En attendant le livre
5 octobre 2010

Il ne s’agit ni d’une pause ni d’un rangement définitif du clavier. C’est l’histoire d’un changement. L’histoire d’une évolution, d’une nouvelle façon de m’exprimer. Si ça se trouve, ça ne fera pas long feu. Mais qui sait. Ça faisait déjà quelques fois que j’en parlais, mais je suis de plus en plus sérieux avec mon projet: je travaille sur un livre et j’ai donc moins de temps à consacrer à ce blogue.

En tant que tel, je fais sensiblement la même chose qu’avant, à l’exception que je retiens volontairement les statistiques que je compile, les liens que je fais, les idées que je propose. Je les garde, égoïstement, avec l’idée de les offrir d’une seule traite, dans un format me permettant de pouvoir aller un peu plus au fond des choses.

Je ne sais pas encore quelle forme définitive cela prendra. J’hésite entre le libre-parler et le « dans ta face » de mon blogue ou l’approche plus factuelle que j’ai pu expérimenter pendant l’année passée à la SSJB ou dans les mémoires que j’ai écrit pour le MMF ou Impératif français. Peut-être y intégrerai-je un peu des deux, quoi que cela devra être bien fait. Le ton devrait ressembler, dans l’idéal, à celui que j’ai adopté lors de la présentation du 23 septembre dernier, à l’Assemblée nationale. Voici d’ailleurs un extrait pour ceux qui n’avaient pas réussi à ouvrir le fichier dans un précédent billet.

En attendant, je recherche, j’accumule, je découvre. J’ai déjà des données que je suis probablement le seul à avoir. Et des idées originales, également. Je ne peux en dire davantage. Qui vivra verra. Ou peut-être pas. Allez savoir.

J’ai découvert plusieurs choses dernièrement:

  1. Mon départ de la SSJB et du MMF (que j’ai choisi, en vérité, afin de garder mon indépendance) pourrait constituer une bonne chose, car j’étais intellectuellement vidé après chaque semaine, tandis que je suis en mesure d’accomplir beaucoup plus de travail personnel en ce moment;
  2. J’ai trop perdu de temps sur Facebook en luttes stériles et en chicanes inutiles. Chaque heure gaspillée pour essayer de convaincre un cabochon de changer d’idée est une heure que j’aurais pu investir pour convaincre mille personnes d’une meilleure manière;
  3. La réputation est quelque chose qui a une certaine importance.  Je me suis tellement foutu des qu’en-dira-t-on que j’ai nui de manière durable à ma réputation auprès d’une certaine clientèle du web.  Je crois que je garderai certaines de mes réflexions pour moi à l’avenir, ou plutôt que je prendrai le temps de mieux choisir mes luttes et de canaliser mes critiques (je n’arrêterai pas de dénoncer l’immobilisme péquiste pour autant, soyez-en sûr);
  4. Le blogue peut être un excellent outil d’auto-promotion, mais il ne peut pas constituer une fin en soi, à moins de se satisfaire d’une situation où il faut perpétuellement condenser son message sans jamais prendre le temps de bien s’expliquer;
  5. Le blogue est temporaire, le livre reste.  Et peu importe la forme du livre du futur (j’ai la conviction que le format papier vit ses dernières heures), un livre est complet par lui-même alors que le blogue ne peut l’être que par le travail acharné de lecteurs persévérants cherchant à relier un ensemble de textes en apparence disparates.  Autrement dit: si je meurs en bloguant, rien ne reste, mais si je meurs après avoir écrit un livre, celui-ci me survit.  Et je survis donc à travers ce livre.  Je façonne une œuvre complète, je finis le casse-tête plutôt que de m’être contenté de numéroter les pièces.

Je ne me suis fixé aucun échéancier précis.   J’aimerais cependant avoir fini la recherche quelque part cet hiver ou au début du printemps, et avoir fini l’écriture vers l’été prochain.  C’est ambitieux, considérant que je ne dispose que de quelques heures par semaine, mais ce n’est pas impossible.   On verra.

En attendant, je reviendrai sûrement écrire ponctuellement sur ce blogue, que ce soit pour dénoncer l’anglomanie de nos élites, la francophobie de nos ennemis ou la situation absolument catastrophique de l’intégration au français dans la région de Montréal (tiens, j’aurais pu écrire un texte sur ces jeunes d’une école secondaire francophone de Laval ayant été au palais de justice pour dénoncer un chauffard ayant tué une de leurs camarades et ayant apporté des affiches unilingues anglaises…).   Vous pourrez juger de la progression du livre selon la fréquence de mes interventions ici.

En attendant, le combat pour le français continue.  Différemment, mais il continue.

« Tant qu’un peuple n’est envahi que dans son territoire, il n’est que vaincu; mais s’il se laisse envahir dans sa langue, il est fini. »
– Louis de Bonald