La marginalisation de l’ADQ
24 août 2009

Les positions extrémistes défendues par trois des quatre candidats à la succession de Mario Dumont sont en train de reléguer l’Action Démocratique du Québec (ADQ) au rang de parti marginal, voire pire, original. Quelque part entre la Loi Naturelle et le Bloc Pot. Lors du débat, Éric Caire, Gilles Taillon et cet hurluberlu libertarien qu’est Jean-François Plante s’obstinaient quant à savoir qui serait le plus à droite, qui dépècerait l’État au mieux, qui ferait payer les étudiants, qui privatiserait quoi. Qui aurait le courage de mettre le feu à la maison et d’appeler cela le progrès.

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En fait, le seul candidat semblant posséder encore un minimum de bon sens était Christian Lévesque. Face aux appels délirants d’Éric Caire pour une hausse des tarifs en éducation (oui, vous avez bien lu, une hausse), Lévesque a été cinglant: « Tu as un salaire de député de 85 000 $, l’ensemble de la population a un salaire moyen, par couple, de 45 000 $. Quels choix [les parents] vont-ils faire? […] Si on veut une économie du savoir, chacun des citoyens doit participer à cet effort. » Lévesque a mis le doigt là où ça fait mal: l’ancien parti de Mario Dumont veut tellement se démarquer des autres qu’il devient peu à peu une parodie élitiste où on peut à la fois se targuer de vouloir implanter une « société du savoir » tout en rendant l’accès aux études supérieures plus difficile. Les mauvaises langues diraient qu’un individu sans éducation est plus susceptible de voter pour l’ADQ, mais je n’oserais atteindre ici un si haut niveau de cynisme.

Caire, que plusieurs médias ont nommé vainqueur de ce débat, s’est empressé d’appuyer les propositions absolument hallucinantes des jeunes adéquistes: abolition du Fonds des générations, disparition des cégeps, élimination de la Loi antibriseurs de grève, hausse massive des frais de scolarité, gel des prestations de la Régie des rentes du Québec, privatisation de la SAQ, privatisation partielle d’Hydro-Québec, hausse de la TVQ, hausse des tarifs d’électricité, réduction de la taille de l’État… Un peu plus et on annonçait le changement de nom de la province et la fécondation forcée de toutes les femmes en âge de procréer. On constate, en regardant les pays trônant au sommet de l’index des pays en détresse (Failed State Index) en 2009, que ce type de « solutions » où on réduit le pouvoir redistributeur et égalisateur de l’État pourrait nous mener loin. Québec, Somalie, même combat!

Or, alors que le monde entier subit une récession mondiale causée par les déréglementations et les privatisations, alors que le Québec, grâce à son haut taux de syndicalisme et à sa meilleure redistribution de la richesse, est l’endroit le moins durement frappé en Amérique du Nord, que proposent ces chers candidats? Davantage de ce qui a causé les problèmes actuels! Pendant que le monde entier réapprend à utiliser l’État et à favoriser une meilleure redistribution de la richesse, l’ADQ fait fi de la réalité et s’enferme un peu plus profondément dans ses dogmes surannés.

Quand certains disent que l’ADQ vit dans le passé, n’y a-t-il pas meilleure preuve que ce discours faisant abstraction de toute la situation économique actuelle, pire crise depuis des décennies? C’est comme si toute l’économie était tombée d’une falaise et que Taillon, Caire et Plante cherchaient à trouver un nouveau précipice où nous enfouir.

La fin de l’ADQ?

Le 9 décembre dernier, j’écrivais que le départ de Mario Dumont allait tuer l’ADQ.

Je donnais quatre raisons:

  1. La position autonomiste de l’ADQ ne tient plus, car le PLQ est devenu autonomiste et le PQ a mis son projet souverainiste sur le glace;
  2. La forte mentalité anti-étatiste de l’ADQ ne peut survivre à l’examen des faits: la crise a touché durement les pays ayant appliqué les réformes néolibérales et a épargné ceux qi ont résisté;
  3. Aucun candidat potentiel n’a le charisme de Mario Dumont (Éric Caire me donne le goût d’ajuster les couleurs de la télévision quand je le vois.);
  4. Les six députés restant seront tentés de joindre un autre parti.

J’ai eu tort pour le quatrième point, ayant sur-estimé l’attrait des deux autres partis de centre-droit, mais je crois avoir eu raison pour le reste. L’ADQ ne peut plus jouer sa carte autonomiste face à un Jean Charest réclamant davantage de pouvoir d’Ottawa et une Pauline Marois semblant bien satisfaite sur son trône de l’opposition. Et puisque aucun candidat n’arrive à se démarquer grâce à sa personnalité, il ne reste qu’une option permettant de se différencier des autres: la formidable fuite en avant du capitalisme le plus extrémiste possible et de positions semblant issues tout droit de livres d’Ayn Rand ou autres fanatiques anti-étatistes. Le nouveau mantra adéquiste semblent être: « nous voulons être différents, nous voulons être différents, nous voulons être différents ». La différence, pour la différence, il ne reste plus leurs positions de la droite radicale pour les distinguer du Parti Québécois et du Parti Libéral.

Or, quel futur peut-il exister pour un parti qui se place volontairement à l’extrémité du spectre politique, sinon la lente et cruelle agonie de la marginalisation? Contrairement à Québec Solidaire, qui cherche constamment à occuper un centre-gauche délaissé par le Parti Québécois, l’ADQ – et surtout Caire, Taillon et Plante – semble se conforter dans une course à la chefferie ressemblant de plus en plus à un combat de coqs déterminant qui aura le privilège d’être le capitaine du bateau lorsqu’il coulera définitivement. Il y a des icebergs partout, mais on pousse les machines à fond et on se croise les doigts.

Qui aura le courage de répondre à cette question fondamentale: à quoi sert un parti comme l’ADQ en 2009?

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Normandeau-Bonnardel: mariage PLQ-ADQ en vue?
23 avril 2009

On dit parfois que l’amour est aveugle. Pour les yeux, peut-être, mais pour les valeurs, jamais.  On peut faire abstraction de nombreux aspects en apparence moins charmants chez une personne, mais ne peut pas ignorer les valeurs de la personne aimée.  On peut s’amouracher d’une personne laide partageant ses valeurs tout comme on peut détester un mannequin ne les partageant pas.  Quand tout est dit, ce sont les valeurs qui font ou défont un couple.   Voilà pourquoi il importe de se questionner sur la relation entre la vice-première ministre libérale, Nathalie Normandeau, et le député adéquiste François Bonnardel.  Leur liaison constitue peut-être la consécration d’un rapprochement idéologique entre le Parti Libéral et l’Action Démocratique qui pourrait paver la voie à un possible retour de ce dernier parti dans le giron libéral.

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En effet – on l’oublie trop souvent – l’ADQ a été créée par des Libéraux dissidents qui rejetaient le fédéralisme centralisateur alors prôné par le PLQ.  Face à la vieille politique style pancanadienne du PLQ et au tout-indépendance du Parti Québécois, le parti a pu se trouver un créneau pour prospérer et offrir une troisième voie aux Québécois.  Mario Dumont, ancien président de la commission des jeunes libéraux, a su, grâce à son charisme, insuffler une vitalité certaine à ce parti jusqu’à ce qu’il devienne clair pour tous qu’un parti doit offrir davantage à la population que le charisme de son chef.

Soyons honnêtes: l’ADQ, en 2009, propose sensiblement les mêmes valeurs que le PLQ.  L’idylle Normandeau-Bonnardel n’en est qu’un signe supplémentaire.   Le parti s’est recentré et a éliminé de son discours ses projets les plus radicaux.  Face au fédéralisme décentralisateur et aux politiques de droite mieux assumées du gouvernement Charest, le parti n’arrive plus à se différencier.  Résultat?  Les deux formations politiques paraissent de plus en plus interchangeables et partagent les mêmes valeurs: moins d’État, plus de privé, libéralisme économique, davantage d’autonomie pour le Québec, etc.   La fracture issue du schisme de 1994 s’est colmatée et le départ de Dumont a simplement contribué à supprimer le facteur charisme de l’équation.

Conséquemment, il m’apparaît difficile de ne pas voir dans cette relation les premiers pas d’une future réconciliation entre les deux partis.  Quand on a en commun les mêmes valeurs, la même idéologie et qu’en plus on partage le même lit, qui sait ce qu’il peut advenir ensuite?

À quand le mariage?

Mario Dumont veut vous séduire
14 novembre 2008

Que fera Mario Dumont pour nous séduire la prochaine fois?

Mario Dumont est prêt à tout pour nous séduire. C’est le roi du contenant vide, de la pizza indigeste qu’on nous fait passer pour de la haute gastronomie et des clips de douze secondes qui semblent avoir été montés pour séduire un électorat pré-pubère. Tantôt il propose de couper les commissions scolaires, tantôt il fait rire la gallerie en proposant de couper 2 milliards $ dans nos services en pleine crise financière (alors que tout le monde sait qu’il faut au contraire davantage dépenser en période de crise, afin de stimuler la consommation), tantôt il désire mettre fin aux programmes des régions ressources, et maintenant il désire américaniser notre système de santé en permettant une saignée des professionnels du public vers le privé et en refilant la facture aux usagés les moins bien nantis, alors qu’il a été démontré et redémontré qu’un tel système est plus coûteux et moins efficace pour soigner un maximum de gens.

Ça fait maintenant une quinzaine d’années que Mario Dumont gagne sa croute en manipulant les gens, en les faisant vibrer grâce à leurs préjugés de droite et en simplifiant à l’excès des problématiques complexes pour essayer de gagner des votes.  Quinze ans qu’il change ses politiques à la petite semaine, s’entourant de gens les plus médiocres et les moins compétents. Quinze ans qu’il propose déréglementations, privatisations et dépeçage de l’État alors qu’on constate maintenant que de telles politiques ont conduit l’économie américaine – et mondiale – au bord du gouffre. Quinze ans qu’il bloque notre parlement et qu’on le fait vivre grassement pour atteindre son seul but: prendre le pouvoir et démolir ce que nous avons mis des décennies à construire.

Mario Dumont est dangereux. Non seulement est-il d’une incompétence légendaire dès qu’il est question d’autre chose que de clips de douze secondes, mais son amateurisme et ses politiques de girouette mèneraient le Québec vers une instabilité encore plus grande que maintenant. Il est en chute libre dans les sondages, et j’ose croire que les gens un peu partout en régions se sont réveillés et on constaté que la seule place d’où M. Dumont ne changera jamais d’idée et où il sera à son aise, ce sera dans les poubelles de l’Histoire, aux côtés d’autres politiciens et mouvements passéistes dont on a heureusement réussi à se débarrasser par le passé.

J’avais raison – Pierre Morin derrière Bleu Québec
13 novembre 2008


Pierre Morin

J’avais raison quand j’écrivais ce texte. Pierre Morin est effectivement la personne derrière le blogue Bleu Québec et c’est lui qui a fait les vidéos controversées sur le PQ et le PLQ.

Évidemment, j’aurais aimé que Tristan Péloquin note dans son texte que je l’avais annoncé en primeur, mais bon…

L’important est que le rat soit démasqué pour de bon.

Dans les dents, le gars qui appuie l’ADQ avec nos impôts, et ce, à partir de l’Assemblée nationale.

Pour en savoir davantage sur Pierre Morin.


Après vérification, j’aimerais quand même féliciter Tristan Péloquin pour son travail. Il m’a dit en privé qu’il était sur la piste de Pierre Morin depuis un bon moment déjà. Depuis avant l’époque où j’étais membre du regroupement des blogueurs souverainistes et qu’on avait démasqué Morin derrière Élodie Gagnon-Martin et MisterPi.

Laissez-moi hiberner!
11 novembre 2008

Dumont, Marois, Charest, que vous êtes endormants!

Ah merde, je ne voulais pas écrire ce soir.  J’essaie toujours d’en rester à mon engagement vis-à-vis de moi-même consistant à n’écrire pas plus de 2-3 textes par semaine. Mais bon, faut que ça sorte: cette campagne électorale m’emmerde royalement.

Évidemment, ce n’est un secret pour personne, j’appuie le Parti Indépendantiste pour ces élections.  Mais suis-je motivé?  Un peu, certes, mais pas tant que ça.  Je vote Parti Indépendantiste parce que je suis indépendantiste et que ce parti est le seul qui le soit également.  Avouons cependant que c’est toujours un peu difficile une première élection pour un nouveau parti.  Alors je regarde ailleurs, je magasine, même si mon choix est déjà fait.

Aujourd’hui, y avait Marois qui parlait d’un gouvernement Marois et ça m’a écoeuré du Parti Québécois pour longtemps. Sérieusement, est-ce qu’il y a des gens qui ont envie d’un « gouvernement Marois »? Je ne sais pas; un gouvernement du Parti Québécois où on endure Marois, ça va, mais un gouvernement dirigé d’une poigne de fer par cette femme intransigeante et méprisante pour son propre parti? Ça ne me tente pas.

Et Dumont, Dumont, Dumont. « Mario » comme on voit sur ses pancartes. L’ADQ est tellement mal foutue qu’elle n’a même pas pu se payer un conseiller en communications assez compétent pour leur expliquer que le problème découle justement du fait qu’on a l’impression que tout ce qu’a à offrir l’ADQ c’est le « Ti-Mario ». Quand ton image de parti c’est celle d’un « one man show », tu présentes ton équipe, ou si ton équipe fait trop pitié, tu prends n’importe quel clown, genre Simon-Pierre Diamond, et tu lui fait apprendre un texte par coeur et tu le mets en vedette. Tu te diversifies. En ce moment, Dumont a l’air d’un général qui se lance dans une mission kamikaze dont il connaît le résultat à l’avance.

Et Charest, n’est-il pas assez arrogant, celui-là? Je déteste Pauline Marois et la manière dont celle-ci détruit son parti, mais quand Charest affirme que Marois veut « hausser les taxes, couper les services et faire un déficit », il me semble que c’est un peu n’importe quoi. Si tu hausses les taxes et coupe les services, comment veux-tu être en déficit? C’était le petit clip de douze secondes pour la télévision. Cette satanée télévision.

Oh, et ceux qui n’y sont pas souvent, Québec Solidaire. Un programme qui me plaît bien, mais SVP qu’attendent-ils pour donner son 4% à Françoise David? Quand j’écoute cette femme parler, j’imagine une vieille féministe frustrée figée dans les années soixante-dix et incapable de constater les avancées incroyables accomplies par les femmes depuis ce temps.

Vraiment, cette campagne est plate. On l’avait annoncée, mais si j’avais su qu’elle le serait à ce point, j’aurais programmé une petite hibernation jusqu’au 9 décembre.

Ah, et puis merde, jusqu’au 21 mars.

L’orphelinat politique
6 novembre 2008

L'orphelinat politiqueJe ne voulais pas écrire un billet où je m’en prends à Mario Dumont; j’ai presque bâti ma réputation de blogueur en le démolissant et, honnêtement, en ce moment je l’ai un peu pris en pitié. Soyons réalistes: Dumont a raté son coup, son parti s’en va nulle part, ses députés le quittent, et il en est rendu à proposer des mesures désespérées pour espérer attirer l’attention médiatique sur son parti, tel un enfant turbulent qui met son caca sur les murs pour que ses parents s’occupent de lui. (Mario Dumont mérite-t-il une meilleure comparaison, lui qui parlait de ses ex-députés en disant, à la télévision, que ceux-ci « faisaient dans leurs culottes »?) Dernière stupidité en liste: sa proposition de privatisation partielle d’Hydro-Québec.

Comment ne pas s’étonner que du flot quasi-ininterrompu de conneries qui peuvent émaner de sa bouche, Mario Dumont puisse encore trouver l’imagination nécessaire pour débiter de telles aberrations? Hydro-Québec est, avec la SAQ et quelques autres entreprises publiques ou semi-publiques, un fleuron québécois, apportant des milliards $ à chaque année à l’État. Vouloir privatiser, même partiellement, une entreprise aussi rentable relève d’une stupidité innommable et d’un manque flagrant de vision à long terme; pense-t-on sérieusement à se chauffer tout l’hiver en utilisant le bois de la galerie? Mais que ferait-on ensuite, le printemps venu? Quand des entreprises sont aussi rentables que Hydro-Québec ou la SAQ, on doit les conserver, car ces profits profitent à tous.

Ceci dit, quelle alternative y a-t-il à Dumont? Veut-on sérieusement élire un Jean Charest qui nous a démontré son incapacité à être à l’écoute de la population lorsqu’il est majoritaire? Les écoles juives, le Suroît, la privatisation du Mont-Orford, les hausses des frais de scolarité, ça vous dit quelque chose?

Et Pauline Marois; veut-on vraiment d’une vieille bourgeoise hautaine et prétentieuse pour diriger le Québec? Marois représente la continuité directe de Lucien Bouchard et de ses politiques de droite qui ont transformé le parti en un clone soi-disant souverainiste du Parti Libéral. En ce moment, tant l’ADQ, le PLQ et le PQ proposent des « solutions » de droite, et ce ne sont pas les mesures d’aides aux entreprises proposées par le PQ ce matin qui me feront changer d’idée (notons au passage que l’appui à l’offre, comme le propose le PQ, est une des vieilles stratégies de la droite et que cette stratégie s’est avérée inefficace lors de la grande crise des années 30).

Conséquemment, que reste-t-il pour le social-démocrate indépendantiste que je suis? Pas grand chose. À la limite, si le PQ ne s’était pas débarrassé de son idéologie souverainiste, j’aurais pu voter pour ce parti de droite en me bouchant le nez. Mais désormais, je n’ai plus aucun intérêt à donner mon appui à celui-ci.

Mes idées n’ont jamais changé, ni même mes valeurs, mais le virage à droite du PQ m’a en quelque sorte expulsé du champ des principaux partis politiques, un peu comme furent laissés orphelins les militants de centre-gauche quand le Parti Démocrate états-unien ou le Parti Travailliste britannique laissèrent tomber leurs thèmes de redistribution de la richesse et de lutte contre des élites s’appropriant les richesses collectives pour embrasser les dogmes néolibéraux. Le Parti Québécois préfère-t-il plaire aux idéologues de droite de La Presse plutôt que d’aller chercher mon vote?

Ainsi, je vais probablement voter pour le Parti Indépendantiste aux prochaines élections si celui-ci peut se sortir de sa grogne interne des derniers mois. Sinon, je risque de voter pour un indépendant ou un parti encore plus marginal. Pour une rare fois, je trouve difficilement ma place sur l’échiquier politique; on a jugé que mes positions ne valaient plus la peine d’être défendues, et moi je décide que ces partis qui m’ont tourné le dos ne méritent pas mon vote.

Car je suis social-démocrate et indépendantiste, donc je ne suis pas péquiste. Je ne suis pas prêt à me boucher le nez pour un parti à peine moins pire que l’ADQ et dirigé par une vieille matante qui a autant de charisme que ma table de cuisine. Et Québec Solidaire? Il est hors de question que je vote pour un parti imposant un quota de femmes chez ses candidats; je suis pour l’égalité des sexes et je crois qu’on doit choisir quelqu’un en fonction de ses idées et pas de son sexe ou de sa race.

Alors, bref, je suis orphelin. On ne veut pas de mon vote. Suis-je le dernier social-démocrate indépendantiste au Québec?

Les élections: la paix ou la démocratie?
27 octobre 2008

Démocratie ou dictature?

Ainsi, nous devrions être appelés aux urnes le 8 décembre prochain. Pendant que l’économie mondiale bat de l’aile et que chaque contrat obtenu de l’étranger se veut un baume sur la plaie béante et purulente que constitue la situation économique actuelle, notre premier ministre Jean Charest préfère penser à ses propres intérêts et annule un voyage en Chine pour espérer s’assurer une majorité lors des prochaines élections.

Charest fait la calcul suivant: on s’en va en récession, elle va être très sévère, probablement la pire depuis des décennies, et si ses pires effets pervers n’ont pas encore atteint le Québec ce n’est qu’une question de temps avant que le feu soit dans la grange et qu’on réclame la tête du coq le plus flamboyant. Car qu’on le veuille ou non, quand ça va mal on se cherche des coupables. Et si le Parti Libéral a une chance d’améliorer son sort, c’est ici et maintenant.

De quoi peut-il avoir peur?

D’un côté, l’ADQ s’en va nulle part; le parti est en train de sombrer dans la discorde interne et au rythme où vont les choses on se demande même si le parti de Mario Dumont serait en mesure de garder une vingtaine de sièges (il en a 39 présentement). Le navire coule, et déjà les rats ont commencé à le quitter.

De l’autre côté, Pauline Marois est égale à elle-même: prétentieuse, hautaine, tenant un discours creux et ayant à peu près autant de charisme que la secrétaire blasée chez votre dentiste. Donnez-lui son 4% à elle, et ça presse! Le PQ est lui aussi prêt à se faire battre, car son but premier est l’indépendance du Québec et Marois a rejeté ce principe, peu importe ce que les poèmes conventionnelo-populistes d’appels à la patrie d’une poignée de béni-oui-oui en fin de semaine laissaient croire. Le PQ de Pauline Marois a tué l’indépendance, et avec une cheffe aussi médiocre le parti n’a pas la moindre chance de gagner les élections.

Jean Charest vogue donc allègrement vers la majorité. Contrairement à Stephen Harper, qui a tenu le même pari et l’a perdu, Charest n’a pas une bande d’Albertains fanatiques à satisfaire et il ne coupera pas dans la culture à quelques semaines des élections. Il va se taper une petite campagne tranquille en martelant que son parti est le meilleur pour faire face aux problèmes économiques et on oubliera ce qu’était réellement le PLQ majoritaire: les écoles privées juives, le Suroît, le Mont Orford, les privatisations, etc.

Alors non, je ne suis pas emballé par cette campagne électorale qui s’annonce déjà ennuyante et au résultat prévisible. Mais je n’irais pas jusqu’à écrire des conneries comme Patrick Lagacé qui affirme que « Après [les élections], si le bon Dieu est bon, la paix pendant quatre ans. »

La véritable « paix », c’est-à-dire l’absence d’enjeux électoraux, c’est celle qu’offre une dictature , éliminant la démocratie… et les journalistes trop irrévérencieux; on devrait peut-être le rappeler à M. Lagacé, lui qui ne vote pas. Car le droit de voter, c’est le droit de chiâler. Quand on reste assis chez soi pendant que ce pour quoi des centaines de milliers de personnes ont donné leurs vies au travers des siècles se met en branle, on est discrédité et pour longtemps.

L’instabilité politique n’est sûrement pas la panacée, mais elle force les élus à se remettre régulièrement au diapason avec la population sous peine d’être relégués dans l’oubli. Et notre démocratie, quoi qu’imparfaite, doit être protégée de tous ceux qui croient avoir des opinions sur tout mais qui ne sont même pas capables de bouger leurs fesses une fois par année pour aller voter.

En ce sens, si la manoeuvre politique de Jean Charest est très « politi-chienne », le texte de Patrick Lagacé fait très « journal-élitiste ». Comme quoi certains ont parfois de la difficulté à s’élever au-dessus du quotidien pour voir les véritables enjeux derrière le processus électoral.


AJOUT: Mes 4-5 derniers commentaires sur le blogue de Patrick Lagacé ont été censurés mystérieusement effacés. Je me suis plains à Patrick Lagacé, qui évidemment dit qu’il n’est au courant de rien. Vraiment plate comme situation; on suit leur foutu nétiquette à la lettre et suffit qu’on soit en désaccord avec l’auteur pour que les messages « disparaissent mystérieusement »! Ah Gesca et leur censure…

L’ADQ redevient un parti mineur
23 octobre 2008

Mario Dumont et Stephen HarperIl y a plusieurs façons d’analyser le passage de l’ADQ au PLQ des deux députés André Riedl et Pierre Michel Auger. On peut parler de motivations personnelles: le PLQ a le vent dans les voiles ces temps-ci dans les sondages. On peut parler de choix stratégiques: le PLQ a une meilleure organisation en prévision des prochaines élections. On peut également considérer une mésentente avec le chef Mario Dumont. Mais tout ceci, ce sont des facteurs secondaires.

En effet, le vrai fond du problème, c’est que l’Action démocratique du Québec est en train de redevenir une parti mineur. En chute libre dans les sondages, le parti de Mario Dumont n’aurait même pas le quart d’une chance de même espérer conserver ses acquis. C’est comme si le Québec en entier se réveillait et réalisait finalement que Mario Dumont jappe fort dans l’opposition mais qu’il est inapte à diriger, que son parti n’a rien à proposer, et que ses appels à des rencontres multi-partisanes pour parler d’économie ou son appui aux Conservateurs lors de la dernière campagne fédérale ne sont que des façons bêtement politiques de se faire du capital politique sur le dos de ceux qui tentent quelque chose.

Par ailleurs, le parti de Mario Dumont (a quand le changement de nom officiel, puisque l’ADQ a toujours été le parti d’un seul homme?), dans sa courte histoire, a souvent modifié ses politiques au gré des sondages, à la petite semaine, ne conservant qu’un dogme fondamental: la croyance que le marché pouvait tout régler et que l’État devait être minimal. Avec la crise financière actuelle qui est une conséquence du désengagement de l’État et du laisser-faire économique, la seule valeur relativement solide de l’ADQ vient d’éclater en morceau. Le discours anti-fonctionnaires et anti-État de Dumont se trouve tout à fait discrédité, exposant l’absence de ligne directrice et de pensée cohérente du parti.

Considérant que la situation économique ne risque pas de s’améliorer au cours des prochains mois et que le discours économique de droite prônant le tout-privé semble disqualifié au moins pour les quelques années subséquentes, nous n’assistons peut-être pas au dernier épisode de députés transfuges.

Et puisque le Parti Québécois est devenu un parti faible, sans idéologie, ayant laissé tombé le projet indépendantiste, quoi de plus normal pour les députés adéquistes ayant du flair que de rejoindre ce bon vieux Jean Charest, qui trône en haut dans les sondages non pas parce qu’il a fait quoi que ce soit de génial, mais précisément parce que son opposition est si mauvaise?

Le retour de Pierre Morin
19 septembre 2008

Ceux qui sont bien au fait de ce qui se passe sur la blogosphère se rappellent certainement de « l’affaire Élodie Gagnon-Martin », ce pseudonyme utilisé par Pierre Morin, un militant adéquiste s’ayant vu offrir le poste de troisième vice-président à l’Assemblée nationale suite à sa campagne (souvent haineuse) contre le Parti Québécois lors des dernières élections provinciales. J’en ai déjà parlé ici et ici. Le meilleur résumé de cette histoire appartient à Carl, selon moi.

Toujours est-il que j’ai découvert ce matin que M. Pierre Morin a recommencé à sévir sur la blogosphère. Son blogue Un blogue bleu Québec possède la même signature graphique, le même genre de texte, les mêmes attaques personnelles, etc. Seule différence: M. Morin a placé une petite photo (que dis-je, une caricature de photo) en bas à droite de son blogue, une photo qui n’est évidemment pas la sienne, pour tenter de brouiller les pistes.

Certains diront peut-être: et alors? Alors, ce type est payé par l’État québécois et travaille à l’Assemblée nationale. Son mandat doit être de s’occuper du bon fonctionnement du parlement et de l’appareil administratif, pas de bloguer à temps plein pour s’attaquer aux adversaires politiques de son Parti Conservateur chéri. Ce faisant, il détourne les impôts que nous lui versons généreusement (nos impôts!) pour faire un travail de propagande qui ne devrait pas être le sien.

Évidemment, tout le monde a le droit de militer comme il l’entend dans sa vie privée. Mais quand on obtient un poste de prestige demandant une apparence de neutralité et d’impartialité il est important de ne pas abuser de la confiance du public en mélangeant le travail pour la collectivité (ce que Pierre Morin devrait faire pour gagner son salaire) et son travail de militant pour sa petite personne. Quand on doit être au-dessus de tout soupçon et qu’on est payé par le contribuable québécois, on doit résister à l’appel du militantisme (surtout sur les heures de travail) et ne pas oublier que 65 à 70% de ceux qui paient son salaire ne voteront pas pour le Parti Conservateur.

La dernière fois, Pierre Morin avait rapidement fermé son blogue après que le journaliste Antoine Robitaille l’eût traqué et que l’histoire se soit retrouvée dans les médias de masse.

Reste à espérer qu’il aura la même sagesse cette fois-ci ou que son chef, Mario Dumont, saura le ramener à l’ordre en exigeant sa démission.


On reconnaît le style

Allo, toi!
1 juillet 2008

Le vouvoiement est un art qui se perd. Tout comme les coups de pied au cul.

Pourtant, je suis poli, moi. « Bonjour monsieur, comment allez-vous aujourd’hui, monsieur? » Ou encore: « Puis-je vous aider? » La plupart du temps on me répond avec la même amabilité et en me vouvoyant. Occasionnellement, par contre, on me sert du « allo, toi! » avec de grands yeux condescendants comme si j’étais une sorte de petit enfant portant une casquette multicolore avec une hélice sur le dessus et qu’on me connaissait depuis des décennies.

Ces adeptes du tutoiement sont inévitablement des baby-boomers. Des jeunes de dix-huit ans qui n’ont pas encore le nombril sec me vouvoient. Et nos ancêtres – nos braves ancêtres – le font également. Entre les deux, le plus souvent un trou noir qui me rappelle combien la société a changé.

En effet, le tutoiement a surtout gagné en popularité dans les années soixante, suivant le courant égalitarisme où tout le monde pouvait être ami avec tout le monde. Nous étions tous beaux, nous étions tous fins, nous étions tous Québécois, nous étions tous de la classe moyenne, et nous vivions la même réalité. Une très belle philosophie qui connu son apogée avec la série Passe-Partout, qui a eu le grand honneur de m’accompagner dans ma plus tendre enfance.

Sauf que ce temps-là est fini. La puissance du rêve s’est édulcorée, et nous ne sommes plus amis, nous ne sommes plus tous fins, nous ne sommes plus Québécois (du moins pas ces trillions d’immigrants-anglophones où je travaille), nous ne sommes plus de la classe moyenne (cette classe moyenne largement syndiquée à laquelle certains politiciens opportunistes de droite s’attaquent… au nom de la classe moyenne). Nous ne vivons plus dans le même monde.

Alors, SVP, quand je viens licher vos souliers et vous traiter comme des rois pour un salaire plus que moyen ne me permettant même pas d’aspirer à un minimum de liberté, ayez au moins l’obligeance de me vouvoyer et de ne pas ajouter l’hypocrisie à l’injure en me donnant l’impression que nous sommes dans la même gang.

Non, nous ne le sommes pas. « Toi », tu as vécu une belle période, les lendemains qui chantent. Et moi, je me fends le cul juste pour espérer garder la tête au-dessus de l’eau et pour m’accrocher à mes minces privilèges. Alors viens pas me casser avec ton langage égalisant pendant que tout, chez toi, trahit la distance qui nous sépare.