Les « maudits Français »
20 juillet 2009

Je dinais avec des Français, dans une maison cossue d’Outremont où le soleil peinait à s’introduire dans une pièce tarabiscotée mais ô combien chaleureuse. La famille à Gaby. Des Français, des vrais, en voyage et tout. Charlevoix, les baleines, Québec, et tous les autres attrape-touristes. Un sac sur l’épaule, et hop toute la famille s’en vient faire son tour en Canada. « Et si on allait voir les séquoias géants? Ah, trop loin, dites donc… Parlons politique alors. »

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Et nous avons parlé politique. Et nous avons discuté des « maudits Français », qui sont en fait simplement des humains ayant la particularité de parler un français international et doté d’une éducation le moindrement de qualité. Et savez-vous quoi, je les aime les « maudits Français ». Ils me remettent en question, ils bousculent mes principes, ils s’intéressent à tout. Ils ont une opinion sur tout, peut-être, mais ils ne craignent pas les débats.

Ici, c’est tout le contraire. On ne veut pas de chicane. « Pas de politique ou de religion au souper! » m’a-t-on souvent répété. Le problème, c’est que le souper constitue le seul moment où on se parle. Alors, sous prétexte de ne choquer personne, on se retrouve avec un peuple sous-éduqué, incapable de s’exprimer avec des arguments convaincants et craignant une joute verbale comme un ivrogne le fond de sa bouteille.

« Tu sais, Louis, quelque chose m’a marqué. Ici, les Québécois ne nous aiment pas, mais en France nous vous adorons. Pourquoi? » Simple, que je lui ai dit. Nous sommes pittoresques. Nous sommes comme un enfant-loup abandonné dans les bois pendant une décennie et dont on admire la spontanéité et la candeur lorsqu’il en arrive à ses premiers balbutiements. Nous sommes drôles, nous sommes sympas. Mais Dieu que nous sommes idiots. À quinze ans, la plupart des Français en savent davantage sur la politique et le monde que la plupart d’entre nous à trente ans. Alors on nous aime bien, on rigole avec nous, et on nous traite de la même façon que si nous étions un peu attardés mais rigolo. « Il est sympa le Québécois… Allez, lance-lui une banane! » Et nous, nous méprisons ces Français éduqués qui nous rappellent notre ignorance.

Des « maudits Français », j’en veux des dizaines, des milliers au Québec. Dans une société tellement amorphe qu’il est possible de perdre 40 milliards $ à la Caisse de dépôt sans que personne ne descende dans la rue et où on abdique rapidement suite à un référendum perdu avec moins de 1% d’écart et nageant dans les irrégularités, je veux un bataillon complet de « maudits Français » éduqués, chiant et qui se battront jusqu’à la mort pour une putain de virgule. J’en veux un commando pour animer mes soupers, pour donner des coups de pied dans la ruche gluante du miel de notre indifférence, pour nous secouer les puces et nous forcer à enfin nous respecter suffisamment pour prendre en main notre destin.

Je veux accueillir ces « maudits Français » jusqu’au jour où ils seront tellement nombreux que nous aurons appris d’eux, que nous oserons nous respecter nous-même et ne pas avoir peur d’affirmer nos idées sous prétexte de choquer ou de se ridiculiser.

Et ce jour, il n’y aura plus jamais de « maudits Français », mais simplement des Québécois en maudit qui ont décidé que l’éducation, la politique et les enjeux sociaux ne sont pas l’avatar d’une élite pédante et hautaine, mais la simple base naturelle sur laquelle toute forme de pensée et de réflexion se construit.

Santé: la droite américaine en quête de manipulation
31 mai 2009

La malhonnêteté intellectuelle de la droite américaine est sans limite.  Opposée aux réformes de la santé proposées par le président Obama, elle décide de se lancer dans le pathos en prenant l’exemple d’une patiente canadienne ayant obtenu des soins aux États-Unis pour tenter de démoniser le système canadien et toute forme de médecine publique. Cette démarche s’avère tout autant pathétique que trompeuse.

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En effet, prendre un seul cas et généraliser, c’est facile. Même moi je peux le faire, et je l’ai déjà fait. J’ai écrit ici sur le fait que mon père a été hospitalisé aux États-Unis à 2000$ de l’heure sans qu’on puisse lui trouver son problème et que c’est finalement un médecin canadien, deux mois plus tard, qui lui a diagnostiqué une tumeur au poumon. Il a eu son opération en quelques semaines et il récupère à merveille aujourd’hui. So long pour la supériorité du privé.

Malheureusement, on ne bâtit pas des réalités sur quelques cas. Ce n’est pas parce que le système de santé américain peut occasionnellement sauver quelques patients qu’on doit passer sous silence le fait qu’il est responsable de la mort de dizaines de milliers de personnes annuellement. 101 000 personnes, pour être plus précis, qui auraient pu être sauvées si les États-Unis se dotaient d’un système aussi performant que la France, bonne première. C’est du moins le résultat d’une étude qui démontre que les États-Unis se classent bon derniers au sein de toutes les nations industrialisées, notamment parce que 47 millions de leurs citoyens ne disposent d’aucune forme de couverture médicale. Le Canada, lui, se classe sixième sur dix-neuf. So long pour les horreurs du système canadien.

Par ailleurs, il est toujours pertinent de rappeler que le système français, le meilleur des pays industrialisés, est davantage public que celui du Canada (76,3% contre 69,9%; seulement 46% pour les États-Unis). Et il coûte moins cher: 3449$ per capita contre 3578$ pour le Canada et un astronomique 6714$ pour les États-Unis, de très loin le plus coûteux. Les imperfections de notre système de santé ne découlent donc pas de son caractère public, contrairement à ce que certaines personnes mal intentionnées affirment.

En fait, s’il y a des problèmes avec le système canadien, c’est principalement causé par son sous-financement chronique. Les États-Unis dépensent 15,3% de leur PIB pour la santé (tout en n’offrant aucune couverture à plus de 15% de leur population!) contre 10,0% pour le Canada. En clair: le Canada surpasse aisément les États-Unis en dépensant près de 33% de moins! Imaginons ce qu’il en serait si le système de santé était adéquatement financé! Encore une fois, on le constate, le public coûte moins cher et est plus performant, car il soigne davantage d’individus.

Avec ces chiffres en tête, on ne se surprend guère de la tactique utilisée pour démoniser le système canadien. En se servant d’une seule personne et de sa triste histoire, on espère parler aux émotions des gens et leur faire oublier qu’ils vivent dans un pays avec un système de santé misérable, plus intéressé par les profits des entreprises que le bien-être de la population.

Rien ne va plus!
25 août 2008

Il faisait chaud ce vendredi; on aurait dit que l’été se décidait enfin à nous faire suer après que le ciel eut tant suinté sa tristesse sur nous. D’une certaine façon, on a simplement remplacé une moiteur par une autre. Et nous vivions cette sorte d’ironie estivale, nous qui nous sommes tellement plaint de la pluie et qui, dès le soleil et la chaleur de retour, n’avons rien trouvé de mieux à faire que d’aller se mettre à l’eau, à la plage Jean-Drapeau.

Il y avait pourtant un obstacle à cette expédition de fraîcheur improvisée. On ne peut pas accéder à l’île Notre-Dame en moto (ne pourrait-on pas faire une différence entre les deux cylindres, beaucoup plus bruyants, et les quatre cylindres?) et il fallait donc marcher sur le circuit Gilles-Villeneuve avec en toile de fond le magnifique pavillon français de l’expo 67, qu’on a ironiquement retransformé en casino. Serait-ce un petit clin d’oeil à cette vieille France qui, un jour, a décidé de jouer la nouvelle et de la laisser aux bons soins des aléas du hasard? « Rien ne va plus, un continent ne sera plus jamais français! »

Casino. Le mot lui-même fait rêver. Comme s’il suffisait de l’épeler pour qu’un charme mystérieux fasse son oeuvre et nous pousse, insidueusement, à nous imager les meilleurs moments de notre vie défiler devant nos yeux pendant qu’on joue sa maigre pitance dans l’espoir un peu vain de ressortir un peu plus riche. Avec un peu plus d’argent pour rejouer, la prochaine fois. Et encore, la fois d’après. Le casino, cette drogue. Cette drogue aux bruits de machine à sous, de verres d’alcool, aux lumières brillantes et où l’argent qui se brasse n’a d’égal que la souffrance de ceux qui sont accrocs.

Et il y en avait, de ceux-là , quand nous sommes entrés. Dehors, il faisait trente degrés et le paysage bucolique entourant le bâtiment appelait à la baignade et aux activités extérieures. Mais à l’intérieur, ils étaient là . Les drogués. Assis, devant leurs machines à sous, abaissant un stupide levier dans une section de machines Leopard ou Golden. Et si jamais ils n’avaient plus de petite monnaie, aucun problème: la machine acceptait les billets. Et quand il n’y avait plus de billets, il se trouvait de petits guichets automatiques de la Banque Nationale à tous les dix mètres pour faciliter encore davantage la tâche à quiconque désirerait se départir de ses biens avec un maximum d’aisance.

Évidemment, personne ne va s’opposer au fait que Loto-Québec fasse de l’argent. Nous sommes les actionnaires de cette entreprise et nous profitons de ses profits. Mais qu’on ne vienne pas me faire croire qu’on en fait assez pour lutter contre le jeu compulsif. C’est bien beau les campagnes de publicité et le retrait de machines à sous des bars de quartier, mais où se trouve la prévention dès qu’on a mis les pieds dans le casino? Elle est inexistante. Un peu comme si dès qu’on avait cédé au jeu et qu’on avait décidé d’entrer dans le royaume de la machine à sous la prévention ne devait plus exister. « Tu as vendu ton âme au diable, maintenant subis! »

Nous n’y sommes pas restés longtemps. J’ai juste eu le temps de gagner un petit 70$. Cette tentation, ce petit bonbon à saveur aigre-douce semblant me chuchoter, à l’oreille, un appel au retour et aux dépenses, m’a fait peur. Et ce bruit, ces lumières, ces caméras partout, cette impression d’être sous observation, comme c’était déplaisant! Voilà pourquoi nous sommes ressortis aussi rapidement que nous étions entrés, et même si au retour de la plage j’avais encore le goût d’y retourner ce n’était que le sevrage d’un toxicomane qu’on a privé de sa drogue et qu’on appelle à venir prendre sa dose.

Le casino est parfaitement à sa place sur l’île Notre-Dame. Loin, très loin des quartiers populaires où on devient si facilement accroc à n’importe quelle promesse de se sortir de sa pauvreté. Pourtant, à mon avis, il ne sera jamais assez loin, et Loto-Québec n’en fera jamais assez pour lutter contre le jeu compulsif, car son but premier est de faire des profits pour nous – actionnaires – et pas d’aider les gens à la volonté déficiente à se prendre en main.

La valeur de la médaille
19 août 2008

Il y a un aspect de ces Jeux Olympiques qui me dérange particulièrement: c’est celui où on félicite ou on remet en question tout le mode d’entraînement et le modèle social d’un pays en se basant simplement sur le nombre de médailles que le dit-pays a récolté. Il y a pourtant beaucoup d’autres facteurs à tenir en compte, notamment la relation entre le nombre de médailles récoltées et la population du pays.

En effet, voici le tableau actuel des médailles, par pays. Je préfère utiliser le total des médailles pour classifier le résultat plutà´t que le nombre de médailles d’or, car c’est déjà un très grand exploit d’être parmi les trois meilleurs de sa discipline.

  1. États-Unis: 79
  2. Chine: 76
  3. Russie: 42
  4. Australie: 35
  5. Angleterre: 33
  6. France: 29
  7. Allemagne: 28
  8. Corée du Sud: 24
  9. Japon: 22
  10. Italie: 19
  11. Ukraine: 17
  12. Pays-Bas: 13
  13. Canada: 13
  14. Cuba: 11
  15. Biélorussie: 11

Le problème avec ce tableau, c’est qu’il compare des pays que la population rend incomparables. En effet, comment comparer la Chine et son 1,3 milliards d’habitants et Cuba, par exemple, qui ne compte que 11 millions de citoyens? Afin de juger du meilleur pays, celui-ci devrait être capable à la fois de compter parmi les meilleurs pays au monde en terme de récolte brute de médailles, mais également au nombre de médailles per capita.

J’ai calculé le nombre de médailles par millions d’habitants de ces mêmes pays ci-dessous. J’ai utilisé les statistiques offertes par Wikipedia:

Nombre de médailles par million d’habitants:

  1. Australie: 1,656508875
  2. Biélorussie: 1,135686917
  3. Cuba: 0,9628892
  4. Pays-Bas: 0,765957412
  5. Angleterre: 0,539727749
  6. Corée du Sud: 0,487479456
  7. France:0,447237958
  8. Canada: 0,391416584
  9. Ukraine:0,369611121
  10. Allemagne:0,339931451
  11. Italie: 0,32676748
  12. Russie: 0,29850302
  13. États-Unis:0,256317935
  14. Japon: 0,172835834
  15. Chine: 0,055864073

On remarque, en observant ces statistiques, que le tableau s’inverse considérablement. Les États-Unis et la Chine, qui étaient respectivement deuxième et premier, prennent le 13e et le 15e rang, alors que d’autres pays, comme Cuba, l’Australie ou la Biélorussie, obtiennent les meilleurs résultats.

En clair, pourquoi je préfère cette méthode? C’est simple: un « extra-terrestre » peut apparaître n’importe où. Il y en a toujours de ces athlètes qui sont naturellement les meilleurs. Des Michael Phelps, par exemple. Mais la probabilité d’avoir un de ces athlètes est proportionnelle à la population. Il y a infiniment plus de chance d’en avoir un en Chine qu’à Cuba. Le reste – la différence – tient à l’entraînement et à la réussite du système national pour produire des vainqueurs.

Ainsi, et contre toute attente, la performance de la Chine est loin d’être exceptionnelle, mais est plutà´t pathétique. Si la Chine gagnait proportionnellement autant de médailles que le Canada, par exemple, elle en compterait aujourd’hui près de 532! Et pas loin de 121 pour les États-Unis!

On peut donc écrire, sans se tromper, que ces deux pays sont des exemples à ne pas suivre en ce qui concerne l’exploitation des talents. Et, surprenamment, l’Australie, Cuba et la Biélorussie devraient servir d’inspiration aux décideurs en vue des prochains Jeux d’été.

Bien sûr, il faudrait bâtir un algorithme tenant compte d’autres facteurs, notamment en ce qui concerne le climat (les pays nordiques sont désavantagés aux Jeux d’été, et inversement aux Jeux d’hiver pour les pays du sud) ou le lieu d’entraînement des athlètes (pour ainsi éliminer les cas où un pays se contente « d’acheter » une médaille en allant chercher un athlète d’un autre pays) et il serait impératif d’établir un nombre minimal de médailles afin d’éliminer le facteur « chance », mais déjà cette compilation donne une idée des pays desquels il est avantageux de s’inspirer.

S’inspirer de Nantes et de ses tramways
20 juillet 2008

La ville de Nantes, en France, a laissé tombé le tramway dans les années cinquante, tout comme à Montréal. Capitulation devant le maudit char, dont le règne sans partage semble néanmoins désormais achever, à cause du pic pétrolier.

Ainsi, pendant qu’à Nantes on construit un tramway ultra-moderne utilisant l’air comprimé comme moyen de traction en replacement de deux voies sur un boulevard très passant, à Montréal on vit dans le passé en dépensant des millions pour une rue Notre-Dame pour les chars. Une autoroute urbaine avec une belle piste cyclable sur le cà´té pour s’attraper un succulent cancer des poumons en pédalant à cà´té de huit voies de chars et de camions. Du béton, du bitume, des feux de circulation, et des chars. Tout ça, alors que le prix du pétrole va continuer de monter et que la demande pour des transports en commun n’a jamais été aussi forte. Je ne sais pas ce qu’ont consommé nos élus à Montréal et Québec, mais ils ont manqué le tramway, et pas à peu près!

En effet, on aurait très bien pu s’inspirer de Nantes et laisser la Notre-Dame à deux voies de larges, mais utiliser l’espace disponible pour construire un tramway partant de Pointe-aux-Trembles (un secteur très mal desservi par le transport en commun) vers le centre-ville, passant par les quartiers très populaires de Tétreaultville, de Hochelage-Maisonneuve, Centre-Sud. Un tramway qui t’emmène au centre-ville en vingt-minutes, trente au maximum, et qui fonctionne à l’électricité. Ça, c’est le futur. Ça, c’est écologique.

Mais non, à Montréal et au Québec, on préfère le béton et le bitume. On vit dans le passé, on construit de nouvelles autoroutes en plein champ alors que des centaines de milliers de citoyens n’ont pas accès à des services de transport en commun respectables.

Montréal, Québec, individualisme, vieilles idées. à€ quand le renouveau?

Vite, un projet sur les rails!

Santé: les États-Unis dans le tiers-monde!
11 juillet 2008

Les résultats d’une très sérieuse étude démontrent que près de 50% des Étatsuniens pensent que des changements fondamentaux doivent être appliqués à leur système de santé alors que 33% pensent qu’il est si mauvais qu’il doit être refait complètement.

On en a peu parlé dans les médias québécois (ce qui n’est pas trop surprenant; quand ça va bien on n’en parle pas!), mais ces chiffres contrastent fortement avec un faible 12% pour le Canada et l’Espagne, 15% en France et en Angleterre et 17% en Nouvelle-Zélande. Les grands champions sont les Néerlandais, avec seulement 9% de mécontents!

Voilà qui confirme ce que disent à peu près tous ceux qui ont eu affaire avec les soins de santé: le problème n’en est pas un de qualité, mais d’accessibilité. Il manque de médecins, d’infirmières, de lits d’hà´pitaux et de ressources, mais les gens en place sont extrêmement compétents!

Qu’on arrête un peu de vouloir américaniser notre système de santé. La santé aux États-Unis, c’est le tiers-monde. Regardons vers l’avant, pas derrière!

Faire de l’argent sur le dos des malades est la meilleure façon de nous faire régresser.

Enseduna Prestige (2004)
13 avril 2008

Comment commencer cette chronique?  Pourquoi pas par un des meilleurs rapports qualité-prix actuellement?  Le Enseduna Prestige se vend seulement 17,65$, et pour ce prix on a un vin d’une qualité franchement supérieure!

Provenant des Côteaux d’Enserune et offrant un assemblage de syrah (prédominance) de cabernet et d’un peu de merlot, il s’agit à mon avis du meilleur vin de pays actuellement disponible à la SAQ dans ces prix!  Avec des arômes d’épices, de torréfaction et de fruits noirs, ce vin est un véritable plaisir pour les sens.  La finale est persistante, nous donnant le goût d’en reboire encore et encore!

En fait, le seul problème avec ce vin est qu’il est parfois difficile de se le procurer tant il part rapidement!  Meilleur que plusieurs vins à 20-25$ dans le même style.

Prix: 17,65 $
Année: 2004
Ma cote: 4,1/5,0

Santé: l’herbe est-elle plus verte chez le voisin?
1 décembre 2005

La France

On entend parfois dire que la France est un exemple de réussite d’un système incluant davantage le privé qu’au Canada. Ceci est un mythe. Dans les faits, le système de santé français est davantage subventionné par l’État que le système canadien (76,3% contre 69,9%) et il défraie entièrement les coûts de nombreuses affections de longue durée, tel que le diabète, le cancer et les maladies cardio-vasculaires.
L’implication du privé en France est davantage au niveau du choix du médecin ou des conditions d’hébergement ; du reste le « privé » n’est qu’une étiquette, sans véritable influence sur le patient.

Parallèlement, le système d’assurances français interdit la discrimination et donc de poser trop de questions aux assurés potentiels. Ce qui n’est pas le cas ici : qui voudrait assurer un obèse, fumeur et cardiaque ?

Globalement, le système français est non seulement davantage public que le système canadien, mais il offre aussi un plus grand nombre de médecins per capita qu’ici (3,4/1000 habitants contre 2,1/1000) et il est légèrement moins dispendieux (2903$ par citoyen contre 3001$ au Canada).

Les Etats-Unis

Le scénario le plus probable est une américanisation progressive de nos soins de santé. « Quand on ouvre la santé au privé, on le fait dans le contexte de l’ALÉNA, où n’importe quelle compagnie d’assurance privée aux Etats-Unis pourraient réclamer un traitement égal face aux compagnies canadiennes », note Gabrielle Pelletier, de la Coalition Solidarité Santé. « À partir du moment où la santé est soumise au marché, on ne fait plus le poids face aux Etats-Unis. On risque de se faire avoir de tout bord tout côté. »

Le système de santé états-unien, un des plus privés au monde, est le plus cher parmi les pays de l’OCDE : il coûte 5635$ per capita (contre 3001$ pour le Canada). Il englobe 15% du PIB (9,9% pour le Canada). Pourtant, les Etats-Unis ont moins de physiciens, d’infirmières et de lits d’hôpitaux que la moyenne de l’OCDE. Ils ont également une mortalité infantile plus élevée, et une espérance de vie plus faible qu’au Canada.
Parallèlement, 41,3 millions de personnes (14,4% de la population) ne possèdent aucune assurance et doivent donc se priver de soins. Une étude de la Henry J. Kaiser Family Foundation a démontré que près d’un tiers de ceux qui n’ont pas d’assurance ont refusé d’honorer une prescription ou de suivre un traitement à cause des coûts prohibitifs.

Des millions d’individus au sud de notre frontière souffrent à cause d’un système privé dispendieux, inefficace et non inclusif. Et c’est ce vers quoi notre gouvernement élu entend tranquillement, mais inexorablement, nous amener, par la tromperie et le mensonge.