Les Fils de la poubelle
10 novembre 2011

Quand on pense aux radio-poubelles, on pense spontanément à la ville de Québec et à une certaine droite populiste sans classe qui y sévit depuis plusieurs années. Pourtant, ce genre de radio existe à Montréal, sur Internet, dans l’indifférence la plus totale. Ainsi en est-il d’un obscur groupuscule de pseudo-militants indépendantistes qui pollue la toile avec des propos homophobes, sexistes, discriminatoires et haineux. J’ai nommé les « Fils de la liberté ».



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Derrière ce nom pompeux, affublé d’un sous-titre tout aussi prétentieux – « La réponse à 1984 est 1837! », comme si le simple fait de juxtaposer le célèbre livre d’Orwell avec la rébellion patriote pouvait prouver quoi que ce soit sinon le manque total de culture historique de ceux qui ont eu cette idée bizarre – se cachent Jean-Philippe Décarie-Mathieu, Simon Thouin, Fred Pageau, Mathieu Duchesne, Christian Bergevin et André Forget.

Dans leur émission de la semaine dernière, ils s’en sont d’abord pris aux homosexuels: « Si tu veux vraiment voir de quoi ça a l’air 100 000 personnes, va-t-en à la parade des tapettes » (4:24). Ils ont également parlé de la Grèce comme ayant seulement réussi à produire « Nana Mouskouri, les Jeux olympiques et la sodomie » (15:50). Finalement – et le pire de tout – ils ont parlé de Françoise David (vers 5:30), la cheffe de Québec Solidaire, de la manière la plus dégradante qui soit:

Pour promouvoir son prochain livre, euh, de rage et de tampons, euh, de frustration et de lesbianisme… euh c’est pas témoignage d’une femme fontaine… aaaahhh merci… la fontaine est tarie depuis très longtemps, c’est à sec… (*rires*) … c’est comme du papier sablé. […] Je pensais qu’il y avait un porte-parole homme et femme à Québec Solidaire je vois juste deux hommes.

L’homosexualité et l’apparence physique. Peut-on croire, en 2011, qu’on en soit encore rendu là? Mes lecteurs – qui sont fort heureusement beaucoup plus nombreux que ceux qui suivent les péripéties de ces adeptes de la radiophonie de fond d’égout – savent que je critique parfois des personnes, ou des groupes. Je le fais à propos de leurs idées ou de leurs gestes; c’est-à-dire à propos de ce qui peut se changer.

Il y a en effet une forte nuance à apporter entre la critique de l’essence d’un individu et celle de ses idées ou de ses comportements. Ainsi, lorsque ces individus – dont l’un crache son fiel du fond du placard (de source sûre) – s’attaquent aux homosexuels ou à la féminité de Françoise David, ils s’en prennent à l’essence, à des choses qui ne peuvent pas être changées. C’est l’équivalent le plus clair et net du racisme; dire qu’on déteste un Noir, par exemple, est méprisable parce qu’un individu ne choisit pas la couleur de sa peau. De la même manière, personne ne choisit d’être homosexuel ou d’avoir l’air plus ou moins viril.

Ce qui est le plus triste, c’est que les auteurs de cette émission présentent des thèmes avec une prétention intellectuelle. Je dis « prétention », bien évidemment, car les sujets ne sont traités qu’en surface et avec la subtilité d’un camion de quarante pieds dans une ruelle. Quand on écoute une radio-poubelle de Québec, on s’attend à du ridicule, à des niaiseries, à du langage prépubère; ils ne se prennent pas au sérieux. Dans le cas de cette bande au discours haineux, on ajoute l’intellect au misérable; une belle crotte sur laquelle on étend de la crème fouettée.

Je ne sais pas si Françoise David portera plainte contre ces gens. Elle devrait. Bien sûr, certains pourraient être tentés de dire que ce ne sont que des imbéciles à l’homosexualité refoulée ou des pseudo-révolutionnaires de salon à l’égo aussi gros que leur insignifiance, mais il serait dangereux, collectivement, de ne pas réagir quand on entend de tels propos.

Si on laisse passer de telles aberrations, que laissera-t-on passer la prochaine fois? Il arrive un moment où, collectivement, on doit mettre son pied à terre et se faire respecter. L’intimidation, qu’elle vienne du RRQ, des « Fils de la liberté » ou d’un quelconque autre mouvement pseudo-révolutionnaire, n’a pas sa place.

De la division?

Je devine déjà les haut-cris d’une minorité qui affirme que ce serait encore favoriser la division que de s’en prendre les uns aux autres entre indépendantistes. Non, ce ne serait pas le cas. Le mouvement indépendantiste est un beau et un grand mouvement, mais il y a plusieurs pommes pourries qui le gangrènent.

Dans un article précédent, par exemple, j’ai expliqué – et prouvé à l’aide de copies d’écran – de quelle manière Carl Contant, chef de section du RRQ dans Lanaudière, a tout fait pour empêcher une manifestation pour la Loi 101. Ici, je pourrais également parler d’un des animateurs des Fils de la liberté, Mathieu Duchesne, qui m’a intimidé en me disant qu’il se demandait pourquoi j’étais encore en vie et que je devrais me cacher. On pourrait également parler de Jean-Philippe Décarie-Mathieu – un autre des Fils de la liberté – qui a insulté gratuitement le militant Jason Keays. La liste est longue. La question à se poser est la suivante: jusqu’à quel point doit-on se pincer le nez pour oublier l’existence de ces individus qui se servent de la cause pour se donner une estime d’eux-mêmes qu’ils n’auraient pas autrement?

J’ai rencontré une très bonne personne dernièrement. Un militant, un vrai. Actif, il a occupé un poste important au RRQ, il a organisé une manifestation contre l’exploitation du gaz de schiste, il a coorganisé deux manifestations pour une Loi 101 plus forte, il a été de tous les combats pour la langue. Dernièrement, il m’a annoncé qu’il cessait de militer. Pourquoi? À cause de tous ces gens. À cause de l’intimidation. À cause de membres de son ancienne organisation qui lui cherchent noise et parce qu’il en a assez de ces pommes pourries.

Voilà le vrai prix du silence. Quand on refuse de réagir face à l’intimidation, quand on laisse des gens faire ce qu’ils veulent et qu’on n’agit pas sous prétexte qu’ils sont une minorité, on finit par toucher à la force vitale des vrais militants et on décourage ceux qui auraient envie de s’impliquer dans ce mouvement.


Ajout: Les Fils de la poubelle on affirmé que leur site serait plus populaire que le mien à cause qu’il serait en meilleure position sur le site Alexa; mais ils ont « oublié » de souligner que la réputation du mien est près de deux fois supérieure à la leur, c’est-à-dire qu’il y a beaucoup plus de liens entrants vers le mien, et des liens de qualité, que vers le leur. Enfin, bref, nul besoin de faire un concours de popularité; il est facile d’attirer beaucoup de paranoïaques avec des mots clefs comme « Rothschild » et autres. Le fait est que leur site web est peu visité, beaucoup moins que celui-ci, et que ça n’invalide pas ma dénonciation de leur homophobie et de leurs commentaires haineux à l’encontre de Françoise David.

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L’incohérence méprisante de Françoise David
27 janvier 2011

Deux paragraphes. C’est tout ce qu’il aura fallu de la part de Françoise David pour qu’elle me convainque de déchirer définitivement ma carte de membre de Québec Solidaire (QS). Fini pour moi. Fi-ni. J’étais devenu membre l’an dernier, après l’énième enfoncement à droite du Parti Québécois et alors que le parti violait ses propres règlements internes pour éliminer le SPQ-Libre, c’est-à-dire à peu de choses près ce qu’il restait de feue son aile centre-gauche. J’avais décidé de me pincer le nez devant les positions multiculturalistes de QS en espérant y trouver mon compte dans un programme économique de centre-gauche tout ce qu’il y a de plus avant-gardiste pour le Québec. Malheureusement, Françoise David vient de me rappeler pourquoi ce parti ne pourra jamais réellement parler au nom des Québécois: ce parti n’a de Québécois que le nom.

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En effet, en traînant dans la boue un militant nationaliste de gauche comme Jean-Roch Villemaire, sous prétexte que son mouvement entend réduire l’immigration ou qu’il s’oppose aux dérives d’un multiculturalisme transformant insidieusement la nation québécoise en un fourre-tout sans queue ni tête, elle s’attaque de front à tous ceux qui, à des degrés divers, ont à la fois conscience de la nécessité d’un ordre économique plus solidaire ET d’une société valorisant la protection de l’identité et de la langue des Québécois. En accusant frauduleusement M. Villemaire d’être un raciste – alors que sur son site il est clairement indiqué que l’homogénéité nationale prônée ne doit pas être raciale – Françoise David se met à genoux devant les Éric Duhaime, Mathieu Turbide, Joanne Marcotte et autres scribouille-merdes de ce monde, eux qui ont tout fait pour monter en épingle une simple manifestation contre l’apartheid israélien.

Ainsi, David, plutôt que de resserrer les liens contre la propagande de Quebecor et d’encourager les manifestations contre l’achat de produits israéliens, justifie la manipulation orchestrée par Quebecor – appuyée par le Réseau Liberté(sic)-Québec, qui reçoit d’importantes sommes de grosses entreprises et qui s’affilie aux extrémistes de la droite économique afin de tenir son discours anti-étatiste, rappelons-le – et les accusations de l’extrême-droite économique voulant que ce soient des extrémistes qui s’opposent à l’apartheid israélien.

Un air de déjà-vu

Cette dénonciation d’un individu sur la base de propos approximatifs donne une impression de déjà-vu. Évidemment, David n’est pas Bouchard et Villemaire n’est pas Michaud, mais il s’agit d’un réflexe typiquement québécois – et colonisé – que de se vouloir plus saint que le pape et d’être les premiers à dénoncer quiconque aurait pu éventuellement tenir l’ombre d’un propos permettant de croire au manque d’ouverture des Québécois, ce peuple si ouvert qu’il en vient presque à disparaître au nom de celle-ci.

Disons-le d’emblée, c’est bien ce dont il s’agit. Quand Villemaire parle de « droit du sang », il n’affirme pas, contrairement aux mensonges de David, qu’un citoyen à la peau basanée et vivant ici depuis longtemps n’aurait pas les mêmes droits que les autres. Ce concept est d’ailleurs très bien expliqué sur le site du MNRQ:

L’État-Nation, moteur de l’histoire, doit être homogène, non pas sur un plan strictement racial, ce que l’expérience historique ne prouve absolument pas, mais sur un plan de cohésion et de coopération mutuelle entre les divers participants de ce groupement historique. Les éléments qui refusent cette cohésion ne sont pas les bienvenus dans cet Etat-Nation et, au minimum, ne doivent pas avoir la possibilité matérielle de développer leur influence et leur puissance au détriment de la communauté nationale.

Ce droit du sang n’a rien de raciste, redisons-le. Il s’agit simplement de la capacité, pour les Québécois, d’affirmer qu’un Québécois ne constitue pas seulement un individu habitant le territoire du Québec. Il y a nombre de citoyens nouvellement arrivés sur notre territoire qui ne reconnaissent ni notre langue commune, ni nos valeurs communes, encore moins l’égalité des sexes si chère à Françoise David. Ces gens sont-ils Québécois? Par la loi, oui. Mais le sont-ils vraiment? Villemaire, plutôt que de laisser la question en suspens, y répond directement: non, un individu ne doit pas seulement résider au Québec pour être Québécois; il doit soit descendre d’une lignée typiquement québécoise ou avoir vécu un certain laps de temps et fait preuve d’une certaine intégration pour être considéré comme tel. Peut-on sérieusement considérer de la même manière un individu dont les ancêtres sont arrivés en 1671 et un autre arrivé hier matin? Je ne crois pas.

Cette position n’a rien d’extrémiste. De nombreux pays ne donnent pas le droit de vote avant plusieurs mois, et n’accordent que difficilement la citoyenneté. Nous, au Québec, nous sommes littéralement envahis par un contingent d’immigrants largement supérieur à notre capacité d’intégration. Comme je l’ai déjà écrit dans un billet, le Québec reçoit, proportionnellement à son poids démographique, plus d’immigrants que la plupart des pays développés. Et le pire, c’est que nous ne jouissons pas de la garantie identitaire d’un pays indépendant, ce qui signifie que nous sommes constamment sur le ligne de front pour les intégrer. Québec Solidaire, en rejetant du revers de la main à la fois le problème de l’immigration trop nombreuse et celui de notre incapacité à intégrer les immigrants déjà présents sur notre sol, se désolidarise du peuple québécois, cet ensemble de citoyens partageant une langue et des valeurs communes.

Par ailleurs, la Loi 101, véritablement fondement du Québec moderne et dont la popularité et l’affection des Québécois est démontrée sondage après sondage, ne s’appuie-t-elle pas sur une forme particulière de droit du sang, elle qui réserve l’école anglaise aux enfants d’anglophones? Françoise David aurait-elle la cohérence – ou l’indécence – d’affirmer son opposition à cette Loi si fondamentale?

L’incohérence de Québec Solidaire

En faisant primer le droit individuel d’un immigrant à pouvoir jouir du statut de « Québécois » – même s’il ne partage rien de sa société d’accueil – sur les droits collectifs des citoyens québécois, QS commet la même erreur que le Réseau Liberté(sic)-Québec, mais au niveau identitaire. Le RLQ affirme que l’individu doit être le centre de l’économie, que sa liberté est strictement individuelle et qu’il n’a pas à se faire « brimer » par l’État ou par qui que ce soit pour s’épanouir dans un monde désolidarisé; Québec Solidaire, au contraire, affirme que l’État doit constituer la volonté commune des Québécois d’agir au niveau économique, notamment en haussant les impôts de mieux-nantis et en brimant une partie de leur « liberté » pour le mieux-être de tous.

Mais Québec Solidaire, pour une raison inconnue, se montre incapable d’appliquer le même raisonnement au niveau identitaire. Brimer la liberté individuelle pour le bien de tous est possible pour l’économie, mais tabou en ce qui concerne l’identité. Sur ce point, on doit au moins reconnaître que le RLQ est cohérent: il prône l’absence de solidarité collective à tous les points de vue. QS, au contraire, refuse de réaliser que si l’État doit être libre de légiférer pour le bien-être collectif au niveau économique, il doit en être de même au niveau des valeurs communes et intrinsèques des Québécois et qu’un citoyen comme Villemaire, qui réclame la fin du laisser-aller dans ce domaine, n’a pas à être trainé ainsi dans la boue sous prétexte que ses idées sont davantage cohérentes et assumées que celles du parti de Françoise David.

Pour ma part, j’ai choisi mon camp. Ma carte de membre de Québec Solidaire est déchirée et dans la poubelle. Et j’appuie Jean-Roch Villemaire. Je ne suis pas en accord avec toutes ses positions et je suis beaucoup plus modéré que lui quant à savoir qui doit être considéré comme Québécois, mais je reconnais chez lui le désir de cohérence de la pensée et d’intégrité dans la recherche d’une société québécoise plus juste et solidaire au niveau économique, mais dont la solidarité ne saurait être exploitée par des gens méprisant la culture et la langue des Québécois.

Si on me le demandait, je dirais que le Front Québécois serait ce qui se rapproche le plus de mes idées, même si ce proto-mouvement n’est encore, précisément, qu’une idée.

En attendant, je suis orphelin. J’attends qu’un parti politique ait la cohérence de me proposer à la fois une société économiquement plus solidaire et un Québec véritablement maître de son passé, de son présent et d’un futur qui serait autre chose qu’un bouillon mondialiste et anglais.

Salle comble pour le rassemblement pour la loi 101!
11 avril 2010

La ministre Christine St-Pierre avait affirmé qu’elle voulait attendre de voir l’ampleur du rassemblement de cet après-midi, au Monument National, avant de décider s’il témoignait de l’humeur de la population quant à la nécessité d’agir pour imposer la loi 101 aux écoles non-subventionnées. Manifestement – selon ses propres règles – le Québec lui demande de bouger: c’est dans une salle comble qu’ont défilé artistes, représentants, politiciens et citoyens. Pire: il a fallu refuser l’accès à plus deux cents personnes tellement la salle débordait; en tout, on parle de plus de 1000 personnes qui se sont déplacées pour cette lecture de textes sur la loi 101.

Dès le point de presse, quelques minutes avant le début du spectacle, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, Mario Beaulieu, a donné le ton: « Nous ne reculerons plus; c’est assez! » Faisant écho à ces paroles, il a enflammé la foule dès le début du rassemblement, avec un discours percutant: « Ce n’est pas seulement à la loi 101 qu’on s’attaque aujourd’hui; c’est à notre existence, à notre désir de survivre dans un monde qui a besoin de la diversité de notre présence plus que jamais ». À l’image de plusieurs des invités de la journée, M. Beaulieu a demandé au gouvernement Charest d’appliquer la loi 101 aux écoles non-subventionnées et d’en finir avec les passe-droits aux anglophones.

Le spectacle, lui-même, fut à la hauteur. Les textes, soigneusement choisis par votre humble serviteur, ont été énoncés avec une énergie que décuplait la présence de la foule, alerte, prête à scander, à crier, à applaudir chaque tirade. Entrecoupées d’interventions toutes aussi pertinentes que professionnelles d’un Denis Trudel en grande forme, c’est une véritable ode au Québec français qu’ont offert Patrice Coquereau, Danielle Proulx, Dominique Pétin, Jean-Claude Germain et plusieurs autres artistes.

Le moment fort de l’événement fut sans aucun doute le discours du député péquiste Pierre Curzi, qui a littéralement soulevé la foule avec sa verve et son appel à l’action. S’il restait une dizaine de personnes assises après sa performance éblouissante, c’était beaucoup. M. Curzi, même s’il n’a pas encore explicité sur les moyens qu’il préconise pour sauver notre langue, a vertement dénoncé le recul du français et a exigé un engagement plus ferme pour défendre la langue commune des Québécois.

Biz, du groupe Loco Locass, a délivré un vibrant plaidoyer contre La Presse et ses éditorialistes mollassons, qui tentent de nous convaincre que tout va bien Madame la marquise pendant que tous les signaux de l’usine nucléaire de notre identité sont virés au rouge. « Levez la main ceux qui sont abonnés à La Presse, a-t-il demandé. Quelques mains se sont levées. Demain matin, vous allez vous désabonner. Nous ne devons pas financer nos ennemis! » Étrange tout de même comment l’histoire se répète, alors qu’Olivar Asselin, dont plusieurs citations ont été utilisées pendant le spectacle, traitait déjà La Presse de « putain de la rue Saint-Jacques » il y a déjà un siècle. « Vous voulez lire le journal, achetez Le Devoir » a ajouté Biz, devant la foule en délire.

Seules ombres au tableau, quelques radicaux ont hué Françoise David, de Québec Solidaire, alors que celle-ci a pourtant été la seule politicienne à parler clairement d’indépendance, ce que n’ont fait ni Curzi, ni Gilles Duceppe, qui a livré, lui, un discours correct, mais sans plus. Denis Trudel a rapidement calmé le jeu: « Nous sommes tous du même côté ici ». Voilà qui avait le mérite d’être clair, ce qu’ont confirmé les applaudissements nourris des spectateurs et l’ovation qu’ils ont réservé à Mme. David à la fin de son discours. Ce sont les mêmes individus qui avaient conspué David qui ont ensuite applaudi chaudement un certain orateur qui, nonchalamment, a lu ses textes avec les mains dans les poches.

Ceci dit, ce serait manquer de respect à l’événement que de se concentrer sur la poussière dans les coins. Ce fut un rassemblement majeur, poétique, lyrique, avec l’appui d’extraits visuels percutants et une déclaration commune, lue par une Danielle Proulx devant une cinquantaine de représentants de la société civile, à la fin, qui saura coucher les barrières et réunir l’ensemble des citoyens pour une cause qui leur est chère: la défense de notre langue commune.

Dans l’histoire des grands événements du Québec français du début du vingt-unième siècle, celui-ci s’imposera comme un tournant, peut-être comme le moment où les Québécois ont cessé d’avoir peur et de se sentir coupables et où ils ont réalisé que c’est en s’unissant, malgré nos différends quant aux moyens, qu’on pourra atteindre l’objectif de protéger notre langue et d’assurer, ainsi, la continuité de l’existence du peuple québécois et sa contribution à l’enrichissement de la diversité humaine.

La balle est maintenant dans le camp de la ministre St-Pierre. Elle doit la frapper avec force, et sans hésitation.

C’est ce que le peuple québécois demande. C’est elle qui l’a affirmé.


Voir quelques photos de l’événement.
Lire certains des textes utilisés.

Le frisson QS et le départ du démagogue Dumont!
8 décembre 2008

Une nouvelle carrière pour le démagogue régionaleux?

Une nouvelle carrière pour le démagogue régionaleux?

J’aimerais pouvoir écrire que je n’ai rien ressenti. Dire que je suis resté stoïque devant le discours d’Amir Khadir, premier député de Québec Solidaire. Dire que j’en ai rien à foutre de ce parti sexiste qui discrimine les hommes en imposant des quotas de femmes dans ses rangs. Ce serait mentir.

Car j’aime Québec Solidaire autant que je le hais.

J’aime Québec Solidaire parce que je l’ai vu naître. J’ai milité au Parti de la démocratie socialiste (PDS) puis j’ai été témoin de la fusion qui a permis la création de l’Union des forces progressistes (UFP), dont j’étais membre. Et j’ai été profondément attristé de voir le parti s’acoquiner avec une féministe réactionnaire comme Françoise David. J’ai déchiré ma carte de membre, je l’ai mise aux poubelles, car je ne voulais pas avoir quoi que ce soit à faire avec un parti prônant le sexisme et le féminisme dans ses rangs.

Mais aujourd’hui, ce soir… Amir Khadir est un exemple pour moi. Il n’a jamais eu peur de dire ce qu’il fallait dire. Il a osé critiquer la version officielle du 11 septembre 2001. Il ose parler de nationalisations, de gratuité de l’éducation. C’est un immigrant, mais un immigrant intégré, qui cite les paroles de Claude Dubois dans ses discours et qui me parle directement au coeur.

Je hais Québec Solidaire pour toutes ses Françoise David, mais j’adore le parti pour tous ses Amir Khadir.

Je suis divisé. C’est une question de principe: en tant qu’homme ayant été témoin de tant de discriminations et de sexisme à l’égard des hommes depuis ma jeunesse, je ne peux pas, idéologiquement, appuyer un parti féministe-sexiste. Cependant, d’un autre côté, Québec Solidaire représente l’apothéose de mes positions économiques, étant le seul parti réellement social-démocrate sur l’échiquier politique et le seul parti offrant une alternative crédible, s’appuyant sur tout ce qu’il y a de plus actuel, pour lutter contre cette machine infernale nommée « marché » et qui nous gobe, nous, notre âme, notre argent, nos vies.

Je ne sais plus que penser. J’aime ce parti autant que je le déteste. Si seulement… Si seulement Québec Solidaire pouvait laisser tomber ses mesures sexistes et accepter une véritable égalité des hommes et des femmes, je serais le premier militant, j’irais même mettre des dépliants dans les boîtes aux lettres. Sauf qu’en ce moment, j’aurais l’impression de me trahir et d’appuyer un parti qui cautionne et désire encourager la discrimination et les sexisme à l’égard des hommes. Un parti appuyé par de nombreux groupes féministes radicaux, méprisants, et déconnectés de la réalité. Des femmes que même les femmes de ma génération détestent, elles qui ont compris la chance qu’elles ont et qui ont un véritable désir d’égalité des sexes, pas d’une revanche telle que proposée par ces fanatiques.

Et ce soir, même dans mon frisson, je suis divisé, encore et toujours.

Par contre, je suis plus qu’heureux du départ de Mario Dumont de l’ADQ. Ce type représentait (quelle joie de parler de lui au passé!) tout ce qui ne fonctionne pas dans le Québec profond, tous les préjugés, toute la démagogie et l’absence d’analyse, le « girouettisme » et l’adhésion à des dogmes néolibéraux ayant prouvé leurs échecs un peu partout.

Même si Jean Charest est à peine moins radical que Dumont, je crois qu’on peut dire qu’avec l’élection du seul député de centre-gauche au Québec et avec la défection du chef adéquiste, c’est véritablement la fin de ce que j’avais appelé, au lendemain des dernières élections provinciales, une Grande Noirceur.

Ceci dit, ma joie est ternie par l’idée que nous aurons à subir Jean Charest majoritaire pendant quatre ou cinq ans, ce Jean Charest lui aussi de droite, et qui, à l’image du sexisme de Québec Solidaire, a imposé des quotas de femmes à son conseil des ministres, se privant d’excellents candidats sous prétexte qu’ils ont le mauvais sexe.

Comme quoi le sexisme ne connaît pas l’échelle gauche-droite…

Maintenant… Pour qui voteront les régionaleux? À quand un vote progressiste et moderne pour nos régions, dont plusieurs semblent résolument ancrées dans le passé? Ou tiens, une meilleure question: à quand une refonte de la carte électorale, où le vote d’un citoyen de la couronne montréalaise vaut présentement deux fois moins que celui de plusieurs régions… Encore mieux: à quand la proportionnelle?

On dit parfois que les élections apportent les réponses. Dans mon cas, j’ai tellement de questions et je me sens tellement divisé que j’en ai mal à la tête. On verra la suite des choses.

Pourquoi je ne voterai jamais Québec Solidaire
22 novembre 2008

Je suis un homme de convictions, personne ne pourra jamais en douter.  Comme je l’écrivais sur le blogue de Carl (mon blogueur préféré, mais dont je suis tout de même déçu de l’appui qu’il donne à Québec Solidaire, lui qui est de ma génération et qui doit être témoin des progrès réalisés par les femmes et des nouvelles inégalités qui frappent les hommes) j’ai beau aimer le programme proposé par Québec Solidaire, le seul parti qui semble réellement connecté avec la réalité de l’échec retentissant de l’économie néolibérale, mais je ne voterai pas pour ce parti.

En effet, autant j’apprécie leur sensibilité pour les gens ordinaires, la classe moyenne et les moins fortunés, je ne peux m’imaginer voter pour un parti aussi sexiste que l’est Québec Solidaire.  Soyons clairs, précis, et disons les vraies choses: un parti qui s’impose un quota de femmes candidats, c’est-à-dire qui choisit ses candidats en fonction non pas de leur compétence mais de leur sexe, c’est la définition texto du sexisme, et je ne mange pas de ce pain-là.

Contrairement au discours passéiste adopté par Françoise David, celle dont l’égo avait empêché de se joindre à l’UFP et l’avait incité à créer son propre parti avant de le fusionner avec celui de Amir Khadir, les choses ont beaucoup évoluées depuis quelques décennies.  Aujourd’hui, les femmes sont majoritaires dans la santé, dans l’éducation, et elles sont largement favorisées dans une foule de secteurs, que ce soit dans la justice ou en ayant un Conseil du Statut de la Femme qui les défendent.  Les jeunes femmes sont libérées, et ce sont les hommes qui font pâle figure à leurs côtés, une réalité qui ne semble pas déranger les vaginocrates de Québec Solidaire…

Qu’on le veuille ou non, la politique est un monde d’hommes.  Cela ne veut pas dire qu’on doit refuser les femmes, mais la politique est un sport extrême et il est normal que les hommes soient naturellement davantage portés vers un secteur de lutte agressive et d’échanges d’idées hyper-rationnelles que les femmes.   Si une femme se sent d’attaque et a les compétences requises pour se lancer en politique, bravo!  Mais de quel droit peut-on décider que les femmes doivent obligatoirement composer 50% de l’effectif de Québec Solidaire?  De quel droit peut-on se priver d’un candidat compétent sous prétexte qu’il est un homme?  Aurait-on idée d’imposer un quota de coiffeurs, d’infirmiers ou d’instituteur?  On crierait à l’injustice, et on aurait raison de le faire: on doit choisir les gens en fonction de leurs talents et non pas de leur sexe.

On pourrait pourtant me rétorquer qu’il s’agit d’un point mineur et que cette situation ne devrait pas m’empêcher de voir les points positifs proposés par le parti.  Je ne suis pas d’accord.  Cette façon de concevoir la politique ne m’inspire pas confiance et ne me lance pas le message que Québec Solidaire est un parti ancré dans le présent et relié à la génération montante.  Je reste sur l’impression d’un parti qu’on a oublié dans le passé et qui n’a pas su se débarrasser des vieux dogmes féministes radicaux qui empêchent une réelle égalité des sexes.

Je voudrais appuyer Québec Solidaire, mais je ne peux pas.  C’est plus fort que moi, mais je vois en Françoise David une ennemie, une femme du passé qui n’a pas constaté l’extrême chance des femmes d’aujourd’hui et qui analyse la société à partir d’un passé révolu au lieu de s’ancrer dans le présent et de représenter un espoir pour le futur de toute la société, les femmes comme les hommes.

Dix raisons pour le PQ
22 mars 2007

Parti QuébécoisJ’ai fait mon choix! Après des semaines d’hésitations, tergiversant entre l’idée de voter Québec Solidaire, Parti Québécois ou un autre parti mineur, j’ai finalement décidé: c’est le Parti Québécois qui aura mon vote. Voici pourquoi:

10) Parce que Stephen Harper veut choisir le prochain premier ministre du Québec à notre place. Il affirme qu’il ne négociera pas avec un chef souverainiste et donc il exhorte les Québécois à voter ADQ ou PLQ. C’est assez insultant comme demande, ne trouvez-vous pas? Je ne sais pas pour vous, mais pour moi ça a été une bonne motivation de faire exactement le contraire!

9) Parce que Québec Solidaire m’a déçu sur la questions des hommes. J’aime beaucoup le parti de Khadir et David, mais je trouve que son discours ultra-féministe est quelque peu déconnecté de ma réalité de tous les jours. Je ne suis pas d’accord avec leur proposition de nommer une femme à la tête de la commission sur les accomodements raisonnables sous principe que c’est une femme. Je crois aussi qu’aujourd’hui, en 2007, ce sont les hommes qui ont besoin d’un coup de pouce et que les femmes, surtout les plus jeunes, ont atteint une égalité de fait.

8 ) Parce que l’ADQ doit être bloquée absolument. Ce parti menace nos valeurs, notre façon de vivre, et on risque de se retrouver avec un gouvernement néolibéral sur le plan économique et néoconservateur sur le plan social. Un mélange de Duplessis et de Séraphin. Une explosion de la pauvreté urbaine, une désintégration du tissu social, le chaos dans les relations de travail. Non, je ne veux pas cela pour le Québec!

7) Parce que André Boisclair m’a agréablement surpris. Je l’ai souvent trouvé trop à droite et je n’aime pas toujours sa manière d’agir. Il m’a déçu lorsqu’il a rejeté la proposition du SPQ-Libre de nationaliser l’énergie éolienne. Cependant, depuis quelques semaines il agit beaucoup plus en chef, il est plus réceptif aux progressistes qui sont l’âme et le coeur du PQ, et il a gagné les deux débats, TLMEP et celui des chefs. Je m’imagine de plus en plus avec Boisclair comme premier ministre, et s’il n’est pas parfait, il me semble le moins pire actuellement.

6) Parce que le système actuel ne permet pas de « gaspiller » son vote. Le système est mal fait; il devrait faire place à la proportionnalité et aux petits partis. Mais ce sont les règles du jeu, et dans mon comté ça se décider avec quelques centaines de votes entre le PQ et le PLQ. Chaque vote d’un souverainiste qui va ailleurs qu’au PQ, c’est la possibilité d’élire le député du PLQ qui risque de faire gagner Charest et de donner la balance du pouvoir à Dumont et ses poteaux. Chaque souverainiste et chaque progressiste devrait y réfléchir à deux fois avant de voter Québec Solidaire. L’enjeu est trop important cette fois-ci. Et c’est un sympathisant de QS qui vous l’écrit…

5) Parce que le Parti Québécois est le parti qui rassemble le plus le Québec. C’est le parti qui a beaucoup fait avancer notre nation depuis 1976 avec ses politiques sociales audacieuses. C’est le parti qui, malgré ses imperfections, nous représente, avec sa vaste coalition allant du centre-gauche au centre-droit.

4) Parce que le PQ assure le gel des frais de scolarité. Augmenter ces frais, c’est augmenter le décrochage scolaire et augmenter la pauvreté. Boisclair a raison de faire de l’éducation sa priorité, et ce message me rejoint.

3) Parce que le PQ va empêcher la privatisation du Mont-Orford. Charest a commis l’inimimaginable: il a jeté aux ordures un bien public qu’on s’était donné depuis plus de 90 ans pour le remettre aux mains d’un promoteur qui l’avait financé lors de la dernière campagne électorale. C’est dégueulasse.

2) Parce que le PQ est le mieux placé pour régler la question des accomodements raisonnables. Dumont et l’ADQ se prétendent les champions des AR, mais il ne fait que surfer sur la vague, comme toujours. Il ne propose rien de concret, rien d’évident. Le PLQ, lui, est coincé par une vaste majorité de son électorat de l’ouest de l’île de Montréal qui ne veulent rien savoir de ce sujet. Seul le Parti Québécois est en mesure de régler cette question, de faire le pont entre des communautés culturelles nous respectant et nous les intégrant.

1) Parce que je suis indépendantiste et que le PQ est le seul parti pouvant nous amener vers la souveraineté du Québec. Lorsque nous serons indépendants, nous referons nos divisions gauche-droite, nous referons nos partis, nous lâcherons le PQ, nous changerons le système. Mais le dernier budget fédéral, où on essayait d’acheter le vote des Québécois, a rallumé mon désir d’indépendance et ma conviction qu’elle était nécessaire le plus vite possible.


    Et vous, avez-vous choisi pour qui vous allez voter le 26 mars prochain? Et quelles sont vos raisons?

Mise à jour: (13h30)

Un excellent texte intitulé « Le faux monde ». Un véritable plaidoyer contre le populisme de l’ADQ et les phrases creuses de son chef à l’égard du soi-disant « vrai monde ». À lire absolument!