Un engagement… à rien du tout
9 décembre 2007

L’idée du PLQ de faire signer un engagement moral aux nouveaux immigrants, statuant qu’ils ont pris conscience des valeurs des Québécois, ne mène nulle part.

En effet, quelle est la force d’un document qui ne force à aucun engagement? Un document signé, c’est un contrat, une entente que prennent deux parties. Et quand une des deux parties ne respecte pas sa signature, il y a des conséquences. Mais quelles seraient les conséquences pour un immigrant refusant obstinément de s’intégrer? Il n’y en a pas.

Voilà encore une fois pourquoi le projet de citoyenneté québécoise de Pauline Marois est une bien meilleure idée: on propose la carotte d’un côté (cours gratuits, aide aux nouveaux arrivants, etc.) MAIS également le bâton (on enlève certains privilèges à ceux qui ne montrent pas le moindre désir de s’intégrer à leur nouvelle communauté).

Grosso modo, signer une feuille de papier disant qu’on va respecter les valeurs québécoises, c’est à peu près comme signer son permis de conduire et dire qu’on va respecter les règles de la sécurité routière. Mais peu importe notre signature; on roule à 120 sur la 20, on oublie le clignotant, on change de voie là où ce n’est pas permis, on ignore les passages pour piétons. Bref, on suit le courant.

Et si on applique ça aux nouveaux arrivants, ça donne quoi? Ça donne des immigrants qui se foutent bien d’apprendre le français, et qui font comme ceux qui sont déjà ici et qui trouveront toujours de toute façon un pauvre petit Québécois assez à-plat-ventriste pour les servir dans une langue étrangère.

En somme, signer un papier qui dit qu’on va respecter les « valeurs québécoises », c’est ni plus ni moins légitimer le statu quo et encourager l’immobilisme chez les immigrants.

La solution, la seule vraie, c’est celle qui passe par les incitatifs et les conséquences. Incitatif: on t’aide à apprendre le français. Conséquence si tu ne le parles pas: personne ne va te comprendre et tu ne vas pas pouvoir communiquer.

Sauf que pour que cette solution fonctionne, il faudrait que les Québécois arrêtent d’agir en laquais toujours sur leurs gardes, prêts à s’avilir pour servir l’autre dans la langue de Shakespeare. Il faudrait enfin être fiers de ce que nous sommes et refuser de parler anglais sur le territoire de notre nation, de Kuujuaq à Gaspé en passant par Montréal-Ouest et Stanstead.

Être nous-mêmes chez nous. Rien que cela. Et exiger le respect. En français.

Quand le politicien a la trouille
14 septembre 2007

La scène était un peu surréaliste: le Directeur général des élections (DGE) du Canada faisait face à un barrage de questions et d’invectives de la part de députés de tous les partis réunis et il se contentait de répondre toujours à peu près la même chose: la loi est la loi et il se contente actuellement de l’appliquer, puisque son mandat n’est pas de choisir entre quel droit « fondamental » appliquer entre le droit de vote et la liberté de religion. Et il a raison.

Car malgré tous les beaux discours des députés, réclamant l’utilisation du « pouvoir exceptionnel » du DGE pour adapter la loi, une chose crève les yeux: les députés ont beau chiâler et lancer de haut-cris, en étant soi-disant le relais des intérêts de la population, ils ont peur de réellement soumettre un projet de loi et de le voter. Il faut le dire, c’est facile de critiquer quand le pouvoir est en d’autres mains. Mais c’est un peu plus troublant quand on réalise qu’on possède soi-même ce pouvoir mais qu’on craint de l’utiliser.

Stephen Harper craint-il de proposer un projet de loi?

Le risque, si on devait voter une telle loi, serait de voir un dérapage dans le Rest of Canada (ROC), beaucoup moins sensible aux questions d’accomodements raisonnables que le Québec. On risque d’aviver le clivage entre le Québec et le ROC et dans un contexte de gouvernement minoritaire où chaque parti craint plus que toute chose de perdre des appuis, cette situation serait potentiellement très risquée.

Alors, que fait-on? On se cache derrière le coin du mur et on lance des balles de neige. Et après, on va voir la maîtresse d’école en pleurant.

Le député conservateur Pierre Poilièvre dit que le DGE devrait écouter les élus, qui représentent les citoyens. Mais ces élus devraient peut-être se regarder eux-mêmes dans le miroir et cesser de se défiler devant leurs responsabilités: c’est à eux d’avoir le courage politique de voter une loi pour obliger tous les électeurs à montrer leur visage quand ils vont voter.

Le hijab: ce voile n’a pas sa place au soccer
27 février 2007

Disons-le d’emblée: la décision de l’arbitre de soccer d’expulser une jeune fille portant le voile (et refusant de l’enlever) était tout à fait justifiée.

La directrice de la Fédération de Soccer du Québec, Brigitte Frot, est très claire à ce sujet:

« L’arbitre a appliqué les règles de la FIFA qui interdisent tout équipement autres que des souliers, un chandail, un short et des bas. Ça exclut les bijoux, les bandeaux pour la sueur et donc le hijab. La jeune fille s’est exclue elle-même ».

Il y a des règles pour le soccer, et la jeune fille a refusé de les respecter. En conséquence, elle a été expulsée. Fin de l’histoire.

Ce qui me choque dans cette affaire, c’est encore une fois la prétention de certains immigrants d’être au-dessus des règles et des lois. Et ce n’est pas la première fois. Qu’on pense simplement à cette histoire invraisemblable où un chauffeur musulman refusait de porter l’uniforme officiel de chauffeur VIP et désirait porter ses vêtements religieux au travail.

Nous, pauvres Québécois, nous suivons les règles. Nous avons l’air de beaux suçons dans nos habits rouge tomate de chez Métro, dans nos vestes bleu poudre de la STM, dans nos complets trop chers ou nos chemises de dépanneur qui feraient débuzzer un cocaïnomane. On aimerait ça aller travailler en jean. On voudrait enfiler un simple chandail confortable.

Mais non! Nous respectons les règles!

Personne n’a obligé cette jeune fille à jouer au soccer. On n’a pas mis de fusil non plus sur la tête du chauffeur de taxi. Quand on s’engage dans un jeu, on respecte les règles. Quand on accepte un emploi, on s’engage à respecter la volonté de l’entreprise et on s’y adapte.

Il est difficile de savoir où va s’arrêter cette folie des accommodements raisonnables. En attendant, je crois qu’il faut féliciter le courage de l’arbitre de soccer qui a appliqué le même règlement pour tous et qui a expulsé la jeune fille du match. En agissant ainsi, il lui a peut-être rendu le plus grand des services: lui apprendre qu’elle n’est pas au-dessus des règles et que ce n’est pas parce qu’elle est Musulmane qu’elle a le droit de ne pas respecter les règlements.