Les universités anglos : malades d’étudiants étrangers
4 mai 2012

N.B. Ce texte, non publié jusqu’à aujourd’hui, m’a été soumis par Michel Moisan, professeur de physique à l’Université de Montréal. Le sujet est tout à fait connexe à l’apartheid universitaire que je dénonce dans mon essai. En rouge, quelques passages qui me semblent particulièrement pertinents.


Les étudiants étrangers et leur financement par l’État québécois

Les étudiants universitaires en grève se posent, avec raison, la question du bon usage du budget de l’État fait par nos universités. La présence des étudiants étrangers dans le système universitaire est un aspect méritant d’être examiné de ce point de vue.

Les coûts du système universitaire de premier cycle sont principalement à la charge du gouvernement du Québec, en d’autres mots c’est le contribuable québécois qui doit en assurer l’essentiel du financement. Il est possible de distinguer deux groupes d’étudiants étrangers que nous sommes justifiés d’accueillir dans nos universités (nous allons nous en tenir aux études de niveau baccalauréat (premier cycle), excluant donc les Études de maîtrise et de Ph. D. dans ce qui suit).

  • Ceux-ci proviennent de pays en émergence ou en voie de développement. Les recevoir dans nos universités constitue une contribution québécoise à l’aide internationale, encore faudrait-il toutefois que le niveau de ce financement soit en conformité avec les priorités du budget du Québec.
  • Ceux-ci proviennent de pays développés et il y a une perspective d’échange, de réciprocité. C’est le cas des ententes universitaires avec la France, mais pas (ou très peu) avec les États-Unis. On peut se poser la même question pour les provinces canadiennes. Le fait est qu’en 1996, le Ministère de l’Éducation du Québec avait imposé aux étudiants canadiens inscrits dans les universités québécoises, à défaut de réciprocité, des frais de scolarité qui correspondaient à la moyenne des frais de scolarité des provinces canadiennes. Dans ce qui suit, le terme étudiant étranger désigne à la fois les Canadiens hors-Québec et les Internationaux.

Considérer le financement global des divers ministères et non pas seulement celui du Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS)

Dans l’examen des coûts de formation de ces étudiants, il y a lieu de prendre en compte toutes les contributions gouvernementales québécoises, non seulement celles du MELS mais aussi celles des autres ministères comme, dans l’exemple qui suit, du Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS).

Pour aborder cet aspect, considérons le coût de la formation des étudiants en médecine (il faut quatre ans pour obtenir le titre de MD avec une année préparatoire selon la formation antérieure, notamment pour les Cégépiens). Si l’on s’en tient au seul financement de l’enseignement universitaire (enveloppe budgétaire du MELS), les étudiants canadiens hors-Québec en médecine paient environ 9 000 $/an et leurs confrères internationaux (notamment Américains) environ 24 000 $/an. Mais ce poste ne comprend pas le financement par le MSSS, portant à environ 300 000 $ le coût global estimé pour le cours de MD (document UdeM). Puisque 47,6 % de la cohorte MD de McGill (par rapport à 2,1 % pour celle de l’UdeM) ne vont pas exercer au Québec et ne jamais y payer d’impôts, c’est du financement à perte. En excluant les étudiants du Nouveau Brunswick à qui la Faculté de médecine de l’UdeM réserve chaque année trois places sur demande du Gouvernement, la perte pour le contribuable québécois, par étudiant canadien hors-Québec diplômé, est d’environ 260 000 $ alors qu’elle est d’au minimum 175 000 $ pour les Internationaux.

Certes, McGill est une université reconnue en médecine, mais est-ce judicieux que nous contribuions à financer un aussi grand nombre d’étudiants canadiens hors-Québec et de « pauvres » étudiants américains? Surtout, ne prive-t-on pas ainsi le Québec de médecins dont on déplore, dans les journaux, qu’ils ne sont pas assez nombreux ? Qui plus est, la forte présence d’étudiants non québécois fait en sorte que la formation dispensée ne tient pas suffisamment compte des besoins populationnels exprimés par le MSSS, par exemple au cours des années passées, pour une formation accrue en médecine familiale. Il semble en effet mieux indiqué pour McGill de préparer des médecins spécialistes, ce qui est plus prestigieux pour sa « réputation internationale » on en conviendra.

Partage des programmes entre universités

Si un programme doit son existence à la présence majoritaire d’étudiants non québécois, n’y aurait-il pas lieu d’établir ce programme dans une seule université (francophone ou anglophone, suivant le cas). Plusieurs programmes de McGill et Concordia devraient être examinés sous cet angle puisque ce sont ces universités qui reçoivent le plus d’étudiants internationaux et canadiens hors-Québec. Considérons, à cet effet, le taux de rétention au Québec des diplômés de McGill en Médecine dentaire, qui se situe entre 45 et 50% (pourcentage tenant compte d’un éventuel stage de formation en dehors du Québec, après leur diplomation, avant leur inscription à l’Ordre des dentistes) : on peut s’interroger sur l’opportunité de former des dentistes à McGill (29 étudiants inscrits/an et 85 à l’UdeM). Pourquoi ne pas en faire un seul programme, regroupé à l’UdeM pour ce qui est de l’enseignement magistral qui, comme il se donne en français, augmenterait le taux de rétention des diplômés puisque ceux-ci pourraient plus facilement obtenir le permis d’exercer au Québec de l’Office Québécois de la Langue Française (OQLF). Le chevauchement de programmes conduit à des coûts encourus à perte, sans qu’il le sache, par le contribuable québécois.

Le cas de Bishop university

Cette université de premier cycle comptait, il y a quelque temps, une majorité d’étudiants Canadiens hors-Québec. Il a déjà été suggéré dans le passé de fermer cet établissement pour mettre fin à une perte financière, sans contrepartie, pour le contribuable québécois. Notons d’ailleurs que son Principal s’est octroyé (à même les impôts des Québécois) salaire et avantages (315 225 $ pour veiller sur 2200 étudiants) dépassant ceux du Recteur de l’université de Sherbrooke (282 700 $ pour 37 000 étudiants): n’importe quoi pourrait-on dire.

Revenus en provenance des droits de scolarité, frais afférents et frais administratifs

Au début, la différence entre les droits de scolarité perçus par l’université pour les étudiants non québécois par rapport à ceux des étudiants résidants du Québec revenait intégralement au MELS. Ce n’est plus le cas maintenant alors qu’une partie importante de cette différence est intégrée au budget de chaque université. Ainsi, à McGill le montant moyen annuel encaissé par étudiant équivalent-plein temps (comprenant une partie de droits de scolarité plus les frais afférents et administratifs) est de 6 916 $ alors qu’à l’UdeM, il n’est que de 2 791 $ (chiffres 2011 : l’UdeM reçoit, en premier lieu, comme étudiants internationaux des Français dont les frais de scolarité sont les mêmes que ceux des étudiants québécois). Ceci donne un avantage budgétaire net à McGill sur l’UdeM d’environ 87 millions $/an (pour 8 500 étudiants en moins à McGill!).

Par ailleurs, comme nous venons de le voir, plusieurs de ces étudiants non québécois vont quitter le Québec avec leur diplôme, sans contribuer ultérieurement par leurs impôts au financement (comme tous les Québécois) du système universitaire. Autrement dit, McGill profite du système actuel de droits de scolarité à titre personnel et laisse le contribuable québécois acquitter les pertes en impôts.

Conclusion

L’examen de l’aspect budgétaire de la formation universitaire au premier cycle fait apparaître des distorsions importantes dans les revenus encaissés par les universités en moyenne par étudiant et dans la rétention au Québec des diplômés les plus coûteux en termes de formation.

En effet, McGill retire des revenus par étudiant dépassant largement ceux de l’UdeM et engrange cette différence dans son budget de fonctionnement. Par ailleurs, bon nombre d’étudiants non québécois dont la formation est coûteuse vont quitter le Québec sans jamais participer, par les impôts, au financement du système qui les a formés. Les universités anglophones (qui accaparent plus de 25% du financement global au Québec) sont particulièrement visées car elles reçoivent, davantage que les universités francophones, des étudiants internationaux (payant le tarif international à la différence des Français) et canadiens hors-Québec.

Pour mettre fin à l’accueil disproportionné de non-Québécois, par exemple, en Médecine et Médecine dentaire et tenir davantage compte des besoins du Québec, McGill devrait dispenser la moitié de son enseignement de médecine en français. Que penser, en même temps, des étudiants québécois francophones qui n’ont peut-être pas pu concourir à égalité (c’est-à-dire en se reportant à la cote R des Cégeps) avec des étudiants étrangers. Ainsi, à McGill les Américains ont des sièges « autorisés » en Médecine par le MSSS (pourquoi ?) et il ne semble pas y avoir de limitations à l’inscription des étudiants Canadiens non résidants du Québec. Ceux-ci contribueraient ultérieurement, dit-on, au fonds de dotation de McGill (affirmation faite sous toute réserve) !

Enfin, compte tenu du taux très élevé d’étudiants étrangers (25% de son contingent, les Canadiens hors-Québec étant en sus de ce pourcentage), le fait que des étudiants québécois n’entrent pas dans le système universitaire craignant un endettement excessif ne saurait être une véritable préoccupation de la Principale de McGill : quoiqu’elle en dise, son université fera toujours le plein d’étudiants, qui plus est des étudiants « qui rapportent ».

Michel Moisan, professeur de Physique, Université de Montréal

Sources : Pierre Dubuc, Le Devoir, 6 avril 2012.– Patrick Sabourin : un médecin pour le prix de deux, Action Nationale, décembre 2006.– Rapports annuels des établissements, MELS, Assemblée nationale, novembre 2011. — Mémoire UdeM à la Commission parlementaire sur la qualité, l’accessibilité et le financement des universités, février 2004. États financiers des universités Concordia, McGill et Montréal.

Ma réplique à McGill
3 mai 2012

J’aimerais prendre le temps de répondre aux arguments proposés par Olivier Marcil, « vice-principal (sic), affaires externes de l’Université McGill », contre la thèse centrale de mon essai : McGill est sur-financée.

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Dans un premier temps, M. Marcil affirme vouloir « rétablir les faits » en affirmant que les universités québécoises sont financées en fonction de leur nombre d’étudiants. Je ne nie pas cette réalité ; cette réalité fait précisément partie du problème. Comme je l’expliquais moi-même à la journaliste ayant réalité l’entrevue avec moi, on pourrait imaginer un scénario où 100% des Québécois fréquenteraient 100% d’universités anglophones financées à 100% du budget. Selon cette vision étriquée, rien ne clocherait avec cette situation, même s’il n’y avait pas un seul cours en français au Québec !

C’est le gouvernement qui finance l’éducation ; cette ressource est donc collective. Et si elle est collective, elle doit servir les intérêts de la collectivité. Quel intérêt la collectivité québécoise trouve-t-elle dans le fait de financer à près de 30% les services universitaires d’une minorité anglophone historique formant moins de 6% de la population ?

Le texte tente de répondre à cette question en parlant d’un « impact économique » de 5,2 milliards de dollars pour McGill au Québec. À suivre sa logique, si on francisait l’institution, cet impact disparaîtrait. Or, il n’en est rien du tout. McGill pourrait continuer d’avoir la même clientèle, mais celle-ci serait simplement francisée. Si cette francisation entraînait une baisse de la clientèle – on pourrait imaginer que des Canadiens auraient moins d’intérêt à venir étudier dans une université francophone – ce serait une clientèle qui est de toute façon déjà subventionnée largement par l’État québécois.

M. Marcil affirme que les étudiants étrangers paient plus cher que les étudiants québécois. C’est vrai. Mais ils paient beaucoup moins que le coût de leur éducation. C’est donc dire que ce sont les Québécois qui, avec leurs impôts, financent l’éducation en anglais d’un étudiant étranger venant chez nous non pas pour participer à la culture québécoise, mais pour s’en éloigner. J’ai déjà traité de ce sujet dans un billet précédent :

Selon des données du Ministère de l’éducation, du loisir et du sport (MELS), une année d’université coûte en moyenne 29 941$ aux contribuables québécois. Généralement, les étudiants étrangers paient entre 10 000$ et 20 000$ par année, l’État comblant la différence. En utilisant une contribution minimale de 10 000$ par étudiant, cela donne une dépense de 114 millions de dollars de la part des Québécois. En fait, la situation est pire : le deuxième contingent étranger, originaire de la France, jouit d’une entente de réciprocité lui permettant de payer la même somme que les Québécois. Nous utilisons donc le 114 millions de dollars à titre de MINIMUM absolu payé par le gouvernement québécois pour les étudiants étrangers.

Dans le cas des étudiants canadiens, ceux-ci paient la moyenne canadienne, soit 5378$ par année. Conséquemment, l’État québécois finance à hauteur de 24 563$ chacun de ceux-ci (29 941$ – 5378$). Si on multiplie cette somme par les 13 452 étudiants canadiens fréquentant les universités de langue anglaise, on obtient la somme de 330 millions de dollars.

En clair, c’est près de 444 millions de dollars qui peuvent être économisés simplement en faisant payer le juste prix aux étudiants canadiens et étrangers qui viennent étudier chez nous dans une langue autre que la langue officielle. Un peu moins d’un demi-milliard de dollars simplement pour faire encore moins que ce que font déjà la quasi-totalité des nations sur cette planète : financer un seul réseau d’éducation nationale avec des services destinés à la minorité historique.

Par ailleurs, si on veut dépenser un demi-milliard par année en espérant obtenir des retombées supérieures, c’est un calcul qui doit être fait non seulement en considérant l’impact économique (ce qui reste à démontrer, rappelons-le), mais également en considérant l’impact linguistique. Quel impact pour la nation québécoise d’avoir un surplus d’anglophones au Québec dans un contexte d’anglicisation rapide de Montréal ?

Un autre argument invoqué par M. Marcil est celui consistant à affirmer que la majorité des étudiants en médecine viennent du Québec. C’est vrai. Ce qu’il omet de dire, c’est que 45% des étudiants en médecine à McGill quittent le Québec après leurs études. On parle de 160 000$ par année pour former un médecin, mais quel retour sur son investissement pour l’État québécois ?

Le texte affirme également que le RUIS-McGill, qui couvre 63% du territoire québécois, offre des services en français, mais ce qu’il ne dit pas, c’est que la porte d’entrée des services hospitaliers surspécialisés, à Montréal, se fait dans une institution où le personnel administratif n’a pas d’obligation formelle de parler français, et que certains services aux patients ne sont pas offerts en français. Dans ce RUIS, les liens sont également beaucoup plus forts avec l’Ontario, dont le territoire jouxte le RUIS-McGill, qu’avec le reste du Québec. Cela facilite le passage des futurs médecins vers cette province ou vers les États-Unis.

* * *

Je remercie M. Marcil d’avoir bien voulu répliquer à Apartheid universitaire, mais je suis déçu du manque de substance de ses commentaires. Il attaque ma thèse par le contour et se contente de dire, concernant son cœur, qu’elle serait « difficilement réalisable dans un contexte québécois ».

J’aimerais lui rappeler que la plupart des avancées sociales sont « difficilement réalisables » avant d’être réalisées. Qui aurait pu imaginer, en 1962, la Loi 101 de 1977? Qui aurait pu imaginer, en 1947, la Révolution tranquille du début des années 60 ? Qui aurait pu croire qu’il puisse être possible, au Québec, de construire une société moderne, et laïque, après des siècles où le clergé était omniprésent ?

La seule chose qui puisse rendre « difficilement réalisable » le financement équitable et proportionnel au poids démographique des institutions de notre minorité historique, c’est notre propre incapacité à concevoir qu’on puisse véritablement achever la Révolution tranquille en donnant l’air permettant de figer le béton, en s’attaquant, une fois pour toutes, aux privilèges d’universités anglaises se considérant comme le prolongement d’une majorité canadienne intégrant en anglais plutôt que comme un réseau québécois minoritaire s’adressant avant tout aux anglophones de souche.

Apartheid universitaire : mettons fin au sur-financement
30 avril 2012

Il ne reste plus que quelques jours avant la sortie de mon livre. Voici une vidéo où je parle de quelques-uns des nombreux sujets traités dans cet essai, notamment :

1) Les institutions universitaires de la minorité de langue anglaise du Québec sont sur-financées par rapport à son poids démographique ;

2) Les étudiants étrangers ne paient pas le plein prix et on pourrait facilement aller chercher ces sommes avant de hausser les frais de scolarité ;

3) Le Québec constitue une anomalie : aucune nation sur cette planète, qu’elle soit souveraine ou dans un cadre fédératif, ne finance davantage les services à sa minorité que le Québec.

APARTHEID UNIVERSITAIRE, en vente dans toutes les bonnes librairies le 9 mai prochain.

Un racisme ordinaire
4 mars 2012

À l’origine d’une manifestation hostile au français de la part de suprématistes anglophones ontariens, la fille du maire, qui ne peut se faire engager à l’hôpital parce qu’elle ne maîtrise pas le français. Plutôt que de simplement l’inciter à apprendre la langue de 28% de ses concitoyens, on en a fait une bataille rangée contre le bilinguisme et la « discrimination » (sic) faite aux anglophones unilingues. Encore une fois, le racisme anglophone dans toute sa splendeur !

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Il y a quelque chose de pathétique dans l’attitude des ces anglophones. Plutôt que de reconnaître qu’une grande partie de la population parle français et d’accepter de s’ouvrir à cette réalité en offrant des services à cette minorité, on organise une manifestation, on veut couper les subventions à l’hôpital, on prend d’assaut l’hôtel de ville pour éliminer les droits des francophones.

Pour le plaisir de la chose, j’ai compilé certaines données comparant Cornwall, la ville de Montréal et la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal.

Proportion des populations de langue maternelle anglaise et française, et taux de bilinguisme de celles-ci, Cornwall et Montréal, 2006
Cornwall Montréal (ville)* Montréal (RMR)
Langue maternelle anglaise 65% 13% 12%
Langue maternelle française 28% 53% 65%
Taux de bilinguisme des anglophones 27% 70%
Taux de bilinguisme des francophones 92% 48%
Source : Statistique Canada

*Je n’ai pas trouvé les données sur le taux de bilinguisme de chaque communauté linguistique dans la ville de Montréal ; celles-ci devraient être semblables à celles de la RMR, avec un bilinguisme probablement légèrement supérieur pour les francophones.

Qu’est-ce que nous apprend le tableau ci-haut ? Il nous apprend ceci : la minorité francophone de Cornwall est plus de deux fois plus importante que la minorité anglophone à la fois de Montréal et de la RMR de Montréal. Un peu moins d’un citoyen de Cornwall sur trois a le français comme langue maternelle. Malgré cela, seulement un anglophone sur quatre est bilingue. À l’inverse, dans la RMR de Montréal, seulement un citoyen sur sept a l’anglais comme langue maternelle, mais un francophone sur deux est bilingue.

Voyez-vous la différence ?

En clair, la majorité anglophone de Cornwall ne veut rien savoir du français. Elle n’a aucun intérêt à apprendre la langue d’un tiers de ses concitoyens. Et pourtant, alors que Cornwall n’offre presque aucun service en français – sinon ceux de son hôpital et quelques services municipaux – pour son 28% de population francophone, Montréal a bilinguisé l’ensemble de ses services et on demande le bilinguisme a n’importe quel commis de dépanneur, tout ceci pour une minorité de 12% de la population.

C’est le deux poids, deux mesures.

Cette manifestation des anglophones contre le bilinguisme ne devrait-elle pas nous forcer à nous questionner sur notre propre attitude ? Pourquoi nous, Québécois, devrions-nous servir notre minorité de 12% de la population en anglais quand des francophones, comme nous, sont systématiquement dénigrés même s’ils forment 28% de la population ? Pourquoi nous, Québécois, barbouillons-nous systématiquement d’anglais nos institutions, nos villes, nos commerces, pendant que les anglophones d’à côté méprisent les droits de leur minorité francophone ?

On aurait tort de croire qu’il s’agit bêtement d’un fait divers. Nous sommes plutôt témoins de l’expression de la fermeture et du racisme ordinaire qui anime la majorité anglophone canadienne. Cette majorité qui, de tout temps, a tout fait pour éradiquer le français, que ce soit au moyen de lois interdisant son apprentissage à l’école, de lois anti-bilinguisme ou de jeux de coulisse éliminant le pouvoir d’attraction de notre langue.

Alors que le français ne constitue pas la moindre menace pour la langue anglaise en Ontario, on veut quand même le réduire à une peau de chagrin, l’éliminer en douceur. Ici, au Québec, alors que notre langue recule, que le tout-anglais s’impose de plus en plus, on anglicise jusqu’à nos enfants de sixième année et on refuse de faire du français la langue normale et commune de notre nation.

Retour aux origines

Il serait bon de revenir à nos origines. Nous sommes devenus des Québécois, laissant tomber notre nationalité canadienne-française, parce que nous avons compris que la seule façon de survivre face au racisme canadien était de devenir majoritaires sur un territoire pour faire du français la seule langue normale de fonctionnement, comme l’anglais l’était partout ailleurs dans le pays.

Pendant plusieurs décennies, un équilibre précaire s’est établi, alors que les attaques répétées contre le français en-dehors du Québec ont été contre-balancées par l’affirmation de plus en plus forte du français en tant que seule langue commune et nationale des Québécois.

Aujourd’hui, cet équilibre n’existe plus. Les attaques contre les francophones hors-Québec sont devenues tellement quotidiennes et normales que ceux-ci ont de la difficulté à maintenir des services minimaux. Parallèlement, le Québec s’anglicise tellement rapidement qu’il devient possible de vivre une vie entière en anglais chez nous.

Voilà pourquoi je remercie ces manifestants racistes. Je les remercie chaleureusement. Leur haine et leur mépris des francophones contribue à nous rappeler ce que nous avons à attendre du Canada et ce qui arrive au bilinguisme dès que la langue minoritaire devient assez faible pour qu’on passe outre celle-ci.

Je leur dis également merci parce qu’ils nous rappellent que le combat pour assurer la primauté de notre langue au Québec est juste, et que si le 28% de francophones de Cornwall n’a droit qu’à des pinottes en matière de services, il serait grand temps pour nous de réviser à la baisse ceux de notre 12% d’anglophones de la région de Montréal.

Tiens, on pourrait commencer par mettre la hache dans McGill et Concordia, qui se partagent 42% du financement universitaire de la RMR, pour une population anglophone de 12% et une population anglophone historique (née au Québec) de moins de 9%.

Ah, mais non… Nous aurions tous les anglophones et anglomanes de service sur notre dos à crier à la discrimination. Comprenez bien : quand on élimine les services en français de la minorité francophone canadienne, c’est bien. Quand on veut mettre fin au sur-financement des services en anglais de la minorité anglophone québécoise, c’est mal.

Il serait peut-être temps de relever la tête, ne croyez-vous pas ?

Le racisme ordinaire, ça commence également dans nos têtes, à croire que l’anglais nous est obligatoire pendant que le français ne l’est pas pour nos voisins canadiens.

Frais de scolarité : la perspective nationale
19 février 2012

Dans le débat sur la hausse des frais de scolarité, il y a un enjeu qui est totalement laissé de côté : celui de la perspective nationale. Si l’éducation constitue un bien public, et si le gouvernement est honnête dans sa rhétorique selon laquelle les frais imposés aux étudiants permettraient d’augmenter le financement de 216 millions de dollars pour les universités, il aurait alors fallu se demander s’il n’y avait pas une manière d’aller chercher cette somme sans imposer ce fardeau supplémentaire aux étudiants québécois.



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La hausse des frais de scolarité est injuste. Cela est une évidence, car l’ensemble des études démontrent non seulement qu’elle entraîne une baisse de la fréquentation, mais également une augmentation des coûts pour l’État car les individus moins éduqués sont en général plus souvent malades, ont plus souvent affaire avec la justice et profitent généralement davantage du chômage.

Existe-t-il une manière d’augmenter le financement sans s’en prendre aux étudiants québécois ?

La réponse est OUI : l’éducation étant un bien collectif et ce bien collectif appartenant aux Québécois, qui ont la langue française comme langue nationale, il suffirait de faire payer le plein prix aux étudiants canadiens et étrangers qui fréquentent les universités de langue anglaise. Autrement dit : il ne faut plus accepter que des gens viennent contribuer à notre anglicisation à nos frais. Si des étudiants d’ailleurs veulent étudier à McGill, Concordia ou Bishop’s, qu’ils paient le prix complet de leur éducation.

Le tableau ci-haut devrait convaincre n’importe quel lecteur de l’importance numérique des étudiants canadiens et étrangers dans les universités de langue anglaise. En 2008, il y avait 11 447 étudiants étrangers et 13 452 étudiants canadiens dans les trois universités de langue anglaise au Québec, des universités devant, théoriquement, s’adresser à la minorité nationale. À McGill, il significatif de noter que près d’un étudiant sur deux ne vient pas du Québec.

Selon des données du Ministère de l’éducation, du loisir et du sport (MELS), une année d’université coûte en moyenne 29 941$ aux contribuables québécois. Généralement, les étudiants étrangers paient entre 10 000$ et 20 000$ par année, l’État comblant la différence. En utilisant une contribution minimale de 10 000$ par étudiant, cela donne une dépense de 114 millions de dollars de la part des Québécois. En fait, la situation est pire : le deuxième contingent étranger, originaire de la France, jouit d’une entente de réciprocité lui permettant de payer la même somme que les Québécois. Nous utilisons donc le 114 millions de dollars à titre de MINIMUM absolu payé par le gouvernement québécois pour les étudiants étrangers.

Dans le cas des étudiants canadiens, ceux-ci paient la moyenne canadienne, soit 5378$ par année. Conséquemment, l’État québécois finance à hauteur de 24 563$ chacun de ceux-ci (29 941$ – 5378$). Si on multiplie cette somme par les 13 452 étudiants canadiens fréquentant les universités de langue anglaise, on obtient la somme de 330 millions de dollars.

En clair, c’est près de 444 millions de dollars qui peuvent être économisés simplement en faisant payer le juste prix aux étudiants canadiens et étrangers qui viennent étudier chez nous dans une langue autre que la langue officielle. Un peu moins d’un demi-milliard de dollars simplement pour faire encore moins que ce que font déjà la quasi-totalité des nations sur cette planète : financer un seul réseau d’éducation nationale avec des services destinés à la minorité historique.

La nécessité de la cohérence

Cette solution est d’une simplicité désarmante. Parfois, les meilleures solutions le sont. Outre sa simplicité, elle a également le mérite d’être cohérente et de s’opposer aux arguments fallacieux à la fois de fédérations étudiantes préférant faire les yeux doux aux anglophones et d’un gouvernement ayant choisi la voie de la marchandisation de l’éducation.

Actuellement, le débat porte principalement sur les conséquences INDIVIDUELLES des choix éducatifs. Pour les étudiants, sauf de rares exceptions, on parle principalement des conséquences personnelles, de l’incapacité à allier travail et études, des risques de décrochage, etc. Au gouvernement, on rétorque que l’éducation constitue un investissement et qu’il serait donc logique d’investir dans son avenir individuel puisqu’il y aurait un salaire plus élevé en bout de piste.

Ces deux arguments sont incomplets parce qu’ils partent du principe que l’éducation est un bien individuel.

L’éducation, au contraire, constitue un bien collectif à partir du moment où l’État en assume ne serait-ce qu’une partie. Si l’État paie pour celle-ci, c’est parce qu’il a été démontré que l’éducation est rentable collectivement, qu’elle permet d’améliorer la société. L’État ne paie pas pour la réussite individuelle de chaque élève, mais pour la réussite COLLECTIVE de la société.

Ainsi, si l’éducation constitue un bien national profitant à l’ensemble de la collectivité québécoise et si la langue de la nation québécoise est le français, ne serait-il pas normal de s’attendre à ce que les étudiants canadiens et étrangers participant à notre anglicisation paient l’entièreté de leur éducation ? Ne serait-il pas normal, plutôt que de répartir la hausse des coûts également sur l’ensemble des étudiants, québécois, canadiens, étrangers, francophones, anglophones, de viser en priorité ceux dont le retour prévu pour la collectivité est le plus faible ?

Quand on sait que près d’un médecin sur deux formé à McGill quitte pour les États-Unis après sa formation, quand on sait que les étudiants étrangers retournent le plus souvent chez eux après avoir terminé leurs études, privant ainsi la société québécoise des fruits de l’investissement, pourquoi ne demanderait-on pas à ceux-ci de payer le juste coût de leur formation ? Dès qu’on a compris que l’éducation constitue un bien collectif, il devient sensé d’exiger que ceux qui ne participent pas durablement à cette collectivité paient plus cher que les autres.

L’idéal, bien sûr, serait de faire du Québec une nation normale, à l’image des autres sur cette planète, qui ne financent qu’un seul réseau d’éducation dans la langue nationale. L’idéal, ce serait évidemment que les universités de langue anglaise – financées à 29,3% du budget total – soient intégrées dans un seul réseau francophone avec quelques services correspondant au 5,6% de la population que constitue la minorité anglophone historique. L’idéal serait que le réseau d’éducation national dans la langue nationale soit entièrement gratuit de la maternelle au doctorat.

Même si ce monde est imparfait, nous pouvons néanmoins tendre vers une plus grande perfection. Celle-ci exige à tout le moins de reconnaître qu’il est injuste de faire payer si peu pour des étudiants d’ailleurs venant s’angliciser et nous angliciser chez nous.

Nous devons également reconnaître qu’une sortie de la crise actuelle respectant le caractère public de l’éducation consiste à ne pas cracher sur le demi-milliard de dollars que nous perdons en continuant à subventionner le monde entier pour qu’il vienne affaiblir pour quelques années notre langue avant de repartir créer de la richesse ailleurs.

À quand une véritable politique d’éducation nationale réellement accessible et au service de la nation québécoise ?

Frais de scolarité : la perspective nationale
19 février 2012

Dans le débat sur la hausse des frais de scolarité, il y a un enjeu qui est totalement laissé de côté : celui de la perspective nationale. Si l’éducation constitue un bien public, et si le gouvernement est honnête dans sa rhétorique selon laquelle les frais imposés aux étudiants permettraient d’augmenter le financement de 216 millions de dollars pour les universités, il aurait alors fallu se demander s’il n’y avait pas une manière d’aller chercher cette somme sans imposer ce fardeau supplémentaire aux étudiants québécois.



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La hausse des frais de scolarité est injuste. Cela est une évidence, car l’ensemble des études démontrent non seulement qu’elle entraîne une baisse de la fréquentation, mais également une augmentation des coûts pour l’État car les individus moins éduqués sont en général plus souvent malades, ont plus souvent affaire avec la justice et profitent généralement davantage du chômage.

Existe-t-il une manière d’augmenter le financement sans s’en prendre aux étudiants québécois ?

La réponse est OUI : l’éducation étant un bien collectif et ce bien collectif appartenant aux Québécois, qui ont la langue française comme langue nationale, il suffirait de faire payer le plein prix aux étudiants canadiens et étrangers qui fréquentent les universités de langue anglaise. Autrement dit : il ne faut plus accepter que des gens viennent contribuer à notre anglicisation à nos frais. Si des étudiants d’ailleurs veulent étudier à McGill, Concordia ou Bishop’s, qu’ils paient le prix complet de leur éducation.

Le tableau ci-haut devrait convaincre n’importe quel lecteur de l’importance numérique des étudiants canadiens et étrangers dans les universités de langue anglaise. En 2008, il y avait 11 447 étudiants étrangers et 13 452 étudiants canadiens dans les trois universités de langue anglaise au Québec, des universités devant, théoriquement, s’adresser à la minorité nationale. À McGill, il significatif de noter que près d’un étudiant sur deux ne vient pas du Québec.

Selon des données du Ministère de l’éducation, du loisir et du sport (MELS), une année d’université coûte en moyenne 29 941$ aux contribuables québécois. Généralement, les étudiants étrangers paient entre 10 000$ et 20 000$ par année, l’État comblant la différence. En utilisant une contribution minimale de 10 000$ par étudiant, cela donne une dépense de 114 millions de dollars de la part des Québécois. En fait, la situation est pire : le deuxième contingent étranger, originaire de la France, jouit d’une entente de réciprocité lui permettant de payer la même somme que les Québécois. Nous utilisons donc le 114 millions de dollars à titre de MINIMUM absolu payé par le gouvernement québécois pour les étudiants étrangers.

Dans le cas des étudiants canadiens, ceux-ci paient la moyenne canadienne, soit 5378$ par année. Conséquemment, l’État québécois finance à hauteur de 24 563$ chacun de ceux-ci (29 941$ – 5378$). Si on multiplie cette somme par les 13 452 étudiants canadiens fréquentant les universités de langue anglaise, on obtient la somme de 330 millions de dollars.

En clair, c’est près de 444 millions de dollars qui peuvent être économisés simplement en faisant payer le juste prix aux étudiants canadiens et étrangers qui viennent étudier chez nous dans une langue autre que la langue officielle. Un peu moins d’un demi-milliard de dollars simplement pour faire encore moins que ce que font déjà la quasi-totalité des nations sur cette planète : financer un seul réseau d’éducation nationale avec des services destinés à la minorité historique.

La nécessité de la cohérence

Cette solution est d’une simplicité désarmante. Parfois, les meilleures solutions le sont. Outre sa simplicité, elle a également le mérite d’être cohérente et de s’opposer aux arguments fallacieux à la fois de fédérations étudiantes préférant faire les yeux doux aux anglophones et d’un gouvernement ayant choisi la voie de la marchandisation de l’éducation.

Actuellement, le débat porte principalement sur les conséquences INDIVIDUELLES des choix éducatifs. Pour les étudiants, sauf de rares exceptions, on parle principalement des conséquences personnelles, de l’incapacité à allier travail et études, des risques de décrochage, etc. Au gouvernement, on rétorque que l’éducation constitue un investissement et qu’il serait donc logique d’investir dans son avenir individuel puisqu’il y aurait un salaire plus élevé en bout de piste.

Ces deux arguments sont incomplets parce qu’ils partent du principe que l’éducation est un bien individuel.

L’éducation, au contraire, constitue un bien collectif à partir du moment où l’État en assume ne serait-ce qu’une partie. Si l’État paie pour celle-ci, c’est parce qu’il a été démontré que l’éducation est rentable collectivement, qu’elle permet d’améliorer la société. L’État ne paie pas pour la réussite individuelle de chaque élève, mais pour la réussite COLLECTIVE de la société.

Ainsi, si l’éducation constitue un bien national profitant à l’ensemble de la collectivité québécoise et si la langue de la nation québécoise est le français, ne serait-il pas normal de s’attendre à ce que les étudiants canadiens et étrangers participant à notre anglicisation paient l’entièreté de leur éducation ? Ne serait-il pas normal, plutôt que de répartir la hausse des coûts également sur l’ensemble des étudiants, québécois, canadiens, étrangers, francophones, anglophones, de viser en priorité ceux dont le retour prévu pour la collectivité est le plus faible ?

Quand on sait que près d’un médecin sur deux formé à McGill quitte pour les États-Unis après sa formation, quand on sait que les étudiants étrangers retournent le plus souvent chez eux après avoir terminé leurs études, privant ainsi la société québécoise des fruits de l’investissement, pourquoi ne demanderait-on pas à ceux-ci de payer le juste coût de leur formation ? Dès qu’on a compris que l’éducation constitue un bien collectif, il devient sensé d’exiger que ceux qui ne participent pas durablement à cette collectivité paient plus cher que les autres.

L’idéal, bien sûr, serait de faire du Québec une nation normale, à l’image des autres sur cette planète, qui ne financent qu’un seul réseau d’éducation dans la langue nationale. L’idéal, ce serait évidemment que les universités de langue anglaise – financées à 29,3% du budget total – soient intégrées dans un seul réseau francophone avec quelques services correspondant au 5,6% de la population que constitue la minorité anglophone historique. L’idéal serait que le réseau d’éducation national dans la langue nationale soit entièrement gratuit de la maternelle au doctorat.

Même si ce monde est imparfait, nous pouvons néanmoins tendre vers une plus grande perfection. Celle-ci exige à tout le moins de reconnaître qu’il est injuste de faire payer si peu pour des étudiants d’ailleurs venant s’angliciser et nous angliciser chez nous.

Nous devons également reconnaître qu’une sortie de la crise actuelle respectant le caractère public de l’éducation consiste à ne pas cracher sur le demi-milliard de dollars que nous perdons en continuant à subventionner le monde entier pour qu’il vienne affaiblir pour quelques années notre langue avant de repartir créer de la richesse ailleurs.

À quand une véritable politique d’éducation nationale réellement accessible et au service de la nation québécoise ?

Le poids réel de la « minorité » historique anglaise
12 août 2010

Nous ne sommes pas des sauvages. Les anglophones font leur possible pour éliminer la présence française en Amérique du Nord, eux qui ont interdit tout enseignement français dans la plupart des provinces canadiennes pendant près d’un siècle, mais nous confirmons des droits à la « minorité anglaise historique » du Québec. Que ce soit en santé ou en éducation, nous sommes fiers – peut-être trop fiers – de leur offrir de généreux services dans leur langue. Mais quel est le poids réel de cette minorité historique? À quelle hauteur devrions-nous financer leurs institutions?

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J’ai souvent parlé, dans de nombreux billets, du fait que nous sur-financions les institutions anglophones. Me basant sur la simple observation qu’il y a 8,2% d’anglophones de langue maternelle au Québec, j’en concluais que les institutions anglophones étaient sur-financées. La situation est pire que cela.

En fait, c’est Pierre Serré qui m’a mis la puce à l’oreille, alors que je lui demandais une analyse critique d’un mémoire que je rédigeais pour la prochaine consultation sur la loi 103. Le chiffre 8,2% ne représente PAS la minorité historique anglophone du Québec; il s’agit simplement de ceux qui ont la langue anglaise comme langue maternelle, que ce soit des immigrants, des gens nés dans d’autres provinces canadiennes ou des résidants permanents. Les anglophones « de souche » sont encore moins nombreux.

J’ai fait les calculs. Les anglophones de langue maternelle nés au Québec représentent 5,4% de la population. En répartissant au prorata les réponses multiples, et selon le recensement de 2006 – ce qui ne serait sûrement plus possible si Harper allait de l’avant avec ses attaques contre le questionnaire long – ils ne sont que 401 526 personnes sur une population totale de 7 435 902 citoyens. Un gros 5,4%, le voilà le poids de la minorité historique anglaise. (( Les données brutes sont ici.))

Or, cette minorité jouit d’un réseau anglais de cégeps et d’universités publics engouffrant respectivement 19% et 27% du financement total et d’un méga-hôpital engloutissant 45,4% (1,5 milliards de dollars contre 1,8 milliards pour l’hôpital francophone) des ressources consacrées aux méga-hôpitaux. Tout ça, oui, pour 5,4% de la population.  Le colonialisme continue.

Soyons cohérents!

Le Québec est français. Article premier de la Charte de la langue française. Nous consentons des accommodements à la minorité historique anglophone. Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire? Cela veut dire que nous leur donnons un financement juste et équitable en fonction de leur poids démographique mais que nous intégrons l’ensemble des autres citoyens à la société française constituant le cœur de cette nation. Si les anglophones « de souche » forment 5,4% de la population, cela signifie que 94,6% des citoyens doivent s’intégrer en français et que l’État doit faire tout son possible pour les y intégrer. Cela signifie que nous désirons intégrer les immigrants à l’école française et que tout citoyen n’appartenant pas à la minorité anglaise historique devra fréquenter des institutions lui permettant de s’intégrer en français.

Malheureusement, ce n’est pas le cas. Comment peut-on espérer intégrer près de 95% des citoyens du Québec en français alors que nos cégeps ne sont financés qu’à 81%, que nos universités ne le sont qu’à 73%, que notre méga-hôpital – dont la construction n’est même pas commencée – obtiendra à peine 54,5% du budget alloué pour les deux méga-hôpitaux? Ce sous-financement des institutions francophones ne peut qu’inciter davantage de citoyens à s’intégrer en anglais.

En fait, nous ne finançons plus seulement les institutions de la minorité anglophone historique, mais nous aidons l’intégration en anglais de tous les nouveaux arrivants, y compris ceux venant d’autres provinces, dont le nombre ne peut être sous-estimé. Sur un total de 291 040 citoyens étant nés dans une autre province canadienne, 37,4%, soit 108 992, ont l’anglais comme langue maternelle. Ces gens-là, plutôt que de les intégrer en français, nous leur donnons des services en anglais, dans leur langue maternelle. Nous sommes donc très loin de financer les institutions de la minorité historique; nous finançons plutôt les institutions de la majorité canadienne sur notre territoire; nous nous privons de ressources qui auraient pu servir à assurer une meilleur intégration à la langue commune et nationale du Québec.

Le déséquilibre du financement des institutions doit être au cœur des enjeux

Le problème du déséquilibre du financement – le sur-financement des institutions anglophones et le sous-financement des institutions francophones – ne peut plus être ignoré. À un moment aussi critique que le nôtre, alors que le pourcentage de citoyens de langue maternelle française a glissé sous 80% au Québec et sous 50% à Montréal pour la première fois depuis qu’on tient de telles statistiques, nos descendants nous jugeront cruellement si nous n’avons pas le courage d’agir.

Affirmer que le Québec est français, que la langue française constitue la langue d’inclusion et d’intégration des nouveaux arrivants, c’est bien. Cesser de sur-financer des institutions anglophones pour 5,4% de la population, c’est beaucoup mieux.

Le jour où nous financerons équitablement, en fonction de leur poids démographique, les institutions anglophones, sera le jour où le français deviendra réellement la langue commune et d’inclusion des Québécois.

En attendant, on pourra quantifier notre recul en silence. Jusqu’à ce qu’un gouvernement borné nous enlève ce dernier droit et nous empêche d’avoir accès jusqu’aux statistiques faisant état de notre déclin.

De toute façon, ces gens-là, ils n’ont pas été à l’UQAM ou à l’UdM, n’est-ce pas?

Écart anglos-francos: ce que l’étude ne dit pas
3 février 2010

Aujourd’hui, Le Devoir publie une étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) faisant état du retard scolaire des francophones au Québec face à leurs homologues anglophones de la province et à leurs voisins francophones en Ontario. Il y a, à mon avis, deux oublis majeurs dans la méthode et dans l’interprétation de ces données.

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D’abord, au niveau de la méthodologie, il est plus que discutable que les auteurs de l’étude aient choisi d’utiliser la langue maternelle plutôt que la langue d’usage pour faire leurs calculs. Dans un contexte où le français ne serait pas menacé en Ontario, ce choix pourrait se défendre. Dans les faits, au sein d’une population de langue maternelle française de près de 490 000 personnes, il n’y a plus que 290 000 francophones ontariens de langue d’usage. L’indice de vitalité linguistique (IVL) des francophones, qui calcule le niveau d’attrait de cette langue (1 est le seuil de renouvellement), est de 0,59, bien en-dessous de l’ourdou (0,71), du persan (0,73), du russe (0,75), du pendjabi (0,77), du tamoul (0,80), du mandarin (0,84) et du cantonnais (0,85)! Concrètement, un individu espérant léguer sa langue et sa culture à sa descendance aurait plus de chances de le faire s’il parlait le tamoul ou le pendjabi que le français! À titre comparatif, l’IVL des anglophones à Montréal atteint 1,42…
En regard de ces chiffres, on ne peut prétendre comparer la situation des Franco-ontariens avec celle des francophones québécois. Près de 41% des Franco-ontariens de langue maternelle française utilisent principalement l’anglais dans leur quotidien, à la maison, et s’anglicisent donc irrémédiablement au cours de leur vie. Ce n’est pas une population francophone d’Ontario qu’on compare aux francophones québécois, mais une population largement anglicisée, étudiant dans des universités largement anglophones, bien financées et qui ont adopté l’anglais comme principale langue d’usage.
Au Québec, à l’opposé, le réseau universitaire francophone est largement sous-financé, ce qui est étrangement absent des conclusions des auteurs. En effet, comme le notait le chercheur Marc Chevrier, dans une étude publiée en 2008, les trois universités anglophones québécoises reçoivent 27% des subventions normées alors que les anglophones de langue maternelle au Québec ne représentent que 8,2% de la population. Concrètement, comme je l’écrivais ici, elles sont trois fois plus financées que ce que leur poids démographique devrait permettre. Elles reçoivent également la part du lion du financement fédéral : entre 2000 et 2005, McGill, par exemple, a obtenu 121 des 213 chaires de recherches accordées au pays (194 sur 213 chaires sont anglophones). En 2004-2005, cette université a également obtenu 60% de l’ensemble des contributions de recherches versées par les agences fédérales du financement.
On ne peut interpréter les données de l’étude de l’ISQ sans se concentrer sur les conséquences de ce sur-financement des institutions anglophones (et du sous-financement des universités francophones, son corollaire, puisque le financement global des universités québécoises est sensiblement proportionnel à sa population totale au sein du Canada). Dans un environnement linguistique où le francophone du Québec est attaché à sa langue et a accès à des universités francophones, il est tout naturel qu’il s’inscrive à celles-ci, nonobstant le fait qu’elles sont moins bien financées et offrent donc moins de ressources que leurs homologues anglophones. Le choix offert aux francophones québécois, à l’opposé de Franco-ontariens déjà largement anglicisés et intégrés dans un milieu universitaire foncièrement anglophone, se limite donc à étudier dans des institutions francophones moins prestigieuses et moins financées ou à s’angliciser en allant à McGill, Concordia ou Bishop.
Les auteurs de l’étude concluent qu’il y a « peut-être un effet d’entraînement du fait de vivre dans une société où on tend davantage à cheminer vers un diplôme universitaire ». La conclusion est la bonne, mais la logique est inversée. Ce n’est pas parce que la société québécoise tend moins à cheminer vers un diplôme universitaire que le taux de diplomation des Québécois est si bas, mais plutôt parce qu’existe un tel déséquilibre du financement entre universités francophones et anglophones au Québec qu’un tel effet d’entraînement ne peut exister. En clair : si les anglophones du Québec sont plus nombreux à détenir un diplôme universitaire que leurs homologues de l’Ontario, et si les francophones du Québec sont sous-scolarisés, c’est précisément parce que les universités anglophones du Québec reçoivent un financement de loin supérieur à leur poids démographique.
Conséquemment, si nous sommes sérieux dans notre désir d’améliorer le niveau de scolarité des francophones, il convient de cesser de sur-financer les universités anglophones québécoises et de leur donner un financement équitable, égal au poids de la minorité anglophone. Avec les ressources ainsi économisées, on pourrait peut-être enfin se doter d’universités francophones bien financées et reconnues, donnant le goût aux francophones de poursuivre des études supérieures et de contribuer à mettre fin à un retard scolaire non pas génétique ou culturel, mais bel et bien causé par les privilèges indus consentis aux anglophones.
Avec l’îlot voyageur de l’UQAM inachevé d’un côté, comme une grosse verrue au coeur de la ville, et McGill confortablement assis sur ses millions et la montagne de l’autre, le choix n’est parfois que trop facile à faire.
Au détriment des Québécois qui aspirent à étudier dans leur langue.

Écart anglos-francos: ce que l'étude ne dit pas
3 février 2010

Aujourd’hui, Le Devoir publie une étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) faisant état du retard scolaire des francophones au Québec face à leurs homologues anglophones de la province et à leurs voisins francophones en Ontario. Il y a, à mon avis, deux oublis majeurs dans la méthode et dans l’interprétation de ces données.

Source de l’image

D’abord, au niveau de la méthodologie, il est plus que discutable que les auteurs de l’étude aient choisi d’utiliser la langue maternelle plutôt que la langue d’usage pour faire leurs calculs. Dans un contexte où le français ne serait pas menacé en Ontario, ce choix pourrait se défendre. Dans les faits, au sein d’une population de langue maternelle française de près de 490 000 personnes, il n’y a plus que 290 000 francophones ontariens de langue d’usage. L’indice de vitalité linguistique (IVL) des francophones, qui calcule le niveau d’attrait de cette langue (1 est le seuil de renouvellement), est de 0,59, bien en-dessous de l’ourdou (0,71), du persan (0,73), du russe (0,75), du pendjabi (0,77), du tamoul (0,80), du mandarin (0,84) et du cantonnais (0,85)! Concrètement, un individu espérant léguer sa langue et sa culture à sa descendance aurait plus de chances de le faire s’il parlait le tamoul ou le pendjabi que le français! À titre comparatif, l’IVL des anglophones à Montréal atteint 1,42…

En regard de ces chiffres, on ne peut prétendre comparer la situation des Franco-ontariens avec celle des francophones québécois. Près de 41% des Franco-ontariens de langue maternelle française utilisent principalement l’anglais dans leur quotidien, à la maison, et s’anglicisent donc irrémédiablement au cours de leur vie. Ce n’est pas une population francophone d’Ontario qu’on compare aux francophones québécois, mais une population largement anglicisée, étudiant dans des universités largement anglophones, bien financées et qui ont adopté l’anglais comme principale langue d’usage.

Au Québec, à l’opposé, le réseau universitaire francophone est largement sous-financé, ce qui est étrangement absent des conclusions des auteurs. En effet, comme le notait le chercheur Marc Chevrier, dans une étude publiée en 2008, les trois universités anglophones québécoises reçoivent 27% des subventions normées alors que les anglophones de langue maternelle au Québec ne représentent que 8,2% de la population. Concrètement, comme je l’écrivais ici, elles sont trois fois plus financées que ce que leur poids démographique devrait permettre. Elles reçoivent également la part du lion du financement fédéral : entre 2000 et 2005, McGill, par exemple, a obtenu 121 des 213 chaires de recherches accordées au pays (194 sur 213 chaires sont anglophones). En 2004-2005, cette université a également obtenu 60% de l’ensemble des contributions de recherches versées par les agences fédérales du financement.

On ne peut interpréter les données de l’étude de l’ISQ sans se concentrer sur les conséquences de ce sur-financement des institutions anglophones (et du sous-financement des universités francophones, son corollaire, puisque le financement global des universités québécoises est sensiblement proportionnel à sa population totale au sein du Canada). Dans un environnement linguistique où le francophone du Québec est attaché à sa langue et a accès à des universités francophones, il est tout naturel qu’il s’inscrive à celles-ci, nonobstant le fait qu’elles sont moins bien financées et offrent donc moins de ressources que leurs homologues anglophones. Le choix offert aux francophones québécois, à l’opposé de Franco-ontariens déjà largement anglicisés et intégrés dans un milieu universitaire foncièrement anglophone, se limite donc à étudier dans des institutions francophones moins prestigieuses et moins financées ou à s’angliciser en allant à McGill, Concordia ou Bishop.

Les auteurs de l’étude concluent qu’il y a « peut-être un effet d’entraînement du fait de vivre dans une société où on tend davantage à cheminer vers un diplôme universitaire ». La conclusion est la bonne, mais la logique est inversée. Ce n’est pas parce que la société québécoise tend moins à cheminer vers un diplôme universitaire que le taux de diplomation des Québécois est si bas, mais plutôt parce qu’existe un tel déséquilibre du financement entre universités francophones et anglophones au Québec qu’un tel effet d’entraînement ne peut exister. En clair : si les anglophones du Québec sont plus nombreux à détenir un diplôme universitaire que leurs homologues de l’Ontario, et si les francophones du Québec sont sous-scolarisés, c’est précisément parce que les universités anglophones du Québec reçoivent un financement de loin supérieur à leur poids démographique.

Conséquemment, si nous sommes sérieux dans notre désir d’améliorer le niveau de scolarité des francophones, il convient de cesser de sur-financer les universités anglophones québécoises et de leur donner un financement équitable, égal au poids de la minorité anglophone. Avec les ressources ainsi économisées, on pourrait peut-être enfin se doter d’universités francophones bien financées et reconnues, donnant le goût aux francophones de poursuivre des études supérieures et de contribuer à mettre fin à un retard scolaire non pas génétique ou culturel, mais bel et bien causé par les privilèges indus consentis aux anglophones.

Avec l’îlot voyageur de l’UQAM inachevé d’un côté, comme une grosse verrue au coeur de la ville, et McGill confortablement assis sur ses millions et la montagne de l’autre, le choix n’est parfois que trop facile à faire.

Au détriment des Québécois qui aspirent à étudier dans leur langue.

Faut-il couper les vivres aux universités anglophones?
4 septembre 2009

La sortie de l’ex-premier ministre Bernard Landry pour une francisation obligatoire du cégep, hier, m’a laissé un goût doux-amer en bouche. Doux parce qu’il était plus que temps de s’attaquer au problème que pose les 40% d’allophones qui choisissent le cégep en anglais. Amer parce que Landry, au pouvoir, n’a rien fait en ce sens et que la critique se déclame toujours plus facilement quand on n’est plus en position de pouvoir. Mais amer, surtout, parce qu’il ne s’attaque pas au véritable problème : les universités.

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En effet, comme le note Marc Chevrier, professeur au département de science politique de l’UQAM, les trois universités anglophones québécoises reçoivent 27% des subventions normées alors que les anglophones de langue maternelle au Québec ne représentent que 8,2% de la population (2006). En clair, elles sont trois fois plus financées que ce que leur poids démographique devrait permettre. Elles reçoivent également la part du lion du financement fédéral : entre 2000 et 2005, McGill, par exemple, a obtenu 121 des 213 chaires de recherches accordées au pays (194 sur 213 chaires sont anglophones). En 2004-2005, elle a également obtenu 60% de l’ensemble des contributions de recherches versées par les agences fédérales du financement.

À l’opposé, les francophones hors-Québec ne jouissent pas des mêmes privilèges. En 2004, l’investissement aux universités anglophones du Québec se chiffrait à près de 400 millions de dollars par année alors que l’ensemble du financement supérieur offert aux francophones pour toutes les autres provinces se chiffrait à 72 millions de dollars! Considérant qu’il y a près de 950 000 francophones hors-Québec contre près de 575 000 anglophones au Québec, l’investissement québécois pour ses universités anglophones est près de six fois plus élevé que celui offert aux francophones hors-Québec! On le constate, les universités anglophones du Québec sont choyées.

Le problème est le suivant : pendant que les Québécois débattent d’affichage, de francisation de raisons sociales anglophones, de changements de noms de rues, de services offerts en français – l’apparence de francisation – les anglophones se concentrent sur ce qui leur permet réellement de prospérer sans jamais avoir à apprendre le français : la vie intellectuelle. Nous dansons le tango avec les virgules et la proportion d’écriture française en relation avec celle anglaise pendant que les anglophones jouissent d’une éducation de meilleure qualité leur permettant d’occuper des postes prestigieux dans un milieu culturel anglophone vivace.

Par ailleurs, on parle beaucoup de sous-financement des universités. Le PLQ a même augmenté les frais de scolarité de près de 30%, faisant porter le fardeau de l’éducation aux jeunes qui commencent dans la vie. On a pourtant un autre choix, beaucoup plus utile socialement : prendre aux universités qui en ont beaucoup (McGill, Bishop, Concordia) et donner à celles qui crient famine (UQAM, UdM, Laval, UdS). En finançant le réseau anglophone à la hauteur de son poids démographique, on pourrait sauver 66% du financement qui lui est accordé et cet argent pourrait être réinvesti dans le réseau francophone.

Les lois imposant le français ont leur utilité, mais elles sont souvent trop brutales, trop directes, et donnent l’impression d’une injustice aux anglophones vivant ici, pouvant contribuer à leur radicalisation. En finançant plus adéquatement le réseau francophone à même les fonds d’institutions anglophones souffrant d’embonpoint financier, on pourrait arriver au même objectif d’une manière beaucoup plus élégante : les anglophones choisiraient les cégeps et universités francophones non pas parce qu’on les oblige, mais parce qu’elles sont de meilleure qualité et leur offre tous les outils pour s’épanouir… en français! En ce moment, loi ou pas loi, entre une McGill sur la montagne et nageant dans l’argent et une UQAM dans un sous-sol et en quasi-faillite, le choix est trop clair.

À quand un véritable débat sur le financement des universités anglophones? Qui aura le courage de s’attaquer à cette injustice?