Les valeurs « canadiennes » de René Lévesque
18 septembre 2009

René Lévesque, un des plus grands Canadiens? Figurant au nombre des 18 plus grands Canadiens, selon le magazine Maclean’s, René Lévesque mérite cette reconnaissance notamment parce qu’il aurait épousé des « valeurs canadiennes » comme le centrisme, l’honnêteté, l’engagement en faveur de la démocratie et la non-violence. Valeurs canadiennes… ou québécoises?

rene-levesque-grand-canadien

Source de l’image

Le centrisme. Depuis l’élection du Parti Québécois, en 1976, tous les gouvernements du Québec se sont tenus au centre de l’échiquier. De 1976 à 1982, au centre-gauche, et depuis au centre-droit, avec quelques tentatives un peu plus à gauche. À chaque fois qu’un gouvernement a tenté de tirer vers les extrêmes, il s’est fait ramener très rapidement à l’ordre par la population. On peut simplement penser aux grandes manifestations contre Jean Charest dans les premières années de son mandat de 2003, et de quelle façon il a dû adoucir son discours de réingénierie de l’État.

Au Canada, par contre, on n’a jamais hésité à s’éloigner du centre, surtout vers la droite. Les gouvernements de Mulroney (1984-1993) et de Harper (depuis 2006) se sont clairement affichés à droite. Le premier a été un partisan de privatisations massives (dont celle de Petro-Canada, véritable joyau) et le second utilise sensiblement les mêmes recettes économiques que George W. Bush. Avant d’être élu, Harper a séduit des Québécois désillusionnés par la corruption du Parti Libéral du Canada, mais dès qu’il a commencé à appliquer ses politiques moins centristes, ses appuis ont fondu comme neige au soleil.

C’est le Québec qui a toujours ramené les gouvernements vers le centre. Le centrisme est une valeur beaucoup plus québécoise que canadienne.

Honnêteté et engagement en faveur de la démocratie. Personne n’est contre la vertu; tous les pays au monde se disent « en faveur de la démocratie ». Jusqu’à ce qu’une crise survienne et qu’on puisse réellement mesurer cet engagement. Et y a-t-il eu une crise plus profonde que le référendum très serré de 1995 pour mesurer l’attachement canadien à la démocratie?

Alors que le Parti Québécois a joué franc-jeu, a respecté les dépenses allouées pour la campagne du OUI et a été intègre dans tout le processus, le gouvernement canadien a littéralement volé le référendum. Quelques exemples au hasard:

  • Près de 42 400 immigrants ont reçu prématurément leur citoyenneté avec la consigne claire de voter pour le NON. « Vous êtes Canadien maintenant; votez en conséquence! »
  • Plus de 15 000 Canadiens hors-Québec ont pu voter grâce aux manoeuvres frauduleuses de l’avocat Casper Bloom, payé avec des ressources non comptabilisées dans les 5 millions de dollars permis par la loi.
  • L’augmentation des attributions de certificat de citoyenneté a bondi de 87 % entre 1993 et 1995.
  • Trois jours avant le référendum, plus de 100 000 Canadiens sont arrivés à Montréal dans des vols nolisés, par autobus, ou par train. Il a été démontré que plusieurs de ces voyages ont été gratuits, et donc payés par l’État canadien lui-même, en violation directe des lois du Québec.
  • En 1998, le Directeur général des élections du Québec a conclu que 56 000 personnes ne détenant pas de carte d’assurance-maladie du Québec (et n’habitant donc pas le territoire du Québec) ont voté illégalement au référendum de 1995.

La voilà, la belle honnêteté canadienne et cet engagement en faveur de la démocratie. Au seul moment où le Canada a réellement eu la chance de mettre en application ces principes dont il se gargarise depuis des décennies, il a échoué lamentablement et a violé la volonté de tout un peuple.

Non-violence. L’Histoire récente du Canada a toujours opposé les pacifistes québécois aux Va-t-en-guerre canadiens-anglais. Déjà, le 27 avril 1942, lors d’un référendum sur la conscription, les Canadiens-anglais votaient OUI à 80% alors que les Canadiens-français votaient NON à 85%. Et aujourd’hui, rien n’a changé. Un sondage démontre que 73% des Québécois s’opposent à la présence canadienne en Afghanistan, contre seulement 54% des Canadiens. Pire: Harper et Ignatieff ont tous deux appuyé l’invasion de l’Irak par les États-Unis; aujourd’hui, des soldats québécois mourraient en Irak si un de ces deux chefs avait été au pouvoir en 2003.

En fait, des révélations ont démontré que c’est la peur de favoriser l’élection du Parti Québécois qui a poussé Jean Chrétien, alors premier ministre du Canada, à s’opposer à la guerre en Irak. Dit plus clairement: sans le Québec, le Canada serait allé en Irak.

C’est grâce au Québec que le Canada s’est mérité cette image de nation non-violente et pacifique. Le fait que les deux principaux partis, actuellement, partagent la même vision militaire du pays ne démontre qu’une chose: la baisse du pouvoir politique du Québec; en 2009, on peut gagner le pouvoir sans le Québec.

On le constate, le centrisme, l’honnêteté, l’engagement en faveur de la démocratie et la non-violence ne sont pas des valeurs canadiennes, mais québécoises.

Or, si René Lévesque est un grand Canadien parce qu’il a réussi à convaincre le Canada d’accepter ces valeurs, ce n’est peut-être pas grâce à lui, mais plutôt malgré lui. Le Canada s’est toujours trouvé de nobles valeurs lorsque le nationalisme québécois était assez fort pour le tenir en respect. Ne pas tenir compte des valeurs québécoises aurait constitué un sérieux coup de pouce aux indépendantistes, Lévesque ou pas Lévesque. Ce n’est donc pas Lévesque qui a permis de changer le Canada pour le mieux, mais les indépendantistes eux-mêmes. Grâce à leur puissance, ils ont forcé le Canada à changer et à tenir davantage compte des valeurs québécoises.

Voilà une leçon que certains Canadiens feraient mieux de se rappeler avant de dénigrer le mouvement indépendantiste québécois. Si le Canada est ce qu’il est aujourd’hui, c’est grâce aux Québécois et à leurs valeurs.

Combien vaut la vie d’un Palestinien?
27 décembre 2008

Il y a des jours où ça y est presque. Des jours où je me dis que la politique n’est qu’un aspect de la vie parmi d’autres et qu’il doit être possible de s’en détacher. Et puis, il y a cette nouvelle du massacre israélien en Palestine. Plus de 200 morts palestiniens, et pas loin de 700 blessés.  Était-ce la façon juive de fêter la mort de Samuel Huntington,  l’auteur du Choc des civilisations?

Il me semble qu’à un moment faut être honnête: combien vaut la vie d’un Palestinien? Je ne sais pas, faisons un graphique, un tableau de statistiques, quelque chose. Établissons qu’un Américain vaut 1, un Israélien 0,95, un Canadien 0,90, un Russe 0,33, un Palestinien 0,05… Je ne sais pas, soyons honnête un peu; combien de milliers ou de millions de Palestiniens doivent-ils mourir avant que Stephen Harper ne dénonce l’agression israélienne?

J’ai grandi dans une société m’ayant inculqué des valeurs selon lesquelles tous les êtres humains naissent égaux. Et bien, je me demande si le petit Palestinien qui naît aujourd’hui, dans une prison à ciel ouvert et où manquent nourriture, eau potable, électricité, ce Palestinien est-il l’égal d’un petit Juif dont le pays possède une des plus puissantes technologies militaires du monde et reçoit une aide militaire considérable de la part des États-Unis à chaque année?

Combien de temps laissera-t-on ce génocide se produire?  Chaque année qui passe voit le territoire palestinien amputé, ses habitants isolés, et la misère augmenter.  À quand une intervention de l’OTAN ou de l’ONU pour punir les crimes de guerre et le terrorisme israéliens?  Pendant qu’Obama surveille la situation, oui ce même Obama qui a prononcé son premier discours en tant que candidat démocrate devant le principal lobby pro-israélien des États-Unis, un peuple est en train de mourir sous nos yeux.

Et le pire dans tout ça, et j’ai peut-être un peu honte de le dire, c’est que quand le David palestinien ira lancer sa prochaine roquette dans l’oeil du Goliath israélien, je serai peut-être satisfait. Pas content, mais satisfait. Satisfait de voir que malgré tout on ne peut pas opprimer impunément tout un peuple sans en subir parfois les âpres conséquences.   Et je suspecte que je ne serai pas le seul à être satisfait lorsque ces barbares israéliens subiront leur propre médecine.

Tout de même triste de voir que le peuple juif, qui a tant souffert pendant la seconde guerre mondiale, est maintenant devenu un peuple de tortionnaires aux pulsions génocidaires.  Et inquiétant de constater l’appui tacite de nombreux médias, contrôlés soit par des Juifs ou sympathiques au terrorisme israélien.

Israël aurait pu être un grand pays, mais il est tombé aux mains de fanatiques bien pires que ceux du Hamas.

Des fanatiques armés et financés par Washington.

NPD-PLC: la nécessaire union contre-nature
23 septembre 2008

L’annonce de Jack Layton selon laquelle celui-ci considérait une possible coalition avec le Parti Libéral du Canada (PLC) tombe sous le sens: ensemble, les deux partis pourraient empêcher l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire, fruit de la division du vote de l’opposition. Ceci dit, il y a pourtant un obstacle majeur à cette union, et il est idéologique: comment le NPD, un parti de centre-gauche, pourrait-il faire alliance avec le PLC, de centre-droit?

En effet, et contrairement aux affirmations – peu étayées – de Patrick Lagacé et de Vincent Marissal, le Parti Libéral du Canada n’est pas et n’a jamais été, du moins dans son histoire récente, un parti de gauche.

En voici quelques exemples pêle-mêle:

  • Loi C-17 (1994) : le gouvernement libéral de Jean Chrétien a réduit la durée des prestations d’assurance-emploi et fait passer le taux des prestations de 57 à 55%.
  • Loi C-12 (1996): le même gouvernement a décidé de changer la formule de calcul; désormais on ne calculait plus les semaines de travail, mais plutôt les heures travaillées. Alors que près de 80% des travailleurs étaient couverts, ce nombre est désormais passé à moins de 50%. Puisque ces gens n’étaient plus couverts et ne réclamaient plus d’argent, le gouvernement libéral pouvait ainsi détourner l’argent de la caisse à d’autres fins. Voici d’ailleurs ce qu’écrivait à ce sujet Gaétan Guérard, conseiller syndical au Syndicat de l’enseignement des Deux Rives (SEDR-CSQ) en 2000:

    Le ratio prestataires/chômeurs (p/c), qui est confectionné à partir de données de Statistique Canada est un bon indicateur de la couverture offerte par le régime aux chômeurs . Le niveau de ce ratio est passé de 83% en 1989 à 42% en 1997 . L’état de la couverture de ce régime agonisant est resté critique mais stable à 42% en 1998. C’est donc dire qu’en 1989, 8 chômeurs sur 10 avaient droit aux prestations mais que depuis 1997, environ 6 chômeurs sur 10 n’ont pas droit aux prestations. À force de soi-disant réformes qui ne visaient en fin de compte qu’à démanteler le régime, les conservateurs et libéraux peuvent dire  » Mission accomplie « !

  • Les transferts fédéraux en éducation ont été réduits de près de 2,2 milliards $ entre 1993 et 2006, pénalisant ainsi les étudiants, à qui les provinces ont refilé une partie de la facture.
  • En 1995, les Libéraux ont imposé des compressions à Environnement Canada en plus de couper plus de 40% du financement de Parcs Canada (jusqu’en 1998).
  • En 2000, Paul Martin, alors ministre des finances du PLC, a annoncé les plus importantes baisses d’impôts de l’histoire du pays: 100 milliards en cinq ans. Il a par la suite éliminé l’impôt sur le capital des sociétés et augmenté le seuil d’exemption fiscale pour les cotisations aux REER, qui a permis d’y inclure des revenus de plus de 75 000$ par année. Plus de 30% des avantages de ces baisses d’impôts ont ainsi profité aux 5,3% des contribuables au revenu le plus élevé.
  • Lors des élections de 2006, Paul Martin annonça de nouvelles baisses d’impôts de plusieurs dizaines de milliards de dollars, seulement dépassées en quantité par Stephen Harper et ses 44,9 milliards $.

On le constate, le Parti Libéral du Canada n’est pas un parti de gauche. Il volé les travailleurs en les empêchant de toucher l’assurance-emploi à laquelle ils avaient contribué, il a coupé dans l’environnement, dans l’éducation, il a réduit les impôts des plus aisés et de compagnies faisant déjà d’indécents profits. Il a seulement été battu par un parti encore plus à droite que lui en 2006.

Ainsi, une alliance entre le NPD et les Libéraux serait extrêmement contre-nature (même si Stéphane Dion a légèrement recentré le PLC depuis son élection). Depuis deux décennies que ces deux partis proposent deux visions diamétralement opposées aux citoyens, et là, soudainement, ils s’embrasseraient les uns les autres dans une virile étreinte et iraient boire de la bière et fumer des cigares aux mêmes assemblées? Non, c’est impossible.

Par contre, rien n’empêcherait une alliance ponctuelle. C’est-à-dire que deux ennemis, malgré leurs différences, peuvent reconnaître qu’ils font face à un danger encore plus grand, non seulement pour leurs formations politiques, mais également pour le pays en général. Comme en période de guerre, on pourrait voir un front uni se créer face à la menace d’un gouvernement Harper majoritaire. Il ne s’agirait pas de s’aimer, ni même d’être en accord les uns les autres, mais d’être pragmatiques et d’échanger des circonscriptions prenables.

Par exemple, dans un comté où le Parti Conservateur est en avance mais que l’addition des votes du NPD et du PLC donnerait une victoire claire à l’un ou à l’autre, un des deux candidats devrait se retirer et appeler ses supporters à voter pour l’autre. Contrairement au vote stratégique individuel, qui est une perte d’énergie et de temps, cette stratégie permettrait d’inclure les aspirations des votants dans le prochain gouvernement, en y intégrant des postes de prestige à des candidats de l’autre formation. Ou, plus simplement, permettre une plus grande diversité au Parlement et assurer au parti appuyé qui, s’il fera partie de l’opposition, ne le sera pas dans un contexte majoritaire où il n’a pas de pouvoir.

Jack Layton a fait les premiers pas. À Stéphane Dion maintenant de mettre de côté son égo et d’y répondre. S’il continue de faire l’oreille sourde, il se dirige vers une défaite des plus cinglantes, non seulement pour lui, mais pour la majorité des Canadiens qui ne veulent pas d’un Stephen Harper mettant en oeuvre un troisième mandat Bush au Canada.

Géorgie: guerre par procuration
13 août 2008

L’Ossétie du Sud est une région autonome qui fut créée en 1922 par l’URSS. Lors de l’indépendance de la Géorgie, en 1991, ces derniers ont supprimé l’autonomie accordée aux Ossètes et n’ont eu de cesse depuis de chercher à réintégrer cette région dans son giron.

Par la suite, l’Ossétie du Sud a déclaré son indépendance et a organisé deux référendums (tous deux gagnés) démontrant l’appui de la population à sa cause. Car, il faut le dire, l’Ossétie du Sud a beaucoup plus en commun avec la Russie et l’Ossétie du Nord (partie intégrante de la Russie) qu’avec la Géorgie. Néanmoins, et contrairement au cas du Kosovo, les États-Unis et l’Union Européenne rejettent toujours cette indépendance.

Ainsi s’est instauré ce qu’on a appelé un « conflit gelé », malgré que, comme le note cette blogueuse, les nombreux morts chaque année peuvent difficilement faire oublier que sous le volcan la lave se presse, prête à surgir avec force.

Mais que s’est-il soudainement passé, lors du premier jour des Jeux Olympiques?

Profitant de l’attention sur la Chine, la Géorgie, nouvelle alliée des États-Unis depuis une Révolution des Roses largement organisée depuis Washington via des organisation de droite comme la NED, a reçu le feu vert de Washington pour reprendre le contrà´le de la République autonome, brisant ainsi le statu quo en vigueur depuis des années.

La réaction de la Russie fut donc tout ce qu’il y a de plus normale; face à l’agression de la Géorgie (avec l’appui des États-Unis) sur son alliée, elle a simplement tenté de rétablir l’équilibre des forces. Malgré les discours de Bush et les belles images d’unité de ces pays autrefois sous le giron russe mais qui aujourd’hui couchent avec Washington, dans ce conflit c’est la Géorgie qui est l’agresseur, pas la Russie.

Et si vous vous demandez pourquoi tout ce branle-bas de combat dans cette région, cliquez simplement sur l’image en haut de ce billet et observez à qui appartiennent les oléoducs qui passent en Géorgie.

Car c’est dans un contexte de fin de partiele pic pétrolier pousse les pays à se faire la lutte, par procuration, pour les dernières réserves de pétrole disponibles, essayant de faire face à la crise imminente, que se produisent ces événements.

Pas surprenant, dans ce contexte, que l’Union Européenne et les États-Unis refusent d’accepter l’indépendance des Ossètes et encouragent la Géorgie dans ses actions guerrières!

La guerre vue par…
30 juillet 2008

La guerre vue par le gouvernement du Canada et son armée de tueurs en uniformes.

La guerre vue par ceux qui subissent le gouvernement du Canada et son armée de tueurs en uniformes, et qui grandiront en ayant le goût de se venger.

Laissez brûler, laissez pourrir
8 avril 2008

Le manège militaire de Québec a brûlé. So what, comme disent les soldats, dans la langue qu’on leur impose. Laissez brûler, laissez pourrir. La terre retourne à la terre. Et bon débarras!

Il y a quelque chose de triste, voire de pathétique, dans tous ces appels de Québec à la reconstruction de « notre » manège militaire. Il se trouve même des gens pour reprocher à RDI et TQS de ne pas avoir diffusé en direct des images du feu de joie.

Non, mais soyons sérieux une minute. Le manège militaire de Québec symbolise l’armée canadienne, une institution francophobe qui fait des guerres impopulaires et injustes, auxquelles s’opposent toujours une majorité de Canadiens-français (puis de Québécois, maintenant que les Canadiens-français ont presque tous été assimilés). La sauvage répression des Patriotes, la guerre des Boers, la première guerre mondiale, la deuxième guerre mondiale, et maintenant la guerre en Afghanistan. Une insitution 100% canadian qui envoie fièrement des petits Québécois de chez nous se faire trucider au front.

Et vous voulez reconstruire le symbole de notre statut de peuple conquis, colonisé, auquel on impose les décisions du vainqueur?

Moi je dis laissez brûler, laissez pourrir, et qu’on regarde les ruines en se rappelant que ce qui peut paraître très impressionnant et tout-puissant peut disparaître du jour au lendemain, avec un peu de volonté… ou quelques bidons d’essence.

Kosovo: la finalité du mensonge
17 février 2008

Je m’en rappelle comme si c’était hier. Céline Galipeau, pleurant presque à la télévision, devant de longues files d’albanophones kosovars, soi-disant victimes d’une épuration ethnique et que la « communauté internationale » allait sauver. Cette pauvre Céline Galipeau, victime et complice d’une terrible opération de désinformation qui allait permettre aux États-Unis de « libérer » le Kosovo non pas pour lui donner la « liberté » mais pour mieux l’asservir et s’en servir comme d’une colonie-tampon entre les réserves de pétroles de la mer Caspienne et les marchés donnant sur l’Adriatique…

En effet, à la fin des années 90, on a un (long) moment cru que les réserves de pétrole de la Caspienne étaient supérieures à celle de l’Irak et peut-être même de l’Arabie Saoudite. Mais le problème, pour les États-Unis, était que les Russes pouvaient avoir accès facilement à ce pétrole, alors qu’aucun pays « ami » de l’Oncle Sam ne permettait d’acheminer le pétrole vers l’Occident. Et c’est là que le Kosovo devenait important: il était le lien entre la production et la distribution de pétrole.

Ainsi, tout comme ce fut le cas en Afghanistan, les services secrets américains se sont alliés avec les intégristes musulmans afin de créer des troubles; une subversion créée de toutes pièces. Ils ont commencé à s’attaquer à la minorité serbe de la province, brûlant des églises, violant des femmes et des enfants, tuant des vieillards. Ils ont fait régner la terreur afin d’entraîner la Serbie dans le piège-à-con. Et elle y est tombée! Car Slobodan Milosevic, comme tout bon président (élu démocratiquement) de n’importe quel pays, se doit de faire respecter l’ordre et de protéger sa population. Ainsi, il a dû envoyer des renforts pour faire cesser les troubles, ce qui a par la suite permis aux États-Unis de déclencher une guerre… qui elle seule fut responsable de l’exil des Kosovars, Serbes et Albanophones!

Avec le recul, on peut facilement affirmer que la guerre du Kosovo fut la plus grande opération de désinformation depuis la seconde guerre mondiale (mais tout de même dépassée par le 11 septembre 2001)!

Et maintenant, maintenant quoi? On a un nouveau soi-disant pays, appuyé par ceux qui ont financé les terroristes (les États-Unis) et présidé par un ancien terroriste, et dont la seule existence est une aberration culturelle et ethnique, un énième découpage d’une région déjà beaucoup trop morcelée.

Et pendant ce temps, un pays qui devrait exister depuis longtemps et a toutes les raisons d’exister, n’existera probablement jamais puisque même la cheffe du parti soi-disant indépendantiste a trahi son peuple, sa culture et sa langue…

À lire, ou à relire:

Le Kosovo, un otage de plus dans la guerre du pétrole
Kosovo ‘freedom fighters’ financed by organized crime
Démantèlement de la Yougoslavie
The Albanian Connection
Washington finance la guerre ethnique dans les Balkans

Pour mieux comprendre les guerres de Yougoslavie:

Emperor’s Clothes Articles on Yugoslavia

Du coquelicot à la fleur de pavot?
12 novembre 2007

Tous les ans, on le voit réapparaître sur les manteaux et les chemises de tous les bien-pensants soucieux de leur image, vers la fin octobre ou le début novembre: le coquelicot. Cette fleur représente un hommage aux sacrifices des soldats de la Première guerre mondiale, qui fut par la suite étendu aux autres guerres d’importance.

Mais pourquoi le coquelicot? Simplement parce que les terrains crayeux de la Flandre furent surchargés de chaux pendant les combats, ce qui constitue le sol le plus fertile qui soit pour cette fleur. Ainsi, elle apparut durant la guerre, en même temps que les morts, et elle disparut par la suite, lorsque la chaux fut bien absorbée par le sol.

Le lieutenant-colonel John McCrae écrivit le poème « Au champ d’honneur » en mai 1915, et c’est à partir de celui-ci que commença dans l’imaginaire collectif ce lien entre la fleur et les guerres.

Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici,
Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

L’honneur, la patrie, le sacrifice. Des guerres où on se battait pour nos valeurs, pour notre liberté. Une guerre où les soldats étaient des héros, dont les actions étaient célébrées et acclamées car elles étaient justes. Une vraie guerre, de vrais soldats courageux, au front pour nous.

Rien à voir avec la guerre en Afghanistan, cette guerre de l’empire de la drogue. Une guerre où les soldats ne savent plus qui ils attaquent, ni pourquoi ils attaquent. Une guerre où on se terre dans des campements cachés pour attaquer l’ennemi de nuit, trop peureux pour accepter le corps à corps. Une guerre où les soldats canadiens sont plus occupés à fumer du pot ou à s’injecter de l’héroïne (il faut bien que les plantations de pavot qu’ils protègent servent à quelque chose) qu’à protéger nos soi-disant libertés.

Une guerre sans envergure, menée par des lâches au service d’intérêts financiers n’ayant rien à avoir avec qui que ce soit ici.

Le coquelicot est peut-être dépassé, au fond. Ne devrions-nous pas le remplacer par la fleur de pavot, qui représente de mieux en mieux cette guerre? Voilà qui serait certainement un contre-poids à la pathétique propagande de l’armée canadienne consistant à mettre de petits « support our troops » au centre de coquelicots rouges, essayant de faire un lien entre les héros des guerres mondiales et les lavettes sans conscience qui vont se droguer en Afghanistan…

Dans une guerre injuste, ceux qui la mènent sont le bras armé de l’injustice et s’ils ne sont pas assez intelligents pour prendre conscience de la gravité de leurs gestes et se rendre compte qu’ils n’ont PAS l’appui de la population, alors ils méritent de sombrer dans l’oubli, loin, très loin des héros qui ont combattu lors des guerres mondiales.

Car la guerre est une solution de dernier recours; ça ne doit pas être un outil parmi d’autres aux mains d’une minorité de nantis qui veulent refonder le monde selon leurs intérêts.

Le Bloc contre-attaque
22 septembre 2007

Les cinq conditions du Bloc Québécois pour entériner le discours du trône sont une excellente occasion pour le parti de reprendre l’offensive, lui qui s’est trop souvent retrouvé cantonné dans des positions un peu complexes et loins des préoccupations quotidiennes des gens.

Premièrement, le Bloc ne veut plus simplement encadrer le pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétence du Québec; on veut désormais éliminer ce pouvoir. Car si les Conservateurs se targuent d’être des décentralisateurs, contrairement aux Libéraux et aux Néodémocrates selon certains analystes politiques, ils ne traduisent pas cette volonté dans la réalité en empiétant eux aussi sur les champs de compétence provinciaux, notamment en s’ingérant au niveau de la santé et de l’éducation. En réclamant la fin de ce pouvoir, le Bloc tend un piège très difficile à éviter pour… Jean Charest et le PLQ, qui devra maintenant soit s’allier avec un parti souverainiste soit justifier l’acceptation de l’intrusion d’Ottawa dans les affaires de la province.

Deuxièmement, le Bloc exige des Conservateurs l’adoption de Kyoto et la création d’une bourse du carbone à Montréal. Kyoto, largement populaire au Québec, doit devenir un enjeu pour les prochaines élections et le Bloc entend ainsi démontrer que le Parti Conservateur n’en a rien à faire de cette question. Voilà qui pourrait en faire réfléchir plusieurs, surtout dans les centres urbains, où cette question est de plus en plus brûlante (sans mauvais jeu de mot)…

Troisièmement, le Bloc désire que le système de gestion de l’offre soit maintenu dans son intégralité, afin de protéger les agriculteurs des dérives d’une baisse des prix des matières premières dans un contexte de mondialisation des marchés et de déréglementation néolibérale mettant en compétition le milieu agricole québécois et ceux du tiers-monde.

Ensuite, le Bloc exige de l’aide pour les populations au prise avec la crise forestière, une mesure particulièrement appréciée et utile pour la population gaspésienne et celle du nord du Québec.

Et finalement, mais non le moindre, on exige le départ des troupes canadiennes d’Afghanistan en février 2009. Considérant que la très grande majorité des Québécois s’opposent à l’occupation de l’Afghanistan par le Canada, voilà qui devrait inciter plusieurs personnes à ne pas céder aux sirènes conservatrices et à se rappeler qu’un vote pour le Parti Conservateur est effectivement un vote pour la guerre et pour une approche militariste de la politique internationale, faisant effectivement du Canada un pays non seulement qui gaspille ses précieuses ressources pour acheter des armes, mais qui en plus devient une cible pour les terroristes à cause de son attitude belliqueuse.

Ces cinq conditions ne sont pas un feu de paille; elles signifient une prise de conscience majeure au sein du Bloc Québécois sur la nécessité de confronter le Parti Conservateur sur ses points faibles. On prend le pari qu’un parti démontrant un tel mépris pour les valeurs québécoises ne pourra pas obtenir de meilleurs scores que ceux déjà obtenus. Et on fait également le pari que dans un débat entre Harper et Duceppe, le premier ministre ne pourra jamais justifier ses politiques face à l’électorat québécois.

Dans le fond, on a décidé au Bloc que c’était fini de se laisser manger la laine sur le dos et on a décidé de se battre pour les valeurs québécoises, peu importe les implications du jeu politique. Voilà une approche tout à fait honnête qui pourrait rapporter gros dans un monde politique idéal où les gens ont des valeurs bien établies et la conviction de voter selon leurs valeurs.

Mais dans la réalité, qu’en sera-t-il?

Les gentils « Zamaricains »
21 septembre 2007

Voici un graphique des dépenses militaires globales de 2005.

Les États-Unis, qui constituent à peine 5% de la population mondiale, dépensaient, en 2005, près de 43% de toutes les ressources sur la planète consacrées à la guere. Et ces chiffres ont encore augmenté au cours des deux dernières années..

Un empire militariste, vous dîtes?