Le Québec doit aider les Franco-Ontariens
10 février 2011

« Il y a deux langues officielles au Canada: l’anglais. Il y a une seule langue officielle au Québec: le français et l’anglais. » Cette boutade, glanée je-ne-sais-plus où, représente bien la situation dans la région de Sudbury, en Ontario, où la minorité francophone se bat à la fois pour s’assurer des services en français dans son hôpital et pour empêcher des coupures dans les cours en français offerts par l’Université Laurentienne. Malheureusement, aujourd’hui comme hier, les droits collectifs des minorités ne s’appliquent qu’à la minorité anglophone du Québec. Tant pis pour ceux qui sont assez naïfs pour croire que la survie du français a une quelconque importance aux yeux des autorités canadiennes.

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Ainsi, alors que l’hôpital de Sudbury qualifie simplement le bilinguisme « d’atout » lorsqu’il est question d’embauche des employés – même si la population francophone du Grand Sudbury atteint près de 28% – le Québec assure, depuis que la loi 142 a été adoptée dans les années 1980, des services en anglais garantis dans tous ses hôpitaux de la région montréalaise alors que la minorité de langue maternelle anglaise n’y atteint que 13%. (( Source: Statistique Canada, 2006 )) La minorité francophone de Sudbury est deux fois plus importante que la minorité anglophone de Montréal, mais on considère que de lui offrir des services dans sa langue est au mieux un « atout ». À Montréal, pendant ce temps, on construit un méga-hôpital de 2,225 milliards de dollars pour notre minorité anglophone et on a de la difficulté à se faire servir en français dans nos propres hôpitaux francophones. Vous y comprenez quelque chose?

De la même manière, l’Université Laurentienne se targue d’être bilingue et contribue à donner l’impression que l’Ontario offre des services universitaires de qualité à sa minorité francophone. Dans les faits, moins de 17% des cours y sont donnés en français. Les coupures budgétaires prévues par l’administration, dans un contexte de marchandisation croissante de l’éducation, conséquence de politiques économiques de droite poussant les universités à opérer de plus en plus comme des entreprises privées, réduiront encore davantage ce pourcentage, contribuant à faire de l’université le miroir de la fédération canadienne, c’est-à-dire aussi bilingue que l’impose la nécessité d’assurer la disparition rapide et définitive de sa minorité francophone. Les étudiants auront beau faire de gigantesques tintamarres dans la plus pure tradition canadienne-française, c’est d’un miracle qu’ils auraient besoin pour assurer le futur de leur langue dans un contexte où l’assimilation des leurs atteint près de 40% et où leur communauté risque de ressembler de plus en plus à de la viande morte sur le comptoir du boucher de l’Histoire.

Pourquoi pas de l’aide du Québec?

Le Québec peut aider. Le Québec DOIT aider. Dans les années soixante, le gouvernement québécois avait tenté de se servir du pouvoir de l’État pour fournir une assistance à nos frères canadiens-français à l’aide d’un organisme appelé le Service du Canada français outre-frontières (SCFOF). De 1961 à 1975, et malgré un budget limité, le SCFOF finança des organismes et des activités dans le reste du Canada et aux États-Unis. Les francophones du Québec ayant finalement réussi à agir en majorité au sein de leur province, ils ont tenté d’utiliser l’État pour faire rayonner notre culture sur tout un continent.

Malheureusement, l’expérience fut un échec pour plusieurs raisons. Les principales étaient que les Canadiens-français n’étaient pas prêts à laisser tomber leur crainte de l’État et leurs structures nationales archaïques, qu’ils ne pouvaient accepter que le Québec formait une nation séparée semblant tout aussi préoccupée de leur sort que du rayonnement de sa nouvelle culture typiquement québécoise, et le Québec, lui, était empêtré dans ses propres politiques linguistiques à définir au sein de son propre territoire et ses politiciens ne voyaient pas de gains politiques à obtenir en dépensant de l’argent dans des provinces où il n’y avait pas d’électeurs québécois.

Or, aujourd’hui, les temps ont changé. L’État s’est substitué aux vieilles formes de solidarité et de charité chrétiennes, le statut unique du Québec a été accepté, celui-ci est plus mature et la politique, malgré les scandales des dernières années, est beaucoup plus propre et en mesure de dissocier le financement public du vote de l’électeur.

Le fruit est mûr: un gouvernement nationaliste au Québec devrait entendre l’appel des Franco-Ontariens et contribuer au financement de leurs institutions, non seulement par un quelconque sentiment de devoir à l’égard de ceux qui, outre leur territorialité différente, font encore partie, d’une certaine manière, du même peuple que nous, mais également par intérêt propre: le Québec ne peut se passer d’une zone-tampon entre son caractère français et une Amérique du Nord largement anglophone.

En contribuant à financer les institutions des francophones d’Ontario, le Québec n’inventerait rien de nouveau. Le Danemark finance déjà les institutions de la minorité danoise de la province du Schleswig-Holstein, dans le nord de l’Allemagne.

Ce type de solidarité permettrait, outre de rebâtir des liens détruits par la territorialité, d’élargir le champ d’influence de la nation québécoise et de transformer les Franco-Ontariens d’une minorité formant à peine 3-4% de la population de leur province, en une minorité beaucoup plus puissante, représentant, avec l’aide du Québec, plus de 20% de l’ensemble du Canada. Bref, il s’agirait de faire ce que fait déjà le fédéral chez nous, lui qui finance beaucoup plus que nécessaire une minorité anglophone et contribue ainsi à lui donner l’impression qu’elle fait partie d’une majorité canadienne plutôt que de l’aider à accepter son statut de minorité québécoise.

Les indépendantistes québécois, ou ceux qui s’en réclament, sont restés depuis beaucoup trop longtemps perdus dans des objectifs stratégiques à la petite semaine, sacrifiant leurs idéaux un à un en espérant qu’un Grand Soir hypothétique arrive et règle tous les problèmes d’un coup de baguette magique.

On a oublié le principal: l’indépendance ne constitue pas une fin, mais un moyen. Le moyen d’assurer la survie du français en Amérique, car c’est bien là l’essence de notre combat.

Les péquistes, plutôt que de faire grand cas, dans leur proposition principale, de la protection des institutions de la minorité anglophone – la minorité nationale la plus choyée au monde – et de l’intensification de l’apprentissage de l’anglais, auraient grand intérêt à concevoir le Québec non plus comme un territoire qu’on administre à genoux devant les diktats d’Ottawa en attendant un OUI ou un NON, mais comme le flambeau de la francité en Amérique du Nord, l’outil de choix permettant d’assurer le futur du français non seulement sur son territoire, mais illuminant les noirceurs de l’abîme assimilateur canadien et offrant un modèle de fierté permettant peut-être, enfin, d’obtenir une indépendance significative pour la population.

Les Franco-Ontariens n’attendent pas de se faire poser une question référendaire pour bouger.

Et nous?

Le retour des angryphones
3 février 2011

Parallèlement à la montée de la droite économique, qui espère accélérer le virage que l’État québécois a pris au début des années 80 – puis accéléré sous les règnes de Lucien Bouchard et Jean Charest – se dessine un nouveau phénomène: le retour des angryphones (anglophones en colère). Après la mort de Mordecai Richler, le départ d’Howard Galganov pour l’Ontario et la dissolution d’Alliance Quebec, une nouvelle génération d’anglophones hostiles au caractère français du Québec prend du galon et tient, possiblement sans le savoir, le même discours que celui de ses parents et grands-parents. Le problème, c’est que ces idées individualistes trouvent un nouvel écho au sein d’une frange de la population de plus en plus hostile aux bienfaits d’une forte présence étatique.

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On peut les lire un peu partout: sur des sites web, sur des blogues, sur Facebook, dans la section commentaires des médias; ils sont souvent jeunes, ils viennent parfois d’en-dehors du Québec et ont en commun d’avoir choisi d’embrasser la culture anglophone dominante de l’Amérique, au mépris de nos tentatives répétées de favoriser l’intégration à la langue nationale du Québec.

À leurs yeux, la Loi 101 constitue une forme de discrimination car elle les empêche d’avoir la liberté individuelle de barbouiller d’anglais tout ce qu’ils touchent. Ils aimeraient, à l’image des générations anglaises d’avant la Révolution tranquille, pouvoir continuer à surfer au-dessus du fait français québécois. Hugh MacLennan, le romancier à l’origine du qualificatif des « Deux Solitudes », expliquait bien cet état de fait qui existait dans la première partie du vingtième siècle:

Les élèves ne se préoccupaient guère de problèmes nationaux; en fait, ils ne savaient pas qu’il en existait. Ils n’étaient chez eux que dans la partie anglaise de Montréal; par suite de ce que tout le monde leur disait, leur patrie n’était pas le Canada mais l’Empire britannique. ((MACLENNAN, H. (1945). Two Solitudes [Deux Solitudes], New York, Duell, Sloan and Pearce, p. 205. ))

Cette réalité décrite par MacLennan fait saliver aujourd’hui nombre d’anglophones qui, plutôt que d’habiter un Québec français dont ils constituent, objectivement, une minorité, se considèrent comme faisant partie de la majorité anglaise de ce continent – l’Empire américain – et ne peuvent accepter la moindre limitation dans ce qu’ils considèrent comme un droit inaliénable de pouvoir vivre en anglais. Et tant pis pour les stupides lois linguistiques de ces stupides arriérés québécois; l’idée-même qu’on puisse utiliser l’État pour légiférer dans le domaine linguistique les dépasse.

Évidemment, il ne leur viendrait pas à l’esprit que c’est précisément ce qu’on a fait lorsque que la majorité anglaise n’était pas encore solidement établie au Canada. N’a-t-on pas aboli l’éducation française au Manitoba en 1890? N’a-t-on pas sorti de force des institutrices dans les écoles franco-ontariennes, elles aussi abolies à partir de 1912? Et en Saskatchewan, et au Nouveau-Brunswick, n’a-t-on pas également limité l’éducation en français et aboli de nombreux droits préalablement consentis aux francophones?

Tout ça, ce sont de vieilles histoires, qu’ils diraient, à la manière d’un père incestueux refusant d’assumer ses torts, s’ils avaient l’honnêteté de prendre conscience de l’ethnocide dont ont été victimes les francophones sur ce continent. Aujourd’hui, alors que les majorités anglophones canadienne et continentale ne peuvent plus être contestées de quelque façon que ce soit, ils ont beau jeu de réclamer le respect de leurs sacro-saintes libertés individuelles; le simple jeu mathématique d’une langue anglaise forte de plusieurs centaines de millions face à un français en déclin constant suffit à permettre que le libre-marché linguistique garantisse la suprématie anglaise.

Le retour en force de la droite

Dans son livre « La Question du Québec », publié en 1969, Marcel Rioux faisait remarquer que les Anglais sont essentiellement individualistes tandis que les Français penchent davantage vers le collectivisme et que c’est cette différence fondamentale qui les sépare. (( RIOUX, M. (1969). La Question du Québec,Seghers, Paris, Parti Pris, Montréal ))

Clift et Arnopoulous, dans un brillant livre sur le fait anglais au Québec, écrivaient aussi:

Pour les Anglais, le Canada est un pays à majorité anglaise où les droits ne s’exercent que sur une base individuelle et ne se rattachent qu’à la personne, comme le droit de vote. Même si le Québec est majoritairement français, la communauté anglaise considère que la province fait partie d’un ensemble anglo-canadien et que, par conséquent, ses membres possèdent les mêmes droits individuels que des Anglo-Ontariens ou des Anglo-Albertains. Pour la défense de la langue anglaise dans l’enseignement et dans la gestion des grandes entreprises, on invoque aussi les traditions anglaises de libéralisme et de libertés civiques qui sont étroitement liées au libre exercice du droit de propriété. Ce faisant, on trouve le moyen de reprocher à la communauté française le fait qu’elle ne semble pas convenablement initiée au rituel démocratique tel qu’on le pratique en Amérique du Nord. (( CLIFT, D. et S. M. ARNOPOULOS (1979). Le fait anglais au Québec, s.l., Éditions Libre Expression, p. 56-57 ))

Ainsi, le discours sur la soi-disant primauté de la liberté individuelle d’avoir accès à l’anglais sur le droit collectif des francophones d’assurer leur survie en Amérique du Nord – dont une nation unilingue française comme le Québec constitue à coup sûr la seule façon d’y arriver – n’a rien de nouveau; la minorité anglophone du Québec l’a tenu tout au long du vingtième siècle alors qu’elle se considérait comme seule garante d’une prospérité économique laissant de côté la majorité de la population et où le droit individuel primait sur tout.

Or, c’est grâce au développement de l’État québécois, dans les années soixante, que les francophones ont pu s’extraire d’un état d’infériorité économique flagrant et permettre au Québec, qui affichait auparavant des taux de pauvreté et de maladie infantile parmi les plus élevés d’Amérique, de constituer un État moderne. Cette libération collective est allée de pair avec l’utilisation des moyens étatiques pour assurer la primauté du français et mettre fin à la suprématie d’une élite anglo-montréalaise depuis longtemps détrônée par Toronto et incapable d’accepter sa nouvelle inutilité et son absence de légitimité pour pouvoir continuer à tenir le destin du Québec entre ses mains.

Qu’on comprenne bien ici: c’est le développement de l’État québécois, et c’est par l’État québécois que les Québécois ont pu faire primer leur droit collectif de s’émanciper tant au niveau économique que linguistique. Pas de Révolution tranquille, pas de nationalisations, pas d’État québécois largement présent au niveau économique, et nous serions encore des porteurs d’eau se battant les uns les autres pour savoir qui pourrait le mieux parler anglais et monter dans une hiérarchie où il était impossible de réussir dans notre langue. En 1951, 92,7% des transferts linguistiques à Montréal se faisaient vers l’anglais ((LEVINE, M. (1997). La reconquête de Montréal, Montréal, VLB Éditeur, p. 36 )); voilà ce que représentait le « libre-choix » et la liberté individuelle de s’angliciser sur un continent majoritairement anglais. « Quand on leur demandait d’améliorer les chances des francophones dans l’économie, Taschereau, Duplessis et les autres premiers ministres répondaient que ce n’était pas là le rôle de l’État et que le meilleur moyen de créer des emplois pour les francophones était d’instaurer un climat favorable à l’entreprise privée et aux investissements américains. » ((Ibid.))

Le « nouveau » vieux discours tenu par la « nouvelle » vieille droite s’inscrit en directe ligne avec cette situation qui prévalait avant la Révolution tranquille. Les angryphones, qui constituaient une espèce en voie de disparition, ont maintenant de fidèles alliés de la part, notamment, du Réseau Liberté-Québec, qui prône le désengagement de l’État et la valorisation absolue des droits individuels.

Et qu’importe si le français disparaît au passage et que nous ayons à redevenir des citoyens de seconde classe.

Depuis des siècles, il n’y eut qu’un seul moment où les Québécois ont pu marcher la tête haute: c’est quand ils ont utilisé leur État comme levier pour assurer à la fois une économie à leur service collectif et la protection de leur langue nationale.

Près de trente-cinq ans après la Loi 101, les angryphones n’ont toujours pas accepté le caractère français du Québec. S’ils se croient victimes de discrimination parce que notre État francophone fonctionne en français, il serait peut-être bon de leur rappeler qu’il ne s’agit pas d’une discrimination, mais plutôt d’une réaction à la pire des discriminations: l’éradication systématique du français en Amérique du Nord.

Et s’ils ne sont pas heureux ici, nous pourrions encore leur rappeler qu’ils constituent la minorité nationale la plus choyée au monde, eux qui, malgré un poids démographique historique de près de 5,6% de la population totale, jouissent de plus de 27% du financement universitaire total et de près de 45% du budget des nouveaux méga-hôpitaux…

Le Québec doit être autant français que l’Ontario est anglaise: n’en démordons pas. Les soi-disant injustices dont se croient victimes les anglophones du Québec ne constituent qu’une banale égratignure en comparaison du génocide culturel subi par les francophones canadiens.

Les angryphones sont-ils seulement capables de se remettre en question et de faire preuve d’humilité? On peut en douter. Faisant la description du mode de vie des anglo-protestants du début du vingtième siècle, Westley n’hésitait pas à écrire que les hommes lisaient les journaux, mais seulement pour trouver la confirmation de leurs idées: « [Ceux-ci] n’hésitaient pas à induire les lecteurs en erreur lorsque les faits étaient désagréables ou dérangeants. » (( WESTLEY, M. W. (1990). Grandeur et déclin : L’élite anglo-protestante de Montréal, 1900-1950, Montréal, Éditions Libre Expression, p. 140 ))

En 2011, rien n’a changé: les angryphones entendent terminer l’œuvre de leurs ancêtres et sont prêts à tout pour se soustraire à la volonté de survie des Québécois.

De la vieille histoire, vous dites?

Lisée et le PQ: unis contre le Québec français
15 janvier 2011

Les historiens du futur seront impitoyables dans leur analyse du déclin du français au Québec en ce début de vingt-unième siècle. Ils se gratteront d’abord la tête en cherchant à comprendre de quelle façon un parti qui a officialisé les aspirations de tout un peuple en paraphant la Charte de la langue française a par la suite œuvré à la dévalorisation de ses acquis, puis ils trouveront la seule conséquence logique: le sursaut nationaliste du Québec français de la fin du vingtième siècle constituait le plus tardif des chants du cygne d’un Canada français ne sachant pas disparaître sans au moins tenter un dernier baroud d’honneur qu’on pourrait ensuite mettre sur le compte d’une jeunesse idéaliste et archaïque.

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En effet, c’est bien ainsi que sont considérés, tant chez Jean-François Lisée que dans la proposition principale du Parti Québécois, ceux qui rêvent encore d’un Québec français comme flambeau de la pensée française en Amérique, comme lumière de la francophonie sur un continent ayant littéralement massacré ses populations francophones à grand coup de lois anglicisantes ou, la majorité fermement assurée, les laissant mijoter dans les oubliettes d’un multiculturalisme indigeste faisant de notre langue un simple ingrédient pimentant le grand potage canadien.

Lisée d’abord. Ce grand disciple du « bon-ententisme », comme le souligne Pierre Dubuc, pleure, dans son dernier texte, le sort de notre minorité anglophone, qualifiant ceux qui désirent un Québec aussi français que l’Ontario est anglaise d’archaïques, s’opposant à toute politique entraînant la diminution du poids démographique des anglophones. Jean-François Lisée, qui blâme, comme nos ennemis fédéralistes, l’exode des francophones de Montréal comme cause principale de la chute du français, alors qu’il a été démontré qu’il s’agit d’un mythe et que les banlieues s’anglicisent aussi vite sinon davantage que la ville centre. Jean-François Lisée, qui désire permettre une immersion anglaise aux francophones du cégep, mais qui n’explique pas de quelle façon les anglophones pourraient vouloir une immersion française alors que des études ont récemment démontré leur peu d’intérêt pour notre langue et notre culture.

Le PQ ensuite. Sa proposition principale, qui sera vraisemblablement adoptée par tous les carriéristes qui portent la sacoche de Marois comme leurs ancêtres ont été des porteurs d’eau, propose non seulement l’immersion anglaise au cégep, mais s’engage également à protéger les « droits linguistiques » et le « patrimoine institutionnel » de la « communauté anglophone ». En échange de l’application d’une Loi 101 au cégep ne voulant à peu près rien dire si on y permet l’immersion anglaise et qu’on a déjà anglicisé tous nos jeunes – première étape vers l’assimilation définitive -, le PQ s’engage également à intensifier l’apprentissage de l’anglais au primaire et au secondaire. En fait, comme le notait Bernard Desgagné, le PQ fait une fixation totale sur l’anglais, sur la nécessité d’en faire la promotion, mais ne parle nulle part de la nécessité d’améliorer la connaissance du français, la qualité de son enseignement; on ne parle pas non plus d’une intensification des cours de français alors, pourtant, que près d’un million de Québécois sont analphabètes et qu’un grand nombre d’anglophones ne parlent toujours pas la langue nationale. Non, non. Anglais, anglais, anglais. Et surtout, ne touchons pas aux institutions anglophones, méchants Québécois que nous sommes. Ce qui compte dans la proposition du PQ, ce n’est pas l’État national francophone, mais une simple primauté du français.

Les historiens de demain ne seront pas dupes. Le passage d’un État francophone à un État à primauté francophone ne constitue qu’un énième glissement vers la disparition définitive du français sur ce continent. La Nouvelle-France fut française, elle ne le fut plus. Le Canada fut majoritairement français, il devint majoritairement anglais. Le Québec ne peut échapper à cette damnation que s’il assure définitivement non seulement la prédominance du français, mais son statut indispensable pour fonctionner au Québec. Il doit être tout autant impossible de pouvoir vivre en anglais au Québec qu’en italien à Moscou ou en espagnol à Pékin. Ce n’est pas de devenir une langue prédominante qu’a besoin le français – elle l’a déjà été à de nombreuses reprises sur ce continent – mais de devenir une langue indispensable.

Un parti politique résolument nationaliste et au service du peuple québécois n’encouragerait pas l’immersion anglaise; il franciserait le plus gros cégep du Québec, Dawson. Un parti politique conscient du statut précaire de la langue française au Québec n’encouragerait pas l’augmentation de l’enseignement de l’anglais; il franciserait l’Université McGill et doterait enfin l’UQAM d’une faculté de médecine et d’un budget lui permettant de rayonner. Un parti politique ayant fait du français la seule langue officielle du Québec ne ferait pas la promotion de sa primauté, mais construirait une société française en s’assurant que l’État ne communique avec les citoyens que dans la langue nationale. Un parti politique se réclamant du Québec, des Québécois et ayant contribué à les libérer d’un ordre économique et linguistique où ils étaient des citoyens de seconde classe s’assurerait non pas de protéger les institutions de la minorité anglophone, mais reconnaîtrait plutôt le statut majoritaire de celle-ci à l’échelle continentale et encouragerait la solidarité avec les francophones hors-Québec en finançant leurs institutions pour assurer la survie de ce qui fut déjà une zone tampon entre le Québec français et l’Amérique anglaise. Un parti réellement QUÉBÉCOIS ne permettrait pas la construction, à Montréal, d’un méga-hôpital anglophone de 2,225 milliards de dollars, prenant l’argent des régions pour engraisser une minorité montréalaise déjà plus que riche.

Ce n’est pas archaïque, comme le soutient Lisée, de vouloir un Québec français. C’est être conséquent. Le rejet de l’identité canadienne-française par les Québécois des années soixante n’a eu de sens que si nous formons une majorité capable d’agir en tant que majorité et en mesure de défendre le français. Tant que nous n’oserons pas nous attaquer aux privilèges indus d’une minorité anglaise parmi les plus choyées au monde, tant que nous permettrons aux anglophones du Québec de surfer, grâce à leurs institutions sur-financées, au-dessus de la nation québécoise, ils n’accepteront pas leur statut de minorité et continueront de se percevoir comme des ayant-droits canadiens au sein d’une province comme les autres.

Ce qui est archaïque, par contre, c’est cette croyance que la bonne-entente et à l’à-plat-ventrisme devant le tout-anglais puisse mener à un résultat différent que ce que les trois derniers siècles de la même rengaine nous ont appris.

Les peuples qui survivent ne se couchent pas devant la menace, ils n’avancent pas à reculons en s’excusant d’exister et en répétant qu’ils ne toucheront pas à un cheveu des privilèges dont leurs vis-à-vis disposent. Les peuples qui survivent se tiennent debout et affirment, face au vent, qu’ils ont le droit d’exister et qu’ils prendront tous les moyens pour assurer leur survie. Les peuples qui survivent n’attendent pas un référendum ou le Saint-Esprit pour agir; ils défendent leur langue et leur identité au quotidien.

Olivar Asselin écrivait qu’il faudrait apposer l’épitaphe suivante sur la tombe du peuple canadien-français: « Ici gît un peuple mort de bêtise. »

Les divagations de Jean-François Lisée et la proposition principale du PQ ne peuvent que lui donner raison.

Le délire persécutoire des extrémistes anglophones
9 janvier 2011

Il est surprenant de constater qu’il existe encore, en 2011, une frange de la population minoritaire anglophone du Québec n’ayant pas pris acte et accepté le caractère français du Québec, tel qu’institué en 1977 par la Charte de la langue française. Pleurant leur sort de minorité « opprimée » sur Facebook, sur les blogues, sur leurs sites racistes, en appelant à l’ONU pour que cesse le « nettoyage ethnique » du « Kebekistan », ils tentent même présentement d’organiser une manifestation contre la Loi 101 en avril prochain. Leur délire persécutoire n’a d’égal que leur ignorance absolument totale du sort des autres minorités dans le monde et du fait qu’il serait difficile de trouver une minorité plus choyée que la leur.

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Pour une population totale d’à peine plus de 400 000 anglophones nés au Québec – la minorité anglophone historique -, les anglophones disposent pourtant de plus d’une quinzaine d’hôpitaux, d’écoles primaires, secondaires, du plus gros cégep au Québec, de l’université la mieux financée, de plusieurs dizaines de villes bilingues, de services gouvernementaux largement bilingues, de commerces les servant dans leur langue, de groupes de défense, d’un gouvernement fédéral finançant généreusement leurs institutions, d’une Cour suprême vaillant au grain afin de les défendre. Un peu plus et on leur construit un TGV en or vers l’Ontario.

Connaissez-vous une seule minorité au monde jouissant de tels privilèges? Pas moi. Ou si peu. Il est possible que les Rhodésiens aient eu de tels avantages, mais ceux-ci n’ont pas perduré dans le temps, contrairement à ceux des anglophones du Québec. Si la minorité anglophone du Québec avait une plus grande connaissance du monde, si elle cessait de vivre repliée sur elle-même dans un sempiternel complexe de supériorité vis à vis d’autochtones québécois refusant d’accepter de disparaître, elle se rendrait compte de l’incroyable chance dont elle jouit. Elle serait même peut-être un peu honteuse de l’ampleur des avantages dont elle dispose.

En Suisse, par exemple, où la population germanophone forme plus de 60% de la population, de nombreux cantons sont unilingues francophones, ne dispensant virtuellement aucun service dans la langue majoritaire au pays. Loin d’en appeler au génocide parce que les cantons de Jura, Neuchâtel, Vaud et Genève fonctionnent intégralement en français, les locuteurs germanophones acceptent leur qualité de minorité et comprennent qu’ils ont le loisir de déménager dans un canton germanophone s’ils veulent des services dans leur langue.

En Belgique, également, où la population néerlandophone compose près de 55% de la population totale, ses locuteurs ne disposent d’aucun droit dans toute la Wallonie (à l’exception de « communes à facilités » offrant une certaine forme de bilinguisme et d’où origine la majorité des conflits linguistiques). En clair, ils sont peut-être majoritaires dans l’ensemble du pays, mais la Wallonie fonctionne exclusivement en français. La minorité flamande accepte son sort sans broncher, sachant qu’elle peut aller vivre en Flandre si elle le désire.

Même chose pour la province d’Åland, appartenant à la Finlande. Bien que la langue officielle de la Finlande soit le finlandais, tous les services d’Åland sont offerts exclusivement en suédois. On offre pourtant des services à la minorité finlandaise, c’est-à-dire des traducteurs! Imaginez-vous le scandale que cela ferait au Québec?

Idem pour les îles Féroé, appartenant au Danemark mais où presque toutes les institutions fonctionnent en féroïen. Vous ne verrez jamais un locuteur danois des îles Féroé parler de nettoyage ethnique, car il est entendu que ce territoire est principalement féroïen. Un locuteur désirant parler le danois a le loisir de déménager au Danemark.

Il serait possible de citer des dizaines d’autres exemples du genre – notamment de pays ou nations démocratiques n’allouant que des peccadilles à leurs minorités – mais ce serait inutile. Ce n’est pas tant à nos lois ou à ce qu’ils perçoivent comme un manque de respect à leur égard que certains anglophones en ont; c’est à notre existence en tant que collectivité francophone d’Amérique du Nord qu’ils en veulent. Au-delà de l’affichage ou des mesures scolaires, ils refusent d’accepter l’article premier de la Loi 101: « Le français est la langue officielle du Québec ». Près de trente-quatre ans après le dépôt de la Loi 101 par Camille Laurin, cette simple réalité d’un État dans l’État, d’un Québec unilingue français dans un Canada offrant un français de façade pour mieux assimiler sa minorité francophone leur est inacceptable.

Robert Laplante parlait de ce phénomène comme étant celui de la « double-majorité »: la minorité anglophone du Québec refuse d’accepter son statut de minorité au Québec et s’accroche à son désir ancien de former de nouveau la majorité canadienne au Québec. D’où son attachement à des institutions sur-financées, que ce soit McGill ou le méga-hôpital de 1,5 milliards qu’on lui construit à nos frais, ce qui la conforte dans son statut majoritaire, voire colonial. Chaque école, chaque hôpital, chaque présence institutionnelle anglaise sont considérés comme autant de drapeaux plantés dans le cœur de la majorité québécoise afin non seulement de l’affaiblir, mais de faire reconnaître la primauté de la majorité anglophone canadienne sur celle-ci.

Or, puisque les Canadiens-français ont compris, au regard de l’ethnocide les décimant depuis près d’un siècle dans la fédération canadienne, qu’ils n’avaient pas d’avenir en tant que minorité pancanadienne et qu’ils ont décidé, face à un Canada devenant de plus en plus unilingue anglais, de former une majorité francophone au Québec, toute forme de remise en question du droit de cette majorité d’imposer sa langue sur son territoire réduirait la capacité de survie du français. Autrement dit: en tentant de faire primer la majorité canadienne (anglophone) sur la majorité québécoise (francophone), la minorité anglophone tente de refaire des Québécois une minorité dépossédée d’elle-même et n’ayant pas la capacité d’assurer sa survie.

Le fait d’assurer un Québec français ne constitue donc aucunement un « nettoyage ethnique » ou une discrimination. Il s’agit de la conséquence logique de l’incapacité du Canada d’assurer la survie des francophones. Nous sommes devenus des Québécois précisément parce qu’il s’agissait de la seule façon d’assurer notre survie collective. Ainsi, toute tentative de refaire de nous des Canadiens-français – ou des « Québécois francophones », ce triste pléonasme qu’on entend de plus en plus – en discréditant nos lois et nos institutions ou en déplorant que nous n’accordions pas davantage de « droits » aux anglophones ne pourrait que conduire à un insupportable recul affaiblissant encore une fois notre capacité à assurer la survie de notre langue.

Le fait de devenir Québécois a eu deux conséquences: nous avons choisi, après que le Canada ait décidé lui-même de ne rien faire pour le français, de laisser tomber nos compatriotes francophones des autres provinces et nous avons choisi, également, d’imposer le français aux anglophones du Québec. Si les premiers ont compris l’importance de ce geste et ont été nombreux à se joindre à nous pour assurer le développement d’un État francophone en Amérique du Nord, plusieurs des seconds ont préféré vivre dans le doux souvenir d’une époque où nous étions de dociles Pea Soup canadiens-français disparaissant en silence.

On dit parfois de la folie qu’il s’agit d’une reproduction constante des mêmes erreurs en espérant une conséquente différente. Cette minorité d’extrémistes anglophones ne peut, en affichant son délire persécutoire basé sur l’ignorance de ses (trop nombreux) privilèges, que nous encourager à mieux comprendre la nécessité, pour le Québec, de réaffirmer la primauté du français sur son territoire afin d’enrichir l’Amérique du Nord d’une présence française majoritaire et sûre d’elle-même.

En nous méprisant de la sorte, ces extrémistes nous font peut-être le plus beau des cadeaux: ils nous incitent à reconsidérer à la baisse les privilèges qu’on accorde à la minorité anglophone du Québec afin de réduire le niveau de nuisance de sa minorité la plus extrémiste n’ayant pas pris acte du désir de survie d’une nation aspirant au même traitement que toutes les autres sur cette planète.

Méga-hôpital anglophone: le sur-financement doit cesser
1 avril 2010

Aujourd’hui, premier avril 2010, est un jour triste pour Montréal et l’ensemble du Québec. Jean Charest, après avoir saigné la classe moyenne et les plus démunis avec son dernier budget, va inaugurer la construction du McGill University Health Centre (MUHC), un super-hôpital qui coûtera près de 1,5 milliards de dollars au contribuable québécois pour une minorité de 8,2% d’anglophones.

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En fait, le déséquilibre de financement entre le Centre hospitalier de l’université de Montréal (CHUM) et le MUHC est à ce point critique qu’on ne pourrait qu’en rire si ce n’était de la survie de notre langue qu’il est question. Pensez-y: 1,5 milliards de dollars pour 575 555 anglophones de langue maternelle et 1,8 milliards pour un CHUM desservant les 5 877 660 francophones. (( Statistique Canada, 2006. )) L’investissement total pour chaque Québécois sera donc de 306$ (1,8 milliards / 5 877 660) contre 2606$ pour chaque anglophone vivant sur notre territoire (1,5 milliards / 575 555). En clair, pour le gouvernement libéral actuel, la santé d’un francophone vaut 8,5 fois moins que celle d’un anglophone!

Certains rétorqueront qu’on ne peut pas utiliser ces chiffres car l’hôpital servirait principalement aux anglophones de la région métropolitaine. Même s’il a été démontré que pareille structure permettrait le développement de la recherche et serait au service de l’ensemble du territoire québécois, le déséquilibre est criant même si on accepte l’idée que les méga-hôpitaux profiteraient surtout à la population de la région métropolitaine. Selon des données que j’ai compilées pour un billet précédent sur l’anglicisation des banlieues, j’ai calculé qu’il y a 2 072 410 Québécois et 564 010 anglophones à Montréal et dans ses banlieues rapprochées. En faisant le même calcul que pour l’ensemble des Québécois, on arrive à une valeur de 869$ par Québécois de la région montréalaise en soins de santé donnés par le futur CHUM contre 2660$ par anglophone pour le MUHC. Encore une fois, et malgré toutes les modifications possibles pour dorer la pilule des anglophones, on en arrive à une situation où le Québécois de la région montréalaise vaut trois fois moins que l’anglophone.

Qu’on se comprenne bien: personne ne s’offusque du fait que les anglophones de souche aient le droit de recevoir des soins dans leur langue. Leurs acquis sont protégés à la fois par la Charte des droits et libertés et par la loi 101. Il s’agit d’une simple demande de respect. Comment peut-on accepter, dans un Québec où le français est si gravement menacé, de financer une institution anglophone à trois ou huit fois la hauteur de ce qu’on consacre à son équivalent francophone? Comment peut-on tolérer le fait que les francophones soient des citoyens de seconde classe en leur propre pays?

Le sur-financement des institutions anglophones, que ce soit le MUHC ou les universités anglophones, qui reçoivent 27% du financement pour 8,2% de la population, est ce qui permet non seulement à la minorité anglophone de se maintenir, mais de prospérer, et de gagner du terrain sur les francophones. Ce sur-financement, en fait, permet à la minorité anglophone du Québec de s’arrimer à la vaste majorité linguistique du continent et de contribuer à faire régresser le fait français.

Soyons honnêtes un peu. Nous aimons le français, nous voulons le protéger. Mais comment rivaliser avec des institutions qui, grâce à leur sur-financement, constituent autant de pôles d’attraction pour les nouveaux arrivants? Comment convaincre un Pakistanais ou un Hindou d’apprendre la langue commune si, à l’ombre de son modeste appartement, se dresse ce gigantesque majeur de 1,5 milliards de dollars?

Le ministre Bachand a parlé d’une révolution culturelle pour justifier son budget rétrograde. Il serait peut-être temps de penser à une révolution linguistique et à financer les institutions anglophones à la hauteur de la population des anglophones de langue maternelle au Québec. Ceux-ci représentent 8,2%; qu’on finance leur MUHC à 8,2% de ce que coûtera le CHUM. Et si on obtient une binerie avec cela, c’est peut-être que le nombre d’anglophones ne justifie pas autre chose qu’une binerie, après tout. La différence, entre cette binerie et cette grosse verrue de 1,5 milliards de dollars qu’on veut implanter sur le statut francophone de notre métropole, porte un nom: assimilation.

Il serait peut-être temps d’arrêter de tergiverser dans le dossier linguistique à Montréal et au Québec. Si on ne fait rien, les reculs majeurs enregistrés depuis une décennie vont s’accentuer et il risque de devenir encore plus difficile d’agir pour renverser la vapeur.

Jacques Parizeau a déjà dit: « Toute l’histoire du Québec, avant même la bataille des plaines d’Abraham, est une quête : celle de la reconnaissance de ce que nous sommes et de l’égalité avec les autres peuples. » Il serait peut-être temps pour nos politiciens, et surtout ceux de son ancien parti, qui se prétendent de l’opposition sans jamais s’opposer autrement que pour la forme, de prendre acte de cette quête et de réclamer, pour les Québécois du présent et du futur, l’égalité du financement des institutions de la santé à Montréal et la fin d’un sur-financement non seulement coûteux au niveau financer, mais peut-être encore davantage quant à notre identité et à notre capacité à survivre en tant que collectivité ayant adopté le français comme langue commune.

Quand on a une épine dans le pied, on l’enlève. On n’y rentre pas un cure-dent de 1,5 milliards de dollars en plus.

La nébuleuse idéologique des Jeunes péquistes
20 décembre 2009

Minorité anglophone. Il y a quelque chose de choquant dans ce mot. Un peu comme si, à l’époque de Jules César, on parlait de minorité romaine, ou de minorité mongole à l’ère de Genghis Khan, de minorité française sous Napoléon ou de minorité allemande à l’ère du Troisième Reich; peut-on sérieusement plaindre les anglophones vivant au Québec et les considérer comme une pauvre minorité opprimée par les méchants Québécois? Il faudrait pourtant le faire, selon Jessy Héroux, secrétaire-trésorier des Jeunes péquistes de la Capitale-Nationale.

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En effet, dans un message qu’il a publié sur mon profil Facebook, il m’accuse de « maltraiter la minorité anglophone », de traiter avec dégoût « près du 1/5ème de la population du Québec » et de ne pas voir la différence soi-disant fondamentale entre les anglophones qui envoient « leurs enfants dans des écoles anglaises ou encore que des commerces [qui] refusent de servir des clients en français et le fait de traiter cette minorité avec dégoût ». Et pourquoi cette réaction aussi vitriolique que maladroite? Parce que j’avais osé prétendre qu’il fallait communiquer en français avec les anglophones pour leur lancer le message que la langue commune, au Québec, est le français.

Un cinquième de la population. Le chiffre frappe, non? En fait, c’est 8,2% de la population qui est de langue maternelle anglaise au Québec. Vingt pour-cent, c’est le pourcentage de la population n’ayant pas le français comme langue maternelle, un chiffre en constante progression. Quand M. Héroux, qui du reste joue parfaitement son rôle de digne représentant d’une frange non négligeable de mollassons linguistiques chez les Jeunes péquistes, assimile automatiquement les allophones à l’anglais, que nous dit-il, en fait? Il nous affirme que sa vision du Québec en est une où le français constitue une langue défensive, une langue de repli, qu’on doit chuchoter entre consanguins et rapidement oublier devant l’autre. Il jette aux oubliettes toute velléité d’intégration des immigrants et des allophones à notre langue commune.

Ainsi, nous, Québécois, serions de durs tortionnaires contre une pauvre minorité opprimée dont il conviendrait de défendre la culture et la langue. Un peu plus et le gai luron secrétaire de Québec, dont la bonne humeur exemplaire sur Facebook ne semble avoir d’égale que son dédain de ceux qui oseraient réclamer la protection du français au Québec, se lancerait-il dans une campagne spéciale pour nous inciter à parrainer un anglophone. Avoir su, il aurait fallu l’inviter à distribuer des bons de contournement de la loi 101 permettant aux anglophones d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise… N’aurait-il pas été coquet, avec nous, dans une toge?

Qu’importe si nous ne représentons même pas 2% de l’Amérique du Nord; qu’importe si les institutions anglophones sont sur-financées; qu’importe si notre poids démographique diminue; qu’importe si la langue anglaise, appuyée par un pays aussi puissant que les États-Unis, soit devenue le rouleau-compresseur des cultures minoritaires; qu’importe si on demande de plus en plus l’anglais aux Québécois sur le marché du travail; qu’importe si la vitalité de l’anglais à Montréal et dans les banlieues dépasse celle du français. Non, non, vous n’y êtes pas. C’est l’anglais qui est en danger et il faut absolument – je répète, absolument – défendre la minorité anglaise sans défense contre les dangereux Québécois…

Aurions-nous idée d’une moutonnerie aussi totale si elle ne venait pas de la part d’un individu se réclamant du Parti Québécois? Un parti dont la cheffe a fait de l’apprentissage de l’anglais sa priorité, où l’ex-chef Bernard Landry a qualifié McGill de « fleuron » du Québec, où l’ex-ministre Louise Harel, dans son pathétique discours de perdante lors des élections municipales de Montréal, a sciemment parlé dans un anglais massacré au lieu d’utiliser la langue commune des Québécois, où Lucien Bouchard a fait reculer l’apprentissage de l’anglais de la quatrième à la troisième année du primaire… L’histoire récente du Parti Québécois en est une de déni du danger du français au Québec et de glorification d’un bilinguisme qui, dans notre contexte de minorisation croissante, ne peut que nous mener à l’assimilation.

En fait, il faut faire preuve d’une telle gymnastique intellectuelle si on veut suivre la nébuleuse idéologique de Jessy Héroux et de son parti, qu’on en vient presque à se demander si ceux qui y croient le font après réflexion ou par intérêt personnel. D’un côté, selon le sous-fifre des Jeunes péquistes de Québec, il serait mal d’exiger le français dans nos rapports sociaux au Québec. Exiger de pouvoir interagir dans la langue officielle du Québec, notre langue de naissance, notre langue commune, serait une marque de dégoût. Mais de l’autre, il serait souhaitable de refuser l’accès aux écoles anglaises à la « minorité » anglophone. D’un côté on maltraiterait la « minorité » anglophone en leur parlant en français, mais de l’autre il faudrait exiger de se faire servir en français dans un commerce. Vous y comprenez quelque chose?

Il faut être cohérent: ou bien on considère que l’anglais est une langue légitime, une seconde langue officielle au Québec (en attendant de devenir la première), et on se débarrasse de la loi 101 et de toutes les lois linguistiques brimant la pauvre « minorité » anglophone, ou bien on considère que le français est assez en danger et constitue une fierté et une valeur assez importantes pour se donner les moyens de le défendre. Ou bien on considère le français comme une béquille dans un monde où l’anglais devrait constituer la lingua franca internationale même entre les citoyens de notre propre nation, ou bien on affirme la nécessité de viser la pluralité linguistique et culturelle de ce monde en sauvant notre diversité. Ou bien on signe la capitulation de notre histoire et on adopte, finalement, la langue des vainqueurs un quart de millénaire plus tard, ou on continue à se battre et à réclamer le droit d’exister d’une manière différente, selon des valeurs qui nous sont propres. Il faut choisir.

Or, le Parti Québécois et ses grouillots ont décidé depuis longtemps. Ils ont statué qu’au-delà des mots, au-delà des discours forcés de Pauline Marois, au-delà des belles déclarations sur le débat identitaire, une vérité demeure: il ne faut pas faire de vagues. On peut parler d’indépendance, mais on ne doit pas faire de référendum; on peut parler d’identité, mais on ne peut pas réduire l’immigration; on peut parler de langue, mais il ne faut surtout pas s’attaquer aux privilèges des anglophones de Montréal; on peut parler de survie, mais il faut absolument et impérativement se hâter à parler anglais à quiconque en ferait la demande! L’indépendance est devenue une marque de commerce banale devant se faire sans rupture avec un quelconque ordre établi et n’impliquant aucun gain significatif pour le peuple québécois.

Dans un parti politique sainement constitué, les jeunes sont des vecteurs de changement. Quand ils se contentent d’être des béni-oui-oui répétant les mêmes dogmes que leurs ainés en espérant un jour rejoindre la classe vieillissante des apparatchiks bedonnants, ils ne servent plus à insuffler l’énergie vitale permettant au parti de se renouveler, mais ils contribuent, de par leur attachement à des idées désuètes et gangrenées, à l’enterrement définitif des idéaux qu’ils prétendent défendre.

Jessy Héroux n’est qu’un exemple parmi d’autres chez certains Jeunes Péquistes. Quand la méthode remplace le but et quand le but remplace l’idéal, ce ne sont plus des bergers qui mènent les moutons, mais des abatteurs. Et quand ce sont des Québécois eux-mêmes qui se font les plus grands défenseurs de la majorité anglophone, on mesure mieux tout le chemin qu’il reste à parcourir avant d’assurer la survie de notre langue et de nos valeurs.

Ce bilinguisme qui empêche l’intégration des immigrants
8 novembre 2008

Immigrants

Il y a de ces mystérieux hasards dont on aimerait parfois comprendre le sens. Je réfléchissais à la meilleure façon de (re)parler de ces Afghans qui possèdent la fruiterie près de chez moi et de mes quelques visites à leur domicile ces derniers jours. Je cherchai donc le premier texte que j’avais écrit à leur sujet et je fus littéralement stupéfait de constater que le dit texte a été écrit il y a précisément un an, jour pour jour. Comme si le rythme des saisons offrait l’opportunité des questionnements et des bilans.

Alors oui, je connais un Afghan. En fait, je devrais être honnête: je connais des Québécois d’origine afghane, car ceux-ci sont parfaitement intégrés. Oh, certes, quand je suis allé jeter un coup d’oeil à un problème informatique chez eux j’ai appris qu’ils avaient un satellite pour regarder des programmes afghans, mais c’est une bien agréable et jolie jeune fille d’une quinzaine d’années qui me l’a expliqué, et dans un français qui ferait rougir bien des Québécois « de souche » si seulement ces derniers pouvaient avoir la conscience culturelle pour avoir honte de la piètre qualité de leur langue.

Ces gens, mes amis afghans, représentent l’apothéose de l’intégration à la culture québécoise. Le père, la mère, l’oncle, le fils, la fille; tous parlent un excellent français à peine un peu rêche à cause d’un accent persistant, tel un morceau de bois ne demandant qu’à être poli.

Ils ont immigré ici il y a un vingtaine d’années, directement dans l’Est. Ici, pas d’anglais: tout se faisait en français à cette époque avant que le bilinguisme ne soit quasi-institutionnalisé. Pas question de se faire répondre en anglais à tout moment par un Québécois soucieux d’être aimable et qui ne se rend pas compte qu’il ne rend pas service aux immigrants en les empêchant de réaliser toute l’importance de l’apprentissage de notre langue. Non, ils ont appris le français parce qu’il était nécessaire d’apprendre le français. Pas par amour romantique de la beauté de notre phonation. Parce que c’était absolument et impérativement nécessaire.

Je travaille toujours dans l’Ouest, et je vois quotidiennement les mêmes immigrants qui n’ont aucun désir d’apprendre notre langue. Pourquoi le feraient-ils, d’ailleurs? Contrairement à mes amis afghans, ils n’ont aucun besoin du français: tout le monde s’adresse à eux en anglais, depuis le caissier au dépanneur jusqu’à la dame à la banque en passant par le commis chez Jean Coutu. Pourquoi s’échineraient-ils à apprendre une langue qu’ils perçoivent comme morte et inutile?

Ces immigrants n’en ont rien à foutre de notre combat. Ils parlent la langue qui leur permet de fonctionner, et cette langue est l’anglais, car il se trouve toujours un Québécois pour leur parler en anglais.

Deux situations identiques à l’origine, et deux comportements opposés à la fin: intégration francophone dans une société unilingue francophone et repli sur soi, voire intégration en anglais dans une société bilingue francophone.

Il faut le répéter: à partir du moment où tous les petits Québécois parlent anglais, pourquoi un immigrant apprendrait-il le français?

Je pensais à tout ça en lisant certains commentateurs du blogue de Patrick Lagacé, qui reprochaient à Pauline Marois de ne pas bien parler anglais. D’une certaine manière, il y a un côté sublime dans cette perversion de l’esprit plaçant la maîtrise d’une langue étrangère comme un objectif essentiel à atteindre. En effet, comment ne pas y voir une certaine forme de beauté vicieuse, de triomphe tardif des objectifs de Lord Durham ou d’autres anglophones souhaitant notre élimination? Nous en sommes venus à considérer l’expertise de cette langue extrinsèque comme une obligation, reléguant les demandes historiques des francophones pour avoir le droit d’atteindre les plus hauts échelons sociaux dans leur langue au rang de folklore passéiste.

En somme, au lieu de réclamer le droit de pouvoir vivre en français, de travailler en français, et ainsi contribuer à la francisation des dizaines de milliers de nouveaux arrivants, nous avons décidé collectivement que le français doit jouer un rôle de figurant au sein de nos vies, une langue honteuse qu’il faut chuchoter et oublier dès qu’un anglophone nous adresse la parole.

Et bien, si mes amis afghans étaient arrivés au Québec en 2008 au lieu de 1988, ils n’auraient probablement jamais appris le français car il y aurait toujours eu un petit Québécois sans fierté et bilingue (l’un semble aller avec l’autre) pour escamoter son rôle linguistique historique et jouer le sous-fifre d’une immigration qui ne demanderait qu’à s’intégrer si on lui donnait seulement un signal clair sur l’exclusivité du français au Québec.

Il ne faudra jamais l’oublier: l’ennemi n’est pas la langue anglaise, mais le bilinguisme qu’on a décidé d’imposer à l’ensemble d’un peuple. Dans un contexte de minorité culturelle et linguistique, nous signons notre arrêt de mort dès que nous substituons l’anglais au français et que nous contribuons ainsi de par notre mollesse et notre manque de conviction, à l’anglicisation des nouveaux arrivants.

Car ceux-ci ne sont pas ici pour l’amour de nos beaux yeux, mais pour améliorer leurs conditions de vie; en leur parlant français, nous les obligeons à apprendre notre langue et nous leur lançons le message que leur élévation dans l’échelle sociale passe obligatoirement par l’apprentissage de notre langue.

Soyons fiers, parlons français partout, au travail, à la maison, sur internet, PARTOUT!


p.s. Et pour ceux qui en douteraient encore, je vais voter pour le Parti Indépendantiste, la seule organisation politique sociale-démocrate, indépendantiste et possédant une réelle volonté de protéger notre langue!

Histoire de drapeaux
9 août 2008

C’est le « buzz » de l’heure; même Patrick Lagacé publie une petite chronique où il dénonce le fait que le premier ministre désire accommoder la Chine en acceptant sa politique refusant les drapeaux non-olympiques aux Jeux. à€ ses yeux, c’est de la résignation. à€ mes yeux, c’est tout le contraire.

En effet – et cela va peut-être en surprendre certains – mais je ne suis pas contre la position de Jean Charest. Nous sommes des invités en Chine, et nous nous devons de respecter leur culture et leurs valeurs. Et une de ces valeurs est le caractère sacré et inaliénable du Tibet en son sein et le sens très patriotique d’appui que porte la population à cette cause. Il suffit pour s’en convaincre d’observer ce qui s’est passé lors de la mini-manifestation sur la place Tiananmen où de simples passants se sont chargés d’insulter ces étrangers venus en Chine pour montrer aux Chinois comment agir.

Soyons clairs: ce peuple qui a une Histoire de plus de cinq mille ans n’a pas de leçons à recevoir de notre part. Ils sont certes différents de nous, et des efforts pourraient être entrepris pour permettre plus de liberté individuelle, mais la Chine considère la nation et son existence, la quête de sa pérennité et de sa croissance, comme étant un but supérieur au bien-être de chaque individu en particulier.

En quelque sorte, ça me fait penser au magnifique (grandiose, superbe, époustouflant, et ajoutez votre superlatif!) spectacle d’ouverture, où on voyait ces milliers de gens bouger tous à l’unisson, au même moment, et dont la marche coordonnée créait des figures tout à fait géniales. C’était la Chine qu’on voyait: une Chine certes contrà´lante, mais qui permet à chaque Chinois de transcender sa petite existence individuelle en faisant partie d’un Tout infiniment plus grand et glorifiant. Nous avons quelque chose à apprendre de la Chine.

Et puis, soyons honnêtes, si on espère demander à la Chine de s’adapter à nous, comment peut-on par la suite blâmer un immigrant qui refuse de s’intégrer au Québec? Il s’agit de faire preuve de cohérence: on ne peut pas à la fois prétendre avoir la solution aux maux d’autrui et se plaindre lorsque des gens qui viennent ici veulent nous imposer leurs solutions. Si on demande à la Chine de renier ce qu’elle est, de se voir ridiculisée par des drapeaux tibétains et de voir ainsi la perfection de ses jeux réduite en combat politique contre ses valeurs et ses croyances, comment peut-on ensuite demander à quiconque de respecter nos valeurs et nos croyances?

La vie est injuste, mais chaque pays a le devoir de se protéger lui-même et de lutter contre ce qui pourrait l’affaiblir ou le détruire. On ne peut pas, on ne doit pas dénoncer un pays qui cherche à préserver sa puissance et améliorer sa condition.

Et, heureusement, on ne peut pas blâmer les minorités qui cherchent à se faire entendre et qui luttent pour leur survie culturelle. Tout comme on ne peut empêcher un athlète motivé de cacher un drapeau dans ses sous-vêtements ou de se le tatouer dans le dos. Si on ne peut contrecarrer l’expression de ces minorités (dont nous faisons partie!), on peut ne pas la faciliter, et c’est exactement ce que fait la Chine.

C’est dans l’ordre des choses et c’est à nous, étrangers, de nous tenir en-dehors de ce combat politique qui n’est pas le nà´tre et qui, si nous nous en mêlons, pourrait donner l’idée à d’autres de venir se mêler du nà´tre.

Et pas toujours en notre faveur.

Car la diversité, c’est beaucoup plus que d’écouter Paul McCartney chanter « Jet » sur les plaines d’Abraham en sirotant une bière allemande: c’est aussi respecter la différence de l’autre en s’adaptant à sa culture lorsqu’on est chez lui, tout comme on aurait envie qu’il s’adapte à la nà´tre chez nous.

Le PLC, un parti raciste et haineux?
4 juillet 2008

Accepteriez-vous de voter pour un parti qui accepte dans ses rangs un fanatique comme Garth Turner qui écrit, sur son blogue, que les indépendantistes québécois (ok, on parle d’à peu près 3 500 000 personnes ici) sont des « perdants », des « prétentieux, hostiles et égocentriques, machos, égoà¯stes et balkanisants ».

Pas moi, en tout cas. Et j’espère que tous ceux qui seraient tentés de voter pour le Parti Libéral du Canada s’en souviendront.

Moi ce que je trouve particulier dans tout ça, c’est que nous, les indépendantistes québécois, nous traitons nos anglophones et nos minorités comme des rois. Nous nous prostituons pour les servir dans leur langue impériale, nous acceptons toutes leurs coutumes. Nous oublions qui nous sommes, nous renions notre langue et nos valeurs. Nous nous sacrifions pour bien les servir.

Il serait peut-être temps de parler de l’attitude des anglophones frustrés et racistes comme Garth Turner. Il serait peut-être temps de parler de tous ces francophones au Canada qui sont minorisés et qu’on refuse de servir dans leur langue, voire où on organise des manifestations pour empêcher qu’on puisse les servir dans leur langue!

M. Turner fait la démonstration que ce pays n’est pas le nà´tre. Il serait plus que temps de quitter ce Canada de merde et de se débarrasser des excroissances pétrifiées qui gangrènent notre vrai pays et qui mériteraient de se faire arranger le portrait.

Stéphane Dion doit démettre ce raciste de ses fonctions s’il espère la moindre remontée au Québec.

AJOUT: Turner tente de justifier son racisme et sa haine des Québécois. Il affirme qu’il ne s’écrasera jamais devant ceux qui veulent détruire son pays. Doit-on comprendre qu’il appuie et comprend les Québécois qui ne s’écraseront jamais devant ceux qui veulent empêcher leur pays d’exister?

La commission Bouchard-Taylor aux Québécois: ÉCRASEZ-VOUS!
17 mai 2008

C’est avec stupéfaction et une profonde tristesse que j’ai lu ce texte qui parle des conclusions éventuelles de la commission Bouchard-Taylor sur les accomodements raisonnables. Alors que le problème est clair et reconnu de tous (c’est-à-dire que les immigrants sont incapables de s’intégrer et refusent notre culture, tout en désirant des privilèges à cause de leur religion) le commission Bouchard-Taylor, dirigée par ce qu’il convient maintenant d’appeler deux traîtres de la pire espèce, s’en prend aux Québécois! Non, excusez-moi, pas aux Québécois, un peuple qui n’existe plus, mais aux Québécois francophones, cette majorité en voie de devenir une minorité, et qui l’est déjà à Montréal, dans ce grand ghetto puant et multiculturaleux. (L’un va souvent avec l’autre, malheureusement… et c’est d’expérience que je vous l’écris).

Donc, selon la commission de nos deux losers, les Juifs, musulmans et autres n’ont rien à se reprocher. Ils peuvent passer au-dessus des lois, ne pas se faire évincer de leurs logements à cause de principes religieux, se faire givrer les vitres pour ne pas voir le corps des jeunes femmes, ou ne pas se faire donner de contraventions à cause de leurs fêtes religieuses. Non, ce n’est pas de leur faute. C’est de NOTRE faute, nous les pauvres Québécois colonisés trop stupides pour avoir compris que notre loi est inférieure à leurs pratiques religieuses. Nous serions victimes de manque d’information et de fausses perceptions.

Et au lieu de souligner le recul du français et d’expliquer que le refus de s’intégrer des immigrants en est une cause plus qu’importante, la commission espère accélérer notre assimilation en nous anglicisant davantage. Au lieu de souligner que le problème est la trop grande présence de l’anglais à Montréal, elle préfère que nous apprenions davantage l’anglais. Ensuite, ce sera quoi? On deviendra musulmans et Juifs pour avoir les mêmes privilèges que ces fanatiques religieux retardés?

On nous demande encore d’être plus ouverts sur le monde. Non, c’est de la merde ça. Nous sommes le peuple le plus ouvert sur le monde, et c’est un immigrant qui m’a dit ça. Nous parlons anglais dès que nous en croisons un. Nous essayons de parler l’espagnol aussi. Nous mettons des rastas et fumons des pétards avec les Jamaïcains. Nous essayons la nourriture créole. Nous sommes tellement ouverts sur le monde que nous n’avons plus conscience de notre culture. Nous sommes déracinés, et on nous demande de l’être encore davantage.

Cette commission est un vrai scandale, une farce, une fucking joke comme disent toutes les osties de vieilles anglaises de l’ouest de Montréal qui détestent tout ce qui est francophone.

Avec des recommandations pareilles, le résultat est facilement prévisible. Dans cinquante ans le français sera minoritaire non seulement à Montréal, mais aussi dans les banlieues. Le français sera une langue morte, au même titre que le latin, et les Québécois parleront couramment l’anglais puisqu’on aura consacré cette langue comme la seule qui soit commune à tous. Au lieu de franciser les immigrants quand c’était le temps, on leur aura laissé l’opportunité de nous angliciser, de nous assimiler, et ce qui était un jour les représentants de notre culture ne seront plus qu’un ramassis gélatineux de poutine folkorique qu’on invitera en France un peu comme on invite Zachary Richard au Québec: un ancêtre, un mort-vivant d’une culture morte et qui ne survit que sur le respirateur artificiel.

C’est ça « l’ouverture sur le monde ». C’est ça davantage d’accomodements raisonnables. Et c’est ça le bilinguisme, l’ennemi numéro un de notre culture et le principal responsable du recul du français.

Personnellement, si on me demandait ce soir si je crois que le peuple québécois mérite d’être sauvé, j’aurais peut-être envie de répondre: « crève, tu ne mérites pas de survivre, peuple de lavettes colonisées. »

David, de Quand on peut halluciner à plusieurs…, voit plutôt tout ceci comme une cour de récréation où c’est le nouveau qui applique ses règles:

[…] Messieurs Bouchard et Taylor ont été nommés surveillants de la cour de récré et vont bientôt rendre leur compte rendu de la situation. Soit plus gentil avec le nouveau dans ta classe, laisse le faire ce qu’il veut, c’est son affaire. J’ai l’impression que le spectre de la censure rôde dans les alentours. L’individualisme, c’est peut-être bon pour l’économie, mais c’est très mauvais pour une société.

Oui, nous sommes dans une grosse cours d’école, et au lieu de prendre le petit nouveau et de lui apprendre à respecter les règles, on demande à l’ensemble des autres jeunes de se plier à sa volonté.

Avec une telle mentalité de perdants, comment peut-on encore s’étonner que le Québec ait un tel taux de suicide?

Le jour où nous serons vraiment fiers de nous, de notre culture, où nous refuserons de parler en anglais ou même d’accepter que qui que ce soit nous impose sa langue ou ses valeurs sera un grand jour non seulement pour nous, parce qu’il confirmera notre droit d’exister, mais aussi pour la démocratie. La dictature d’une minorité d’anglophiles se cachant sous couvert de bilinguisme et de multiculturalisme est une honte pour tout le Québec.

Oui nous sommes tolérants, oui nous sommes ouverts. Nous aimons nos immigrants intégrés et nos anglophones francisés. Nous voulons que Montréal demeure une ville francophone et nous souhaitons que les anglophones comprennent qu’ils ne sont pas les bienvenues chez nous.

p.s. Devant une telle nouvelle, on peut déjà imaginer les gros colons de Angryfrenchguy en train de danser et de fêter notre anglicisation, prélude à notre disparition. Bravo les idiots; grâce à votre travail d’anglicisation des Québécois, vous contribuez à notre disparition et appliquez ainsi à la lettre les conclusions de la commission Bouchard-Taylor.