La honte
14 février 2010

J’aimerais dire que je n’ai pas eu honte. Je souhaiterais écrire ici que cette stupéfiante mascarade d’une cérémonie d’ouverture olympique où on a vomi la feuille d’érable pendant deux heures ne m’a pas donné envie de changer de nationalité et de devenir Chinois, Italien, ou même Australien. Je désirerais vraiment parler positivement de cet invraisemblable amalgame de fausse canadianité tartinée à la sauce néo-folk et qui a pris tout autant de soin de célébrer les racines des autochtones, ces gentils bibelots, qu’elle a ignoré le peuple québécois, sa seule spécificité face aux États-Unis. Comme à toute ouverture des Jeux Olympiques, j’aspirais à un peu d’humanité plutôt qu’à cette pourriture de carte postale défraîchie par le souffle fétide d’une identité qui n’existe pas et n’existera jamais.

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De Pékin à Turin, en passant par Salt Lake City ou Sydney, les Jeux Olympiques se sont toujours donnés une vocation universelle, c’est-à-dire que les organisateurs se doivent avant tout de célébrer le génie humaine dans son ensemble. Les prouesses de la nation hôte ne constituent que le glaçage sur un gâteau déjà bien sucré et savoureux; on veut avant tout célébrer l’humain, non l’organisateur. Celui-ci se doit de demeurer en filigrane, ne se levant pas au milieu du party pour réclamer son apologie et exiger la dévotion des fidèles qui participent à son spectacle.

Or, au Canada, pays de la diversité en autant que celle-ci ne s’appelle pas québécoise et ne parle pas le français, ce n’était pas le genre humain qu’on célébrait, ni même les prouesses canadiennes en tant que représentantes du potentiel de l’humanité, mais le fait canadien en tant que marque enregistrée, symbole de rêve d’une identité imaginaire. Au milieu d’une scène tachée de la feuille d’érable, elle-même entourée de dizaines de ces vestiges végétaux d’un rouge aussi agressant qu’inutile, se pavanaient des musiciens, danseurs et autres rigolos apportant le grand message de paix et de formidable diversité canadiennes aux téléspectateurs ayant la malchance de regarder cette sinistre comédie sans avoir enfin englouti leur désespoir dans l’alcool ou autres remèdes contre cette ignominie.

Oh qu’ils étaient beaux ces milliers de Canadiens à agiter leur torchon vermillon, à croire que, pour un soir, le Canada représentait autre chose que la crapuleuse excroissance cancéreuse d’une américanité n’ayant pas encore réussi à se débarrasser de la culture latine française souillant ses divines terres coast to coast. Oh qu’ils étaient adorables ces athlètes québécois, tout de rouge vêtus, qui trônaient au milieu de la piste comme d’innombrables brimborions venus enrichir le contingent de mercenaires payés pour citer leur larmoyant « I believe » entre une annonce de McDonald de Purolator.

Des médailles, des médailles, des médailles! On veut des médailles! Mais pourquoi? Pour voir des Québécois, ayant grandi ici, parlant notre langue, issus de notre riche culture, s’enrouler dans le drapeau sanguinaire d’un pays génocidaire de sa minorité francophone et gicler de chaudes larmes au son du « Oh Canada, We stand on guard for thee, God keep our land Glorious and free » tout en remerciant son pays comme une quelconque pute remercie son proxénète de lui remettre une infime partie de son dû après une humide nuit de travail. Pour constater que le Canada, sans l’apport d’un Québec qu’il contribue à élimer comme autant de vagues se brisant sur la roche de notre identité, ne représente rien, n’a rien à offrir, ne constitue qu’une supercherie sportive sur-financée temporairement pour espérer offrir au monde autre chose que le triste spectacle de l’agonie d’un pays dont la contribution à l’humanité se résume à un ou deux alinéas dans des documents que les puissants de ce monde lisent sur le trône.

Ne me faites pas pleurer avec votre bilinguisme à la noix. Ces olympiques sont une fumisterie qui consume l’intelligence et qui nous rappellent à tous, aujourd’hui plus que jamais, que ce pays n’est pas le nôtre, que ces athlètes qui se masturbent dans l’unifolié ne méritent pas notre respect et que cette misérable organisation méprisant notre langue et ignorant notre présence ne devrait même pas être habileté à nettoyer les dalles de la plus cochonne des morgues.

La honte, aujourd’hui, ce n’est plus tant d’être un Canadien, mais bel et bien d’être Québécois, d’avoir dit NON deux fois et de subir cette infâme putréfaction qui nous enfouit le dogme multiculturaliste-nous-sommes-tous-Canadiens-même-si-nous-ne-partageons-aucune-valeur-ou-culture-ou-langue comme autant de poignées d’insectes puants jusqu’au fond de nos gorges, et qui, malgré l’odeur et la déglutition vomitoire qui nous assaillent, nous incite à célébrer cette pathétique exhibition ostentatoire comme une marque de la grandeur de notre résilience face à une nation qui ne désire que notre disparition.

Le français aux Jeux olympiques: une formidable mascarade!
16 septembre 2009

Signalisation déficiente, affiches unilingues anglophones, bénévoles incapables de parler le français, zéro service en français aux aéroports. Le rapport du Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, est cinglant:  si rien n’est fait, le Canada manquera à ses objectifs d’assurer la tenue de Jeux Olympiques bilingues. « Je ne veux pas que les visiteurs se fassent accueillir par des phrases comme: « Sorry, I don’t speak French » », affirme-t-il. Trop tard, c’est déjà le cas: ce pays n’est pas plus bilingue qu’un adéquiste n’est socialiste. C’est une vue de l’esprit: le Canada demeure un rouleau-compresseur à francophones, peu importe les fioritures.

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Partout, au Canada anglais, le francophone est un individu de seconde classe. Aux aéroports de Vancouver et de Toronto, par exemple, l’offre active en personne de service en français atteint respectivement 5% et 0% alors que la disponibilité du service en français – c’est-à-dire ceux qui ont assez de temps pour attendre qu’on aille chercher le ti-coune de service qui baragouine un peu la langue de Molière – n’est que de 55% et 23%. En terme d’éducation supérieure, ce n’est guère mieux: 950 000 Canadiens francophones se partagent un maigre 72 millions de dollars, contre 400 millions de dollars pour les 575 000 anglophones du Québec. On traiterait la minorité anglophone du Québec de cette façon que l’OTAN aurait déjà bombardé la ville de Québec.

En fait, le retard en ce qui concerne le bilinguisme des Jeux olympiques de Vancouver constitue peut-être simplement cette pression du réel qui n’a pas encore été terni par la politique. La réalité, pour l’ouest du pays, est anglophone. Au recensement de 2001, on dénombrait 1,9% de francophones au Manitoba, 0,5% en Saskatchewan, 0,7% en Alberta et 0,4% en Colombie-Britannique.   Il y a davantage de turcophones à Montréal que de francophones dans toute la Saskatchewan.  De plus, comme le note Charles Castonguay, le taux d’assimilation des 35-44 ans – le coeur de la pyramide démographique – atteint 60% alors que le déficit entre générations atteint plus de 40% au Manitoba et 50% dans les trois autres provinces.

Pire, l’indice de vitalité linguistique (IVL), qui calcule la capacité d’une langue à se renouveler (un nombre supérieur à 1 indique une croissance; inférieur à 1 une décroissance), atteint dans ces régions respectivement 0,45, 0,26, 0,33 et 0,29. À titre indicatif, l’IVL des allophones au Québec atteint 0,62. Concrètement, un allophone du Québec a au moins deux fois plus de chances d’assurer la persistance de sa langue qu’un francophone hors-Québec. Dans ce contexte, toute notion de bilinguisme apparaît plus qu’étrange pour les habitants de l’ouest canadien.

Or, en cherchant à bilinguiser l’affichage, la signalisation ou l’accueil aux aéroports, on ne fait qu’ajouter une couche de peinture rose supplémentaire au bulldozer anglophone. On lui donne un aspect charmant, presque naïf. On fournit un service de façade au touriste francophone; on lui offre sa propre version de ce qu’il conçoit du Canada, c’est-à-dire un pays réellement bilingue. Bref, on lui monte un gros Truman Show où les bénévoles et employés ne sont plus de simples participants, mais de véritables acteurs devant « veiller à ce que la dualité linguistique du Canada soit prise en compte de manière adéquate ». Dit autrement: le Canada se présente sur la scène mondiale et dans tous les congrès francophones comme étant un pays bilingue. Puisque la réalité ne rejoint pas cette perception, on va modifier la réalité pour offrir, l’espace de quelques semaines, un Canada fictif aux voyageurs. Et quand la flamme sera éteinte, quand les caméras seront parties, l’assimilation des francophones se poursuivra.

Le summum de toute cette opération de marketing linguistique s’avère notre propre participation à cette mascarade. Pertinemment, nous réclamons des services en français pour les Jeux de Vancouver, mais nous oublions que de contribuer à une telle image d’un Canada bilingue ne fait que diminuer notre légitimité internationale en tant qu’indépendantistes. De quelle aide le chef d’État assistant aux cérémonies et repartant convaincu que le français se porte bien au Canada peut-il nous être? On se l’imagine déjà, s’adressant à la mouvance souverainiste, et déclarant: « De quoi vous plaignez-vous? Je suis venu au Canada, et j’ai très bien été servi en français. » Certains diront que ce n’est qu’un détail. Je ne crois pas. Le Canada sera le centre de monde pendant deux semaines et il aura l’occasion de se créer une image et une apparence bilingues dans l’esprit des centaines de millions de personnes regardant les Jeux.

Le Canada déploie de formidables efforts pour assurer des jeux bilingues à ses invités. Ne pourrait-il pas faire de même avec ses propres citoyens francophones, dont la proportion fond comme une boule de crème glacée sur l’asphalte brûlant de juillet?

Doit-on abolir les Jeux paralympiques?
18 septembre 2008

J’aime beaucoup Réjean Tremblay. J’apprécie sa plume, sa sensibilité et sa façon bien personnelle de placer à l’avant-scène des enjeux trop souvent ignorés. La plupart du temps, je suis d’accord avec ses positions, mais il me semble que son dernier texte sur Chantal Petitclerc manque la cible.

En effet, dans ce texte M. Tremblay reproche au Comité Olympique Canadien de ne pas verser d’argent aux athlètes paralympiques gagnant une médaille d’or. Selon lui, le rôle de l’État est de « compenser pour les injustices liées à la bonne ou la mauvaise fortune des citoyens », une vérité à laquelle je ne peux évidemment pas m’opposer. Mais en encourageant des Jeux paralympiques favorisant l’exclusion des personnes handicapées, aide-t-on réellement ces personnes à dépasser leurs propres insuffisances?

Qu’on me comprenne bien: je n’ai rien contre Chantal Petitclair. Elle excelle dans son sport, se dépasse constamment à la recherche de ses limites et donne le meilleur d’elle-même. Cependant, elle joue dans la catégorie B. Elle se produit derrière un rideau baissé, lorsque la « vraie » flamme a été éteinte, quand les journalistes ont plié bagage et que le monde reprend son rythme du business as usual. Les spectateurs ont quitté la scène et il ne reste plus que les amis et les connaissances pour regarder le spectacle. C’est ça le problème avec les Jeux paralympiques: ils sont isolés tant de la compétition que des spectateurs. On monte un cirque et on le présente dans le placard.

Alors, pourquoi ne pas les intégrer aux « vrais » Jeux Olympiques? Pourquoi ne pas organiser des épreuves de fauteuils roulants où tous, handicapés et non-handicapés, pourraient compétitionner? On pourrait ainsi valoriser le talent d’une athlète comme Petitclair au-delà de son éternelle catégorie B.

Le problème, c’est de savoir où doit s’arrêter ce genre de compétition. Faire un 100 mètres en fauteuil roulant, c’est chouette. Mais que fait-on des autres handicapés? Puisque le but des Jeux paralympiques est de permettre le dépassement des personnes handicapées, comment ne pas aussi intégrer dans d’hypothétiques Jeux « réunis » d’autres types de compétitions? On pourrait imaginer une course de cul-de-jatte, une compétition d’échecs pour trisomiques, un lancer du javelot pour manchots, etc. Où s’arrête l’olympisme et où commence le grotesque? Va-t-on donner une médaille olympique à une personne atteinte du syndrome de Tourette et capable de rester assise au milieu d’une foule pendant une heure sans rien dire?

Car le but de l’olympisme n’est pas seulement le dépassement personnel; il y a aussi l’excellence. Déterminer les meilleurs au monde dans ce qui apparaît comme étant les disciplines permettant de séparer le grain de l’ivraie. Et qu’on le veuille ou non, il n’y a pas de place pour la catégorie B. Les Jeux paralympiques, c’est un peu comme une ligue de hockey pour femmes; on aime le spectacle mais on sait que ce n’est pas « ze real thing ».

Et je suis convaincu que les athlètes paralympiques le savent. Chantal Petitclair le sait, le soir quand elle se couche, qu’elle joue dans la catégorie B. Ne serait-elle pas plus fière si elle pouvait jouer parmi les grandes? Si elle pouvait, par exemple, faire avancer un kayak (ce que son handicap n’empêcherait pas)?

Je suis bien d’accord à encourager l’excellence et à aider ceux qui n’ont pas eu de chance dans la vie. On pourrait donc donner un petit montant aux gagnants des paralympiques, mais on ne devrait jamais les placer sur le même pied que les athlètes des « vrais » Olympiques, la crème de la crème du genre humain.

Et si jamais un handicapé pouvait se dépasser au point de pouvoir participer à une compétition des vrais Jeux Olympiques, son succès n’en serait que plus retentissant. Et je suis certain qu’une douzième place en finale A vaut bien toutes les médailles en finale B.

Les Jeux paralympiques ne servent, actuellement, qu’à imposer une ségrégation entre les « normaux » et les handicapés, nuisant aux chances des seconds de réellement se dépasser et de pouvoir se comparer aux meilleurs parmi les meilleurs.

En ce sens, ils devraient être abolis et l’argent qu’on y dispense devrait servir à encourager les handicapés à trouver une discipline où ceux-ci pourraient compétitionner avec l’élite du genre humain. La fierté d’un handicapé dépassant les « normaux » n’aurait pas de prix.

Voilà ce qu’on devrait encourager.

La valeur de la médaille
19 août 2008

Il y a un aspect de ces Jeux Olympiques qui me dérange particulièrement: c’est celui où on félicite ou on remet en question tout le mode d’entraînement et le modèle social d’un pays en se basant simplement sur le nombre de médailles que le dit-pays a récolté. Il y a pourtant beaucoup d’autres facteurs à tenir en compte, notamment la relation entre le nombre de médailles récoltées et la population du pays.

En effet, voici le tableau actuel des médailles, par pays. Je préfère utiliser le total des médailles pour classifier le résultat plutà´t que le nombre de médailles d’or, car c’est déjà un très grand exploit d’être parmi les trois meilleurs de sa discipline.

  1. États-Unis: 79
  2. Chine: 76
  3. Russie: 42
  4. Australie: 35
  5. Angleterre: 33
  6. France: 29
  7. Allemagne: 28
  8. Corée du Sud: 24
  9. Japon: 22
  10. Italie: 19
  11. Ukraine: 17
  12. Pays-Bas: 13
  13. Canada: 13
  14. Cuba: 11
  15. Biélorussie: 11

Le problème avec ce tableau, c’est qu’il compare des pays que la population rend incomparables. En effet, comment comparer la Chine et son 1,3 milliards d’habitants et Cuba, par exemple, qui ne compte que 11 millions de citoyens? Afin de juger du meilleur pays, celui-ci devrait être capable à la fois de compter parmi les meilleurs pays au monde en terme de récolte brute de médailles, mais également au nombre de médailles per capita.

J’ai calculé le nombre de médailles par millions d’habitants de ces mêmes pays ci-dessous. J’ai utilisé les statistiques offertes par Wikipedia:

Nombre de médailles par million d’habitants:

  1. Australie: 1,656508875
  2. Biélorussie: 1,135686917
  3. Cuba: 0,9628892
  4. Pays-Bas: 0,765957412
  5. Angleterre: 0,539727749
  6. Corée du Sud: 0,487479456
  7. France:0,447237958
  8. Canada: 0,391416584
  9. Ukraine:0,369611121
  10. Allemagne:0,339931451
  11. Italie: 0,32676748
  12. Russie: 0,29850302
  13. États-Unis:0,256317935
  14. Japon: 0,172835834
  15. Chine: 0,055864073

On remarque, en observant ces statistiques, que le tableau s’inverse considérablement. Les États-Unis et la Chine, qui étaient respectivement deuxième et premier, prennent le 13e et le 15e rang, alors que d’autres pays, comme Cuba, l’Australie ou la Biélorussie, obtiennent les meilleurs résultats.

En clair, pourquoi je préfère cette méthode? C’est simple: un « extra-terrestre » peut apparaître n’importe où. Il y en a toujours de ces athlètes qui sont naturellement les meilleurs. Des Michael Phelps, par exemple. Mais la probabilité d’avoir un de ces athlètes est proportionnelle à la population. Il y a infiniment plus de chance d’en avoir un en Chine qu’à Cuba. Le reste – la différence – tient à l’entraînement et à la réussite du système national pour produire des vainqueurs.

Ainsi, et contre toute attente, la performance de la Chine est loin d’être exceptionnelle, mais est plutà´t pathétique. Si la Chine gagnait proportionnellement autant de médailles que le Canada, par exemple, elle en compterait aujourd’hui près de 532! Et pas loin de 121 pour les États-Unis!

On peut donc écrire, sans se tromper, que ces deux pays sont des exemples à ne pas suivre en ce qui concerne l’exploitation des talents. Et, surprenamment, l’Australie, Cuba et la Biélorussie devraient servir d’inspiration aux décideurs en vue des prochains Jeux d’été.

Bien sûr, il faudrait bâtir un algorithme tenant compte d’autres facteurs, notamment en ce qui concerne le climat (les pays nordiques sont désavantagés aux Jeux d’été, et inversement aux Jeux d’hiver pour les pays du sud) ou le lieu d’entraînement des athlètes (pour ainsi éliminer les cas où un pays se contente « d’acheter » une médaille en allant chercher un athlète d’un autre pays) et il serait impératif d’établir un nombre minimal de médailles afin d’éliminer le facteur « chance », mais déjà cette compilation donne une idée des pays desquels il est avantageux de s’inspirer.

Géorgie: guerre par procuration
13 août 2008

L’Ossétie du Sud est une région autonome qui fut créée en 1922 par l’URSS. Lors de l’indépendance de la Géorgie, en 1991, ces derniers ont supprimé l’autonomie accordée aux Ossètes et n’ont eu de cesse depuis de chercher à réintégrer cette région dans son giron.

Par la suite, l’Ossétie du Sud a déclaré son indépendance et a organisé deux référendums (tous deux gagnés) démontrant l’appui de la population à sa cause. Car, il faut le dire, l’Ossétie du Sud a beaucoup plus en commun avec la Russie et l’Ossétie du Nord (partie intégrante de la Russie) qu’avec la Géorgie. Néanmoins, et contrairement au cas du Kosovo, les États-Unis et l’Union Européenne rejettent toujours cette indépendance.

Ainsi s’est instauré ce qu’on a appelé un « conflit gelé », malgré que, comme le note cette blogueuse, les nombreux morts chaque année peuvent difficilement faire oublier que sous le volcan la lave se presse, prête à surgir avec force.

Mais que s’est-il soudainement passé, lors du premier jour des Jeux Olympiques?

Profitant de l’attention sur la Chine, la Géorgie, nouvelle alliée des États-Unis depuis une Révolution des Roses largement organisée depuis Washington via des organisation de droite comme la NED, a reçu le feu vert de Washington pour reprendre le contrà´le de la République autonome, brisant ainsi le statu quo en vigueur depuis des années.

La réaction de la Russie fut donc tout ce qu’il y a de plus normale; face à l’agression de la Géorgie (avec l’appui des États-Unis) sur son alliée, elle a simplement tenté de rétablir l’équilibre des forces. Malgré les discours de Bush et les belles images d’unité de ces pays autrefois sous le giron russe mais qui aujourd’hui couchent avec Washington, dans ce conflit c’est la Géorgie qui est l’agresseur, pas la Russie.

Et si vous vous demandez pourquoi tout ce branle-bas de combat dans cette région, cliquez simplement sur l’image en haut de ce billet et observez à qui appartiennent les oléoducs qui passent en Géorgie.

Car c’est dans un contexte de fin de partiele pic pétrolier pousse les pays à se faire la lutte, par procuration, pour les dernières réserves de pétrole disponibles, essayant de faire face à la crise imminente, que se produisent ces événements.

Pas surprenant, dans ce contexte, que l’Union Européenne et les États-Unis refusent d’accepter l’indépendance des Ossètes et encouragent la Géorgie dans ses actions guerrières!

Histoire de drapeaux
9 août 2008

C’est le « buzz » de l’heure; même Patrick Lagacé publie une petite chronique où il dénonce le fait que le premier ministre désire accommoder la Chine en acceptant sa politique refusant les drapeaux non-olympiques aux Jeux. à€ ses yeux, c’est de la résignation. à€ mes yeux, c’est tout le contraire.

En effet – et cela va peut-être en surprendre certains – mais je ne suis pas contre la position de Jean Charest. Nous sommes des invités en Chine, et nous nous devons de respecter leur culture et leurs valeurs. Et une de ces valeurs est le caractère sacré et inaliénable du Tibet en son sein et le sens très patriotique d’appui que porte la population à cette cause. Il suffit pour s’en convaincre d’observer ce qui s’est passé lors de la mini-manifestation sur la place Tiananmen où de simples passants se sont chargés d’insulter ces étrangers venus en Chine pour montrer aux Chinois comment agir.

Soyons clairs: ce peuple qui a une Histoire de plus de cinq mille ans n’a pas de leçons à recevoir de notre part. Ils sont certes différents de nous, et des efforts pourraient être entrepris pour permettre plus de liberté individuelle, mais la Chine considère la nation et son existence, la quête de sa pérennité et de sa croissance, comme étant un but supérieur au bien-être de chaque individu en particulier.

En quelque sorte, ça me fait penser au magnifique (grandiose, superbe, époustouflant, et ajoutez votre superlatif!) spectacle d’ouverture, où on voyait ces milliers de gens bouger tous à l’unisson, au même moment, et dont la marche coordonnée créait des figures tout à fait géniales. C’était la Chine qu’on voyait: une Chine certes contrà´lante, mais qui permet à chaque Chinois de transcender sa petite existence individuelle en faisant partie d’un Tout infiniment plus grand et glorifiant. Nous avons quelque chose à apprendre de la Chine.

Et puis, soyons honnêtes, si on espère demander à la Chine de s’adapter à nous, comment peut-on par la suite blâmer un immigrant qui refuse de s’intégrer au Québec? Il s’agit de faire preuve de cohérence: on ne peut pas à la fois prétendre avoir la solution aux maux d’autrui et se plaindre lorsque des gens qui viennent ici veulent nous imposer leurs solutions. Si on demande à la Chine de renier ce qu’elle est, de se voir ridiculisée par des drapeaux tibétains et de voir ainsi la perfection de ses jeux réduite en combat politique contre ses valeurs et ses croyances, comment peut-on ensuite demander à quiconque de respecter nos valeurs et nos croyances?

La vie est injuste, mais chaque pays a le devoir de se protéger lui-même et de lutter contre ce qui pourrait l’affaiblir ou le détruire. On ne peut pas, on ne doit pas dénoncer un pays qui cherche à préserver sa puissance et améliorer sa condition.

Et, heureusement, on ne peut pas blâmer les minorités qui cherchent à se faire entendre et qui luttent pour leur survie culturelle. Tout comme on ne peut empêcher un athlète motivé de cacher un drapeau dans ses sous-vêtements ou de se le tatouer dans le dos. Si on ne peut contrecarrer l’expression de ces minorités (dont nous faisons partie!), on peut ne pas la faciliter, et c’est exactement ce que fait la Chine.

C’est dans l’ordre des choses et c’est à nous, étrangers, de nous tenir en-dehors de ce combat politique qui n’est pas le nà´tre et qui, si nous nous en mêlons, pourrait donner l’idée à d’autres de venir se mêler du nà´tre.

Et pas toujours en notre faveur.

Car la diversité, c’est beaucoup plus que d’écouter Paul McCartney chanter « Jet » sur les plaines d’Abraham en sirotant une bière allemande: c’est aussi respecter la différence de l’autre en s’adaptant à sa culture lorsqu’on est chez lui, tout comme on aurait envie qu’il s’adapte à la nà´tre chez nous.

Les Olympiques de la diversité
8 août 2008

Au risque de me faire qualifier à nouveau de celui qui tape sur le même clou, je dois vous parler de cette diversité culturelle époustouflante qui s’est offerte à nous lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin.

Car j’ai vu. J’ai vu des cultures qui s’affichaient, s’affirmaient sans complexe, des cultures ne demandant que la chance de pouvoir mieux s’exprimer. Cuba, Nicaragua, Brésil. Avez-vous vu tous ces peuples, tous ces représentants des pays de la Terre, avec leurs milles couleurs, leurs costumes nationaux, leurs particularités? Nigeria, Qatar, Palestine. Cette incroyable richesse du monde qui se révèle une légère brise rafraîchissante sur un monde un peu trop rectiligne et que certains aimeraient croire anglo-saxon et néolibéral? Cuba, Biélorussie, Inde.

Ce n’est pas le monde des revues de droite comme l’Actualité ou le Time magazine. Ou celui de l’IEDM et de son grand-frère le Fraser Institute. Non. Ce monde, c’est le nà´tre, celui des peuples, celui des cultures, celui de ceux qui refusent d’être une simple parenthèse qu’on efface pour faire place à une culture et une idéologie envahissantes qui prétendent être la solution à tous les maux de la planète. Si, bien sûr, la diversité et la répartition de la richesse sont un mal à éradiquer.

Mais la Chine ne se contente pas de faire du tape-à -l’oeil avec cette cérémonie. Comme le souligne Jean-Pierre Raffarin dans son carnet, la Chine possède une vision multipolaire du monde, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a réitéré son appui à l’héritage du Baron Pierre de Coubertin et a réaffirmé la place du français en tant qu’une des langues officielles des Jeux Olympiques. Lors des trois ou quatre derniers jeux, cette présence francophone était trop souvent vécue comme de la mauvaise visite qu’on se dépêche de gaver avec l’espoir qu’elle parte rapidement et sans trop se plaindre.

Face à la prétention « d’un monde global », elle prà´ne la diversité culturelle.

Et c’est cette richesse incommensurable qu’elle affiche aux yeux du monde aujourd’hui et que nous avons la mission et le devoir historique de protéger. Mais puisque nous ne pouvons pas sauver le monde par nous-mêmes, pourquoi ne pas commencer par balayer le pas de notre porte et assurer la pérennité culturelle de notre peuple? Ainsi, donnerons-nous peut-être envie aux autres peuples d’en faire autant!

Vive la Chine et vive ces Jeux Olympiques de la diversité!

RSF financé par Taiwan!
11 avril 2008

Comme je l’écrivais dans Les USA derrière la campagne anti-chinoise? et dans Désinformateurs sans frontières, l’organisation Reporters sans frontières sert de paravent à diverses opérations de déstabilisation de la CIA et de la NED (National Endowment for Democracy), une organisation créée par Ronald Reagan pour « poursuivre les actions secrètes de la CIA en soutenant financièrement et en encadrant des syndicats, des associations et des partis politiques. » (Wikipedia).

Ce qui est nouveau, par contre, c’est que Reporters sans frontières se fait désormais financer par Taiwan dans sa campagne anti-chinoise! Via la Taiwan Foundation for Democracy, une émule de la NED créée (avec son aide) en 2002 par le ministre des affaires extérieures de l’île aux politiques pro-américaines, 100 000$ ont été remis à Robert Ménard, dirigeant peu crédible de RSF ayant déjà tenté de manipuler des informations pour plaire à ses créanciers par le passé.

La question se pose désormais: on a beau ne pas aimer la répression chinoise au Tibet, mais comment être certains que nous ne sommes pas nous-mêmes manipulés à croire que le mouvement apparemment spontané d’opposition au passage de la flamme olympique n’est pas plutôt organisé et financé soit par Washington, soit par des régimes et des organisations fantoches à sa solde?

Car ne l’oublions pas, dans un contexte de fin de partie (ou de fin de party oserait-on dire), le seul et véritable ennemi des États-Unis, le seul pays capable de déstabiliser le géant américain, c’est la Chine. Tous les moyens sont bons pour discréditer Pékin et tenter de nuire à son économie, y compris la manipulation et le mensonge.

Les USA derrière la campagne anti-chinoise?
9 avril 2008

Comme je l’écrivais ici, l’organisation Reporters sans frontières (RSF), qui est largement à l’origine de la campagne de dénigrement de la Chine et de ses Jeux Olympiques, est financée par la CIA et le NED (National Endowment for Democracy), une organisation de droite très près du gouvernement Bush.

Dans l’ordre, RSF s’en est pris à Cuba, a soutenu le coup d’État de la CIA contre le président Chavez au Vénézuela en 2002, a approuvé l’invasion de l’Irak en 2003, a légitimé le coup d’État contre Aristide en Haïti en 2004, et maintenant elle lutte contre la Chine.

Reporters sans frontières n’est PAS un outil démocratique oeuvrant pour le bien commun, loin de là. C’est une créature au service des intérêts étatsuniens. On ne verra jamais RSF déplorer le non-respect des droits humains en Palestine, et encore moins aux États-Unis.

Alors que ceux qui veulent boycotter les jeux le fasse. Pour ma part, je vais les écouter assidûment et j’espère que ceux-ci seront un succès. Et j’aurai – encore une fois – une pensée pour tous les peuples opprimés dont ceux qui les oppriment sont des alliés de Washington et ne méritent ainsi pas de se faire dénoncer aux yeux de RSF et de ses argentiers… secrets.