Et si on limitait le « droit » au divorce ?
2 mars 2020

Texte publié dans Le Harfang.

Comment savoir quand une société est prisonnière d’un paradigme ? Elle l’est lorsqu’elle refuse, même face à l’intransigeance des faits, de considérer une manière différente de faire les choses.

 

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Le divorce, par exemple. Nous « fêtons » le cinquantième anniversaire de son boom. Suite à sa légalisation par le gouvernement Trudeau (père) en juillet 1968, s’est opérée une véritable course à la séparation. L’indice de divortialité est rapidement passé de 9 pour 100 mariages, en 1969, à 14 en 1970, 36 en 1975, 41 en 1982 et il oscille entre 50 et 54 depuis 1995. Pour donner une idée de la révolution opérée, il est intéressant de noter qu’il y a eu, dans le district judiciaire de Montréal, 253 divorces entre 1795 et 1879, contre 11 030 entre juillet 1968 et septembre 1970 !

Jour après jour, on parle du haut taux de suicide québécois, de la faible natalité, du problème des valeurs, de l’indiscipline des enfants à l’école, des maladies mentales, de la confusion identitaire, de l’anxiété, etc. Ces problèmes ne sont pas apparus comme par magie. Même si ces troubles sont complexes, a-t-on encore le droit de faire les liens qui doivent être faits et de considérer froidement les faits ?

En effet, la destruction de la famille et le fréquent passage à la monoparentalité sont à la base d’une augmentation du suicide chez ceux ayant vécu cette situation étant enfants. On remarque également une hausse marquée des risques de problèmes psychiatriques ou reliés à l’alcool et aux drogues. Ces enfants sont également plus agressifs, plus soumis ou moins assertifs que les enfants étant élevés par leurs deux parents. Ils ont aussi des résultats scolaires plus faibles et fréquentent l’école moins longtemps. Rien de très joyeux !

Mais chut, c’est un secret.

En effet, il est périlleux de tenir un tel discours de nos jours. Car, voyez-vous, s’attaquer au « droit » de divorcer, c’est s’attaquer aux sacro-saints « droits » de la femme. Considérant que la plupart des études démontrent qu’entre 70% et 90% des ruptures sont initiées par des femmes, le fait de revenir à la valeur première de l’engagement du mariage (« jusqu’à ce que la mort nous sépare ») heurterait de plein fouet nos chères amies féministes, toujours prêtes à défendre des droits, mais plus rarement des responsabilités.

Et quelles responsabilités sont plus importantes que celles impliquant les enfants du couple se séparant ? Pensons-y : connaissez-vous beaucoup de contrats où celui qui le viole s’en tire sans conséquences, reçoit des subventions gouvernementales et où les victimes de ce bris — les enfants — n’ont aucun recours ?

La gauche féministe rétorque qu’on peut  limiter les dégâts avec une garde partagée et des ressources (car que peut faire la gauche, à part lancer à tout-vent l’argent des contribuables dans des ressources ?), mais peut-être serait-il temps de ne plus limiter, mais plutôt empêcher ?

Le génial Jordan Peterson écrit, dans son formidable livre 12 règles pour une vie :

« Était-ce vraiment une bonne idée, par exemple, de libéraliser à ce point le divorce dans les années 1960 ? Je ne suis pas sûr que ce soit l’avis des enfants dont l’existence a été déstabilisée par la liberté hypothétique que cela était censé amener. Derrière les murs si sagement érigés par nos ancêtres sont tapies l’horreur et la terreur. Nous les abattons à nos risques et périls. Inconsciemment, nous patinons sur la fine couche de glace d’un lac gelé où, dans les eaux glaciales, des monstres indescriptibles attendent notre moindre faux pas ».

Pendant des milliers d’années, et après d’autres milliers d’années d’essais et d’erreurs, nos ancêtres ont découvert qu’une façon optimale de faire fonctionner la société consiste à… * roulement de tambours *… assurer la présence du père et de la mère, ensemble, au sein d’une cellule familiale stable et durable. L’assaut féministe contre la forteresse de l’institution du mariage a peut-être temporairement réussi, mais qui peut, sans rire, affirmer que nous sommes, collectivement, plus heureux qu’il y a plus de cinquante ans ? Qui peut dire, sans sourciller, que nos enfants s’épanouissent tout aussi bien, que la courroie des valeurs de nos ancêtres à nos descendants se transmet tout aussi normalement ? Que la famille se porte bien au Québec ?

Le yin et le yang

Eckhart Tolle, écrivain et conférencier canadien dans le domaine de la spiritualité, affirmait récemment qu’un des gros problèmes dans le monde, actuellement, consiste en une trop grande préséance du yin sur le yang. Le yin, associé au féminin, représente notamment l’inconnu, le chaos ; le yang, masculin, est relié au connu, à l’ordre.

Depuis la révolution féministe, notre société, dans son ensemble, se désintègre. Le chaos a gagné ; tout ce qui était stable a été déstabilisé. La matrice nous avale. Même nos mots sont devenus interdits. La guerre masculine, globale, rationnelle, basée sur des idéaux, a été remplacée par une vengeance aveugle féminine, où le mariage est devenu un outil de prise de possession par la femme de l’homme, un outil d’asservissement et d’accaparement des ressources masculines par la femme. C’est un lieu de bataille où les enfants représentent des dommages collatéraux, des victimes à qui on refuse même le droit d’exprimer la cause de leurs malheurs.

Si un enfant devait, par exemple, blâmer sa mère d’avoir fait éclater sa famille, ne lui offrirait-on pas simplement des services psychologiques — généralement octroyés par une femme — et ayant comme finalité de rappeler à l’enfant la nécessité de respecter le « choix » de sa mère ? Ce choix (yin), qui constitue souvent, selon le psychologue Yvon Dallaire, une incapacité de la femme à s’adapter au quotidien après la lune de miel, devrait-il avoir préséance sur le devoir (yang) de respecter l’intégrité familiale permettant d’assurer le meilleur développement possible des enfants ?

Cette préséance du yin a transformé notre société d’un lieu où on reconnaissait certaines responsabilités et certaines limites à un lieu où tout est permis, où le chaos intérieur qui rôde en chacun de nous peut librement se transformer en destruction. Le devoir, loin d’être célébré comme le sain rempart des désirs éparpillés, est devenu un mot honni, car limitant l’hédonisme ambiant et empêchant la réalisation de tous les fantasmes. Dieu, dans son église, devant qui chaque marié devait s’agenouiller et se soumettre, est devenu un cadre kitsch où on consomme une illusion qui peut éclater à tout moment et tout emporter avec elle. La cérémonie du mariage sonne faux parce que le mariage est devenu faux ; le contrat éternel devant Dieu et les hommes a été rendu caduc et temporaire par un État s’étant substitué à la présence divine, aux valeurs diamétralement opposées à celles qui ont été les nôtres depuis des milliers d’années et qui ont servi de base à la civilisation et au peuple dont nous sommes les tributaires.

A-t-on le droit, en tant que nation, de tolérer cette désintégration, avec tout le malheur et les coûts sociaux qu’elle entraîne ? Combien d’enfants et de familles ont ainsi été sacrifiés au nom d’un idéal égoïste de liberté individuelle ? Ne serait-il pas temps de réintroduire un peu d’ordre et de responsabilité dans ce chaos, et de mettre des limites au « droit » au divorce ?

Les enfants du futur nous remercieront.

Le féminisme contre le mariage
12 septembre 2019

Comment sait-on qu’une idéologie a atteint sa limite extrême ? Quand elle nuit même à la ceux (celles !) qu’elle devait porter au pouvoir. Ainsi en est-il du féminisme. Une nouvelle étude étatsunienne affirme que la baisse du taux de mariage est causée par un manque d’hommes ayant un statut économique intéressant.

Contrairement à certaines croyances, le mariage est avant tout une transaction économique. Un homme, accompli, recherche une femme (souvent plus jeune et belle) pour fonder une famille et offrir le maximum de chances de survie à ses enfants ; une femme, tributaire de millions d’années d’évolution et poussée vers l’hypergamie, cherche systématiquement à se mettre en couple avec un homme d’un statut économique supérieur, afin d’assurer les meilleurs gènes possibles à son enfant.

Or, ce que cette étude démontre, c’est qu’il y a maintenant un manque d’hommes ayant un statut économique intéressant. Le féminisme ayant gangrené le système d’éducation et permettant qu’aujourd’hui la très grande majorité des universitaires soient des femmes, empêche ainsi l’hypergamie inscrite dans les gènes féminins. En d’autres mots : les femmes réussissent mieux que les hommes et ne peuvent donc pas trouver d’hommes qui réussissent mieux qu’elles pour assouvir leur instinct les poussant à se servir de leur sexe pour gravir les échelons sociaux.

Le résultat ? Des femmes éduquées et malheureuses, seules, trouvant tous les hommes autour d’elles insuffisants. Et des hommes sous-éduqués, malheureux, seuls, trouvant toutes les femmes autour d’eux inaccessibles. La belle réussite féministe !

Oser la tradition

Traditionnellement, l’homme travaillait et gagnait un salaire parce qu’il était plus disposé, génétiquement, à le faire. Et sa femme restait à la maison à s’occuper des enfants pour les mêmes raisons. La folie féministe consistant à dire que les deux sexes seraient égaux (ce qui est rigoureusement et scientifiquement faux) et qu’une femme serait ainsi aussi bonne qu’un homme dans n’importe quel métier tandis qu’un homme serait aussi adroit à s’occuper des jeunes enfants, prive la société de nombreux talents.

En effet, de nombreux hommes sont prisonniers d’emplois sous-payés ou dégradants parce que d’autres emplois plus intéressants sont occupés par des femmes ; à l’inverse, de nombreuses femmes pourraient se réaliser bien davantage à la maison, avec des enfants, qu’à travailler toute la journée. Doit-on rappeler qu’il y a à peine un demi-siècle un seul salaire réussissait à faire vivre toute une famille ? À qui a profité la révolution féministe ? Certainement pas aux familles !

Si les gens ne se marient plus, s’ils n’ont plus assez confiance pour s’engager les uns envers les autres (et devant Dieu… ou devant son simulacre laïc), ce n’est pas une mince affaire.

Legault affirmait vouloir stimuler la natalité au Québec ; comment cela peut-il être possible sans s’attaquer aux dogmes féministes ? Si on veut stimuler la natalité, il faut donner de bons emplois aux hommes et permettre ainsi aux femmes de trouver satisfaction à leur hypergamie innée.

Si on veut stimuler la natalité, il faut s’attaquer au féminisme.

Mais Legault en aurait-il le courage ?

Le travail des femmes et les dérives du féminisme
19 mai 2019

Après un demi-siècle de ravages féministes, où on a tenté de convaincre les deux sexes qu’ils étaient égaux et avaient les mêmes capacités — ce que n’importe quel parent ayant un enfant de chaque sexe sait être faux —, qu’ils devaient poursuivre les mêmes buts et faire les mêmes tâches indépendamment des prédispositions attribuées naturellement à leurs sexes, ne serait-il pas temps de faire un bilan ? Qu’est-ce que le travail généralisé des femmes a amené à la société, à la famille en général ? Ne serait-il pas temps de reconsidérer le rôle de femme au foyer ? Ou à tout le moins de laisser le choix, plutôt que de pousser les jeunes filles vers la voie de l’école et des études supérieures ?

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Chute des salaires

Il s’agit d’une simple réalité mathématique : si vous doublez du jour au lendemain le nombre d’individus disponibles pour travailler, vous diminuez la valeur de leur travail de moitié. Ce serait l’équivalent, pour le Québec, d’importer actuellement du jour au lendemain 8 millions de travailleurs étrangers ; la pression sur les salaires des Québécois serait intenable. C’est cela qui s’est produit.

À titre personnel, mon grand-père, jusque dans les années 70, travaillait pour une compagnie de boucherie, rien de bien glorieux, rien de très prestigieux. Avec son unique salaire, il faisait vivre une femme à la maison et quatre enfants dans une belle demeure en banlieue de Montréal, dans un quartier très convenable. Qui peut se vanter d’en faire autant aujourd’hui ?

Auparavant, il était possible de survivre sur un seul salaire ; l’homme travaillait, pendant que la femme s’occupait des enfants, des repas, et chacun jouait selon les forces et faiblesses propres à leur nature, fruit de l’évolution de millions d’années (ou de la création divine, comme vous voulez).

asservissement de la femme à son lieu de travail

Les féministes aiment bien parler de la « libération » de la femme. Elles présentent la femme des derniers siècles comme étant prisonnière de sa maison, obligée de s’occuper de ses enfants, de préparer les repas, la grosse misère. Mais quelle est la réalité d’aujourd’hui ? Au lieu d’être à l’écoute des besoins de leur mari, elles sont à l’écoute de ceux de leur patron ; au lieu de s’occuper de leurs enfants, elles travaillent toute la journée et leurs enfants sont éduqués par des gens ayant des valeurs complètement différentes des leurs. Vous appelez cela une libération ?

Il y a une certaine ironie dans cette situation, car à l’origine les féministes se sont battues pour que les femmes puissent travailler, afin qu’elles aient ce « choix ». Or, aujourd’hui, le choix n’existe plus. À cause de la diminution de la valeur du travail causée par leur arrivée massive sur le marché, les femmes n’ont plus réellement le choix, sauf dans de rares cas, de travailler ou de rester à la maison. La société exige d’elles qu’elles travaillent et 90% des hommes qu’elle rencontrent n’ont pas les moyens de faire vivre toute une famille avec leur seul seul salaire.

Les femmes, pendant des siècles, avaient le choix de travailler ou de rester dans la sécurité d’un foyer où le mari prenait les choses en charge. Maintenant, pour qu’une minorité de femmes jouent les jeunes cadres dynamiques avec un tailleur et des talons hauts, la vaste majorité passent leurs journées à la caisse d’un supermarché ou dans des emplois qui leur offrent moins que ce qu’elle pourraient avoir à la maison, avec leurs enfants, dans leur famille.

maison vide

Ce travail à l’extérieur au quotidien crée ce qu’on peut appeler le problème de la maison vide. Avec le père et les mère au boulot, qui s’occupe des enfants ? Des sous-traitants, voilà. On envoie les enfants à la garderie, et en fait c’est l’ensemble de la société qui doit assumer ces frais avec leurs impôts, que ce soit dans un CPE ou dans une garderie subventionnée. Qui, ici, pourrait dire sérieusement que des enfants sont mieux éduqués par des étrangers que par leurs parents ?

J’ai la chance d’avoir deux enfants fantastiques qui ont passé presque toute leur enfance à la maison. À peu près toutes les personnes qui voient mes enfants n’en reviennent pas de leur maturité, de leur politesse, de leur savoir-vivre, de leur calme, de leur capacité d’agir, de leur développement, etc. Je me suis fait demander à plusieurs reprises quel était le secret ? Il est simple : des enfants passant le plus de temps possible avec leurs parents et dans leur maison. C’est tout, simple comme ça.

Le phénomène de la maison vide, causé par l’arrivée des femmes sur le marché du travail, provoque des problèmes durables chez les enfants et affaiblit le lien entre ceux-ci et leurs parents. Les parents ne sont plus que des pourvoyeurs, qu’ils voient en vitesse le soir la semaine et la fin de semaine. Ce sont des parents à temps partiel, qui ne participent plus qu’officieusement à l’éducation des enfants, une éducation qui a été entièrement sous-traitée. Cette situation où les parents n’éduquent plus leurs enfants — une situation unique dans le règle animal — a créé toute une génération d’enfants émotionnellement plus fragiles.

L’école de l’état

L’absence de la femme du foyer interdit, de facto, l’école à la maison. Alors que la supériorité de l’éducation à la maison sur le système public a été démontrée par presque toutes les études, et que les enfants ayant été éduqués de cette façon réussissent non seulement mieux du côté académique mais sont également plus heureux en général, cette option devient maintenant impossible. Donc, au lieu de pouvoir partager non seulement les valeurs qui nous intéressent à nos enfants, mais également notre compréhension du monde et de la réalité, on laisse l’école publique — contrôlée par les féministes, ne l’oublions pas — décider ce qui doit être ou ne pas être enseigné aux enfants. Comme en URSS, c’est l’État tout-puissant qui détermine les priorités et qui s’organise pour qu’elles soient enseignées.

Auparavant, il existait un choix, c’est-à-dire qu’une femme plus manuelle ou ayant moins de capacités pour éduquer ses enfants pouvait envoyer ses enfants à l’école, mais aujourd’hui ce choix est quasi-obligatoire. L’éducation à la maison est bien évidemment permise, mais qui en a le temps, pris entre deux parents qui travaillent toute la semaine (quand ce n’est pas la fin de semaine) ? Encore une fois, le choix des hommes et des femmes a été diminué.

Et pour compenser, on laisse à l’État le choix d’éduquer nos enfants, encore une fois en sous-traitance, et à partir de nos impôts.

TAUX DE NATALITÉ

On se plaint un peu partout que le taux de natalité est trop bas et on importe même des immigrants à tous les ans pour « remplacer » la population de souche. Or, qu’est-ce qui explique ce faible de taux de natalité, sinon la carrière des femmes ?

Si on regarde les choses froidement, une femme est fertile à peu près de l’âge de 15 à 40 ans, avec un pic de fertilité autour de 19 ou 20 ans. Or, pour beaucoup de femmes, le choix d’une carrière implique qu’elles ne sont pas établies avant la trentaine, et même à ce moment, elles doivent continuer de faire leurs classes, de jongler avec des horaires difficiles, etc. Là où il y aurait eu l’occasion d’avoir trois, quatre ou cinq enfants, il n’y en a plus que deux, un, et même parfois aucun.

Et plus une femme attend pour avoir ses enfants, le plus le risque de maladies génétiques augmente.

Et je ne parle même pas ici du meurtre légal d’enfants dans le ventre des femmes, qu’on appelle avec euphémisme « avortement ».

oser le conservatisme

Quand on va quelque part et qu’on fait fausse route, la meilleure chose à faire n’est pas de continuer parce qu’on a fait un choix, mais de retourner à l’embranchement qui a été manqué et de faire, désormais, le bon choix. S’il y a de plus en plus de personnes qui réalisent que le féminisme fut une erreur, il ne suffit pas de se dire qu’on ne peut rien faire, qu’il faut accepter cette dépossession et la subir stoïquement. Il faut, au contraire, agir.

Cette action, elle se fait au quotidien. Elle se fait par des choix politiques (appuyer des partis s’opposant au féminisme, à l’avortement, encourageant la natalité, luttant contre l’invasion immigrante), mais également par des choix personnels. En tant qu’hommes et de femmes, nous avons le choix, chacun, de refuser de nous laisser dicter nos valeurs par une idéologie qui a fait état de ses échecs. Nous avons la possibilité de mettre de l’avant des valeurs traditionnels, de faire valoir qu’une société n’est pas seulement composée d’individus ayant des droits mais qu’il existe des responsabilités, face à soi-même, mais également face à ses prochains.

L’idéologie féministe, à la base, constitue une dérive de l’individualisme, opposant deux sexes n’ayant pas à être mis en opposition, mais plutôt en complémentarité. À chacun de nous d’agir pour reconquérir notre vraie liberté d’hommes et de femmes !

Et si cette liberté doit passer par une diminution du travail des femmes et un retour au foyer, tant mieux ! La prochaine génération nous remerciera.

La fierté de tuer
11 mai 2019

Il y a quelque chose de surréaliste dans le commentaire du maire d’Ottawa, Jim Watson, qui se dit « fier » qu’on enlève le drapeau pro-vie de l’hôtel de ville, lui qui avait été hissé pour une journée dans le cadre d’une grande marche contre l’avortement. Il aurait simplement pu annoncer son retrait, mais pourquoi cette « fierté » ? Et pourquoi cette levée de boucliers contre la nouvelle politique de l’État d’Alabama, aux États-Unis, qui criminalise définitivement l’avortement ? Même Radio-Canada parle du « droit » à l’avortement qui serait menacé.

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En fait, il n’y a ni « fierté » à enlever un drapeau protégeant la vie ni « droit » à tuer autrui. Un fœtus, c’est un enfant. L’avortement, c’est un meurtre. Il ne peut même pas y avoir de débat sur ces points. Le fœtus ne constitue rien d’autre qu’un enfant n’ayant pas encore l’âge et la constitution lui permettant de s’opposer à son propre meurtre. Mais s’il l’avait, croyez-vous qu’il dirait : « Oh oui, bonne idée maman, tue-moi, car c’est vrai que la vie est dure, que tu es jeune, que tu as été violée, que… » Non. S’il pouvait parler, il hurlerait à la vie de toutes ses forces, il s’accrocherait de ses petites mains à cette vie si chère que tous, sans exception, nous protégeons pour nous-mêmes.

Qui a le droit de décider de la vie et de la mort d’un être humain ? Contrairement à l’habituelle propagande féministe, il ne s’agit plus seulement du corps de la femme et donc de sa seule décision ; dès qu’il y a un autre humain qui est dans l’équation — et même si celui-ci est trop jeune pour être consulté — il est du devoir de la société de le protéger, même contre sa mère. Comment des gens peuvent-ils d’un même souffle s’indigner de la mort atroce d’une fillette de Granby, complètement abandonnée par les gens qui devaient s’occuper d’elle, mais de l’autre tolérer qu’on assassine près de 100 000 êtres humains par année au Canada dans le ventre de leur propre mère, là où ils devraient être le plus en sécurité et se développer en prévision de leur première goulée d’air frais ? Voyez-vous la logique ? Moi non plus, je ne la vois pas. Ou la vie est sacrée, peu importe son stade de développement, ou elle ne l’est pas.

L’argument des « pro-choix » (comme si le meurtre pouvait être un choix…) tient à ce qu’il serait mieux, dans certains cas, de tuer l’enfant avant sa naissance pour lui éviter des souffrances plus tard (handicaps, familles instables, mère immature). Or, qu’y a-t-il de pire, comme souffrance, que la mort ? Il y a là encore un illogisme : on commet la pire des souffrances contre un individu dans le but de lui éviter quelque souffrance future et hypothétique ?

Et surtout, comment savoir ce que deviendrait l’enfant qu’on exécute aussi lâchement ? Si ça se trouve, on assassine le prochain Mozart, le futur Gandhi, un homme ou une femme qui changeraient positivement ce monde. Et s’il est handicapé, cela veut-il dire pour autant qu’il n’a pas le droit à la vie ? Je connais une femme qui a eu une enfant trisomique et qui dit que ce fut la plus belle chose qui lui soit arrivée. Encore une fois : ou la vie est sacrée, ou elle ne l’est pas. Qui sommes-nous pour décider qu’à tel niveau de handicap, on peut tuer impunément et qu’à tel autre on doit laisser vivre ?

Ou la vie est sacrée, ou elle ne l’est pas. Ou on tolère le meurtre ou on ne le tolère pas. Et s’il faut un drapeau ou des lois pour protéger la vie, la véritable fierté devrait être de le hisser bien haut et de les voter.

Le reste nous déshumanise.

Affaire Cantat: la récupération féministe
6 avril 2011

À l’origine, la question méritait d’être posée: un individu ayant enlevé la vie peut-il, même après avoir purgé sa peine, pratiqué librement son métier et jouir des mêmes avantages que celui n’ayant pas commis ce crime? Cent cinquante ans après la parution des Misérables, de Victor Hugo, qui portait exactement sur ce thème, la question de savoir jusqu’où doit aller l’ostracisation d’un criminel ayant purgé sa peine reste d’actualité. Ce débat est sain. Ce qui l’est moins, c’est la récupération opérée par un mouvement féministe en mal de démons masculins.

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Ainsi, dans les premiers jours suivant l’annonce de la présence de Bertrand Cantat, qui a tué sa femme dans un épisode de violence conjugale, dans un spectacle de Wajdi Mouawad, l’an prochain, les passions se sont déchaînées quant à savoir s’il était acceptable de lui offrir la chance de chanter en public. Bref, au départ, le débat portait sur le crime et sur celui qui l’a commis.

Cependant, par une étrange manipulation du débat, des organisations féministes ont tenté de faire dévier cette saine question. Que ce soit Mélissa Blais, de l’Institut de recherches et d’études féministes – à quand un institut de recherches et d’études masculinistes? – à Radio-Canada ce soir ou le Conseil du statut de la femme, on travaille fort pour transformer le crime de Cantat en geste « haineux » spécifiquement contre « les » femmes. À l’image de l’accusation d’antisémitisme qu’on lance à la face de quiconque est le moins du monde critique à l’égard du génocide commis par l’État d’Israël, celle du crime haineux contre LA femme semble devenu le pinacle de la monstruosité humaine qu’on érige en démon absolu de l’anti-humanité.

Cantat a tué, oui. C’était une femme, oui. Mais ni son crime ni sa présence ne constituent un crime contre « la » femme, qu’instrumentalise ainsi quelques féministes frustrées. Tuer est impardonnable, mais ce l’est autant contre un homme que contre une femme. Le fait qu’il ait tué une femme n’enrichit ni ne déprécie son crime: notre société qui se veut égalitaire doit considérer chaque individu indépendamment de son sexe. Un meurtre est un meurtre, point.

Malheureusement, les féministes semblent aimer poser les femmes en victimes et blâmer « les » hommes dès qu’elles en ont la chance. Même si de nombreuses études ont démontré que les femmes commettent autant de violence conjugale que les hommes, on tente d’ajouter l’argument de l’odieux du crime contre « les » femmes comme s’il s’agissait de la preuve du caractère irrécupérable de Cantat. En d’autres mots: tuez un homme, et on considérera le pardon; tuez une femme, et vous êtes banni pour la vie.

Pourquoi ce deux poids, deux mesures?

De la même manière, si un crime est commis, et si justice est rendue, ne devrait-on pas respecter le jugement? Si la justice décide, avec les preuves qu’elle a en main, que le crime mérite huit années de réclusion, n’est-il pas du devoir des citoyens non seulement d’accepter ce verdict, mais également de reconnaître que le meurtrier, après sa peine, aura le droit de reprendre une vie normale?

Interdire à Cantat de chanter sous prétexte qu’il a tué ne lui permettra pas de se réhabiliter. Lui interdire de le faire sous prétexte qu’il a tué une femme non plus.

Notre société est basée à la fois sur l’égalité entre les hommes et les femmes et le droit au pardon.

À trop écouter les féministes et ceux et celles qui voudraient lancer la première roche à un homme ayant déjà mangé plus que son quota de pierres pour le crime commis, on nuit à sa réhabilitation et on risque de le rendre encore plus amer envers une société ne le jugeant pas en tant qu’individu ayant erré et commis une crime, mais en tant que meurtrier, meurtrier de femme en plus.

Il a payé, il est en liberté. Laissons Cantat chanter, applaudissons-le. Non pas parce qu’on appuie le crime, mais parce qu’on croit qu’un homme, peu importe la gravité de ses actions passées, a le droit de s’amender et qu’il n’a pas à être marqué au fer rouge pour la vie, encore moins par des femmes ayant fait de leur haine des hommes un métier.

Quand la publicité légitime la violence contre les hommes
4 décembre 2009

Vous avez sûrement vu la publicité contre la violence conjugale mettant en vedette Patrice Robitaille. Après avoir récité une litanie de noms de femmes, le comédien affirme dire non à la violence. Pour une énième fois, on sous-entend que la violence conjugale est principalement l’oeuvre d’hommes qui attaquent des femmes, alors que les études démontrent clairement que la violence est bi-directionnelle.

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Ainsi, une étude suisse, publiée en 2004, ayant suivi plus de 1150 femmes et 707 hommes, a démontré que 8% des femmes et 7 % des hommes reconnaissent bousculer, pousser ou secouer leur partenaire sous l’effet de la colère. Près de 1,6% des hommes et des femmes avouent frapper leur partenaire, à coup de pied ou de poing et 0,6% des femmes et 0,7% des hommes admettent régulièrement rouer de coups leur partenaire, le maltraiter avec des objets ou l’étrangler. En ce qui concerne la violence psychologique, 9 % des femmes contre 5 % des hommes déclarent menacer leur partenaire et 11 % des femmes contre 5 % des hommes avouent rabaisser volontairement leur partenaire en le dénigrant, en le vexant ou en trahissant sa confiance.

Une autre enquête, publiée par l’Institut de la statistique du Québec, arrive sensiblement aux mêmes conclusions. Sur un total de 13 166 femmes et 10 600 hommes observés dans l’ensemble du Canada, un homme sur 55 et une femme sur 55 ont été victimes de violence de la part de leur conjoint ou d’un ex-conjoint au cours des 12 mois précédant l’enquête. Au Québec seulement, les taux de prévalence sur une année de la violence conjugale de la part du conjoint actuel ou d’un ex-conjoint se situent à 15 ‰ chez les hommes (35 300 victimes) et à 14 ‰ chez les femmes (36 800 victimes). Pire encore: cette enquête déconstruit le mythe selon lequel la violence contre les femmes ferait plus mal que celle contre les hommes: « Chez l’ensemble des victimes du conjoint actuel ou d’un ex-conjoint, 51 % des femmes font état de violence mineure contre 49 % chez les hommes ». On le constate, encore une fois, une quasi-égalité des violences entre hommes et femmes au sein des couples.

Cette dernière étude faisait suite à une autre, publiée en 1999. (( (( La violence conjugale en 1999. Denis Laroche. Bulletin de l’Institut de la statistique du Canada, février 2002, volume 6, numéro 2 )) On y apprenait que près de 2,2% des femmes et 1,9% des hommes disaient avoir été victimes d’un des dix actes de violence listés par l’enquête dans les douze mois la précédant. Aussi, les pourcentages de la violence subie pour les cinq années antérieures de la part du conjoint actuel étaient de 3,6% pour les femmes contre 4% pour les hommes.

Ces données sont cohérentes avec celles d’une vaste enquête de Statistique Canada sur le sujet, publiée à l’été 2005. On y apprenait que 15% d’hommes contre 11% de femmes se sont fait menacer ou lancer un objet, 34% d’hommes contre 40% de femmes se sont fait pousser, gifler ou bousculer, 34% d’ hommes contre 10% de femmes se sont fait mordre, frapper avec un objet ou les pieds, 15% d’hommes (contre 25% de femmes) se sont fait battre, étrangler ou menacer avec une arme à feu ou un couteau et que 6% de l’ensemble des Canadiens mariés ou en union libre ont été victimes de violence conjugale, contre 7% des Canadiennes. Encore une fois, la violence est bien partagée.

Une autre investigation, publiée en 2008 par l’Université de Genève, démontre également que les femmes ont plus souvent recours à l’arme blanche que les hommes. Au sujet des hommes, qui sont autant victimes que les femmes, les auteurs concluent:

Nous sommes cependant dans un cercle vicieux : sans reconnaissance [du statut de l’homme], sans structure pour l’accueillir, la démarche de l’homme pour sortir de son isolement est extrêmement difficile. Or l’isolement de ces hommes victimes de violence conjugale continue à maintenir la société dans l’ignorance ou la méconnaissance de cette problématique qui reste d’autant plus cachée. A notre avis, une levée du tabou par l’ensemble de la société est nécessaire. Elle passe par l’information, la sensibilisation, la médiatisation et l’évolution des représentations des rapports sociaux entre les deux sexes.

Bref, il faudrait éduquer la population sur le fait que la violence conjugale touche également les deux sexes et qu’en faisant des publicités plaçant systématiquement l’homme dans un rôle d’agresseur et la femme dans un rôle de victime, on rend encore plus honteux et difficile l’aide aux hommes qui en sont victimes. Pire: on renforce le potentiel d’agression des femmes en leur lançant le message qu’elles seront toujours prises davantage au sérieux par les forces policières et judiciaires; on ouvre la porte au chantage et aux menaces de dénonciation à la moindre réplique de l’homme. On superpose la dépossession extérieure à l’intérieure, simplement.

Il serait peut-être temps de penser différemment.

Comment est-il possible, en 2009, à la suite de toutes les études démontrant le partage égal de la violence entre les sexes au sein du couple, de lancer des campagnes publicitaires continuant blâmer les hommes et de victimiser les femmes? Parallèlement, comment peut-on accepter de financer un Conseil du statut de la femme à même les deniers publics alors que les hommes ont tout autant besoin d’aide que les femmes?

À la veille de l’anniversaire de la tuerie de Polytechnique, il serait peut-être temps de remettre les choses en perspectives. Marc Lépine était un désaxé, un malade, un fou, et on ne pourra pas continuer éternellement à se servir de sa folie pour justifier un autre type de folie, soit la mise au rancart de toutes les études démontrant que la violence conjugale n’est pas l’apanage des hommes, mais bien des deux sexes.

À quand des publicités montrant des femmes agresseures et des hommes victimes? Quand osera-t-on s’intéresser au sort d’hommes pris en étau entre leur dépendance pour une conjointe parfois violente et la honte et l’incompréhension qui les affligent s’ils décident de parler? En occultant la violence que peuvent subir les hommes, ne légitime-t-on pas le triste sort de la moitié des victimes de violence conjugale? Tant qu’on dépeindra l’homme comme un agresseur potentiel et la femme comme une victime assurée, comment pourra-t-on faire évoluer les mentalités?

À quand un Conseil de l’Égalité et des Centres d’hommes au Québec?

Tant de questions… Quand même les études et les faits ne sont plus tenus en compte par nos décideurs, il ne reste bien que les questions. Et l’espoir du changement, qui sait? Dans une société ne se gargarisant d’égalité des sexes que si celle-ci implique des gains pour les femmes, voilà une réalité bien hideuse qu’on continue à camoufler.

Pendant ce temps, quelque part, un homme souffre de violence conjugale. Et on se moque de lui. Et on le traite de faible. Voilà des blessures autrement plus profondes que de simples ecchymoses.

Domination masculine contre adeptes de Marc Lépine
12 novembre 2009

Léger malaise ce matin en lisant cette nouvelle d’un réalisateur belge ayant décidé de ne pas venir au Québec par crainte pour sa sécurité. La raison? Quelques sibyllines menaces de la part de certains individus se réclamant de Marc Lépine et semblant posséder une santé mentale du même ordre que le tueur de Polytechnique. Des malades de l’esprit qui occultent et discréditent le combat de ceux – comme l’auteur de ces lignes – qui aimeraient une société plus égalitaire dans le respect de la complémentarité de chaque sexe.

domination

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« Tout est possible: ces types sont suicidaires, ils se comparent à Marc Lépine et il y a des appels au passage à l’acte », affirme Patric Jean, qui devait présenter son documentaire « La domination masculine » en sol québécois. Oui, ces hurluberlus ne vont pas bien. Se réclamer d’un individu ayant tué de sang froid quatorze femmes dans la fleur de l’âge, voilà qui glace la sang. Ces gens ont davantage besoin de soins professionnels, à mon avis, que de l’attention médiatique qu’on leur confère. Ils sont autant représentatifs de la mouvance masculiniste que le Conseil du Patronat puisse l’être du sort des moins-nantis.

Ceci dit, ce n’est pas parce que quelques détraqués s’approprient une cause que la cause en soi n’a pas de valeur intrinsèque. Il existe bel et bien un deux poids, deux mesures, dès qu’il est question des rapports entre les sexes au Québec. On tolère un certain sexisme ambiant, présenté comme le « gros bon sens », à l’encontre des hommes, mais le contraire est dénoncé avec vigueur par le Conseil du statut de la femme et ses sbires.

En fait, ne s’agit-il pas là précisément du point de départ de toute l’injustice présumée? Pourquoi un « Conseil du statut de la femme » plutôt que de l’homme ou de l’égalité? Pourquoi s’intéresser à un seul sexe en particulier plutôt que de chercher des solutions pour faciliter les relations intersexuelles dans le respect de nos valeurs égalitaires? Mais il ne s’agit que d’un exemple parmi d’autres de cette inégalité dans la recherche de l’égalité.

Ainsi, pourquoi tolère-t-on des centres d’entraînement pour femmes seulement, mais pas des tavernes uniquement pour les hommes? On objecte généralement que les femmes ont envie de pouvoir s’entraîner en paix sans se faire reluquer constamment. Soit. Mais les hommes n’auraient-ils pas parfois envie de se regrouper entre eux sans avoir à se mettre sur leur trente-six avant de sortir? N’auraient-ils pas envie eux aussi d’un endroit où se retrouver ensemble? Il y a là un traitement médiatique inégal: la femme qui se fait refuser l’accès à la taverne voit son histoire propulsée à la première page des journaux, alors que l’homme vivant à un coin de rue d’un club de conditionnement physique et qui s’en fait interdire l’entrée – s’il trouve seulement le courage d’y mettre les pieds – subit seul son sa honte et sa frustration.

De même, pourquoi tolère-t-on la violence psychologique et ne la considère-t-on pas de la même manière que la violence physique, alors que la plupart des psychologues s’entendent pour dire qu’elle fait au moins aussi mal? Bien sûr, on a télédiffusé quelques publicités sur le sujet, mais elles dépeignaient toujours l’homme comme étant l’auteur de cette violence, ce qui ne correspond pas du tout à la réalité, comme l’a démontré une étude de Statistique Canada. Dans celle-ci, il a été établi que dans le contexte d’une relation de couple, les homme étaient plus nombreux que les femmes à se faire menacer ou lancer un objet, à se faire mordre, frapper avec un objet ou les pieds, et à être victimes de violence conjugale en général, physique ou psychologique.

Finalement, pourquoi personne ne parle de la suprême injustice, celle qui devrait occulter toutes les autres: l’espérance de vie? En 2006, l’espérance de vie à la naissance d’une femme était de 83,3 ans, contre 78,3 ans pour un homme. Cinq ans de moins! On est loin ici des petits débats pépères d’équité salariale: être un homme au Québec signifie vivre en moyenne cinq années de moins qu’une femme. Évidemment, certains bien-pensants s’empressent de souligner les différences physiologiques entre un homme et une femme; il serait donc normal selon ces casuistes qu’une femme vive plus longtemps qu’un homme parce qu’elle serait génétiquement programmée pour le faire. Ce ne serait pas parce que l’homme s’échine plus durement à la tâche ou que ses conditions de travail à lui sont plus difficiles. Non, non, c’est la génétique.

Or, ce qu’on ne veut admettre dans le sérail du pouvoir féministe, c’est qu’il y a là encore un deux poids, deux mesures. Par exemple, pourquoi présente-t-on la parité des candidats, députés ou ministres politiques comme une avancée de la cause des femmes, alors que d’une manière naturelle, intrinsèque – peut-être même génétique – celles-ci sont naturellement moins portées vers la chose publique, ce combat viril des idées? Dit autrement: pourquoi faudrait-il accepter que la nature ait choisi les femmes pour vivre plus longtemps que les hommes, mais faudrait-il se suppléer à celle-ci pour leur faciliter l’accès aux officines du pouvoir politique? On se prive certainement de politiciens de qualité en choisissant un individu en fonction de son sexe plutôt que pour ses idées.

Pour toutes ces raisons, je ressens à la fois un malaise vis-à-vis de désespérés qui idolâtrent Marc Lépine, mais également face à un documentaire se voulant un énième outil de la culpabilisation masculine. Oui, l’égalité n’est pas encore atteinte, oui il reste des combats à mener, mais ceux-ci concernent autant les hommes que les femmes.

Les féministes ont poussé les hommes du faîte de leur antique domination, mais elles ne semblent pas concevoir qu’il existe de la place pour deux sur ce sommet, et que ce n’est pas parce qu’on pousse les uns vers le bas que les autres montent forcément. Sous prétexte de régler des injustices réelles, elles en créent de nouvelles dont elles rejettent ensuite la responsabilité du revers de la main.

Et le plus triste, c’est que certains hommes – mais aussi des femmes de la nouvelle génération, plus réalistes vis-à-vis des injustices que subissent l’autre sexe – choisissent le ressentiment et le mépris des acquis de leurs aînées plutôt que de prendre la situation actuelle comme un défi permettant de bâtir une réelle égalité complémentaire, pacifiquement, dans le respect des institutions et du droit de parole de l’autre.

À quand un véritable débat sur l’égalité et la complémentarité des sexes au Québec?

Laraque et Octane 7.0: histoire de pitounes ou de sexisme?
13 octobre 2009

À une certaine époque, l’Église catholique mettait à l’index les oeuvres jugées séditieuses. Aujourd’hui – grande évolution – ce sont d’autres groupes qui s’en chargent. Certains regroupements féministes, par exemple, qui dénoncent la nouvelle publicité mettant en vedette le joueur de hockey George Laraque.

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Qu’on se dise d’abord les choses franchement: la publicité est nulle, le concept est nul, les comédiennes sont nulles et George Laraque a l’air du roi des nuls. Même le produit, Octane 7.0, une boisson énergétique alcoolisée (super de se saoûler avant d’aller suer, non?), me donne envie de lâcher l’alcool et me mettre au jogging. Le problème n’est pas là. On se fout de savoir si une publicité est nulle ou non ou s’il est acceptable socialement de proposer des boissons alliant un dépresseur comme l’alcool à un stimulant comme la caféine. Non. Le gros problème, dixit l’intelligentsia féministe, c’est qu’on y voit un peu trop de popotins féminins.

« Ce qui est dérangeant, c’est le nombre de stéréotypes [que la publicité] contient, expliquait Axelle Beniey, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle, à Radio-Canada. Elle contient beaucoup de stéréotypes sexistes. On a une bande de femmes insouciantes, à peine vêtues, la mine un peu niaiseuse ». Ah bon. Comprenons-nous bien: si les filles avaient été habillées d’un beau petit tailleur et qu’elles avaient eu l’air intelligentes, ça aurait été correct. Montrer des courbes, des fesses, des seins, des femmes allumées et excitantes, non non non. Et si jamais tu bandes, tu périras en enfer!

En fait, c’est l’éternel deux poids, deux mesures. La publicité dépeint constamment l’homme comme un gros zéro, au mieux comme un adolescent attardé incapable d’allumer un barbecue, au pire comme un chat se lançant dans les rideaux et exigeant sa pâtée. Ce genre de « stéréotypes sexistes » n’émeut personne. On n’assiste jamais à une conférence de presse de regroupements féministes réclamant que les hommes aient l’air un peu plus intelligents et affichent une mine moins niaiseuse. Non, les féministes s’occupent du méchant sexisme à l’égard des femmes, et tant pis pour les hommes.

Et si c’était en partie à cause d’un certaine féminisme revanchard et insensible à l’évolution de la société que de nombreux hommes ne savaient plus comment aborder une femme?

Car n’oublions pas: c’est bien entre autres choses la libido qui nous pousse les uns vers les autres. On pourrait même dire que le sexe mène le monde. S’acharner à s’opposer à toute vision sexualisée de la femme et à décrier quiconque affirmerait qu’on pourrait même s’intéresser au corps d’une femme pour ce qu’il est, soit un corps de femme, tout en courbes et en délices, est contre-productif. Ça nous éloigne les uns des autres. Ça nous divise. Ça dépeint le sexe comme étant quelque chose de mal.

À l’époque, le sexe dans la position du missionnaire et pour procréer. Aujourd’hui, dans le respect de la femme non-objet mais désirée sexuellement dans un contexte de non-infériorité et d’égalité. Attendez, répétez après moi: l’homme doit considérer la femme comme son égale, ce qui est normal, mais ne doit pas pouvoir l’apprécier ou la désirer avant la chambre à coucher.

On progresse, mais que c’est lent!

Faut-il se surprendre qu’autant de femmes se tournent vers des hommes venus d’ailleurs et n’ayant pas subi cet étrange conditionnement pavlovien où il faut apprendre à ne pas s’intéresser physiquement à une femme?  Des hommes qui, le moment venu, sont capables de penser un peu moins en haut et un peu plus en bas..

Et si on se prenait moins au sérieux? Oui, il y a des publicités qui dépeignent les hommes ou les femmes comme des idiots finis. Oui, des femmes ou des hommes sont parfois en petites tenues ou jouent des rôles dégradants. Et puis quoi, encore? Les filles de la publicité de Octave 7.0 ont effectivement l’air niaiseuses et pulpeuses, semblant offrir des heures de plaisir charnel bien davantage que des discussions passionnantes sur la philosophie quantique. Et alors? C’est la vie, non? L’homme qui va vers la femme, qui la contemple, qui la conquiert. La femme qui se pâme, qui montre ses atours, et se laisse ou non saisir? Pourquoi vouloir s’opposer à notre propre nature?

Si une femme ou un homme ne se sent pas respecté de cette façon, il ou elle a le droit de le dire et il est du devoir de l’autre de le respecter, mais ne devrait-on pas laisser chaque individu choisir?  Si une femme a envie de poser à moitié habillée et qu’un homme a le goût de la mater, si chacun y trouve son plaisir, pourquoi s’y opposer?

Au lieu de s’excuser, George Laraque aurait pu lancer le message qu’il est possible d’apprécier le corps féminin sans pour autant manquer de respect aux femmes. Il aurait ainsi davantage contribué à l’égalité des sexes que plusieurs décennies de débats vains sur ce que doit être ou ne pas être une femme ou un homme. Autrement dit: si un individu a le goût de regarder un autre individu du sexe opposé (ou du même sexe) et de fantasmer un peu, cela ne devrait pas constituer un frein à l’égalité, mais plutôt un profond stimulus nous rappelant qu’avant d’être égaux, nous sommes surtout complémentaires.

Et c’est de cette complémentarité, dans le respect d’un homme qui aime conquérir et d’une femme qui apprécie montrer ses formes, que peut naître la véritable égalité.  Celle qui nous donne le recul nécessaire pour considérer une publicité nulle d’un gars baraqué jouant au hockey avec des pitounes pour ce qu’elle est: une publicité nulle d’un gars baraqué jouant au hockey avec des pitounes.  Et non pas quelque dégradation imaginée méritant l’opprobre général et la mise à l’index.

Et si on remplaçait le Conseil du statut de la femme par un Conseil de l’égalité, ou mieux encore, de la complémentarité?

Polytechnique: quand le féminisme radical cherche des coupables
15 février 2009

feminisme-radicalCertaines féministes sont prêtes à tout pour récupérer un événement comme la sortie du film Polytechnique afin de faire valoir leur vision féminocentriste du monde. C’est le cas de Micheline Carrier, éditrice du site féministe radical Sysiphe.org et qui a publié un texte assez éloquent dans Le Devoir de cette fin de semaine.  Dans sa lettre, elle  soutient qu’on aurait agi contre le racisme si toutes les victimes du 6 décembre 1989 avaient été noires et elle s’insurge contre ceux qui veulent dépolitiser cette tuerie.
(suite…)

Violence conjugale: le mythe de l’homme violent
27 janvier 2009

crying_manAvez-vous visionné la nouvelle campagne de publicité contre la violence conjugale? Sur Cyberpresse, on a pu la voir toute la journée: une femme semble en train de se noyer, et on invite l’internaute à cliquer sur un bouton pour l’aider. Ensuite, on peut se diriger vers le site relié à la publicité où on nous offre également la possibilité de regarder une publicité (où une autre femme est victime) pour la télévision. Peut-on s’opposer à une telle campagne de sensibilisation? Non. Mais on peut souligner le fait que les deux publicités font état de femmes victimes et que le site a été entièrement conçu pour des femmes.

Ainsi, si je suis victime de violence conjugale et que je consulte ce site, je me fais d’abord consoler en me disant que je ne suis pas « seule ». Ensuite, on m’invite à cliquer sur différentes ressources, dont le Centre de solidarité lesbienne, la Maison des femmes sourdes de Montréal et « L’R des centres des femmes du Québec ». Heureusement, on a également pensé à ma conjointe, qui peut consulter la section « services d’aides pour les conjoints violents » où elle peut notamment accéder au groupe « À coeur d’homme »… Ai-je besoin d’en rajouter? Le site offre principalement de l’aide aux femmes victimes de violence conjugale et aux hommes agresseurs. Final bâton.

Pourtant, une étude de Statistique Canada, publiée en août 2005, a démontré que les hommes aussi sont victimes de cette violence.

  • 15% d’hommes se sont fait menacer ou lancer un objet (contre 11% de femmes);
  • 34% d’hommes se sont fait pousser, gifler ou bousculer (40% de femmes);
  • 34% d’ hommes se sont fait mordre, frapper avec un objet ou les pieds (10% de femmes);
  • 15% d’hommes se sont fait battre, étrangler ou menacer avec une arme à feu ou un couteau (25% de femmes);
  • 6% de l’ensemble des Canadiens mariés ou en union libre ont été victimes de violence conjugale (7% des Canadiennes).

On le constate, la violence n’a pas de sexe; tant les hommes que les femmes ont à subir des situations violentes, que ce soit de la violence psychologique, physique ou les deux. Le problème, actuellement, réside dans le fait que les hommes ne portent pas assez plainte. En 2003, 16 458 crimes reliés à la violence conjugale ont été rapportés à la police. Ces crimes ont fait 13 840 victimes féminines (84 %) et 2618 victimes masculines (16 %). ((Ministère de la Sécurité publique (2005). La violence conjugale. Statistiques 2003. Sainte-Foy, QC : Direction de la prévention et de la lutte contre la criminalité, Ministère de la Sécurité publique. )) En clair, hommes et femmes échangent coups et insultes, menaces et autres violences destructrices, mais au bout du compte la femme porte plainte, pas l’homme.

Or, ne s’agit-il pas là d’une injustice? Comment se fait-il que les hommes soient autant victimes de violence conjugale que les femmes mais qu’ils soient si peu nombreux à porter plainte? Si j’osais une réponse, je dirais que les hommes ont peur de porter plainte et qu’ils préfèrent se cacher, convaincus qu’ils ne seraient pas crus de toute façon et que de se faire violenter par une femme est un signe de faiblesse. Moi-même, j’ai attendu de m’être fait mordre, frapper, égratigner et bousculer avant d’oser demander à un policier si mon ex-copine avait le droit de faire cela. Sauf que pendant que j’imprimais l’article de loi pour lui montrer qu’elle ne pouvait pas me traiter de cette façon, elle appelait la police et jouait les victimes. Et qui a-t-on cru dans cette histoire? Disons simplement que j’ai eu à aller jusqu’en déontologie et que justice ne m’a jamais été totalement rendue…

En fait, selon moi, le gros problème avec cette nouvelle campagne de publicité est le suivant: au lieu d’aider les hommes à surmonter leur honte et leur crainte des préjugés, elle contribue à les enfermer dans ce cycle dépressif de l’image de l’homme-violent et de la femme-victime. Si j’étais un homme qui vient de manger une volée ce soir, que je regardais ces publicités et que je me retrouvais sur le site, je me sentirais bien seul. Porterais-je plainte, sachant que non seulement on ne risque pas de me prendre au sérieux à la police mais qu’en plus il n’existe pour ainsi dire pas de ressources pour m’aider? Mais non; je vais panser mes plaies et me convaincre que je suis un raté et qu’un homme se doit d’être fort et fier et qu’un homme qui subit la violence d’une femme ne mérite l’aide de personne.

Ainsi, lorsqu’on sortira les prochaines statistiques, on constatera encore une fois que les femmes ont massivement porté plainte à la police et on en tirera la conclusion erronée qu’elles sont davantage victimes et on fera encore plus pour les aider. Et le serpent continuera de manger sa queue.

Sauf que pendant ce temps, il y a des hommes qui souffrent et d’autres qui se font accabler du poids de leur sexe soi-disant violent et qui se sentent dévalorisés par les actions irréfléchies de nos représentants. À quand des politiques d’aides aux victimes réelles, et pas seulement à celles qui portent plainte?