Illumination
30 avril 2007

Regardez-le, ce Justin Trudeau. Il semble complètement illuminé, comme si le Saint-Esprit lui avait confié la mission de suivre les traces de son père et de se lancer en politique. Il a choisi un des comtés les plus multi-ethniques de Montréal et a fait campagne en allant chercher le vote de ceux qui sont arrivés au pays sous les années Pierre Elliot Trudeau et qui ont profité des excès de la charte depuis 1982.

Enatraîné vers le pouvoir par une presse royaliste anglophone désireuse de se trouver un nouveau sauveur pour mater le mouvement souverainiste, Justin Trudeau a réussi l’exploit de se faire élire dans Papineau pour l’investiture libérale sans proposer quoi que ce soit de cohérent.

« Je vais être un politicien du peuple ». « J’ai un rêve pour ce pays ». On se demande bien de quoi il parle. C’est bien beau se dire du peuple quand on serre des mains dans la rue, mais était-il bel et bien du peuple quand il jouait les petits princes lors de son mariage ou lors du décès de son père? Et son rêve pour ce pays, va-t-il seulement finir par élaborer concrètement en quoi il consiste?

Croit-il en une meilleure redistribution de la richesse? Est-il en faveur de Kyoto? Du registre des armes à feu? Que pense-t-il du déséquilibre fiscal? Va-t-il protéger nos institutions publiques? Que pense-t-il de la décriminalisation de la marijuana? Est-il en faveur d’un fédéralisme centralisé ou décentralisé? Appuie-t-il Israël ou les Palestiniens? Veut-il que le Canada se retire d’Afghanistan? Que pense-t-il de la guerre en Irak? De la guerre au terrorisme? Où se situe-t-il sur l’échelle gauche-droite?

Qui est-il?

Silence radio.

Le voici le problème de nombreux néo-vieux politiciens: ils semblent investis d’une mission divine pour prendre le pouvoir, ils sont charismatiques, mais ils sont incapables de prendre position ou de tenir un discours plus approfondi ou cohérent.

Pourtant, ils finissent par se faire élire de toute façon parce qu’ils ont l’air tel-le-ment sympathiques!

Faut dire que les électeurs ne font pas toujours le choix le plus lumineux…

Petit air de déjà vu, non?

Le fils de P…
22 février 2007

Belle représentation du mépris des Québécois du père par le fils: alors que le Québec est en pleine campagne électorale au niveau provincial, Justin Trudeau s’invite dans Papineau (Outremont lui avait déjà dit non) pour tenter de faire le saut en politique.

Faut dire qu’ils se croient importants les Trudeau. Le petit Justin aurait pu annoncer sa candidature il y a deux jours, mais non! Il devait le faire au jour deux de la campagne électorale; il devait attirer encore une fois l’attention sur lui, le fils – car c’est bien tout ce qu’il a accompli dans la vie, être le fils de l’autre.

Des élections s’en viennent. Amenez-moi des idées, amenez-moi des idéologies, donnez-moi de quoi rêver, de quoi mettre du pain sur la table. Ne m’imposez pas le fils de l’autre, comme si le lien familial était garant de succès.

Pierre Elliot Trudeau était un grand fendant qui se foutait pas mal des Québécois. C’est lui qui a imposé le concept du multiculturalisme dont nous observons toutes les tares depuis quelques mois. Il espérait qu’en mettant l’accent sur les individus on tuerait dans l’oeuf le mouvement indépendantiste.

Et son fils, lui, il en pense quoi? Son plus grand souhait est de « représenter les gens de Papineau ». Mais il a quoi en commun avec ce quartier populaire, lui qui a toujours vécu dans l’opulence et le faste réservé aux petits princes?

Non, le fils il n’en pense rien. Il s’est levé un matin, a siroté un petit mimosa sur le bord de sa fenêtre en haut de la montagne, et il s’est dit: « tiens, et si j’allais me faire voir un peu à Ottawa ».

C’est symptômatique de l’alignement idéologique de tous les principaux partis: leurs politiques se ressemblent tellement que désormais tout est une question d’image. Et Justin, c’est le fils de Pierre. C’est tout ce qu’il a, mais c’est bien assez pour plusieurs.