Le PQ ne veut pas le pouvoir
16 novembre 2008

Je me posais sérieusement la question ce matin, en écoutant un analyste à RDI: le Parti Québécois veut-il vraiment le pouvoir?

Ça fait des mois que l’objectif semble avoir été fixé: redevenir l’opposition officielle. Le PQ me fait penser à une équipe sportive dont le but n’est plus la victoire, mais seulement de ne pas finir les derniers. C’est une mentalité de perdants et personne n’aime les perdants.

Pourtant, on pourrait miser sur le fait que le Québec aurait la chance de se retrouver avec la première femme à sa tête, par exemple. On pourrait proposer du nouveau, être imaginatifs, oser. On a plutôt l’impression que le PQ, qui est entré dans cette campagne de reculons, préfère ne pas se retourner pour faire face à la musique et se contenterait de terminer deuxième. Marois empocherait son chèque, les députés béni-oui-oui également, et tout le monde serait heureux.

Malheureusement pour eux – et même avec la chute libre de l’ADQ – toute leur stratégie du « ne rien faire » est fausse. Karl Rove, alors stratège du Parti Républicain états-unien en 2004, l’avait bien compris: quand le taux de participation à une élection est faible, il est plus important de mobiliser sa base que de convaincre les indécis. Ça se comprend: le plus grand danger est la démobilisation de ceux qui sont déjà convaincus.

En ce sens, le Parti Québécois fait l’exact contraire dans une situation où l’écoeurement et le désabusement pourrait faire toucher un creux historique au niveau de participation à ces élections: il s’en est pris ouvertement à sa base la plus militante et souverainiste pour faire plaisir aux éditorialistes de La Presse et aux indécis. Au lieu de raffermir des appuis qu’il avait déjà, il s’est mis à dos ses propres militants sans pour autant être convaincu que l’appui des indécis se transformerait en « X » sur le bulletin de vote.

On comprend que le Parti Québécois ne nage pas dans l’argent, mais il aurait sûrement pu se trouver des conseillers de meilleure qualité et qui auraient pu l’aider à prendre le pouvoir plutôt qu’à se contenter d’essayer d’être un clone des deux autres partis de droite.

Ceci dit, en tant qu’indépendandiste et social-démocrate, la défaite annoncée du parti de Pauline Marois me ferait doublement plaisir…