Le fascisme du 21e siècle
17 mai 2012

Le fascisme du 21e siècle n’est pas nationaliste ou collectiviste. Le fascisme du 21e siècle est individualiste et en faveur du libre-marché. Le fascisme du 21e siècle n’a pas besoin de symboles ou de parades militaires ; son seul symbole est le droit individuel et pour le faire respecter il est prêt à violer n’importe quel droit collectif.

Mussolini affirmait :

« Tout dans l’État, rien contre l’État, rien en dehors de l’État. L’individu n’existe qu’autant qu’il fait partie de l’État et qu’il demeure subordonné aux nécessités de l’État. »

Le projet de loi liberticide de Jean Charest constitue une nouvelle forme de fascisme où l’individu est subordonné au pouvoir brut de l’État non plus au nom d’intérêts collectifs supérieurs, mais plutôt en fonction de la liberté individuelle… d’autrui.

L’idée de base du fascisme, le point autour duquel s’articule toute l’idéologie, est une conception selon laquelle il n’y aurait rien à attendre du parlementarisme, des discussions, de la négociation. La force brute est vue comme la solution à ce qui est assimilé à des « troubles sociaux ».

Jean Charest, en refusant obstinément de négocier avec les étudiants – il n’a même pas accepté de rencontrer leurs représentants cinq minutes – lance le message que ces « troubles sociaux » ne peuvent être résolus qu’en réduisant la liberté des citoyens et en augmentant celle des forces policières.

N’ayons pas peur de l’affirmer : cela est très dangereux. À partir du moment où on accepte, au sein de notre société, que des conflits sociaux peuvent se régler de manière violente par l’utilisation des forces policières pour interdire des manifestations, on ouvre la porte à une telle manière de fonctionner à grande échelle. On légitime la fin du dialogue et on encourage la radicalisation des conflits.

On dit que l’Histoire se répète. C’est faux. Elle sonne toujours un peu semblable, mais jamais exactement de la même manière. Le fascisme du 21e siècle, anti-nationaliste et hostile aux idées collectivistes, trouvera son opposition précisément dans le nationalisme et l’union de la collectivité québécoise, de la même manière que le fascisme du 20e siècle a été détruit par l’union des nationalités et la primauté accordée aux droits individuels.

Ce qui se passe aujourd’hui est très très grave.

Cette date sera à marquer au fer rouge non seulement comme la fin d’un demi-siècle de reconnaissance du droit de grève des étudiants, mais également en tant que rejet de la négociation et du compromis comme solution à un conflit social.

On ne saurait mesurer l’importance d’un tel rejet.

Nos enfants en paieront le prix.

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Anglais au primaire: la traîtrise de nos élites
23 février 2011

La corruption, les fausses promesses, les tentatives de privatisation du bien public, rien ne saurait égaler, chez Jean Charest, la traîtrise de son nouvel objectif: imposer l’anglais à tous les élèves pour la moitié d’une année en sixième année du primaire. Notre démocratie, nos finances publiques ont certes leur importance, mais quand on s’attaque à l’âme de la nation québécoise, sa langue, et qu’on précipite le déclin de notre peuple, que peut-il exister de pire? Quand la langue d’un peuple disparaît, l’essentiel du peuple disparaît avec elle. Et il n’y a pas de seconde chance pour les peuples disparus.

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Évidemment, les éditorialistes et les politiciens vont glousser de satisfaction. Pour les premiers, c’est déjà commencé: on ne demande pas s’il est opportun d’imposer une langue étrangère à des enfants sachant à peine lire et écrire leur langue maternelle; on se questionne quant à savoir si c’est suffisant. Pour les seconds, Gérard Deltell a fait de l’anglicisation des Québécois sa priorité et Pauline Marois ne le dira pas directement, mais il s’agit d’une épine de moins dans son pied, puisque la proposition principale péquiste contenait cette mesure controversée. On va se questionner pour la forme, mais au fond, de la fesse gauche péquiste à la fesse droite libérale, en passant par l’entre-deux adéquiste, pour paraphraser Chatrand, on a déjà capitulé devant le tout-anglais et on a fait du bilinguisme généralisé un objectif incontournable.

Or, cette proposition est extrêmement dangereuse. Dans un contexte nord-américain où le peuple québécois ne forme que 2% de la population continentale, vouloir imposer l’anglais à tous est l’équivalent linguistique de jouer avec de la dynamite autour d’un feu de camp. Autrement dit: le jour où l’ensemble des Québécois saurait parler anglais serait le jour où l’anglais deviendrait la véritable langue commune du Québec. Si tous les Québécois étaient bilingues, pourquoi un immigrant aurait-il le désir d’apprendre notre langue? J’ose le dire: si les membres anglophones d’Arcade Fire, par exemple, faisaient face à un haussement d’épaule à chaque fois qu’ils s’adressaient en anglais à un Québécois dans les commerces, est-ce qu’ils ignoreraient toujours notre langue après dix ans à Montréal? Disons-le clairement: c’est PARCE QUE les Québécois sont de plus en plus bilingues que les anglophones et les immigrants peuvent faire abstraction de notre langue commune.

On a tendance à l’oublier, mais une des raisons ayant précipité la Révolution tranquille fut l’arrivée, à Montréal, de plusieurs centaines de milliers de Québécois unilingues francophones entre 1940 et 1960. Ce contingent d’unilingues fit augmenter de près de 33% la proportion totale d’unilingues francophones dans la métropole. ((LEVINE, M. (1997). La reconquête de Montréal, Montréal, VLB Éditeur, p. 34. )) Contrairement aux Montréalais francophones largement bilingues d’alors, pour qui le bilinguisme équivalait systématiquement à s’écraser devant le pouvoir de l’anglais, les nouveaux unilingues ont réclamé la possibilité de pouvoir s’émanciper collectivement en français. Ils ont également exigé des mesures pour franciser les immigrants, notamment en faisant du français la langue incontournable de la vie en société et la langue normale de l’éducation.

En fixant comme objectif le bilinguisme pour tous les enfants du Québec – car c’est bien ce dont il s’agit – Charest trahit le principal héritage de la Révolution tranquille: le français, langue véritablement commune des Québécois. Il renforce également l’impression, pour les immigrants et la minorité anglophone, que le français ne constitue qu’une langue parmi d’autres, facultative, ne permettant même plus de rejoindre les Québécois puisque ceux-ci deviennent largement bilingues. Une langue inutile, bref, morte, juste bonne pour les sauvages qui la chérissent comme un vieux bibelot poussiéreux.

Pourtant, nous avons l’expérience franco-ontarienne pour nous renseigner sur les conséquences du bilinguisme généralisé dans un contexte minoritaire. Un rapport, publié en 1995, expliquait:

Pour de nombreux jeunes Franco-Ontariens, le français demeure la langue maternelle, mais il devient effectivement une langue seconde, enseignée comme un outil de communication, mais un outil plus ou moins efficace dans le contexte ontarien. Inconsciemment et naturellement, l’anglais, qui était au point de départ la langue seconde, se transforme subrepticement en langue première, celle qui exprime les réalités fondamentales de la vie, celle dont les mots portent une charge émotive, celle qui baigne dans une culture et une histoire ; en d’autres mots, la langue de Shakespeare. Pour plusieurs francophones minoritaires, Molière est rentré à Versailles ; ils ont le français comme langue maternelle, mais l’anglais comme langue première. De la bilinguisation de l’univers culturel, nous passons maintenant à la secondarisation de la langue française.

Voici ce qui risque de se produire ici, d’abord dans les quartiers plus anglophones de Montréal, puis dans les autres quartiers, en banlieue, et éventuellement dans tout le Québec.

Quand une langue minoritaire perd sa principale qualité fonctionnelle, soit celle d’être la seule en mesure de rejoindre toute une communauté, au profit d’une langue plus dominante, elle devient inutile. Autrement dit: le français, actuellement, est tout à fait incontournable pour quiconque désire communiquer avec le 60% d’unilingues francophones. On ne peut pas, dans la plupart des villes du Québec, faire autrement que l’apprendre, même si cette langue n’ouvre que les portes du Québec. Mais si tous les Québécois étaient bilingues, on offrirait le choix à l’immigrant entre l’utilisation d’une langue typiquement québécoise, et une autre permettant de rejoindre, outre l’ensemble des Québécois bilingues, le reste de l’Amérique du Nord et une partie de la planète. La décision ne serait pas difficile à prendre.

En fait, les peuples bilingues, ça n’existe pas. Le bilinguisme, comme le disait le linguiste Albert Dauzat, constitue simplement le passage transitoire d’une langue faible vers une langue forte. Les peuples, les nations et les individus tendent vers l’unité linguistique, c’est-à-dire vers l’utilisation d’un seul et même système linguistique logique et cohérent. C’est ainsi que les Irlandais sont d’abord devenus bilingues, puis ont perdu leur langue. Idem pour la majorité des Franco-Canadiens. Le sondage publié il y a deux semaines le démontre également: le bilinguisme des anglophones de l’ouest canadien est marginal; qui a besoin d’une langue seconde quand cette langue est devenue inutile? Et c’est ce qui va se produire ici si on persiste à dépenser davantage d’énergie à angliciser notre jeunesse qu’à franciser les anglophones sur notre territoire.

Des élites vraiment à l’écoute de l’intérêt supérieur de la nation québécoise n’encourageraient pas son anglicisation, même en l’enrobant d’un bilinguisme indigeste. Elles œuvreraient à rendre indispensable l’intégration en français et n’imposeraient pas une immersion en anglais dans les écoles françaises, mais la francisation généralisée des écoles anglaises. Elles ne demanderaient pas aux citoyens d’apprendre, autrement que par choix personnel, une langue étrangère pour réussir; elles prendraient ses responsabilités et s’assureraient qu’il soit possible, au Québec, de travailler et de réussir sa vie en français.

Toutes les statistiques le démontrent: le français est en recul au Québec. Nous avons le choix: une mort lente et atroce à grand renfort de bilinguisme ou des actions rapides et concrètes pour assurer la survie de notre langue.

Nos élites à Québec, Jean Charest en tête, trahissent la nation québécoise et accélèrent notre anglicisation.

Il serait peut-être temps de se doter d’élites réellement à notre service et qui, plutôt que de vouloir chambouler notre écoles francophones pour y augmenter la présence anglaise, mettraient fin au sur-financement des institutions anglophones d’éducation et en finiraient, une fois pour toutes, avec la menace anglaise au Québec.

Des élites moins repliées sur leur anglomanie et qui seraient en mesure de s’ouvrir à la diversité et à la pluralité d’un monde parlant des centaines et des milliers de langues et où la protection d’une langue comme le français au Québec servirait d’exemple à toutes les autres langues menacées.

Offre d’emploi – Premier ministre
15 novembre 2010

Nombre de poste(s) à combler : 1
Appellation d’emploi à l’interne (si différente) : Premier ministre
ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC

Accès à l’égalité

Nous souscrivons à un programme volontaire d’accès à l’égalité en emploi selon la Charte des droits et libertés de la personne et nous encourageons les personnes lésées par des années de corruption libérale, les nationalistes, les francophiles, les démocrates et les progressistes à présenter leur candidature. Nous nous réservons cependant le droit de refuser la candidature de tout individu portant les noms « John », « James » ou « Charest » afin de préserver la confiance du public dans notre institution.

Lieu de travail

1045 Rue des Parlementaires
Québec (Québec)
G1A 1A4

Principales fonctions

De façon plus spécifique, la personne dirige l’État du Québec dans le respect de ses traditions démocratiques et non comme s’il s’agissait du carré de sable de ses amis mafieux, cesse de blâmer l’opposition pour ses propres avanies, déclenche une enquête publique sur l’industrie de la construction et ses liens avec le financement des partis politiques, instaure un financement par l’État des partis politiques, met en tutelle les municipalités où il y a corruption, gère un cabinet de ministres qui sont nommés pour leurs compétences et non pour leurs liens avec certains financiers occultes, protège le français langue commune et nationale du Québec, assure le bon fonctionnement de l’État en cessant de privatiser ses services pour avantager ses amis, se présente en conférence de presse avec le sourire et un discours positif pour la nation, vérifie et tient à jour les dossiers liés aux différents ministères sous sa responsabilité, assure la bonne direction des fonctionnaires gouvernementaux. Au besoin, elle accomplit toute autre tâche connexe, y compris l’écoute de la population et la capacité à admettre ses torts.

Exigences et conditions de travail

Scolarité : Secondaire (DES)
Terminé
Années d’expérience reliées à l’emploi : 1 à 2 années d’expérience
Description des compétences : Très bonnes aptitudes pour la communication. Ouverture à travailler avec une clientèle non-mafieuse. Bonnes aptitudes pour l’analyse, avoir le souci de l’intégrité et faire preuve de jugement; Bonne connaissance du fonctionnement de l’Assemblée nationale; Connaissance des méthodes et usages propres à la tenue d’un gouvernement. Bonne connaissance de la langue française (parlée et écrite). Aucun lien avec Paul Desmarais, Pier-Karl Péladeau, Tony Accurso ou la mafia est un atout. Doit être propre de sa personne et en mesure de nettoyer l’odeur de pourriture émanant du bureau de l’ancien détenteur du poste.

Langues demandées : langues parlées : français
langues écrites : français
Salaire offert : 183 000$ par année
Nombre d’heures par semaine : Illimitées
Conditions diverses : Aucune enveloppe brune n’est acceptée sur les lieux du travail.
Statut d’emploi : temporaire (jusqu’à la prochaine élection)
Date prévue d’entrée en fonction : 2011-01-03

L’employeur accepte les candidatures en ligne : veuillez remplir le formulaire disponible sur cette page.

DEHORS CHAREST!
19 octobre 2010

C’est une grande fuite vers l’avant. Pendant que la population est en émoi, qu’elle réclame une commission d’enquête sur la construction, qu’elle s’interroge quant à savoir pourquoi tout ce qui est Libéral sent aussi mauvais, pendant que Le Devoir nous apprend que des dirigeants d’écoles-passerelles ont contribué au Parti, pendant que Montréal s’anglicise, que notre langue commune recule, pendant que Cyberpresse et tout ce qui appartient à Power Corporation nous entretient de la réouverture du restaurant Hélène-de-Champlain aujourd’hui et évite systématiquement de relayer la colère des gens, pendant qu’on accuse Vigile, Rhéal Mathieu (je lui avais donné une rose bleue lors de son arrestation au début des années 2000, a-t-il jamais su qu’elle venait de moi?), Bernard Drainville, Pauline Marois, pendant qu’on méprise les gens comme moi, qui a manqué une journée de travail pour aller donner mon avis lors d’une consultation n’ayant servi à rien, pendant tout ce temps, Charest parade encore, du haut de son trône, et se moque de la population.

Je n’ai presque plus de mots à écrire. Je passe entre huit et dix heures par jour à travailler sur mon projet de livre qui portera sur notre langue. La seule chose qui me reste à dire, après avoir donné le meilleur de moi-même dans quelque chose qui sera sûrement plus durable que ce blogue, et qui pourrait résumer tout le reste, est ceci:

SI TU ES UN HOMME, JEAN CHAREST, DÉMISSIONNE.

Nous t’avons assez vu. Casse-toi. Même la chaise vide ferait mieux que toi.

Notre langue, c’est non négociable, et s’il me fallait ignorer jusqu’au dernier de mes idéaux pour qu’on puisse abroger cette loi, comme l’a affirmé Pauline Marois, je le ferai.

Mais si cela doit être notre dernière limite, notre pied à terre, qu’on se décide enfin à cesser de reculer et qu’on passe à l’offensive. Soyons imaginatifs, soyons fiers, soyons cohérents.

N’imposons pas seulement la Loi 101 au cégep; imposons-la au premier cycle universitaire.

Ne nous contentons pas d’abroger la loi 103; mettons fin au sur-financement des institutions anglophones.

Ne luttons pas seulement contre le bilinguisme institutionnel; cessons d’offrir des services gouvernementaux aux citoyens dans une autre langue que la langue nationale.

Les historiens de demain nous regardent, et si nous ne voulons pas qu’ils nous jugent comme nous jugeons nous-mêmes les Canadiens-français qui se sont laissé disparaître, il nous faut agir maintenant et avec force.

Il nous faut renverser l’Histoire, une fois pour toutes, et implanter durablement un peuple francophone fier dont le futur ne sera plus composé de reculs linguistiques imposés par quelque voyou nommé premier ministre.

Il nous faut cesser de penser en colonisés, en peureux, en mollassons qui veulent la liberté sans déranger le voisin.

C’est d’une guerre linguistique séculaire qu’il s’agit, et il est plus que temps de passer à l’attaque et d’en finir avec les droits indus aux anglophones, la minorité la plus choyée du monde.

Soyons courageux, et n’oublions pas qu’avant tout débat identitaire ou national, avant toute forme de division pouvant être causée par les orientations de droite ou de gauche, nous sommes des francophones d’Amérique et nous avons le droit de faire TOUT en notre pouvoir pour assurer la survie de notre langue.

Nous avons le droit d’exister et ce droit réclame ses responsabilités: finissons-en avec ce gouvernement corrompu plus à l’écoute de la minorité rhodésienne anglophone que du peuple québécois.

Dehors, les Islamistes!
5 septembre 2010

Une conférence de l’organisation islamiste Islamic Relief Foundation, sous le paravent d’un insipide « United for Change » (Unis pour le changement) doit avoir lieu, en anglais, au Palais des congrès de Montréal le 25 septembre prochain. Au programme, plusieurs orateurs reliés à l’organisation des « Frères musulmans », une nébuleuse encourageant le djihadisme, la violence et désirant renverser nos sociétés laïques pour les remplacer par une sorte de califat mondial basé sur la charia. Il est inacceptable que le gouvernement du Québec, qui finance le Palais des congrès, accepte qu’une telle activité puisse avoir lieu.

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En effet, si nous plions encore une fois devant les fanatiques, quel message leur lançons-nous, sinon que le Québec, ce territoire qu’ils méprisent à un tel point qu’ils n’ont même pas daigné utiliser sa langue commune dans leur propagande, constitue une terre fertile et une porte d’entrée pour implanter leurs réseaux islamistes?

Ce ne sont pas des enfants d’écoles qui doivent se présenter à cette conférence:

  • Tariq Ramadan est le petit-fils du fondateur de l’organisation des Frères musulmans, que même le Congrès musulman canadien aimerait voir sur la liste canadienne des organisations terroristes.
  • Jamal Badawi est membre de l’Islamic Society of North America (ISNA) et est le leader des Frères musulmans en Amérique du Nord.
  • Zainab Al-Alwani du Fiqh Council of North America (une organisation veillant à promouvoir une vie musulmane en accord avec la charia, en Amérique du Nord), est une proche parente de Taha Al-Alwani du réseau américain des Frères Musulmans;
  • Abdalla Idris Ali est membre de l’Islamic Society of North America (ISNA);
  • Yasir Qadhi a été impliqué dans une controverse pour avoir qualifié l’Holocauste de supercherie;

On pourrait également ajouter:

  • Navaid Aziz, un parfait exemple de non-intégration à notre société, lui qui est né à Montréal, a étudié au cégep Champlain en anglais et fait maintenant la promotion, toujours dans cette langue, de l’islam.
  • Salam Elmenyawi, porte-parole du Islamic Center of Quebec, est en faveur de l’application de tribunaux islamiques au Canada et il a déjà déclaré qu’il serait prêt à se battre si le Canada suivait l’exemple de la France et interdisait le voile islamique.

On le constate: sous le paravent d’une conférence unificatrice se retrouve une véritable organisation de propagande cherchant à recruter de nouveaux membres prêts à prier Allah aujourd’hui, mais peut-être également à renverser notre démocratie demain matin. Et le tout – évidemment – en anglais, dans une institution payée avec nos taxes et nos impôts.

Il faut se débarrasser de ces fanatiques

Récemment, le Marriott de Chicago a annulé, à une semaine de pré-avis, une conférence semblable. Nous devons faire la même chose. Il faut que le gouvernement du Québec et la direction du Palais des congrès réitèrent que nos valeurs fondamentales ne sont pas à prendre à la légère et qu’il est hors-de-question que l’État québécoise participe, même de loin, à une conférence méprisant à la fois le caractère francophone de la nation québécoise et notre démocratie laïque. La citoyenne Céline Plourde, qui m’a informé de cet événement, a raison de s’indigner et de réclamer des actions concrètes contre cette organisation-satellite des Frères musulmans.

Il faut également agir à la source. Ce type de mouvance, reliée à des groupuscules radicaux, s’abreuve d’une immigration musulmane massive, leur offrant une base toujours plus large pour soutenir leur véritable but à long terme: renverser notre démocratie. Tant que nous recevrons 50 000 immigrants par année, nous leur fournirons la matière de base leur permettant d’assurer le succès de telles entreprises de propagande et nous augmenterons ainsi la possibilité de voir un nombre toujours grandissant de personnes prendre le chemin du radicalisme, puis du terrorisme. Tant que nous adhérerons à un multiculturalisme encourageant le repli sur soi des nouveaux arrivants, nous contribuerons à cette violence qui se retournera contre nous.

Il faut le répéter: ces Islamistes qui participeront à cette conférence ne font pas partie de nous. Ils n’ont ni le goût de faire des compromis avec nous, ni même de respecter nos valeurs fondamentales. Ils ne sont même pas capables de faire un site web ou une conférence dans notre langue nationale. Leur but est de nous détruire. On peut l’écrire de mille façons différentes, en poème, en prose, avec de la tire d’érable dans la neige s’il le faut, mais le but de ces gens est d’en finir avec nos valeurs nationales et d’instaurer la charia non seulement ici, mais partout au monde.

Et nous, nous les invitons, nous leur offrons un toit, nous leur disons presque: « venez nous détruire, messieurs, venez contribuer à notre chute. Venez mépriser notre langue et nos valeurs! ». C’est une honte innommable. Un peu comme si vous invitiez à souper un individu ayant menacé de mort votre propre mère et que vous lui offriez un lit pour la nuit. On n’appelle pas cela de l’ouverture aux autres cultures, comme certains voudront sûrement le faire croire. On appelle cela une reddition.

Le gouvernement (en apparence) corrompu de Jean Charest a peut-être d’autres marmites sur le feu en ce moment, mais il devrait tout de même trouver le temps nécessaire pour s’opposer fermement à cette conférence et d’établir que les valeurs québécoises ne sont pas négociables.

Ce serait peut-être enfin, pour lui, l’occasion de démontrer que certaines choses, dans les officines libérales, ne s’achètent pas…

Sinon, autant abdiquer dès maintenant et appliquer la charia, in english only, dans tout le Québec.

Pour qui travaillera Jean-Marc Fournier?
11 août 2010

La politique, c’est comme une partie d’échecs. Il y a un principe au jeu d’échecs consistant à toujours juger une position comme elle est présentement et à faire fi des erreurs commises. Je viens peut-être de faire une gaffe incroyable, mais je commets une autre gaffe en tentant de la réparer. Je dois observer l’échiquier tel qu’il est et tenter d’en tirer le maximum. Persister avec une façon de faire ayant mené à un échec est la meilleure façon de conduire à un nouvel échec. Voilà une leçon que Jean Charest aurait dû apprendre avant de sortir Jean-Marc Fournier des boules à mites.

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Théoriquement, l’idée fait du sens. Les stratèges libéraux se sont rendu compte que le ton acrimonieux à l’Assemblée nationale nuit principalement au Parti Libéral et très peu au Parti Québécois. Malgré tous les hauts-cris et les dénonciations de Jean Charest, la population ne le croit plus: c’est son parti qui, à ses yeux, est responsable de la dégénérescence des relations au parlement. En se débarrassant d’un Jacques Dupuis très agressif pour le remplacer par un Jean-Marc Fournier ayant déjà démontré qu’il pouvait accomplir cette tâche avec davantage de respect, le PLQ croit pouvoir changer la donne et se redonner une image respectable. Ça, c’est le calcul.

Le problème – et il est majeur – vient du fait que Jean-Marc Fournier a eu une vie entre son départ de la politique, en 2008, et son retour aujourd’hui. L’homme qui est avocat de formation est devenu, début 2009, vice-président principal de la planification stratégique au sein de la division Socodec, une filiale de SNC-Lavalin. Socodec, rappelons-le, est l’entreprise ayant construit le toit en kevlar du stade, au milieu des années 1980. Et c’est SNC-Lavalin qui était pressentie pour remplacer la toile du stade olympique par un toit fixe, jusqu’à ce que la Régie des installations olympiques décide, fin juin, de lancer un avis d’intention international.

Oui, vous avez bien lu. En plein scandale sur l’industrie de la construction, au moment où même le dernier des nouveaux-nés dans le dernier des hôpitaux de fond de rang demande une enquête sur les liens entre le gouvernement et cette industrie, Jean Charest va chercher un individu relié à ce secteur et qui a œuvré, jusqu’à tout récemment, à faciliter l’attribution du contrat du nouveau toit du stade à sa compagnie.

Odeur de fin de mandat

Évidemment, on pourrait rétorquer que ce ne sont que des allégations. Mais combien faut-il d’allégations avant qu’on puisse tirer des conclusions? Combien de personnes doivent-elles composer le 911 et affirmer qu’il y a de la fumée suspecte avant que les pompiers ne quittent leur caserne pour aller y voir de plus près? Le gouvernement aura beau dire qu’il ne s’agit que d’allégations, mais plus personne ne le croit.

En allant chercher Fournier, Jean Charest espérait peut-être redonner un nouveau souffle à son parti. Il confirme plutôt ce que beaucoup affirment depuis des mois: ce gouvernement est en fin de mandat et ses actions ne sont pas justifiées par la recherche du bien commun mais par la futile tentative de se sauver les fesses d’une situation dans laquelle il s’est lui-même placé. Et la présence de Jean-Marc Fournier ne constituera qu’un autre filon à exploiter par des journalistes curieux d’en savoir davantage sur les apparences de corruption de ce gouvernement.

Jean Charest est en train de perdre la partie. Il essaie n’importe quoi et joue des coups désespérés. Rien n’y fera. La seule façon pour lui de s’en sortir serait d’espérer une opposition péquiste assez faible et désorganisée pour espérer un énième miracle.

Avec Marois au volant, il garde peut-être espoir…

En attendant, la question mérite d’être posée. Pour qui travaillera Jean-Marc Fournier? Les citoyens, ou son portefeuille et ses amis de chez SNC-Lavalin?

Loi 103: la dictature de l'arbitraire
7 juin 2010

Le retour des écoles-passerelles, permettant aux parents plus fortunés de contourner la Loi 101 afin d’envoyer leurs enfants au réseau public anglophone, constitue le pire des reculs pour la société québécoise, personne ne peut en douter. Désormais – merci au gouvernement libéral de Jean Charest – l’argent permet de s’acheter des places à l’école publique anglaise après seulement trois ans dans des écoles privées non-subventionnées. Le gouvernement s’en défend en disant qu’il y aura d’autres facteurs permettant de juger du « parcours authentique » d’un élève, mais c’est précisément cette justification au cas par cas qui risque de nous entraîner vers les pires excès et consacrer le pire des reculs: celui de l’application d’une loi unique et impartiale pour tous.

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En effet, à partir du moment où la loi ne s’applique plus d’une manière claire et univoque à chaque citoyen, à partir du moment où une foule de facteurs particuliers permettent d’établir une règle arbitraire, on ouvre la porte aux pires des excès. On a déjà vu le gouvernement libéral se servir des garderies privées ou de l’industrie de la construction pour se financer, mais il serait désormais possible d’imaginer que les enfants de donateurs du parti pourraient se voir traiter différemment et se faire offrir une voie rapide (« fast track » pour la prochaine génération de Québécois) vers l’école anglaise. Le principe est relativement simple: la ministre de l’éducation, qui jouit d’un pouvoir discrétionnaire, serait en mesure de faciliter le passage des enfants des argentiers du parti. À partir du moment où une loi s’applique au cas par cas, il devient beaucoup plus facile de prendre un dossier, de le mettre sur le dessus de la pile, et de recommander un traitement favorisé.

Or, c’est précisément le problème avec le gouvernement actuel. Plutôt que d’instaurer des règles claires et des garde-fous qui s’appliquent à tous les citoyens, on préfère saupoudrer quelques mesures par-ci ou par-là afin de satisfaire les uns et les autres. Plutôt que de réaffirmer la laïcité de l’État et la primauté du respect du calendrier scolaire, on tente de le modifier en cachette pour plaire à quelques écoles juives. Plutôt que de déclencher une commission d’enquête publique sur la construction, on organise une escouade Marteau et on lui fait accomplir des actions ciblées. Plutôt que de réellement nationaliser les Centres de la Petite Enfance (CPE) ou de mandater un organisme indépendant d’attribuer les permis, on permet à un ministre de s’attribuer ce pouvoir et de décider, en dernier recours, qui aura la chance de s’occuper de nos enfants. Plutôt que de réaffirmer le caractère français du Québec, d’appliquer la Loi 101 aux écoles non-subventionnées ou de mettre fin au sur-financement des institutions anglophones, on propose une loi qui gérera le cas par cas et permettra, encore une fois, des passe-droits qui minent la confiance des citoyens dans l’appareil gouvernemental.

Le courage

Le courage, dans un État comme le nôtre, ce n’est pas de voter des lois « respectueuses des individus » comme l’affirmait bêtement Jean Charest. La loi 103 ne respecte pas les individus, car une société est formée d’autre chose que d’une somme de personnes désolidarisées et individualisées, vivant les unes et les autres repliées sur elles-mêmes. La loi 103 ne respecte pas les individus, car ce qui permet aux individus de s’épanouir, c’est précisément l’existence d’une société où les lois sont impartiales et où les règles sont claires et s’appliquent d’une manière identique à chacun. Lorsque je brûle un feu de circulation, je m’attends à ce que le policier me donne une contravention, pas à ce qu’il me mette à nu et commence à me fouiller. De la même manière, j’exige que mon voisin reçoive la même pénalité; ce sont ces règles identiques pour chacun de nous qui permettent notre vivre-ensemble et qui empêchent que l’arbitraire et le « cas par cas » nuisent à la cohésion sociale.

Le courage, c’est de définir les valeurs collectives qui nous animent et d’adopter des lois qui permettent de protéger celles-ci. C’est aussi de réaliser que sans société cohérente, sans société régie par des valeurs collectives appliquant des lois impartiales, nous vivrions dans un état d’anarchie, en guerre perpétuelle les uns contre les autres. Ce courage, c’est de réaffirmer que l’attachement du Québec à sa langue et à sa culture françaises ne sont pas que des mots vides de sens, mais que ceux-ci doivent précéder l’action. Ce courage, c’est de voter les lois qui permettent à nos valeurs communes de persister et qui réaffirment que la langue nationale, commune et consensuelle au Québec doit être le français et qu’il ne saurait être question pour l’État de faciliter d’une quelque façon que ce soit l’apprentissage d’une langue qui mine ce consensus.

Ce courage, le gouvernement actuel en manque cruellement. Cette loi 103, c’est le retour vers le « bill » 22, qui précédait la Loi 101 et qui décidait de l’attribution de places dans les écoles anglophones en fonction de tests de compétence en langue anglaise. Cette loi 103, c’est aussi un énième pas en arrière vers le « bill » 63, qui conférait le libre-choix dans l’apprentissage des langues à l’école et qui permettait de financer notre propre disparition avec l’argent de nos impôts. Cette loi 103 consacre également la suite du recul de notre démocratie et du retour insidieux à cette vieille façon de faire de la politique où le courage était remplacé par le patronage et où l’impartialité de la loi s’écrasait devant la toute puissance d’un cas par cas profitant surtout au parti au pouvoir.

La loi 104, qui empêchait les écoles-passerelles et qui réaffirmait la nécessité de soumettre tous les citoyens à la Loi 101, n’était pas parfaite. On pourrait même dire qu’elle était aussi timide que le gouvernement péquiste qui l’a adoptée. Cependant, elle était nécessaire et elle a réussi à stabiliser la croissance continuelle de la clientèle des écoles anglaises depuis le début des années 1990. Le gouvernement libéral actuel fait honte à son vote de 2002, alors qu’il l’avait appuyée, et il ajoute l’insulte d’avoir non seulement été incapable de la protéger, mais d’avoir ouvert la porte aux pires reculs linguistiques ET démocratiques en faisant du cas par cas son nouveau dogme.

En attendant d’avoir de vrais politiciens courageux au parlement, des gens honnêtes qui sauront faire entrer le Québec dans le vingt-unième siècle en mettant fin au financement d’un réseau anglophone public parallèle au réseau francophone national, en attendant que le Québec rejoigne les autres nations du monde qui ont choisi de ne financer qu’un seul réseau éducationnel dans la langue de la majorité, en attendant d’avoir autres choses que de veules opportunistes et carriéristes à l’Assemblée nationale, on peut tout de même se contenter des quelques grains de bon sens échappées de la loi 103 et qui nous donneront à picosser pendant que le bourreau de notre anglicisation affûte sa hache et prépare la scène finale de notre présence française en Amérique.

Au moins, lors de notre disparition finale, il n’y aura pas d’arbitraire.

Ce sera aussi systématique que le gaélique en Irlande ou le français en Ontario.

Notre chien de garde a faim
20 mai 2010

Une nouvelle étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) démolit la plupart des mythes de la droite économique. Que ce soit le « travaillez plus » de Lucien Bouchard, l’enrichissement individuel de Pauline Marois ou le « moins d’État » de Jean Charest, toutes les élites de droite en prennent pour leur rhume. Évidemment, voilà une recherche dont vous entendrez très peu parler les éditorialistes en chef de La Presse…

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Concrètement, on y confirme ce qui ne fait plus grand doute dans l’esprit des gens: les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. Ce qui est nouveau, plutôt, c’est la compréhension de la façon dont se produit cet accroissement des inégalités sociales. De 1976 à 2006, l’économie québécoise a cru de 71%. Au même moment, la majorité des gains de revenu a été au 10% des gens les plus riches pendant que les 70% les plus pauvres ont vu leur assiette fiscale régresser. Tous les déciles sous le décile 8, à l’exception des ultra-pauvres, ont subi une détérioration de leurs revenus au cours de cette période.

Or, c’est précisément à partir de la fin des années 70 et du début des années 80 qu’ont eu lieu les premières réformes néolibérales et le début du désengagement de l’État. Désassurance dentaire, hausse des frais de scolarité, diminution des prestations d’assurance-emploi, baisse des impôts aux compagnies et aux plus fortunés, cette période de trente ans a constitué l’âge d’or de ceux qui ont toujours affirmé – et qui affirment encore aujourd’hui, malgré les tourments économiques que leur idéologie a créés – qu’il fallait rendre la vie plus facile aux plus riches afin qu’ils contribuent à tirer la société vers le haut. Ce qu’on constate, aujourd’hui, est précisément l’inverse: les mieux-nantis se sont effectivement envolés avec l’argent, mais le reste de la société, à l’exception des plus pauvres, a perdu de son pouvoir d’achat. Il s’agit du constat d’un échec et d’un sérieux avertissement à ceux qui seraient tentés de croire, notamment, que le Parti Québécois ferait un bon choix en favorisant l’enrichissement individuel.

Au travail, esclaves!

À tous les Lucien Bouchard et autres soi-disant lucides qui affirment que nous ne travaillons pas assez, l’étude démontre également que l’appauvrissement collectif de la classe moyenne s’est produit au même moment où le nombre de semaines de travail de celle-ci augmentait de près de 16,5%! Parallèlement, les mieux-nantis ont vu leur charge de travail diminuer de près de 6%! Concrètement: en trente ans, l’économie québécois s’est embellie de plus de 71%, la classe moyenne travaille plus de 16,5% de plus, mais elle est plus pauvre, au moment même où lui casse les oreilles avec les soi-disant bénéfices de réformes économiques de droite! Vous y comprenez quelque chose?

En fait, le problème vient principalement du fait que l’État ne joue plus suffisamment son rôle de redistribution de la richesse. L’étude le note pertinemment bien: l’augmentation des revenus après impôts des déciles les moins riches n’était que de moitié de celle enregistrée pour le décile le plus riche. Les auteurs de l’étude notent:

L’impact de l’intervention de l’État est primordial. L’écart observé dans les gains distribués par le marché est plus faible lorsque nous considérons les effets des transferts et des impôts sur les revenus. Mais si l’État limite la croissance des inégalités, ses actions ne sont pas suffisamment vigoureuses pour pouvoir renverser ou simplement freiner cette augmentation.


Le budget de tous les dangers

Ce constat constitue la pire des critiques adressée au dernier budget provincial. Si l’État n’en fait pas suffisamment, depuis une trentaine d’années, pour limiter les inégalités sociales et tous les troubles qu’elles entraînent, le budget Bachand, avec son lot de mesures régressives (200$ pour la santé pour qui gagne 15 000$; 200$ pour la santé pour qui gagne 1 500 000$), ne pourra qu’aggraver la situation actuelle et permettre la continuation de la chute des revenus disponibles pour la classe moyenne et les plus démunis.

Et malheureusement, puisque le PQ de Pauline Marois semble avoir adopté la même idéologie de hausses de tarifs et de taxes alliées aux baisses d’impôts, cela ne laisse rien présager de bon pour l’avenir, advenant l’élection du Parti Québécois aux prochaines élections.

Affamer la bête

Tout ceci nous ramène insidieusement à la définition de l’économiste Paul Krugman, qui parle de la stratégie orchestrée pour affamer l’État. Comme l’explique Josée Legault:

Leur stratégie fut baptisée « affamer la bête ». Elle commence par une réduction d’impôts – un geste toujours populaire. Puis, les revenus de l’État étant diminués, à la moindre crisette, le déficit augmente ou réapparaît. Les gouvernements se disent alors « forcés » de couper les services publics. Et une fois qu’on a bien « affamé la bête » étatique en baissant les impôts souvent au bénéfice des entreprises et des mieux nantis, ils coupent dans les services publics pour retrouver un équilibre budgétaire qu’ils ont détruit eux-mêmes. C’est précisément ce qui s’est passé à Québec et à Ottawa.

Cette étude de l’IRIS, c’est le rapport de l’état de santé des citoyens qui doivent, théoriquement, se faire protéger par la « bête étatique », notre chien de garde collectif. Après des années de baisses d’impôts, de hausses de tarifs et de coupures de services, la bête est devenue tellement épuisée, affamée et rachitique qu’elle ne peut plus jouer son rôle d’assistance aux citoyens, eux qui sont maintenant de plus en plus « libres » de se retrouver isolés, à la merci des aléas du hasard, dans une jungle néolibérale leur proposant le projet de société d’avoir à se combattre les uns les autres pendant qu’une minorité de privilégiés continuent leur party.

Et si on se décidait enfin à hausser un peu leurs impôts et à les forcer, eux aussi, à participer à l’amélioration de la société?

Notre chien de garde étatique nous a sorti de la misère dans les années 60 et il nous a jamais laissé tomber depuis; ne le laissons pas crever de faim. Ce n’est pas à notre avantage collectif.

L'usure de l'opposition
26 mars 2010

Faible. Et je ne parle pas du gouvernement libéral de Jean Charest. Avec un taux d’insatisfaction dépassant les 70%, son opposition à une enquête publique sur la construction, son refus de convoquer Bellemare devant l’Assemblée pour qu’il explique ce qu’il sait sur le financement du PLQ, son refus de régler définitivement le problème des accommodements raisonnables, son incapacité à gérer le dossier du CHUM, les allégations dans le milieu des garderies et alouette, le gouvernement Charest s’en va nulle part. Mais la vraie faiblesse, face à un parti aussi usé par le pouvoir, ne provient-elle pas de l’opposition?

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En effet, comment se fait-il qu’avec le bilan catastrophique du gouvernement actuel, le Parti Québécois stagne dans les sondages et soit incapable de s’affirmer comme étant une alternative crédible à Jean Charest? Le PLQ a perdu 5% d’intentions de vote, à 32%, mais le PQ est demeuré stable, lui, à 38%, tandis que Québec Solidaire gagnait 4%, à 10%. Pourquoi le PQ ne peut-il pas récupérer la majorité de mécontents du gouvernement actuel? Pourquoi le PLQ, malgré tous les scandales, demeure aussi puissant? Un mot: crédibilité.

Le Parti Québécois manque de crédibilité pour constituer une alternative crédible à Jean Charest. C’est-à-dire: les Québécois regardent le premier ministre qu’ils ont, veulent le remplacer, mais par qui, par quoi, se demandent-ils. Par Marois?

Ce qu’on reproche au PLQ, actuellement, on a pu le reprocher au PQ lorsqu’il était au pouvoir. Charest n’est pas à l’écoute de la population? Et Bouchard, lui, l’a-t-il été quand les infirmières étaient dans la rue en 1999? L’a-t-il été quand on a imposé des fusions municipales forcées à des citoyens qui n’en voulaient pas? Et le cafouillage du CHUM n’a-t-il pas été péquiste avant d’être libéral? Et l’affaire Michaud, où on a vu un premier ministre à genoux devant la minorité juive, ne pourrait-elle pas se comparer aux accommodements consentis par la ministre de l’éducation Courchesne aux écoles juives? Et la pusillanimité de Charest à colmater la brèche dans la loi 101 ouverte par la Cour suprême, qui a invalidé la loi 104, ne se compare-t-elle pas à un Lucien Bouchard affirmant qu’il ne pourrait plus se regarder dans le miroir si le PQ invalidait la loi 86, qui affaiblissait tout autant notre loi fondatrice?

Plus ça change, plus c’est pareil.

On peut comprendre que de nombreux jeunes militent actuellement au Parti Québécois. Ils manquent d’expérience politique, ils manquent du recul d’avoir souffert ce que constitue véritablement un Parti Québécois au pouvoir. Ils n’ont pas expérimenté les reculs importants aux niveaux social, identitaire et linguistique que le gouvernement de Bouchard, suivi par Landry, ont imposé au Québec. Ils n’ont pas connu les manifestations monstres contre un gouvernement péquiste insensible aux revendications des étudiants, des travailleurs, des citoyens. Ils n’ont pas subi ce gouvernement qui prenait en otage les souverainistes en se gavant de leur vote, au son de la mélodie de « conditions gagnantes » qui ne venaient jamais, et qui ensuite ne faisait rien pour la cause. Ils n’ont que peu connu ce gouvernement hautain, méprisant, condescendant, qui avait adopté une idéologie économique somme toute identique à celle du PLQ aujourd’hui… et à celle que le PQ de Pauline Marois espère proposer de nouveau!

Non, les citoyens ne sont pas dupes. Ils savent que sur le fond, le Parti Québécois et le Parti Libéral constituent deux facettes d’un même pouvoir, d’une même insensibilité face à la population, d’une même conviction que la population est malléable, qu’on peut lui faire bouffer n’importe quoi et qu’elle en redemandera.

Si on avait une véritable alternative à l’Assemblée, un parti ne portant pas sur ses épaules le poids des mauvaises décisions du passé, n’y aurait-il pas un engouement pour le changement? Regardons ce qui s’est produit aux États-Unis, en 2004. Après un premier mandat Bush catastrophique, n’a-t-il pas été réélu non pas parce qu’il était bon, mais parce que son opposant ne l’était pas assez? C’est cela qui risque de se produire, ici, avec le Parti Québécois de Pauline Marois. Le PLQ sera réélu non pas parce qu’il constitue un bon gouvernement, mais peut-être simplement parce qu’on préfère toujours un tyran qu’on connaît et qui s’assume à une sauveuse qui cache son jeu et son passé. Dit autrement: on ne veut pas changer quatre vingt-cinq sous pour une pièce d’un dollar.

Ce qu’il manque au PQ, en fin de compte, ce sont peut-être les idées, les valeurs. Les convictions. Le parti végète depuis des années, changeant d’opinions au gré des chefs et des sondages. Aucune stabilité d’idées, aucune solidité des convictions. On regarde Marois ou ses sbires critiquer le Parti Libéral, mais on ne voit que des opportunistes, des carriéristes qui critiquent pour critiquer et qui n’y croient plus vraiment. Ils ont adopté le petit catéchisme néolibéral et ils font le moins de vagues, se contentant de donner la réplique qu’on attend d’eux, et espèrent que le pouvoir tombera comme un fruit mûr.

Après l’usure du pouvoir, on se retrouve maintenant avec l’usure d’une opposition partageant la plupart des valeurs du parti au pouvoir mais qui espère seulement avoir sa chance, elle aussi, de gouverner avec tout autant de mépris que celui affiché par Jean Charest.

À quand du sang neuf? À quand un parti politique véritablement social-démocrate et combatif au niveau de la langue française et de l’identité? À quand un remplacement du vieux Parti Québécois, un parti devenu un véritable clone mollasson du PLQ?

Et si les militants, au lieu de gaspiller leur formidable énergie créatrice au PQ, ne s’organisaient-ils pas en-dehors de celui-ci, afin de véritablement jeter les bases d’un renouvellement du mouvement? Quand René Lévesque a quitté le Parti Libéral en 1967 pour créer le Mouvement Souveraineté-Association, il lui a fallu du courage. C’est peut-être de ce type de courage qu’auraient besoins les militants péquistes qui contribuent, en appuyant les politiques régressives et mollassonnes du PQ, à prendre tous les nationalistes et sociaux-démocrates en otage.

Quand le véhicule est rouillé, prend l’eau, et fait plus de bruit qu’il ne se déplace, il ne faut plus lui appliquer une petite potée pour masquer ses problèmes. Il faut l’envoyer au dépotoir et s’en approprier un nouveau.

La gangrène politique
5 novembre 2009

Je lisais cet énième article démontrant les liens entres personnages politiques et entreprises de construction. Sur une photo, on voyait l’ancienne ministre Jérôme-Forget poser fièrement à côté de la fille de Tony Accurso et de deux secrétaires-trésoriers de la FTQ-Construction. Je me suis demandé: existe-t-il un seuil de scandales à partir duquel on devient insensible? S’habitue-t-on réellement à une réalité aussi médiocre?

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Peut-être que oui. Ça m’a fait penser à un roman de Stephen King où une femme menottée qui, devant la menace de crever de faim et de soif, s’enfonce un morceau de vitre dans le poignet, s’arrache la moitié de la main avant de tirer bien fort sur celle-ci et d’observer sa peau se peler contre la menotte et exposer sa chair à vif. Il arrive un moment où, dans toute l’opération, la douleur devient une information comme une autre. Où le cerveau, las des signaux de détresse répétés envoyés par les nerfs, décide de fermer boutique. « Bon, ok les nerfs, on vous a assez entendu pour aujourd’hui! » La douleur existe toujours, mais ce n’est qu’une information comme une autre. Une nouvelle en page B-8.

Or, c’est un peu ce qui semble en train de se produire avec les scandales de collusion et de corruption. Les révélations sont toujours aussi percutantes, toujours autant inquiétantes, mais une certaine lassitude semble s’être emparée des citoyens. Un accablement, ou peut-être une certaine résignation. Comme si on avait décidé de sacrifier sa main dans la menotte et qu’on ne voulait pas perdre davantage d’énergie à la sauver. Comme si, épuisés de s’être tant indignés en vain depuis des semaines pour voir le même insignifiant jouer les naïfs à l’Hôtel de ville de Montréal et les mêmes élites politiques tenter de noyer le poisson, les citoyens avaient décidé de lâcher prise. D’abandonner le moignon ensanglanté d’où dégoulinent nos idéaux.

On se croyait beau, on se croyait fin, on se croyait civilisé. On se croyait à l’abri. La corruption, les enveloppes brunes, la mafia, c’était bon pour la Sicile ou le Mexique. Ou en Russie, ou en Chine. Ou même aux États-Unis. Ici, pas de question, pas de de problème, tout allait bien! On s’acoquinait ouvertement avec des entrepreneurs privés, on donnait les contrats à qui mieux-mieux, on se faisait gratter le dos pendant qu’on graissait la patte d’un autre. « Pas pwoblême, missié! »

Il est peut-être temps de faire face à la réalité: notre système n’est pas davantage protégé des fausses sirènes aux enveloppes brunes que n’importe quel autre. Et plus on ouvre la porte aux entrepreneurs privés pour qu’ils fassent le travail que nous ne voulons pas faire faire par des employés de l’État, plus les risques de corruption sont élevés. Nous avons besoin d’un État fort et ultra-vigilant pour retenir ce magma abject qui s’égoutte au-dessus de nos têtes et qui transforme notre ville et notre province en la risée puante de la planète.

Car quand les citoyens eux-mêmes ne réagissent plus à cette gangrène qui grignote insidieusement la plaie ouverte de nos institutions, quand les électeurs ne bronchent même plus lorsqu’on leur annonce qu’une partie d’eux-même est en train de pourrir et que tout le corps risque d’y passer si rien n’est fait, c’est d’un électrochoc dont nous avons besoin. Un puissant cri en pleine face du patient: « MONSIEUR VOUS ALLEZ MOURIR SI ON NE VOUS AMPUTE PAS! ».

Ce hurlement, cet électrochoc nous tirant de notre torpeur, porte un nom: une commission d’enquête publique.

Vous trouvez l’image ci-haut dégoûtante? Moi aussi. Mais ce dégoût n’est rien en comparaison de ce que m’inspire le Parti Libéral du Québec avec son refus obstiné de faire la lumière sur toutes ces malversations et d’enfin amputer la partie infectée de ce système déficient.

Sur le coup, une enquête, une amputation, ça fait mal. Mais c’est toute la confiance des citoyens en leurs institutions qui risque d’être détruite pour très longtemps si on ne l’organise pas.

Et ça, c’est pire que tout. Ça ouvre la porte aux pires dérives.