Le spectacle de la terreur
31 mai 2010

Les terroristes ont toujours de bonnes raisons. Qu’ils se fassent exploser au milieu d’une foule, qu’ils répandent un gaz mortel dans le métro, qu’ils tuent un médecin pratiquant l’avortement ou qu’ils massacrent gratuitement une vingtaine de civils comme l’a fait Israël hier, ceux qui pratiquent la terreur se présentent toujours en victimes.

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« Ils ont non seulement refusé de collaborer, ils ont délibérément attaqué nos soldats » s’est plaint le premier ministre israélien, en visite à Ottawa aujourd’hui. Avouez qu’elle est bonne. Israël attaque des bateaux en eaux internationales – des bateaux remplis de plus de 10 000 tonnes d’aide humanitaire, d’aide médicale, de vêtements, de nourriture, de fournitures scolaires; des bateaux avec des journalistes, des religieux, une ancienne lauréate du prix Nobel de la paix, un rescapé de la Shoah, des écrivains, des personnalités publiques; des bateaux dont le seul but était d’alléger les souffrances des Palestiniens de la bande de Gaza, victimes d’un blocus israélien illégal et qui rend leur existence misérable – et extermine une vingtaine de civils innocents, mais évidemment, ils l’avaient cherché. Vous imaginez, le soldat armé jusqu’aux dents, violant les lois internationales, arraisonnant un navire pour la seule raison qu’il allait à un endroit qu’Israël s’est illégalement approprié, qui débarque en pleine nuit avec tout son attirail, et qui fait face à des militants, des écrivains, des journalistes, et des pacifistes? Oh le pauvre soldat israélien!

La situation israélienne est devenu tellement risible qu’on se demande si le rire ne constitue pas la dernière façon de conserver un semblant de stabilité mentale. Il y a un an, on condamnait un Canadien d’origine rwandaise de crimes contre l’humanité pour son rôle dans le génocide de 1994. Et aujourd’hui, en 2010, on accueille Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, à bras ouverts, on se donne des accolades, on parle de fraternité, de pays alliés. Pendant que Gaza est devenu un camp de concentration à ciel ouvert, que des centaines de milliers de personnes y vivent entassés comme des cloportes sous une roche, que l’électricité n’y est qu’intermittente, que des humains y meurent faute de médicaments, nous, ici, dans ce beau grand Canada « coast to coast », accueillons le chef de l’État responsable de cette barbarie et le traitons avec les meilleurs égards.

Il n’y a vraiment pas de justice dans ce monde. Ou plutôt, sur une planète où tout s’achète et tout se vend, la justice est devenu un bien de consommation comme un autre, qu’on joue à une bourse de la misère humaine où la valeur d’un Juif doit bien valoir un zillion de fois celle d’un Palestinien. Qu’un citoyen américain ou israélien soit victime d’un crime, s’il meurt le drapeau à la main en priant Dieu ou Yahvé, et il aura droit à une cérémonie grandiose, à des représailles terribles contre ses bourreaux. Mais qu’un peuple en entier se fasse écraser le visage dans la boue depuis un demi-siècle par un pays lui ayant volé ses terres, ses maisons, ses frontières, sa dignité et qu’on fauche la vie de dizaines de héros ayant décidé de lutter concrètement contre ce lent génocide, et on aura droit aux « regrets » officiels de Stephen Harper. Pas une condamnation, pas une dénonciation. Non, non, des regrets. Oups, scusez madame, je n’avais pas vu votre pied.

S’il y avait une justice dans ce monde, ou à tout le moins dans ce pays, Benyamin Nétanyahou serait aux arrêts, prêt à subir un procès pour crime contre l’humanité. Le Canada exigerait des frappes aériennes de l’OTAN contre Israël pour faire cesser ces crimes odieux et Washington cesserait de donner plus de trois milliards de dollars d’aide militaire annuellement à l’État hébreux et se servirait de ces ressources pour rebâtir la Palestine.

Oui, s’il y avait une justice, nous serions peut-être encore un peu des humains.

En attendant, c’est le spectacle qui continue. Celui qui se joue à guichets fermés depuis la nuit des temps et qui met en scène les jeux de pouvoir de puissants pour qui la vie d’autrui ne constitue qu’une variable comme une autre dans une équation pour le pouvoir et où les pires atrocités trouvent toujours toutes sortes d’explications tordues.

Pour le bien de tous, évidemment.

Demandez ça aux morts.

Le génocide des pauvres
8 mars 2010

Pendant qu’on nous demande de nous serrer la ceinture, de faire des efforts, bref, de nous appauvrir, on apprend aujourd’hui que le Canada est un des pays au monde imposant le moins ses entreprises. Si des pays comme le Japon et les États-Unis – pourtant pas des républiques socialistes – ont des taux d’imposition avoisinant le 40%, le Canada a une cible de près de 25% d’ici deux ans, et le Québec, en gros Wal-Mart de la copie bon marché, offre 11,9%. Et si, en gagnant cette course aux bas impôts, on ne contribuait pas simplement à accepter l’inacceptable?

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En effet, il faudra un jour se poser la question. La logique néolibérale est simple: puisqu’on ouvre toutes grandes les frontières, les entreprises sont en compétition les unes contre les autres. Ainsi, si des pays leurs imposent des normes environnementales, sociales ou financières « trop » sévères, elles quittent pour un endroit plus laxiste. Alors, dites-moi, à quand l’imposition zéro?

Illustrons en exagérant: pourquoi se contenter de baisser un peu les impôts, d’attendre qu’une autre nation les baissent davantage, puis les rebaisser de nouveau? Pourquoi ne pas simplement abolir les impôts des entreprises? On pourrait même imaginer leur offrir de l’argent, des bâtiments neufs, des subventions. Et pourquoi pas des toilettes en or? Puisque l’État est incapable, selon les tenants de la droite économique, de la moindre efficacité, il faut jouer le jeu de la compétition et assurer aux entreprises un cadre financier leur permettant de faire des milliards de dollars sans jamais redonner le moindre sou à la collectivité. Et on appelle cela le progrès? Et on appelle cela « compétitivité »?

En fait, ce n’est pas seulement au niveau des impôts aux corporations que l’État se délaisse de son rôle de redistribution de la richesse. Comme je l’écrivais ici, le Canada a également un des taux d’imposition des particuliers aisés parmi les plus faibles au monde. Seulement 27% d’imposition pour un individu seul gagnant 167% du revenu moyen; des pays comme le Danemark, la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas imposent à plus de 40% ces individus qui ont les moyens de payer. Et – surprise, surprise – ce sont également des pays parmi ceux-ci qui ont le plus faible taux de pauvreté des personnes en âge de travailler. Le lien doit être répété: l’impôt permet la redistribution de la richesse; les pays qui imposent moins leur population sont également ceux où il y davantage de pauvreté.

Un génocide des moins-nantis

Avec la pauvreté issue d’un manque de redistribution de la richesse vient, immanquablement, la mort. On savait déjà que le système de santé états-unien, par exemple, qui n’offre pas la moindre protection à plus de 47 millions de personne, entraîne la mort de plus de 101 000 personnes par an. On apprend, aujourd’hui, sur le blogue de Jean-François Lisée, qui cite une étude du British Medical Journal, que c’est plus de 1,4 millions de personnes qui meurent, ANNUELLEMENT, à cause des inégalités sociales, dans les trente pays les plus développés.

Dès que le coefficient de Gini, qui calcule ces écarts, dépasse 0.30, le nombre de morts augmente en flèche. Si 103 personnes meurent de l’inégalité au Canada (Gini 0.301), c’est plus de 11 000 en Angleterre (Gini 0.326), 16 000 en Italie (Gini 0.347), 883 000 aux États-Unis (Gini 0.357) et 425 000 au Mexique (Gini 0.480)! Soyons clair: l’inégalité tue. Tout ce qui permet au coefficient de Gini d’augmenter, que ce soient les baisses d’impôts aux mieux-nantis ou les hausses de tarifs pour la classe moyenne et les plus pauvres, résulte en la mort d’individus.

Or, il n’est que trop facile de se déresponsabiliser du fait que ces morts ne sont pas nécessairement visibles. Si on prenait 1,4 millions d’individus, qu’on les entassait dans des camps de concentration avant de les enfermer dans des chambres à gaz, tout ceci sous la direction d’un seul homme, on descendrait dans la rue, avec justesse, et on exigerait la tête du dictateur. Ce crime-là est inhumain. Tuer 1,4 millions d’individus de cette façon, c’est impensable.

Mais si on tue 1,4 millions de personnes par les milliers de mains d’un système économique bien huilé, personne ne bronche. Quand un homme meurt du cancer des poumons parce qu’il a travaillé dans des mines insalubres pour survivre, personne ne réagit. Quand une femme se prostitue pour payer les comptes, attrape le SIDA ou se fait battre à mort, ce n’est qu’un fait divers. Quand un enfant de douze ans sniffe de la colle pour oublier la tragédie de son quotidien, ce n’est qu’une histoire pathétique de plus, au mieux de la matière première pour journalistes en mal de pipole.

Les mêmes morts; seule la manière de les tuer qui diffère. D’un côté, la mort est organisée, planifiée, voulue, souhaitée, de l’autre elle est le résultat de la soi-disant faiblesse de personnes qu’on a laissé seules à elles-mêmes, des dommages collatéraux dans une société qui, au nom de la compétitivité, a fait de la loi de la jungle sa raison d’être. D’un côté, les morts justes, les victimes d’Holocaustes qu’on célèbre à chaque année avec des fleurs et des minutes de silence; de l’autre, des inconnus, des « faibles » qu’on lance dans la fosse commune de l’oubli.

Pourtant, une mort, une seule mort d’une personne qui a été privée de la chance de voir le soleil se lever un autre matin, est une mort de trop. Qu’on tue avec une machette, dans des chambres à gaz, sur une chaise électrique, avec une cuillère à crème glacée dans l’oeil ou en laissant les inégalités transformer notre société en tombeau des plus démunis, le résultat est le même: on se prive du talent d’un individu, et on laisse les plus faibles crever, comme dans la nature, comme chez les animaux. On commet l’indéfendable; d’un eugénisme à la Hitler ou d’un génocide mécanique des plus démunis, le résultat est le même: l’homme redevient animal, il se saborde, il détruit son âme et sa conscience.

Non, ce refus d’imposer les mieux-nantis, entreprises ou individus, ne constitue pas un fait divers. C’est la prémisse d’un changement de l’ordre social, d’une attaque non seulement contre l’État-providence, mais également contre la civilisation, contre nos valeurs humaines, contre cette conception que la vie est sacrée et que chaque humain a le droit de la vivre pleinement.

Peu importe les discours, peu importe les arguments économiques fallacieux d’économistes à la solde de leurs propres intérêts, et peu importe les manigances et les sermons quant à l’importance du serrage de – notre – ceinture, toute cette mécanique génocidaire et violente débute d’un système qui utilise les humains comme autant de boulons d’une complexe machine alors que ceux-ci devraient constituer, précisément, la finalité de toute entreprise.

Qu’on nous demande, aujourd’hui, d’accepter ces morts, de consentir à la diminution de notre niveau de vie pendant qu’on laisse les entreprises et les mieux-nantis continuer leur party, n’est pas seulement indécent: c’est criminel.

S’il y avait un semblant de justice sur la Terre, ceux qui votent de tels budgets, qui façonnent de telles politiques, et ceux qui en font la promotion, seraient jugés pour crimes contre l’humanité et collaboration à commettre ces crimes.

La pauvreté n’est pas innée ni volontaire; elle est la résultante de choix politiques. Notamment celui de ne pas imposer plus équitablement les entreprises et les mieux-nantis.

Hors du Québec, prince Charles!
29 octobre 2009

La deuxième fois fut la bonne. Le mois dernier, j’avais manqué de peu l’invitation à participer à Franchement Richard Martineau, l’émission du coloré animateur, à LCN. Ce matin, j’y suis retourné non pas pour parler du changement de nom de la rue Amherst en rue Pierre-Falardeau, mais pour dénoncer la visite prochaine du Prince Charles au Québec.

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Comme LCN n’offre pas toutes ses émissions sur le web, vous pourrez seulement me voir ce soir vers 22h15, en reprise. Après cela? Dans l’éther… TVA ne diffuse pas toutes ses émissions sur le web.

Face à moi, en plus de Martineau, il y avait Pierre Dufault, un Franco-Ontarien qui a été journaliste à Radio-Canada pendant des décennies et qui est un vrai féru d’histoire. Sa vision de l’histoire, du moins. Car si l’entrevue à la télévision a duré à peu près dix minutes, nous avons eu l’occasion de discuter pendant une bonne demi-heure avant celle-ci. Je n’avais que rarement rencontré quelqu’un aux idées aussi diamétralement opposées aux miennes; c’était très stimulant.

D’abord, M. Dufault était très coloré; il n’a pas eu peur de défendre ses idées. J’ai adoré. Tout comme j’apprécie cela chez Richard Martineau, même si je ne suis pas souvent d’accord avec lui. Dufault, donc, trouvait les recherchistes pas assez informées (ce qui était un peu méprisant de sa part), l’Internet inutile, il considérait que le français n’était pas réellement menacé au Canada, il était fier de ses « racines » britanniques, et son argument central était qu’on pouvait plus facilement s’accommoder d’une monarchie symbolique qui fonctionne que de se lancer dans une réforme à la républicaine pouvant coûter cher et causer bien des surprises.

Bon. Je vous donne cela en condensé, mais c’était à peu près de cette façon qu’il m’a raconté tout ça. Et lorsque je lui ai parlé des exactions causées par sa chère monarchie, il m’a répondu que les esclavagistes n’étaient pas mieux. J’ai tout de même eu une véritable satisfaction lorsque je lui ai rétorqué, du tact au tact, que les Afro-américains ne célébraient pas les esclavagistes et qu’ils s’étaient débarrassés de cet héritage honteux. Il a comme eu – comment dirais-je – un moment de flottement. C’était goûteux.

Alors, la question qui tue, pourquoi doit-on se débarrasser de la monarchie et refuser d’honorer la venue du prince Charles au Canada?

Une monarchie honteuse

Disons-le tout de go, la monarchie coûte cher: près de 40 millions $ par année. C’est de l’argent qui pourrait aller dans les écoles, dans les hôpitaux, pour les infrastructures. S’il s’agit d’une petite somme en comparaison du budget total du gouvernemental, il s’agit d’une dépense qu’on ne peut pas se permettre à une époque où on parle de compressions et de déficit. Pourquoi accepter que des lieutenant-gouverneurs vivent comme des pachas, dans une fonction purement symbolique, pendant que de nombreuses personnes sont sur le chômage? 40 millions $, c’est toujours 1000 personnes qu’on pourrait faire vivre à 40 000$ par année.

Pourtant, cela dépasse le cadre financier. C’est une question de respect. Doit-on honorer une institution responsables d’actes d’atrocité dans notre histoire? Comment ignorer la déportation des Acadiens, en 1755, où plus de 12 600 personnes ont été déportées sur une population totale de 15 000 individus? Comment oublier que le nombre de morts découlant de cette tragédie a été évalué à un chiffre entre 6000 et 9000 personnes? 6000 à 9000 sur 15 000, c’est un génocide, simplement. Si la monarchie a reconnu la tragédie de la déportation par la voix de l’ancienne gouverneure-générale du Canada, Adrienne Clarkson, elle ne s’est pas excusée pour autant. Cela se comprend: le monarque prend son pouvoir de Dieu et Dieu est tout-puissant. La monarchie ne s’excuse jamais.

Et si on parlait également des Patriotes, du rapport Durham, de la fusion du Haut-Canada et du Bas-Canada dans le but explicite d’assimiler les francophones? Que dire de Louis Riel? Ou si on parlait de l’interdiction des écoles francophones publiques hors-Québec pendant plus de cent ans, où il aura fallu attendre 1998 pour que les francophones ontariens, par exemple, puissent gérer eux-mêmes leurs écoles? L’histoire canadienne est celle d’un ethnocide à l’égard des francophones. Un ethnocide qui se poursuit encore aujourd’hui. Même si la monarchie est devenue symbolique, ses structures et son fonctionnement gangrènent encore notre existence.

En fait, quand Pierre Elliot Trudeau a rapatrié la constitution canadienne en 1982, sans le consentement du Québec, il a simplement remplacé la monarchie par une autre forme de dictature: celle de la charte canadienne. Aujourd’hui, en place d’une monarchie ou de ses représentants devant approuver les lois, n’importe quel groupe peut prendre d’assaut la Cour suprême et faire invalider les lois démocratiquement votées en se basant sur une charte sclérosée tout aussi supérieure à notre démocratie que le fut la monarchie. Ainsi, Brent Tyler qui, grâce à un généreux financement du gouvernement fédéral, a pu faire invalider la loi 104, pourtant votée à l’unanimité par les parlementaires québécois. Les noms changent, mais la structure demeure: on a simplement échangé la muselière monarchique pour une autre. On a ajouté un étage à l’édifice sur les branlantes fondations monarchiques existantes.

Or, si on veut se réapproprier notre démocratie, si on désire que ce soient nos élus qui prennent les décisions et non une cour à Ottawa, il faut reconstruire notre édifice en entier. On doit s’attaquer aux fondations de notre tour de Pise qui menace de constamment de nous jeter dans le vide de notre disparition. On doit éliminer jusqu’au concept-même qu’il puisse y avoir un pouvoir supérieur à celui de nos élus.

Ainsi, pour toutes ces raisons, il convient de s’opposer à la monarchie et à la visite du Prince Charles, qui doit venir souiller notre sol début novembre. Ce n’est pas seulement parce que cette institution a agi de manière génocidaire avec nous, qu’elle a tenté de nous éliminer culturellement, mais aussi et surtout parce que sa pensée élitiste et anti-démocratique s’est perpétuée dans nos institutions, permettant à n’importe quelle minorité de refuser nos lois et de s’acheter des accommodements leur permettant d’ignorer notre démocratie.

Et si on sortait dans la rue et qu’on rappelait à cet aristocrate que 86% des Québécois ne veulent plus rien savoir ni de lui ni de sa famille?

À lire: Lettre au prince Charles

Le dictateur et sa moustache
24 juin 2008

En ce jour de notre fête nationale, j’ai une petite pensée pour le Zimbabwe, pays africain enfoncé dans le chaos parce que son président-dictateur, Mugabe, s’accroche au pouvoir et utilise toutes sortes de moyens anti-démocratiques pour arriver à ses fins.

Je ne l’aime pas vraiment Mugabe. Faut dire, il a le look, avec sa moustache hitlérienne, son air de doberman enragé et ses diatribes contre l’Occident. Il a un look de l’enfer, et pour sûr qu’on y réservera une place de choix quand sera venue le jour de sa mort.

Ceci dit, Mugabe a fait une erreur cruciale, avant-hier, quand il a traité Londres et Washington de menteurs. On ne mord pas la main qui nous nourrit, et on ne mort pas la main de ses seuls alliés potentiels.

En effet, depuis une cinquantaine d’années, les États-Unis ont souvent permis l’existence de terribles dictatures, en autant que celles-ci protègent leurs intérêts. Ils ont financé les escadrons de la mort des Contras au Nicaragua, ils ont financé la dictature un peu partout en Amérique latine, ils ont appuyé la répression en Indonésie, tuant près de 200 000 militants de gauche (et leurs familles), ils soutiennent présentement les Philippines, qui, malgré une apparence de démocratie, tuent impunément des dirigeants syndicaux. Et même pas besoin de parler du génocide israélien…

La mort ne fait pas peur à Washington et tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. La dictature n’est pas un problème, ne l’a jamais été, et la seule raison justifiant une intervention est quand le dictateur se rebelle et oublie qui sont ses maîtres.

« Seul Dieu peut me retirer le pouvoir qu’il m’a donné », affirmait Mugabe. Oui, Dieu, ou les États-Unis d’Amérique, qui n’hésitent pas à déchaîner les foudres de l’enfer sur quiconque ne se plie pas à leur volonté.

La dictature n’a jamais été un problème. Tant qu’elle se plie aux volontés de l’empire.

Bonne fête nationale à nous tous, Québécois, et ayons une petite pensée pour tous les autres peuples qui n’ont pas encore de pays ou dont le pays leur a été volé par un sinistre personnage, moustache ou pas.