Québec solidaire : à genoux !
2 septembre 2012

Le thème de la campagne électorale de Québec solidaire est : « Debout ». Debout face aux entreprises qui ne paient pas leur juste part des impôts, debout pour une plus grande répartition de la richesse, debout pour une plus grande intervention de l’État dans l’économie. Or, comment peut-on affirmer être « debout » quand on fait campagne, dans plusieurs circonscriptions, en anglais ?

Dans St-Henri-Ste-Anne, où moins de 18% de la population a l’anglais comme langue maternelle, on fait la distribution de tracts unilingues anglais. Vous avez bien lu : le parti qui affirme être debout, et qui incite ses militants à mettre une photo d’eux sur les réseaux sociaux avec le mot « debout » en blanc sur orange, tombe dans le clientélisme dès qu’il est question de notre langue nationale. Ce parti soi-disant champion du mieux-vivre et de la cohésion sociale encourage le repli sur soi des anglophones en refusant de s’adresser à eux dans la langue nationale.

Québec solidaire ne pourra jamais aspirer à gouverner le Québec tant que le parti n’aura pas résolu cette contradiction majeure. On ne peut pas à la fois prôner l’intervention de l’État en matière économique et le laisser-aller en matière identitaire et linguistique. On ne peut pas lutter contre les dérives du libre-marché quand il est question de nos ressources naturelles et ne rien faire quand il est question de notre langue. On ne peut pas affirmer à la fois qu’il est légitime de mieux encadrer les mieux-nantis et illégitime de le faire pour ceux qui vivent ici mais qui refusent de s’intégrer à nous. Il y a là une incohérence qui mérite d’être soulignée.

Nous avons de nombreux défis auxquels faire face. Oui, il faut mieux redistribuer la richesse, mieux utiliser l’État pour gérer nos ressources, encourager une plus grande égalité économique entre nos citoyens. Mais nous avons également la responsabilité de poursuivre notre combat séculaire pour la survie du français et la valorisation de notre identité.

Québec solidaire, en refusant le libre-marché économique pour mieux embrasser le libre-marché identitaire, contribue dans les faits à sacraliser le droit de l’individu au détriment de celui de la collectivité et nuit ainsi à ses propres conceptions sociales visant à promouvoir une plus grande cohésion.

Être debout, c’est bien davantage que de se battre pour une économie plus solidaire. Être debout, c’est aussi lutter pour une cohésion sociale, identitaire et linguistique, pour une nation en lutte depuis un quart de millénaire et qui a le désir de continuer à exister, ici, en Amérique du Nord, en français.

Une oasis de mépris
8 avril 2012

Les faits divers représentent quelque chose de l’âme d’un peuple. Rarement peut-on mieux comprendre l’essence d’une collectivité qu’en observant sa réaction lors de faits divers n’ayant pas passé par le filtre juridique, médiatique ou politique. Ainsi en est-il de cette saga virtuelle Lassonde, assimilée à un combat David contre Goliath, où les Québécois ont massivement pris le parti du défavorisé et où la compagnie qu’ils ont choisi de protéger leur a répondu avec un crachat au visage.

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L’ironie est savoureuse. Les Québécois ont envahi par milliers la page Facebook Oasis de Lassonde pour se plaindre de l’attitude de la compagnie à l’égard d’une petite entreprise. Nous sommes ainsi : nous nous reconnaissons toujours dans le petit qui est écrasé par le gros. Lors d’une guerre, nous appuyons le défavorisé. Au hockey de même. Dans la cour d’école aussi. Nous aimons les perdants parce que, d’une certaine manière, nous y reconnaissons notre histoire d’un peuple conquis et abusé depuis longtemps.

L’ironie est celle-ci : non seulement l’entreprise à laquelle nombre de Québécois ont choisi de s’identifier possède une raison sociale en anglais, mais sa page Facebook était jusqu’alors entièrement en anglais et, comble de l’ironie sur une montagne d’ironie, l’entreprise a choisi de les remercier d’abord en anglais !

Imaginez l’affaire : une commerçante sauve des dizaines de milliers de dollars grâce au complexe d’infériorité des Québécois, qui s’identifient systématiquement aux défavorisés et qui inondent la page d’appuis, et elle les remercie en anglais d’abord, alors qu’il n’y avait pas un seul, et je dis bien UN SEUL, message de qui que ce soit incapable de parler la langue nationale sur sa page. Peut-on imaginer plus méprisant ?

Ce complexe d’infériorité nous sauve à de nombreuses reprises, car il nous permet de comprendre les injustices vécues par d’autres. Il nous permet de ressentir plus fortement l’empathie que d’autres peuples. Il nous a permis de nous mettre à la place des Irakiens, par exemple, en 2003. Nous comprenons ceux qui souffrent et nous ressentons une certaine sympathie parce que nous sommes un peuple conquis depuis un quart de millénaire.

Cependant, il faut tracer une ligne. Lassonde ne constitue pas une multinationale étrangère méprisante écrasant une pauvre petite compagnie de chez nous. On parle plutôt ici d’une entreprise québécoise faisant valoir ses droits légaux contre une compagnie n’ayant même pas la décence d’avoir une raison sociale francophone ou de communiquer avec la population dans la langue nationale. On est loin, très loin du méchant Goliath tentant d’écraser le bon David.

Se libérer collectivement, devenir un peuple mature et libéré de ses démons, cela implique d’être capable de ne plus systématiquement appuyer un camp ou un autre sans juger des valeurs en jeu. Ce n’est pas parce qu’un gros tente d’écraser un petit que le petit a forcément raison et le gros nécessairement tort. Ces réflexes qui sont les nôtres sont ceux d’un peuple qui a trop longtemps appris à plier le dos et à subir les volontés d’autrui. Quand on accepte de perpétuer cette manière de voir les choses, on accepte de perpétuer notre propre condition de colonisé.

Olivia’s Oasis n’est pas une compagnie québécoise. C’est la première chose à réaliser. Cette entreprise est peut-être enregistrée au Québec, ces propriétaires y vivent peut-être. Mais ce n’est pas une entreprise de chez nous. Elle ne représente pas nos valeurs. Son mépris de la langue nationale ne représente rien de nous. Elle est aussi étrangère au Québec que ne le serait un « Monsieur Patate » fonctionnant en français à Moscou.

Nous aimons défendre David contre Goliath. Ce que nous devons enfin réaliser, c’est que dès qu’il est question de langue, nous sommes systématiquement David. Dès qu’il est question de respecter notre langue nationale, même une binerie comme Olivia’s Oasis représente le prolongement d’une anglomanie irrespectueuse et méprisante, où on vit sur le territoire québécois sans jamais respecter les valeurs des Québécois. Cette entreprise sera toujours pour nous une entreprise étrangère.

Ce soir, une propriétaire se couchera avec le sourire grâce aux Québécois.

Et demain, elle continuera de leur cracher au visage en communiquant avec eux dans une autre langue que la langue nationale.

C’est aussi ça, le mépris et le racisme anti-québécois.

Tant que des entreprises comme Olivia’s Oasis pourront continuer à mépriser la langue nationale des Québécois, notre langue continuera de reculer.

Le chemin de croix
4 avril 2012

Défendre le français au Québec – et donc la pluralité linguistique dans le monde – ressemble de plus en plus à un chemin de croix. À chaque jour ou presque, on lacère encore davantage notre langue. Il y a quelques semaines, c’était Stéphane Gendron qui se moquait de notre aménagement linguistique. La semaine dernière, on découvrait que les jeunes anglophones méprisent notre langue. Il y a quelques jours, on apprenait que Québec finance les cours d’anglais des immigrants. Aujourd’hui, on découvre que les séances d’accueil aux immigrants se feront désormais en anglais. Encore aujourd’hui, on apprend que l’anglais est largement sur-représenté dans les emplois du secteur public. Il ne manque que la crucifixion et on peut fermer les livres.



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Chacune de ces attaques contre la langue nationale des Québécois est assez grave en soi, mais c’est le nombre et l’intensité de celles-ci qui a de quoi surprendre. On dirait qu’il n’y a plus rien pour nous sortir de notre torpeur. Un peu comme si, intérieurement, nous avions déjà capitulé. Un peu comme si nous avions décidé, après des années d’auto-dénigrement, de dévalorisation, de haine de nous-mêmes, que nous n’avions plus le droit d’aspirer à assurer notre futur collectif. Nous avons cessé de rêver.

Cette incapacité à concevoir un futur dont nous serions les maîtres nous a transformés en champions de la servitude. Face à une idée originale ou insolite, nous n’avons plus la moindre curiosité ; nous sommes sceptiques. Nous ne souhaitons plus « briller parmi les meilleurs », mais nous conformer à ce qui se fait ailleurs. Nous ne souhaitons plus avoir une éducation accessible parce que cela rejoint nos valeurs ; nous voulons nous adapter à la moyenne canadienne. Nous ne voulons plus nous donner les moyens d’exister ; nous voulons nous « adapter » à la réalité nord-américaine. Nous ne désirons plus avoir une société plus juste ; nous souhaitons suivre les recettes économiques états-uniennes ayant échouées. Nous n’aspirons plus à la vie ; nous désirons passer inaperçu. Nous sommes des prostitués longeant les murs.

Notre problème n’est pas seulement linguistique, mais onirique. Nous ne rêvons plus, ou bien nous rêvons de manière sectorisée. Nous pouvons imaginer quelques petites originalité éparses, que ce soit une éducation accessible, une langue française qui nous regroupe tous, une politique économique différente, mais peu de gens sont en mesure de rêver à grande échelle. Chacun vit enfermé dans son propre petit monde. Chacun fait ses propres petits combats. Pas question pour les étudiants de se battre pour la langue nationale. Pas question pour les francophiles de lutter contre l’enfoncement à droite de la société québécoise. Chacun vit pour soi.

Ces attaques contre la langue française sont donc d’autant plus faciles qu’aucun mouvement de masse ne peut s’y opposer. Nous regardons, l’air béat, notre langue et nos valeurs reculer et nous saluons de la main, capitaines sur le bateau de nos rêves, le naufrage de nos idéaux.

Nous contemplons notre chute en silence.

Prioriser

Au cœur de toutes les vicissitudes de notre quotidien, nous devrions pourtant reconnaître une nécessité : protéger l’avenir. Mettre les graines qui pourront un jour germer à l’abri et préparer la relève. Reconnaître que si de nombreux débats ont leur importance au Québec, un seul est incontournable : celui de notre langue. Car si notre langue disparaît, nous disparaissons. Le cœur, l’âme de notre identité, surtout depuis la Révolution tranquille et la chute de notre foi, c’est notre langue. Si nous la perdons, nous avons tout perdu.

Il nous faut donc prioriser, choisir nos luttes. On peut appuyer les étudiants, on peut lutter pour une société plus juste, on peut se battre pour l’environnement, on peut œuvrer à une foule d’enjeux locaux, nationaux ou mondiaux, mais la jonction de toutes ces causes doit être la langue française ; une éducation plus accessible ne nous servirait à rien si nous n’étions plus là ; une planète plus propre ne nous serait d’aucune utilité si nous n’existions plus. La langue doit être le combustible qui enflamme toutes les autres causes.

À la face de l’ethnocide du français en Amérique du Nord, et parce que nous constatons que l’anglomanie et le sur-financement des institutions des anglophones au Québec atteignent des sommets, il nous faut mettre le français au centre de toutes nos luttes et refuser le moindre compromis sur cette question.

Le peuples accommodants ne représentent qu’une astérisque dans un livre d’histoire.

Multiplions les luttes et les solidarités, mais exigeons le français, et uniquement le français, en toutes circonstances et pour toute occasion.

Accepter le contraire, c’est légitimer le dénigrement de ce que nous sommes et c’est porter nous-mêmes la croix sur laquelle on nous crucifie jour après jour dans tous les médias.

Le français: indispensable
17 décembre 2011

L’entraîneur du Canadien de Montréal, Jacques Martin, est congédié et remplacé par son adjoint, Randy Cunneyworth, un unilingue anglophone. Déjà, on tente de défendre ce choix en affirmant que l’important est de gagner et que le fait qu’il soit incapable de parler la langue nationale ne serait pas important s’il gagne. En clair, on dit ceci: si tu fais bien ton travail – et le fait de gagner pour un entraîneur constitue la preuve de ce bon travail – tu n’as pas besoin de parler la langue des sauvages. Voyons jusqu’où peut mener cette logique trompeuse.

Le chauffeur d’autobus de la STM. Son travail est de conduire un autobus. S’il le conduit bien, pourquoi parlerait-il français?

La caissière chez Wal-Mart. Son travail est de scanner les étiquettes de prix et de recevoir l’argent des clients. Si elle le fait bien, pourquoi parlerait-elle français?

Le politicien. Son travail est de voter les lois. S’il le fait bien, pourquoi parlerait-il français?

Le policier. Son travail est de faire appliquer la loi. S’il le fait bien, pourquoi parlerait-il français?

Le comptable. Son travail est de compter des chiffres et de compiler des données financières. S’il est bon pour faire cela, pourquoi parlerait-il français?

La banque. Sa raison d’être est d’accueillir les dépôts des clients. Si elle s’acquitte très bien de cette tâche, pourquoi aurait-elle besoin de communiquer en français?

Et ainsi de suite.

Si on juge de la compétence de quelqu’un par les résultats très sectorisés de son travail, personne n’a besoin de parler français. Si la compétence se limite à faire son travail en vase clos, loin de la vraie vie, le français peut bien disparaître dans l’indifférence générale.

Or, la compétence peut être autre chose. Peut-être que la banque a également comme mission de bien communiquer avec ses clients. Idem pour le comptable. Peut-être que le policier doit être en mesure de comprendre ce que dit la population s’adressant dans la langue nationale. Peut-être que le politicien doit pouvoir écouter ses citoyens. Peut-être que la caissière chez Wal-Mart doit pouvoir dire quelques formules de politesse et répondre à des questions simples dans la langue nationale. Idem pour le chauffeur d’autobus.

Et peut-être que l’entraîneur du Canadien de Montréal ne doit pas seulement gagner, mais il doit pouvoir expliquer ses choix aux dizaines de milliers de Québécois qui achètent des billets et qui paient son salaire.

Non, gagner n’est pas suffisant.

Au Québec, comme aux États-Unis, en France, en Australie, en Russie et partout sur la planète, il faut pouvoir parler la langue nationale.

Ce respect minimal est compris partout sur la planète.

Mais pas ici.

Faut dire: on est tellement fin et accommodant ici.

« Excuse-moi de respirer. Je vais retenir mon souffle. »

Le français: indispensable
17 décembre 2011

L’entraîneur du Canadien de Montréal, Jacques Martin, est congédié et remplacé par son adjoint, Randy Cunneyworth, un unilingue anglophone. Déjà, on tente de défendre ce choix en affirmant que l’important est de gagner et que le fait qu’il soit incapable de parler la langue nationale ne serait pas important s’il gagne. En clair, on dit ceci: si tu fais bien ton travail – et le fait de gagner pour un entraîneur constitue la preuve de ce bon travail – tu n’as pas besoin de parler la langue des sauvages. Voyons jusqu’où peut mener cette logique trompeuse.

Le chauffeur d’autobus de la STM. Son travail est de conduire un autobus. S’il le conduit bien, pourquoi parlerait-il français?

La caissière chez Wal-Mart. Son travail est de scanner les étiquettes de prix et de recevoir l’argent des clients. Si elle le fait bien, pourquoi parlerait-elle français?

Le politicien. Son travail est de voter les lois. S’il le fait bien, pourquoi parlerait-il français?

Le policier. Son travail est de faire appliquer la loi. S’il le fait bien, pourquoi parlerait-il français?

Le comptable. Son travail est de compter des chiffres et de compiler des données financières. S’il est bon pour faire cela, pourquoi parlerait-il français?

La banque. Sa raison d’être est d’accueillir les dépôts des clients. Si elle s’acquitte très bien de cette tâche, pourquoi aurait-elle besoin de communiquer en français?

Et ainsi de suite.

Si on juge de la compétence de quelqu’un par les résultats très sectorisés de son travail, personne n’a besoin de parler français. Si la compétence se limite à faire son travail en vase clos, loin de la vraie vie, le français peut bien disparaître dans l’indifférence générale.

Or, la compétence peut être autre chose. Peut-être que la banque a également comme mission de bien communiquer avec ses clients. Idem pour le comptable. Peut-être que le policier doit être en mesure de comprendre ce que dit la population s’adressant dans la langue nationale. Peut-être que le politicien doit pouvoir écouter ses citoyens. Peut-être que la caissière chez Wal-Mart doit pouvoir dire quelques formules de politesse et répondre à des questions simples dans la langue nationale. Idem pour le chauffeur d’autobus.

Et peut-être que l’entraîneur du Canadien de Montréal ne doit pas seulement gagner, mais il doit pouvoir expliquer ses choix aux dizaines de milliers de Québécois qui achètent des billets et qui paient son salaire.

Non, gagner n’est pas suffisant.

Au Québec, comme aux États-Unis, en France, en Australie, en Russie et partout sur la planète, il faut pouvoir parler la langue nationale.

Ce respect minimal est compris partout sur la planète.

Mais pas ici.

Faut dire: on est tellement fin et accommodant ici.

« Excuse-moi de respirer. Je vais retenir mon souffle. »

 

La nation schizophrène
24 novembre 2011

La schizophrénie est une maladie mentale caractérisée par une dissociation de la personnalité, affectant le rapport du malade avec la réalité. Elle se manifeste principalement par des hallucinations auditives, des délires paranoïaques, un discours déconstruit et des schémas de pensée désorganisés. Source: Wikipedia.

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Y a-t-il un meilleur mot pour décrire le peuple québécois en ce début de vingt-unième siècle? Qu’est-ce qu’une nation schizophrène?

La nation schizophrène impose l’anglais intensif à tous ses enfants au primaire (sans imposer le français intensif aux anglophones, doit-on le rappeler), mais elle veut ensuite les obliger à ne parler que le français partout dans l’école.

La nation schizophrène dépense des milliers de dollars pour faire appliquer une loi statuant sur la grosseur des caractères sur les affiches commerciales, mais elle traite avec tous les commerçants en anglais si ceux-ci le désirent.

La nation schizophrène s’offusque que des dirigeants de la Caisse de dépôt et placement soient anglophones, mais elle s’attend à ce que tous ses enfants parlent l’anglais.

La nation schizophrène s’indigne de voir l’état de décrépitude du réseau universitaire francophone, mais elle accepte qu’on sur-finance les universités de langue anglaise à près de 29% pour une minorité historique de moins de 6% de la population.

La nation schizophrène refuse d’appuyer les politiques guerrières du gouvernement canadien, mais elle acclame des militaires ayant été tuer des innocents de l’autre bout du monde.

La nation schizophrène appuie les Indignés du Square Victoria, mais elle ne lève pas le petit doigt quand on va les expulser.

La nation schizophrène veut défendre ses intérêts à Ottawa, mais elle vote pour un parti ultra-fédéraliste et anglomane.

La nation schizophrène veut défendre ses intérêts à Québec, mais elle appuie un individu n’ayant ni programme, ni idées et dont la contribution se résume à « on verra ».

La nation schizophrène hait le Plateau mais rêve d’y habiter.

La nation schizophrène déchire sa chemise quand on l’accueille dans une langue étrangère au restaurant, mais elle se dépêche de parler cette langue étrangère au premier touriste rencontré.

La nation schizophrène se considère québécoise, mais elle se refuse le droit d’occuper l’ensemble de son territoire parce que son territoire est le sien sauf le 25% aux Inuits, le 25% aux Autochtones et le 25% aux anglophones et aux immigrants.

La nation schizophrène trouve que les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent, mais elle lit le Journal de Montréal qui recommande davantage d’enrichissement pour les uns et d’appauvrissement pour les autres.

La nation schizophrène trouve qu’il n’y a pas assez de musique en français à la radio, mais elle honore un groupe canadien comme Arcade Fire, qui habite ici depuis dix ans sans jamais avoir appris sa langue.

La nation schizophrène trouve normal que le méga-hôpital anglophone reçoive 43% du financement alors qu’il est conçu pour une minorité historique de moins de 6% de la population.

La nation schizophrène aimerait intégrer les immigrants, mais elle s’adresse à eux systématiquement en anglais.

La nation schizophrène se considère libre, mais elle refuse de se donner la vraie liberté politique.

La nation schizophrène pourfend ceux qui la défende et encense ceux qui la méprise.

La nation schizophrène vit sur du temps emprunté.

La nation schizophrène va disparaître non pas parce qu’on l’a décimée, mais parce qu’au-delà des discours et des belles idées, personne n’a le courage d’agir pour éviter sa disparition. N’était-ce pas Olivar Asselin qui disait qu’il faudrait écrire, sur notre tombe: « Ci-gît un peuple mort de bêtise »?

Empêcher les enfants de parler la langue de leur choix dans la cour d’école?

C’est EXACTEMENT ce que fait une nation schizophrène, trop déconnectée d’elle-même pour obliger le gouvernement à traiter avec les entreprises en français seulement, abolir le réseau scolaire de langue anglaise pour le remplacer par un seul réseau dans la langue nationale, abolir le réseau hospitalier de langue anglaise, obliger la connaissance du français pour obtenir la citoyenneté, rendre les cours de langue étrangère facultatifs, occuper l’ensemble du territoire pleinement et entièrement, mettre fin au quasi-monopole de Quebecor sur l’information, créer sa propre monnaie, déclarer son indépendance à la fois du Canada et des banques, nationaliser ses richesses naturelles, cesser de financer tout média n’étant pas dans la langue nationale.

Ben non.

Nous, on préfère mourir dans la dictature du cosmétique et se peinturer un sourire sur le visage pendant qu’on nous enfonce un pieux dans le dos.

Nous aurions vraiment besoin d’un parti nationaliste au Québec.

Ça, ou d’en finir pour de bon, collectivement.

C’est pas avec des flancs-mous comme Aussant et sa bande de multiculturalistes anglomanes à la Philippe Leclerc (ou sa blonde Élisabeth Émond, aussi colonisée que lui) qu’on va s’en sortir.

C’est tout le peuple qu’il faut rééduquer.

Ou le pousser vers la disparition au plus vite, qu’on passe à autre chose.

Au choix.

Pourquoi je ne participe pas à « Occupy Montreal »
15 octobre 2011

Une nouvelle vidéo, qui explique les raisons de mon refus de participer à ce « mouvement ».

Deux raisons, principalement:

  1. Un mouvement désorganisé et faible idéologiquement, n’étant pas en mesure de réellement changer les choses car refusant de s’afficher clairement socialiste, communiste ou d’une autre idéologie rassembleuse et porteuse d’espoir;
  2. Un mouvement qui ne respecte pas la langue commune et officielle du Québec, et perd donc la crédibilité pour parler au nom des Québécois.

Pourquoi je vais voter pour le Bloc Québécois
25 avril 2011

J’ai fait mon choix: je vais voter pour le Bloc Québécois. Moins de trois ans après la dernière élection fédérale, je mesure d’autant mieux le cheminement de ma pensée politique que j’avais écrit, à cette occasion, un texte où j’expliquais les raisons m’ayant poussé à préférer le Nouveau Parti Démocratique. J’avais tout faux, et s’il m’a fallu réfléchir longuement sur les conséquences d’un choix sur un autre, il n’y a plus de doute dans mon esprit: cette élection oppose d’un côté des partis canadiens, et de l’autre un parti québécois. Quand ceci est dit, tout est dit.

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En 2008, je basais ma décision de voter pour le NPD essentiellement sur deux raisons: le chef de ce parti, Jack Layton, avait mené une très bonne campagne électorale et le NPD était le seul parti à valoriser activement la répartition de la richesse et des programmes sociaux permettant de nous enrichir collectivement. Paradoxalement, je pourrais tirer exactement les mêmes conclusions aujourd’hui: non seulement Layton est-il encore supérieur à ce qu’il était il y a trois ans – et Gilles Duceppe beaucoup plus faible – mais le NPD est encore une fois le seul des principaux partis politiques fédéraux à parler de mesures sociales progressistes.

Pourtant, j’ai choisi d’appuyer le Bloc Québécois. Je reconnais aujourd’hui les erreurs de ma pensée d’il y a trois ans. D’abord, on ne doit pas voter pour un parti ou un autre en fonction de la performance médiatique d’un chef; nous sommes en démocratie et c’est le parlement qui doit être souverain. Si un homme ou un autre peut nous paraître sympathique ou antipathique, il faut autant que possible exclure ces émotions du raisonnement: on doit voter pour les idées, pas parce que la bouille d’un type nous revient davantage que celle d’un autre. De la même manière, si le NPD a de loin le meilleur programme économique et social des principaux partis, il faut rappeler qu’il ne fait rien pour s’attaquer au principal problème de cette fédération, l’éléphant dans la pièce que les Canadiens-anglais ont choisi d’ignorer: le fait que le Québec n’a pas signé la constitution et que sa situation n’est toujours pas réglée au sein du Canada.

Si cette vérité d’un parti centralisateur et typiquement canadian a été soulignée par plusieurs auteurs, ce sont des expériences personnelles qui m’ont convaincu de la dangerosité d’un vote pour ce parti. Au nombre de ces expériences, on peut penser au fait que le NPD communique systématiquement avec ses membres du Québec en anglais et en français, au mépris de la seule langue officielle du Québec. On peut également souligner le fait que si la quasi-totalité des pages provinciales du NPD sur Facebook sont en anglais, celle du Québec est entièrement bilingue; on lance ainsi le message que s’il est justifiable pour le parti de fonctionner entièrement en anglais dans des provinces anglophones, il ne peut l’être de respecter de la même manière la langue nationale des Québécois. Ajoutez à cela un discours tenu par nombre de ses membres selon quoi la question linguistique ne serait pas importante, qu’il faudrait « passer à autre chose », et vous avez comme résultat un parti qui ne peut pas représenter adéquatement les intérêts du Québec.

Dans cette situation, deux valeurs s’affrontent: d’un côté la volonté des Québécois d’assurer des politiques sociales plus progressistes, et de l’autre leur volonté d’assurer la survie de leur langue dans un contexte où elle est en régression et, osons le dire, en danger de mort. Ces valeurs – qui sont exactement les miennes – ne devraient pas pouvoir être subordonnées l’une à l’autre; dans les faits, on doit se forcer à le faire et j’ai décidé de le faire. La vérité est la suivante: si le français survit, mais que la société opère un terrible virage à droite, nous appauvrissant collectivement et nous faisant régresser socialement, rien n’est perdu, car il serait toujours possible de faire marche arrière plus tard. Par contre, si le français ne survit pas, si nous passons le rubicon de notre déclin et que nous n’arrivons plus à assurer la pérennité de notre langue, quand bien même nous vivrions dans un paradis social-démocrate, nous serions morts. Game Over, pour le dire dans une langue qui serait désormais la nôtre. D’un côté, un recul temporaire, de l’autre, un recul permanent. Oui, ces valeurs peuvent et DOIVENT être subordonnées: on ne peut pas, sous aucun prétexte, mettre en danger ce que nous sommes pour quelque raison que ce soit.

À partir du moment où on comprend l’extrême précarité de notre situation et où on accepte l’idée qu’il est impossible qu’un parti désirant se faire élire d’un bout à l’autre du Canada puisse respecter notre spécificité sans heurter les sensibilités de ceux qui désirent « passer à autre chose » en nous passant sur le corps, on n’a d’autre choix que de mettre de côté l’échelle gauche-droite pour nous concentrer sur le vieux paradigme Québec-Canada qui, loin d’être usé, sera pertinent tant et aussi longtemps que d’une chose le Québec sera séparé, d’autre chose le peuple québécois sera décimé et le français y sera aussi mort que dans les autres provinces.

Oui, on peut trouver que la situation stagne, que rien ne bouge. Oui, on peut questionner la présence du Bloc à Ottawa, d’autant plus que Gilles Duceppe est possiblement l’un des politiciens les plus frileux sur les questions linguistique et identitaire. Par contre, on doit avoir l’honnêteté de reconnaître que ce blocage n’est pas celui du Bloc, mais celui d’une fédération dont la vaste majorité des habitants a décidé de « passer à autre chose » pendant que la minorité québécoise continue d’affirmer que son existence et ses intérêts ne peuvent être ignorés.

Il est légitime d’avoir un désir de changement, de vouloir faire confiance au visage sympathique de Jack Layton et de lui « donner une chance ». Ceci dit, ce changement ne peut pas aller à l’encontre de l’existence du peuple québécois et toute réduction de l’influence du Bloc Québécois à Ottawa aurait comme conséquence l’embellie des forces de ceux qui désirent implanter au Québec l’idée que notre existence et notre survie sont des choses du passé.

Le 2 mai, je vais voter Bloc Québécois. Pas parce que son chef mène une bonne campagne ou parce que je n’aime pas le NPD. Simplement, parce que je suis Québécois et que mes intérêts en tant que Québécois ne pourront jamais être mieux respectés que par un parti qui considère le Québec non pas comme une province parmi d’autres, mais comme un pays en devenir.

Des mensonges de Pratte à la libération d’un peuple!
27 octobre 2010

La Presse est en guerre. Ou plutôt, le multimilliardaire Paul Desmarais, propriétaire de celle-ci et ayant déjà affirmé que l’indépendance du Québec signerait sa fin, met tout en œuvre pour empêcher tout renforcement de la Loi 101. Et qui de mieux que son laquais numéro un, l’éditorialiste André Pratte, pour accomplir l’ingrate besogne?

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En moins d’une semaine, Pratte a signé trois textes sur la question. Le 19 octobre dernier, il affirmait que l’indifférence des Québécois vis à vis de la question linguistique témoigne de l’approche modérée (sic) du gouvernement Charest. Le 22 octobre, il blâmait les francophones quittant l’île de Montréal pour justifier l’anglicisation de la métropole. Le 26 octobre, il vantait la présence « respectueuse » des anglophones montréalais et expliquait qu’il ne servirait à rien d’étendre l’enseignement obligatoire dans la langue nationale de 12 à 14 ans en appliquant la Loi 101 au cégep.

Trois textes, trois morceaux de propagande. Pratte est en campagne, et la fin du Québec français constitue son seul objectif. La maison est en feu, mais il ne faudrait surtout pas s’inquiéter! Démontons ses mensonges un par un.

Premier mensonge: les Québécois sont indifférents à propos de leur langue.

Non, ce n’est pas parce qu’il n’y a eu « que » 3000 à 5000 manifestants le 18 octobre dernier pour dénoncer la loi 115 que les Québécois sont indifférents. Un sondage publié l’an dernier démontrait d’ailleurs que près de 90% des Québécois croient que le français est menacé à Montréal. Et cinq mille manifestants, c’est déjà 40% plus de participants qu’au rassemblement contre la loi 103 du 18 septembre et près de cinq fois le nombre de spectateurs au premier spectacle du 11 avril dernier! Bien sûr, nous sommes encore loin de la marche en faveur du retour des Nordiques, mais le fait que les gens marchent plus facilement pour un club de hockey que pour la langue ne témoigne peut-être pas de leur indifférence quant à celle-ci, mais peut-être simplement de leur implication supérieure à propos de cet enjeu et du fait que celui-ci requiert un engagement politique beaucoup moins exigeant (tout le monde veut le retour des Nordiques; il est beaucoup plus difficile de défendre une opposition à un projet de loi complexe).

Deuxième mensonge: l’exil des Québécois de Montréal explique l’anglicisation de la métropole.

Pratique comme analyse, ne trouvez-vous pas? Il suffit de démontrer que les Québécois quittent Montréal plus massivement que les anglophones, de parler du déplacement de la limite traditionnelle des quartiers francophones et anglophones et BINGO l’affaire est ketchup. Or, j’ai déjà démontré à plusieurs reprises que cette perception est erronée: si l’exode des Québécois de Montréal était un facteur de l’anglicisation de la métropole, comment pourrait-on expliquer que la banlieue s’anglicise tout aussi rapidement? André Pratte parle du départ des Québécois vers Repentigny, Terrebonne et Varennes; sait-il seulement que la croissance des locuteurs de langue d’usage anglaise pour ces villes, entre 2001 et 2006, était respectivement de 69%, 60% et 7%? S’il y avait un tel exode de francophones vers la banlieue, pourquoi la croissance des locuteurs de langue anglaise pour l’ensemble des banlieues rapprochées était de 7,6% alors qu’elle n’était que de 4,4% pour Montréal elle-même? Mathématiquement, les prétentions d’André Pratte ne fonctionnent pas. Le départ de nombreuses familles québécoises vers la banlieue ne constitue PAS un facteur d’anglicisation de la métropole. La réponse est ailleurs.

Troisième mensonge: il ne sert à rien d’appliquer la Loi 101 au cégep.

André Pratte commet l’erreur de nombreux fédéralistes (et même de certains indépendantistes) qui croient que l’application de la Loi 101 au cégep constituerait une sorte de parachèvement de la Loi 101, la fin du combat des Québécois pour la survie de leur langue. « Douze ans ou quatorze ans d’éducation en français, qu’est-ce que ça change? » pourraient-ils affirmer. L’étude de l’IRFA, publiée le mois dernier, est assez convaincante à ce sujet: le cégep anglais anglicise fortement. Mais il faut voir plus loin. Il faut concevoir l’application de la Loi 101 au cégep non pas comme une finalité, mais comme le début d’un renouveau où les Québécois cesseraient de se contenter de défendre une Loi 101 sacralisée (mais pourtant dépecée plus de deux cent fois depuis son adoption) et prendraient l’initiative pour véritablement franciser le Québec. Et le dés-angliciser, forcément.

Il faut désacraliser la Loi 101

La vérité, c’est que le Québec et Montréal s’anglicisent non pas seulement parce que les Québécois sont indifférents, qu’ils quittent Montréal vers les banlieues ou parce que la Loi 101 n’est pas appliquée au cégep. Tout ça est beaucoup trop facile. Même si ces facteurs peuvent jouer, une des véritables causes de l’anglicisation m’a été expliquée par Pierre Serré il y a quelques mois: il s’agit du solde migratoire interprovincial du Québec. Concrètement: si les anglophones quittaient le Québec massivement au cours des dernières décennies, ils ont plus tendance à s’accrocher aujourd’hui, faisant porter un fardeau supplémentaire sur notre langue nationale.

Regardez le tableau suivant: (( Données provenant de Statistique Canada. ))

Période
Anglophones
Migration nette (arrivées moins les départs)
1976 à 1981 -123 053
1981 à 1986 -50 193
1986 à 1991 -30 747
1991 à 1996 -36 159
1996 à 2001 -44 548
2001 à 2006 -16 005

On y constate que si les anglophones ont été nombreux à quitter le Québec après l’élection du Parti Québécois en 1976, ils ne sont plus qu’une minorité à le quitter aujourd’hui. Ces anglophones « québécois », loin d’être les anglophones respectueux du français qu’idéalise André Pratte, forment plutôt une nouvelle catégorie de citoyens ne se réclamant plus du Canada, mais s’affichant fièrement comme Québécois ou Montréalais, même s’ils ne parlent pas toujours la langue nationale du Québec. Plutôt que de faire face à des anglophones dans un processus soit de francisation ou d’exil – des anglophones acceptant le statut francophone du Québec – , nous avons désormais des anglophones travaillant activement à l’anglicisation du Québec et s’enracinant durablement au sein de la société québécoise.

Cette situation n’existe que parce que nous avons sacralisé la Loi 101 et refusé de la remettre en question. Tellement fiers de nous être enfin libéré du joug colonialiste avec la charte de la langue française, nous en avons fait un idéal tel que nous n’osons plus la renforcer à un moment où elle en a cruellement besoin. Nous avons peur de l’adapter aux nouvelles situations, peur de s’en servir pour véritablement faire du Québec la nation française qu’il prétend être. Peur d’exister non pas par défaut, mais parce que nous voulons enrichir l’humanité de notre présence. Peur d’OSER modifier la Loi 101 non pas parce qu’une cour politique d’une nation étrangère nous le demande, mais parce que nous avons le désir de le faire par nous-mêmes.

Voici ce qu’un peuple courageux ferait:

  1. L’abolition du réseau scolaire public anglophone. Un peuple fier ferait exactement comme font toutes les nations du monde. Il ne financerait qu’un seul réseau d’éducation dans la langue nationale. Actuellement, pour 5,6% d’anglophones de langue maternelle nés au Québec, nous finançons leurs écoles primaires et secondaires à 11%, leurs cégeps à 16% et leurs universités à 27%.
  2. L’application de la Loi 101 à toutes les écoles privées du Québec, de la maternelle à l’université. Un peuple audacieux refuserait de décerner un diplôme national à une école refusant le statut francophone de la nation québécoise.
  3. La fin de toute subvention à un établissement (santé, éducation ou autre) qui ne soit pas francophone. À l’image de dizaines d’États refusant de financer avec des derniers publics des organismes œuvrant dans une autre langue que la langue nationale, un Québec brave cesserait d’encourager la dislocation sociale et l’anglicisation en ne finançant que des organisations francophones.
  4. L’obligation que tous les services gouvernementaux soient dispensés dans la langue nationale. Vous voulez votre permis de conduire? Un Québec véritablement libéré ferait à l’image de dizaines d’État américains et vous obligerait à parler la langue nationale. Idem pour la santé, pour le droit de vote ou pour n’importe quel service gouvernemental. Fini le « press nine ».
  5. Francisation de toutes les marques de commerce. Plusieurs États forcent non seulement l’affichage dans la langue nationale, mais également que le nom des compagnies soit affiché dans cette langue. Un Québec qui se tient debout devrait faire la même chose.
  6. Interdiction d’exiger la connaissance d’une langue étrangère pour tout emploi œuvrant spécifiquement au Québec. Il n’est pas normal que de nombreux commerces exigent la connaissance d’une langue étrangère quand ceux-ci ne font pas affaire avec un pays anglophone. Aucun emploi s’adressant exclusivement à des Québécois ne devrait nécessiter la connaissance d’une langue étrangère.
  7. Obligation pour tous les médias s’adressant aux Québécois d’avoir un certain pourcentage de leur contenu en français. The Gazette, CHOM, et même des sites internet existent entièrement en anglais. Il faudrait qu’une certaine partie du contenu soit en français. On peut penser, par exemple, à 25% des pages en français dans The Gazette et à 25% des interventions en français pour CHOM ou d’autres stations de radio anglaises. En ce qui concerne le contenu musical, il faudrait augmenter les quotas de musique québécoise. Notons que plusieurs pays ont légiféré en ce sens.
  8. Obligation pour toutes les entreprises d’écrire dans un bon français. Fini les « École de conduite du camion et d’auto » et autres traductions approximatives. Dans un Québec fier, aucun permis d’exploiter une entreprise ne pourrait être donné sans une utilisation d’un français grammaticalement correct.
  9. Augmentation des heures d’école consacrées à l’Histoire et au français. Il n’est pas normal que notre jeunesse ne sache rien ni de notre histoire ni de l’écriture correcte de notre langue nationale. Plutôt que de miser sur une langue étrangère (une seule, de surcroît) il faudrait d’abord leur apprendre à savoir d’où ils viennent et de quelle façon écrire leur langue.
  10. Diminution de l’immigration pour atteindre un seuil mieux gérable. À près de 50 000 immigrants par année, nous recevons davantage d’immigrants que la plupart des pays développés. Or, nous ne jouissons pas de leur cohésion culturelle et linguistique et avons donc encore plus de difficulté à les intégrer.
  11. Refus de reconnaître toute décision émanant de la Cour suprême du Canada. Un Québec libéré ne reconnaîtrait pas le droit de la cour politique d’une nation étrangère à décider de ce qui est le mieux pour lui.

Voilà ce que ferait un peuple qui se tient debout. Ce peuple se battrait pour exister. Il donnerait des coups de griffes partout. Il reconnaîtrait que le départ d’anglophones constitue une excellente nouvelle et que le modèle MONDIAL d’États homogènes d’un point de vue linguistique constitue le meilleur gage de survie pour la langue française en Amérique. Il lutterait de toute son âme pour la diversité culturelle et la pluralité mondiale en s’assurant que cesse le génocide culturel des francophones du Canada.

Ce peuple, il se tiendrait face au vent, il cesserait de lire tous les mensonges des Pratte de ce monde et il oserait enfin crier, du poids de son nombre et avec la force que lui confère son État: J’EXISTE!

La quasi-totalité des nations du monde se sont dotées de lois linguistiques assurant la survie de leur langue nationale. Qu’attendons-nous, dites-moi? Attendons-nous, après avoir été minoritaires en Amérique du Nord, puis minoritaires au Canada, de devenir minoritaires au Québec?

Reprenons l’initiative linguistique et réchauffons l’hiver de notre peuple en brûlant la grosse Presse à Pratte!

En attendant le livre
5 octobre 2010

Il ne s’agit ni d’une pause ni d’un rangement définitif du clavier. C’est l’histoire d’un changement. L’histoire d’une évolution, d’une nouvelle façon de m’exprimer. Si ça se trouve, ça ne fera pas long feu. Mais qui sait. Ça faisait déjà quelques fois que j’en parlais, mais je suis de plus en plus sérieux avec mon projet: je travaille sur un livre et j’ai donc moins de temps à consacrer à ce blogue.

En tant que tel, je fais sensiblement la même chose qu’avant, à l’exception que je retiens volontairement les statistiques que je compile, les liens que je fais, les idées que je propose. Je les garde, égoïstement, avec l’idée de les offrir d’une seule traite, dans un format me permettant de pouvoir aller un peu plus au fond des choses.

Je ne sais pas encore quelle forme définitive cela prendra. J’hésite entre le libre-parler et le « dans ta face » de mon blogue ou l’approche plus factuelle que j’ai pu expérimenter pendant l’année passée à la SSJB ou dans les mémoires que j’ai écrit pour le MMF ou Impératif français. Peut-être y intégrerai-je un peu des deux, quoi que cela devra être bien fait. Le ton devrait ressembler, dans l’idéal, à celui que j’ai adopté lors de la présentation du 23 septembre dernier, à l’Assemblée nationale. Voici d’ailleurs un extrait pour ceux qui n’avaient pas réussi à ouvrir le fichier dans un précédent billet.

En attendant, je recherche, j’accumule, je découvre. J’ai déjà des données que je suis probablement le seul à avoir. Et des idées originales, également. Je ne peux en dire davantage. Qui vivra verra. Ou peut-être pas. Allez savoir.

J’ai découvert plusieurs choses dernièrement:

  1. Mon départ de la SSJB et du MMF (que j’ai choisi, en vérité, afin de garder mon indépendance) pourrait constituer une bonne chose, car j’étais intellectuellement vidé après chaque semaine, tandis que je suis en mesure d’accomplir beaucoup plus de travail personnel en ce moment;
  2. J’ai trop perdu de temps sur Facebook en luttes stériles et en chicanes inutiles. Chaque heure gaspillée pour essayer de convaincre un cabochon de changer d’idée est une heure que j’aurais pu investir pour convaincre mille personnes d’une meilleure manière;
  3. La réputation est quelque chose qui a une certaine importance.  Je me suis tellement foutu des qu’en-dira-t-on que j’ai nui de manière durable à ma réputation auprès d’une certaine clientèle du web.  Je crois que je garderai certaines de mes réflexions pour moi à l’avenir, ou plutôt que je prendrai le temps de mieux choisir mes luttes et de canaliser mes critiques (je n’arrêterai pas de dénoncer l’immobilisme péquiste pour autant, soyez-en sûr);
  4. Le blogue peut être un excellent outil d’auto-promotion, mais il ne peut pas constituer une fin en soi, à moins de se satisfaire d’une situation où il faut perpétuellement condenser son message sans jamais prendre le temps de bien s’expliquer;
  5. Le blogue est temporaire, le livre reste.  Et peu importe la forme du livre du futur (j’ai la conviction que le format papier vit ses dernières heures), un livre est complet par lui-même alors que le blogue ne peut l’être que par le travail acharné de lecteurs persévérants cherchant à relier un ensemble de textes en apparence disparates.  Autrement dit: si je meurs en bloguant, rien ne reste, mais si je meurs après avoir écrit un livre, celui-ci me survit.  Et je survis donc à travers ce livre.  Je façonne une œuvre complète, je finis le casse-tête plutôt que de m’être contenté de numéroter les pièces.

Je ne me suis fixé aucun échéancier précis.   J’aimerais cependant avoir fini la recherche quelque part cet hiver ou au début du printemps, et avoir fini l’écriture vers l’été prochain.  C’est ambitieux, considérant que je ne dispose que de quelques heures par semaine, mais ce n’est pas impossible.   On verra.

En attendant, je reviendrai sûrement écrire ponctuellement sur ce blogue, que ce soit pour dénoncer l’anglomanie de nos élites, la francophobie de nos ennemis ou la situation absolument catastrophique de l’intégration au français dans la région de Montréal (tiens, j’aurais pu écrire un texte sur ces jeunes d’une école secondaire francophone de Laval ayant été au palais de justice pour dénoncer un chauffard ayant tué une de leurs camarades et ayant apporté des affiches unilingues anglaises…).   Vous pourrez juger de la progression du livre selon la fréquence de mes interventions ici.

En attendant, le combat pour le français continue.  Différemment, mais il continue.

« Tant qu’un peuple n’est envahi que dans son territoire, il n’est que vaincu; mais s’il se laisse envahir dans sa langue, il est fini. »
– Louis de Bonald