De Guindonville à Oka, la loi doit s'appliquer
6 août 2010

Vous êtes propriétaire d’un terrain. Vous avez tous les papiers, le terrain lui-même est sur le territoire du Québec, dans une municipalité reconnue. Vous allez visiter votre propre terrain, y faire des travaux pour la sécurité des citoyens, et on vous insulte, on vous menace de mort, on s’attaque à votre voiture. La police arrive. Pour vous protéger, croyez-vous? Erreur! Elle vous demande de quitter les lieux et n’a pas l’intention de faire quoi que ce soit contre ceux qui ont violé la loi – notre loi. Deux poids, deux mesures. Il y a une loi pour les Québécois, et une autre pour les autochtones.

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Richard Ducharme, de la compagnie Norfolk, qui possède le terrain, a bien raison: « C’est peut-être une région sensible, mais c’est une région qui fait partie du territoire intégral du Québec. Elle est assujettie au code civil du Québec, ces terrains sont sous la juridiction de la ville de Oka et ils sont enregistrés au cadastre officiel du Québec. » Ne s’agit-il pas là de la plus pure des vérités? Dans quelle sorte de société vivons-nous si nous ne pouvons pas garantir les droits de ceux qui ont respecté toutes les règles du jeu et qui se font aujourd’hui floués par des gens préférant présenter poings et menaces plutôt que d’agir en personnes civilisées?

Imaginons une situation analogue. Tiens, pourquoi pas l’ancienGuindonville, à Val-David. En 2003, suite à un règlement municipal décidant de transformer le terrain en stationnement, des gens ont été expropriés, on a démoli leurs maisons, ils ont tout perdu. A-t-on demandé à la ville de discuter, de trouver un compromis? A-t-on demandé aux démolisseurs de faire demi-tour à cause du chahut causé par leur présence? Non. On a envoyé la police, on a délogé les manifestants de force et on a tout rasé. Ce n’étaient pas des Mohawks armés jusqu’aux dents qu’on a arrachés à leur tranquille existence; ce n’étaient pas des « Warriors » criminalisés: c’étaient des enfants, des familles, des personnes âgées.

C’étaient des Québécois.

Quand la loi du Québec doit être appliquée et qu’il faut faire face à des Québécois, on éprouve soudainement beaucoup moins de scrupules. On applique la loi, simplement. « Désolé madame, votre maison va être détruite, mais c’est la loi, si vous n’êtes pas contente vous savez pour qui ne pas voter dans quatre ans. » Bingo, c’est si facile. Nous sommes grands, nous sommes une démocratie, nous appliquons la loi. C’est ce qui différencie un État de droit d’une République de banane: la loi est légitime, les règlements sont démocratiques, et la police a le mandat de les appliquer.

Mais dès qu’il est question des autochtones, ou d’autres minorités – on se souvient que la ministre Courchesne avait modifié le calendrier scolaire pour accommoder des écoles juives – tous nos beaux principes prennent le bord. Soudainement, plutôt que d’appliquer des lois et règlements pour tous, on désire l’accommodement, la discussion, le dialogue, la « non-provocation ». Vous imaginez? La loi qui, contre les Québécois, s’applique d’elle-même, est devenue provocation contre les minorités!

Alors qu’à Guindonville on a démoli et que la police a constitué – avec justesse – le bras armé de la loi, à Oka, elle se refuse à jouer son rôle et elle demande à un individu dans son droit le plus strict et possédant légalement un territoire, de ne pas y avoir accès. Pire, elle ne fait rien contre les manifestants qui le menacent. Deux poids, deux mesures, vous dites?

Il faut tracer une limite

On peut être sensible aux revendications territoriales des autochtones, mais il faut tracer une limite. Il n’est pas plus question pour nous de leur redonner l’île de Montréal qu’il ne serait justifié pour les Acadiens de réclamer toutes les provinces maritimes du Canada sous prétexte que ces provinces sont devenues anglaises après la Déportation – et le génocide – qu’ils ont subi en 1755. L’Île-du-prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et le sud du Nouveau-Brunswick sont principalement anglaises; Oka appartient au territoire du Québec. C’est injuste, mais c’est ainsi. Le passé ne peut être entièrement réparé. On ne peut pas plus redonner l’Amérique aux dizaines de peuples autochtones qu’on ne peut empêcher l’arme atomique d’exister. Il faut bâtir à partir de ce que nous avons, aujourd’hui.

Si, un jour, nous décidons de morceler un peu plus notre territoire pour satisfaire les ambitions de minorités pratiquant l’exclusion raciste de ses habitants blancs, refusant d’apprendre notre langue et méprisant jusqu’à la plus fondamentale de nos lois, ce sera un choix qui devra être respecté. Mais en attendant, la loi s’applique, le terrain possédé par Norfolk est sur le territoire du Québec et la police devrait faire son travail, en garantir l’accès à son propriétaire et arrêter quiconque viole la loi.

Si nous acceptons de vivre dans le traumatisme de la crise d’Oka de 1990, si nous écoutons les sirènes de la défaite agitées par des ministres à-plat-ventristes prônant le refus d’appliquer notre loi sur notre propre territoire pour ne pas « envenimer la situation », ce ne serait pas seulement la « situation » qui « s’envenimerait », mais ce serait notre propre capacité à former une société cohérente où les lois s’appliquent pour tous qui serait menacée. En reculant collectivement devant une bande de voyous armés qui méprisent nos lois, nous ouvririons la porte aux pires des demandes, aux plus folles revendications, aux pires dérogations à cet esprit pourtant si noble qui devrait nous habiter: celui de faire partie d’une société qui traite chacun des siens de la même manière.

Aujourd’hui, l’État québécois recule sur son propre territoire contre une bande de Mohawks. Demain, qu’en sera-t-il? Quel message lance-t-on à tous ceux qui ne rêvent que de détruire nos lois, d’affaiblir notre territoire et de s’attaquer à nos valeurs?

Bloquez la route, menacez de mort, et on vous écoutera. C’est cela qu’on leur dit.

Voilà bien le pire des messages.

De Guindonville à Oka, dans un État de droit, la loi doit s’appliquer. C’est tout. Si la loi est injuste, qu’on la modifie, mais en attendant, qu’on envoie la police et qu’on permette à cet honnête citoyen de jouir de son terrain. Entre les inconvénients possibles d’une offensive policière et la certitude d’un terrible recul si on laisse une minorité dicter sa loi à la majorité, le choix est clair.

De Guindonville à Oka, la loi doit s’appliquer
6 août 2010

Vous êtes propriétaire d’un terrain. Vous avez tous les papiers, le terrain lui-même est sur le territoire du Québec, dans une municipalité reconnue. Vous allez visiter votre propre terrain, y faire des travaux pour la sécurité des citoyens, et on vous insulte, on vous menace de mort, on s’attaque à votre voiture. La police arrive. Pour vous protéger, croyez-vous? Erreur! Elle vous demande de quitter les lieux et n’a pas l’intention de faire quoi que ce soit contre ceux qui ont violé la loi – notre loi. Deux poids, deux mesures. Il y a une loi pour les Québécois, et une autre pour les autochtones.

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Richard Ducharme, de la compagnie Norfolk, qui possède le terrain, a bien raison: « C’est peut-être une région sensible, mais c’est une région qui fait partie du territoire intégral du Québec. Elle est assujettie au code civil du Québec, ces terrains sont sous la juridiction de la ville de Oka et ils sont enregistrés au cadastre officiel du Québec. » Ne s’agit-il pas là de la plus pure des vérités? Dans quelle sorte de société vivons-nous si nous ne pouvons pas garantir les droits de ceux qui ont respecté toutes les règles du jeu et qui se font aujourd’hui floués par des gens préférant présenter poings et menaces plutôt que d’agir en personnes civilisées?
Imaginons une situation analogue. Tiens, pourquoi pas l’ancienGuindonville, à Val-David. En 2003, suite à un règlement municipal décidant de transformer le terrain en stationnement, des gens ont été expropriés, on a démoli leurs maisons, ils ont tout perdu. A-t-on demandé à la ville de discuter, de trouver un compromis? A-t-on demandé aux démolisseurs de faire demi-tour à cause du chahut causé par leur présence? Non. On a envoyé la police, on a délogé les manifestants de force et on a tout rasé. Ce n’étaient pas des Mohawks armés jusqu’aux dents qu’on a arrachés à leur tranquille existence; ce n’étaient pas des « Warriors » criminalisés: c’étaient des enfants, des familles, des personnes âgées.
C’étaient des Québécois.
Quand la loi du Québec doit être appliquée et qu’il faut faire face à des Québécois, on éprouve soudainement beaucoup moins de scrupules. On applique la loi, simplement. « Désolé madame, votre maison va être détruite, mais c’est la loi, si vous n’êtes pas contente vous savez pour qui ne pas voter dans quatre ans. » Bingo, c’est si facile. Nous sommes grands, nous sommes une démocratie, nous appliquons la loi. C’est ce qui différencie un État de droit d’une République de banane: la loi est légitime, les règlements sont démocratiques, et la police a le mandat de les appliquer.
Mais dès qu’il est question des autochtones, ou d’autres minorités – on se souvient que la ministre Courchesne avait modifié le calendrier scolaire pour accommoder des écoles juives – tous nos beaux principes prennent le bord. Soudainement, plutôt que d’appliquer des lois et règlements pour tous, on désire l’accommodement, la discussion, le dialogue, la « non-provocation ». Vous imaginez? La loi qui, contre les Québécois, s’applique d’elle-même, est devenue provocation contre les minorités!
Alors qu’à Guindonville on a démoli et que la police a constitué – avec justesse – le bras armé de la loi, à Oka, elle se refuse à jouer son rôle et elle demande à un individu dans son droit le plus strict et possédant légalement un territoire, de ne pas y avoir accès. Pire, elle ne fait rien contre les manifestants qui le menacent. Deux poids, deux mesures, vous dites?
Il faut tracer une limite
On peut être sensible aux revendications territoriales des autochtones, mais il faut tracer une limite. Il n’est pas plus question pour nous de leur redonner l’île de Montréal qu’il ne serait justifié pour les Acadiens de réclamer toutes les provinces maritimes du Canada sous prétexte que ces provinces sont devenues anglaises après la Déportation – et le génocide – qu’ils ont subi en 1755. L’Île-du-prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et le sud du Nouveau-Brunswick sont principalement anglaises; Oka appartient au territoire du Québec. C’est injuste, mais c’est ainsi. Le passé ne peut être entièrement réparé. On ne peut pas plus redonner l’Amérique aux dizaines de peuples autochtones qu’on ne peut empêcher l’arme atomique d’exister. Il faut bâtir à partir de ce que nous avons, aujourd’hui.
Si, un jour, nous décidons de morceler un peu plus notre territoire pour satisfaire les ambitions de minorités pratiquant l’exclusion raciste de ses habitants blancs, refusant d’apprendre notre langue et méprisant jusqu’à la plus fondamentale de nos lois, ce sera un choix qui devra être respecté. Mais en attendant, la loi s’applique, le terrain possédé par Norfolk est sur le territoire du Québec et la police devrait faire son travail, en garantir l’accès à son propriétaire et arrêter quiconque viole la loi.
Si nous acceptons de vivre dans le traumatisme de la crise d’Oka de 1990, si nous écoutons les sirènes de la défaite agitées par des ministres à-plat-ventristes prônant le refus d’appliquer notre loi sur notre propre territoire pour ne pas « envenimer la situation », ce ne serait pas seulement la « situation » qui « s’envenimerait », mais ce serait notre propre capacité à former une société cohérente où les lois s’appliquent pour tous qui serait menacée. En reculant collectivement devant une bande de voyous armés qui méprisent nos lois, nous ouvririons la porte aux pires des demandes, aux plus folles revendications, aux pires dérogations à cet esprit pourtant si noble qui devrait nous habiter: celui de faire partie d’une société qui traite chacun des siens de la même manière.
Aujourd’hui, l’État québécois recule sur son propre territoire contre une bande de Mohawks. Demain, qu’en sera-t-il? Quel message lance-t-on à tous ceux qui ne rêvent que de détruire nos lois, d’affaiblir notre territoire et de s’attaquer à nos valeurs?
Bloquez la route, menacez de mort, et on vous écoutera. C’est cela qu’on leur dit.
Voilà bien le pire des messages.
De Guindonville à Oka, dans un État de droit, la loi doit s’appliquer. C’est tout. Si la loi est injuste, qu’on la modifie, mais en attendant, qu’on envoie la police et qu’on permette à cet honnête citoyen de jouir de son terrain. Entre les inconvénients possibles d’une offensive policière et la certitude d’un terrible recul si on laisse une minorité dicter sa loi à la majorité, le choix est clair.

Le jugement, le règlement
20 mai 2009

Nicolas s’en allait au IGA lorsqu’il croisa son ami François, s’en allant au même endroit. Les deux compagnons décidèrent de faire marche commune et la discussion se porta naturellement sur l’actualité. « As-tu entendu parlé de cette histoire de la femme à Laval qui a reçu une amende pour ne pas avoir tenu la rampe d’escalier? demanda Nicolas.
– Certain! Tout le monde en parle au bureau. C’est vraiment écoeurant; les policiers ont vraiment manqué de jugement. Lagacé a écrit une bonne chronique à ce sujet; l’as-tu lue?
– Oui. Lagacé écrit très bien, mais il a tort.
– Comment ça? risqua François.

Il a du toupet ce Nicolas de prétendre que Lagacé a tort. Ça me semble pourtant être du gros bon sens. J’espère qu’il a de bons arguments!

jugement-reglement

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– Hé bien, dit Nicolas, on ne paie pas les policiers pour qu’ils fassent preuve de jugement, mais pour qu’ils appliquent la loi.
La loi, c’est la loi! Un peu facile, non? Franchement, comme si quelqu’un allait se blesser en prenant un escalier roulant.
– Pourtant, c’est arrivé, répliqua Nicolas. En 2005, à Boston, un homme s’est étouffé à mort lorsque ses vêtements se sont pris dans la base d’un escalier roulant. S’il avait tenu la rampe, ce ne serait pas arrivé.
– Bon, ok, une fois. Quand même, si quelqu’un est assez stupide pour ne pas faire attention, peut-être mérite-t-il son sort. La sélection naturelle, quoi. Les plus intelligents survivent et les autres crèvent. Tout de même, va-t-on mettre un règlement pour chaque chose de la vie?
– Là-dessus, je suis d’accord avec toi. Mais ce ne sont pas les policiers qui font les règlements.
– Bien sûr, répondit François, mais ils auraient pu faire preuve de davantage de jugement. »

C’est le gros bon sens, pensa François.  Sérieusement, 420$ pour ne pas avoir tenu la rampe.  N’importe quoi! « Du jugement oui. Ils ont manqué de jugement en appliquant la loi.
-Alors, dis-moi, dans quel contexte aurait-on pu appliquer ce règlement en faisant preuve de jugement?  Dans quelle situation le policier aurait-il eu raison de donner une amende à quelqu’un ne tenant pas la rampe?
– Je ne sais pas, admit François.
– Donc tu admets que le simple fait d’appliquer ce règlement aurait été, dans tous les cas, un manque de jugement?
– Oui, car un policier qui applique un règlement stupide ne fait pas preuve de jugement.
– Ok, ok, sourit Nicolas. » Le fun commence… « Donc, selon toi, il y a des règlements qu’il faut appliquer et d’autres qu’on ne doit pas appliquer, c’est ça?
– En quelque sorte.
– Et à tes yeux, un policier qui refuse d’appliquer un règlement jugé abusif fait preuve de jugement.
– Oui, dit François.
– Mais qu’est-ce qu’un règlement abusif, au fait? Le concept d’abus n’est-il pas tout à fait personnel? Par exemple, je trouve abusif qu’un règlement interdise de laisse tourner son moteur de voiture au ralenti pendant plus de deux minutes. Mais pour d’autres, ce n’est pas un abus du tout mais un effort pour la protection de l’environnement.
– Ce n’est pas pareil du tout. Ici on parle de gros bon sens.
– Le gros bon sens, c’est quoi, au fait? Tiens, l’été dernier, l’affaire Villanueva. Les policiers ont voulu arrêter son frère parce qu’il jouait aux dés et qu’un règlement municipal l’interdit. Ce règlement est-il abusif? Les policiers auraient-ils pu faire preuve de gros bon sens? demanda Nicolas.
– Oui, ils auraient pu. Des jeunes qui jouent aux dés, ce n’est pas la fin du monde.
– Et s’ils avaient joué aux cartes?
– Même chose.
– Et s’il y avait eu de l’alcool; il est interdit de boire sur la voie publique.
– Alors, ils auraient pu intervenir, dit François.
– Donc, il serait correct d’intervenir pour le règlement sur l’alcool, mais pas pour celui sur le jeu, c’est ça?
– C’est le gros bon sens, le jugement. Ces jeunes ne sont pas dangereux s’ils jouent.
– Donc, ce que tu me dis, rétorqua Nicolas, c’est que si des études ont démontré les dangers du jeu et si des spécialistes ont fait la recommandation d’empêcher le jeu sur la voie publique, on met tout ça aux ordures et on laisse le jugement d’un seul policier prendre le dessus.
– C’est pas ça! s’offusqua François.
– C’est quoi alors?
– Tu mélanges tout.
– Ah oui?
– Oui.
– Ah bon, répondit Nicolas. Tiens, prenons un autre exemple. Une relation amoureuse entre un jeune de 22 ans et une fille de 15 ans et neuf mois. Depuis deux ans, l’âge légal du consentement sexuel a été haussé de 14 à 16 ans. Si un policier est témoin d’une telle relation, que la fille est heureuse, l’homme aussi, et que la relation se déroule dans la paix et l’harmonie, la policier doit-il sévir?
– Absolument!
– Pourquoi?
– Parce que c’est la loi et qu’elle existe pour protéger les mineurs, répondit François.
– Mais s’ils sont consentants, et que la fille a presque 16 ans, et qu’ils sont heureux. N’est-ce pas là du gros bon sens que de les laisse vivre leur idylle amoureuse?
– La loi c’est la loi, répondit François. Comment oses-tu défendre des pédophiles?
– Pédophilie? Ça c’est ton jugement. Pour d’autres, une relation entre une femme de presque 16 ans et un homme de 22 ans n’est pas de la pédophilie. Qui croire? Laisse-t-on au policier le poids du jugement ou se fie-t-on à la loi, qui existe pour déterminer ce qui est acceptable ou non?
– On se fie à la loi, évidemment.
– Mais pas pour la rampe d’escalier? rétorqua Nicolas.
– Tu es injuste. Ce n’est pas pareil!
– Ah oui? Qu’est-ce qui est le plus dangereux? Un escalier roulant qui peut tuer des gens ou une relation amoureuse où les deux semblent épanouis?
– Tu es injuste.
– Ah oui? Et où mets-tu la limite? Quels règlements doit-on appliquer et lesquels peut-on se permettre de ne pas appliquer? Doit-on laisser une décision aussi importante à un policier? Est-ce au policier de décider si telle ou telle loi est bonne ou non? Est-ce à cet individu, qui a ses propres valeurs et sa propre conception de la vie et des choses de décider ce qui est bien ou non pour l’ensemble de la société?
– Non, évidemment. Tu as raison, c’est la loi qui est mal faite. On devrait recommander de tenir la rampe, et pas l’imposer, admit François.
– Sauf que la loi existe en ce moment, et donc les policiers n’ont fait que leur travail. Si on accepte qu’ils puissent décider ce qu’est une bonne ou mauvaise loi, on ouvre la porte à toutes sortes d’abus potentiels, car les valeurs de chaque individu sont différentes et ce qui apparaît comme du gros bon sens pour quelqu’un n’est que laxisme et oppression pour un autre. Doit-on laisser le pouvoir à un policier, un seul individu, de décider des implications sur toute la société d’une seule loi?
– Tu as raison. »

Ils arrivèrent devant l’épicerie. « C’est au niveau politique que ça doit se jouer. Les policiers sont là pour appliquer la loi, pas pour l’interpréter. Si on juge que le règlement doit être modifié, qu’on le modifie et qu’on le fasse en toute connaissance de cause, c’est-à-dire en se basant sur davantage que le gros bon sens ou le jugement d’un seul individu. Si on ouvre la porte à une société où le policier peut décider arbitrairement quelle loi il applique et quelle loi il n’applique pas, alors ceux-ci ne sont plus nos représentants qui représentent l’autorité, mais plutôt des milliers d’individus aux valeurs différentes et aux conceptions différentes du gros bon sens. Le chaos, oui.
– C’est vrai, admit François. C’est le règlement qu’il faut peut-être modifier. Les policiers n’ont fait que leur travail.
– Hé oui! Le règlement existe pour être appliqué.  Mieux vaut un règlement mal fait et bien appliqué que des dizaines de bons règlements mal appliqués au nom du jugement d’un seul policier.  Si on ne veut pas appliquer une loi, qu’on l’abroge!  Veut-on vraiment d’une société où ce sont les policiers qui écrivent les lois? Entrons, j’ai plusieurs achats à faire.

L’engagement moral
30 octobre 2008

Engagement moral

Qu’on le dise dès le départ: si la politique d’intégration des immigrants du Parti Libéral du Québec constituait la fine glace qui nous séparait des eaux, nous serions déjà tous mouillés jusqu’aux oreilles tellement celle-ci s’avère mince et fragile. On demande un « engagement moral » aux immigrants en les incitant à signer un contrat sans valeur afin qu’ils respectent nos valeurs de base, notamment l’utilisation du français: n’importe quoi, comme le note Patrick Lagacé.

Pourtant, la controverse n’est pas nouvelle. Ici-même, en février dernier, il y avait eu un fort débat suite à un de mes billets où je m’en prenais à un blogueur ayant choisi de faire la promotion de l’indépendance du Québec… en anglais. Je lui avais reproché de contribuer ainsi à la normalisation de l’anglais comme langue d’usage au Québec et à réduire l’attrait du français chez les immigrants, nuisant effectivement au combat qu’il prétendait mener. Car n’en déplaise aux grands linguistes de ce monde, une langue n’est rarement apprise par plaisir, mais plutôt par nécessité.

En effet, c’est bien beau de se fier au « sens moral » des gens, mais la vérité c’est que nous n’agissons souvent que selon notre propre intérêt. Tiens, par exemple, le gros bon sens nous dit que l’hiver on doit mettre des pneus d’hiver. Mais il a fallu passer une loi pour forcer les gens à les installer. Et c’est la même chose pour tout: qui s’arrêterait la nuit aux feux rouges si ce n’était pas obligatoire? Quel commis de dépanneur gagnerait le salaire minimum si on se contentait de dire aux entreprises qu’elles ont « l’engagement moral » de bien payer leurs employés? Et à quoi ressemblerait un match de hockey où il n’y aurait pas de règles mais seulement un « engagement moral » de ne pas déroger à un code d’éthique?

Qu’on soit d’accord ou non, un engagement doit être accompagné de conséquences si on ne le respecte pas. Tout comme on me donne une contravention si je dépasse la limite permise ou si je roule sur le trottoir avec ma voiture, il doit y avoir des conséquences pour les immigrants qui refusent d’apprendre le français.

Oh, et à certains de nos amis qui ne vivent pas à Montréal et qui voient l’immigration avec des lunettes rose-bonbon, une GRANDE partie des immigrants ne veulent rien, mais absolument rien savoir d’apprendre ne serait-ce qu’un seul mot de français. J’en vois tous les jours qui sont ici depuis des années et qui ne sont même pas capables de dire « bonjour » ou « merci ». C’est ça le Montréal d’aujourd’hui, et c’est à cause de l’applaventrisme de Québécois mous et à l’amour-propre déficient, relayés par un gouvernement libéral mollasse et sans fierté que cette situation perdure.

La seule façon de franciser les immigrants est de leur parler en français, toujours, sans compromis, sans exception. Ceux-ci doivent comprendre que s’ils n’apprennent pas le français ils ne pourront pas fonctionner. Soudainement, ces gens qu’on croyait trop âgés ou trop peu scolarisés feront des merveilles d’apprentissage sitôt que leur intérêt personnel se trouve en jeu.

Dans tous les cas, c’est à nous d’agir. À nous d’être fiers de ce que nous sommes et de refuser de parler anglais sur notre territoire, d’exiger le français en tant que client ET en tant que travailleur. Cesser de croire que nous sommes polis parce que nous parlons anglais à quelqu’un qui ne comprend pas le français; notre politesse n’est qu’une lâcheté en tenue de soirée.

La vraie politesse, c’est de respecter le rythme d’apprentissage de l’autre, d’être patient, de lui répéter en articulant bien, mais de le faire, toujours et sans compromis, en français.

Sinon, autant fermer la shop right now.

Au fait, où en serions-nous aujourd’hui sans loi 101 ou si on s’était contenté de « l’engagement moral » des parents d’envoyer leurs enfants à l’école francophone?

Montréal-Nord: le rejet du contrat social
16 août 2008

Le contrat social, tel que l’a imaginé Rousseau, est le ciment qui amalgame tous les éléments de la société. C’est le processus selon lequel chacun renonce à une partie de sa liberté individuelle pour gagner la liberté civile. En clair, je renonce à agresser ou violenter mon voisin, j’accepte que mon pouvoir et ma liberté soient limités, et en échange les policiers et la justice appliquent cette loi, égale pour tous. Ce contrat social est ce qui nous a sorti du Moyen-à‚ge. Et c’est ce que remettent en cause les voyous qui font la loi à Montréal-Nord.

En effet, quand ceux-ci se plaignent d’être harcelés par la police, il ne faut pas prendre leurs mots à la légère: ils détestent la police, car à leurs yeux celle-ci ne les protège pas mais les empêche de faire ce qu’ils aimeraient faire. Ils ne comprennent pas que la police se contente d’appliquer les lois votées par les représentants de la majorité. Ils ne voient pas que la police est là pour les protéger, et que même s’ils deviennent des criminels notoires ils pourront toujours compter sur elle pour sauver leur petite vie misérable.

Pourtant, ils auraient tout pour réussir: l’intelligence, la chance d’habiter dans un pays démocratique, une éducation presque gratuite, des ressources pour les aider. Mais ce n’est pas assez. Il y a cette culture familiale issue de l’immigration et découlant de siècles d’esclavage ou de pauvreté à Haà¯ti qui les rend méfiants, voire paranoà¯aques, et les empêche de comprendre que leur intérêt consiste à accepter notre contrat social, c’est-à -dire de jouer la « game » telle qu’elle a été choisie par l’ensemble des Québécois.

C’est donc un rejet non seulement du Québec et de la volonté de ses habitants, mais également le rejet de la démocratie, le rejet des Lumières, une ode à la barbarie, au clanisme, au népotisme et à la loi du Talion imposée en valeur suprême. « Tu me manques de respect, je te casse les jambes à coup de batte de baseball ». Des barbares.

Je jasais avec un gars qui travaillait dans ce ghetto. Il me contait que des employés se sont fait casser des bouteilles de vitre sur la tête parce qu’ils avaient voulu empêcher un vol. Un autre s’est fait casser les deux jambes avec une batte de baseball car il avait carté un jeune de 14 ans qui voulait s’acheter de l’alcool. Une autre fois, ils ont mis un fusil sur la tempe d’un agent de sécurité et l’ont forcé à s’agenouiller devant eux. Ce sont des bêtes. Les gens n’ont même pas idée de ce que ça peut être de vivre dans un tel quartier. Et ceux qui le savent ont hâte de le quitter et de ne plus se retourner.

Ainsi, en rejetant le contrat social et en refusant de respecter la loi, ces jeunes voyous sont en train effectivement de créer une sorte de ghetto hermétique moyennâgeux, où même les policiers ont peur d’intervenir. Ce sont des loups, des chacals, et ils entraînent leurs concitoyens vers la déchéance d’un monde de pauvreté et de violence à l’image des ghettos que l’on peut observer un peu partout dans le Tiers-monde. Ces voyous font régresser l’humanité; ils célèbrent la loi de la jungle et la puissance du fusil au-dessus de celle de la loi. Ce sont des ennemis.

Malgré tout, je crois à la valeur de la prévention et de mesures socio-économiques pouvant aider ceux qui veulent s’en sortir. Mais pour les autres, c’est trop tard. Nous sommes en guerre, et ces petits caà¯ds de la mort sont les ennemis de notre nation et de notre démocratie, et la police devrait pouvoir faire le ménage. Et les politiciens devraient favoriser ce ménage en instaurant un couvre-feu et en augmentant les effectifs policiers dans le quartier. Ces jeunes bêtes doivent apprendre à respecter l’autorité policière, cette renonciation d’une partie de notre liberté individuelle qui nous garantit la vraie liberté.

Ces jeunes n’ont peut-être pas eu de parents. Ces derniers, amenant leur haine de la police et leur impression de corruption de ces derniers de leur pays d’origine, les ont peut-être incité à se faire justice eux-mêmes et à ne pas faire confiance aux autorités. Et c’est pourquoi, sans parents, ils n’ont pu grandir. Ils en sont encore au stade de croire qu’ils sont tout-puissants et que le monde tourne autour d’eux. Ils n’ont toujours pas compris que des règles doivent exister pour le bien-être de tous. Si personne ne respectait les feux de signalisation, se promener en voiture serait périlleux.

La solution sera politique ou ne sera pas. Nous ne devons plus accepter de voir de jeunes bandits saccager notre ville impunément. Et, malheureusement, ce ne seront pas de ridicules regroupements du style Montréal-Nord Republik qui, outre leur parti-pris pour les vandales et les hors-la-loi de dimanche dernier, sont incapables d’écrire le mot « république » correctement (ce qui démontre leur barbarisme, nous explique l’Intelligence Conséquente), qui pourront aider à améliorer la situation. La situation ne se réglera pas en demandant aux policiers de changer; les policiers font un excellent travail (quoi qu’ils ne sont pas assez sévères) et on ne répétera jamais assez à quel point le policier a eu raison de tirer sur Villanueva, qui a foncé sur un représentant de l’ordre, ce qui était probablement l’action la plus stupide à être commise depuis des années.

En clair, la police doit avoir les mains libres pour javelliser le quartier et imposer nos valeurs et ce contrat social qui constitue notre dernier rempart contre tous les ennemis de la démocratie.

Car quand on attaque un policier, ce n’est pas seulement un homme qu’on attaque, mais l’ensemble des citoyens qui ont placé leur confiance en cet homme. Quand on vise un policier, c’est nous tous qu’on vise.