Pour un dépotoir Mordecai-Richler
25 novembre 2010

Une rue Mordecai-Richler, êtes-vous tombés sur votre porte-cheveux? Une rue Claude-Ryan, peut-être, ou même Robert-Bourassa, voilà qui pourrait aller. Des fédéralistes qui insultaient leurs ancêtres en s’opposant à la libération définitive des Québécois, mais qui au moins n’insultaient pas notre intelligence en inventant des sornettes dignes des plus sombres psychoses des pires dictateurs de l’Histoire de l’humanité. Mais Mordecai Richler?

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Mordecai Richler, qui avait écrit dans le magazine états-unien Atlantic Monthly qu’au soir de la victoire du Parti Québécois, les militants indépendantistes avaient entonné un hymne nazi.

Mordecai Richler, qui qualifiait le Québec de société tribale dont l’émancipation dans le monde moderne tient à la magnanimité des anglophones.

Mordecai Richler, qui qualifiait les femmes québécoises élevant des familles nombreuses de truies.

Mordecai Richler, qui affirmait que le but avoué de la rébellion des Patriotes de 1837-38 était d’égorger les Juifs, un mensonge tellement éhonté qu’il serait probablement inutile de rappeler que Louis-Joseph Papineau avait piloté en 1832 une loi qui accordait aux Juifs leurs pleins droits, une première dans tout l’empire britannique.

Mordecai Richler, qui hallucinait sur le risque de disparition des anglophones, un discours qui plairait probablement aux malades mentaux administrant un site comme le ParkAvenueGazette, eux qui demandent la pendaison de Pauline Marois et qui appellent les anglophones à s’armer.

Mordecai Richler, c’était cela: un menteur compulsif souffrant de paranoïa doublé d’un raciste impénitent. Une ordure sur pattes. Imaginez un sac de poubelles avec deux jambes et vous avez l’apport intellectuel de Mordecai Richler au Québec.

Cela ne semble pas déranger le maire de l’arrondissement Côte-des-Neiges, Michael Applebaum, et son conseiller Marvin Rotrand, deux Juifs ayant qualifié une demande de minute de silence pour se recueillir à propos des morts causés par l’attaque israélienne au Liban, en 2006, « d’antisémite ». Ce sont ces deux individus, fiers héritiers de la paranoïa de Richler, qui pilotent le dossier pour qu’on puisse « enfin » célébrer ce grand écrivain (sic)!

Que deux Juifs anglophones demandent la reconnaissance d’un autre Juif anglophone ayant protégé avec toute la malhonnêteté du monde les avantages rhodésiens de la minorité anglophone du Québec, voilà qui ne devrait pas trop nous surprendre. Mais que le directeur-général de la ville de Montréal, Louis Roquet, un Québécois, appuie la consécration de Richler a de quoi nous étonner.

Un grand écrivain?

« Il était un grand écrivain » se défendent ceux qui, comme Roquet, veulent souiller notre ville de la mémoire de ce créateur d’immondices intellectuelles que même la mort n’a pu complètement laver. Or, un grand écrivain, c’est quelqu’un en phase avec son milieu, qui représente une sensibilité propre à un quartier, une ville, une nation. Si les mensonges vicieux de Richler représentaient sa communauté, cela voudrait dire que c’est l’ensemble des anglophones de Montréal qui sont de graves paranoïaques et que le fait que des journaux comme The Gazette manipulent systématiquement l’information en faveur des anglophones ne constitue pas une loi du hasard, mais bel et bien la consécration d’une psychose collective.

Si Mordecai Richler était un grand écrivain, c’est donc qu’il a été reconnu par ses pairs non pas comme le désaxé raciste que nous voyons tous chez lui, mais comme un individu sain d’esprit et donc que les anglophones montréalais se reconnaissaient dans sa saleté intellectuelle. On pourrait même extrapoler et concevoir que les anglophones les plus sains d’esprit ont tout à fait compris, dès 1976, que le Québec deviendrait français et que ceux n’ayant pas quitté la nation ont préféré embarquer dans d’étranges délires de persécution leur permettant de se donner une sorte de rôle messianique dans le divin combat contre les méchants Québécois qui osaient – nom de Dieu de nom de Dieu de nom de Dieu! – exiger de pouvoir vivre dans leur propre langue. Vous voyez le portrait? Braveheart, Mordecai Richler, même combat.

D’autres diraient qu’on célèbre les histoires de l’homme et non ses prises de position politique. Arrêtez-moi ça ici. Terminus de la stupidité, tout le monde descend. Aurait-on idée d’appeler un musée le musée Hitler sous prétexte que le Führer peignait, à l’aquarelle, de pastorales scènes de la vie campagnarde prussienne? On ne juge pas un homme par partie, mais comme un tout. Si on doit imposer le nom d’un homme sur nos pancartes ou nos édifices, c’est en tant qu’homme complet – comprenant sa folie – et non pas pour quelques rares exploits. Sinon, autant récompenser le colonel Williams pour sa gestion de l’armée canadienne et le citer en exemple pour la jeunesse.

Dans les faits, ce que cette consécration demandée expose, ce n’est pas le besoin des Québécois d’honorer Mordecai Richler. Non, les Québécois, s’ils le pouvaient, préféreraient probablement encore renommer un dépotoir en son honneur, comme le montre la page Facebook à cet effet.

Un besoin maladif de symboles

Il s’agit plutôt du désir d’une communauté anglophone tissée serrée, imperméable aux faits les plus primaires, et qui a le besoin viscéral de se doter de symboles, d’objets de fierté – si abject soient-ils – ou de lieux appelant le souvenir de leur passé d’élite anglaise embrassant du regard, du haut de leur montagne, la pauvre populace canadienne-française vivant dans ses taudis. Un désir de mémoire, afin d’enraciner encore plus profondément dans Montréal cette haine d’un Québec empêchant notre État français de véritablement s’épanouir.

Et nous, pendant ce temps, qu’avons-nous à offrir à notre propre mémoire? Une rue Olivar-Asselin, du nom de notre plus grand journaliste, ayant giflé en pleine Assemblée le premier ministre Taschereau, le plus corrompu de son époque: un bout de rue de 200 mètres sur le bord d’une autoroute et menant à une école arménienne. Une rue René-Lévesque, incapable de s’imposer jusque dans Westmount et de remplacer définitivement la Dorchester. Une rue Pierre-Bourgault? Une rue Pierre-Falardeau?

Les anglophones l’ont compris: une communauté qui survit et qui prospère a besoin de racines.

Mais nous, nous préférons tout oublier. Non, pire: nous institutionnalisons notre propre oubli en interdisant l’apprentissage de notre histoire à nos jeunes et nous faisons passer cela pour du progrès.

Mordecai Richler doit rire dans sa tombe.

Et si on déménageait ses restes dans un dépotoir, question de bien enraciner son souvenir et de souligner toute son « importance » pour le peuple québécois?

L’odeur fétide de ses préjugés aurait enfin de la compétition.

Il était une foi
24 janvier 2010

Je regardais les images du cardinal Turcotte, officiant hier une messe en français et en créole pour aider les Haïtiens. Sentiment de malaise, d’anachronisme. Comment se peut-il qu’une Église qui, autrefois pouvait prétendre parler pour tous les Québécois, n’en représente plus qu’une minorité aujourd’hui? Quelles trahisons, quelles manipulations, quel esprit corporatiste ont-ils poussé les Québécois à tourner le dos à cette Église? Puisque c’est le nationalisme québécois qui, avec la Révolution tranquille, a mis fin à la domination du clergé au Québec, ne faudrait-il pas s’attarder à ses causes, son origine?

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Puisque nos cours d’histoire ne nous enseignent pas ces réponses – il ne faudrait tout de même pas trop parler de la naissance de l’idée de nation du Québec dans le cadre d’un cours d’histoire du Québec – je nage toujours dans les eux noires de mon ignorance crasse et je m’émerveille quotidiennement en lisant le chef-d’oeuvre de Hélène Pelletier-Baillargeon, Olivar Asselin et son temps. De loin le livre le mieux écrit, avec le vocabulaire le plus riche et le sources les plus complètes sur les enjeux du tournant du siècle dernier que j’aie pu lire.

Donc, je regardais les nouvelles et je voyais le cardinal Turcotte jouer les faux-modestes devant une foule de convaincus, puis j’allais lire sur cette époque trouble où, face à l’intransigeance de provinces canadiennes ayant décidé d’abolir ou de limiter sévèrement l’enseignement du français dans les écoles du Manitoba (1890), du Nord-Ouest (1892), puis de l’Ontario (1912), est née l’idée que le Québec ne pouvait être que le seul endroit où les Canadiens-français, grâce à leur majorité numérique, seraient à l’abri de ces forces assimilatrices.

Et l’Église, face à ces crises? En 1910, alors que les orangistes ontariens, ces « Prussiens de l’Ontario » selon Henri Bourassa, fourbissaient leurs armes afin d’imiter les provinces de l’ouest dans leur combat pour l’assimilation définitive des francophones, le Congrès eucharistique international de Montréal accueillait des personnalités comme Mgr. Francis Bourne, archevêque de Westminster. Celui-ci a osé affirmé bien haut ce que plusieurs savaient déjà: l’Église catholique, l’institution, ne voulait pas défendre la langue française, mais plutôt assurer la diffusion de la foi dans la langue de la majorité anglaise en Amérique du Nord. Selon Bourne, le Canada était appelé à grandir, à se peupler, mais à parler anglais. À l’image des évêques irlandais cherchant à assimiler les exilés canadien-français dans le nord des États-Unis, la langue constituait un obstacle à la foi.

La réponse de Henri Bourassa, le plus grand tribun de son temps malgré sa pusillanimité politique, était historique, et marquerait le Québec pour les décennies à venir:

« Mais, dira-t-on, vous n’êtes qu’une poignée; vous êtes fatalement destinés à disparaître; pourquoi vous obstiner dans la lutte? Nous ne sommes qu’une poignée, c’est vrai; mais ce n’est pas à l’école du Christ que j’ai appris à compter le droit et les forces morales d’après le nombre et par les richesses. Nous ne sommes qu’une poignée, c’est vrai; mais nous comptons pour ce que nous sommes, et nous avons le droit de vivre. »

Malgré tout, le ver était dans la pomme. L’Église ne pouvait plus se prétendre la grande défenseure des droits linguistiques des Canadiens-français. Face aux actions d’un Olivar Asselin, président de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui lança une vaste campagne d’aide à la résistance franco-ontarienne en 1913, l’Église en appela encore à la docilité de ses ouailles et contribua, de par sa complaisance avec les autorités ontariennes, à désolidariser les Québécois et à empêcher de réunir une somme suffisante pour réellement permettre aux Franco-Ontariens de lutter effectivement contre les lois discriminatoires qui les ostracisaient.

Certes, la foi catholique continua de dominer au Québec pendant encore un demi-siècle, mais les forces nationalistes qui s’étaient pour une première fois éveillées avaient su saisir ce que nous avions à attendre d’une institution davantage intéressée par la diffusion maximale de ses idées que par la protection des valeurs du peuple qui a constitué son avant-garde pendant des siècles en Amérique du Nord.

Ainsi, je regarde le cardinal Turcotte et je vois: je vois une vieille Église qui, si elle s’est construite sur de nobles idéaux, n’a jamais su comprendre l’importance pour un peuple de défendre sa langue et qui a échoué tant à imposer sa foi à une Amérique du Nord anglophone qu’à conserver la confiance de francophones qui se sont sentis trahis, utilisés, et viciés par l’odeur fétide des intérêts institutionnels d’une organisation millénaire incapable de s’arrimer aux enjeux identitaires d’un monde voulant de moins en moins croire pour voir, mais plutôt voir pour croire.

Face à la désaffection des Québécois, l’Église ne peut que se regarder dans le miroir et se blâmer d’avoir réussi à transformer le peuple le plus pieux d’Amérique du Nord en collectivité de consommateurs individualistes célébrant leur culte du consumérisme dans tous les centres d’achats de la petite province, avec ses restants de ce qui fut un jour un grand peuple Canadien-français couvrant la plus grande partie de ce continent. Elle ne peut que faire face à elle-même et constater que la quasi-disparition des Canadiens-français à l’ouest du Québec ne s’est pas traduite par une montée de la foi catholique en Amérique du Nord, mais plutôt par l’exact contraire.

Alors non, Monsieur Turcotte, ne parlez pas pour les Québécois. Parlez en votre nom et au nom de votre institution. Mais laissez les Québécois exprimer leurs sympathies à Haïti autrement que par une Église qui a contribué à faire d’eux la fragile minorité qu’ils représentent aujourd’hui. S’ils croient en Dieu, malgré tout, laissez-les y croire sans le besoin du filtre ostentatoire de vos prétentions.

Le Devoir: 100 ans de mollesse
10 janvier 2010

Véritable festival de la flagornerie ces jours-ci alors qu’on célèbre le centenaire du journal Le Devoir. Le Devoir il est beau, Le Devoir il est grand, Le Devoir il est fin, longue vie au Devoir, merci au Devoir, bravo Le Devoir. Un tel concert d’éloges ne peut que camoufler le profond vide idéologique entourant le quotidien et son extrême pusillanimité face à la moindre prise de position critique. Cent ans après que Henri Bourassa ait viré Olivar Asselin, fondateur de la Ligue Nationaliste, éditeur du très combatif hebdomadaire Le Nationaliste et meilleur journaliste de son époque, pour créer un quotidien plus modéré et servile face au pouvoir en place, Le Devoir constitue toujours le journal d’une élite ramollie portant sa feuille tiède bien en vue comme les femmes de la haute société exposent leur sac à main Louis Vuitton.

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« C’est le seul journal indépendant à Montréal » entend-on parfois dire. Oui, c’est vrai. Mais encore faut-il faire quelque chose de son indépendance. À quoi sert-il au jeune adulte de quitter le domicile familial si c’est pour adopter sensiblement les mêmes règlements, les mêmes valeurs, les mêmes règles que ses parents? L’indépendance doit permettre à des idées, des valeurs, des convictions différentes de s’exprimer; elle doit s’octroyer l’expression d’une pensée différente, d’une idéologie unique ayant ses racines dans le passé et tendant ses branches vers le futur. Et Le Devoir a échoué lamentablement en s’enfermant dans une pseudo-objectivité l’éloignant définitivement de ce qu’il devait défendre à l’origine: les intérêts du peuple québécois. Le journal est devenu élitiste et a transformé la cause nationaliste en lubie d’intellectuels sclérosés longeant les murs des sous-sols de l’UQÀM.

Qu’elle est loin l’époque du journal Le Nationaliste, de Olivar Asselin, créé en 1904 et auquel Bourassa avait cessé de participer parce qu’il ne voulait pas entacher sa réputation en appuyant les idées contestataires du journal!

À l’époque, les étudiants se mettaient à une quinzaine autour d’une seule copie pour lire et discuter des textes d’Asselin. Ce dernier se promenait de procès en diffamation en procès en libelle, se servant de chaque présence au tribunal pour asséner des coups aux élites corrompues. Il a même été en prison pour avoir giflé publiquement Louis-Alexandre Taschereau, futur premier ministre! Jules Fournier, qui le remplaçait alors au Nationaliste, y a été jeté lui aussi pour avoir pris la défense d’Asselin avec beaucoup de passion. Asselin, qui a renoncé à son propre journal pour aider Bourassa à se faire élire au Québec, et ce dernier qui l’a laissé tomber par la suite. C’est ainsi que fut créé Le Devoir. On se rappellera que Bourassa a lui-même quitté son journal en 1932 à cause d’une polémique l’opposant à Lionel Groulx et à d’autres nationalistes qui refusaient les positions de Bourassa en faveur d’un Canada uni et du bilinguisme.

Cent ans plus tard, c’est le même esprit peureux, servile, d’un nationalisme propret et javellisé qui émane des bureaux de la rue Bleury. Face à une Presse qui, à la suite d’une histoire où elle servait d’organe officiel de propagande tantôt du Parti Libéral, tantôt du Parti Conservateur, n’hésite pas à afficher clairement son fédéralisme et son appui au multiculturalisme, Le Devoir se contente de parler d’indépendance du bout des lèvres, d’identité entre les lignes, de défense du français tant qu’on n’importune pas les anglophones en leur imposant la loi 101 au Cégep; Le Devoir est un journal nationaliste en autant que son nationalisme n’implique pas de prise de position nationaliste. On porte le nom comme autant de faux bijoux qu’on expose pour s’offrir un statut social que seule la pratique peut permettre.

Il serait peut-être temps pour Le Devoir d’entrer dans le nouveau siècle. Le nationalisme, après des décennies où il a contribué à l’émancipation des Québécois et où même les plus fédéralistes d’entre nous l’appuyait (Claude Ryan a déjà été directeur du journal), est redevenu une position contestataire. Quand Henri Bourassa a créé son journal, l’ennemi était canadien; aujourd’hui, il faut réinventer le discours nationaliste pour le rendre plus combatif et en synchrone avec une nouvelle réalité qui demande de trouver des moyens d’assurer la pérennité des valeurs et de l’identité du peuple québécois dans un contexte de mondialisation où même des États souverains ont de la difficulté à protéger leur identité. Le nationalisme doit de nouveau en être un de combat, acide, ironique, caustique, permettant de trouver des façons d’assurer la diversité humaine en protégeant les cultures minoritaires comme celle du Québec.

Il y a de la place pour un journal indépendant d’idées à Montréal. Ces idées doivent cependant être porteuses d’un discours cohérent et d’une idéologie redonnant pleinement le rôle de quatrième pouvoir au journalisme et ne le cantonnant pas dans celui de petit caniche se tenant lui-même en laisse et ne faisant peur à personne. Si vraiment Le Devoir est attaché à son passé nationaliste, il serait temps pour lui de reprendre l’initiative et de ne pas avoir peur d’affirmer des positions osées, nécessaires, que ce soit sur l’immigration, la langue française ou le multiculturalisme en général.

Dans un contexte de mutation profonde du monde journalistique où le format papier est appelé à disparaître, ce ne sont plus ceux qui disposent des moyens de production, pour paraphraser Marx, qui sont appelés à dominer le monde des idées, mais plutôt ceux qui ont, effectivement, des idées. Les blogues ne sont que la pointe de l’iceberg d’un phénomène condamnant les journaux ayant peur de prendre position et refusant leur rôle de chien-de-garde des intérêts des gens à une disparition aussi inévitable que le moteur à essence a remplacé les chevaux.

Si Le Devoir espère un jour célébrer son bicentenaire, il ferait bien de laisser tomber sa prétendue objectivité pour embrasser de nouveau un nationalisme de combat faisant du Québec le fer de lance de l’affirmation identitaire de tous les peuples de la Terre pour la survie de la diversité humaine.