Où sont les nationalistes ?
26 août 2012

Où sont les nationalistes ? Qui, parmi les partis politiques en liste aux prochaines élections peut brandir bien haut notre fierté d’être des Québécois ? Qui peut parler en notre nom autrement qu’en baissant la voix et en s’excusant à telle ou telle minorité ?

Le plus grand drame de l’histoire récente du Québec est la confusion entre le nationalisme et l’indépendantisme. Le nationalisme construit la nation et la mène vers une indépendance effective, dépassant largement la simple présence de frontières sur une carte du monde. L’indépendantisme, lui, vise les frontières, veut gérer des impôts, et est prêt à sacrifier sa base nationaliste pour une victoire hypothétique : le Grand Soir. Les indépendantistes seraient satisfaits d’un Québec « indépendant » tout comme la France l’est, dans leur esprit.

Or, les nationalistes, les vrais, comprennent que même la France n’est pas véritablement indépendante. Que veulent dire des frontières sur une carte quand on n’a plus de contrôles douaniers, quand on ne contrôle plus son immigration ou si peu, quand les décisions sont prises au sein de l’oligarchie mondialiste, dans de petits clubs privés où on se substitue à la volonté populaire ?

En ce sens, il ne suffit pas de se déclarer indépendantistes ; il faut avant tout être des nationalistes et comprendre que l’indépendance du genre « un pays sua mappe » ne constitue qu’une ÉTAPE vers l’indépendance réelle. Il faut comprendre que le nationalisme sans indépendance est sain alors que l’indépendantisme sans nationaliste s’auto-détruit.

C’est ainsi que nous avons aujourd’hui des partis qui se proclament indépendantistes mais qui œuvrent à arracher le nationalisme comme s’il était une mauvaise herbe dans leur plate-bande. Je pense ici à Québec solidaire, principalement, mais également à Option nationale, deux partis qui ont adopté l’idéologie multiculturaliste, qui appuient le communautarisme — quoi de plus anti-nationaliste ? — et qui sont d’autant indépendantistes que cette indépendance ne veut rien dire du tout. À les écouter, il faudrait construire un pays sans nation québécoise, découpé en communautés, un saucisson de descendants français enroulé autour du St-Laurent, entre des terres « autochtones » et des territoires immigrants ou anglophones.

Ce dont nous avons le plus besoin, aujourd’hui, c’est d’un parti nationaliste. Pas un parti presque nationaliste, ou à peu près nationaliste, ou nationaliste les fins de semaine et les jours fériés. Un vrai parti réellement nationaliste. Un parti qui construit et affirme notre nation. Un parti qui dit : « Ceci est notre terre, voici nos valeurs et celles-ci ne sont pas négociables ». Un parti qui s’oppose au mondialisme économique, qui envoie paître les accords internationaux nous désavantageant, un parti qui ne fait plus de compromis sur notre langue et qui traite chaque Québécois comme un citoyen ayant l’obligation de respecter nos valeurs fondamentales.

Ce qu’il manque, au Québec, c’est un parti de la gauche du travail, et de la droite des valeurs. L’union sacrée entre les résistants contre le capitalisme et les résistants contre l’empire. L’union sacrée entre ceux qui veulent la liberté pour les travailleurs et ceux qui veulent la liberté pour le peuple et le respect de ses valeurs.

L’empire est transnational, mondialiste.

La résistance doit être locale et nationale.

À quand un parti réellement nationaliste au Québec, et qui présente des candidats d’un bout à l’autre de notre nation ? À quand un Chavez québécois ? Un Poutine québécois ? Un Ahmadinejad, un Kaddafi, un De Gaulle, un Castro, un Lumumba ? À quand un vrai dirigeant québécois nous donnant envie de relever la tête ?

Camille Laurin a présenté sa Loi 101, la plus grande nos lois nationalistes, il y a trente-cinq ans aujourd’hui. Il serait bien déçu de ce que nous sommes devenus.

La religion Option nationale
11 août 2012

S’il y a un seul trait des Québécois qui traverse les âges, c’est celui de notre propension à attendre un sauveur. Peuple abandonné par la France dès la fondation de ses premières villes, puis attaqué par les Anglais, nous guettons l’arrivée du chef. Et quand celui-ci se pointe, on l’idolâtre immédiatement non pas parce que ses idées sont nécessairement bonnes, mais plutôt en sa qualité de réceptacle de notre espoir. Ainsi en est-il de Jean-Martin Aussant et d’Option nationale.

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Il est devenu impossible pour tout nationaliste de critiquer les positions d’Option nationale. Tania Longpré, par exemple, a écrit un texte dénonçant le multiculturalisme du parti. Pendant des jours, elle a été harcelée sur sa page Facebook par des gens lui disant qu’elle n’avait pas compris, qu’Option nationale n’était pas multiculturaliste, que le parti était réellement nationaliste, etc. Bref, un réflexe de défense automatique de la part de croyants alors qu’on attaque leur sauveur.

Pourtant, l’analyse de Tania Longpré est juste. J’en ai moi-même parlé à plusieurs reprises, obtenant le même genre de réaction hostile et disproportionnée. Le message de la part des adeptes d’Option nationale est clair : notre parti est le sauveur et gare à ceux qui osent le critiquer ! Ce qui écope : les faits. Mme. Longpré, moi et d’autres avons simplement souligné des faits : ce parti ne s’engage pas, dans ses actions, à la défense de la langue nationale des Québécois. Il a adopté un multiculturalisme nuisible pour la cohésion sociale et qui encourage le repli sur soi de « communautés » linguistiques ou culturelles.

Ainsi, quand Jean-Martin Aussant fait une vidéo promotionnelle en anglais, quel message lance-t-il aux anglophones vivant ici, sinon qu’ils peuvent continuer à ignorer la langue commune ? Idem quand il fait une vidéo en espagnol. Idem quand il souligne un fête autochtone dans la langue des autochtones. Sur ce point, on peut dire que la position d’Option nationale se rapproche dangereusement de celle du PLQ, qui vient d’établir un gouvernement régional de la Baie James, pavant la voie à une forme de partition du Québec.

La vision des partisans d’Option nationale est viciée dès le départ parce qu’elle est multiculturaliste. Avant d’être des nationalistes, ce sont des partisans de l’idéologie communautariste, où existent des « communautés » devant être défendues et pour lesquelles l’État doit s’adapter. Typique d’une vision anti-nationaliste, ceux-ci conçoivent le Québec non pas comme un tout vivant et inclusif ayant la légitimité d’occuper pleinement son territoire, mais comme un pourvoyeur de services linguistiques ou culturels qu’on adapte pour telle ou telle communauté.

Il serait difficile de faire comprendre aux partisans d’Option nationale que leur parti est encore moins nationaliste que le Parti Québécois (un parti mou s’il en est un). Nous ne sommes plus dans une discussion rationnelle : les partisans ont DÉCIDÉ qu’Option nationale était le sauveur attendu et dans un tel phénomène politico-religieux, les arguments n’ont que peu de poids.

La seule chose que les vrais nationalistes peuvent faire, en attendant, c’est rappeler les faits. Un jour, peut-être, une véritable alternative nationaliste se présentera : un Front national, un mouvement Égalité et Réconciliation, une alternative de lutte contre le capitalisme mondialiste et qui respecte les fondements de la nation québécoise, dont la langue française est un incontournable…

Le vide
22 avril 2012

On dit que la politique a horreur du vide. À toute idée doit finir par correspondre un parti, un mouvement, une action. Je regarde la pluralité des points de vue dans l’élection présidentielle française, et je vois un peuple qui occupe ses espaces vides, qui discute, qui oppose des idées novatrices. Rien à voir avec le Québec.

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Le Québec a la folie du centre. Signe d’un peuple historiquement tissé serré, nous avons peur de nous éloigner du consensus. Le résultat ? Nos partis politiques sont sans saveur, sans couleur, ils représentent tout et leur contraire à la fois.

S’il y a un vide à combler, en ce moment, c’est bien celui de la gauche économique et de la droite des valeurs, pour citer le leitmotiv d’Égalité et Réconciliation. En ce moment, les seuls partis de la gauche économique sont également à genoux devant les minorités et le multiculturalisme. Inversement, les partis de droite sont à genoux devant le patronat et le mondialisme.

Aucune force ne semble être en mesure d’émerger pour embrasser à la fois la cause nationale et celle des travailleurs. L’idée-même de cette union sacrée est au mieux ignorée, au pire ridiculisée. Cette nécessité d’une troisième voie entre un capitalisme sauvage transnational et une gauche économique ayant peur de s’enraciner dans l’identité de chaque peuple est de plus en plus urgente, mais le vide continue, continue, continue.

Avoir peur d’avoir peur

Je crois que cette peur de remplir le vide vient de cette incapacité historique que nous avons de confronter les dogmes qui nous affligent. Nous ne sommes pas capables de relever la tête franchement. Nous avons appris à exister sur la pointe des pieds, confondant notre mollesse à de la modération.

Combien de ces partis ni-oui-ni-non devrons-nous créer avant d’oser combler le vide ?

Prenons un parti marginal comme Option nationale, par exemple. Je connais plusieurs personnes qui fondaient de grands espoirs dans celui-ci. Dès le début, je les ai prévenus : ce parti ne changera rien. Il est composé d’anglomanes, sa plate-forme est floue et il n’assume pas pleinement la lutte nationale. Aujourd’hui, on apprend notamment que le candidat du parti dans Crémazie a déjà publié un texte en faveur d’une hausse (!) de l’immigration.

Le vide n’est pas comblé. Il est encore à être comblé.

Parallèlement, je regarde un mouvement sectaire comme le RRQ. Celui-ci a organisé hier une activité avec un groupe innu intitulé « InnuPower », contre le Plan Nord. Un groupe de soi-disant résistants qui s’allie avec une organisation ne respectant même pas la langue nationale des Québécois, ça commence mal. Mais que dire de l’idéologie derrière tout ceci ? En reconnaissant la présence d’une nation innue au Québec, le RRQ ne participe-t-il pas à la marginalisation de la nation québécoise et à l’éventuelle partition du nord du Québec, une partition déjà bien commencée ?

Le vide n’est pas comblé. Il est encore à être comblé.

On pourrait également parler de Québec Solidaire, qui se rapproche de plus en plus du NPD, et dont le chef a déjà affirmé être contre la Loi 101 au cégep. Un parti de la gauche économique mais qui a complètement embrassé le multiculturalisme et la fragmentation identitaire.

Le vide n’est pas comblé. Il est encore à être comblé.

Je suis en attente. J’attends un mouvement, un parti résolument nationaliste, francophile, au service de la nation québécoise de Sherbrooke à Kuujjuaq, qui ne ferait pas le moindre compromis sur la langue nationale. J’attends un mouvement, un parti résolument de la gauche économique, au service des travailleurs et de leurs organisations syndicales, et qui refuserait tout compromis face au patronat.

J’attends toujours.

Parce que nous avons peur de nous assumer.

Option nationale ou Option provinciale?
9 novembre 2011

Un commentateur, sur la page Facebook d’Option nationale, l’a bien exprimé hier: « Mais c’est la plateforme de Québec Solidaire! ». Il a raison: Option nationale se positionne à peu près dans le même registre idéologique que Québec Solidaire, que ce soit sur la question de la nationalisation des ressources naturelles, de la création de Pharma-Québec, de la gratuité scolaire ou de la valorisation du transport collectif. Pourquoi, alors, voter pour Option nationale si un parti déjà établi propose sensiblement le même programme? « Pour l’indépendance », disent certains. Pourtant, Option nationale, sur la plupart de ses propositions, n’est pas davantage indépendantiste que Québec Solidaire (ou le Parti Québécois).



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Le problème fondamental de la plupart des propositions de Québec Solidaire et d’Option nationale tient au fait que l’indépendance n’est pas un pré-requis. Nous n’avons pas davantage besoin d’être « indépendants » (je mets ce terme entre guillemets car la réelle indépendance constitue davantage que de mettre un « pays sua mappe », comme je l’écrivais ici) pour nationaliser nos ressources, pour instaurer la gratuité scolaire que pour donner un mandat différent à la Caisse de dépôt et placement ou pour œuvrer à notre indépendance énergétique. Ce sont là des mesures qui peuvent être prises par une province, n’importe laquelle. René Lévesque n’a pas attendu l’indépendance pour participer à la nationalisation de l’hydro-électricité au Québec, par exemple.

Quand on vise l’indépendance d’un peuple, c’est pour lui offrir les pouvoirs de faire les choses autrement. En France, on a tué le roi pour instaurer la république. Aux États-Unis, on a déclaré l’indépendance pour ne plus se faire imposer des taxes punitives en or alors qu’on tentait d’établir les bases d’un système monétaire différent. En Iran, on s’est débarrassé du Shah pour bâtir une république islamiste. Dans la plupart des pays africains, on a déclaré l’indépendance pour mettre fin à la mainmise coloniale sur les ressources du pays. Or, le Québec, même dans le giron canadien, jouit de la plupart des pouvoirs lui permettant de gérer son éducation, ses ressources, et de vivre selon ses valeurs (dans une certaine limite). La seule façon de justifier l’indépendance serait donc de la réclamer pour obtenir les pouvoirs qui nous manquent afin de mettre fin à une situation d’injustice.

Me suivez-vous? Le cœur des revendications d’Option nationale concerne des pouvoirs que nous avons déjà. Ressources naturelles, c’est à nous. Éducation, c’est à nous. Santé, c’est à nous. Gestion de notre mode électif, c’est à nous. Outils économiques, c’est en grande partie à nous. Ce sont là des combats importants, mais ce sont des combats provinciaux. L’indépendance n’est pas davantage nécessaire pour établir la gratuité scolaire qu’un jeune adulte devrait avoir à quitter la maison parentale pour avoir son propre lit. L’indépendance constitue un moyen non pas d’obtenir des pouvoirs provinciaux, mais d’obtenir des pouvoirs nationaux permettant une réelle indépendance.

Un chèque en blanc?

Il nous faut revenir à la base. Qu’est-ce que l’indépendance? L’indépendance, pour le peuple québécois, c’est sa capacité à se gérer lui-même, à prendre ses propres décisions et à être entièrement maître de son destin. Une constitution, comme le propose Option nationale, constitue un geste d’indépendance; elle n’est cependant pas l’indépendance, mais seulement un médium permettant d’inscrire dans l’imaginaire les valeurs fondatrices du peuple. La constitution doit servir à parapher les valeurs fondamentales et inaliénables d’un peuple, s’opposant aux valeurs qui précédaient l’indépendance et qui opprimaient le peuple. Par exemple, aux États-Unis, la constitution affirme que seul le Congrès peut créer la monnaie physique et que cette monnaie doit être en argent ou en or. Cette mesure s’opposait à l’utilisation exclusive par la Grande-Bretagne de l’étalon-or et à la mainmise de l’économie américaine par celle-ci. En clair, la constitution américaine permettait une libération, même si on a violé cette garantie un siècle et demi plus tard en créant la Réserve fédérale.

Dans le programme d’Option nationale, il y a peu de choses qui peuvent être inscrites dans une constitution. On parle de constitution, mais on parle du véhicule, pas de ce qu’on y met à l’intérieur. On ne parle pas, entre autres, de la mainmise totale du secteur bancaire sur les nations occidentales et de quelle manière on espérerait se libérer de cette situation (ceux qui doutent de cette mainmise n’ont qu’à ouvrir la télévision et voir de quelle façon on a forcé Papandréou en Grèce et Berlusconi en Italie à démissionner). On ne parle pas de création d’une monnaie québécoise. On ne parle pas de la libération de l’ALÉNA, de l’OMC, du FMI et d’autres accords internationaux qui limitent notre indépendance. On ne définit pas de quelle manière on va offrir des services à nos minorités nationales, anglophone ou allophones (dire qu’on va « davantage » respecter le poids démographique des anglophones n’est pas plus significatif que de dire que le mois de février est « davantage » chaud que le mois de janvier). On ne définit pas la création d’une armée québécoise.

En clair, on demande un chèque en blanc. On propose une litanie de mesures provincialistes n’ayant rien à voir avec l’indépendance et on demande à la population d’embarquer avec l’espérance qu’une possible constitution serait écrite et qu’un possible référendum suivrait. Au lieu d’avoir les deux étapes péquistes nous éloignant de l’indépendance – élection et référendum – on ajoute désormais une troisième occasion pour nos ennemis de réduire notre capacité à devenir indépendants. Qu’est-ce qui nous garantit, dans cette plateforme, de ne pas revivre le sempiternel débat sur les « conditions gagnantes », ou de parler de « discussion nationale » et autres péquisteries menant à un cul-de-sac et nous éloignant de la victoire?

Dans le cas de Québec Solidaire, on peut comprendre que l’indépendance passe au second rang. Ce parti a de solides liens avec le NPD, plusieurs de ses membres sont fédéralistes, et on vise clairement la gauche économique. Dans le cas d’Option nationale, cependant, cette attitude est tout à fait inacceptable. Plutôt que d’unir le peuple derrière l’idée du contrôle total de notre territoire, on le divise avec des question secondes sur l’éducation, la santé, ou l’économie. Des questions importantes d’un point de vue provincial, mais complètement triviales sur le strict plan de l’atteinte de la réelle indépendance pour le peuple québécois. Des questions qui risquent d’éloigner plusieurs citoyens un peu plus à droite au plan économique.

Pour une VRAIE indépendance

Il s’agit d’une tautologie que d’affirmer qu’il faut faire l’indépendance pour la faire. C’est pourtant la réalité: tant qu’on se contentera de parler de pouvoirs provinciaux pendant qu’on regarde la plupart des pays soi-disant indépendants se faire littéralement violer par le cartel bancaire dès qu’ils tentent de relever la tête, on n’arrivera à rien. Le Québec n’est pas encore indépendant. La Grèce ne l’est pas davantage. L’Italie non plus. Ni la France. Ni les États-Unis, dans une certaine mesure.

Ce que propose Aussant, c’est de mieux gérer notre petit pré carré, celui qu’on nous laisse et qui n’indispose pas trop les forces à l’œuvre. Un peu comme Lévesque ou Parizeau allaient rassurer les banquiers de Wall Street dans les années 70, Aussant ne semble pas avoir l’envergure d’un politicien en mesure de mener un combat véritablement indépendantiste, soit celui non par pour créer une illusion d’indépendance, mais une véritable indépendance. Celle, significative, qui renverse l’Histoire.

Tout n’est pas noir dans ce programme. Il y a plusieurs idées intéressantes et je suis certain que de nombreux progressistes y trouveront leur compte, hésitant entre ce parti et celui d’Amir Khadir. Il s’agit pourtant d’un programme provincialiste n’ayant pas ni le courage ni le désir de s’attaquer aux privilèges du monde de la finance (pas de monnaie québécoise, pas d’indépendance québécoise), au sur-financement de la minorité de langue anglaise, à la défense de notre territoire, dans le but de créer non pas un clone du Canada que nous désirons créer, mais une véritable forteresse québécoise en terre d’Amérique, flambeau de la pensée française sur ce continent et lueur d’espoir pour les autres peuples – y compris ceux de pays soi-disant indépendants – à la recherche d’un ordre mondial alternatif plus respectueux de la volonté et des valeurs de chaque peuple.

Option nationale: que du flou!
8 novembre 2011

Option nationale, la nouveau parti de Jean-Martin Aussant, vient de lancer sa plate-forme. Si on y trouve des idées intéressantes, il s’agit également d’un ramassis d’approximations et d’à peu près qui ne sont pas sans nous faire penser aux idées défendues par le Parti Québécois. En parcourant ce document, le lecteur en vient presque à se demander: « Tout ça pour ça? ». Quelques points, en vrac. Les parties qui sont en gras sont de moi.

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2.1 Fera en sorte que l’État québécois soit maître d’œuvre de tout développement de nos ressources naturelles par le biais d’une nationalisation, en collaborant avec le secteur privé pour l’exploration, l’extraction et la distribution. Pour chaque projet qu’il autorisera, c’est le gouvernement du Québec qui décidera de la répartition des revenus et de la structure de propriété – création d’une société d’État, possibilité d’un régime épargne-actions (REA), part des firmes privées, etc. En toute circonstance, la majorité des profits dégagés par l’exploitation de nos ressources naturelles reviendra dorénavant à la population du Québec. Cette politique s’appliquera particulièrement aux secteurs minier, forestier et des hydrocarbures.

J’aimerais qu’on m’explique de quelle manière on peut nationaliser en « collaborant » avec le secteur privé. Le privé n’a pas le moindre intérêt à « collaborer »; le privé est là pour faire de l’argent. Il s’agit ici d’une manière élégante pour Aussant de ménager la chèvre et le chou. On va nationaliser… oui, mais avec le privé. C’est un peu comme si on disait: on va gérer l’abattoir avec la collaboration des poulets! Ce n’est pas sérieux.

2.17  Favorisera l’établissement  de  sièges  d’organisations  internationales  à Montréal  et Québec.

« Favorisera ». Comment? Va-t-on continuer à dilapider les fonds publics pour donner des crédits d’impôts à des entreprises hyper-rentables? Tout le monde est pour la vertu, mais ce « favorisera » est tout à fait imprécis et flou. Il ouvre la porte à n’importe quoi et à son contraire.

3.4 Reverra graduellement le financement des réseaux d’éducation francophone et anglophone afin qu’il corresponde davantage au poids démographique respectif de chaque groupe. Le financement des établissements privés sera également revu afin de renforcer le principe d’un réseau d’éducation universel, public et laïc au Québec.

Tous mes lecteurs savent que la fin du sur-financement des universités de langue anglaise constitue une de mes plus grandes priorités. Hors, est-ce que Aussant propose ici de faire équivaloir le financement au poids démographique de la minorité de langue anglaise? Pas du tout! Il propose de le faire correspondre « davantage ». En clair, en ce moment les universités de langue anglaise reçoivent 29,3% du financement (pour une minorité anglophone historique de 5,6%), et si on ramenait ce financement à 28% on aurait respecté la promesse de le faire « davantage » correspondre. De la même manière, si je proposais d’en faire davantage pour l’itinérance, j’aurais respecté ma promesse en remettant une cenne noir au premier itinérant croisé. Ce n’est pas sérieux. Ou bien on fait correspondre le financement au poids démographique ou on ne le fait pas! Aussant démontre que lui, tout comme le PQ, n’a pas l’intention de s’attaquer aux privilèges de la minorité de langue anglaise.

En fait, à propos de la langue, Option nationale n’a pas repris une seule des revendications du Mouvement Québec français. On voit bien que ce n’est pas une réelle priorité pour Aussant et qu’il n’a pas l’intention de travailler en équipe avec les organisations en place.

3.6  Renforcera l’enseignement  de  l’histoire  nationale  et  politique  du  Québec  au  niveau secondaire et instaurera un cours obligatoire d’histoire au collégial.

Encore une fois, « renforcera » est un mot flou qui n’indique pas les réelles intentions. Va-t-on donner deux cours de plus? Si oui, quels autres cours coupera-t-on? Sinon, va-t-on augmenter les heures de classe? Qui va payer pour ça? Combien ça coûtera? Amateurisme.

3.8 Préparera davantage les étudiants du secondaire à la vie sociale et économique par une meilleure introduction au fonctionnement du système de justice, des organismes de l’État et du monde politique, des institutions économiques – incluant les coopératives et mutuelles – et par une initiation à toutes les formes d’entrepreneuriat et d’engagement à la vie en société.

« Davantage ». Encore.

6.2  Reverra le mode de scrutin afin d’y insérer une composante de proportionnalité.

Une « composante ». Quelle composante? Quel niveau de proportionnalité? Va-t-on sacrifier le poids des électeurs de Gaspé, de Baie-Comeau ou de Val d’Or, pour augmenter celui de la région métropolitaine, beaucoup plus nombreuse? On ne le dit pas.

6.5  Restreindra l’accès des lobbys aux instances gouvernementales.

Comment?

* * *

Dans un document de quelques pages, on utilise sept fois le mot « davantage ». C’est tout à fait flou et imprécis.

Pire: on ne parle pas du tout d’économie. On propose la gratuité scolaire, « davantage » de cours d’histoire, une commission d’enquête, une électrification des transports collectifs, l’Internet haute-vitesse pour tous, un fonds d’indemnisation universel de l’AMF, l’instruction obligatoire jusqu’à 18 ans, un deuxième cours de langue au secondaire, une formation de perfectionnement pour les travailleurs, un cours d’éducation physique à tous les jours à l’école (le lecteur attentif notera que ça commence à faire beaucoup de cours supplémentaires pour les mêmes élèves), une augmentation des budgets alloués à l’éducation, un accès de tous les Québécois à un médecin de famille, un budget pour la protection des langues autochtones, des incitatifs fiscaux pour développer « l’offre culturelle québécoise » (sic), des budgets pour inciter les jeunes à la culture, le financement public des partis politiques, un rehaussement des seuils de l’assurance-juridique; comment va-t-on se payer cela? Ce ne sont pas de mauvaises idées. Mais la question qui tue: on prend l’argent où? Est-ce qu’on l’imprime? Est-ce qu’on vole une banque? On se paie ça comment?

Je ne dis pas que ces mesures soient impossibles à se payer. En fait, je crois qu’on pourrait le faire. Mais ça impliquerait de hausser les impôts des mieux nantis (on n’en parle pas), des entreprises (on n’en parle pas), de sortir de l’ALÉNA (pour éviter que les entreprises fuient nos impôts en délocalisant vers le Mexique), de défier l’OMC et le FMI, etc.

Bref, Jean-Martin Aussant se promène en hélicoptère et il lance de l’argent par la porte ouverte.

Ce n’est pas crédible.

En fait, et malgré plusieurs idées intéressantes dans ce programme, on a l’impression qu’il a été écrit sur un coin de table par des cégépiens. Beaucoup de rêves, mais pas de concret. Beaucoup de dépenses, peu de revenus. Beaucoup de promesses floues, peu d’engagements fermes.

Il serait temps de sonner la fin de la récréation et de renvoyer les « gros cerveaux » qui ont écrit ce document (selon les propos d’Aussant sur sa page Facebook) à leur table à dessin et de réécrire une plate-forme crédible non pas basée sur du pelletage d’argent et des approximations, mais sur du concret.

Sinon, autant tout remballer et retourner au Parti Québécois qui lui, à tout le moins, a développé une expertise dans le flou et l’approximatif.


AJOUT: Si vous voulez rire un peu regardez cette image, extraite de la page Facebook d’Option nationale. Un anglophone intervient sur la page, et toute une litanie de colonisés se dépêchent de lui répondre dans sa langue, lui permettant de continuer à vivre replié sur lui-même sans jamais avoir à apprendre le français. Et ce sont ces gens qui appuient Option nationale. Des gens sans colonne, à l’image de ce parti.

Option Nationale: ça commence très mal
2 octobre 2011

Il y a de ces espoirs qui ne peuvent qu’être déçus. Comment pouvait-on espérer, par exemple, qu’un député péquiste peu connu à l’extérieur des cercles de l’orthodoxie du parti, se révélerait le sauveur tant attendu pour relancer le projet indépendantiste? Jean-Martin Aussant, avec la création d’Option Nationale, a fait couler beaucoup d’encre au sein du mouvement. Malheureusement, son alliance avec Philippe Leclerc, un ennemi du Québec français et un multiculturaliste assumé, est en train de tuer dans l’œuf tout projet de parti se distinguant réellement du Parti Québécois et faire de son parti un simple copier-coller du parti que Marois est en train de saborder.

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Aussant parle de Philippe Leclerc comme étant un atout majeur pour « son » parti à naître (notons qu’Option Nationale n’est PAS une initiative populaire; c’est le joujou personnel de M. Aussant). Qu’est-ce que cela nous dit à propos d’Option Nationale? Que ce parti n’a pas l’ambition de protéger notre langue en danger ou de réaliser une indépendance significative nous permettant de nous libérer du multiculturalisme à la canadienne.

Comme je l’ai expliqué dans un billet précédent, Philippe Leclerc est un ennemi du français en tant que langue commune au Québec. À ses yeux, le français ne constitue pas le ciment unificateur de notre nation et il n’a pas le moindre problème à considérer des gens habitant ici depuis des décennies et refusant obstinément d’apprendre notre langue comme étant des « compatriotes ». Pire, il considère comme étant une honte le fait de considérer qu’un Québécois devrait être en mesure de parler la langue officielle du Québec. Il adhère aussi entièrement au culte du multiculturalisme à la canadienne, ce qui lui a été reproché avec force par plusieurs commentateurs.

Aurait-il changé? Aurait-il enfin vu la lumière? Pas du tout.

Dans une lettre publiée dans Le Soleil, il continue de faire l’apologie de la « diversité » de Montréal (lire: son anglicisation) et il recommande qu’on s’adresse aux immigrants non pas en tant que Québécois en devenir, mais en tant que Néo-Québécois, favorisant de ce fait même leur exclusion.

Semblant englué dans la vieille mentalité péquiste post-1995 ayant mené aux catastrophes linguistique et identitaire actuelles, il désire qu’on mette l’accent sur le fait de « convaincre » des immigrants de voter pour une cause qui, génétiquement, leur est tout à fait étrangère. Il préfère tenter de convaincre des gens qui ont tout pour être contre nous (les immigrants qui viennent ici rêvent surtout de stabilité et pour beaucoup d’américanité) plutôt que de faire le pont avec ceux des nôtres qui auraient tout pour être avec nous. Il perpétue la grande tromperie issue de cette croyance naïve et mensongère que le nationalisme serait quelque chose de mal s’il ne s’édulcorait pas lui-même à ce point qu’il ne signifierait plus qu’un mot dénué de sens qu’on agite mollement pour ne pas faire peur.

Philippe Leclerc représente ce qui ne fonctionne pas actuellement au sein du mouvement indépendantiste. Une foule d’apparatchiks péquistes ont grandi à l’école de la honte, celle où, soufflant le chaud comme le froid, on leur a appris la fierté d’être Québécois du bout des lèvres, en autant que cela ne dérange pas trop les autres, en autant qu’on fasse le dos rond devant autrui et qu’on oublie ce que nous sommes quand on parle à un Immigrant (« I » majuscule) ou à un Anglophone (« A » majuscule). Ce nationalisme mollasson où on peut clamer le pays (s’il est « inclusif », autre connerie du laboratoire péquiste de destruction de notre nationalisme), parler de la protection de la langue française (sans s’attaquer à l’anglais), parler d’intégration des immigrants (sans jamais leur demander le moindre effort), parler de modernité (en reniant nos valeurs) ou parler d’indépendance (sans jamais écrire de constitution ou faire de gestes de rupture). Philippe Leclerc constitue le pinacle, l’achèvement le plus parfait de cette génération de petits faiseux ayant décidé de se mettre un veston-cravate et qui se pensent nuancés parce qu’ils sont mous.

Non, la venue de Philippe Leclerc dans le projet de M. Aussant ne constitue pas un atout majeur pour le peuple québécois. Il s’agit simplement de la venue, dans ses rangs, d’un individu refusant de reconnaître que l’indépendance doit être autre chose qu’un projet désincarné et étant incapable s’engager à respecter le caractère français de notre nation. Il ne s’agit pas d’un atout, mais d’un poids, celui d’un passé péquiste dont nous cherchons à nous libérer et qui doit laisser la place à la ferme action en faveur du peuple québécois, un peuple résolument francophone qui intègre les immigrants en autant que ceux-ci adhèrent à ses valeurs de base.

S’il y avait davantage de Philippe Leclerc dans cette société, nous n’aurions plus à défendre le français.

Il serait déjà disparu.

La prostitution de notre projet pour faire plaisir à une minorité, on n’appelle pas cela un projet de société.

Il reste à souhaiter que Jean-Martin Aussant se ressaisisse et qu’il se débarrasse de cet anglomane multiculturaliste aux idées plus proches de celles d’un Trudeau que de celles d’un Bourgault.

Nous avons déjà assez d’ennemis qui veulent affaiblir notre nation et notre langue.

Pas besoin d’en engager un en plus.