Fucking Quebeckers et moumouverainistes
12 avril 2012

Un fait divers peu banal : une dame se présente au cinéma Banque Scotia Parc et demande qu’on s’adresse à elle dans la langue nationale. Elle se fait répondre qu’elle est une « Fucking Quebecker » (Tabarnak de Québécoise). En sommes-nous vraiment rendus là ?

Le mépris dont peuvent faire preuve ces anglophones, qui vivent ici autour d’institutions d’éducation et de santé sur-financées, semble sans limite. On aurait peine à imaginer une situation semblable n’importe où sur cette planète. Seulement au Québec peut-on accepter que des gens nous insultent de cette manière en pleine face. Jamais un habitant de New York n’irait traiter une cliente de « Fucking American ». Jamais un habitant de Berling n’irait traiter une cliente de « Fucking Deutsch ». Jamais un habitant de Rome n’irait traiter une cliente de « Cazzo Italiano ». Jamais. Il y a un respect fondamental. Un respect de base qui signifie à tout le moins qu’on reconnaît habiter à un endroit et qu’on éprouve un certain sentiment d’appartenance à la communauté qui y vit.

Ce simple fait divers détruit allègrement les mythes propagés par une certaine classe de « moumouverainistes », qui considèrent les anglophones vivant au Québec comme des Québécois. Cet anglophone, lui, ne semblait pas se considérer comme tel : ce sont les Québécois qu’il a insultés, et à ses yeux – et aux miens – un Québécois parle français. Sentiment d’appartenance au Québec : moins mille !

Ces moumouverainistes ne comprennent et ne comprendront peut-être jamais qu’il n’y a rien à attendre de la plupart des anglophones. Ce n’est pas en reconnaissant la langue anglaise au Québec, en considérant qu’elle fait partie de notre identité, en la célébrant, qu’on contribue à se faire respecter. Cette manière de fonctionner qui est la nôtre depuis une vingtaine d’années n’a réussi qu’à nous rendre encore plus méprisables aux yeux d’anglophones ayant renoué avec leur vieux complexe de supériorité. On ne peut pas davantage célébrer l’apport de la langue anglaise au Québec qu’un enfant ne peut commémorer une inceste subie pendant toute sa jeunesse. L’anglais n’a été pour nous qu’une langue impériale qu’on nous impose de force depuis un quart de millénaire. Plus on la met sur un piédestal, moins les anglophones ressentent le besoin de nous respecter.

Il est temps d’arrêter de tendre l’autre joue. La dame en question a parlé avec le gérant, qui semblait « compréhensif » selon ses mots. N’exigeons plus la « compréhension ». N’exigeons plus le dialogue. N’exigeons plus des pinottes pendant qu’on arrache notre langue jusqu’au cœur de nos villes.

C’est une guerre linguistique. Il y a deux langues ; une est de trop. Il y a deux cultures ; une est de trop. On ne peut pas davantage faire coexister deux langues et deux cultures de manière équilibrée à long terme qu’on peut trouver le confort assis entre deux chaises. Le plurilinguisme sur un même territoire est et sera toujours temporaire parce que la langue la plus forte finit toujours par écraser la plus faible.

Les anglophones ont compris cela et ils travaillent à l’anglicisation de Montréal, quartier par quartier, hôpital par hôpital, université par université. Pendant qu’ils prennent racine chez nous et foulent de leurs pieds notre histoire et nos valeurs, ils nous regardent nous angliciser bêtement, imposant l’anglais intensif jusqu’à nos enfants, et ils ne peuvent que rire de cette race de ti-counes qui a l’outrecuidance d’exiger qu’on s’adresse à elle dans sa langue.

Le temps des petites tapes dans le dos et de la main tendue aux anglophones est révolu.

Nos moumouverainistes devraient arrêter de servir de paillassons sur lesquels s’essuie la minorité la plus choyée au monde et commencer à s’attaquer aux privilèges indus lui permettant de continuer à se foutre de notre gueule.

QuebecLeaks: le mépris de Luc Lefebvre
10 mars 2011

Le lancement de « Kwebek Leaks », dont le porte-parole, Luc Lefebvre, est un ancien organisateur péquiste frustré, a été un flop total selon Steve Proulx. Pour ma part, ce n’est pas le fait que le lancement ait été réussi ou non qui m’importe. La seule chose qui m’importe, est que ce projet est dirigé par Luc Lefebvre et que Luc Lefebvre est un anglomane ne respectant pas le caractère français du Québec.

Source: Presse Canadienne.

Disons-le d’emblée: on ne peut pas faire abstraction du contenant quand il est question de « Kwebek Leaks », pas plus qu’on se satisferait d’un met délicat et suave dans un restaurant malpropre. L’idée derrière le projet peut être bonne, mais le fait qu’on ait choisi un titre en anglais et que le site web est entièrement bilingue anglais-français discrédite toute prétention à un mouvement citoyen typiquement québécois.

On répond pourtant: « Oui, mais « leaks » fait référence à « Wikileaks » donc il est important de l’avoir dans le nom ». Non. On aurait très bien pu nommer ce projet « Transparence Québec », par exemple, comme l’ont suggéré des citoyens sur Facebook. Si la réussite d’un projet comme celui-ci nécessite de lui accoler une expression dans une langue étrangère, alors ce projet ne peut être considéré comme étant spécifiquement québécois.

On répond aussi: « Le site est en français pour les Québécois, mais en anglais pour l’international ». En anglais pour « l’international »? Robin Philpot l’écrivait pourtant hier, dans l’Aut’journal: moins de 5% de la population mondiale a l’anglais comme langue maternelle et cette proportion est en constante diminution. Si on désirait réellement communiquer à l’international – ce qui, du reste, paraît suspect quand on se prétend un projet citoyen québécois désirant agir pour le Québec – on devrait peut-être le faire d’abord en mandarin, en hindi ou en espagnol, des langues rejoignant davantage de locuteurs. Un site réellement multilingue, voilà qui serait pertinent et tout à fait possible de réaliser avec les moyens techniques actuels.

Or, en choisissant seulement l’anglais et le français, Luc Lefebvre fait un choix politique et ce choix contribue à faire de notre langue au Québec l’équivalent de l’anglais, rendant, comme le soulignait déjà René Lévesque il y a plusieurs décennies, la décision de l’immigrant de s’intégrer ou non dans notre langue beaucoup plus ardue puisque le français n’y apparaît plus comme une langue incontournable.

Qui est Luc Lefebvre?

Ce mépris du français, affiché par Luc Lefebvre, ne devrait pas nous surprendre. Son profil Facebook place bien en exergue trois citations écrites dans la langue de Shakespeare, démontrant son attrait pour cette langue, mais il faut aller plus loin pour bien comprendre de quelle façon cet individu considère le français comme étant un canard boîteux devant s’effacer devant la toute-puissante langue impériale anglaise.

Luc Lefebvre, avant de créer son Kwebek Leaks, a participé à plusieurs forums sur Internet, notamment celui des Loco Locass. Son pseudo? Redsaber. Un autre nom en anglais, évidemment. Il a écrit des milliers de messages sur ce forum et il serait extrêmement fastidieux d’en faire une analyse précise, mais on peut déjà présenter quelques cas intéressants.

  1. Mépris d’un individu exigeant une traduction d’un de ses commentaires en anglais. Un participant au forum a demandé gentiment à M. Lefebvre de traduire un commentaire écrit en anglais. M. Lefebvre lui a répondu: « Va apprendre l’anglais esti d’inculte! ». LIEN.
  2. Mépris de ceux qui ne parlent pas anglais. M. Lefebvre, plutôt que de traduire un passage pour un commentateur, lui a répondu: « Alors arrête de me faire chier, et va te trouver des amis pour apprendre l’anglais. » LIEN.
  3. Mépris de ceux qui ne parlent pas anglais (bis). Encore une fois, M. Lefebvre dévalorise ceux qui ne parlent pas cette langue étrangère: « C’est vous autres les 2 caves qui savez pas lire en anglais ici, pas moi. » LIEN.
  4. Mépris du caractère français du Québec. Luc Lefebvre a également écrit: « Et le Québec lui? Son histoire est pas francaise/anglaise? […] En quoi suis-je plus colonisé que toi si je crois que mon pays, le Québec, est Français, et malgré tout, anglais? » LIEN. Aucun respect pour la Loi 101, pour la libération linguistique des Québécois… On voit déjà ici ce qui a mené à la situation actuelle: M. Lefebvre rejette tout l’aménagement linguistique québécois basé sur l’unilinguisme français.
  5. Anglomanie. À un commentateur qui se plaignait de la difficulté à travailler en français, Luc Lefebvre lui a répondu: « Apprends l’anglais, l’reste de la planète le parle. » Lorsque quelqu’un lui a fait remarquer qu’il devrait alors apprendre le mandarin puisque c’est effectivement la langue la plus parlée sur la planète, il l’a traité d’ « emmerdant » avec ses « histoires de colonisés ».  LIEN.

On pourrait ajouter un point un peu cocasse, bien qu’il ne soit pas directement relié à la langue. Luc Lefebvre a communiqué avec les médias sous le pseudonyme de l’intellectuel – anglophone, cela va de soi – Noam Chomsky, qui est considéré comme un anarchiste de mouvance socialiste. Assange, fondateur de Wikileaks, est aussi considéré, selon certains, comme un anarchiste. Mais que pensait vraiment Lefebvre de l’anarchisme, il y a quelques années à peine: « Je blagues [sic] pas quand je parles des anarchistes, ils devraient vraiment disparaître de la surface du globe. C’est du pu [sic] dans une plaie trop longtemps ouverte. » LIEN.

En fait, il serait possible de continuer très longtemps à analyser ses commentaires. La contribution de Luc Lefebvre au débat linguistique, depuis plusieurs années, se résume à la promotion constante de l’anglais dans toutes les sphères de la société, au mépris de ceux qui ne le parlent pas, à la valorisation de l’anglais au Québec et à l’appui au bilinguisme généralisé. Il nage dans la langue anglaise, il s’y baigne tellement qu’il a fini par considérer que la normalité était de la parler et que quiconque s’opposerait à sa soi-disant suprématie serait un « colonisé ».

Or, et pour revenir à nos moutons, toujours pour parler de Luc Lefebvre, comment pourrait-on dissocier le noble but de « Kwebek Leaks » – partager de l’information sensible – du mépris total de notre langue commune démontré par son porte-parole, non seulement par ses écrits passés, mais par son anglomanie présente, telle que démontrée par le nom de l’organisme et le site web faisant une large place à l’anglais?

À tous les jours, on demande aux Québécois de se respecter. On leur dit de refuser d’acheter dans un commerce où leur langue n’est pas respectée. Même le gouvernement du Québec distribue des autocollants marqués « Ici, on commerce en français ». Parfois, on se prive d’un bel achat. On a les mains pleines, mais on laisse tout tomber et on s’en va sans rien acheter parce qu’on n’a pu respecter notre langue nationale. On le fait par conviction, parce qu’on comprend que notre langue ne peut s’échanger ni contre un objet quelconque ni sous le prétexte de faire trembler des Grands.

Des Grands qui sont grands parce que nous sommes petits, désunis, et que nous avons fait passer nos intérêts individuels avant ceux de la collectivité. Une collectivité francophone, n’en déplaise à M. Lefebvre.

Faudra-t-il boycotter « Kwebek Leaks »?

Pas parce que l’idée est mauvaise.

Parce que notre langue n’a pas de prix: aucune révélation ne mérite qu’on lui manque de respect.

Le français, au Québec, sera toujours aussi fort que notre capacité à l’imposer comme langue incontournable de toutes les affaires publiques.

10 trucs pour faire face aux clients difficiles
3 mars 2009

Avez-vous déjà fait face à des gens hautains, médisants voire méchants lorsque vous travaillez?  Si votre emploi est avec le public, la réponse est très certainement oui.  Voici quelques trucs pour vous aider à faire face à ces gens qui ne savent pas agir en société.

1. Voir la peur derrière le mépris

La plupart du temps, derrière une personne méprisante se cache un individu qui a peur. Quelqu’un qui a, pour des raisons diverses, déclaré forfait devant une partie de sa vie, et qui a vu son réseau social se rétrécir considérablement.

Quand on subit l’isolement de cette façon, les relations interpersonnelles deviennent plus difficiles, comme lorsqu’on recommence à patiner ou à skier après quelques années de pause. Les capacités interpersonnelles se développent; on ne naît pas mésadapté, on le devient.

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