Le doute
30 mai 2007

Le scandale d’Option Canada n’est pas un pétard mouillé, n’en déplaise à Jean Charest. De l’argent a été dépensé illégalement par le camp québécois du NON et nous avons maintenant la preuve que près de 10% du budget de cette option a été obtenu de manière illégale. Si le référendum avait clairement été gagné par le NON, il y aurait peu à écrire à ce sujet, sinon dans l’optique de préparer la prochaine consultation populaire.

Cependant, puisque l’écart a été si serré, si infime – à peine un demi pour cent – il devient difficile d’évaluer le poids qu’a eu l’argent illégal et de savoir si le résultat aurait été différent si le camp du NON avait respecté les règles du jeu. Combien d’affiches a-t-on pu se payer avec cet argent? Combien de réunions? Combien de publicités? Convaincre ou ne pas convaincre seulement 30 000 personnes aurait changé le résultat du tout au tout.

Et c’est là la principale conséquence de ce rapport sur Option Canada: il devient désormais possible pour les souverainistes de remettre en cause le résultat du référendum de 1995. Puisque les règles du jeu n’ont pas été respectées par le camp du NON et que le résultat a été aussi serré, le doute s’installe. Mais il y a pire encore.

Car ce qui est le plus important dans ce rapport, finalement, ce qui compte réellement, c’est ce qu’il ne dit pas. Il y a une impossibilité totale de savoir d’où provenait l’argent du camp du NON canadien qui a servi notamment à financer le fameux love-in quelques jours avant le vote. Puisqu’on ne peut retracer la source de cet argent, celui-ci doit donc être considéré comme illégal jusqu’à preuve du contraire. Combien est-ce que ça a coûté faire venir par avions, par trains, par autobus ces centaines de milliers de personnes? Et qu’aurait pu faire le camp du OUI avec de telles ressources?

En conséquence, désormais il n’est plus possible de considérer le résultat du référendum de 1995 comme étant valable.

Et la seule façon pour les fédéralistes de vouloir relégitimer ce scrutin serait de lancer une enquête publique et indépendante fédérale sur le sujet. Mais encore faudrait-il que les fédéralistes aient intérêt à vouloir faire la lumière. Qui sait ce qu’on trouverait en fouillant un peu plus cette histoire?

Parallèlement à cela, le Bloc Québécois vient de marquer de gros points auprès de la population québécoise en prouvant son utilité: c’est le seul parti au Canada qui désire que la lumière soit faite sur ces événements. Reste à espérer qu’il pourra continuer de marteler son message et qu’une enquête publique finisse par se tenir, pour dissiper le doute…