QuebecLeaks: le mépris de Luc Lefebvre
10 mars 2011

Le lancement de « Kwebek Leaks », dont le porte-parole, Luc Lefebvre, est un ancien organisateur péquiste frustré, a été un flop total selon Steve Proulx. Pour ma part, ce n’est pas le fait que le lancement ait été réussi ou non qui m’importe. La seule chose qui m’importe, est que ce projet est dirigé par Luc Lefebvre et que Luc Lefebvre est un anglomane ne respectant pas le caractère français du Québec.

Source: Presse Canadienne.

Disons-le d’emblée: on ne peut pas faire abstraction du contenant quand il est question de « Kwebek Leaks », pas plus qu’on se satisferait d’un met délicat et suave dans un restaurant malpropre. L’idée derrière le projet peut être bonne, mais le fait qu’on ait choisi un titre en anglais et que le site web est entièrement bilingue anglais-français discrédite toute prétention à un mouvement citoyen typiquement québécois.

On répond pourtant: « Oui, mais « leaks » fait référence à « Wikileaks » donc il est important de l’avoir dans le nom ». Non. On aurait très bien pu nommer ce projet « Transparence Québec », par exemple, comme l’ont suggéré des citoyens sur Facebook. Si la réussite d’un projet comme celui-ci nécessite de lui accoler une expression dans une langue étrangère, alors ce projet ne peut être considéré comme étant spécifiquement québécois.

On répond aussi: « Le site est en français pour les Québécois, mais en anglais pour l’international ». En anglais pour « l’international »? Robin Philpot l’écrivait pourtant hier, dans l’Aut’journal: moins de 5% de la population mondiale a l’anglais comme langue maternelle et cette proportion est en constante diminution. Si on désirait réellement communiquer à l’international – ce qui, du reste, paraît suspect quand on se prétend un projet citoyen québécois désirant agir pour le Québec – on devrait peut-être le faire d’abord en mandarin, en hindi ou en espagnol, des langues rejoignant davantage de locuteurs. Un site réellement multilingue, voilà qui serait pertinent et tout à fait possible de réaliser avec les moyens techniques actuels.

Or, en choisissant seulement l’anglais et le français, Luc Lefebvre fait un choix politique et ce choix contribue à faire de notre langue au Québec l’équivalent de l’anglais, rendant, comme le soulignait déjà René Lévesque il y a plusieurs décennies, la décision de l’immigrant de s’intégrer ou non dans notre langue beaucoup plus ardue puisque le français n’y apparaît plus comme une langue incontournable.

Qui est Luc Lefebvre?

Ce mépris du français, affiché par Luc Lefebvre, ne devrait pas nous surprendre. Son profil Facebook place bien en exergue trois citations écrites dans la langue de Shakespeare, démontrant son attrait pour cette langue, mais il faut aller plus loin pour bien comprendre de quelle façon cet individu considère le français comme étant un canard boîteux devant s’effacer devant la toute-puissante langue impériale anglaise.

Luc Lefebvre, avant de créer son Kwebek Leaks, a participé à plusieurs forums sur Internet, notamment celui des Loco Locass. Son pseudo? Redsaber. Un autre nom en anglais, évidemment. Il a écrit des milliers de messages sur ce forum et il serait extrêmement fastidieux d’en faire une analyse précise, mais on peut déjà présenter quelques cas intéressants.

  1. Mépris d’un individu exigeant une traduction d’un de ses commentaires en anglais. Un participant au forum a demandé gentiment à M. Lefebvre de traduire un commentaire écrit en anglais. M. Lefebvre lui a répondu: « Va apprendre l’anglais esti d’inculte! ». LIEN.
  2. Mépris de ceux qui ne parlent pas anglais. M. Lefebvre, plutôt que de traduire un passage pour un commentateur, lui a répondu: « Alors arrête de me faire chier, et va te trouver des amis pour apprendre l’anglais. » LIEN.
  3. Mépris de ceux qui ne parlent pas anglais (bis). Encore une fois, M. Lefebvre dévalorise ceux qui ne parlent pas cette langue étrangère: « C’est vous autres les 2 caves qui savez pas lire en anglais ici, pas moi. » LIEN.
  4. Mépris du caractère français du Québec. Luc Lefebvre a également écrit: « Et le Québec lui? Son histoire est pas francaise/anglaise? […] En quoi suis-je plus colonisé que toi si je crois que mon pays, le Québec, est Français, et malgré tout, anglais? » LIEN. Aucun respect pour la Loi 101, pour la libération linguistique des Québécois… On voit déjà ici ce qui a mené à la situation actuelle: M. Lefebvre rejette tout l’aménagement linguistique québécois basé sur l’unilinguisme français.
  5. Anglomanie. À un commentateur qui se plaignait de la difficulté à travailler en français, Luc Lefebvre lui a répondu: « Apprends l’anglais, l’reste de la planète le parle. » Lorsque quelqu’un lui a fait remarquer qu’il devrait alors apprendre le mandarin puisque c’est effectivement la langue la plus parlée sur la planète, il l’a traité d’ « emmerdant » avec ses « histoires de colonisés ».  LIEN.

On pourrait ajouter un point un peu cocasse, bien qu’il ne soit pas directement relié à la langue. Luc Lefebvre a communiqué avec les médias sous le pseudonyme de l’intellectuel – anglophone, cela va de soi – Noam Chomsky, qui est considéré comme un anarchiste de mouvance socialiste. Assange, fondateur de Wikileaks, est aussi considéré, selon certains, comme un anarchiste. Mais que pensait vraiment Lefebvre de l’anarchisme, il y a quelques années à peine: « Je blagues [sic] pas quand je parles des anarchistes, ils devraient vraiment disparaître de la surface du globe. C’est du pu [sic] dans une plaie trop longtemps ouverte. » LIEN.

En fait, il serait possible de continuer très longtemps à analyser ses commentaires. La contribution de Luc Lefebvre au débat linguistique, depuis plusieurs années, se résume à la promotion constante de l’anglais dans toutes les sphères de la société, au mépris de ceux qui ne le parlent pas, à la valorisation de l’anglais au Québec et à l’appui au bilinguisme généralisé. Il nage dans la langue anglaise, il s’y baigne tellement qu’il a fini par considérer que la normalité était de la parler et que quiconque s’opposerait à sa soi-disant suprématie serait un « colonisé ».

Or, et pour revenir à nos moutons, toujours pour parler de Luc Lefebvre, comment pourrait-on dissocier le noble but de « Kwebek Leaks » – partager de l’information sensible – du mépris total de notre langue commune démontré par son porte-parole, non seulement par ses écrits passés, mais par son anglomanie présente, telle que démontrée par le nom de l’organisme et le site web faisant une large place à l’anglais?

À tous les jours, on demande aux Québécois de se respecter. On leur dit de refuser d’acheter dans un commerce où leur langue n’est pas respectée. Même le gouvernement du Québec distribue des autocollants marqués « Ici, on commerce en français ». Parfois, on se prive d’un bel achat. On a les mains pleines, mais on laisse tout tomber et on s’en va sans rien acheter parce qu’on n’a pu respecter notre langue nationale. On le fait par conviction, parce qu’on comprend que notre langue ne peut s’échanger ni contre un objet quelconque ni sous le prétexte de faire trembler des Grands.

Des Grands qui sont grands parce que nous sommes petits, désunis, et que nous avons fait passer nos intérêts individuels avant ceux de la collectivité. Une collectivité francophone, n’en déplaise à M. Lefebvre.

Faudra-t-il boycotter « Kwebek Leaks »?

Pas parce que l’idée est mauvaise.

Parce que notre langue n’a pas de prix: aucune révélation ne mérite qu’on lui manque de respect.

Le français, au Québec, sera toujours aussi fort que notre capacité à l’imposer comme langue incontournable de toutes les affaires publiques.

Un billet en cinq minutes
25 juin 2008

Je pars travailler dans cinq minutes chrono. Que puis-je écrire dans ce laps de temps? Prêt, c’est un départ! 10h03.

Deux sujets aujourd’hui: la fête nationale au Parc Maisonneuve et la lutte aux spéculateurs du pétrole aux États-Unis.

Au sujet de la fête d’hier soir; Gab et moi l’avons écouté au complet à la télévision. Heureusement qu’il y avait Normand Brathwaite pour animer; il était franchement meilleur que Lemay-Thivierge la veille à Québec. Et Loco Locass a littéralement volé le spectacle. Tous les autres avaient l’air d’avoir les pieds dans le ciment et à chaque fois que le groupe se présentait sur scène c’était une véritable déferlante de drapeaux, d’énergie, une vague bleue et blanche emportant tout avec elle.

J’avais sérieusement critiqué la décision du groupe de participer à une Saint-Jean privée avec les Cowboys-Fringants en 2005, où il fallait payer pour participer, mais cette fois-ci ils se sont rattrapés d’une manière grandiose. Bravo!

Mon autre sujet: les États-Unis parlent de mettre des limites aux spéculateurs dans le domaine du pétrole. On veut limiter l’accès des hedge funds, réduire la possibilité d’utiliser des marges et augmenter le besoin de liquidités. Et il se trouve même des clowns (comment les appeler autrement?) qui disent qu’avec ça on ferait baisser le coût du pétrole de moitié!

Bon, soyons sérieux. Il est aussi utile de réduire la spéculation sur le pétrole que de mettre un petit bandage sur un cancer généralisé. Avec le pic pétrolier, les prix continueront d’augmenter, passant le 200$, le 250$, puis le 300$ le baril. Il n’y a rien à faire contre ça: la demande est en voie de dépasser l’offre et aucune loi, aucune limite contre les spéculateurs n’y changera quoi que ce soit.

On cherche seulement une cible facile pour détourner l’attention des incroyables enjeux qui s’en viennent.

10h08. Je pars. Bonne journée à tous!