Permis de conduire: il faut hausser l’âge légal
30 novembre 2009

Nouvelle fin de semaine, nouvelle hécatombe: sept morts sur les routes. Des jeunes, encore des jeunes. Des jeunes, tout comme ceux qui ont conduit avec des passagers dans leur valise ou qui ont fait du surf sur le toit de leur voiture l’été dernier. Des jeunes, des putains de jeunes. Qu’attend-on pour hausser l’âge légal pour conduire un véhicule?

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Au lieu de militer pour une baisse du taux d’alcoolémie maximum toléré de 0,08 à 0,05 gramme d’alcool par 100 millilitres de sang, comme le fait la Table québécoise de la sécurité routière, il serait beaucoup plus utile et logique de s’attaquer au problème des jeunes, alcool ou pas d’alcool. Ce n’est pas le fait d’être à 0,06 ou 0,07 qui cause les accidents: c’est surtout le fait d’être jeune. Jeune et impulsif.

Ainsi, à seize ans, on ne peut pas acheter d’alcool, de billets de loterie ou de tabac. On ne peut même pas voter. On a à peine l’âge de se toucher ou de toucher les autres. La loi traite nos jeunes comme des enfants n’ayant pas encore les capacités intellectuelles et cognitives de décider ce qui est bien ou mal pour eux.

Or, on les laisse filer dans la nuit à toute allure dans des amas de ferraille de plusieurs tonnes. Trop jeunes pour boire, jouer à des jeux de hasard, fumer ou voter, mais assez responsables pour conduire. Trop jeunes pour attraper une cirrhose du foie à quarante ans ou un cancer des poumons à cinquante-cinq, mais assez matures pour se casser la figure dans un arbre ou tuer quelque enfant ayant eu la mauvaise fortune de se trouver sur le passage de ces engins de mort. Trop immatures pour décider du futur de notre pays, mais assez pour s’envoyer en l’air avec le décor.

Pourtant, des études ont démontré que le cortex frontal – qui contrôle le jugement, la prise de décision et le contrôle des impulsions – n’est pas complètement développé avant l’âge de vingt-cinq ans. Ce n’est donc pas un hasard si les compagnies d’assurance imposent des surprimes aux jeunes ou s’il est plus difficile de louer une voiture (ou interdit, comme aux États-Unis) avant cet âge: le cerveau n’est tout simplement pas encore assez fonctionnel pour adopter une attitude réellement prudente sur la route. Le Dr. Jay Giedd, du National Institute of Mental Health, qui a participé à une des études sur le sujet, souligne: « Pour des raisons sociales et biologiques, les adolescents ont davantage de mal à prendre des décisions réfléchies et à comprendre les conséquences de leurs actes ». (( Courrier international, no. 717-718-719, En couverture, jeudi, 29 juillet 2004, p. 28, Adolescents : Les secrets de leur cerveau, Maman, c’est la faute à mes neurones, Claudia Wallis et Kristina Dell, avec Alice Park à New York Time (New York) ))

De la même manière, une étude de la National Highway Traffic Safety Administration, aux États-Unis, a démontré qu’un tiers des jeunes conducteurs de seize ans sont impliqués dans un accident et que la hausse de l’âge légal de conduite d’un véhicule permet de réduire significativement ce nombre. (( Fatality Analysis Reporting System (FARS), National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), 2005 )) Le New Jersey, par exemple, où la limite est de 17 ans, enregistre un nombre largement inférieur de décès et d’accidents que le Connecticut, où l’âge minimum pour conduire est à 16 ans. Et l’Europe fait encore mieux, avec une limite fixée à dix-huit ans.

Certains diront qu’il suffirait de rendre de nouveau obligatoires les cours de conduite. Inutile. Diverses études ont démontré que les jeunes de 16 à 19 ans qui avaient suivi des cours de conduite ont un taux de collision supérieur à ceux qui n’en avaient pas suivis. L’auteur d’un article sur ce sujet, Pierro Hirsch, explique: « Les jeunes apprennent la technique permettant de tenir un volant. Mais la prudence est une attitude, pas une habilité et on ne peut pas l’enseigner en 12 heures ». En clair: on aurait beau rendre obligatoire tous les cours possibles, on ne pourrait pas modifier le fonctionnement du cerveau de l’adolescent.

Des pistes de solution

Parallèlement à la hausse de l’âge minimal de conduite, il pourrait être judicieux de renforcer les limitations du permis probatoire. Actuellement, les jeunes obtiennent un permis d’apprentis, leur permettant de rouler en présence d’un adulte, puis un probatoire, dont les seules limitations sont un nombre de points d’inaptitude inférieurs et une tolérance zéro quant à l’alcool.

Un rapport soumis au congrès américain, en juillet 2008, recommande notamment, pour l’équivalent de notre permis probatoire, la présence d’un adulte détenant le permis régulier pour la conduite de nuit et une limite d’un seul autre adolescent présent dans la voiture. Ce faisant, on s’attaque à deux des facteurs les plus déterminants lors d’accidents impliquant des jeunes, soit la conduite nocturne et l’influence négative des pairs sur la conduite.

Malgré tout, on ne peut se contenter d’instaurer un couvre-feu et une limite du nombre d’adolescents dans la voiture. Il faudrait plutôt que ces mesures soient complémentaires à la hausse de l’âge légal. Celui-ci, sans fixer d’âge précis, pourrait être de dix-huit ans et paraît constituer un bon compromis entre le désir de sécurité de la population et la nécessité de mobilité de nos jeunes. Cette limite d’âge aurait également le mérite d’être cohérente avec celles relatives au tabac, à l’alcool et au jeu. On pourrait très bien imaginer une situation où le permis d’apprentis serait délivré à dix-huit ans, et où un probatoire avec beaucoup plus de muscles serait en vigueur de 19 à 21 ans. Combien de vies pourrait-on sauver ainsi?

Hausser l’âge minimum du permis de conduire ne se fera pas sans heurt. Certains parents n’apprécieront pas d’avoir à reconduire leurs enfants un peu partout jusqu’à dix-huit ans. Mais comme l’a montré l’étude sur le New Jersey, le fait d’avoir moins de mobilité encourage les jeunes à se centrer sur des activités autour de leur école. S’agit-il réellement de quelque chose de négatif?

Quand il est question de sauver des vies, il ne faut pas hésiter. Donnons quelques années de plus de croissance aux cerveaux de nos jeunes et améliorons ainsi la sécurité de l’ensemble de la population.

Un jour, ils nous remercieront. Et s’ils ne le font pas, au moins seront-ils encore en vie.

Jeunes contre vieux: un combat stérile
11 juillet 2009

Aujourd’hui, au travail, j’ai vu un vieux de texte de Martineau qu’un collègue de travail a affiché dans notre aire de repos. Je ne le retrouve pas sur le net, mais grosso modo il s’en prenait aux jeunes, les qualifiant de gâtés, de paresseux osant interagir entre eux lorsqu’ils sont au travail devant des clients, exigeant un salaire « trop élevé » ou des vacances. Un beau gros drame dans un verre de soluté comme Martineau en raffole. Sauf que derrière le mythe, il y a peut-être une vérité: ce n’est pas tant la soi-disant fainéantise de la génération montante qui cause problème, mais plutôt cette profonde incompréhension inter-générationnelle.

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En effet, c’est facile de se plaindre de ceux qui viennent d’un autre temps. Vous voulez que je me plaigne des vieux? Enfantin. Les vieux sont blasés; ils marchent d’un pas lourdeau et traînent leur carcasse comme d’autres portent un sac de voyage et évitent toute forme d’effort physique. Ils parlent de leurs REERs, de leurs condos, de leurs investissements pendant que les jeunes font le gros du travail pour un salaire bien inférieur. Ils parlent de leur retraite, un luxe que les jeunes ne pourront peut-être même pas se payer. Ils se la coulent douce, ne craignent pas le patron, et passent l’après-midi à fuir le travail d’une matinée qu’ils ont passée à fuir le travail de la veille. Ils oeuvrent à temps plein et ont sacrifié leurs rêves pour un salaire confortable dans des tâches qui ne les satisfont pas le moins du monde. Ils méprisent les jeunes temps partiels qui arrivent et qui réclament une qualité de vie. « La vie, ça se travaille mon gars ». Ils n’ont jamais rien connu d’autre que le travail rémunéré à temps plein mais aujourd’hui leur contribution correspond à celle d’un vieux boulon édenté qu’on endure parce qu’il est en fin de vie utile. En-fan-tin.

Dans les faits, ce combat « jeunes contre vieux » est stérile et inutile. Il découle, à mon avis, d’une profonde incompréhension entre deux générations ayant eu des vies différentes et des aspirations qui ne peuvent être comparées. D’un côté, les « vieux » ont connu la précarité et leurs pères et mères ont vécu le règne du temps plein à la shop dans un travail abrutissant mais qui permettait de mettre de la nourriture sur la table. Ils se sont eux-mêmes englués dans un système leur permettant d’atteindre un niveau de vie confortable, typique de la classe moyenne syndiquée, mais qui en échange leur demandait de sacrifier une quarantaine d’heures par semaine dans un travail qui ne leur plaisaient pas. D’un autre côté, les jeunes ont vu leurs parents s’échiner dans un labeur accablant et ils ont fait la constatation que le salaire n’est pas la seule chose qui importe dans la vie. Qu’on n’a pas à accepter des conditions de vie qui nous déplaisent ou qui nous empêchent de nous réaliser en tant qu’individus, c’est-à-dire en-dehors de ce travail qui nous gobe une si grande partie de notre unique vie.

Malheureusement, en se jalousant et se méprisant les uns les autres, on ne fait que se désolidariser et permettre d’exploiter ces failles: davantage de travail abrutissant pour les vieux et davantage de précarité pour les jeunes. Tout va pour le pire dans le pire des mondes.

Au lieu de s’attaquer les uns les autres, ne vaudrait-il pas mieux se regrouper et exiger une amélioration commune de nos conditions de travail et de vie, dans le respect de nos différences? On peut être vieux et exiger un travail plus stimulant et actif ou être jeune et vouloir de meilleurs salaires, davantage de stabilité et de liberté. En s’entre-déchirant, on se bat simplement pour les miettes d’une tarte se rétrécissant d’année en année au nom de la rentabilité d’entreprises n’ayant de respect pour leurs employés que dans la mesure où ceux-ci leur apportent de juteux profits.

Et si on s’unissait contre ceux qui veulent détruire notre qualité de vie, jeunes comme vieux?

De l’utilité sociale de la pédophilie
28 octobre 2008

Je lisais cette nouvelle où on apprend qu’une fillette de sept ans a été enlevée, violée, puis ramenée simplement une heure plus tard à son école. J’entends déjà en sourdine l’écho plaintif des faiseurs d’opinions réclamant davantage de répression et la fin des sempiternelles « sentences-bonbons ». Et si la vérité était ailleurs. Pire, ou mieux, et si les pédophiles avaient une utilité sociale?

On s’entend, personne ici ne va approuver la pédophilie. S’en prendre à un être sans défense, qui commence dans la vie, et le handicaper durablement en lui faisant connaître ce qu’il est trop jeune pour avoir besoin de connaître, c’est purement mal. Mais le mal peut-il être utile?

Par exemple, si personne ne souhaite avoir un cancer, sans l’explosion des cas de cancer depuis plusieurs décennies on fumerait toujours la cigarette dans les écoles. Sans l’accroissement des crises cardiaques et de l’obésité morbide, on n’aurait pas commencé à limiter la malbouffe. Sans Tchernobyl, aurait-on entrepris de mieux sécuriser l’énergie nucléaire? Mais encore: sans les épidémies de pestes buboniques, aurait-on commencé à appliquer de meilleures règles d’hygiènes? Et sans nos ancêtres préhistoriques qui ont brûlé vifs lors d’un incendie de forêt, aurait-on découvert la maîtrise du feu?

Ce que je dis ici, c’est que de tout événement négatif naît la possibilité d’un résultat positif. L’événement négatif ne peut être blâmé sans cesse pour ce qu’il est, mais plutôt acclamé pour les changements qu’il nous force à apporter.

À quoi aurait-il donc servi à nos prédécesseurs de blâmer le feu qui les brûle ou plus tard la maladie qui les frappe, à sacrifier des moutons ou des sorcières pour apaiser les Dieux en furie et faire couler la pluie ou arrêter l’épidémie par chance? À rien. L’eau qui épuise l’incendie et le force en retraite n’empêche pas le feu de revenir, pas plus que la fin d’une épidémie ne conjure le retour d’une autre.

L’Homme doit apprendre à s’adapter et à changer ce qu’il le rend vulnérable aux périls.

Ainsi, la solution au problème de la pédophilie n’est peut-être simplement pas d’emprisonner les pédophiles. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Il faudrait possiblement comprendre en quoi nos enfants sont devenus plus vulnérables qu’ils ne l’étaient autrefois, si tel est effectivement le cas.

Par exemple, autrefois, dans nos campagnes, les enfants étaient beaucoup plus souvent à la maison ou chez des proches. Ils aidaient pour les travaux avec la famille, les garçons avec leur père, les fillettes avec leur mère, et les sorties étaient plus encadrées, ou du moins elles avaient lieu dans un univers moins spacieux, plus simple. Les enfants avaient leurs moments de liberté, mais celle-ci s’exprimait dans un contexte où les gens se connaissaient davantage.

Aujourd’hui, par contre, c’est l’époque de la clef dans le cou, de l’autobus jaune ou bleu, des inconnus hasardeux qu’on aperçoit subrepticement derrière une triste clôture argentée. Plus personne ne se connaît, plus personne ne se parle. Un inconnu peut arrêter sa voiture, embarquer une fillette de sept ans, lui mettre son pénis dans la bouche ou à d’autres endroits infâmes et la laisser partir une heure plus tard pour aller chez une amie en lui disant « salut ma lolotte oublie-pas de te laver la figure » et personne ne se rend compte de rien. Nous sommes étrangers les uns pour les autres. Et c’est grâce à notre désunion et notre indifférence que peuvent prospérer de telles violences.

Conséquemment, avant de réclamer des peines toujours plus sévères pour les pédophiles comme d’autres ont brûlé des sorcières contre la peste, il faudrait peut-être mieux se regarder soi-même, passer davantage de temps avec nos enfants et leur offrir un futur où ceux-ci puissent se sentir en confiance toute la journée.

Car on aura beau arroser le feu, le piétiner, lui lancer de la chaux, l’insulter, lui cracher dessus, mettre de la terre sur lui, l’isoler ou lui couper l’oxygène, il reviendra toujours. Le problème n’est pas la pédophilie, mais notre mode de vie. Et y a pas de peines plus sévères, de castration, de registre public ou d’affichage de photos qui pourront régler ça.

Se choquer et s’indigner devant l’inacceptable, c’est facile. Se remettre en question, et essayer de changer un quotidien un peu trop impersonnel et compliqué qui nous rend vulnérables, voilà un défi plus épineux.

Harper à la défense du « consumateur »
28 septembre 2008

C’est la blague de la semaine: Stephen Harper qui prétend vouloir jouer le rôle de défenseur du consommateur. Mais où était-il depuis deux ans, alors que les prix de l’essence à la pompe augmentaient drastiquement pendant que les compagnies pétrolières canadiennes faisaient des profits records, quasi-indécents?

Voici le bénéfice net des principales compagnies pétrolières canadiennes pour 2007 (en millions de dollars).

EnCana Corp 4251
Husky Energy Inc 3214
Imperial Oil Ltd 3188
Suncor Energy Inc 2832
Petro-Canada 2733
Canadian Natural Resources Ltd 2608
Talisman Energy Inc 2078
TransCanada Corp 1223
Nexen Inc 1086
Enbridge Inc 707

Mais qu’a donc fait M. Harper, cet ex-employé de la Imperial Oil, pour soulager le consommateur et empêcher qu’une telle appropriation de la richesse collective par une minorité ne mine notre croissance économique et appauvrisse la classe moyenne? Rien. En fait, pire que rien.

En effet, lors de l’énoncé budgétaire de Jim Flaherty, le 31 octobre 2007, le Parti Conservateur a fait baisser le taux d’imposition des plus grosses compagnies de 22% à 15%, privant ainsi le gouvernement de plusieurs dizaines de milliards $ (jusqu’à 50 milliards, selon le NPD). Et ça, c’était moins d’un an et demi après avoir tenté de nommer Gwyn Morgan, ancien président de la société EnCana, à la tête de sa nouvelle commission des nominations (heureusement, cette nomination a été bloquée par les partis d’opposition… aurions-nous eu cette chance avec un gouvernement conservateur majoritaire?) Un mois et demi plus tard, Harper remettait ça, en faisant un cadeau de 150 millions $ à Encana, en lui remettant les frais de douanes pour sa nouvelle plate-forme pétrolière.

Il faudrait peut-être inventer un néologisme pour qualifier l’attitude de M. Harper. Pourquoi ne pas le qualifier de protecteur du « consumateur »? Les citoyens voient leur paie se consumer, partir en fumée à chaque visite à la pompe, mais heureusement, M. Harper est là pour protéger ceux qui sont responsables de cette escroquerie. Un peu comme si on appelait la police pour se plaindre d’un vol et que celle-ci se contentait de superviser les voleurs tout en leur disant « vous êtes méchants » au même moment où elle encaisse un petit brun dès qu’on a le dos tourné. La belle affaire…

En fait, au Parti Conservateur, on aime s’attaquer aux dangereux voleurs. Tiens, par exemple, ces artistes, dont le salaire moyen est de 23 500$ par année et qui osent réclamer des subventions pour contribuer à la vivacité culturelle et économique du pays. Ce sont eux les voleurs selon Harper. Pas Randall K. Eresman, président de Encana, qui gagne 3,8 millions par année. Ni même C. S. Lau, président de Husky Energy, qui se tape un 5,5 millions annuellement. Et encore moins Richard L. George, de Suncor Energy, qui reçoit 2,9 millions par an. Surtout pas Tim Hearn (Imperial Oil; 2,2 M), Ron A. Brenneman (Petro-Canada; 2,8 M), Steve W. Laut (Canadian Natural Resources; 1,1 M), Harold N. Kvisle (TransCanada Corp.; 2,7 M), Charlie Fischer (Nexen Inc.; 1,3 M) ou Patrick D. Daniel (Enbridge; 2,7 M). Non, non, non. Eux, ce sont des entrepreneurs. C’est à dire qu’ils crossent le monde mais qu’on doit récompenser leur ingéniosité à crosser le monde. On doit admirer leur talent à s’offrir un premier ministre clef-en-main qui les aide à augmenter leurs profits tout en s’assurant qu’ils pourront continuer à voler la population.

Pourtant, eux aussi ont reçu des subventions par le passé. Même si le Parti Conservateur est le pire, les précédents gouvernements (dont ceux du Parti Libéral, à peine moins à droite que le Parti Conservateur sur le plan économique) n’ont pas été en reste. En fait, c’est près de 66 milliards de dollars en aide directe que le gouvernement fédéral a donné en subventions à l’industrie pétrolière albertaine depuis une trentaine d’années.

Excusez ma naïveté, mais normalement, une subvention doit rapporter, à quelque part. Ça n’a pas besoin d’être immédiat ou facilement calculable, mais on doit en avoir pour son argent. Et ce n’est pas le cas. On a financé l’industrie des sables bitumineux avec nos impôts, et aujourd’hui celle-ci s’en met plein les poches et le gouvernement albertain en tire une des redevances les plus faibles du monde. Et quel rabais à la pompe? Zéro. Niet. Que le pétrole vienne du bout du monde ou de Saskatchewan, on n’y voit absolument aucune différence.

Mais pendant ce temps, on s’en prend aux artistes, eux qui créent quelque chose dont nous sommes fiers, ces hérauts modernes de notre culture et de notre langue. On s’en prend aux syndiqués, à la classe moyenne, aux plus pauvres, aux jeunes, aux homosexuels… C’est tellement plus facile de s’en prendre aux plus faibles, ceux qui n’ont pas de puissantes compagnies pour les protéger et qui n’ont pas les moyens « d’oublier » des enveloppes dans le bureau de responsables du Parti Conservateur…

Et vous voulez ce gouvernement-là majoritaire pour les prochains quatre ans?

Que j’en vois pas un se plaindre du prix de l’essence. Pas un!

La commission Bouchard-Taylor aux Québécois: ÉCRASEZ-VOUS!
17 mai 2008

C’est avec stupéfaction et une profonde tristesse que j’ai lu ce texte qui parle des conclusions éventuelles de la commission Bouchard-Taylor sur les accomodements raisonnables. Alors que le problème est clair et reconnu de tous (c’est-à-dire que les immigrants sont incapables de s’intégrer et refusent notre culture, tout en désirant des privilèges à cause de leur religion) le commission Bouchard-Taylor, dirigée par ce qu’il convient maintenant d’appeler deux traîtres de la pire espèce, s’en prend aux Québécois! Non, excusez-moi, pas aux Québécois, un peuple qui n’existe plus, mais aux Québécois francophones, cette majorité en voie de devenir une minorité, et qui l’est déjà à Montréal, dans ce grand ghetto puant et multiculturaleux. (L’un va souvent avec l’autre, malheureusement… et c’est d’expérience que je vous l’écris).

Donc, selon la commission de nos deux losers, les Juifs, musulmans et autres n’ont rien à se reprocher. Ils peuvent passer au-dessus des lois, ne pas se faire évincer de leurs logements à cause de principes religieux, se faire givrer les vitres pour ne pas voir le corps des jeunes femmes, ou ne pas se faire donner de contraventions à cause de leurs fêtes religieuses. Non, ce n’est pas de leur faute. C’est de NOTRE faute, nous les pauvres Québécois colonisés trop stupides pour avoir compris que notre loi est inférieure à leurs pratiques religieuses. Nous serions victimes de manque d’information et de fausses perceptions.

Et au lieu de souligner le recul du français et d’expliquer que le refus de s’intégrer des immigrants en est une cause plus qu’importante, la commission espère accélérer notre assimilation en nous anglicisant davantage. Au lieu de souligner que le problème est la trop grande présence de l’anglais à Montréal, elle préfère que nous apprenions davantage l’anglais. Ensuite, ce sera quoi? On deviendra musulmans et Juifs pour avoir les mêmes privilèges que ces fanatiques religieux retardés?

On nous demande encore d’être plus ouverts sur le monde. Non, c’est de la merde ça. Nous sommes le peuple le plus ouvert sur le monde, et c’est un immigrant qui m’a dit ça. Nous parlons anglais dès que nous en croisons un. Nous essayons de parler l’espagnol aussi. Nous mettons des rastas et fumons des pétards avec les Jamaïcains. Nous essayons la nourriture créole. Nous sommes tellement ouverts sur le monde que nous n’avons plus conscience de notre culture. Nous sommes déracinés, et on nous demande de l’être encore davantage.

Cette commission est un vrai scandale, une farce, une fucking joke comme disent toutes les osties de vieilles anglaises de l’ouest de Montréal qui détestent tout ce qui est francophone.

Avec des recommandations pareilles, le résultat est facilement prévisible. Dans cinquante ans le français sera minoritaire non seulement à Montréal, mais aussi dans les banlieues. Le français sera une langue morte, au même titre que le latin, et les Québécois parleront couramment l’anglais puisqu’on aura consacré cette langue comme la seule qui soit commune à tous. Au lieu de franciser les immigrants quand c’était le temps, on leur aura laissé l’opportunité de nous angliciser, de nous assimiler, et ce qui était un jour les représentants de notre culture ne seront plus qu’un ramassis gélatineux de poutine folkorique qu’on invitera en France un peu comme on invite Zachary Richard au Québec: un ancêtre, un mort-vivant d’une culture morte et qui ne survit que sur le respirateur artificiel.

C’est ça « l’ouverture sur le monde ». C’est ça davantage d’accomodements raisonnables. Et c’est ça le bilinguisme, l’ennemi numéro un de notre culture et le principal responsable du recul du français.

Personnellement, si on me demandait ce soir si je crois que le peuple québécois mérite d’être sauvé, j’aurais peut-être envie de répondre: « crève, tu ne mérites pas de survivre, peuple de lavettes colonisées. »

David, de Quand on peut halluciner à plusieurs…, voit plutôt tout ceci comme une cour de récréation où c’est le nouveau qui applique ses règles:

[…] Messieurs Bouchard et Taylor ont été nommés surveillants de la cour de récré et vont bientôt rendre leur compte rendu de la situation. Soit plus gentil avec le nouveau dans ta classe, laisse le faire ce qu’il veut, c’est son affaire. J’ai l’impression que le spectre de la censure rôde dans les alentours. L’individualisme, c’est peut-être bon pour l’économie, mais c’est très mauvais pour une société.

Oui, nous sommes dans une grosse cours d’école, et au lieu de prendre le petit nouveau et de lui apprendre à respecter les règles, on demande à l’ensemble des autres jeunes de se plier à sa volonté.

Avec une telle mentalité de perdants, comment peut-on encore s’étonner que le Québec ait un tel taux de suicide?

Le jour où nous serons vraiment fiers de nous, de notre culture, où nous refuserons de parler en anglais ou même d’accepter que qui que ce soit nous impose sa langue ou ses valeurs sera un grand jour non seulement pour nous, parce qu’il confirmera notre droit d’exister, mais aussi pour la démocratie. La dictature d’une minorité d’anglophiles se cachant sous couvert de bilinguisme et de multiculturalisme est une honte pour tout le Québec.

Oui nous sommes tolérants, oui nous sommes ouverts. Nous aimons nos immigrants intégrés et nos anglophones francisés. Nous voulons que Montréal demeure une ville francophone et nous souhaitons que les anglophones comprennent qu’ils ne sont pas les bienvenues chez nous.

p.s. Devant une telle nouvelle, on peut déjà imaginer les gros colons de Angryfrenchguy en train de danser et de fêter notre anglicisation, prélude à notre disparition. Bravo les idiots; grâce à votre travail d’anglicisation des Québécois, vous contribuez à notre disparition et appliquez ainsi à la lettre les conclusions de la commission Bouchard-Taylor.