie qui sont ses maîtres.

« Seul Dieu peut me retirer le pouvoir qu’il m’a donné », affirmait Mugabe. Oui, Dieu, ou les États-Unis d’Amérique, qui n’hésitent pas à déchaîner les foudres de l’enfer sur quiconque ne se plie pas à leur volonté.

La dictature n’a jamais été un problème. Tant qu’elle se plie aux volontés de l’empire.

Bonne fête nationale à nous tous, Québécois, et ayons une petite pensée pour tous les autres peuples qui n’ont pas encore de pays ou dont le pays leur a été volé par un sinistre personnage, moustache ou pas.

Pour ceux qui en doutaient
30 juillet 2007

Que ceux qui doutaient du pouvoir des lobbies israéliens et de l’armement à Washington se ravisent: l’Oncle Sam vient de décider de faire augmenter de 25% son « aide » militaire à l’État hébreu. Pourtant, est-ce réellement nécessaire?

En effet, on a de plus en plus l’impression qu’Israël est devenue une sorte de colonie américaine, ayant droit, peu importe la raison, à une aide pour maintenir son armement dans un état hyper-sophistiqué, lui permettant d’imposer sa volonté sur tout le Proche-Orient.

Évidemment, la rhétorique américaine est claire et simpliste: on aide Israël à combattre le terrorisme. Mais n’est-ce pas là, justement, que de la rhétorique? En 1982, par exemple, Israël était le troisième pays du monde en terme de dépenses militaires par habitant (et le 19e en matière d’éducation, ce qui explique peut-être l’insensibilité complice de ses habitants vis à vis des souffrances causées aux Palestiniens) et elle recevait déjà plus de 3 milliards de dollars d’aide militaire américaine. ((Amnon Kapeliouk, Israël : un pays possédé par son armée, le Monde diplomatique, avril 1982.)) Vingt-cinq ans plus tard, l’aide est sensiblement la même; seules les raisons ont changées: d’un discours anti-communiste on a simplement fait le glissement vers un discours anti-terroriste.

Mais n’est-ce pas là le propre de tout empire, que d’avoir besoin d’ennemis pour justifier son existence? La décennie 1991-2001 a été difficile pour Washington et son appendice israélien: le premier a perdu de son influence un peu partout dans le monde, en ayant en plus à lutter contre une population de plus en plus récalcitrante vis à vis de ses politiques économiques et prêtes à organiser de grandes manifestations, comme cela eut lieu à la conférence de l’OMC à Seattle en 1999. Et pour Israël, ce fut une véritable période noire pour les faucons et les partisans du « Grand Israël »: discussions de paix, concessions, diplomatie… Aux yeux de l’élite néoconservatrice, le monde n’allait nulle part.

Heureusement, vint le 11 septembre. Dieu merci, alléluia! Grâce à cette terrible tragédie, les États-Unis peuvent de nouveau justifier leur aide à Israël et Israël peut désormais refuser de négocier avec les Palestiniens. Les lobbies de l’armement s’en mettent plein les poches, les Palestiniens crèvent de faim dans la rue pendant qu’arrivent les milliards de Washington, enfin c’est le retour du business as usual.

Pour ceux qui en doutaient…

Les miettes de la terreur
19 juin 2007

Ça ne vous fait pas rire un peu vous autres, quand vous entendez des représentants des États-Unis ou de divers pays occidentaux déclarer qu’ils sont pour la démocratie et qu’ils entendent la promouvoir un peu partout sur la planète? Moi ça me fait bien rigoler, surtout quand on apprend que l’aide économique à la Palestine (maintenant la Cisjordanie) vient de reprendre puisque le Hamas, pourtant démocratiquement élu, a été écarté du pouvoir.

On aime ça chez l’Oncle Sam faire de grands discours sur le choix des peuples, sur leur capacité à décider de ce qui est le mieux pour eux, sur leur désir de s’exprimer dans des élections démocratiques. La démocratie, oui, mais faut surtout pas qu’elle s’exprime du mauvais bord! Si la population du Vénézuela élit Chavez démocratiquement, ça ne tient plus! Si les Palestiniens votent pour le Hamas, ça ne tient plus. Quelle sorte de message lance-t-on aux Palestiniens victimes de décennies d’apartheid et de racisme israélien leur enlevant jusqu’à la dignité? « Nous allons vous aider… si vous votez du bon bord. »

Pourtant, ils ont déjà été du bon bord les Palestiniens. Mais ils ne sont pas caves. Ils ont vu la paix d’Oslo de 1993 foulée aux pieds par l’implantation de centaines de colonies juives illégales en territoires palestiniens. Ils ont vu Yasser Arafat en discussion à Camp David en 1998 avec Bill Clinton et Ehud Barak, au moment où ce dernier doublait le nombre de colonies juives sur les meilleures terres palestiniennes. Ils ont constaté ce que valait la parole des États-Unis quand ceux-ci disaient qu’une fois Arafat mort un gros obstacle à la paix serait disparu et que tout pourrait enfin fonctionner rondement!

Non, les Palestiniens ne sont pas des idiots.

Ils ont constaté qu’ils n’ont pas de poids dans le grand jeu politique mondial. Ils ne sont bons qu’à crever sous des tirs israéliens ou par des bombes juives payées grâce à l’aide militaire étatsunienne de 3 milliards $ consentie annuellement à ce pays. Ils doivent assister calmement à la destruction systématique de leur pays, qui fût entreprise en 1948, puis consolidée par la guerre des six jours en 1967, puis maintenant élargie avec la construction du mur d’apartheid d’Israël volant les meilleures terres et séparant les villages palestiniens.

« Par ses actions, le Hamas a cherché à diviser les Palestiniens. C’est une chose que nous rejetons », a déclaré Mme Rice. Mensonge! Ce sont bel et bien les actions de l’État juif, appuyé par des dirigeants étatsuniens cooptés par le capital sioniste, qui sont responsables de la situation actuelle.

En effet, c’est l’État juif qui a volé les terres palestiniennes, poussé à l’exil des centaines de milliers d’Arabes. C’est aussi l’État juif qui a implanté des colonies extrémistes en territoires palestiniens – dans l’illégalité la plus complète – en cherchant à couper Jérusalem-Est des villages avoisinants pour éventuellement enlever toute possibilité que la capitale palestinienne puisse y être. Et c’est aussi Israël qui adopte des politiques racistes et humiliantes, se servant de la main d’oeuvre palestinienne comme du cheap labor de proximité et servant à doper artificiellement son PIB sur le dos de la population palestinienne.

Comment peut-on leur en vouloir aux Palestiniens, de s’être radicalisés? À chaque fois qu’ils ont négocié la paix, on les a volé. À chaque fois qu’ils ont tendu un rameau d’olivier, on leur a enfoncé dans l’oeil. Et quand ils font le choix – démocratique – de voter pour un parti radical, on leur retire toute les miettes qu’on consentait à leur donner sous prétexte qu’ils n’ont pas le droit d’avoir un gouvernement terroriste.

Mais la terreur, le vrai terrorisme, il est en Israël, et le Hamas a l’air d’une bande d’écolières à côté du monstre israélien, de ses milliards $ d’aide américaine, de ses bombes atomiques, de ses incursions quasi-quotidiennes en territoires palestiniens où elle sème la peur et la mort.

Avant de prétendre décider de ce qui est bien pour les Palestiniens, et de les inciter à rejeter un gouvernement élu démocratiquement, bref avant de corrompre le semblant de démocratie qu’on espère installer en Palestine, il serait peut-être temps de cesser d’appuyer le terrorisme israélien. Mais il n’y a pas de lobby palestinien dans les haut-lieux du pouvoir à Washington.

Ainsi donc, le grand jeu continue: pendant que nos gouvernements appuient l’État terroriste d’Israël, et financent ses entreprises de terreur et de destruction, nous pouvons nous déculpabiliser en envoyant quelques miettes à la Palestine et nous régaler de ces images de gens désespérés se battant pour celles-ci.

De plus en plus de gens appellent au boycott d’Israël, du pays et de ses produits. Ne serait-ce pas là notre dernier recours, puisque nos gouvernements ne nous écoutent plus, confirmant notre passage de citoyen à consommateur?

Illumination
30 avril 2007

Regardez-le, ce Justin Trudeau. Il semble complètement illuminé, comme si le Saint-Esprit lui avait confié la mission de suivre les traces de son père et de se lancer en politique. Il a choisi un des comtés les plus multi-ethniques de Montréal et a fait campagne en allant chercher le vote de ceux qui sont arrivés au pays sous les années Pierre Elliot Trudeau et qui ont profité des excès de la charte depuis 1982.

Enatraîné vers le pouvoir par une presse royaliste anglophone désireuse de se trouver un nouveau sauveur pour mater le mouvement souverainiste, Justin Trudeau a réussi l’exploit de se faire élire dans Papineau pour l’investiture libérale sans proposer quoi que ce soit de cohérent.

« Je vais être un politicien du peuple ». « J’ai un rêve pour ce pays ». On se demande bien de quoi il parle. C’est bien beau se dire du peuple quand on serre des mains dans la rue, mais était-il bel et bien du peuple quand il jouait les petits princes lors de son mariage ou lors du décès de son père? Et son rêve pour ce pays, va-t-il seulement finir par élaborer concrètement en quoi il consiste?

Croit-il en une meilleure redistribution de la richesse? Est-il en faveur de Kyoto? Du registre des armes à feu? Que pense-t-il du déséquilibre fiscal? Va-t-il protéger nos institutions publiques? Que pense-t-il de la décriminalisation de la marijuana? Est-il en faveur d’un fédéralisme centralisé ou décentralisé? Appuie-t-il Israël ou les Palestiniens? Veut-il que le Canada se retire d’Afghanistan? Que pense-t-il de la guerre en Irak? De la guerre au terrorisme? Où se situe-t-il sur l’échelle gauche-droite?

Qui est-il?

Silence radio.

Le voici le problème de nombreux néo-vieux politiciens: ils semblent investis d’une mission divine pour prendre le pouvoir, ils sont charismatiques, mais ils sont incapables de prendre position ou de tenir un discours plus approfondi ou cohérent.

Pourtant, ils finissent par se faire élire de toute façon parce qu’ils ont l’air tel-le-ment sympathiques!

Faut dire que les électeurs ne font pas toujours le choix le plus lumineux…

Petit air de déjà vu, non?