Les méthodes fascisantes de Xavier Camus
20 mai 2019

Je lisais la page Facebook d’un triste individu, qui s’appelle Xavier Camus, et dont la seule raison d’exister dans la vie semble être de traîner dans la boue les gens qui ont une opinion différente de la sienne. Je lisais les commentaires sur sa page, et les remerciements de gens qui le félicitaient d’avoir « démasqué » un soi-disant raciste, son appui à une autre personne voulant porter plainte à la Commission des droits de la personne, et tous les commentaires clairement haineux qui suivaient, dont la plupart des propos étaient déformés, voire inventés de toutes pièces. On a diffamé quelqu’un, on l’a insulté, on était même prêt à trouver son adresse pour aller le « visiter »… Tout ça pour quoi ?

Xavier Camus.

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Ah oui, tout ça parce qu’un nouveau site web a créé quelques cartes de quartiers où élever une famille et que dans les critères on a considéré l’immigration comme étant un facteur, à hauteur de 8,33% de l’ensemble des critères. Oui, 8,33%. Tout ça. L’auteur a osé affirmer qu’un quartier avec une plus grande cohésion sociale pouvait être supérieur à un quartier où les gens n’ont pas les mêmes référents culturels ou où les enfants ne vont pas dans les mêmes écoles, où les voisins ne peuvent pas se comprendre, etc.

Bref, vous pouvez être en accord ou en désaccord avec les propositions du site. En démocratie, on a le droit de s’exprimer, et la partie adverse s’exprime ensuite, et du choc des idées jaillit la lumière. En théorie, du moins. C’est là un concept qui est généralement bien respecté par la droite, qui tolère les idées gauchistes. La gauche, par contre, n’y comprend rien. Parce qu’un auteur a sous-entendu qu’une plus faible immigration pouvait être un facteur positif, on l’a traité de raciste, de xénophobe, de trou du cul, de con, on a signalé son site web, on a fait des plaintes à Facebook, on a harcelé toutes les pages Facebook ayant partagé le texte, on a tenté de trouver son adresse, on l’a traité de fasciste, et j’en passe. Une chance que l’auteur de cet article n’avait pas commis un réel crime, car les sbires de Camus auraient sûrement fait une crise cardiaque !

En réalité, quand on y regarde de plus près, on constate toute l’absurdité de la situation. Ces gauchistes tolèrent des gens qui se réclament du socialisme et du communisme, une idéologie responsable de cent millions de morts au vingtième siècle. Cela leur est tout à fait acceptable. Mais si un individu se prononce contre l’immigration de masse, on tente de détruire sa réputation. Et si une organisation, comme la Fédération des Québécois de souche, par exemple, tente de défendre une quelconque idée d’une collectivité méritant d’être défendue ici, on accuse ses membres d’être des néonazis, on les crucifie sur la place publique. Vous y comprenez quelque chose ?

Le fascisme anti-fasciste

Ces méthodes, cette manière d’agir, sont, paradoxalement, celles du fascisme. Quand Mussolini a pris le pouvoir, il s’est empressé d’éliminer toute forme de contre-pouvoir, tout ce qui nuisait à l’établissement de ses idées sans la moindre opposition. Les libertés ont été restreintes, les représentants ont dû montrer patte blanche face au pouvoir fasciste. Les opposants étaient éliminés.

Or, dites-moi, quelle différence y a-t-il entre ces méthodes et celles d’un Xavier Camus, par exemple, qui publiait :

Dans les deux cas, il y a la volonté de museler l’opposition, de couper le dialogue. On tourne le dos aux traditions démocratiques, on rejette l’autre, on considère que son opinion est indigne, qu’il n’a pas le droit d’exister. Si Xavier Camus était en charge d’un Goulag dans le Grand Nord, il est probable que la moitié de la population du Québec y serait déjà. Si sa page Facebook constituait un pays, la Corée du Nord aurait probablement l’air d’un paradis en comparaison.

Ces méthodes portent en elles le germe du totalitarisme. On considère son ennemi non pas comme un voisin, un citoyen comme soi, qui a tout autant le droit que soi à son opinion et à ses idées, mais comme un ennemi à abattre.

À un certain moment dans toute l’enfilade sur la page du triste sire, une personne s’est interposée et a demandé poliment qu’on respecte la liberté de l’auteur du texte d’avoir droit à ses propres idées. Que s’est-il passé, selon vous ? A-t-on répondu sur les faits ? A-t-on confronté les idées et les valeurs de chaque partie ? Non, non, non… Vous n’y êtes pas du tout. On lui a dit qu’elle n’avait pas à défendre un « raciste » (notons au passage que le fait de considérer le critère de l’immigration dans une étude ne constitue pas du racisme, mais la vérité n’intéresse pas la gauche), on lui a dit qu’elle défendait quelqu’un qui disait que les immigrants sont des criminels (ce qui est faux), on lui a dit que « tout le monde se fout de ton opinion », qu’elle se « crissait allègrement du racisme » parce que cela ne la « concernait pas », que le racisme n’est « pas une opinion », « pas de pitié pour un racistes (sic) » et qu’il est honteux qu’une personne travaillant dans son domaine ait une telle opinion. Une personne a même suggéré qu’on allait lui faire perdre sa job. Ouf, avez-vous envie de donner le pouvoir à de telles personnes ? Pas moi !

la mort de la démocratie

Ce qu’on peut constater avec cette situation, c’est l’agonie de la démocratie et de la liberté d’expression. J’ignore si Xavier Camus assume pleinement son comportement anti-démocratique ou si c’est inconscient, mais il s’agit d’un phénomène flagrant : sous prétexte de défendre une pluralité de couleurs de peau, de langues, de religions ou d’identités sexuelles, cette gauche fascisante dont il semble être un héraut prône une homogénéité de pensée totalisante et hostile à toute forme de dialogue. On ne cherche pas à convaincre son prochain : on veut l’achever. On ne considère pas que la personne ayant des idées soi-disant racistes mérite de participer au débat ; on veut l’assassiner médiatiquement. Et quiconque se met au travers de la route subit le sort qui a été celui de la personne ayant osé émettre l’idée que chacun a droit à son opinion.

Ceux qui pensent qu’il faut se méfier de la droite ont tout faux. C’est la gauche qui nous emmène tranquillement vers une guerre civile. C’est elle qui tourne le dos au compromis démocratique, qui tolère qu’on harcèle, qu’on diffame, qu’on calomnie quiconque ne cadre pas avec sa conception très limitée de ce qui est tolérable ou non. C’est elle, systématiquement, et par la suite de sa propre faillite intellectuelle depuis l’échec retentissant du communisme, qui ne fait que s’opposer et est prête à toutes les violences et intimidations pour arriver à ses fins.

Les gens comme Xavier Camus ne sont que des notes de bas de page dans le grand combat des idées qui est en route actuellement. Pendant que d’autres discutent, réfléchissent, analysent, se concertent, il œuvre au quotidien à détruire le fondement de notre civilisation et à transformer notre société en une sorte de régime totalitaire de la pensée unique où toute voie de dissidence mérite la peine capitale médiatique.

Mais il a droit à ses opinions. Voilà quelque chose que la droite lui reconnaît, elle.

Le fascisme du 21e siècle
17 mai 2012

Le fascisme du 21e siècle n’est pas nationaliste ou collectiviste. Le fascisme du 21e siècle est individualiste et en faveur du libre-marché. Le fascisme du 21e siècle n’a pas besoin de symboles ou de parades militaires ; son seul symbole est le droit individuel et pour le faire respecter il est prêt à violer n’importe quel droit collectif.

Mussolini affirmait :

« Tout dans l’État, rien contre l’État, rien en dehors de l’État. L’individu n’existe qu’autant qu’il fait partie de l’État et qu’il demeure subordonné aux nécessités de l’État. »

Le projet de loi liberticide de Jean Charest constitue une nouvelle forme de fascisme où l’individu est subordonné au pouvoir brut de l’État non plus au nom d’intérêts collectifs supérieurs, mais plutôt en fonction de la liberté individuelle… d’autrui.

L’idée de base du fascisme, le point autour duquel s’articule toute l’idéologie, est une conception selon laquelle il n’y aurait rien à attendre du parlementarisme, des discussions, de la négociation. La force brute est vue comme la solution à ce qui est assimilé à des « troubles sociaux ».

Jean Charest, en refusant obstinément de négocier avec les étudiants – il n’a même pas accepté de rencontrer leurs représentants cinq minutes – lance le message que ces « troubles sociaux » ne peuvent être résolus qu’en réduisant la liberté des citoyens et en augmentant celle des forces policières.

N’ayons pas peur de l’affirmer : cela est très dangereux. À partir du moment où on accepte, au sein de notre société, que des conflits sociaux peuvent se régler de manière violente par l’utilisation des forces policières pour interdire des manifestations, on ouvre la porte à une telle manière de fonctionner à grande échelle. On légitime la fin du dialogue et on encourage la radicalisation des conflits.

On dit que l’Histoire se répète. C’est faux. Elle sonne toujours un peu semblable, mais jamais exactement de la même manière. Le fascisme du 21e siècle, anti-nationaliste et hostile aux idées collectivistes, trouvera son opposition précisément dans le nationalisme et l’union de la collectivité québécoise, de la même manière que le fascisme du 20e siècle a été détruit par l’union des nationalités et la primauté accordée aux droits individuels.

Ce qui se passe aujourd’hui est très très grave.

Cette date sera à marquer au fer rouge non seulement comme la fin d’un demi-siècle de reconnaissance du droit de grève des étudiants, mais également en tant que rejet de la négociation et du compromis comme solution à un conflit social.

On ne saurait mesurer l’importance d’un tel rejet.

Nos enfants en paieront le prix.

Les opinions ne se valent pas toutes
9 septembre 2008

Pendant une campagne électorale, on donne la parole au citoyen lambda. Soudainement, tous ces gens qui vivaient dans l’ombre se retrouvent avec un micro sous le nez et ils peuvent exprimer librement leurs idées. Et ceux qui prêchaient dans le désert reçoivent soudainement quelque oreille attentive pour s’attarder à leurs idées. Mais les opinions se valent-elles toutes pour autant? Je ne crois pas.

En effet, ce n’est pas parce que quelqu’un a une opinion que celle-ci vaut celle de son voisin. On dit souvent « tu as ton opinion et j’ai la mienne », mais ce n’est pas pour respecter celle de l’autre; on désire plutôt clore le débat, mettre un mur d’incompréhension où non seulement on comprend ne pas penser comme l’autre mais en plus on ne désire même pas en discuter. On ne veut pas confronter les arguments.

Car les arguments sont ce qui différencie une opinion crédible d’une opinion non-crédible. Tout le monde peut dire « le ciel est rose », mais la seule personne dont l’opinion doit réellement être prise en compte est celle qui peut apporter des arguments pour prouver que le ciel est rose. En ce sens, il serait tout à fait faux de croire que toutes les opinions se valent, peu importe les arguments, et qu’on devrait donner la même crédibilité aux élucubrations de tous les illuminés.

J’ai choisi quatre exemples tirés de la blogosphère au cours des derniers jours pour illustrer mon point de vue.

Tout d’abord, il y a ce texte de la part du Bum Intello (son site n’est pas un blogue stricto sensu puisqu’il n’accepte pas les commentaires, mais il représente bien ce que je désire démontrer). L’auteur de celui-ci dénonce le fait que la FTQ donne son appui au Bloc en disant que ce geste est « antidémocratique » et qu’il devrait être considéré par le Directeur général des élections (DGE) comme une dépense électorale.

Le problème majeur ici, outre le fait que l’auteur n’a pas pris le temps de vérifier le sens de l’expression « antidémocratique » (les syndicats sont effectivement une forme de démocratie, peu importe ce qu’on en pense), est qu’il ne connaît pas la loi électorale. Celle-ci ne s’applique pas aux suggestions. Va-t-on sérieusement inclure le revenu de Louis-Philippe Lafontaine parce que celui-ci vous suggère de voter NPD? Une suggestion demeure une suggestion, et ça ne fait pas partie de ce que le DGE sanctionne. Si l’auteur s’était donné la peine d’aller lire la loi, il aurait évité de dire n’importe quoi.

Ensuite, ce texte de l’Intelligence Consécutive qui parle de la nature « profondément “fasciste” du gouvernement conservateur. » Selon Wikipedia (et selon mes propres cours sur le fascisme), le fascisme « rejette les droits de l’homme, le communisme, l’anarchisme, les libertés individuelles et le libéralisme. » Le fascisme rejette également la démocratie. Si on peut s’entendre que Harper n’est pas un grand fan du communisme et de l’anarchisme, personne n’ira nié qu’il appuie une certaine forme de droits de l’homme et qu’il est en faveur des libertés individuelles. De même, malgré l’entorse à sa loi sur les élections à date fixe, il ne s’oppose pas complètement à la démocratie. Harper n’est donc pas un fasciste. C’est un menteur, peut-être, un manipulateur sûrement, mais pas un fasciste.

Troisièmement, et dans le même ordre d’idée, cette caricature du Parti Communiste du Québec qui parle de « Stephen « Adolf » Harper » en montrant le chef conservateur dans les habits bruns nazis. Encore une fois ici, les mots comptent. On a beau détester Harper, le trouver rétrograde, et juger sévèrement les reculs qu’il impose à notre pays, mais de le comparer à un homme responsable de millions de morts est, à tout le moins, exagéré.

Finalement, la palme du manque d’arguments revient, à mon avis, au site du Blogueur Dan, qui parle systématiquement du « Bloc Communiste » au lieu du « Bloc Québécois ».

Outre de faire abstraction de ce qu’était le Bloc communiste, ce blogueur se fout de la logique la plus élémentaire en qualifiant de « communiste » un parti qui ne remet en question ni la propriété privée ni l’existence de classes sociales ni l’État, et qui ne propose absolument pas de dictature du prolétariat. Ce blogueur aurait avantage à aller lire sur le communisme avant d’écrire de telles insanités.

On le constate, les opinions de ces quatre blogueurs manquent cruellement d’arguments. Ils affirment que la Terre est plate, n’expliquent pas pourquoi la Terre est plate, et demandent à quiconque les lisent de partir du point de vue que la Terre est plate pour ensuite pouvoir discuter.

Non, les opinions ne se valent pas toutes. Quand on me dit le contraire de tout ce qui me semble logique et cohérent, j’espère qu’on va me donner un minimum d’arguments pour appuyer ces opinions. Sinon, à mon avis, ces opinions ne valent rien.

Les mots sont importants. Ce sont eux qui nous permettent de comprendre le monde dans lequel on vit. Savoir les utiliser correctement est d’une importance capitale. Sinon, les auteurs de cette cacophonie discordante ne font que rajouter leur violon mal accordé dans le chaos des opinions sans arguments.

Des opinions qui ne se valent pas toutes, car elles ne sont pas fondées sur l’intelligence et la confrontation des idées, mais sur les préjugés, l’absence d’arguments et la manipulation. Ce sont de gros monstres en caoutchouc qu’on a beau gonfler mais qui restent aussi vides que la pensée politique de leurs auteurs.