Les Verts face à leur parasitisme
5 mai 2012

Si l’entente entre le gouvernement et les étudiants est entérinée par ces derniers, cela aura comme conséquence, avec l’aide d’une gestion plus rigoureuse des universités, de produire un gel effectif des frais de scolarité pour les sept prochaines années.

La question qui tue : les Verts, ces gens qui ont utilisé les tribunaux pour aller à l’encontre de la démocratie étudiante, ces gens qui ont proclamé sur toutes les tribunes que la hausse était justifiée et qu’ils étaient heureux de payer plus cher pour leurs éducations, ces Verts profiteront-ils de ce gel qui a été obtenu par le sacrifice d’autrui ou auront-ils la cohérence de payer volontairement plus cher que leurs collègues qui se sont battus ?

La question est bien davantage que théorique. Cette victoire pour le mouvement étudiant a été obtenue parce que des milliers d’étudiants se sont mobilisés, qu’ils se sont levés aux petites heures pour bloquer leurs institutions, qu’ils ont manifesté jour après jour. Ils se sont battus quotidiennement contre l’égoïsme d’une minorité de mwa-mwa pour qui la seule liberté qui existe est la liberté individuelle.

Ne faudrait-il pas, alors, que ces étudiants qui ont poignardé le mouvement étudiant dans le dos depuis des mois assument volontairement la hausse et prouvent ainsi qu’ils continuent de préférer la hausse à l’accessibilité ?

Ces 1770$ de hausse qu’ils vont épargner annuellement grâce au travail d’étudiants qu’ils ont trainé dans la boue depuis 82 jours, vont-ils l’assumer ou profiteront-ils du travail d’autrui pour mettre cette somme dans leurs poches ?

Ce conflit aura aussi permis de lever le voile sur cette minorité d’égoïstes centrés sur eux-mêmes, cette génération de mwa-mwa dont la liberté de leur nombril a préséance sur tout le monde, et de démontrer que loin de défendre des idéaux nobles, elle constitue plutôt une sous-classe de parasites vivant sur le bras d’autrui, profitant de leurs victoires, et faisant tout pour y nuire.

Être Arielle Grenier, Laurent Proulx, ou les autres « sans nom » qui se sont battus contre leurs collègues, j’aurais tellement honte ce soir que je ne pourrais pas sortir de chez moi.

Faut dire, j’ai un peu d’estime de moi.

Eux ? Ils vont profiter du gel comme tout le monde, ils vont continuer d’être les parasites de leurs collègues, et ils vont continuer de proclamer la supériorité de leur petit cul sur les idéaux collectifs de tout le monde.

Et ils vont continuer de profiter de la tribune offerte par des médias partageant la même idéologie et tout aussi parasitiques qu’eux.

Frais de scolarité: le mensonge de l’indexation
19 mars 2011

S’il y a un seul mensonge méritant d’être dénoncé dans l’opération de justification des hausses brutales des frais de scolarité universitaires, c’est celui de l’ajustement à l’inflation de 1968. Cette idée, relayée tant par le gouvernement que par divers éditorialistes de droite, est la suivante: si on avait indexé les frais de scolarité cette année-là, ils seraient équivalents aux hausses qu’on vient d’imposer. Un non-sens.

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En effet, l’année 1968 ne peut constituer une référence crédible. Bien sûr, c’est en 1968 que le gouvernement du Québec a, dans la foulée du rapport Parent, décidé de réglementer ces frais. Or, cela ne signifie absolument pas que les frais imposés en 1968 étaient équitables d’un point de vue objectif. Simplement, ils étaient moins élevés que pour les années précédentes. Affirmer que les hausses de frais constitueraient simplement un rattrapage par rapport à cette année précise ne nous apprend strictement rien, d’autant qu’il ne peut être inutile de rappeler que seulement huit années plus tôt les Québécois vivaient un état de sous-scolarité tout à fait aberrant, où moins de 2,9% des francophones fréquentaient l’université et où la minorité de langue anglaise obtenait près du double des doctorats de la majorité de langue française. (( LINTEAU, P.-A., R. DUROCHER, J.-C. ROBERT et F. RICARD (1986). Histoire du Québec contemporain : Le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, p. 320. )) L’année 1968 constituait le début du changement, la fin de la sous-scolarisation des Québécois. Vouloir rayer quarante années de progression d’un coût de baguette magique pour nous ramener à ce stade initial a de quoi surprendre, pour le moins! Au prochain budget, voudra-t-on nous ramener aux frais indexés de 1960? De 1950? De 1940? Où s’arrêterait cette folie?

Par ailleurs, on ne peut comparer la valeur d’un diplôme de 1968 avec celle d’un diplôme de 2011. Les statistiques obtenues à cet effet, au Québec, datent de 1975-76, mais elles sont révélatrices. Comme le montre le tableau suivant, en l’espace d’une trentaine d’années, le pourcentage de la population sans diplôme est passé de 43% à seulement 14%. De la même manière, le taux d’obtention d’un baccalauréat a plus que doublé, passant de près de 15% à plus de 32% alors que les détenteurs d’une maîtrise ou d’un doctorat ont été, proportionnellement à la population, multipliés par trois. Et nous parlons ici de 1975-76, ne l’oublions pas: les données seraient sans aucun doute beaucoup plus spectaculaires si on pouvait compiler à partir de 1968!

Taux d’obtention d’un premier diplôme au Québec, 1975-76 et 2006-07

Diplôme Année scolaire
1975-76 2006-2007
Aucun diplôme 43,0% 13,8%
Secondaire 57,0% 86,2%
Collégial 20,8% 37,5%
Baccalauréat 14,9% 32,1%
Maîtrise 2,7% 9,2%
Doctorat 0,4% 1,3%

Source: Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Indicateurs de l’éducation: édition 2009.

Ces chiffres nous font état d’une démocratisation des études supérieures. En 1960, un étudiant universitaire faisait partie de la plus petite élite de la société; en 1975, alors qu’un peu moins de la moitié de la population était toujours sans diplôme, le même étudiant faisait toujours partie de l’élite, mais d’une élite beaucoup plus élargie. Aujourd’hui, alors que près de 86% des étudiants finissent leur secondaire et qu’un citoyen sur trois possède un diplôme universitaire, l’obtention d’un baccalauréat est devenue quelque chose de quasi-banal.

Ainsi, la valeur d’un diplôme a baissé. Les entreprises, préférant avoir des employés mieux formés, exigent des niveaux d’étude de plus en plus élevés pour un même emploi. On estime ainsi qu’entre 1982 et 1997, le taux d’obtention d’emplois permanents et à temps plein par les détenteurs de baccalauréat a chuté de 75% à 51%. Parallèlement, au Canada, le nombre d’emplois occupés par des détenteurs d’un diplôme universitaire est passé, de 1990 à 2009, de 1,9 million à 4,2 millions.

Ce qu’il est important de bien saisir, c’est que la valeur de l’éducation en tant que telle n’a pas nécessairement diminué. Il est plus que probable qu’un diplômé de 2011 apprend autant, sinon davantage, qu’un diplômé de 1976. Par contre, puisque le bassin de diplômés universitaires a beaucoup augmenté, les entreprises d’aujourd’hui ont tendance à laisser en plan des individus n’ayant, par exemple, qu’un diplôme du secondaire, alors que celles d’hier n’auraient pas hésiter à les engager et à payer pour perfectionner la formation réellement utile au travail. En clair: l’étudiant finissant son secondaire pouvait avoir accès à une formation spécifique payée par l’employeur tandis que l’étudiant choisissant les études universitaires faisait partie d’une élite lui permettant d’avoir de bien meilleures chances d’emploi que le même étudiant d’aujourd’hui.

En conséquence, et d’un point de vue purement comptable, il est tout à fait malhonnête de comparer les frais de scolarité de 1968 à ceux d’aujourd’hui. Ce sont deux époques complètement différentes. Cette comparaison n’a pas davantage de prise sur le réel qu’un général militaire se vantant, en 2011, d’avoir une armée de milliers d’archers pour s’opposer à des avions supersoniques.

Oui, le Québec a fait le choix de constituer, en Amérique du Nord, la nation offrant la meilleure démocratisation des études supérieures. Ce choix a eu la conséquence de généraliser l’obtention de diplômes universitaires, rendant moins probable l’accès obligé à un emploi de qualité dès l’obtention du diplôme. Comme le note Michèle Ouimet, le Québec est aujourd’hui en tête de peloton parmi toutes les provinces canadiennes.

La véritable question n’est donc pas de savoir si les étudiants doivent « faire leur part ». Leur part, ils la font lorsqu’ils paient des impôts: il a été démontré qu’un étudiant universitaire rapporte près de 8$ en impôts à l’État pour chaque dollar investi dans sa formation. C’est en se trouvant un emploi que l’étudiant, devenu travailleur, fait sa part et enrichi notre nation.

Non, la véritable question est la suivante: veut-on réellement redonner à l’éducation supérieure son caractère élitiste, en faisant la chasse gardée d’une minorité privilégiée par la naissance ou par quelques rares bourses? Veut-on réellement réduire drastiquement de nos universités toutes les matières ne débouchant pas sur un emploi payant permettant de rembourser rapidement les dettes contractées?

En prenant l’année 1968 comme référence, le gouvernement Charest, avec l’appui de l’opposition-fantôme péquiste, lance le message que l’heure n’est plus si loin où on aura dilapidé complètement l’héritage de la Révolution tranquille pour revenir à cette bonne vieille époque des porteurs d’eau analphabètes, à la langue aussi massacrée que la pensée, abâtardis par des siècles d’à-plat-ventrisme devant une logique comptable n’ayant mené qu’à une infériorisation si systématique qu’elle n’avait comme horizon que la servitude volontaire de maîtres qui n’étaient grands que parce que nous étions petits.

Les 6 mythes des frais de scolarité (et autre contre-propagande)
17 mars 2011

Le gouvernement Charest a décidé d’accélérer les hausses des frais de scolarité dans un budget qui, à l’instar de celui de l’an dernier, prend du pauvre pour donner au riche. Sous prétexte d’un sous-financement des universités dont il est lui-même responsable, il sacrifie la prochaine génération en se basant non pas sur des faits, mais sur des préjugés colportés par une foule d’idiots utiles davantage avides d’idéologie que de faits. Dans cette attaque contre l’universalité, soulignons la contribution exceptionnelle de La Presse, qui, dans une fausse page de débats, d’où sont tirés plusieurs des mythes ci-bas, fait la promotion active de l’idée qu’il est légitime d’endetter ou de priver d’éducation les individus parmi les plus fragiles de la société.

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Voici quelques uns des mythes propagés par divers idéologues et relayés par les médias.

Mythe 1: la hausse des frais de scolarité n’aurait pas d’impact sur la fréquentation.

Cette idée va à l’encontre de toute logique. Il devrait être évident pour tout le monde qu’un individu n’ayant pas les moyens ou la possibilité de s’endetter au-delà de ce qu’il anticipe comme capacité de rembourser risque d’être moins tenté par la poursuite d’études universitaires. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit lorsque ces frais ont été haussés de 645$ par année en 1989 à 1526$ en 1993: le nombre d’étudiants fréquentant l’université a diminué sensiblement, passant de près de 257 000 en 1992 à près de 232 000 cinq ans plus tard. (( Tableau 477-0013 Effectifs universitaires, selon le régime d’études, le niveau d’études, la Classification des programmes d’enseignement, regroupement principal (CPE_RP) et le sexe, annuel (nombre) )) Les étudiants à temps partiel furent particulièrement touchés: malgré la hausse de la population québécoise, ceux-ci ne s’en sont jamais remis; de près de 123 000 qu’ils étaient en 1992, ils n’étaient plus que 97 000 en 2007-08. La hausse des frais de scolarité a un impact indéniable sur la fréquentation.

Mythe 2: le gouvernement investirait davantage si les étudiants le faisaient également.

On nous présente la hausse des frais de scolarité comme étant la contribution des étudiants au meilleur financement des universités, assurant que le gouvernement ferait sa « juste » part. L’histoire nous incite à un sain scepticisme. Une étude de la FAÉCUM, publiée en 2003, fait état d’une réalité tout autre: entre 1990-91 et 1998-99 (grosso modo avant le réinvestissement des années 2000), les étudiants ont payé 1587$ de plus en frais de scolarité, tandis que la contribution gouvernementale était réduite de 2720$ par étudiant. L’effort fut donc à sens unique. Rien ne nous permet de croire que la situation serait différente aujourd’hui. La volonté d’offrir davantage de bourses est louable, mais elle s’apparente davantage au mieux à de la pensée magique, au pire à de la charité, et tout porte à croire que les promesses déçues de la première hausse du début des années 90 seront de nouveau d’actualité.

Mythe 3: les étudiants n’auraient qu’à moins boire de bière ou dépenser pour des vêtements griffés.

Ce discours est celui tenu par Pierre-Yves McSween, un arriviste populaire dans les médias de droite parce qu’il est jeune et trempe son discours vieillot dans la soupe du jour. Selon lui, les études sont un moment de sacrifice et la solution, pour les étudiants, serait simplement de réduire leurs dépenses d’objets de luxe. Ça ne vole pas très haut ici; nous ne sommes pas loin du mythe de l’étudiant richissime se promenant en voiture sport et se payant des voyages dans le sud à répétition. La réalité est tout autre: une étude de la FEUQ a démontré que près de 25% des étudiants ont un revenu inférieur à 12 000$ par année, de loin inférieur au seuil de la pauvreté. Gageons qu’ils ne trouveront pas grand réconfort dans les paroles de McSween!

Mythe 4: les frais de scolarité relativement moins élevés du Québec constitueraient une anomalie.

Ce mythe a la peau dure. Se basant sur un manque flagrant de connaissances quant à la situation dans d’autres pays, il est notamment relayé par Jean-Herman Guay, un droitiste impénitent n’ayant même pas l’honnêteté d’assumer clairement ses positions. L’idée est la suivante: puisque les frais de scolarité sont plus élevés un peu partout en Amérique du Nord, il faudrait hausser les nôtres pour rattraper notre « retard ». En fait, ce sont plutôt les frais de scolarité de l’Amérique du Nord qui constituent une anomalie. Les données de l’OCDE (2007) démontrent que le Canada, les États-Unis, le Japon et l’Australie font partie d’un club très sélect de pays imposant des frais prohibitifs à leurs étudiants. À l’inverse, les frais sont moins élevés un peu partout, notamment en Norvège, au Danemark, en Suède, en Islande, en Finlande et en République tchèque, où l’éducation supérieure est entièrement gratuite. Et comme le souligne un Québécois vivant en Suède, ce pays est pourtant très prospère!

Mythe 5: la hausse des frais de scolarité permettrait de renflouer les universités.

Il faut bien comprendre une chose dans tout ce débat: l’impact des frais de scolarité n’est pas si important que cela sur l’ensemble du financement des universités du Québec. Par exemple, si on augmente ces frais de 1625$ par étudiant à temps plein, on obtient près de 250 millions de dollars. Le financement total des universités québécoises atteignant un peu moins de 6 milliards de dollars, on pénalise les étudiants, les incite à ne pas poursuivre leurs études, et tout ça pour quoi dites-moi?

Mythe 6: le Québec n’aurait pas les moyens de se passer de ces hausses.

Comme nous venons de le souligner, cette mesure rapportera près de 250 millions de dollars chez les étudiants à temps plein. On pourrait peut-être parler d’un peu plus de 300 ou 350 millions en comptant les étudiants à temps partiel – et nous n’incluons pas ici les bourses qui devraient être, si on fait confiance au gouvernement, plus généreuses. Les idéologues n’ont de cesse de nous dire que notre « fardeau » fiscal ne permet plus d’offrir de tels services. C’est faux: il s’agit d’un choix idéologique. Le gouvernement Charest a déjà offert des réductions d’impôts de plus d’un milliard de dollars, principalement à la classe moyenne supérieure et aux mieux-nantis, et si on établit un bilan des quinze dernières années, en incluant le gouvernement du Parti Québécois, c’est de près de dix milliards de dollars que s’est privé l’État québécois parce qu’il a fait le choix de ne plus imposer adéquatement les mieux-nantis et les entreprises. Encore récemment, on apprenait que le gouvernement nous a privé de cinq milliards de dollars en refusant d’imposer des redevances adéquates pour l’exploration des gaz de schistes. Les ressources existent, mais il s’agit d’un choix idéologique que de refuser de les prendre là où elles sont et de préférer s’attaquer aux plus faibles de la société.

* * *

Cette liste de mythes n’est pas exhaustive, mais elle donne une idée de l’ampleur de la désinformation que relaient une foule de soi-disant intellectuels qui ont tous en commun d’avoir adopté l’idéologie néolibérale du moins d’État. Les universités, plutôt que d’être des lieux du savoir devant permettre l’élévation des Québécois et l’enrichissement de la collectivité, sont devenues, dans les faits, de gigantesques entreprises privées en compétition les unes avec les autres et combattant férocement pour l’accueil d’étudiants-marchandises qui, eux, s’endettent en fonction d’un travail futur lui aussi purement utilitaire.

Un médecin, un avocat, un biochimiste, qui se plaindra? Ceux-ci auront le loisir de rembourser leurs dettes. Mais qu’en est-il du philosophe, de l’historien, du musicien? Dites-moi: quelle société a davantage besoin d’avocats que de philosophes? Quelle société peut se permettre de faire abstraction de tout ce qui la rend unique et lui permettant, à terme, de s’améliorer non seulement d’une manière marchande, mais également intellectuellement ou culturellement?

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À court terme, une autre solution est possible. Une université comme McGill, pour ne nommer qu’elle, accueille chaque année près de 48% de ses étudiants d’en-dehors du Québec. Ceux-ci, lorsqu’ils viennent du Canada (27% du total), paient la moyenne canadienne des frais de scolarité, tandis qu’ils peuvent payer entre 10 000 et 20 000$ lorsqu’ils viennent d’en-dehors du Canada. Le Ministère de l’éducation, des loisirs et du sport (MELS) a estimé à un peu moins de 30 000$ le coût pour une année d’université, en moyenne, pour chaque étudiant. Considérant qu’il y avait près de 9000 étudiants canadiens et 7000 étudiants étrangers à McGill en 2009, cela signifie que le financement qui sert à éduquer ces non-Québécois peut atteindre, en l’estimant grossièrement, plus de 300 millions de dollars, soit l’entièreté des revenus estimés des hausses des frais de scolarité!

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Malgré qu’il soit possible – et souhaitable – de cesser de financer l’éducation des étrangers, cette mesure ne peut constituer qu’un baume sur la situation actuelle.

La véritable solution, la seule, est celle de la gratuité scolaire. Une étude du MELS a démontré que le taux de rendement public – le profit pour l’État – du passage d’un étudiant du secondaire jusqu’à l’obtention d’un diplôme de baccalauréat atteint près de 8,5%. ce qui signifie que chaque fois où nous incitons nos jeunes à rester à l’école, nous nous enrichissons. Les dépenses reliées à l’éducation sont facilement compensées par celles du décrochage, où chaque étudiant laissant ses études coûte annuellement près 8098$ en soins de santé privé, 4230$ en assistance sociale, 224$ pour ce qui est des crimes, 3491$ en revenus perdus, 226$ en taxes non payées, 68$ en primes d’assurance-emploi et 2767$ en assurance-emploi. Une étude du Conseil canadien sur l’apprentissage, publiée en février 2009, évaluait le coût du décrochage à 37 milliards $ par année. Financer l’éducation, c’est s’enrichir. Les étudiants universitaires sont plus en santé et plus politisés; ils apportent une plus-value considérable à la société.

Le Québec a fait le choix, depuis une cinquantaine d’années, de miser sur une éducation supérieure accessible. De porteurs d’eau et d’ignares que nous étions avant les années soixante, nous sommes devenus l’un des peuples les plus éduqués et les plus savants au monde. Il ne s’agit pas d’un hasard: ce choix que nos prédécesseurs ont fait était réfléchi, appuyé par des faits, et animé de la volonté d’opposer à une marchandisation élitiste de l’éducation ayant fait de nous des citoyens de seconde classe dans notre propre pays une réelle universalité porteuse d’avenir.

L’éducation constitue une richesse.

Vous croyez qu’elle coûte cher? Essayez l’ignorance.

Tous ces idéologues de pacotilles, de Bock-Côté à Pierre Fortin en passant par McSween et Guay veulent nous l’imposer.

À nous de résister et d’opposer, à leur aveuglement idéologique, nos faits.

Et notre humanité.

Il faut RÉDUIRE les frais de scolarité
23 février 2010

Lucien Bouchard est en mission. Ayant entendu le vibrant appel d’André Pratte à la recherche d’une relève des forces fédéralistes face à un Parti Québécois lui semblant mieux en selle, il a réussi, en une semaine, à semer la pagaille entre les indépendantistes sur la question identitaire et à choquer toute l’aile-gauche avec ses propositions de hausses de frais de scolarité. S’il se préparait un retour en politique active, il ne ferait pas mieux. Et qu’importe si ses idées ne fonctionnent pas et si une telle hausse des frais ne ferait que nous appauvrir collectivement.

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Ainsi, comme je l’ai déjà noté, l’éducation constitue un investissement et non une dépense. Le taux de rendement public relié au passage d’un étudiant du secondaire jusqu’à l’obtention d’un baccalauréat, se situe autour de 8,5%, ce qui signifie que chaque fois où nous incitons nos jeunes à rester à l’école, nous nous enrichissons. Les dépenses reliées à l’éducation sont facilement compensées par celles du décrochage, où chaque étudiant laissant ses études coûte annuellement près 8098$ en soins de santé privé, 4230$ en assistance sociale, 224$ pour ce qui est des crimes, 3491$ en revenus perdus, 226$ en taxes non payées, 68$ en primes d’assurance-emploi et 2767$ en assurance-emploi. Une étude du Conseil canadien sur l’apprentissage, publiée en février 2009, évaluait le coût du décrochage à 37 milliards $ par année. Financer l’éducation, c’est s’enrichir. Les étudiants universitaires sont plus en santé et plus politisés; ils apportent une plus-value considérable à la société.

Or, lorsqu’on hausse ces frais, on réduit l’accessibilité. Malgré toutes les précautions et les appels à la protection des plus démunis, il s’agit d’une vérité indéniable. En 1990-1991 et 1991-1992, par exemple, les frais de scolarité, à l’échelle canadienne, se sont accrus de 15,2% et 16,% respectivement. Le nombre d’étudiants a chuté significativement, passant de 677 157 en 1992 à 668 535 l’année suivante, puis 658 284 en 1994-1995 et jusqu’à 633 018 en 1997-1998. En fait, il a fallu attendre le début des années 2000 pour qu’il y ait autant d’étudiants qu’avant les hausses des frais de scolarité. (( Statistique Canada, Tableau 477-00131, Effectifs universitaires, selon le régime d’études, le niveau d’études, la Classification des programmes d’enseignement, regroupement principal (CPE_RP) et le sexe, annuel (nombre) )) Au Québec, également, on a constaté la première chute du nombre d’étudiants universitaires de la décennie à partir de 2005, année de la première hausse de ces frais. Concrètement, en haussant les frais de scolarité, on diminue le rendement de notre investissement. On contribue à l’augmentation du nombre de décrocheurs, ce qui coûte très cher à la collectivité.

D’une certaine manière, Lucien Bouchard nous demande, à défaut d’avoir suffisamment de bois à l’extérieur, d’utiliser le bois des murs pour chauffer notre maison. En apparence, il est possible de le faire, mais plus on détruit les murs pour se chauffer, plus il faut chauffer pour compenser pour les courants d’air. C’est la même chose qui risque de se produire si on suit ses idées: plus on demandera aux étudiants de payer eux-mêmes leurs études, plus ils décrocheront, plus ils décrocheront, plus ils coûteront cher à la société, et plus ils coûteront cher, moins l’État disposera de ressources pour payer l’éducation. Parfait cercle vicieux.

Il faudrait peut-être se poser une question fondamentale: peut-on se passer d’éducation? Si l’éducation constitue une richesse, ne devrait-on pas la rendre plus accessible à tous afin de s’enrichir collectivement? Pourquoi, à la limite, faire payer les étudiants pour celle-ci? Peut-on sérieusement gaspiller l’éducation; peut-on être trop éduqué? Je ne crois pas. Même quelqu’un qui « perd son temps » à l’école risque d’apprendre des concepts qui lui seront très utiles dans la vie, et, plutôt que de l’envoyer dans les affres d’un emploi mal payé ou du chômage, ne risque-t-il pas plutôt de finir, à force d’essais et d’erreurs, par découvrir sa vraie passion?

Malgré tout, Lucien Bouchard a raison sur un point: les universités sont sous-financées. Elles le sont parce que le gouvernement ne leur donne pas les ressources dont elles on cruellement besoin pour accomplir leurs tâches. Et notre gouvernement, plutôt que de prendre l’argent dans les poches des mieux-nantis, qui ont profité de plusieurs milliards de dollars de baisses d’impôts depuis une décennie, la demande directement aux étudiants. Prendre du pauvre, donner au riche; voilà le leitmotiv des Bouchard et Charest de ce monde.

Enfin, si on considère l’éducation comme une richesse, si on comprend que ce n’est pas à ceux qui débutent dans la vie que revient la tâche de financer ce qui enrichira ensuite l’ensemble de la société, il faut en tirer la seule conclusion logique permettant d’améliorer notre situation financière collective: il ne faut non seulement pas hausser les frais de scolarité, mais il faut les réduire, afin que de la forge à idées que représentent nos écoles puisse jaillir les outils qui nous permettront de briller dans le futur.

Un futur qu’on espère plus juste et où on ne gaspillera pas des talents sous prétexte qu’ils sont trop pauvres ou indécis pour les réaliser.

On ne saurait assez le répéter: si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez donc l’ignorance…

Le consensus
11 février 2010

Il est aberrant de constater avec quelle facilité le gouvernement libéral crée des consensus factices. Se basant sur les livrets de propagande d’économistes-caniches comme Luc Godbout, Pierre Fortin, Claude Montmarquette et Robert Gagné, réclamant tout autant de sacrifices de la part des citoyens qu’ils reçoivent de généreux émoluments en se nourrissant aux mamelles de l’État pour accomplir leur œuvre de sanctification des politiques du parti au pouvoir, la ministre Courchesne déclame son appréciation d’un « consensus » autour d’une nouvelle hausse des frais de scolarité.

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« Je pense qu’il y a un consensus qui est en train de se mettre en place au Québec, a expliqué la ministre hier en entrevue à La Presse. Quand je parle de consensus, j’exclus les étudiants. Mais on voit que, de plus en plus, l’importance d’augmenter les droits de scolarité se fait sentir. » Notons: le consensus exclut les étudiants. Cela va de soi. Il exclut également le Conseil canadien sur l’apprentissage, qui calculait les coûts du décrochage, conséquence logique de l’augmentation du fardeau imposé aux étudiants. Il exclut la Coalition contre la tarification et la privatisation des services publics, qui souligne qu’une étude a déjà démontré que les hausses de frais déjà annoncées priveront entre 6000 et 13 000 étudiants d’éducation supérieure. Il exclut aussi les centrales syndicales, qui dénoncent l’impact d’une hausse des frais sur l’accessibilité. Il exclut Québec Solidaire, qui s’inquiète de l’endettement des étudiants. Il exclut l’Association canadienne des professeurs d’université, qui estime que les gouvernements fédéraux et provincial abandonnent les étudiants. Et, pire que tout, il exclut les Québécois eux-mêmes, qui s’opposent aux hausses des frais de scolarité dans une proportion des deux tiers. Consensus, vous dites?

En fait, une hausse des frais de scolarité serait extrêmement dommageable pour la société, peu importe ce qu’en pense la ministre Courchesne et son « consensus » qui exclut les étudiants et la majorité de la population. L’investissement de l’État dans l’éducation est rentable. Quand l’État augmente sa participation dans le réseau scolaire, elle fait un placement. Le bulletin statistique du Ministère de l’éducation de décembre 2008 le démontre: le taux de rendement public relié au passage d’un étudiant du secondaire jusqu’à l’obtention d’un baccalauréat, se situe autour de 8,5%. Concrètement, en investissant dans l’éducation, c’est l’ensemble de la société qui s’enrichit. Les diplômés universitaires ont de meilleurs salaires (et paient donc davantage d’impôts), sont moins sur le chômage, sont plus en santé; chaque dollar investi pour favoriser la progression d’un étudiant vers les échelons supérieurs de l’éducation rapporte un dividende à l’ensemble de la collectivité.

En cherchant à augmenter encore une fois le fardeau des étudiants, on ne peut que contribuer à réduire leur désir de poursuivre leurs études. Les prêts et bourses ne sont pas disponibles pour tous, et cet endettement ne constitue pas non plus la panacée. En forçant des jeunes qui commencent dans la vie à porter sur leurs frêles épaules le fardeau de l’éducation, on ne peut que les inciter à travailler davantage en-dehors des classes et à délaisser, progressivement, leurs études. Tous ne le font pas, beaucoup s’accrochent, mais chaque décrocheur coûte annuellement 8098$ en soins de santé privé, 4230$ en assistance sociale, 224$ pour ce qui est des crimes, 3491$ en revenus perdus, 226$ en taxes non payées, 68$ en primes d’assurance-emploi et 2767$ en assurance-emploi. Si on multiplie cette perte par les 6000 à 13 000 décrocheurs qui ont déjà quitté à cause de la hausse précédente, on obtient une somme pouvant atteindre plus de 140 millions de dollars par année! Il s’agit d’un manque à gagner et de frais qui sont à la charge de l’ensemble des contribuables. Pour récupérer quelques millions sur le dos des étudiants, on s’appauvrit substantiellement d’un autre côté! Vous y comprenez quelque chose?

Le consensus dont parle la ministre n’est pas celui des chiffres, ni des individus. L’éducation est rentable; l’ignorance est coûteuse. Avec un tel « consensus », on peut justifier n’importe quoi. Quand un gouvernement est plus à l’écoute d’une minorité de technocrates et de soi-disant experts grassement rémunérés par l’État ou par des think-tanks privés que de la majorité de la population et des individus directement concernés, on peut s’attendre aux pires absurdité. On peut virer l’État sens dessus dessous et enfoncer dans la gorge des protestataires le grain rance de consensus forgés de toutes pièces pour satisfaire les visés idéologiques du gouvernement. Quand l’idéologie prend le pas sur la plus simple logique qui veut qu’un peuple éduqué soit un peuple en santé, on peut s’attendre aux pires dérives.

Or, avec la faiblesse éternelle d’une opposition péquiste ayant adopté le discours néolibéral et ayant à peine la volonté de s’opposer à l’inacceptable autrement que par des clips de douze secondes constituant autant de croustilles vides pour les nouvelles de dix-huit heures, et d’une opposition adéquiste tournant en rond à force de se chercher à droite et encore davantage à droite, on peut s’attendre au pire.

À défaut d’avoir un consensus au sein de la société, il y en a effectivement un au parlement, si on exclut Amir Khadir, le seul député à avoir un peu de gueule au sein de ce ramassis de carnassiers de l’éducation. Les trois principaux partis de l’Assemblée font fi de la volonté des étudiants, des professeurs, des spécialistes et sacrifient sur l’autel d’un déficit zéro largement causé par leurs propres politiques de droite ce qui leur reste de représentativité.

Quand on jouit de l’appui quasi-unanime de la chambre, quand on sait que l’opposition s’oppose pour la forme, il est facile de se forger des consensus. Il est facile de sacrifier les étudiants et de se priver du rendement de l’éducation publique pour satisfaire des visées idéologiques partagées, sur le fond, par le Parti Québécois et l’Action Démocratique du Québec.

Entre affairistes, corporatistes et carriéristes, on se reconnait, on se respecte.  On se gratte le dos et on se prépare une carrière dans le privé.

Permis de conduire: il faut hausser l’âge légal
30 novembre 2009

Nouvelle fin de semaine, nouvelle hécatombe: sept morts sur les routes. Des jeunes, encore des jeunes. Des jeunes, tout comme ceux qui ont conduit avec des passagers dans leur valise ou qui ont fait du surf sur le toit de leur voiture l’été dernier. Des jeunes, des putains de jeunes. Qu’attend-on pour hausser l’âge légal pour conduire un véhicule?

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Au lieu de militer pour une baisse du taux d’alcoolémie maximum toléré de 0,08 à 0,05 gramme d’alcool par 100 millilitres de sang, comme le fait la Table québécoise de la sécurité routière, il serait beaucoup plus utile et logique de s’attaquer au problème des jeunes, alcool ou pas d’alcool. Ce n’est pas le fait d’être à 0,06 ou 0,07 qui cause les accidents: c’est surtout le fait d’être jeune. Jeune et impulsif.

Ainsi, à seize ans, on ne peut pas acheter d’alcool, de billets de loterie ou de tabac. On ne peut même pas voter. On a à peine l’âge de se toucher ou de toucher les autres. La loi traite nos jeunes comme des enfants n’ayant pas encore les capacités intellectuelles et cognitives de décider ce qui est bien ou mal pour eux.

Or, on les laisse filer dans la nuit à toute allure dans des amas de ferraille de plusieurs tonnes. Trop jeunes pour boire, jouer à des jeux de hasard, fumer ou voter, mais assez responsables pour conduire. Trop jeunes pour attraper une cirrhose du foie à quarante ans ou un cancer des poumons à cinquante-cinq, mais assez matures pour se casser la figure dans un arbre ou tuer quelque enfant ayant eu la mauvaise fortune de se trouver sur le passage de ces engins de mort. Trop immatures pour décider du futur de notre pays, mais assez pour s’envoyer en l’air avec le décor.

Pourtant, des études ont démontré que le cortex frontal – qui contrôle le jugement, la prise de décision et le contrôle des impulsions – n’est pas complètement développé avant l’âge de vingt-cinq ans. Ce n’est donc pas un hasard si les compagnies d’assurance imposent des surprimes aux jeunes ou s’il est plus difficile de louer une voiture (ou interdit, comme aux États-Unis) avant cet âge: le cerveau n’est tout simplement pas encore assez fonctionnel pour adopter une attitude réellement prudente sur la route. Le Dr. Jay Giedd, du National Institute of Mental Health, qui a participé à une des études sur le sujet, souligne: « Pour des raisons sociales et biologiques, les adolescents ont davantage de mal à prendre des décisions réfléchies et à comprendre les conséquences de leurs actes ». (( Courrier international, no. 717-718-719, En couverture, jeudi, 29 juillet 2004, p. 28, Adolescents : Les secrets de leur cerveau, Maman, c’est la faute à mes neurones, Claudia Wallis et Kristina Dell, avec Alice Park à New York Time (New York) ))

De la même manière, une étude de la National Highway Traffic Safety Administration, aux États-Unis, a démontré qu’un tiers des jeunes conducteurs de seize ans sont impliqués dans un accident et que la hausse de l’âge légal de conduite d’un véhicule permet de réduire significativement ce nombre. (( Fatality Analysis Reporting System (FARS), National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), 2005 )) Le New Jersey, par exemple, où la limite est de 17 ans, enregistre un nombre largement inférieur de décès et d’accidents que le Connecticut, où l’âge minimum pour conduire est à 16 ans. Et l’Europe fait encore mieux, avec une limite fixée à dix-huit ans.

Certains diront qu’il suffirait de rendre de nouveau obligatoires les cours de conduite. Inutile. Diverses études ont démontré que les jeunes de 16 à 19 ans qui avaient suivi des cours de conduite ont un taux de collision supérieur à ceux qui n’en avaient pas suivis. L’auteur d’un article sur ce sujet, Pierro Hirsch, explique: « Les jeunes apprennent la technique permettant de tenir un volant. Mais la prudence est une attitude, pas une habilité et on ne peut pas l’enseigner en 12 heures ». En clair: on aurait beau rendre obligatoire tous les cours possibles, on ne pourrait pas modifier le fonctionnement du cerveau de l’adolescent.

Des pistes de solution

Parallèlement à la hausse de l’âge minimal de conduite, il pourrait être judicieux de renforcer les limitations du permis probatoire. Actuellement, les jeunes obtiennent un permis d’apprentis, leur permettant de rouler en présence d’un adulte, puis un probatoire, dont les seules limitations sont un nombre de points d’inaptitude inférieurs et une tolérance zéro quant à l’alcool.

Un rapport soumis au congrès américain, en juillet 2008, recommande notamment, pour l’équivalent de notre permis probatoire, la présence d’un adulte détenant le permis régulier pour la conduite de nuit et une limite d’un seul autre adolescent présent dans la voiture. Ce faisant, on s’attaque à deux des facteurs les plus déterminants lors d’accidents impliquant des jeunes, soit la conduite nocturne et l’influence négative des pairs sur la conduite.

Malgré tout, on ne peut se contenter d’instaurer un couvre-feu et une limite du nombre d’adolescents dans la voiture. Il faudrait plutôt que ces mesures soient complémentaires à la hausse de l’âge légal. Celui-ci, sans fixer d’âge précis, pourrait être de dix-huit ans et paraît constituer un bon compromis entre le désir de sécurité de la population et la nécessité de mobilité de nos jeunes. Cette limite d’âge aurait également le mérite d’être cohérente avec celles relatives au tabac, à l’alcool et au jeu. On pourrait très bien imaginer une situation où le permis d’apprentis serait délivré à dix-huit ans, et où un probatoire avec beaucoup plus de muscles serait en vigueur de 19 à 21 ans. Combien de vies pourrait-on sauver ainsi?

Hausser l’âge minimum du permis de conduire ne se fera pas sans heurt. Certains parents n’apprécieront pas d’avoir à reconduire leurs enfants un peu partout jusqu’à dix-huit ans. Mais comme l’a montré l’étude sur le New Jersey, le fait d’avoir moins de mobilité encourage les jeunes à se centrer sur des activités autour de leur école. S’agit-il réellement de quelque chose de négatif?

Quand il est question de sauver des vies, il ne faut pas hésiter. Donnons quelques années de plus de croissance aux cerveaux de nos jeunes et améliorons ainsi la sécurité de l’ensemble de la population.

Un jour, ils nous remercieront. Et s’ils ne le font pas, au moins seront-ils encore en vie.