Bataille des plaines: non à la reconstitution!
30 janvier 2009

bataille-des-plaines-d-abraham-1759-quebecLa reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham de 1759, prévue à l’été 2009, constitue une honte pour tous les Québécois et les Canadiens d’origine française. Le Parti Québécois a entièrement raison de boycotter cette commémoration de la Défaite de la France face à l’Angleterre et on n’a pas besoin du langage coloré d’un Pierre Falardeau pour constater ce que représente réellement cet événement: la célébration de la fin de la Nouvelle-France et le début du déclin irrémédiable de la présence francophone sur le continent.

Cet événement constitue notre mythe fondateur, la raison qui explique ce que nous sommes aujourd’hui. Sans la défaite de 1759, nous serions certainement plus nombreux, probablement moins menacés culturellement et nous envisagerions le monde différemment. Un tel événement nous détermine aujourd’hui de la même manière qu’un enfant qu’on a violé dans son enfance en subit encore les conséquences à l’âge adulte; il nous définit, cible nos défis et oriente nos désirs. Nous sommes ce que nous sommes parce que nous avons vécu cet événement. Changez le sens que vous donnez au passé et vous changez le présent.  Revivez un événement traumatisant dont vous n’avez pu surmonter les conséquences et vous revivez le traumatisme et tous les problèmes qui suivent, notamment au niveau de la confiance en soi-même.

Le député adéquiste Éric Caire affirme qu’il s’agit simplement de notre histoire et qu’il ne faut pas avoir honte de célébrer cet événement; il soutient que des organisations juives financent notamment l’ouverture aux touristes d’une reconstitution du camp de concentration nazi à Dachau, en Allemagne. Si des Juifs incitent les touristes à visiter les camps de concentration, pourquoi ne ferions-nous pas de même avec la bataille qui a scellé notre destin?

En fait, il y a deux différences majeures entre le peuple juif et le peuple québécois. D’abord, le peuple juif a transcendé son passé en devenant maître d’un des pays les plus puissants du monde où ni la culture, la langue ou la religion ne sont menacés. Et surtout, le génocide a été reconnu internationalement comme une tragédie, ce qui permet de l’aborder sous un angle éducatif, dénué de son potentiel émotif. Un peu comme lorsque l’enfant violé en parle devant les caméras et exorcise ainsi l’empreinte émotive du passé, pouvant par la suite donner de l’aide à autrui sur ce sujet. Lorsqu’un drame est compris comme tel, il perd de son emprise pour celui qui l’a vécu.

Ainsi, le problème avec cette « célébration » vient justement du fait qu’on ne se contente pas de célébrer un événement du passé qui a été transcendé ou exorcisé, mais qu’on solennise une Défaite historique dont nous subissons encore les conséquences, 250 ans plus tard. Comment serait-il possible de rigoler un bon coup en observant une reconstitution de notre Défaite alors que le poids démographique des francophones diminue continuellement, que l’anglicisation de notre métropole progresse, que le tout-anglais prend de plus en plus de place? 1759, ce n’était pas hier, c’est aujourd’hui.

La seule possibilité pour une telle célébration d’être légitime serait d’être tenue à une époque où les descendants de cette Défaite auraient pris les moyens nécessaires pour ne plus avoir à subir les conséquences de celle-ci. Que la solution passe par l’indépendance du Québec ou non, il n’y aura pas de célébration tant et aussi longtemps que le nombre de francophones sur ce continent diminuera d’année en années.

1759, ce n’est pas seulement du passé. Le passé crée le présent et le présent crée le futur. Lorsque le futur de notre culture et de notre langue seront assurés, il sera possible de célébrer cet événement historique. D’ici là, je ne vois pas plus d’intérêt à assister à ce spectacle qu’à célébrer un abuseur dont les actes gangrènent encore l’existence de sa victime.

Nous avons peut-être parcouru du chemin depuis quelques décennies, mais beaucoup de route reste à faire tandis que le sol perd de sa fermeté sous nos pieds, risquant de nous précipiter dans les sables mouvants de l’Histoire.

Quand Obama appuie le Grand Israël
9 janvier 2009

hillary-clinton-obama-jesus-grand-israelFaut-il se surprendre l’assourdissant silence d’Obama vis-à-vis de ce qui apparaît de plus en plus comme un génocide politique au Proche-Orient, c’est-à-dire l’éviction du peuple palestinien en tant qu’entité politique pouvant gérer son propre destin et ayant simplement le droit… d’exister? Il suffit de souligner les liens de Hillary Clinton, sa secrétaire d’État aux affaires étrangères et donc une des personnes qui aura les plus lourdes responsabilités vis-à-vis du conflit israélo-palestinien, avec la Fellowship Foundation pour se convaincre que la politique étatsunienne vis-à-vis de l’État juif ne changera pas.

En effet, la Fellowship Foundation, où Mme. Clinton milite depuis plus de 16 ans, est une organisation sioniste chrétienne pour qui la création d’Israël en 1948 et son retour sur l’ensemble de ses terres ancestrales est en accord avec les prophéties bibliques préparant le retour sur Terre du Christ triomphant de l’Apocalypse. Pour ces fondamentalistes, la judaïsation complète de la Palestine prépare le retour de Jésus et le fait que les Palestiniens ont vu leur part d’Israël se réduire de 50% en 1948 à 25% en 1967, puis à 19% et finalement à 10% au début des années 2000, de même que l’assassinat de Yitzhak Rabin (signataire des accords de paix d’Oslo en 1993) en 1995 et la maladie d’Ariel Sharon (qui a laissé Gaza aux Palestiniens en 2005) sont des preuves de l’appui de Dieu à leurs projets. En clair, les sionistes chrétiens appuient indéfectiblement le projet d’un Grand Israël afin de préparer l’Apocalypse et le retour du Christ sur Terre.

Malheureusement, Clinton ne sera pas seule à prôner un appui indéfectible à Israël grâce à son nouveau poste. Elle sera appuyé par deux sous-secrétaires qui n’ont rien à lui envier de ce côté: James Steinberg, un Juif qui a écrit le discours d’Obama devant le think-tank sioniste AIPAC au lendemain de sa nomination en tant que candidat démocrate, et Jacob Lew, un autre Juif qui est vice-président et directeur des politiques étrangères de la Brookings Institution, un think-tank d’allégeance démocrate qui appuie les ingérences américaines à l’étranger sous couvert d’opérations humanitaires quand cela sied les intérêts de Washington. Il est également membre de la RAND Corporation (tout comme Condoleezza Rice et le faucon Donald Rumsfeld), un think-tank militaro-industriel offrant des analyses aux forces armées et relié au Carlyle Group (puissant groupe financier dont sont membres George H. W. Bush, la famille Ben Laden et Paul Desmarais, entre autres).

Et vous croyiez vraiment que l’élection d’Obama allait changer quoi que ce soit pour ceux qui tirent les ficelles, cet étrange amalgame d’intérêts financiers, politiques et religieux qui ont une cause primordiale en commun: la croyance qu’Israël a tous les droits et que quiconque s’oppose à ses politiques meurtrières est un ennemi des États-Unis?

Rêvez mieux!

Les vrais terroristes
7 janvier 2009

Contrairement à ce que plusieurs pensent, c’est bel et bien Israël qui a violé le cessez-le-feu avec les Palestiniens quand les forces armées israéliennes ont investi Gaza le 5 novembre dernier pour détruire un tunnel qui servait, selon la propagande officielle, à acheminer des armes aux « terroristes » palestiniens. Il ne s’agissait pas d’une action intempestive, mais plutôt, comme le souligne le quotidien Haaretz, d’un plan secret bien en place depuis des mois et qui consistait à accepter un cessez-le-feu simplement pour se donner le temps de bien cartographier Gaza et préparer la guerre. Le plan exigeait seulement que le Hamas réagisse aux violations israéliennes du cessez-le-feu en recommençant à lancer des roquettes et voilà on pouvait entrer glorieusement dans cet espèce de camp de concentration à ciel ouvert et venger la défaite libanaise de 2006.

Sauf que tout ceci, c’est de la petite histoire. La guerre existe depuis des dizaines d’années, et elle a commencé à la fin des années 40 quand les Juifs ont expulsé les Arabes de villes comme Ashkelon, située à un peu plus d’une dizaine de kilomètres au nord de la bande de Gaza, puis ont occupé leurs maisons et leurs terres, contre toute forme de droit international. Puis la situation s’est répétée suite à la guerre de 1967, quand Israël a refusé de respecter la résolution 242 de l’ONU qui l’intimait de se retirer des territoires qu’elle avait annexés. Et qu’elle annexe toujours illégalement.

Toute l’argumentation d’Israël pour défendre sa guerre sale dans Gaza se base sur la menace des roquettes palestiniennes. Si d’un point de vue légal on peut immédiatement réfuter cet argument puisque de tuer des centaines de personnes à Gaza et détruire toute une communauté ne constitue pas une réplique « proportionnée », surtout quand Israël a en premier violé le cessez-le-feu, on ne doit pas oublier ceci: plusieurs de ces roquettes visaient des villes qui autrefois étaient palestiniennes et qui ont été sauvagement volées aux Palestiniens ou des territoires qui, en vertu du droit international, n’appartiennent même pas à Israël.

On peut malgré tout objecter que tout ceci constitue de la vieille histoire et qu’Israël a le droit de protéger ses habitants. Mais affirmer cela, c’est affirmer que la force doit primer sur le droit et que l’état de fait qu’est l’occupation illégale de la Palestine par Israël serait ainsi justifié non pas par la légalité mais simplement parce qu’Israël l’occupe depuis assez longtemps. En fait, c’est la stratégie israélienne depuis longtemps: voler les meilleures terres palestiniennes (Gaza n’a aucune réserve d’eau et aucune valeur; elle peut s’en passer) et espérer qu’en conservant et en colonisant ces nouvelles acquisitions pendant assez longtemps on créera un nouvel état de fait qui lui sera favorable. Affirmer qu’Israël a le droit de défendre ses citoyens qui vivent sur des terres qui légalement devraient appartenir aux Palestiniens revient à cautionner le vol de ces terres par Israël.

Imaginons la situation suivante. J’habite une belle petite maison en banlieue et un jour on vient m’y expulser, on me force à vivre dans une tente à l’arrière-cour et on habite ma maison de force. Je me plains, j’écris des lettres, je manifeste, j’appelle la police, mais personne ne fait rien, même si le vol de ma maison est illégal. Si bien qu’au bout de quelques décennies on oublie que cette maison est la mienne et lorsque je cherche à reprendre mon bien par la force, c’est moi qu’on blâme. C’est ça qui se passe actuellement en Palestine. On a volé le pays des Palestiniens, et ça fait tellement longtemps que plus personne ne veut se souvenir qu’on a fermé les yeux sur les nombreux crimes israéliens.

Et puis, au fait, que vaut la vie d’un Palestinien aux yeux du gouvernement israélien? Comme l’a écrit Tom Segev, dans le quotidien israélien Haaretz:

Israël aurait décidé de frapper les Palestiniens dans le but de « leur donner une leçon ». C’est là une considération qui accompagne l’œuvre sioniste depuis sa genèse : nous sommes les représentants du Progrès et des Lumières, de la raison complexe et de la moralité, tandis que les Arabes sont une racaille primitive et violente, des gamins qui doivent être éduqués et remis dans le droit chemin en utilisant – bien entendu – la méthode de la carotte et du bâton, comme le fait le charretier avec son âne.

Quand Barack Obama a affirmé, le 23 juillet dernier, que « aucun pays ne pourrait tolérer qu’une pluie de missiles s’abatte sur ses citoyens » et que « si ma maison dans laquelle dorment mes deux filles, était la cible de tirs incessants, je ferais tout pour les arrêter », pensait-il une seule seconde au calvaire que doit subir tout ce peuple « primitif » qui a été dépossédé de ses biens et qui doit maintenant lancer des roquettes pour se faire entendre? Mais non. Barack Obama a livré son premier discours en tant que candidat démocrate à la présidence devant le plus puissant lobby sioniste aux États-Unis. Faut flatter le porte-feuille dans le bon sens. Et surtout ne pas tenter de faire respecter le droit international en obligeant Israël à se retirer des territoires occupés. « Yes we can », c’est bon pour les caméras pendant la campagne; quand on est élu, on doit travailler pour ceux qui détiennent le vrai pouvoir.

Aujourd’hui, devant toute cette barbarie qui se déchaîne et qui est en train d’amener Gaza vers l’âge de pierre, je me questionne: qui sont les vrais terroristes? Ceux qui veulent le respect du droit international et la fin du vol des territoires palestiniens par Israël ou ceux qui appuient la force brute et l’état de fait imposé par les armes? Quand notre propre gouvernement appuie les crimes et les violations israéliens, n’est-il pas coupable d’appuyer, en notre nom, le terrorisme?

Dire qu’il fut une époque où les voyageurs ornaient leurs sacs à dos d’un drapeau canadien car le Canada avait une réputation sans tache à l’étranger.  Aujourd’hui, nous sommes devenus les complices de l’éradication systématique d’un peuple.  Nous sommes devenus des cibles.

Combien vaut la vie d’un Palestinien?
27 décembre 2008

Il y a des jours où ça y est presque. Des jours où je me dis que la politique n’est qu’un aspect de la vie parmi d’autres et qu’il doit être possible de s’en détacher. Et puis, il y a cette nouvelle du massacre israélien en Palestine. Plus de 200 morts palestiniens, et pas loin de 700 blessés.  Était-ce la façon juive de fêter la mort de Samuel Huntington,  l’auteur du Choc des civilisations?

Il me semble qu’à un moment faut être honnête: combien vaut la vie d’un Palestinien? Je ne sais pas, faisons un graphique, un tableau de statistiques, quelque chose. Établissons qu’un Américain vaut 1, un Israélien 0,95, un Canadien 0,90, un Russe 0,33, un Palestinien 0,05… Je ne sais pas, soyons honnête un peu; combien de milliers ou de millions de Palestiniens doivent-ils mourir avant que Stephen Harper ne dénonce l’agression israélienne?

J’ai grandi dans une société m’ayant inculqué des valeurs selon lesquelles tous les êtres humains naissent égaux. Et bien, je me demande si le petit Palestinien qui naît aujourd’hui, dans une prison à ciel ouvert et où manquent nourriture, eau potable, électricité, ce Palestinien est-il l’égal d’un petit Juif dont le pays possède une des plus puissantes technologies militaires du monde et reçoit une aide militaire considérable de la part des États-Unis à chaque année?

Combien de temps laissera-t-on ce génocide se produire?  Chaque année qui passe voit le territoire palestinien amputé, ses habitants isolés, et la misère augmenter.  À quand une intervention de l’OTAN ou de l’ONU pour punir les crimes de guerre et le terrorisme israéliens?  Pendant qu’Obama surveille la situation, oui ce même Obama qui a prononcé son premier discours en tant que candidat démocrate devant le principal lobby pro-israélien des États-Unis, un peuple est en train de mourir sous nos yeux.

Et le pire dans tout ça, et j’ai peut-être un peu honte de le dire, c’est que quand le David palestinien ira lancer sa prochaine roquette dans l’oeil du Goliath israélien, je serai peut-être satisfait. Pas content, mais satisfait. Satisfait de voir que malgré tout on ne peut pas opprimer impunément tout un peuple sans en subir parfois les âpres conséquences.   Et je suspecte que je ne serai pas le seul à être satisfait lorsque ces barbares israéliens subiront leur propre médecine.

Tout de même triste de voir que le peuple juif, qui a tant souffert pendant la seconde guerre mondiale, est maintenant devenu un peuple de tortionnaires aux pulsions génocidaires.  Et inquiétant de constater l’appui tacite de nombreux médias, contrôlés soit par des Juifs ou sympathiques au terrorisme israélien.

Israël aurait pu être un grand pays, mais il est tombé aux mains de fanatiques bien pires que ceux du Hamas.

Des fanatiques armés et financés par Washington.

Obama ou McCain: bof, tu sais…
3 novembre 2008

Démocratie?Ma première idée consistait à écrire en détails pourquoi je me fous éperdument de savoir qui de Barack Obama ou John McCain gagnera les élections présidentielles états-uniennes de demain. Je m’étais préparé mentalement à mettre à l’eau cette vieille chaloupe dans la mare aux arguments où je puise généralement mes idées et à y jeter ma ligne, me préparant à repêcher quelque signe de l’inutilité de ces élections. J’aurais sûrement déniché de beaux poissons, et j’aurais pu parler du fait qu’Obama a donné son premier discours en tant que candidat officiel du Parti Démocrate devant le plus puissant lobby juif, qu’il désire bombarder le Pakistan, qu’il ne remet pas en question l’unilatéralisme de Washington, qu’il propose des politiques économiques très à droite s’adressant principalement aux gens faisant un bon salaire, etc.

« Bof, tu sais… »

À l’époque, quand j’étais adolescent et que je me croyais adulte parce que deux-trois poils noircissaient mon menton, j’avais adopté cette expression: « bof, tu sais… ». Concrètement, ça voulait dire: « tout m’est égal, c’est du pareil au même, j’en ai rien à cirer ». Et c’est comme cela que je me sens aujourd’hui face aux élections états-uniennes: j’en ai rien à cirer. Car Obama ou McCain, c’est la même merde et ce ne sont que des pantins au service d’une élite non-élue qui s’approprie les richesses collectives et appauvrit la population de ce pays depuis des décennies.

Si je pouvais m’imaginer un fantasme, celui de prendre possession des ondes et de me payer un trente minutes de publicité pour m’adresser directement au peuple états-unien, je lui dirais franchement: « Bof, tu sais… » Et je m’imagine la réponse: « Non, on ne sait pas! On veut croire! »

J’ai toujours trouvé que le « We believe » de Obama ressemblait au « I want to believe » des X-Files. « I want to believe » que George W. Bush était une aberration et qu’un autre président saurait redonner un peu de lustre à une classe moyenne disloquée, détruite après plus de trente ans de réformes néolibérales. « I want to believe ». Les gens veulent tellement croire Obama; ils ne voient même plus que ce que ce dernier propose est une version édulcorée de la même politique de Bush, Clinton, l’autre Bush, Reagan, alouette! Le vrai pouvoir ne s’élit pas à Washington; il choisit ses pions qui pourront le mieux représenter ses intérêts tout en plaisant au peuple. Obama est noir, jeune, fringant, nouveau… mais ses idées sont aussi vieilles que la nuit. Seule l’apparence du pouvoir a changé, pas le pouvoir lui-même.

Alors excusez-moi, mais mercredi matin pour moi il n’y aura qu’un perdant, peu importe le résultat: le peuple états-unien. Ce sera encore une fois le triste constat d’une démocratie abâtardie où l’argent peut tout acheter et où le mensonge et la manipulation sont les deux mamelles auxquelles s’accrochent des désespérés qui ne réalisent pas que le parti Démocrate et le parti Républicain sont les deux facettes d’une même élite de droite qui a davantage à coeur son profit que les intérêts de la majorité.

De la propagande conservatrice et sioniste à Cité Rock Détente!
7 octobre 2008

Je glanais par-ci par là sur le web comme à mon habitude, quand je suis tombé sur ce site: Majorité Silencieuse. À première vue, il ne s’agit que d’un énième site extrémiste de droite comme l’antagoniste ou d’autres encore. Mais en y fouillant un peu plus, j’y ai trouvé des choses intéressantes.

D’abord, le site est l’oeuvre d’une collaboration entre Audrey Pinsonneault-Grenier et Marc Nadeau. Il se trouve qu’en 2006, Marc Garneau était un candidat conservateur dans la région de Sherbrooke et que Mme. Pinsonneault-Grenier jouait le rôle d’agente officielle de sa campagne. Jusqu’ici, tout va bien.

Là où ça se corse, c’est quand on fouille un peu plus. On constate par exemple que Audrey Pinsonneault-Grenier, une fille de militaire (et qui a manifestement adopté la croyance que le fusil peut tout régler) a participé à l’organisation d’une marche d’appui envers l’agression israélienne de 2006 au Liban, à Montréal, de même qu’à la création, avec son complice Marc Nadeau, d’un think-tank pro-israélien intitulé Projet pour l’avenir d’Israël et dont le but était «d’intervenir dans les médias traditionnels pour défendre le point de vue israélien au Québec ».

En ce qui concerne Marc Nadeau, un sioniste avéré et un ardent défenseur d’Israël, il est sous enquête du Directeur général des élections et du Commissaire aux élections pour avoir participé à une tromperie pour dépasser la limite des dépenses admises lors des élections de 2006. Voici l’explication de son ancien adversaire Serge Cardin, du Bloc Québécois:

Pour ce qui est du candidat dans Sherbrooke, Marc Nadeau, on remarque des transferts de 57 531,46$ qui viennent du Fonds conservateur du Canada. Lorsqu’on regarde le rapport financier de la campagne électorale de 2006, on s’aperçoit que dans le titre « Placement médias », il y a 51 566,46 $ en dépenses publicitaires.

On sait très bien que lorsqu’on paie des dépenses électorales — parce qu’il y a pire encore dans ce cas-ci —, il faut normalement faire un chèque libellé au nom de la personne ou de l’organisation à laquelle on veut que l’argent se rende. Il y a donc une espèce de confirmation et un retour du chèque, et ces documents sont disponibles. Dans ce cas, c’est pire, parce qu’on a évidemment les factures. Une première facture a été payée. Justement en réponse à mon collègue, le whip de notre parti, qui prenait la parole précédemment et qui s’adressait au ministre des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités, il y a une facture du Conservative Fund Canada dont le titre est Candidate share of media buy. Il y a une première facture de 10 000 $ et une deuxième facture de 41 566,46 $. Toutefois, à la lecture de l’état bancaire qui nous a tout de même donné accès à l’information, on constate qu’aucun chèque n’a été émis.

Par contre, il y a eu des retraits au comptoir. Voilà qu’un autre candidat conservateur se transforme en Mulroney qui transporte une mallette d’argent contenant 51 000 $. On pourrait se poser toutes sortes de questions. L’argent s’est-il rendu à destination? Qu’est-il arrivé? Le parti a-t-il émis des directives selon lesquelles, lorsqu’on en a l’occasion, on doit faire des retraits au comptoir et traîner de l’argent comptant? Que fait-on aujourd’hui avec 51 000 $ en argent comptant pour payer des factures? C’est pour payer des factures au Fonds conservateur du Canada. On va y porter l’argent directement. Demande-t-on un reçu?

La belle histoire. On a donc deux fanatiques pro-Israël, dont l’un est président de l’association conservatrice de Sherbrooke, qui vont jusqu’à encenser Ehoud Barak (qui, pendant qu’il parlait de paix à Camp David avec Clinton et Arafat, dépeçait le territoire palestinien en y autorisant une augmentation dramatique des colonies juives) ou Ariel Sharon (cette brute responsable des massacres de Sabra et Chatila),qui se sont donnés comme mission d’infiltrer les médias afin de faire de la propagande sioniste et qui sont sous enquête pour avoir violé la loi électorale.

Et Cité Rock Détente Estrie a décidé de faire de Marc Nadeau un collaborateur quotidien afin qu’il puisse endoctriner les gentils auditeurs, ce que dénonce, avec raison, Marc Bellemare, conseiller FTQ de Sherbrooke.

Imaginons un instant tout le scandale si une radio de Montréal faisait d’un président d’association bloquiste pro-palestinien et sous enquête un collaborateur à tous les matins. Quel scandale!

En fait, c’est le deux poids, deux mesures. Un peu comme en Israël, en fait, où tous les crimes israéliens sont passés sous silence mais où les écarts palestiniens sont montés en épingle. Le Parti Conservateur nous a tellement habitué à contourner les règles, à se moquer de l’intelligence des gens en appuyant Israël lors de son attaque contre le Liban en 2006, à faire fi du plus élémentaire respect de notre démocratie en déclenchant des élections sans raison, qu’on a l’impression que les médias dorment au gaz et se laissent amadouer par la douce mélopée d’affairistes qui n’ont qu’un seul but: tromper la population et faire passer leurs idées extrémistes par tous les moyens.

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je n’écouterai plus Cité Rock Détente tant que cet individu y aura sa chronique. On peut demander son départ ici ou ici. Car avec une radio comme celle-là, pas besoin de B’Nai’Brith ou même de publicité conservatrice: le président de l’association conservatrice de Sherbrooke s’en charge!

À quand la même chance pour les représentants des autres partis politiques canadiens?

Le torchon brûle à Outremont
3 septembre 2008

On a beaucoup parlé des accomodements religieux et de la commission Bouchard-Taylor. Si personne ne semblait s’entendre sur les causes de ce problème – certains y voyaient une exagération des médias alors que d’autres constataient un laisser-aller des autorités – tout le monde paraissait d’accord pour dire que ça prenait davantage que des ouï-dires et donc un travail journalistique plus sérieux pour bien comprendre l’étendue et les causes du problème. Bref, ça prend des journalistes citoyens.

Deux sites internet ont attiré mon attention: Accommodements Outremont et Outremont autrement.

Le premier, dont l’auteur a publié un mémoire à la commision Bouchard-Taylor, dénonce les traitements de faveur et l’apparente corruption des autorités face aux Juifs hassidiques. Il explique notamment que ces derniers reçoivent des billets de courtoisie quand ils commettent une infraction alors que les citoyens ordinaires reçoivent des contraventions, et que cette situation a été corroborée par la juge Sophie Beauchemin. Il dénonce aussi le fait que Céline Forget, ex-conseillère municipale, subit des menaces de mort, du vandalisme, du harcèlement et des poursuites multiples pour avoir fait fermer la synagogue illégale Amour pour Israël . L’auteur, qui fait face à une poursuite pour harcèlement de la part de Michael Rosenberg pour avoir pris en photo et dénoncé l‘état lamentable d’une ruelle derrière la synagogue de celui-ci, subit présentement son procès. Sauf que pendant ce temps, les Juifs d’Outremont continuent de recevoir des billets de courtoisie et de se stationner à quinze ou seize voitures devant la synagogue, sans respecter les interdictions de stationnement, et à ne pas craindre la moindre contravention… Pas même lorsqu’ils effectuent des travaux illégaux!

Le second site s’attaque plus directement à la mairesse d’arrondissement, Marie Cinq-Mars. On lui reproche notamment d’avoir utiliser son poste pour essayer d’empêcher une contravention qu’on lui décernait, de faire fi des règles d’urbanisme les plus élémentaires, d’appliquer une gestion pourrie mettant l’arrondissement dans le rouge (peut-être que si les Juifs hassidiques payaient leurs contraventions…) . L’auteur y dénonce aussi l’intimidation jusque dans la salle de conseil d’arrondissement de la part d’un proche de Jean-Richard Bélander, l’organisateur politique de Mme. Cinq-Mars, qui a traité de raciste un citoyen venu se plaindre des synagogues illégales.

Quand des citoyens doivent organiser des sites web, des manifestations, écrire des mémoires et photographier les traitements de faveur accordés aux Juifs hassidiques, c’est signe qu’il y a un problème majeur au niveau des autorités. Sans aller jusqu’à ouvertement qualifier l’administration de Mme. Cinq-Mars de corrompue, force est d’admettre qu’il y en a une forte apparence.

À Outremont, nous avons dépassé le stade du contact difficile entre une minorité de ghettoïsés refusant de s’intégrer et la majorité des Québécois désirant seulement qu’on applique la loi. Il n’y a plus de contact, purement et simplement. Les autorités se sont mis à genoux devant cette puissante minorité et ont décidé de leur accorder tous les passe-droits au monde.

Est-ce ça Outremont aujourd’hui? Si tu es blanc, francophone, tu paies et tu subis. Si tu es Juif, on t’envoie des billets de courtoisie à répétition sans la moindre conséquence?

Dieu que je suis bien dans mon trou de l’est!

60 ans plus tard, l’épuration ethnique se poursuit…
8 mai 2008

Alors qu’Israël fête les soixante ans de son existence, il est bon de se rappeler de quelle façon sa politique d’extermination tranquille des Palestiniens ne date pas d’hier. Déjà, en 1940, on prévoyait la destruction du peuple palestinien, et de manière beaucoup plus violente que celle, tout aussi meutrière et criminelle, appliquée aujourd’hui par l’État hébreu. Soixante années de violence, de guerres, de fanatisme, de violation des droits humains, de destruction de la propriété des Palestiniens, de propagande via diverses organisations telle que la radicale B’Nai’Brith au Canada…

« Il doit être clair qu’il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce pays (…) et la seule solution, c’est la Terre d’Israël sans Arabes (…). Il n’y a pas d’autre moyen que de transférer les Arabes vers les pays voisins(…). Pas un village ne doit rester, pas une tribu bédouine. »

– Yosef Weitz, directeur du département foncier du Fonds national juif, 20 décembre 1940

Comme l’écrit Morris dans son livre« 1948 and After »:

« Ben Gourion voulait clairement le moins d’Arabes possible demeurant dans l’État juif. Il espérait les voir partir. Il l’a dit à ses collègues et assistants dans des réunions en août, septembre et octobre. »

Pappe va encore plus loin dans son livre « The Ethnic Cleansing of Palestine »:

« Le 10 mars 1948, onze hommes, vieux dirigeants sionistes et jeunes officiers juifs, apportent la touche finale à un plan de nettoyage ethnique de la Palestine. Le soir même, des ordres militaires sont diffusés aux unités sur le terrain afin qu’elles préparent l’expulsion systématique des Palestiniens de vastes zones du pays. Ces ordres comprenaient une description détaillée des méthodes à employer pour chasser les gens par la force. (…) Six mois après, plus de la moitié de la population autochtone de la Palestine, soit près de 800 000 personnes, avait été déracinée, 531 villages détruits, et onze villes vidées de leurs habitants. »

Alors, excusez-moi, mais je ne vais pas accrocher de drapeau israélien après mon char. Je préfère me recueillir et penser aux milliers de Palestiniens qui souffrent depuis soixante ans du fanatisme israélien, et ce, au vu et au sû du monde entier.

La vérité choque
21 janvier 2008

Ainsi, l’ambassadeur israélien au Canada se dit outré que des documents internes du gouverment du Canada fassent référence
au pays sioniste comme étant de ceux qui pratiquent la torture.

Malheureusement, c’est la vérité qui choque, car c’est bien là un fait que bien peu oseraient remettre en doute: Israël a été construite par la violence, elle viole les droits les plus fondamentaux de ses voisins depuis plus d’un demi-siècle, et elle utilise non seulement la torture sur ses prisonniers (le plus souvent des Palestiniens enlevés qui n’ont même pas droit à un procès) mais aussi sur la population palestinienne en générale, l’encerclant derrière un mur (coupant en deux les meilleures terres) et pratiquant le terrorisme sélectif pour terroriser la population.

Moi ce qui me choque, ce n’est pas cette banale vérité qu’Israël est un pays pratiquant la torture. Non, ce qui me choque c’est l’à-plat-ventrisme de nos leaders, trop peureux pour s’opposer aux puissants lobbies juifs et ressentant le besoin de se dissocier de cette réalité.

Et aujourd’hui, encore un peu plus, nos représentants ne nous représentent plus et deviennent de simples laquais du lobby sioniste, prêts à travestire la réalité pour servir ceux dont le bulletin de vote est le seul qui compte vraiment: celui qui se plie dans un portefeuille ou s’écrit sur un chèque.