Géorgie: guerre par procuration
13 août 2008

L’Ossétie du Sud est une région autonome qui fut créée en 1922 par l’URSS. Lors de l’indépendance de la Géorgie, en 1991, ces derniers ont supprimé l’autonomie accordée aux Ossètes et n’ont eu de cesse depuis de chercher à réintégrer cette région dans son giron.

Par la suite, l’Ossétie du Sud a déclaré son indépendance et a organisé deux référendums (tous deux gagnés) démontrant l’appui de la population à sa cause. Car, il faut le dire, l’Ossétie du Sud a beaucoup plus en commun avec la Russie et l’Ossétie du Nord (partie intégrante de la Russie) qu’avec la Géorgie. Néanmoins, et contrairement au cas du Kosovo, les États-Unis et l’Union Européenne rejettent toujours cette indépendance.

Ainsi s’est instauré ce qu’on a appelé un « conflit gelé », malgré que, comme le note cette blogueuse, les nombreux morts chaque année peuvent difficilement faire oublier que sous le volcan la lave se presse, prête à surgir avec force.

Mais que s’est-il soudainement passé, lors du premier jour des Jeux Olympiques?

Profitant de l’attention sur la Chine, la Géorgie, nouvelle alliée des États-Unis depuis une Révolution des Roses largement organisée depuis Washington via des organisation de droite comme la NED, a reçu le feu vert de Washington pour reprendre le contrà´le de la République autonome, brisant ainsi le statu quo en vigueur depuis des années.

La réaction de la Russie fut donc tout ce qu’il y a de plus normale; face à l’agression de la Géorgie (avec l’appui des États-Unis) sur son alliée, elle a simplement tenté de rétablir l’équilibre des forces. Malgré les discours de Bush et les belles images d’unité de ces pays autrefois sous le giron russe mais qui aujourd’hui couchent avec Washington, dans ce conflit c’est la Géorgie qui est l’agresseur, pas la Russie.

Et si vous vous demandez pourquoi tout ce branle-bas de combat dans cette région, cliquez simplement sur l’image en haut de ce billet et observez à qui appartiennent les oléoducs qui passent en Géorgie.

Car c’est dans un contexte de fin de partiele pic pétrolier pousse les pays à se faire la lutte, par procuration, pour les dernières réserves de pétrole disponibles, essayant de faire face à la crise imminente, que se produisent ces événements.

Pas surprenant, dans ce contexte, que l’Union Européenne et les États-Unis refusent d’accepter l’indépendance des Ossètes et encouragent la Géorgie dans ses actions guerrières!

USA-Chine: mieux comprendre
2 mai 2008

L’aut’journal vient de publier un nouveau texte de Chossudovsky qui explique à merveille les enjeux stratégiques du conflit larvé entre la Chine et les États-Unis.

Quelques extraits:

La Chine n’est pas un modèle des droits de l’homme, mais pas plus que les États-Unis et son indéfectible allié britannique, coupables de crimes de guerre et de violations considérables contre les droits de la personne en Irak et dans le monde entier.

[…]

Dans le contexte de ses plans de guerre contre l’Iran, les États-Unis ont aussi l’intention d’affaiblir les alliés de ce pays, à savoir la Russie et la Chine. Dans le cas de la Chine, Washington cherche à bouleverser les liens bilatéraux entre Beijing et Téhéran, de même que le rapprochement de l’Iran avec la SCO, dont le siège se trouve à Beijing.

[…]

La Chine est encerclée. L’armée étatsunienne est présente dans le Sud de la Mer de Chine et dans le Détroit de Taïwan, dans la Péninsule coréenne et en Mer du Japon, ainsi qu’au cœur de l’Asie Centrale et sur la frontière ouest du Xinjiang, la région autonome Ouïgour de Chine. En outre, dans le cadre de l’encerclement de la Chine, « le Japon s’est peu à peu amalgamé en harmonisant sa politique militaire avec celle des États-Unis et de l’OTAN. »

[…]

Les événement de Lhassa à la mi-mars ne sont pas un mouvement protestataire « pacifique » spontané, comme l’ont décrit les médias occidentaux. Ces émeutes, impliquant une bande de gangsters, ont été préméditées. Elles ont été soigneusement organisées. En Inde, des activistes tibétains associées au gouvernement du Dalaï Lama en exil ont laissé entendre qu’ils s’attendaient en effet à les troubles. Mais ils refusent de préciser comment ils le savaient ni qui étaient leurs collaborateurs. »

[…]

La torche olympique a été allumée lors d’une cérémonie en Grèce, qui a été perturbée par « des militants pro-Tibet. » L’événement était parrainé par « Reporters sans Frontières, » une organisation dont les liens avec les services de renseignement étatsunien sont bien connus. La flamme olympique est un symbole. L’opération psychologique (PsyOp) consiste à prendre pour cible la flamme olympique dans les mois précédants les jeux olympiques de Beijing.

(Lire à ce sujet).

Un texte très intéressant et important à lire pour quiconque veut mieux comprendre le conflit larvé entre la Chine et les États-Unis.

RSF financé par Taiwan!
11 avril 2008

Comme je l’écrivais dans Les USA derrière la campagne anti-chinoise? et dans Désinformateurs sans frontières, l’organisation Reporters sans frontières sert de paravent à diverses opérations de déstabilisation de la CIA et de la NED (National Endowment for Democracy), une organisation créée par Ronald Reagan pour « poursuivre les actions secrètes de la CIA en soutenant financièrement et en encadrant des syndicats, des associations et des partis politiques. » (Wikipedia).

Ce qui est nouveau, par contre, c’est que Reporters sans frontières se fait désormais financer par Taiwan dans sa campagne anti-chinoise! Via la Taiwan Foundation for Democracy, une émule de la NED créée (avec son aide) en 2002 par le ministre des affaires extérieures de l’île aux politiques pro-américaines, 100 000$ ont été remis à Robert Ménard, dirigeant peu crédible de RSF ayant déjà tenté de manipuler des informations pour plaire à ses créanciers par le passé.

La question se pose désormais: on a beau ne pas aimer la répression chinoise au Tibet, mais comment être certains que nous ne sommes pas nous-mêmes manipulés à croire que le mouvement apparemment spontané d’opposition au passage de la flamme olympique n’est pas plutôt organisé et financé soit par Washington, soit par des régimes et des organisations fantoches à sa solde?

Car ne l’oublions pas, dans un contexte de fin de partie (ou de fin de party oserait-on dire), le seul et véritable ennemi des États-Unis, le seul pays capable de déstabiliser le géant américain, c’est la Chine. Tous les moyens sont bons pour discréditer Pékin et tenter de nuire à son économie, y compris la manipulation et le mensonge.

Désinformateurs sans frontières
6 août 2007

Reporters sans Frontières ou la désinformation sans frontières...Tous les principaux médias québécois ont rapporté, aujourd’hui, cette conférence de presse de Reporters sans frontières (RSF), qui dénonçait Pékin pour ses « violations des droits de l’homme », un an avant le début des Olympiques de 2008. Coup d’éclat médiatique en faveur de la liberté d’expression ou campagne de subversion contre la Chine? En la matière, RSF ressemble de plus en plus à outil de propagande au service des États-Unis.

Puisque le passé est souvent garant du futur, regardons deux exemples: Cuba et le Vénézuela.

Dans le premier cas, l’ex-agent secret cubain et reporter de RSF Nestor Baguer a rapporté avoir rencontré Robert Ménard, secrétaire-général de l’organisation, en septembre 1998. À cette occasion, Ménard lui a offert de l’argent et un portable pour l’inciter à devenir « collaborateur ». Mais par la suite, les relations entre les deux se sont envenimées, comme le rapportait Baguer:

« Il était en colère contre moi et ils ont nommé un autre représentant. Il disait que je n’étais pas assez agressif. Il me donnait l’exemple d’autres personnes qui envoyaient des informations, qui disaient qu’il y avait des grèves de la faim et ce n’était pas vrai. Une fois où il a été question d’une telle grève, je me suis personnellement rendu sur les lieux dans le quartier de Santo Suarez. Je suis entré à une heure où l’on ne m’attendait pas. Et j’ai trouvé ces gens-là en train de faire chauffer une soupe au poulet. Tout était faux. »

Non seulement RSF a été une fabrique à désinformation (littéralement, qui organise de l’information frauduleuse pour induire les gens en erreur), mais les méthodes de Ménard ressemblent à s’y méprendre à celles des agents de la CIA…

Au Vénézuela, c’est la même désinformation. Le 12 avril 2002, pendant le coup d’État (avorté) financé par la CIA, contre Hugo Chavez, RSF s’adressait « aux nouvelles autorités » (leur donnant ainsi une crédibilité) et affirmait que Chavez avait démissionné, ce qui était évidemment faux.

Mais dès qu’il est question de la liberté de presse dans les pays « développés », c’est le silence radio. Après tout, on ne mord pas la main qui nous nourrit. Maxime Vivas l’explique bien:

« Quant à la liste fournie par RSF sur ses interventions dans dix pays riches, c’est de la poudre aux yeux, le minimum syndical. Aucun ne figure d’ailleurs aujourd’hui en première page de son site, lequel épingle huit pays pauvres. RSF « proteste » parfois contre les puissants, mais sans aucune action spectaculairement affichée et suivie et surtout pas contre le pays qui a tué le plus de journalistes dans le monde ces dernières années : les USA. »

Et quelle est cette main qui nourrit RSF? Notamment la CIA, le NED (National Endowment for Democracy), un outil de subversion étatsunien, l’IRI (International Republican Institute), qui est reliée à l’administration Bush et est un satellite du NED…

Ainsi, c’est ce NED qui a offert 20 millions $, en janvier 2005, à l’opposition vénézuelienne, dont 40 000$ à RSF, sans doute pour l’inciter à poursuivre « le bon travail »…

Alors quand Reporters sans Frontières annonce une conférence de presse pour dénoncer quoi que ce soit, quand bien même ce serait la réincarnation d’Hitler incarné dans le corps de Staline avec la dentition de Dracula, je prends toujours ça avec un gros grain de sel!