Stéphane Gendron est un ignare (2e partie)
13 mars 2012

Dans la première partie de ce texte, je démontrais de quelle manière Stéphane Gendron est un ignare parce qu’il ignore tout des aménagements linguistiques dans le monde. Il ne comprend pas de quelle manière la Loi 101 est une loi linguistique FAIBLE en comparaison de ce qui se fait ailleurs sur cette planète parce qu’il est centré sur son propre nombril. Son ignorance, pourtant, va plus loin que cela : il est également totalement ignorant de ce qui se passe au Québec, voire dans sa propre ville !

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Dans un texte publié en anglais dans un torchon anti-Québécois habituel, il fait encore état de son ignorance.

Quelques citations, et ma réponse. Toutes les traductions du texte original en langue étrangère ont été effectuées par le service de traduction de Google.

« Lorsque une communauté a 44 pourcent de sa population parlant anglais, comment pouvons-nous l’ignorer ? »

Personne n’ignore cette population. Elle a des services de santé en anglais, des écoles en anglais (sur-financées, doit-on le rappeler), elle peut parler sa langue, elle se fait servir en anglais un peu partout. La Loi 101 stipule que c’est à partir de 50% de citoyens d’une ville ayant une langue étrangère comme langue maternelle qu’une ville peut s’adresser à eux dans leur langue. Huntingdon ne remplit pas ces critères.

« Même si la plupart des anglophones de Huntingdon parlent et comprennent le français, nos valeurs nous enseignent que nous ne faisons pas la promotion d’une langue en en écrasant une autre. L’épuration linguistique n’aura pas lieu sur notre territoire. Jamais. »

De un, le fait de s’adresser aux citoyens dans la langue nationale n’implique pas d’écraser une autre langue. Est-ce que les résidants hispanophones du Texas se sentent « écrasés » parce qu’on s’adresse à eux en anglais ? Est-ce que les citoyens russes d’Allemagne se sentent « écrasés » parce qu’on s’adresse à eux en allemand ? Non, la normalité, partout dans le monde, est d’utiliser une langue rassembleuse et commune. Au Québec, cette langue est le français.

Ensuite, quand Gendron parle d’épuration ethnique, il fait abstraction d’une réalité incontournable : ce sont les francophones qui sont en danger dans sa ville ! Alors que sa population de langue anglaise intègre à elle quantité de francophones et d’allophones, le taux d’assimilation des francophones atteint 7% ! L’épuration linguistique est déjà en marche à l’encontre des francophones de Huntingdon, et Stéphane Gendron ne semble pas s’en formaliser.

« De quoi le Québec a-t-il peur ? La population anglophone des régions québécoises diminue. »

La vérité, c’est que la population anglophone est en pleine croissance ! Il y avait 564 752 anglophones de langue maternelle au Québec en 2001, contre 607 163 en 2006, soit une augmentation de 7,5%. Au même moment, la population de langue maternelle française n’augmentait que de 1,3%. Stéphane Gendron dit N’IMPORTE QUOI.

« Les écoles et les églises de langue anglaises ferment à travers la province. La population est vieillissante. Nous sommes sur le bord de perdre un héritage culturel important. »

Les écoles de langue anglaise sont sur-financées et la vitalité de la langue anglaise au Québec est la plus forte AU CANADA, ce qui démontre une intégration rapide DES JEUNES vers l’anglais. Ce n’est pas le signe d’une population vieillissante. Quant à l’héritage culturel, il suffit de prendre sa voiture et de faire quelques kilomètres vers le sud ou l’ouest pour trouver une mer de plus de 300 millions d’anglophones. Ce sont les Québécois qui constituent un héritage culturel important à protéger, pas les anglophones ! Nous sommes la pluralité et la diversité sur ce continent, et nous avons le droit de nous défendre face à ceux qui veulent travailler à nous éliminer !

« À tous les jours, le Québec fait des efforts considérables pour accommoder les nouveaux arrivants du monde extérieur (sic), mais crache à la face du frère anglophone avec lequel il a partagé des siècles d’existence. C’est un non-sens ! »

Le Québec fait des efforts pour intégrer les immigrants, oui. Et quel est l’obstacle à cette intégration ? Le repli sur soi encouragé par le multiculturalisme prôné par les anglophones et la langue anglaise elle-même. Quant à l’histoire du frère anglophone, on pourrait commencer par 1759, continuer par 1837, et terminer par 1970 pour se rendre compte que cette histoire a toujours été celle d’une minorité anglophone d’oppresseurs contre une majorité québécoise d’opprimés. Rien n’a changé, sinon que nous nous opprimons désormais nous-mêmes en sur-finançant systématiquement les services de notre minorité.

« Le complexe d’infériorité culturelle du français (sic) continue de nuire au développement du Québec moderne. Pendant que nous avons peur des autres, l’Ontario et les provinces de l’ouest se développent à grande vitesse. »

L’Ontario va beaucoup moins bien que le Québec et les provinces de l’ouest se développent à cause du pétrole. La démagogie de Gendron va très loin, mais les faits existent pour les contrecarrer.

Dans le reste de son texte, Gendron explique de quelle manière il entend contourner la loi en instaurant un journal faussement indépendant pour communiquer avec ses citoyens. Bref, après avoir écrit un texte en entier de faussetés sur le Québec et après s’être plaint de ne pas pouvoir avoir de bonnes relations avec le « frère anglophone », il crache désormais au visage du « frère Québécois » qui appuie la Loi 101 et désire son application.

En méprisant ainsi les Québécois, qui démontrent leur fort attachement à la Loi 101 sondage après sondage, Stéphane Gendron met cependant sa ville sur la ligne de feu. Il est à prévoir que beaucoup de Québécois, comme mon ami, feront un pèlerinage à Huntingdon pour faire des plaintes à l’OQLF pour chaque virgule de travers. Si Gendron se permet de mépriser l’esprit de la loi en la contournant, nous sommes tout à fait justifiés d’utiliser la même loi pour prendre chacun de ses commerçants en défaut sur de petits détails.

Les plaintes ont déjà commencé à être envoyées. Des lettres aux commerçants, leur expliquant qu’ils peuvent remercier Gendron pour ces plaintes, le seront sous peu. D’autres expéditions sont prévues à Huntingdon. Si dérapage il y avait, Gendron en serait le coupable.

La seule chose que le mépris de Gendron a réussi à obtenir, c’est de mettre fin à la relative paix linguistique au Québec.

D’une manière assez tordue, on pourrait le remercier. Il est plus que temps de relancer le débat linguistique, de renforcer la Loi 101 et de mettre fin aux privilèges indus de la minorité la plus choyée au monde.

Si l’ignorance et l’anglomanie de Stéphane Gendron peuvent servir à quelque chose, c’est à ça.

Qu’attendons-nous pour enfin devenir une nation normale et mature, fière d’elle-même et n’ayant pas besoin de se mettre à genoux devant sa toute-puissante minorité pour exister ? Qu’attendons-nous pour réellement faire de notre langue nationale… une langue nationale ?

Nous sommes la diversité sur ce continent et nous avons le droit d’exister.

Ce ne sont pas les mensonges de Gendron, sa haine ou son désir d’éradiquer tout un peuple en s’attaquant à sa loi la plus fondamentale qui nous en empêcheront.

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Comment s’opposer à Stéphane Gendron sans se fatiguer
12 mars 2012

Stéphane Gendron est un traître. Y a-t-il un autre mot pour le décrire ? Traiter la Loi 101 de raciste, alors que c’est la seule loi qui nous sépare de l’anglicisation, alors que son adoption en 1977 a permis d’assurer un futur en français aux générations qui suivent et de mettre fin à l’intégration en anglais de 90% des immigrants, constitue un acte de trahison envers tous les Québécois. Oui, bien sûr, il démontre son ignorance quand il traite de raciste un aménagement linguistique beaucoup plus faible que ce qui se fait ailleurs dans le monde, mais cela ne l’empêche pas d’être une nuisance et de contribuer à renforcer la position de l’anglais dans une ville qui assimile déjà ses francophones à une hauteur de 7%.

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Question : comment s’opposer à Stéphane Gendron et lui enlever le soutien dont il semble jouir dans sa municipalité ? Très simple : il faut opposer les commerçants locaux (qui aspirent à la tranquillité et aux bonnes affaires) à Stéphane Gendron. Même si Gendron a déjà annoncé son départ prochain de la mairie de Huntingdon, cela contribuerait à lui enlever le soutien dont il a besoin pour être une telle nuisance.

Voici de quelle façon on peut couper ce soutien :

  1. Il faut faire des plaintes à l’Office québécois de la langue française (OQLF). Beaucoup de plaintes. Et pour la moindre virgule de travers. Vous allez à Huntingdon avec un appareil photo, vous prenez des photos ; vous allez dans les commerces et vous notez. Vous ratissez la ville de long en large. Par la suite, envoyer la plainte à l’OQLF est très facile et cela peut même se faire par courriel.
  2. Il faut envoyer une lettre au commerçant à propos duquel on a fait une plainte. Dans cette lettre, polie, on lui explique simplement qu’il peut remercier Stéphane Gendron pour cette plainte et que c’est grâce aux propos de Stéphane Gendron qu’il devra rendre des comptes à l’OQLF.
  3. Vous mettez la photo ou les informations des commerces récalcitrants en ligne. Une page Facebook très intéressante intitulée Pour que Huntingdon respecte la Loi 101 a été créée à cet effet.

Pas plus compliqué que cela. On lance le message suivant aux citoyens de Huntingdon : « Vous voulez avoir la paix ? Remettez votre maire à sa place et forcez-le à se rétracter. »

Un ami a commencé à faire des plaintes. Il m’a envoyé une carte indiquant, en rouge, les rues visitées (cliquer sur l’image pour l’agrandir). Il est suggéré de revisiter périodiquement ces zones, mais ce sont surtout les endroits qui n’ont pas encore été visités qui devraient l’être le plus rapidement possible.

Comment être certain que cette stratégie fonctionne ?

Regardez ceci :

Gendron commence déjà à sentir la soupe chaude. Il SAIT que les plaintes ont commencé à affluer et il est possible que des commerçants l’ait déjà contacté à ce propos.

Notons au passage qu’il est assez cocasse que des citoyens soucieux de faire respecter les lois se fassent traiter de talibans. On se demande si le maire Gendron traite de taliban le policier qui l’arrête pour excès de vitesse au volant de sa mustang ou s’il traite de taliban le citoyen qui dénonce un parent battant son enfant. Il semble qu’au-delà de l’ignorance crasse de Stéphane Gendron à propos des aménagements linguistiques dans le monde, celui-ci aurait également de la difficulté avec le respect des lois.

Cela est particulièrement drôle quand on y pense. D’un côté, Gendron veut se battre à mort contre une loi et traite de talibans ceux qui veulent qu’on applique les lois. De l’autre, il pleure comme une madeleine et crie à l’intimidation quand des Québécois se lèvent contre sa sottise.

C’est quoi son truc, dites-moi ? Fuck les lois… sauf si c’est à son avantage ? Une loi est bonne quand elle protège Stéphane Gendron et une autre loi est mauvaise parce que Stéphane Gendron est en désaccord ? Louis XIV, Gendron, même combat !

Chacun de nous, Québécois, pouvons faire notre part contre Stéphane Gendron. Il suffit d’avoir un appareil photo et un moyen de transport. Il est non seulement possible, mais également un devoir de contribuer à faire respecter la Loi 101 à Huntingdon et de mettre fin à l’anglicisation de nos concitoyens, victimes d’un maire anglomane semblant préférer flatter son narcissisme devant les médias que de travailler à protéger les lois au cœur de sa petite ville, un patelin en décroissance constante depuis qu’il est à sa tête.

Nous aurions tort de croire que la cause n’est pas importante parce qu’elle concerne une petite municipalité en région. Tout est question de symbole et quand Gendron insulte la loi fondamentale du Québec français, il doit en subir les conséquences. Nous devons, collectivement, relever la tête et ne pas accepter de se laisser mépriser par la première carpette venue.

Qu’attendons-nous pour ratisser sa ville et montrer à ses citoyens qu’ils feraient mieux de tourner le dos rapidement et définitivement à l’ère Gendron ?

Huntingdon : les francophones se font assimiler !
7 mars 2012

Un ami m’a fait part d’une communication personnelle qu’il a eue avec Stéphane Gendron, maire de Huntingdon. Voici la réponse de Gendron à une requête lui demandant de respecter la langue nationale des Québécois :

Sincèrement, la solution de la ville fonctionne et ne vous enlève rien personnellement. […] Ca fait quand même presque 200 ans que l’on fonctionne comme ça. Alors pourquoi cesser?

Pourquoi cesser ? Parce que ça ne fonctionne pas du tout.

Population de langue maternelle, de langue d’usage française et assimilation des locuteurs français à une autre langue, Huntingdon, de 1996 à 2006.
Langue maternelle Langue d’usage Assimilation brute Taux d’assimilation
1996 1 548 1 435 -113 -7,3%
2001 1 488 1 395 -93 -6,2%
2006 1 450 1 350 -100 -6,9%

Source : Statistique Canada

N’en déplaise aux divagations du maire de la municipalité, la situation ne va pas du tout. Alors que la langue nationale, officielle et commune des Québécois est le français depuis 1977, sa ville assimile les francophones. Des individus ayant le français comme langue maternelle choisissent de laisser tomber cette langue au cours de leur vie à Huntingdon.

À l’inverse, la situation des anglophones est fort enviable. Non seulement l’ensemble de l’assimilation des francophones se fait à leur profit, mais la différence entre les données d’assimilation des francophones et de l’intégration des anglophones s’explique par une intégration quasi-exclusive des immigrants à l’anglais.

Population de langue maternelle, de langue d’usage anglaise et intégration des locuteurs d’autres langues à la langue anglaise, Huntingdon, de 1996 à 2006.
Langue maternelle Langue d’usage Intégration brute Taux d’intégration
1996 1 063 1 205 143 13,4%
2001 1 018 1 170 153 15,0%
2006 1 000 1 150 150 15,0%

Source : Statistique Canada

En clair, quand Stéphane Gendron affirme que la situation fonctionne, et que son mépris de la Loi 101 n’a pas de conséquences, il ment. Les données sont éloquentes : les francophones de Huntingdon sont victimes d’une assimilation vers l’anglais. Ce taux d’assimilation atteint près de 7% en 2006, soit seulement 2% de moins que le taux d’assimilation des francophones du Nouveau-Brunswick. Personne, évidemment, n’aurait l’idée de suggérer que la situation des francophones se porte bien dans cette province.

Ce n’est donc pas l’anglais qu’il faut protéger à Huntingdon. Cette langue se porte très bien et il y a encore près de 400 habitants de Huntingdon qui ne comprennent pas un seul mot de français, merci à la politique de bilinguisme forcé imposée par la ville. Huntingdon encourage le repli sur soi des anglophones et favorise l’intégration des immigrants non pas dans la langue nationale, comme cela devrait être le cas et est la normalité partout dans le monde, mais dans la langue de la minorité.

Il est inacceptable de laisser un médiocre roitelet comme Gendron mépriser ainsi la loi la plus fondamentale des Québécois, la seule qui les sépare d’une assimilation à plus grande échelle.

Si Gendron croit qu’il n’y a pas de problème, cela prouve une de deux choses : ou bien il n’a rien à foutre de la langue des Québécois, ou bien c’est un maire misérable et totalement ignorant de ce qui se passe dans sa ville.

Dans les deux cas, c’est un incompétent et son départ annoncé de la vie politique constitue une bonne nouvelle non seulement pour ceux des nôtres qui subissent l’assimilation à Huntingdon, mais pour l’ensemble des Québécois dont la langue est plus menacée que jamais, précisément à cause d’un anglomane comme lui.


Je vous invite à vous joindre à cette page Facebook, qui suggère un pèlerinage à Huntingdon, avec un appareil photo dans une main et un paquet de formulaires de plaintes à l’OQLF dans l’autre…

Stéphane Gendron est un ignare (1ère partie)
6 mars 2012

Ça m’étonne toujours. Même trente-cinq ans après l’entrée en vigueur de la Loi 101, il se trouve toujours des gens pour affirmer que le fait de fonctionner, au Québec, dans la langue des Québécois, est raciste. Stupéfiant. Les arguments apportés par Stéphane Gendron et le conseil municipal d’Huntingdon qu’il a mis à sa botte sont encore plus surréalistes.

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Par exemple, Huntingdon affirme qu’elle n’a pas à se conformer à la loi parce que le« gouvernement pratique lui-même une politique de bilinguisme ». On dirait un enfant qui se lamente de sa punition en affirmant que son petit voisin a fait bien pire. Oui, le gouvernement du Québec a largement bilinguisé ses services ; ce n’est pas une raison pour faire la même chose. Cette anglicisation que nous impose le gouvernement Charest est elle-même réfutée dans de nombreux cas : on n’a qu’à penser au registraire des entreprises et à la CSST, à qui l’Office québécois de la langue française (OQLF) demande maintenant de servir les entreprises dans la langue nationale. Qu’on se comprenne : le fait que le gouvernement manque de respect à la langue nationale des Québécois ne peut pas constituer une justification à faire la même chose au niveau municipal !

Autre argument bidon : la Loi 101 serait raciste parce qu’elle ne pourrait pas servir les citoyens « dans la langue de leur choix ». Ne trouvez-vous pas cela d’une stupidité innommable ? Depuis quand le fait de s’adresser aux citoyens dans la langue nationale constitue-t-il du racisme ? Est-ce que les États-Unis sont racistes parce qu’ils s’adressent à leurs citoyens en anglais ? Est-ce que la Wallonie, en Belgique, est raciste parce qu’elle s’adresse à ses citoyens en français ? Est-ce que les cantons germanophones de Suisse sont racistes parce qu’ils s’adressent à leurs citoyens en allemand ? Est-ce que la Russie est raciste parce qu’elle s’adresse à ses citoyens en Russe ? Est-ce l’État associé d’Aland, en Finlande, est raciste parce que tout s’y fait en suédois ?

Quelle connerie monumentale !

En fait, on pourrait dire que c’est Stéphane Gendron lui-même qui est raciste selon cette définition. Le profil des communautés 2006 de Statistique Canada nous apprend que 75 des 2525 habitants de Huntingdon ont une langue maternelle autre que le français et l’anglais. Pourquoi la ville ne communique-t-elle pas avec ces citoyens en russe, en arabe, en espagnol, ou dans la langue de ces gens ? Pourquoi se contenter du français ou de l’anglais ?

Dit autrement : en quoi le fait de s’adresser à ces gens en français seulement serait du racisme, mais de le faire en français et en anglais ne le serait pas ? Dans les deux cas, on s’adresserait à ceux-ci dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle. Pourquoi l’utilisation d’une seule langue non-maternelle serait raciste, mais l’usage de deux ne le serait pas ?

La vérité, c’est qu’il existe un vieux fond raciste à Huntingdon. Ce n’est pas la Loi 101 qui en soit l’expression, mais plutôt ce refus obstiné, borné, haineux, d’une partie de la population de fonctionner dans la langue normale, officielle et nationale des Québécois. Ces vieux racistes, qui ont trouvé dans un colonisé comme Stéphane Gendron l’expression de leur haine à l’égard des Québécois, sont un obstacle au vivre-ensemble non seulement à Huntingdon, mais également dans l’ensemble du Québec.

Les accusations de racisme ne devraient pas être prises à la légère. Voici pourquoi j’invite M. Gendron à dénoncer les pays et nations suivants pour leur « racisme ». Pourquoi se contenter du Québec ? Voici d’autres coupables de racisme :

  1. Suisse : Jura, Neuchâtel, Vaud, Genève. Ces quatre cantons francophones, dans une Suisse majoritairement germanophone, n’offrent aucun service en allemand à leurs citoyens. Tout s’y fait en français. Quel racisme  !
  2. Californie. L’article 3 de la Constitution californienne de 1989 a consacré l’anglais comme seule langue officielle de l’État de la Californie. Racisme !
  3. Nouveau-Mexique : Les 14,5% d’hispanophones nés dans cet État n’ont pratiquement aucun droit, aucun réseau d’éducation, aucun accès à la justice ou à la santé dans leur langue. Par contre, les 5,6% d’anglophones dans la même situation au Québec ont accès à tout ceci et même davantage.  Racisme, racisme !
  4. Slovaquie : La minorité hongroise formant 11% de la population n’a pas accès à des services universitaires dans sa langue. Quel racisme !
  5. Lettonie : On force la minorité russe à apprendre le letton dans les écoles et à suivre près de 60% de leurs cours  en letton. Hitler, sors de ce corps !
  6. France : La loi Toubon oblige l’affiche en français. Racisme !
  7. Belgique : Les citoyens de langue maternelle française n’ont aucun service en français dans toute la partie flamande du pays. Racisme, racisme !
  8. Îles Féroé : Ces îles appartenant au Danemark, fonctionnent quasi-exclusivement en féroïen et les citoyens de langue danoise n’ont pour ainsi dire pas de services dans leur langue. Racisme, racisme, racisme !!

Si Stéphane Gendron avait les yeux un peu moins centrés sur son propre nombril, il verrait que c’est une normalité MONDIALE que de fonctionner dans la langue nationale. Même des nations vivant au sein de pays ayant une autre langue majoritaire imposent leur langue pour assurer la survie de celle-ci et une meilleure cohésion sociale.

Ainsi, si Gendron et ses larbins du conseil municipal de Huntingdon désirent s’opposer à ce qu’ils perçoivent comme du racisme, qu’ils aient au moins l’honnêteté de le faire à tous les niveaux. Qu’ils organisent une coalition internationale contre le racisme. Qu’ils fassent la leçon à l’ensemble de la planète, eux qui se pensent si supérieurement brillants.

Quand Gendron et ses porte-valises adoptent la victimisation des anglophones vivant au Québec, ils participent à une œuvre de destruction de l’intelligence. Ils méprisent l’ensemble des aménagements linguistiques dans le monde. Ils adoptent une vision ethnocentrique et renfermée typique de la minorité anglophone du Québec, tellement centrée sur elle-même qu’elle ne se rend pas compte à quel point la Loi 101 est une loi linguistique FAIBLE en comparaison de ce qui se fait ailleurs.

Aucune minorité linguistique sur CETTE PLANÈTE ne jouit d’autant de droits que la minorité de langue anglaise du Québec. Celle-ci est assise sur des institutions d’éducation sur-financées, sur un service de justice dans sa langue, sur des hôpitaux sur-financés. Et voilà – NOM DE DIEU DE NOM DE DIEU – qu’elle serait victime de racisme parce que la ville de Huntingdon lui annoncerait la fermeture de l’aréna municipal à 21h00 plutôt qu’à 9 P.M.

Cette insulte à l’intelligence d’une minorité de bébés gâtés ayant coopté un maire en mal de narcissisme médiatique doit être remise dans son contexte : il s’agit du cri du cœur désespéré de Rhodésiens jouissant des plus grands privilèges sur cette Terre et désirant en obtenir encore davantage.

Cette formidable farce doit se terminer.

Il y a une langue commune, officielle et rassembleuse au Québec : c’est le français. Nous avons autant le droit d’imposer notre langue chez nous que toutes les nations sur cette planète le font chez eux. Nous avons même LE DEVOIR de le faire, et ainsi de participer à l’intégration des minorités et à la cohésion sociale.

La Loi 101 est la plus grande des lois anti-racisme. Elle s’oppose à cette séculaire haine anti-québécoise qui, par le pouvoir de l’argent d’une minorité anglophone repue et extrémiste, réussit à se payer des carpettes comme le maire Gendron pour nous forcer à nous mettre à genoux et à renier la seule Loi qui nous sépare du précipice de l’assimilation.

Dans les prochaines semaines, je vais aller à Huntingdon avec une caméra à la main et un formulaire de plainte à l’OQLF dans l’autre.

Je vous invite à faire la même chose.

Mettons fin au racisme anti-québécois : appliquons la Loi 101 ! Que dis-je ? Renforçons-la !

Et mettons un point final à la carrière d’un idéologue anglomane et ignare comme Gendron.



Vous pouvez lire la seconde partie en cliquant sur ce lien.

Ignatieff, un danger pour le Québec
12 septembre 2009

Pour de nombreux Québécois, Michael Ignatieff, chef du Parti Libéral du Canada et prétendant au poste de premier ministre lors des prochaines élections, constitue une énigme. On connaît peu ses valeurs et ses prises de position; on sait simplement qu’il est plus charismatique que Stéphane Dion et un peu moins à droite que Stephen Harper. Mais cela veut-il dire qu’il ferait un bon premier ministre respectant les intérêts des Québécois? Permettez-moi d’en douter.

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En effet, Ignatieff est un libéral parmi les libéraux: il ne conçoit pas l’existence d’autres libertés que celles des individus, de la propriété et du commerce. Pour lui, la guerre froide opposait cette liberté individuelle à celle des droits sociaux (santé, éducation, etc.) et la première a gagné. Fin de l’histoire, comme le prétendait Fukuyama. Tout ce qui s’est produit depuis la chute du mur de Berlin, de la première guerre du Golfe à la guerre du Kosovo (qu’il a appuyé) en passant par le 11 septembre 2001, l’invasion de l’Irak en 2003 (qu’il a appuyé) et la mission canadienne en Afghanistan (qu’il a contribué à rallonger deux fois) ne sont que des souvenirs un peu gâteux de ceux qui n’ont pas encore compris que l’histoire est belle et bien terminée. La bouteille d’eau minérale ne pétille plus, et s’il advenait qu’une bulle se forme, ce ne serait que pur hasard, voire une erreur.

Pour lui, les Occidentaux possèdent un devoir moral d’action dans le reste du monde. À cet effet, il a d’ailleurs écrit en 2005 que George W. Bush serait un visionnaire si la démocratie s’enracinait en Irak. Trois mois avant l’invasion de l’Irak, en 2003, il publiait une longue lettre dans le New York Times expliquant que « l’empire était devenu, dans des endroits comme l’Irak, le dernier espoir pour la démocratie et la stabilité ». Pour lui, les États-Unis forment un empire, et il était normal, voire souhaitable qu’ils imposent leur vision de la liberté aux retardataires moyenâgeux qui n’avaient pas encore réalisé que l’histoire était terminée. D’une étrange façon, Ignatieff embrasse donc à la fois la vision fin-de-l’histoire de Fukumaya et celle du choc des civilisations de Huntingdon. Comment fait-il pour solutionner cet apparent paradoxe? Il s’attaque au nationalisme.

Le nationalisme, ennemi juré d’Ignatieff

Ignatieff, peut-être à l’image de son grand-père Pavel Nikolaïevitch Ignatiev, avant-dernier ministre de l’éducation d’un tsar Nicolas II désireux d’assurer l’homogénéité russe d’un bout à l’autre du pays, avant la révolution, déteste toute forme de nationalisme. À ses yeux, celui-ci constitue une aberration brimant les libertés individuelles, les seules valeurs importantes. L’identité n’est pas innée, mais constitue un choix délibéré. Si on développe une identité nationale, on supprime les autres identités potentielles. Sa solution est simple, voire simpliste: éliminer les identités collectives afin que les individus ne se voient réellement que comme ils sont, individuellement, avec toutes les identités qui avaient été reniées. (( Source ))

En fait, Ignatieff ne pousse pas sa logique jusqu’au bout. L’élimination des identités multiples conduit à une atomisation complète de la société, voire à sa désintégration. On n’est plus Québécois ou Canadien, mais on a atteint ce qu’Ignatieff conçoit, dans son livre Blood and Belonging, comme étant une conscience post-nationale. On est hétérosexuel, métrosexuel, homosexuel, gothique, emo, prep, rap, amateur de ceci ou de cela; il n’y a plus de cohésion entre les individus. Il n’y a plus de « grand tout » (la nation) reliant chaque individu déconnecté avec son prochain. Ceux qui se réclament de cette nation sont ces attardés qui n’ont pas compris la fin de l’histoire.

Or, quelle est la conséquence logique de cette survalorisation des identités individuelles au détriment de l’identité collective? L’indifférence vis-à-vis de la chose publique. L’apolitisme. L’autisme collectif, le repli sur soi, la schizoïdie. Pourquoi voter, quand ce qui me concerne vraiment est la partie de hockey ou la dernière de Star Académie? Pourquoi militer pour une meilleure société quand ma société se résume à l’espace entre mon gros orteil et mon cuir chevelu? Pourquoi faire attention à mon environnement quand ceux qui me suivent me sont aussi des étrangers? Pourquoi même me battre pour quelque chose d’important, quand plus rien n’a de sens, sinon la fête organisée samedi prochain ou le dernier clip de Yo-mutha-fucka? C’est ça, la décadence. Et c’est ainsi que Rome s’est écroulée. Pas parce qu’elle n’était pas puissante. Parce que ses habitants ont préféré se regarder le nombril plutôt que d’embrasser leur fierté d’être des Romains et de se battre pour que les valeurs romaines continuent d’exister.

Pour Ignatieff, la nation québécoise ne devrait pas exister autrement que dans sa forme « civique » ou « inclusive ». Bref, il nous reconnaît le droit d’être des Québécois en autant que ça ne dérange personne. Pas question de protéger notre langue avec des lois. Non, non, pensez aux pauvres anglophones! Pas de place pour les tests de citoyenneté. Non, non, un immigrants arrivé ici hier matin est aussi Québécois que vous! Ignatieff n’a rien contre le Québec tant que celui-ci reste à genoux et qu’il ne s’exprime pas autrement que par des lignes fictives sur la carte canadienne. Le nationalisme québécois, pour lui, c’est cette araignée qu’on tolère au grenier mais qu’on tue sans la moindre pitié lorsqu’elle descend dans la maison.

Dans un monde de plus en plus uniforme et en manque d’identités collectives – il suffit d’observer la progression d’une religion comme l’Islam pour s’en convaincre – a-t-on vraiment besoin d’un énième rouleau-compresseur de l’Histoire espérant jeter aux oubliettes tout ce qui façonne la diversité du genre humain? Le nationalisme, loin d’être une aberration, est l’expression de la pluralité humaine la plus achevée. Dans toutes les villes du monde, ce ne sont pas ces nouveaux habitants « post-nationaux » qui enrichissent le genre humain avec leur culture aussi aseptisée que transnationale, mais bien ces vestiges nationaux d’un passé porteur de sens pour la collectivité.

C’est cela qu’Ignatieff aimerait éliminer. Cette liberté des peuples de se définir eux-mêmes et d’avoir le droit d’atteindre une liberté collective porteuse de sens pour les générations futures. Cette liberté de considérer que ce sont les lois qui modèrent l’individu qui le rendent vraiment libre et qu’il n’y a point de réelle liberté pour chacun de nous sans que notre vie ne soit porteuse d’un sens plus grand que nous-mêmes et partagé par notre voisin.

A-t-on vraiment besoin d’un Ignatieff au Québec?